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Full text of "La Presse médicale - [Articles originaux]"

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Supplément au N" 51 


28 Juin 1939 


cr-p 


LA PRESSE MEDICALE 

Journal Bi-Hebdomadaire 




LA 


PRESSE MEDICALE 

Journal Bi-Hebdomadaire 


DIRECTION SCIENTIFIQUE 

MM. J.-L. FAURE, Membre de l’Institut el de l'Académie de médecine. 

F. BEZANÇON, Membre et ancien Président de l’Académie de médecine. 

A. RAVINA, Médecin des Hôpitaux de Paris. 

EM. SERGENT, Membre de l’Académie de médecine. 

G. ROUSSY, Recteur de l’üniversité de Paris, Membre de l’Institut et de 
l’Académie de médecine. 

PH. PAGNIEZ, Membre de l’Académie de médecine. 

H. ROGER, Ancien Doyen de la Faculté, Membre de l’Académie de médecine. 

CH. LENORMANT, Professeur de (llinique à la Faculté, Membre de 
l’Académie -de médecine. 

F. JAYLE, Ancien chef des travaux cliniques de gynécologie à l’hôpital 
Broca. 


QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE 
1" Semestre 1S39 


MASSON ET C“, ÉDITEURS 

LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 

120, BODLEVARD 8A1NT-GERMAIK , 120, FARIS (vi') 




PRESSE MÉDICALE 

1"" Semestre 1939 


TRAVAUX ORIGINAUX 


LE DÉFICIT PONDÉRAL POST-OPÉRATOIRE 
SÉQUELLE ÉVENTUELLE 
DE 

LA GASTRECTOMIE 
POUR ULCÈRE 

TAn MM. 

P. SANTY o,t P. MALLET-QUY 
U-yon) 


1’i(.'voy;iiiI. t\'gu)i(Ti'.iiu'rit (!(,' trois en trois mois 
i.os opérôs (le giislreclomie iiour olcères. nous 
iivoiis (Hf' frappés (li'piiis loiigtr'iiips par la l(!iile 
l'I souvent, iii(’om|)lèle reiirise de poids, ipii 
suit. I'iiii('r\eidion et rpii l'ail eonirasie avec ce 
fuie l'on observe ajirf’s gastroenlérosloinie. Kl. 
erci esl, parlieulièreitieni net, lorsfpi’il s'agit, 
dans l'ini ('I. l'autre eas. d'un ulei're duodénal 
opéré en dehors de tout étal de sténose : le gas- 
lieeloniisé regagne péniblemeni, en fiuelrpies 
mois, le poids qu'il avait, lors de son entrée ,'i 
l'hôpital, souvent môme reste en de(;.'i et re n'est 
(pi'asscz rarement ipi’il arrive par la suite à 
récupérer son poids normal, c'est-à-dire à re- 
l iendn' les kilos qu'il avail perdus an cours de 
révolution de sa maladie ; cependant, tout 
svmptôme fonctionnel et toute douleur ont dis¬ 
paru, la guérison de la maladie ulcéreuse est 
parfaile et délinitive. Au contraire, un sujet por 
leur de la même lésion, et à qui n'est pratiquée 
qu’une simple anastomose, va reprendre en 
quelques mois, 5, 8, 10 k(/., reirouvant alors réel¬ 
lement son étal de santé normale, quilt-e, quel¬ 
ques années plus lard, à revenir avec des signes, 
qui marqueront la récidive du iirocessus ulcé- 

l’c.ur juger de la fréquence de ce dé/i'cfl pon- 
l'.'ral conafcitlif à la fjastrucUDiiU- pour ulccre, 
nous avons recherché tous les opérés anciens, 
c'est-à-dire opérés depuis plus d'un an, dont 
nous possédions l'adresse : sur 142 question¬ 
naires envoyés. 93 malades, dont les opérations 
s’échelonnaient du 28 AoOt 1925 au 3 Mai 1937 
nous ont répondu ; de ceux-ci, le plus grand 
nombre a pu être revu par nous, après un délai 
variant ainsi de treize ans à un an. 

Nous avons pratiqué, toutes les fois qu’il était 
possible, l'examen radiologique du moignon 
gaslrifiue (60 cas'( et av(>c la eollahoration de 


MM. M. Chambon et 1'. Folliet, nous avons pu 
déicrminer le chimisme ga.-;lrique de 31 cbe 
ces ojiérés. Kniin. nous avons étudié dans 
23 cas le modi’ de fnuclionnemenl du pancréas 
evocrine. 

Ces diverses recherches ont, d'autre part, été 
poursuivies également chez des opérés plus ré¬ 
cents, soit avajit leur départ du Khôpital, soit 
dans le cours de la première année : nous pour¬ 
rons donc faire état, lorsiiuc nous chercherons 
à préciser le déterminisme du phénomène (lue 
nous éludions ici, d’un total du 79 examens ra¬ 
diologiques, 54 ehimismes gastriques et 39 étu- 
de.s de la fonction pancréatique exleriii' ', — 
documents dont rhomogénéité ne saurait être 
c-'utestéc, puistpi’ils proviennent exclusivement 
do la pratique de deux chirurgiens formés à la 
même Kcole, — heureux de faire hommage, de 
('■ li'.nail à leur maître X. Dolore. 



Avant d'aller plus loin, nous voudrions tou! 
d'abord indiquer que la uolion de celle séipadle 
(•venluelle de la gnstrcclomio ne doit d'aucune 
manière èire invoiiuéc à rencontre des indica¬ 
tions, (pie l'on recoiiiiaîl aujourd'bui à cette 
intervenlioii dans la chirurgie de l'ulcère gas- 

Kn effet, reiiquèle très ci.uiiplèle, à laipielle 
nous nous sommes livrés, vieiil eu tous points 
conlirmer ce ipie l'on sait de. la valeur curatrice 
liés grande de riiilerveiilion radicale ii l’égard 
d' la maladie ulcéreuse gaslro-duodénale. Kl le 


I. I. aa troiivrra le ili-litil des olisi-rvalions sur li-.s- 
iiiicllcs s’appuie ce li-avaîl dans les mémoires suivants ; 

b. .Samy et I'. Mvi.i.FT-tiL'Y : Enquête sur les résnllals 
cloiçncs des easlrcclnmies pour ulcère. Lvnn Mrilirnl. 
193S. 161. /iiri-'iir.. 

P. .Svvrv et P. M.VI.I Kl-O uï : Modalités radiologiques ibi 
riinelioiineineiil des gastrerlomics. lierai.' de Cliininju- 

P. .Svvrv. P. Mvi.i.kt-Gcï, M. CnAMCox et P. Foi.lif.t : 
Morlalilés chimiques dii fonelionnement des gastrecto¬ 
mies. Lyon Médecitl, 193S, 161, 485-500. 

P. Samy, P. Mali.f.t-Gcy, M. CiiAMnos et P. Eollikt : 
Documents sur la sécrétion pancréatique externe des gas- 
treclomisés. Gastrectomie et fonction sécrélinique. Lyon 
ChirurgirMÏ (sous presse). 

Nous n'avons voulu, en aucune manière, refaire, dans 
• travail, la revue générale des conditions physiologi¬ 
ques des gastreclomisés, qui a été parfaitement exposée 
par .?ÉxÈoi,'E et M.vnx (J de Cliirurpie. 1935 et Thèse de 
l'eris, 1935). .Aucune acquisition essentielle n'a été appor¬ 
tée, depuis, .à notre connaissance, qui doive être retenue 
ici, pour l'étude du prohlèine que nous abordons. 


premier fuit, qui s.'est dégagé de la révision de 
nos résultats éloignés, est justement l'abseitce 
constante de tous signes pouvant Jairc ajjirmer 
ou soupçonner la récidive du processus ulcé¬ 
reux : aucun de.s 93 gastreetomisés revus n'a 
plus jamais présenté le moindre symptôme dou¬ 
loureux caractéristique, aucun n u fait de com¬ 
plication tardive, hémorragie, sténose do la bou¬ 
che anastomolique, perforai ion. Aucun examen 
radiologique n'a permis de déct'ler une image 
(.! ulcère pcptiqne récidivanl. 


!• iiHfyLii.xci-: er évonîTiox du déficit poxdéuvi, 

ÉVHNTUia. APUFs cASTnFCTOMif: Douit ui.cèiu;. - 

Pour apprécier exacleiiieiil l’évolution pondé¬ 
rale d'un gastreclomisé, il ne siiflit pas do noter 
la reprise qu’accuse le malade depuis sa sortie 
de riiôpital : il importe, cl nous nous sommes 
efforcés de le faire dans le plus grand nombre 
dus cas, de comparer les quatre chiffres qui cor¬ 
respondent : 

(t) au poids (pie présentait le sujet avant 
r.ipparilion des premiers symptômes ulcéreux 
el (pic l’on peut considérer comme élani le 
poids normal ; 

b) au poids noté lors de l'entrée n l’hôpital ; 

c) à celui ipii fui relevé lors de la sortie 

i/i enfin, au poids le plus rércmincnl déler- 

f'-’est seiilemenl la coiifroiilal ion de ces 
quatre chiffres successifs, qui dira dans quelle 
mesure le poids normal a été on non récupéré 
après l'intervention curatrice de l’ulcère. 

L’on se rend compic alors que de nombreux 
opérés, qui sans doute ont repris quelques 
Ivilogrammcs depuis leur déjiart de l’hôiiital, 
sont loin en réalité d’avoir reirouvé leur poids 
normal : il s'en manque souvent d’une dizaine 
de kilogrammes cl. tout symptôme pathologique 
ayant disparu, c’est à la mutilation gastrique et 
a ses conséquences pihysiologiques qu’il faut 
rap]iorter ce défaut d’engraissement. 

Nous avons, pour apprécier la fréquence de 
celle séquelle, réparti nos opérés anciens en 
|:iusieurs séries, définies non seulement par une 
anciennelé différente mais encore par des va¬ 
riations dans les indications et la technique 
opératoire suivie. 

Neuf malades ont été revus après un délai de 








1 


LA PRESSE MEDICALE, Mercreai, 4 Janvier 1939 


N" 1 


huit à treize ans : il s'ûtail agi alors, le plus 
souvent, de jiylorectomie liniilée, pratiiiuéc seu¬ 
lement dans un but d’exérèse de lésions calleu¬ 
ses, sans (|U(' robjectif réduction de l'acidité ait 
été syslénialiqueinent poursuivi ; le plus sou¬ 
vent teeliuique liiliroth II. Très liabituellenieut, 
excellente reprise de poids, dépassant parfois le 
cliifire normal ; 

Trente opérés ont pu être examinés après un 
delai de trois à sir ans : la gastrectomie, assez 
souvent faite après échec d’une anastomose pr('- 
mière, était beauioup plus large. lJu point de 
vue teclniique, Billrotb II, Polya ou Finsterer. 
Un déticil pondéral importa.'i' est relevé dans 

La série suivante, comportant 23 oj)érés revus 
après un délai de deur à trois ans. est plus 
homogène : gastrectomie large, babiluellemeul 
de lype.Polya, dans la moitié des cas pour un 
idcère de petite cuurlnin'. De ce; malades, 12 seu¬ 
lement ont retrouvé leur poids normal ou Lout 
au moins un poids peu différent, et 9 sujets 
sont restés très au-dessous e| n’ont quelquefois 
même pas récupéré leur poids pré-opéraloire ; 

Lnfin, 31 opérés furent revus dans le cours de 
la deu-rièinc année, les conditions de la gastrec¬ 
tomie étant tout à fait semblables à celles de 
la série prccédenle. Nous notons alors, 14 fois, 
un déficit pondéral des plus nets. 

Une première conclusion peut donc être rap¬ 
portée : la fréipieii'-e de celle séquelle diminue 
à mesure qi{e s'éloigne la date de l'inlervcn- 
tiun. Mettant a part l.a série I qui eompn.md des 
faits assez différenls, nous pouvons dire que, 
toutes choses égales d’ailleurs, le défaut d'en¬ 
graissement .après gaslreclomii; est maximum 
dans les deux premières années : il se renconire 
chez la moitié de nos opérés du groupe 4 et nous 
avons reirouvé la même proportion dans l'exa¬ 
men d'uiie série tic 21 gastrectomies jvlus ré¬ 
centes. revues après un délai de cinq à onzi- 
mois. Au cours de la troisième année, il semble 
que la proportion des opérés restés maigres di¬ 
minue et, après trois ans, il ne reste ]ilus (lii'uu 
nombre restreint de malades, qui u’ont pas 
repris à peu près leur poids normal. Il jaut donc 
/dus /tarler de lenleur de reprise de poids, la- 
qiiPlle s'échelonne sur plusieurs années, que île 
drfaul absolu cl définitif d'enr/raissemenl. 


C.vn vcrKiusiiui ns. — Ce déficit jKmdéral appa¬ 
raît comme un sym/ilùmc isolé : l’opéré reste 
maigre, mais a iiarfaitement repris ses forces ; 
il fait régulièrement son travail normal. 

Un certain nombre de gastrc-ctomisés pré¬ 
sente des troubles subjectifs, soit leideur de la 
digestion dans le cas do gastrectomie type lîill- 
rolh II, soit pesanteur après les repas, sensa¬ 
tions vertigineuses, voire même (luelques dou¬ 
leurs et de rares vomissements que l’on observe 
après une gastrectomie type Polya. Ces troubles 
digestifs, généralement peu accusés, facile¬ 
ment amendés par le régime et surtout le frac¬ 
tionnement des repas, évoluent sans trop tarder 
vers une amélioration spontanée. Aucune rela¬ 
tion ne peut être dégagée entre l'évolution de 
ces troubles subjectifs et le défaut d’engraisse¬ 
ment. 

Knfin, nous avons pratiqué un certain nombre 
dè numérations globulaires ; nous n’avons pas 
trouvé de modifications appréciables de la for¬ 
mule sanguine (sauf dans un cas do gastrecto¬ 
mie totale, qui n’est pas envisage ici). 11 ne 
semble pas qu’il y ait une liaison possible entre 
trouble pondéral et perturbation hérnatologi- 
que. 


DbTKUMIMSME Dü DÉI-ICIT l-OXUÉH.VI, AeUÈS GAS- 
1 KKGTOMii;. —• Disons de suite (|ue ce délermi- 
nismè est complexe. 

Tout d’abord un cerlain nombre de faits doi- 
M nt être éliminés ; » 

I nc autre affection sc su/icr/josant à l'élal 
iiastriqne. el (pielqiies-unes (1.- nos observations 



iibs. o9 ; .\niiiigriÿseini'iit de IG kg puiidaiit l’évolution 
lie l'ulcère giislrique. Reprise de 10 kp. à la Borlic 
de riiôpital et de nonveau de 4 kp. (résullat de 37 


Olis. 31 ; Amaigrissenieiit de ü kp. déliais les premiers 
.signes d'ulcère, et de nouveau de 15 kp. à l’hôpital. 
Récupération de 20 kg. après la sortie de l'hôpital 
(rcsiillal de 17 mois). 


doivent êlre disjointes en raison de l’évolution 
d'une tulicrculose pulmonaire ou encore de 
l’cxistcnco d’une syphilis ; 

Dans un certain nombre de cas, l’ulcère avait 
évolué de très longues années avant l’interven¬ 
tion cl si, aiirès gastrectomie, le sujet ne rc- 
piend pas alors I(> poids que nous avons défini 



l ig. 2. — Kvcm[iles de gros ilclicits pondéraux 
après gastrectomie : 

l’ulcère gastriipn'. Reprise d..‘ i kj/. à t'hi'ipilal, puis 
de G kp. a|ircs 30 mois ; déficit réel : 20 kp. 
ill'.v. 71 : l’crte successivement de 11 kp. avant Tintcr- 
ventinn cl de 17 kp. à Thùpilal. Récupération sciile- 
menl .1.. 13 kp. en 19 mois ; le poids ])ré-opéraloiri. 
n'csl mèmi' pas rl■lronvé el le .lélieit jmndéral pir- 


ccinmc normal, il ne peut pas êlre tenu compte 
d.! ces observations, l’évolution prolongée de la 
maladie ulcéreuse ayant pu modifier, de façon 
définitive, l’état ])hysiquc du sujet ou rendant 
en tout cas non concluante toute comparaison 
entre des poids pris .à des àg;-- trop différents, 
à Ironie ans d'iulervalh; par exemple ; 



l'ig. 3. — Kxemples 

d.. déficits p.iinléraux post-opératoires peu apparents, 
mais dont la réalité est affirmée par Texamen 
de la courbe pondérale : 

Obs. 58 : Amaigrissement de 2 kp. depuis les premiers 
signes d’ulcère, puis de G kp. dans les suites immé¬ 
diates de la gastrectomie. Après 2G mois, reprise de 
3 kp. seulement, ce qui ne représente pas encore le 
poids pré-opératoire. Déficit global : 5 kp. 

Ob.v. 37 : .Vniaigrissement de 8 kp. an cours de l’évo¬ 
lution de Tiilcèrc g.istriqiie. Il est repris 2 kp. de suite 
après lünicrvcntion. puis 1 kp. en 38 mois. Déficit 
licrsislanl ; 5 kp. 


Lnfln, il est possible parfois de relever un 
défaut manifeste d’alimentation, tenant dans 
quelques cas à une application trop stricte, des 
prescriptions diététiques par des malades timo¬ 
rés ou, plus souvent, à l’impossibilité où pro¬ 
fessionnellement se trouve l’opéré de faire, apirès 
gistrectomie très large, le nombre de petits 
repas suffisants à son équilibre nutritif. 

Mais ce ne sont là que des facteurs occasion¬ 
nels, au total assez rarement en cause, dans 
10 ])our 100 des cas environ. 

Le déterminisme du déficit pondéral ajirès 
gastrectomie lient, croyons-nous, à des causes 
plus profondes et directement en rapport avec la 
mutilation, évidemment non négligeable, qu’a 
laissée l’intervenlion. Lt c’est de l’étude radio¬ 
logique, de celle du chimisme gastrique et enfin 
do l’expertise du fonctionnement du pancréas 
exocrine, que doivent être dégagés les facteurs 
essentiels de ce phénomène. Le problème est 
sans doute encore plus complexe cl c’est un 
bilan général de la nutrition qu'il faudrait pou¬ 
voir établir dans chaque cas, mais nous verrons 
que déjà peuvent, à l’aide de ces trois ordres de 
documents, être précisées les conditions essen¬ 
tielles d’apiiarilion de celte séquelle de la gas- 


Do.xxées nADioLooiQüES. — Lii examinaul aux 
Rayons X nos giislreclomi.sés selon la technitiue 
(h Rillroth II, nous tivons tout d'abord retrouvé, 
lorsqu’il s'agissait de cas récents, les caracléris- 
tiques classiques de la période posl-opéraloirtï : 
estomac distendu, atone, évacuation .se faisant 
d’abord très leiilemeiil puis peu à peu à un 
rythme itlus rapidi.-. Lorsiiii'il s’agissait, par con¬ 
tre. d’oiiérés anciens, nous avons été fraiipés de 
h variabilité des images observées à l’écran : 
l-aiilôl estomac dilaté se vidant mal et très lenle- 
nient, InidAt, à l'inverse, pelil moignon inconti- 
neiil dont révaeiialion iieiil se faire selon les 
modalités les-plus incorrectes. 11 nous a donc 
semblé (jii'il était impossible, après une gastrec¬ 
tomie type Billrolh II, de prévoir exactement ce 
ipic donnera, tut point de vue functionnel. l’in- 
Icrvenlioii. et tpi'il y avait là un facteur indis¬ 
cutable (l’infériorité. 

Nous ii'avuns pu revoir iiu'iin petit nombre 
(i'eslomacs résé([ués selon la lechititiue de Fin- 
slcrer cl il nous a semblé ipie les coiidilions 
hmclioniielles élaieni à jieu de chose firès les 
mômes que celles que l'ou observai! .iprès une 
iidervenlion conduite à la manière de l’olya. 

Dans ce dernier cas, en effet, l'examen de 
57 opérés ne nous a pas iiermis de. retrouver les 
défauts fonctionnels dont a été accusé l’abouche- 
menl total du jéjunum à la tranche gitsirique 
tout entière. Nous avons nolé les faits essenlic'ls 
suivants : 

a) Dans les premiers mois, la dilatation atoiii- 
que, qui existe habilucilemenl après Billrotb II, 
II* s’observe qu’exceptionnellemcnt cl des exa¬ 
mens successifs, au cours de la première année, 
montrent des caractéristiques radiologiques tout 
à fait comparables, comme si, on général, au¬ 
cune évolution ne se faisait dans le fonctionne¬ 
ment de l’anastomose, qui, d’emblée, acquérc- 
lait son jeu définitif. 

b) 11 est rare que l’on retrouve, dans les suites 
éloignées, de grands moignons gastricjucs, c’esl- 
à dire des moignons qui, à l’écran, dans la sta¬ 
tion debout, atteignent la fosse iliaque interne 
gauche. Nous nous sommes d’ailleurs efforcés, 
au cours de nos gastrectomies, do toujours re¬ 
monter au moins à la crosse de la coronaire. 

c) Dans 1/3 des cas, nous avons observé des 
moignons gastriques de dimensions moyennes, 










1 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1930 


c ost-à-dire compris entre le rebord costal et la 
crülc iliiuiuo, lorsque rexnnieu est pratique dans 
le.; conditions (pic nous venons d’exqwscr. Ce 
type inorp/iologicjLic semble elre, du point de 
me fonctionnel, l'idéal : si la premiiire boucln-e 
s'engage le plus souvent de suite dans l’ansc 
gu'lo, très vite l’évacuation se régularise, se 
ralentit et devient rythmique. Saul exception 
rrrissime, nous n’avons pas constaté de rellux 
dans l’anse duodéno-jéjunale ; sans doute, le 
plus souvent, une ébauche de reflux se mani¬ 
feste, qui remplit 2 ou 3 cm. du bout intestinal 
d'amont, mais cette bouchée rétrograde est 
immédiatement prise en main par le péristal¬ 
tisme du grêle, qui s'opiiosc à sa progression 
et, lui donnant une forme sphérique, la ]Jro- 
pubse dans le bout inférieur; celui-ci no se dilate 
point et garde le dessin de ses valvules comii- 
ventes : celte évacuation en deux temps, pre¬ 
nant ainsi appui sur le bout intestinal affé¬ 
rent, ne semble pas être un défaut du Polya, 
mais, bien au contraire, conditionner, par ce 
dispositif sphinctérien jéjunal, la continence de 
la bouche. 

d) Dans plus de la moitié des cas, l’imagi' 
laissée par les gastrectomies type Polya a été 
celle d’un loul petit moignon gastrique, caché 
sous les côtes, souvent de très faillies caiiacités, 
en entonnoir, ne dépassant parfois pas les dimen¬ 
sions d’une tasse à café. Et alors, deux modalilés 
d’évacuation sont possibles ; ou bien se distin¬ 
gue encore un dispositif .sphinctérien ipii as.surc 
■à la bouche une certaine continence, ou bien 
l'évacuation se fait instantanément dans une 
anse efférente distendue, sans que no sc voie 
d’ailleurs aucune trace do reflux dans le bout 
supérieuï. 

Si nous cherclions à superposer ii ces divers 
types foncliomiels les diverses modalilés de re- 
piiso de poids après gastrectomie, il est très dif¬ 
ficile de tirer de ces seules données radiologi¬ 
ques des conclusions précises : quoiie que soit 
I l grandeur du moignon et le type fonctionnel 
do la bouche gastro-jéjunale, on retrouve dans 
chaque série un pourcentage de troubles d’ordre 
pondéral. 

Une seule notion, mais malgré tout assez 
vague, apparaît : c’est que le pourcentage de ces 
séquelles semble en ra])porl inverse avec la gran¬ 
deur du moitrnon eastriiiue. Mais ce n’est lîi 


En tout cas, rien no permet de dire que ce 
trouble pondéral soit en relation avec le mode 
d’évacuation de l’estomac, et la continence de la 
bouche semble un facteur non appréciable dans 
son déterminisme. Enfin surtout, il aiijiarail 
bien que ce n’est pas l’apanage de tel procédé 
d’abouchement gastro - jéjunal ; aucune des 
techniques, dont nous avons la pratique — 
Billrolh II, Polya, Einslcrer -— ne met certaine¬ 
ment à l’abri de ce défaut de reprise de poids 
après gastrectomie. 


DoX.NÉKS C.IIIMIQÜIÎS : ClILOniIYDIUK G.-CSTRIQUIi. 
— Nous avons indiqué, en collaboration avec 
MM. M. Chambon et P. Eolliet, qu’aucun des 
examens que nous avions pralicjués ne nous 
avait permis de déceler l’existence d’acide chlo¬ 
rhydrique libre après gastrectomie, l’objectif 
réduction de l’acidité, que demandent les indi¬ 
cations actuelles do l’intervention radicale, ayant 
dtinc clé atteint cliez cliacun de nos opérés. 

Nous u’avons donc obtenu ipie des taux d’aci¬ 
dité relatifs à l’acide combiné, taux variant de 
1 g. lô à 0 g. 328 pour 1.000 : 

Dans 9 cas, un chiffre compris entre 1 g. lô 
cl 0 g. 00 pour 1.000 avec .'î déficits pondéraux : 

Dans 20 cas, un cliiffre compris entre 0 g. 90 
cl. 0 g. (iO pour 1.000 avec 9 déficits pondéraux ; 

Dans 17 cas un chiffre inférieur à 0 g. 00 
liüur 1.000 avec 9 déficits jiondéraux. 

l,à encore nous ne pouvons dé.gager qu’une 
conclusion très générale, qn d y a, inconslam- 
ment sans doute, parallélisme entre le taux 
d’acidité gastrique et la rapidité do la reprise 
de poids. 


COM'-Unx l'.VTION DIÎS DO.X.xélîS n.MllOI.OUIQl ES ET DES 

iioxNÉES CHIMIQUES. — 11 est impossible de super¬ 
poser exactement les types fonctionnels radio¬ 
logiques et les différentes modalités de la chlo¬ 
rhydrie : si, par exemple, l’on classe les observa¬ 
tions, qui servent de base à ce travail, d’après la 
grandeur du moignon gastrique, et que l’on 
relève dans certains de ces groupes les diffé¬ 
rents taux d’acide combiné qu’indique le chi¬ 
misme gastrique, il apparaît immédiatement 
que l’activité de la fonction acide est, dans une 
crande mesure, indénendarito de l’étendue de 


cette indépendance n’est pas absolue, et, cornnn 
le montrent les tableaux que nous avons publié; 
ailleurs, il est assurément plus fréquent de ren 
contrer de très basses chlorhydrics lorsque 1; 
radio révèle un tout petit moignon gastrique el 

Si nous voulons nous en tenir aux observa 
lions com])orlant une gastrectomie type Polya 
et si, dans chacun des groupes définis radiolo 
giipiement (moignons ,r'astriquos de grande; 
dimensions, do dimensions moyennes et d( 
petite capacité), nous nous efforçons do créer de; 
subdivisions basées sur le taux de la chlorhy 
drie, nous arrivons aux constatations suivantes 

— Moignons gastriques de grandes dimensions 
.Xcidilé siipérieiiro ou égide à O.GÜ pour 1.000 

1 ras : 

.Xeutilé inférieure à 0,(i0 pour l.OUÜ: 1 c.is 
.‘ioil 20 pour 100. 

— Moignon-; ga.siriipies de dimensions moyennes 
.■Xridilé supérieure nu égide à 0,00 pour 1.000 

Acidité inférieure à 0,00 pour l.IjOO : 5 cas 
soit :Jü pour 100. 


.\eidilc supérieure ou égide à 0.00 pour 1.000 



Dans ces difl’éreiites catégories se répartisseni 
ainsi les cas de déficit jiondéral post-opératoiri 
(luo nous avons relevés : 

Moignons gastriques de grandes dimensions 
h" taux d’HCl combiné est compris entre 0,6( 
(d 0,90 dans 4 cas, il est une fois inférieur ; 
0,60. Deux de cos malades ont été revus seule 
ment au cours de lu jiremière année, et parm 
les autres, plus anciennement 0 ])érés, nous ni 
notons qu’un résultat parfait à tous égards, le; 
deux autres opérés n’ayant pas rc'iiris ou ayani 
peu repris de poids. 

Moignons gastriques de dimensions moyennes 
ce type morphologique, auquel correspond, nous 
l’avons vu, la modalité fonctionnelle la plus cor¬ 
recte, comporte, dans les 2/3 des cas, une imiior 
tante reprise do poids posl-ojiératoire. .Ayant pu 
déterminer 14 fois le chimisme Eraslririue. nous 






LA PRESSE MEDICALE, Mercredi. 4 Janvier 1939 


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li'iiiiaiil de 1,15 à 0,328 pour 1.000. Et, clussanl 
par ordre d’acidité décroissante nos observa¬ 
tions, nous pouvons noter ici une liaison assez 
éiroite entre t'évenlualilé d’un déficit pondéral 
et les variations de la chlorhydrie : 

— Taux d'HGi combiné supérieur ou éfral à 
0,90 pour 1.000 : excellente re])rise fie i)nids 
3 fois sur 3 ; 

— Taux compris entre 0.90 et 0,00, deux re¬ 
prises de poids excellentes, deux reprises moins 
sensibles, deux déficits nets ; 

— .Veidité inférieure à 0,00 : un seul opéré sur 
5 a retrouvé à peu près son poids normal, cl 
3 autres sont même restés, après vingt-huit, 
quinze et onze mois, au-dessous de leur poids 
pié-opératoiro. 

Moignons gastriques de petite capacité : ici, 
sur 25 malades revus après un délai supérieur 
■'i 1 an, nous avons 10 reprises de poids impor¬ 
tantes cl dans 10 autres cas un très notal)le 
déficit pondéral. Le mode d’évacuation du moi¬ 
gnon gastrique, relativement continent et 
r.Nthmé ou, au contraire, incontinent et instan¬ 
tané, u’influe pas sur l’évolution pondérale jiost- 
opératoire, un pourcentage è peu près égal de 
bonnes et de médiocres reprises de ])oitis étant 
noté dans l’une et l’autre éventualité. Ce qui 
sviuhle également caraclérisliqiie dans ces eau 
de gaslrectoinh n'ayant laissé <iu'un luut pelil 
moignon gastrique, c’est l'influence très .secon¬ 
daire du taiu (te la chlorhydrie sur te dessin de 
la courbe pondérale post-opératoire : les ehiffres 
de la chlorhydrie sont ici compris entre 1 g. et 
0 g. 3G5 pour 1.000 et nous trouvons, aux dif¬ 
férents niveaux de cette échelle, de bons résul¬ 
tats avec une acidité ,à 0,78 (2 cas), i) 0,093, ,) 
0,657, il 0,472, .è 0,40 et, inversement, un défi¬ 
cit pondéral net pour des taux très différents 
d’acide combiné. 

Do celte confrontation des données radiolo¬ 
giques et des données du chimisme gastrique, 
paraît donc se dégager un facteur assez précis 
du déterminisme de ce déficit pondéral qui 
peut éventuellement marquer les suites d’une 
gastrectomie : en effet, il apparaît nettement 
que, lorsque la gastrectomie a laissé un moi¬ 
gnon que nous dirons de dimensions suffisantes 
(estomacs de dimensions moyennes ou de 
grandes dimensions'i, le taux du chimisme sem¬ 
ble être préiiondéranl et, aux chlorhydries basses 
correspond nctfcnienl le plus fart pourcentage 
de médiocres reprises de poids. ICI lorsque, au 
contraire, le, moignon gastrique est petit, de 
capacité très réduite, quel que soit par ailleurs 
son mode d'évacuation précisf le facteur ana- 
chlorhydrie semble secondaire et son influence 
s'efface devant celle, prépondérante, (pie repré¬ 
sente la trop faible capacilé de l’eslomac res¬ 
tant ; il est impossible alors de rclrouvcr une 
rclatioji précise entre chimisme et reprise de 
pcids. 


Co.MPIÆXlTÉ DU PROBLÈME ; P.VRTICIP.VTION POSSI¬ 
BLE DES PERTUnB.XTIOXS DE LA SÉcnÉTtON PAXCRÉA- 
T.QUE EXTERNE. — Ces relations que nous avons 
cherché è dégager entre les possibilités de reprise 
de poids du gaslrectomisé et l’état fonctionnel 
moteur ou sécrétoire du moignon n’apparaissent 
nettement que si l’on considère un ensemble de 
faits et ne se traduisent que par des pourcen¬ 
tages de fréquence différents : c’est la preuve 
que d'autres facteurs entrent en jeu et, pour 
apporter une analyse complète des phénomènes, 
it faudrait étudier, l’une après l’autre, tontes les 
fonctions digestives. 


L'une d'elles, a priori, semble avoir un rôle 
important dans le dessin de la courbe pondé- 
ride, la sécrétion pancréaliciue externe : notam¬ 
ment l’etuflc de la fonction lipasique semble 
devoir apporter des données utiles. 

11 est facile, en effet, de concevoir que celte 
mutilation physiologique qu’entraîne la gastrec- 
tcmiie subtotale et «jui se traduit de la façon la 
plus élémentaire par la diminution considérable 
de l’acidité du milieu gastrique soit susceptible 
rie retenlir sur le fonctionnement du pancréas, 
en troulilant le jeu normal de déclanchement de 
la sécrétion. Lu problème se pose ainsi : la sécré¬ 
tion endocrine du début du jéjunum est-elle 
normale, la quantité de sécrétine produite suf¬ 
fisante cl les conditions de fonctionnement du 
pancréas exocrine correctes ? 

De rares travaux ont été consacrés, clué 
l’homme, 5 l’élude des fonctions pancréatiques 
des gastrcctomisés, mais nous n’avons pas 
retrouvé de recherches abontant diroctemenl le 
problème, lerpiel, nous le répétons, ne réside 
pas flans l'évahnilion de la valeur sécréloire flu 
pancréas, qu’il y a totil lieu de croire nnrmid. 
mais bien dans l’étude flu mode de déclanclic- 
ment hiinioral fie sa sécrétion, flans l’étiifle de 
1,1 fonclinn sécrétinifiue. 

Nous avons exposé, dans un autre travail, la 
lechnifpie fpu nous a permis, en collaboration 
avec \IM. Ghamlion et Follif't. il’étuflier ce point 
précis cl nous avons donné le détail des résultats 
obtenus flans 39 c.is de gasin clomie. Itappeions 
sf ulemint que. gr.tce à la misf! en ]ilacc d'une 
sonde à travers la bouche gastro-jéjunale, nous 
avons successivement étuflié la réponse tlu iian- 
ciéas l’instillation d’une solution d’HCl à 3,5 
pour 1.000 et à une solution d’HCI au taux 
mèmi' fpi’iiulifiuait le chimisme gastrique chez 
chaque opéré, c’est-à-dire d’une solution trHCl 
au taux physiologique : la valeur do la fonction 
sécrélinique pouvait être ainsi donnée par la 
mesure de l’activité lipasique du 2“ échantillon 
prélevé, le pancréas du sujet servant, au cours de 
la première épreuve, de réactif de la sécrétion 
hormonale. 

Les conclusions auxquelles nous avait conduit 
Cf lle étuflc ont été les suivantes : 

1“ Tout d’abord, la variabilité des taux d’ac¬ 
tivité lipasique ainsi déterminés, tantôt celle-ci 
étant mesurée par des chiffres compris flans les 
limites normales, tantôt par fies chiffres infé¬ 
rieurs mais traduisant encore un iionvoir dia.s- 
tasique notable, tantôt enfin l’éprenve pouvant 
cire consiflérée comme nulle et les taux très fai¬ 
bles obtenus indiqnanl (pi'en réalité aucun 
échantillon de suc pancréatique n’avait été pré¬ 
levé. 

2" D’autre part, l'irrégularité des réponses, 
d’une épreuve à l’autre, chez un nu-'ino ma¬ 
lade : et nolnmmenl. lorstpi'on enmpare les 
résultats fie l’épreuve à HCl à 3.5 pour 1.000 et 
de l’épreuve à TTCl physiologique, l’on note que 
les différences entre les taux d’activité lipasique 
ne .«ont pas loujonrs du mémo sens; si, souvent, 
la première de ces épreuves donne le chiffre le 
plus élevé, parfois, au contraire, les taux d’ac¬ 
tivité lipasique sont très voisins et parfois même 
la solution de plus faible acidité a déclenché la 
sécrétion du suc le plus actif. 

3“ Par contre, la fixité remarquable, au cours, 
d’uhe même épreuve, des chiffres donnés pour 
mesurer l’activité lipasique des échantillons 
successivement prélevés, — fait devant être re¬ 
tenu et affirmant que les variations dont nous 
venons de faire état ne sont point accidentelles, 
ne tiennent pas à un défaut do technique mais 
représentent bien un caractère propre du fonc¬ 
tionnement pancréatique des gaslrecfomisés. 
j II apparaît ainsi qu’à l’inverse de ce que 
I l’on observe en étudiant par tubage, duodénal 


de la même façon le fonctionnement pancréati¬ 
que chez des sujets non opérés, à l’inverse do 
i.i régularité très grande des résultats que 
donne alors celte technique, le pancréas répond 
chez le gaslrectomisé de façon déréglée aux 
incitations chlorhydriques : en un mot, après 
gastrectomie, le processus de mise en train de 
la sécrétion paneréali(pie parait déréglé. 

Il est inqfossihle fh' relever un rapport pré¬ 
cis entre activité lipasitiue du suc pancréatique 
ainsi prélevé et courbe pondérale post-opéra¬ 
toire. Mais, il est bien permis de voir dans ce 
dérèglement de la fonction sécrélinique après 
mutilation gastrique l’un des facteurs, et peut- 
être le facteur csscnliel, qui explique que, chez 
deux gaslrectomisés présentant des conditions 
motrices et chlorhydriques comparables, des 
courbes de poids toutes différentes peuvent être 
observées. L’on ne peut, avons-nous dit, raison¬ 
ner sur quelques ras particuliers, mais seule- 
meiii sur des observations groupées et relative- 
meiit nombreuses, et cela parce que, entre 
autres causes perlurbnnies, inlervicnl celle ins- 
lobilité, celte uariabitilé extrême du mécanisme 
de déclunchemeni de la sécrêlion pancréatique 

11 n’esl pas indifférent, du point fie vue pra¬ 
tique, de n'chcrchfr les causes de ce trouble fie 
la fonction séerétinifiiie. Le niveau, première 
anse jéjuuale, d’arrivée du chyme acide, ne ]ieut 
êire retenu el l’hypochlorhydrie ne pf'ul elh;- 
même être incriminée, tan! du moins (|ue 
le taux d’acifle gaslrif[ue reste supérieur à 
0 g. 50 pour 1.000. Ce sont là données classi¬ 
ques, que nous avons pu confirmer par quel¬ 
ques faits analytiques précis. 

C’f.'st flirc que, la fonction sécr6tiiiif|uo du 
grêle étant ainsi conservée fiiez le gastreclo- 
misé, en réalité le | ai-enchyme lui-même répond 
mal, irrégulièrement, aux excitations hormo¬ 
nales, bien qu’hislologiquemcnl intact. Le fac¬ 
teur qui vient ainsi troubler l’aclion de déclan¬ 
chement réside peut-être dans les pcrlurbaliQns 
qu’apporte la gastrectomie aux conditions circu- 
Icloircs de la sécrétion pancréatique : tout 
d’abord du fait de la Sf'clion, de la résf'clion 
même sur une assez grande longueur des pneu- 
i.iogaslriques, en second lieu, en raison de l’inc- 
céh'-ration du temps gastrique de la digestion, 
(lui réduit au minimum les phénomènes de 
vasodilatation dont la résonance se poursuit 


Possuui iTÉs THÉRAPEUTIQUES. — 11 semble pos¬ 
sible d’envisager certains moyens de comballro 
et de prévenir le déficit pondéral dos gaslrccto- 
misés. 

En premh'r lieu, il est permis d’essayer l’ac¬ 
tion de Ihcrapeuliques vasodilalalrices, qui se¬ 
raient susce|)libles de placer dans de meilleures 
conditions de fonctionnement la ghuide pancréa¬ 
tique, el d’assurer au processus (pii déclanche sa 
sécrétion externe et qui paraît être hahituelle- 
ment ménagé par la gastrectomie un rende¬ 
ment meilleur. 

D’autre part, lorsque l’on constate un déficit 
pondéral persistant après gastrectomie, que 
toute faute alimentaire el notamment toute res¬ 
triction. du fait d’un régime trop étroit, peut 
être éliminée, il importe d’éludier de. façon pré¬ 
cise le fonctionnement radiologique cl la chlo¬ 
rhydrie résiduelle du moignon gastrique : 

SI l’estomac est de dimensions moyennes et 
de type fonctionnel correct et si le taux d’acide 
combiné est relativement bas, il y a lieu d’espé¬ 
rer une repri.se de poids, de l’administration 
d’une solution d’acide chlorhydrique ; 




N" 1 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


5 


Si, au conlrairo, la radio montre un moignon 
le toute petite capacité, le résultat d'un tel 
Lraitcment parait devoir être aléatoire. Kn cas 
l’échec, le seul recours est d’insister auprès du 
malade pour (pie, l'raclionnaiil scs repas, il aug¬ 
mente son alimentation, mais c’est souvent alors 
’i des iiupos.siliililés d’ordre professionnel que 

Il est permis enlin d’envisager ipielipies 
règles p/'évcnlires d’ordre technique : 

Si rulcèrc n’exige pas, anatomiquement, une 
résection très étendue il somhle inopportun de 
pousser à rextrême les limites de l’exérèse : il 
suffit, pour réduire le taux d’acidité et s’assu¬ 
rer contre le risque d’un ulcère peptique, d’at¬ 
teindre la crosse de la coronaire. II no semble 
pas que la technique précise d'anastomose gas- 
tro-jéjunale joue, si l’on laisse un moignon de 
capacité moyenne, un rôle important dans le 
résullut oljt('nu : la lecliinque de Polya donne 
d’excellentes jiossihilités fonctionnelles et parait 
lilus parfaite que colle de Hiliroth II; le procédé 
de l'inslerer ne semble pas, dans ce cas, faire 
mieux. 

Si, au contraire, une très large gastrectomie 
est imposée par la localisation de l’ulcère, l’exé- 
ri-se fait courir à l’opéré un risque plus grand 
de séquelles ; il est possible cependanl encore 
de laisser en place un moignon gastrique suffi¬ 
sant. en seetionnant obliquement l'estomac, 
îiu'magu'anl la grande courbure. e| aussi, en fer- 
manl. à la manière de Finslerer. la moitié 
inl(!rnc de la Iranehe gastriepu' (M (.m ne laissant 
pour l’abouchement jéjunal que sa moitié gau¬ 
che : c’est sans doute là la meilleure indication 
de cette technirpie, à vrai dire un peu plus lon¬ 
gue à réaliser el, depuis que nous avons entre¬ 
pris cotte révision de nos résultats éloignés de 
gaslreclomie, c'esl ainsi que nous agissons sys- 
lémali(iuemenl. lorsque nous esl imposé un 
large sacrifice de la pelile cnurhnre. 


menée auj)rè.s de nos anciens opérés de gastrec¬ 
tomie pour ulcère, se dégage la notion de la fré- 
iiuence d’un déficit pondéral post-opératoire : 
en réalité, plus lenteur de reprise de poids, 
(■■chelonnéc sur jilusieurs années, (juc défaut 
al'solu et définitif d’epgraissemenl. C’esl incons- 
lanimeni et souvent lardivemeni, (pie le poids 
normal est récupéré el jiarfois im'me l’opéré 
regagne à peine les kilos (ju'il avait perdus pen¬ 
dant son si^jour à rhéipilal. 

Ce déficit pondéral semble indépendant des 
troubles subjectifs d'ordre gastro-intestinal que 
peuvent iirésenler certains ga.streclomisés, trou¬ 
bles nu total ])eu accusés. C'est un symptôme 
isolé, ro|)éré ayant bien repris ses forces, fai¬ 
sant son travail normal et no paraissant pas 
présenter simultanément d'.altéraiion de la for¬ 
mule sanguine. 

Mise à |iarl qucl((nes facteurs contingents qui 
peuvent parfois être en cause (autre affection 
superposée, très long délai de l’évolution pré¬ 
opératoire de rulcère ou encore défaut mani¬ 
feste d’alimentation de l’opéré', le déterminisme 
de r.e déficit pondéral post-opératoire des gaslrec- 
lomisés est, dans une large mesure, élucidé par 
l’exploration radiologique de l’estomac restant, 
par la détermination do son chimisme et par 
l’étude do la sécrétion pancréatique. 

Radiologiquement, le moignon gastrique peut 
être do dimensions a suffisantes » et permettre 
une bonne évacuation lyihmique dans l’anse 
jéjunah’, on. au contraire, de toutes petites 
dimensions, imposant alors un passage préci¬ 


pité à travers l'anastomose. Dans le premier cas, 
le taux du chimisine gastrique semble jouer un 
rôle très net dans la reprise de poids et aux 
clilorhydrics basses corre.spond nettement le 
plus fort pourcentage do défauts d’engraisse¬ 
ment ; l’administration d’une solution chlorhy¬ 
drique peut représenter elors une thérapeutique 
utile. Lorsque, au contraire, l.a capacité gastri¬ 
que est minime, il est difficil.j de retrouver une 
corrélation entre chimisme el courbe pondé¬ 
rale : le facteur moteur semble iirédominant et 
c’est la nécessité pour l’opéré de fractionner, de 
façon durable, ses repas. 

Mais d’autres fadeurs interviennent, car les 
relations que nous venons d’indiquer ne sont 
point conslantcs. Le déclanchement de la sécré¬ 
tion pancréatique semble perturbé chez le gas- 
Ireclomisé : un facteur vaso-nioleur peut être 
invoqué cl orientera le Irailemenl médical. 

La plupart des gastrectomies, qui ont été l’ob¬ 
jet de ces recherches, avaimil été pratiquées 
selon la technique de Polya. b’ous no voulons 
pas faire le procès de ce manuel opératoire, qui 
donne de très bons résultats fonctionnels si la 
gaslrcdomio n’est pas poussée à. rcxlrêino — el 
il n’y a pas inlénjt, sans doute, à reculer les 
limites de l’exérèse lorsque les lésions anato¬ 
miques no l’exigent pas. Si, au contraire, il 
est nécessaire d’enlever très largement l’esto¬ 
mac, il nous paraît préférable d’aboucher l’anse 
grf’Ie, non pas à la totalité de la tranche gas¬ 
trique, mais selon la technique de Finslerer, 
qui donne une anastomose ]ilus étroite el dont 
les résultats fonctionnels et pondéraux sont plus 
régulièrement bons. 


VALEUR 

DE LA CUTI-RÉACTION 

EN MILIEU TUBERCULEUX 

Par Paul FOUCAUD 

Mi'vlcrin-clief (in nifp('nF(iirc de Cliàlcnu-TIiicrry. 


La cuti-réaction à lu tuberculine, aujourd’hui 
(ie pratique courante, est une merveilleuse dé¬ 
couverte ; parmi les méthodes de diagnostic cl 
de dépistage proposées pour la tuberculose, elle 
est une des notions qui a conservé le plus son 
caractère primordial et sa quasi-spécificité. Sans 
doute on a voulu trop en demander cl exiger 
d’elle des renseignements qu’elle était insuffi¬ 
sante à fournir, cl c’est ce qui a jeté parfois sur 
clic un certain discrédit, puisqu’on un a inéinu 
discuté la spécificité. Mais appliquée à bon 
escient, pratiquée avec une méthode précise el 
toujours semblable, on employant une tubercu¬ 
line fraîche cl à l’abri de la lumière, associée 
avec l’inlradorino-réaclion, el surtout interprétée 
convenablement, tout semble prouver que la 
cuti-réaction (G.R.) témoigne de l’élal allergique 
de l’organisme vis-à-vis de l’infection tubercu¬ 
leuse, acquis soit par contact direct avec les bacil¬ 
les de Koch, soit plus rarement par une vaccina¬ 
tion. Celle notion essentielle a été défendue par 
do nombreux auteurs (L. Bernard, Risl, H. Mol¬ 
lard) avec assez d’autorité pour qu’il soit inutile 
d’y insister davantage. 

Alors qu’au début de la pratique de la C.R. 
l’on estimait qu’aux environs do 12 ans, 
50 pour 100 des sujets, el après 18 ans, 82 pour 
100 réagissaient à la tuberculine, il a fallu cons¬ 
tater ensuite que le pourcentage des C.R. posi¬ 
tives était beaucoup plus faible, cl que l’adulte 
mémo présonlaif une C.R. négative ; il faudrait 


à ce sujet citer les travaux de prcstiuo tous les 
pi'dialres. Ce pourcentage varie suivant plu¬ 
sieurs facteurs : 

1“ Les conditions d’hahilalion ; à ia campagne 
h proportion de C.R. positive esl plus faible 
qu’en ville et dans les centres surpeuplés ; 

2“ Le milieu : en milieu aisé même dans les 
villes, la C.R. positive esl plus rare que chez les- 
ouvriers et les pauvres ; 

3° Le champ d’expérience ; les C.R. en série 
pratiquées sysléinatiqucmenl chez les sujets 
présumés sains (écoles, coileclivilés d’étudiants 
ou do travailleurs) donnent un pourcentage de 
résultats positifs bien moins élevé que lorsijue 
l’on s’adresse à des milieux infectés tels que les 
services de médecine infantile, consuitalions des 
hôpitaux cl des dispensaires. C’est pour cotte 
raison, sans aucun doute, qu’au début la C.R., 
encore méthode d'exiiériinenlalion pratiquée 
d.nns ces dernières clientèles, décelait des pour¬ 
centages si élevés d’infection tuberculeuse. 

Ce sont là des constatations courantes que les 
opinions le.s plus autorisées ont discutées el 
démontrées. Actuellement on peut aflirnior que 
l’infection tuberculeuse prouvée par la culi- 
riaclion el ses méthodes adjuvantes esl plus 
rare et plus tardive qu'on le pensait au début ; 
mais on no peut lixer une nioyennc précise pour 
l'ensemble des enfants, laiil qu’elle ne sera pas 
iqipliquéo à tous les écoliers syslémaliqucmcnt. 
Les expériences isolées faites sur une petite 
échelle dans quelques écoles par des médecins- 
scolaircs (Bohn, Boulangier, G. Dreyfus-Sée) et 
nous-méme, et rclidéos on partie au cours du 
Congrès d’IIygiène d’Octobre 1937, ont montré 
l’utilité el l’importance de la C.R. chez les éco¬ 
liers. La communcalion au Syndicat Médical de 
la Seine des D''® Ameuilic el Chevallcy en Mars 
1938, commentant le plus favorablement la pro¬ 
position de rendre obligatoire à l’àgo. scolaire 
la C.R., faite par le professeur Lesné, en 1937, 
souligne l’inlérél que porte loul le Corps médi¬ 
cal au problème du dépistage do la tuberculose. 
Il reste à préciser la praliiiuc de l’opération (par 
le médecin de famille ou le médecin scolaire) et, 
d-i la part des familles, à vaincre quelques dif¬ 
ficultés que nous avons parfois éprouvées. 


Notre étude poursuivie depuis 1934 porte sur 
une consultation de dispensaire, c’est-à-dire 
sur un milieu suspect d’infection, cl dopl le 
recrutement de clientèle infantile so fait : par 
les médecins, nous adressant les enfanls sus- 
liects cl en contact, ou comme complément de 
(liagnoslic ; soit par l’Inspeclion médicale sco¬ 
laire (pii est faite dans l’Aisne [lar les médecins 
des dispensaires. Dans tous les cas, les enfants 
examinés sont dans un étal de santé en appa¬ 
rence délicicnl. La poimlalion fréquentant le 
dispensaire est en grande majorité rurale. 

Nous avons étudié les cas de 1.020 enfants de 
quelques mois à 18 ans, que nous avons exa¬ 
minés el suivis à plusieurs reprises, dont les 
antécédents, les conditions de vio nous sont 
connus. II a été pratiqué en loul 1.387 cuti- et 
inlraderrno-rénclion. Les cuti-réactions ont été 
faites lors du premier examen ; en cas de néga¬ 
tivité, elles ont été refaites dans un délai de 
trois mois, si nous soupçonnions que l’infeclion 
fût masquée par un étal d’anergie transitoire, 
ou pratiquée la première fois en période pré- 
allcrgiipie lorsque, par exemple, le contact tu¬ 
berculeux venait do disparaître par placement 
en cure ou par décès. Dans les tableaux qui sui¬ 
vent il n’a pas été tenu compte dans le pourcen¬ 
tage des virages positifs des C.R. qui sont rele¬ 
vés à part à la fin du dernier lahleau. 11 s’agit 







6 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


N" 1 


donc de la C.R. prise à un moment donné de la 
vie, et non dans son évolution. 

Le tableau I répartit les C.U. positives et né¬ 
gatives suivant les Ages. 

Ces proportions se rapprochent sensiblement 
lie celles constatées par divers auteurs et notam¬ 
ment par Nobécourt et Briskas (La Presse Médi¬ 
cale, 15 Avril, 6 Juin et 22 Juillet 1936) portant 
sur des enfants hospitalisés. Elles sont un peu 


supérieures à celle do Lereboullet, Gavois et Pas- 
quicr (Revue de la Tuberculose, Janvier 1936) et 
do Pasquier (Thèse de Paris, 1935), ainsi que des 
résultats de Lobjois (Thèse de Paris 1937), por¬ 
tant sur des milieux scolaires sains. On peut 
remarquer la brusque élévation du taux A par¬ 
tir de 5 ans. Age auquel l’enfant commence .a 
fréquenter l’école et où il risque davantage les 
contaminations de la rue ; la baisse de la fré- 


Tableau 1. 





Tableau IV. 



quenco de la C.R. positive entre 7 et 11 ans, puis 
son élévation de 11 à 13 ans, début do la puberté 
et moment où les enfants se livrent davantage 
aux exercices physiques, amenant parfois du 
surmenage, provoquant des déficiences passa¬ 
gères et augmentant les possibilités d’infection. 


Le tableau II résume les recherches faites sur 
les origines probables de i’infeclion décelée par 
la cuti-réaclion posilivc. Nous avons séparé les 
enfants en contact familial avec un tuberculeux 
imlmonairc avéré et bacillifère, de ceux en con¬ 
tact avec un tuberculeux non bacillifère ou sans 
contact familial, et de ceux n’ayant que des 
antécédents tuberculeux héréditaires ou collaté¬ 
raux sans contact. 

C’est A forte majorité (.73 pour 100) le contact 
bacillifère familial qui provoque les C.-R. posi¬ 
tives ; celles-ci sont d’autant plus fréquentes 
que l’enfanl est plus jeune : atteignant 100 pour 
100 do 0 A 1 an, le taux diminue constamment 
avec l’Age, avec assez de régularité. La contami- 
ration extra-familiale ne s'élève qu’A partir do 
3 A 5 ans, début do la scolarité (maternelle, A 
3 ans, primaire A 5 ans); elle reste stationnaire 
jùsqu’A 11 ans où le taux augmente de nouveau 
(38 pour 100), correspondant A l’élévation du 
taux global des C.-U. positives constatées au 
tableau I, et relevant des mômes causes. Les 
antécédents tuberculeux sans contact no causent 
qu’un taux infime i2,8 pour 100) de G.-R. posi¬ 
tives ; ce taux s'élève A partir de 15 ans (7,5 
pour lOO); sans doute y entre-t-il, dans ce nom¬ 
bre, des infections extra-familiales, mais les cas 
en sont incontrôlables. 

Le nombre d’enfants devenus tuberculeux 
pulmonaires dans les trois années suivant la 
première C.-R. positive est assez faible. Mais le 
pourcentage est élevé pour le nourrisson (40 pour 
100 du total des C.-U. positives); assez faible A 
5 ans (7,5 pour 100), il se relève A partir dc- 
11 ans (19 pour 100) ; ces périodes semblent 
dcnc être celles où l’enfant est le plus exposé 
non seulement A la ’Tuberculose infection, mais 
encore A la Tuberculose maladie. 

La C.-R. jjositive dans le milieu rural semble 
déceler la présence d’un tuberculeux contagieux 
dans l’entourage de l’enfant. Nous avons plu¬ 
sieurs fois constaté le fait où la C.-R. positive 
chez un ou plusieurs enfants avait déclenché 
une enquête sociale et des recherches, grAce 
auxquelles on put découvrir un malade ignoré. 
L’enfant avait servi, pour ainsi dire, do témoin 
biologique do l’infection tuberculeuse. '\''oilA 
qui étend certainement le rôle prophylactique 
d‘' la C.-R. 


Il nous a semblé do grand intérêt de faire les 
mêmes recherches pour les C.-R. négatives ; 
nous avons, comme pour les C.-R. positives, 
relevé les enfants ayant subi un contact tuber¬ 
culeux, bacillifère ou non, ceux n’ayant eu 
aucun contact, enfin ceux ne présentant que des 
antécédents tuberculeux. Les résultats sont résu¬ 
més dans le tableau III. 

De même que pour les C.-R. positives, le 
pourcentage des enfants ne réagissant pas A la 
tuberculine est faible chez ceux n’ayant que des 
antécédents tuberculeux, mais on constate qu’il 
est A peu près équivalent chez ceux présentant 
un contact et chez ceux n’en ayant aucun. 
Même dans les deux premières années de la vie. 
Il pourcentage atteint 52 pour 100 et 51 pour 
100 pour les derniers. La moyenne générale des 
culi-réaclions négatives, malgré le contact, 
s’élève A 42 pour 100, ce qui est élevé. 

















































N" 1 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


7 


En raison de celle constatation, il était néces¬ 
saire de rechercher la cause eL la nalure des 
conlacls tuberculeux, et ces résultats sont don¬ 
nés dans un 4“ tableau (page précédente), où les 
sujets ont été répartis en 3 groupes d’après le 
contact : 

a) Tuberculeux bacillifères, c’est-à-dire cra¬ 
chant des bacilles constamment ou presque, et 
en abondance au moment oi'i les C.-ll. des en¬ 
fants ont été faites ; 

b) Tuberculeux pulmonaires non bacillifères, 
chez qui de nombreux examens ont été négatifs, 
ou bien où les bacilles ne furent décelés qu’une 
ou deux fois ou après inoculation ; ce terme de 
non bacillifère doit Cire pris dans le sens de 
tuberculose avec bacilles très rares (car les tuber¬ 
culoses pulmonaires réellement fermées sont, 
sauf après guérison clinique, des exceptions) ; 

c) Enfin les Tuberculoses osseuses et viscérales, 
celles-ci comprenant les pleurésies sans alleinlcs 
pulmonaires cliniquement ou radiologiquement 
ajipréciables. 

Il est frappant de constater que le taux d’en¬ 
fants à C.-U. 7-icgalives en contact avec des tuber¬ 
culeux bacillifères est très élevé ; sauf entre 5 et 
il ans, il dépasse 50 pour 100, l’autre moitié 
partagée à pou près également entre les tuber¬ 
culoses non bacillifères et les extra-pulmonaires. 
II semble donc que l’enfant est plus résistant 
à l’infection tuberculeuse qu’on ne le pensait 
autrefois, sauf à partir de 5 ans, ûge scolaire, 
où le taux dos C.-R. négatives baisse dans les 
contacts bacillifères, et est plus élevé parmi les 
non bacillifères ; comparons avec le fait constaté 
au tableau I, où le taux dos C.-R. positives aug¬ 
mente à 5 ans. 

Pour mettre en évidence les raisons de la 
fréquence do celte négativité, nous avons recher¬ 
ché les conditions des contacts : 20 enfants au 
total avaient été séparés après constatation du 
contact, par placement de l’enfant ou du ma¬ 
lade ; 8 enfants ont reçu le BCG injectable ou 
K.R. et, après une séparation de cinq ou six 
semaines, remis on contact (généralement contre 
notre avis, mais toutefois surveillés et bénéfi¬ 
ciant de quelques précautions prophylactiques); 
de cette façon le nombre total d’enfants en con¬ 
tact réel et non protégés présentant une G.-R. 
négative s’abaisse à 102 ; le pourcentage, par 
rapport à la totalité des C.-R. négatives, descend 
ainsi de 53 pour 100 à 42 pour 100. 

Mais il était plus inlércssant de comparer les 
chiffres des C.-R. négalives en contact bacilli¬ 
fère, avec ceux des C.-R. positives dans les 
mômes contacts, et relevés au tableau II. 'Voici 
loa résultats ; 


naturelle. Le pourcentage est assez régulière¬ 
ment identique aux divers âges do 0 à 18 ans, 
sauf entre 6 cl 7 ans, où il s’abaisse fortement 
(14 pour 100) ; de 0 à 1 an il s’agissait de con¬ 
tact paternel dans 5 cas sur 9. 

On peut, certes, penser que celte rareté rela¬ 
tive de l’infcclion réside dans une prophylaxie 
familiale mieux comprise et plus répandue 
qu’autrefois ; mais celle prophylaxie est diffi¬ 
cile à appli(]uer de façon absolue et prolongée, 
et ne suffit pas pour expliquer la négativité de 
nombreuses C.-R. L’enfant ne se contamine 
donc pas aussi vile et aussi facilement qu’on no 
la pensait. Les lois de la quantité et de la durée 
du contact sont toujours valables. Mais les faits 
constatés permettent de dire que dans certains 
cas, des enfants restent insensibles au bacille de 
Koch. Doit-on parler do période pré-allergique 
prolongée:' Nous ne le croyons pas, car les 
virages positifs des G.-R. ne se sont produits 
que chez 16 enfants en contact bacillifère 
(15,2 pour 100 des C.-R. négalives) dans l’année 
suivante ; 3 âgés de plus de 13 ans ont pu être 
contaminés on dehors de leurs familles ; les 
13 autres ont dû l’être nu cours du contact 
familial. Aucune C.-R. n’a viré dans les milieux 
non bacillifères. 

Nous serions portés à croire qu’il s’agit de 
contaminations très lentes, l’enfant résistant 
naturellement au bacille, avec des réactions bio¬ 
logiques et organiques minimes ou milles. 
Une immunité existe mais elle est muette : une 
quantité minimum do bacilles, variable avec 
chaque sujet, est nécessaire pour le faire réagir 
à la tuberculine. 

Do plus, aucun de nos 16 enfants dont les 
C.-R. ont viré n’a présenté, au moment et après 
! i constatation du virage positif, de lésions 
tuberculeuses, do tuberculose maladie ; tandis 
que les 37 enfants devenus tuberculeux (notés 
au tableau II) étaient tous en contact bacilli¬ 
fère et réagissaient à la tuberculine dès le pre¬ 
mier examen. L’immunité qu’il est classique 
d’admettre comme acquise quand la C.-R. de¬ 
vient positive serait plus solide et plus pro¬ 
fonde chez les enfants où elle vire tardivement. 
N’ost-ce pas peut-être parce qu’elle succède à 
cette immunité naturelle déjà protectrice.'' C’est 
là une notion générale qui admet que l’im¬ 
munité conférée 'par dos vaccinations et revac- 
cmations à doses faibles mais répétées protège 
mieux que les vaccinations massives et rapides. 

Dans les familles celle immunité est répan¬ 
due sans aucune règle de logique évidente : des 
enfants do même milieu en parfaite santé appa- 
I rente ont dos C.-R. positives ou voient leur C.-R. 


Frey-Ragu et C. Paul, pour l’infection tubercu¬ 
leuse, la cuti-réaction semble avoir une marche 
familiale oscillante, en « zig-zag », pour laquelle 
il nous est actuellement impossible de donner 
une explication par les notions de contagiosité. 

CO.NCLÜSION. 

Voici exposés quelques faits objectifs que 
nous nous sommes efforcés de vérifier avec le 
maximum d’exactitude, indiquant les variations 
de la C.-R. à la campagne et sa valeur. Nous 
pensons pouvoir en formuler ces conclusions : 

1° Une C.-R. positive indique un milieu in¬ 
fecté, d’autant plus sûrement que l’enfant est 
plus jeune ; 

2° L’enfant, témoin biologique de la tubercu¬ 
lose familiale, permet, par sa C.-R. positive, do 
dépister une tuberculose dans l’entourage ; 

3° Le début de l’âge scolaire et la puberté 
semblent être les périodes où l’enfant est le 
plus exposé à la tuberculose infection et à la 
tuberculose maladie ; 

4° Un nombre important d’enfants vivant en 
milieu tuberculeux bacillifère conserve une 
C.-R négative ; 

5° Une quantité importante et minima de 
bacilles est nécessaire pour provoquer une C.-R. 
positive chez certains enfants ; 

6° Le virage dos C.-R. ne se produit qu’en 
milieu infecté ; il se produit rarement et tardi¬ 
vement ; CO fait peut s’expliquer par une résis¬ 
tance naturelle au bacille sans manifestation , 
l’immunité ainsi conférée est lente mais solide. 

BIBLIOGHAPniE 

Bezançon, Bn.AL'N, M'"" FnEY-R.-iGti, M"" Baymokd, 
C. Paul, AnninénAïuE : La eonlngion tubercu¬ 
leuse chez les enfants dons le groupe familial ; 
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tardifs ; Le nourrisson après contact tuberculeux. 
Académie de Médecine, 20 .luillel 1937. 

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23 Novembre 1936. 

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Pédiatrie, 1936, n” 4. 

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tions : M"'" Dreyfus-Sée ; A. Boiin ; Boulangieh ; 
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Soc. des médecins de Dispensaires et de Sanai., 
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campagne. La Presse Médicale, 27 Mai 1936. 
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Thèse de Paris, 1937. 

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infection tuberculeuse cbez l'enfant parisien. Re¬ 
vue de la Tuberculose, Janvier 1936. 

L0B.101S ; Thd.se de Paris, 1937. 

II. MoLLinii : Notions récentes sur les épreuves tubercu¬ 
liniques : Journal de Médecine el Chirurgie prati¬ 
ques, 10 Mai 1936. 

NoBÉcounT ; Les C. R. à la Tuberculine, influence de 
l'âge et du sexe ; Gazette des Hôpitaux, 6 Mai 1936 J 
La primo-infection tuberculeuse et son étape ini¬ 
tiale chez les petits enfants ; Gazette des Hôpi¬ 
taux, 25 Novembre 1936. 

C. Paul : Etude du groupe familial d’enfants en milieu 
tuberculeux ; Thèse de Paris, 1936. 

Rist et Tuchila ; Société d'Etudes sur la tuberculose, 
12 Juin 1937. 

Troisier, Bariéty et Nico : Académie de Médecine, 
6 Avril 1937. 

NoBécouRT cl BnisKAB : La Presse Médicale, 15 Avril, 
6 Juin, 22 Juillet et 19 Septembre 1936 ; Soc. de 
Pédiatrie, Mai 1936. 

Pasquier : L’âge de la primo-infection tuberculeuse chez 
l’enfant ; Thèse de Paris, 1935. 


CHANGEMENT D’ADRESSE. — Pour loat chan¬ 
gement d'adresse envoyer i franc et la bande du 
journal. 


Tableau V. 



Ainsi 23,7 pour 100 des enfants en contact virer, tandis que chez des frères plus chétifs 
avec une source certaine et constante de bacilles la C.-R. reste négative. Ainsi que l’ont contrôlé 
résistent à 1 infection tuberculeuse de façon le Prof, Bezançon et ses collaborateurs Braun, 







8 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1D39 


N" I 


XV^ CONGRÈS DE L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE 

DE L’AMÉRIQUE DU NORD 

(Oltawa, 5-('-7-8 Sopl^inibro 1938.) 


I,e W' (I 11 \-sociation des Médecins 

do Lainnio fi-anoaisi' di' rAiiu'rir]nc du Nord a Icnu 
sa preniiô'o sôaïuo le lundi o S’plombrc. Nous 
avons publie a la rubniiiie « I.a Médecine a Ira- 
vei-s le Monde » le compte rendu de celte impor¬ 
tante mai.-f-t - I ruine. Les nombreuses 

commimications qui furent faites sont résumées 
dans les lignes qui suivent. 

M.vmu 6 SEPTi-Muiui 1938. 

Le diagnostic de l’épilepsie par l’épreuve de 
l’eau. — M. Horace Viau. L'épreuve de l'eau 
donne au médecin la possibilité de déclencher un 
accès épilcptiiiuc dans un but d'analyse. L’auteur 
de cette intércs.sante communication apres avoir 
rappelé les bases cliniques du diagnostic de l’épi¬ 
lepsie de l’enfant décrit la tecbnique de l’épreuve 
qu’il préconise. La projection d un lilm illustre 
cet exposé et montre les différentes phases du pro¬ 
cédé appliqué à une fillette de 11 ans. 

au mèmè titre que l’épreuve de l’hyperpnée. Kn 
précisant la séméiologie il contribue au diagnostic, 
et il comporte en outre d’intéressantes considéra¬ 
tions sur les rapports des crises convulsives cl du 
métabolisme de l’eau. 

Le traitement dt la chorée par l’électro¬ 
pyrexie. — M. Jean Saucier. Celle communica¬ 
tion rapporte les résultats du traitement de 20 cas 
environ de eboréc de Sydenham par l'électro- 
pyrexie. Bien qu’il ec défende de donner dans ce 
travail préliminaire des conclusions définitives, 
l’auteur estime que celte méthode comporte de 
nombreux avantages. 

Les séances d’hyperthern\ie durent 6 à 8 heures; 
elles sont espactV's de 4 à 7 jours. Pendant ces 
intervalles le malade ne reçoit aucun soin complé¬ 
mentaire. Le traitement est donc strictement phy¬ 
sique, exception faite du salicylate de soude pres¬ 
crit les jours d’élcctro-pyrexic. 

Les malades traités ont tous été améliorés, plus 
ou moins, ou guéris. .Aucun échec total n’a été 
enregistré. Le pourcentage de guérison s’élève à 
83,3. Dès la S*’ ou 4' séance l’action sédative est 
déjà manifeste. L'endocardite elle-même bénéficie 
de ce traitement qui nécessite en moyenne 20 jours 
d’hospitalisation. 

Acuité visuelle et accidents d’automobiles. — 
M. Ulysse Forget. Une enquête conduite parmi les 
patients de la policlinique de KHôpital général de 
Fnll River a permis à l’auteur de celle commu¬ 
nication d’établir un rapport entre la fréquence des 
accidents d’automobile et les troubles de racuilé 
visuelle. Les risques de lu circulation pourraient 
être notablement atténués si l’on accordait à cette 
lause d’accidents la considération qu’elle mérite. 
Plus de 60 pour 100 dos accidents surviennent la 
nuit, alors que le mouvement, sur les routes, est 
réduit. Le mauvais éclairage d’une part, l’hespé- 
ranopie d’autre part sont en grande partie respon¬ 
sables de celte haute proportion. 

Sur le diagnostic des hémorragies utérines. — 
M. Edmond Piette. Cet exposé, à la fois clinique 
et thérapeutique, permet à son auteur d’apporter 
le fruit de son expérience. Après avoir classé les 
différentes causes des hémorragies utérines, il envi¬ 
sage leur traitement et décrit en particulier les 
mesures qu’il prend en présence de l’hémorragie 
de la rétention placentaire et de la môle hydati- 
forme. Celte étude ne néglige aucun des procédés 
les plus modernes et insiste en particulier sur les 
possibilités de la physiothérapie. 

Le lever précoce en chirurgie abdomino-pel¬ 
vienne. — M. Pierre Smith. Cet important mé¬ 
moire envisage les avantages et les inconvénients 
du lever précoce des sujets qui viennent de subir 


une intervention abdomino-pelvienne. L’auteur 
rappelle que .1.-1.. l-'aure défendait dè.s 1908 l’iili- 
lilé d,. cette mesmv et que l’ierre Dcli.et montra 
les avantages que la ennsolidation des fractures de 
jaiidies tire d’une réduction compatible avec la 
marche. Chalier, de Lyon, en 1919, apporta des 
documents favorables au lever précoce. L’expéri¬ 
mentation enfin enseigne qu’un chien laparolomisé 
reprend son activité sitôt après l’opération sans 
que le succès de c< Ile-ci soit compromis. 

Au total il n’y a pas d’antagonisme entre le 
mouvement et la cicatrisation et les contractions 
du co'iir, des artères ne semblent pas gêner rhe\i- 
reuse évolution des sutures cardio-vasculaires. 

.\ la suite d’une expérience basée sur 700 obser¬ 
vations personnelles réunies en 5 ans, l’auteur 
montre à son tour les avantages du lover précoce. 
11 discute les indications; celte mesure en effet 
n'est applicable ipraux interventions abdomino- 
pelviennes qui ont permis ait chirurgien de pren¬ 
dre toutes les garanties de sécurité indispensables. 

Cette réserve faite les avantages du lever pré¬ 
coce sont considérables; ils sont physiques cl psy¬ 
chiques pour l’opéré dont les fonctions viscérales 
tirent bénéfice d’un retour rapide à une activité 
normale ; ils sont aussi importants d'un point de 
vue économique, pour l’individu qui peut repren¬ 
dre plus vite un travail rémunérateur, et pour la 
société dont les charges sont allégées si le rende¬ 
ment de l’hôpital est meilleur. 

Chimio-vaceinotherapie de la syphilis ner¬ 
veuse. — AI. Alhéric Marin. La méthode préco¬ 
nisée dans cette cnmmunicalion associe les avan¬ 
tages de la pyréfothérapic, de la chimiothérapie et 
du choc humoral dirigés contre la syphilis ner¬ 
veuse, pré-cIiniquc ou clinique. Elle découle de 
l’insuffisance des traitements chimiques isolés cl 
des inconvénients propres de chaque méthode pyré- 
togène. En illustrant son exposé d’observations 
pri.scs dans son service de l’IIôpilal Notre-Dame, 
l’auteur rappelle qu’on ne peut associer à la tierce 
bénigne les arsenicaux nocifs pour l’hématoîoaire, 
et que les ondes courtes privent le malade du béné¬ 
fice du choc humoral. Pour cette raison il conseille 
de faire agir successivement la pyrétothérapie phy¬ 
sique combinée au novarsénobenxol, puis trois fois 
par semaine un vacoin pyrétogène en même temps 
que du bismuth. Tl précise la technique de ce trai¬ 
tement qui lui a permis d’obtenir avec une qua.si- 
innocuilé une proportion d’améliorations o;i de 
guérisons supérieure à celle qu’il avait enregistrée 
avec les méthodes nouvelles. 

Le psychisme de l’accidenté. — M. I. Cote. 
La première loi sur les accidents du travail fut 
promulguée en France, en 1898. Dix ans plus tard 
le Canada suivait cet exemple. 

L’auteur, après avoir souligné les ax'antages pour 
la société de cette législation, fait un exposé de 
la psychologie de l’accidenté et du médecin qui 
doit diriger le traitement ou évaluer le dommage. 
Le nombre des psychopathes, sous l’influence 
peut-être de l’ambiance moderne, est en progres¬ 
sion, et la médecine sociale doit compter de plus 
en plus avec les cas de névroses, d’hystéro-trauma- 
tismes. Une législation imparfaite ou mal appli¬ 
quée ne combat pas avec une sévérité suffisante 
ceux qui considèrent trop complai.samment ces 
troubles fonctionnels ou qui peuvent même les 
suggérer. 

L’intérêt clinique du contrôle systématique 
du fond d’œil. — M. François Badeaux. Lc.s 
examens périodiques du fundus sont riches d’en¬ 
seignement pour le clinicien. Le malade tirera 
toujours bénéfice de relie collaboration de l’ophtal¬ 
mologiste et du médecin, ;tfile à l’examen des 
maladies organiques les plus variées : syndromes 
cardio-vasculaires, anémiques, purpuriques, mala- 


es tuberculeii.-c', s'philitiques, infectieuses, endo- 

rditi's septiques, lésions du système nerveux cen- 
Iral. Des examens lépétés permettent souvent 
d'orienter utilement le diagnostic, de surveiller 
rorioiitation de la maladie, de contrôler les effets 
du Irailemenl. L’auteur, pour illustrer son exposé, 

morragie rétinienne spontanée, d’une chorio-réti- 
nile lubcrciileusc. 

Contribution à l’étude des fonctions du thy¬ 
mus. — M. R. Turpin (FarLs). Après avoir rappelé 
l’opinion des physiologistes contemporains sur les 
fonctions du thymus, l’auteur de celle communi¬ 
cation expose certains faits nouveaux qti’il a pu 
enregistrer avec .ses collaborateurs .M. Tisserand, 
.1. .Sérane cl ,1. Valclla. Des rats albinos issus d’uii 
élevage liés homogène ont servi à ces recherches. 
Lc.s unes leur ont permis do ennslalcr que la thy¬ 
mectomie d'un couple, conirairomeni à une idée 
souvent défendue, ne retarde pas la maturité géni¬ 
tale et ne diminue pas la fécondité. Les autres que 
la Ihymcclomie abaisse le taux du glutathion hépa¬ 
tique et <pie ci'llc diminution est plus importante 
pour le ghilalhion total que pour le glutathion 
réduit. 

Le diagnostic cl nique des tremblements. — 
M. Roma Amyot. Tl convient de se souvenir que 
la valeur séméiologique du tremblement est très 
variable suivant les circonstances. Parfois simple 
épiphénomène nu cours d’une maladie ou d’un 
syndrome définis, d autres fois signe fondamental 
d’une affection organique, le tremblement est un 
moyen d'investigation qui appartient à la méde¬ 
cine générale. 11 a retenu de longue date l’atten¬ 
tion des neurologistes, des physiologistes cl leurs 
travaux, en précisant les modalités de ce symptôme, 
ont fourni au clinicien les moyens d’appréciation 
utiles au diagnostic 

La radiothérapie profonde du cancer. — M. 
J.-E. Gendreau. L’auteur de celle intéressante com¬ 
munication, après avoir rendu hommage aux pion¬ 
niers français de la radiothérapie profonde du 
cancer, A. Béclèrc. C. Regand. G. Roussy, expose 
devant le Congrès les possibilités actuelles de cette 
méthode et ses effets sur la cellule néoplasique. 11 
apporte les résultats de son expérience personnelle, 
développe les raisons qui justifient sa confiance et 
loin de négliger le côté théorique de ce sujet, inter¬ 
prète, à l’aide des doctrines physiques les plus 
modernes, les effets de eetlc thérapeutique. 

Hydronéphroses latentes s’exprimant par des 
troubles digestifs. — AI. Oscar Mercier. Les 
manifestations cliniques de l'hydronéphrose atti¬ 
rent souvent l’attention sur les x'oics digestives. 
Ces variétés symptomatiques sont beaucoup plus 
fréquentes que celles qui s’expriment par un syn¬ 
drome de colique néphrétique. Après avoir rappelé 
les travaux cliniques du Prof. Marion l’auteur do 
cet important mémoire montre, en s'aidant de plan¬ 
ches anatomiques, comment les connexions du sym¬ 
pathique périrénal expliquent ce retentissement 
digestif de l'anomalie des voies urinaires. La pyé- 
lographie est un moyen précieux de diagnostic. 
Elle permettra de rattacher à leur cause véritable 
des syndromes gastriques, pyloro-duodénaux, appen¬ 
diculaires que l’on peut croire primitifs. Une sta¬ 
tistique personnelle de l’auteur groupe 243 malades 
qui souffraient de celle variété d’hydronéphrose. 
Pur ce total, 187 ont donné des renseignements 
qui permettent de juger avec une précision suffi¬ 
sante les suites de l’intervention ; .59 hydroné- 
phroscs par anomalie vasculaire sur 60 ont été 
siiivies de guérison; 87 pour 100 des hydronéphrosse 
par brides (1271 ont été améliorées ou guéries. 

Notions fonctionnelles de sympathologie. — 
M. Antonio Barbeau. Peu de systèmes de l'orga¬ 
nisme humain offrent à celui qui les explore 







N“ 1 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


9 


niilniit do diflîcnlli's qno lo système sympalliiq\ic. ] 
El poiirtiinl sa participation est inévitable à toutes 
les expressions l'onclioniicllos, normales on pallio- 
logiqiics. Il est impossible d'interpréter convena¬ 
blement les si.qnes (pi'il déelenclie si l'on niéeon- 
iiait ranalomic physiologitpie fondamentale du 
systènie neiiro-végéialif. 

Mnncnnni 7 SnnrnMiim:. 

L’alimentation artificielle du nourrisson. — 
M. Daniel Longpré 1.I'> tra\an\ des pédiatres ont 
précisé, surlont dans le cours de ces dernières 
années, les besoins alimentaires qualitatifs et quan¬ 
titatifs du nourrisson. Les progrès réalisés ont 
i-etenti très rapidement sur les courbes de morta¬ 
lité du premier âge et modifié même dans une cer¬ 
taine mesure la morbidité de la clientèle des poli¬ 
cliniques et de.? SCI vices de nos hôpitaux. Cette 

dispositions nouvelles sur la mortalité des nour¬ 
rissons de la Crèche d’Youville. 

Diagnostic rapide de la syphilis par une nou¬ 
velle réaction de floculation. — VL Albert Ber¬ 
trand. l'ne ingénieuse méthode de diagnostic do 
la syphilis ])ar une réaction de lloculation. rapide 
et de lecture aisée, est décrite dans cette commii- 
nicaliiin. L’auteur ulfiise une préparation composée 
on proportions originales de teinture de henjoin, 
de cu'iir d<' bœuf ci de cholestérine. La lecture sur 
lame est facilitée par l’adjonction de Soudan 111; 
elle se fait sur fond noir, avec éclairage indirect. 
L'examen par ce procédé de 1.000 sérums a mon¬ 
tré que les résultats concordaient dans 93.2 pour 100 
des cas avec ceux de la réaction de Kahn. Si l’on 
ajoute que sur les üt; sérums restants, 18 donnè¬ 
rent une réaction en accord avec celle que four¬ 
nissait la méthode de llordet-Wassermann -on 
obtient une concordance globale de 95 pour 100. 

La simplicité. la précision et la rapidité de cette 
méthode conduisent son aiitimr à la conseiller pour 
des examens urgent.s et en particidier quand il 
s’agit de contrôler le sang d’un donneur. 

Le traitement des hémorroïdes par les injec¬ 
tions sclérosantes. — M. J.-A. ûenoncourt. Les 

travaux des gastro-i'ulérolognes français ont mon¬ 
tré les avantages de traitement des hémorro’idcs 
par les injections sclérosantes. Cette communica¬ 
tion développe les avantages et envisage les diverses 
indications de cette méthode dont la valeur peut 
être jugée maintenant avec un recul suffisant. 

Les adéno-myo-sarcomes du rein chez Ven¬ 
tant (tumeur de Wilm). — M. J.-E. Gaulin. 
L’étude de 4 cas personnels observés chez des 
enfants de 12, 15, 20 et 35 mois fournil au présen¬ 
tateur de ce travail l’occasion de développer diverses 
considérations sur cette variété de tumeur rénale 
qui épargne à peu près totalement l’adulte. Les 
adéno-myo-sarcomes du rein sont unis par des 
caractères cytologiques communs; le sexe ne sem¬ 
ble pas agir sur leur fréquence cl ils sont loca¬ 
lisés indifféremment à droite ou à gauche. Après 
un rappel des travaux de G. Rou.ssy, l’aulenr 
défend l’intérêt thérapeutique de la radiothérapie 
pré-opératoire. Si l’on discute encore certains dé¬ 
tails de technique radiologique, l’opinion est à peu 
près unanime sur le principe d’une méthode qui 
réduit le volume de la tumeur qu’on se propose 
d’extirper et qui prévient les métastases. 

Les progrès de Vinsulinothérapie. — M. C.-E. 
Grignon. Les diabétologues s’efforcent sans rel⬠
che d’améliorer les qualités de l’insuline. Diverses 
méthodes tour à tour ont été préconisées, pour 
réduire les dangers de l’insulinothérapie et accroî¬ 
tre son efficacité. Si le médecin pouvait faire varier 
au gré des circonstances la durée d’action d’une 
même dose d’insidinc, il serait à même d’adapter 
x'éritablemcnt l’insulinothérapie aux besoins de ses 
malades. Celle étude critique montre que la mé¬ 
thode idéale, en dépit d’efforts nombreux et de 
l’inlérèl de l’insulinc-prolaminc-zinc, reste eneore 

Le diagnostic différentiel des comas. — MM. 
J.-R. Papin et Chas. Nadeau. Les inces.sanls 
progrès de la pathologie accroissent la précision des 
méthodes de diagnostic cl les grands problèmes 


de la pratique journalière sont souvent les premiers 
à en tirer bénéfice. Les auteurs de ce travail envi¬ 
sagent les multiples aspects de celte importante 
question de médecine usuelle. 

De l’étatisation de la médecine et de l’assu- 
rance-santé. — .M. le sénateur G. Laçasse. Peu 
de problèmes do médecine sociale ont aux yeux de 
l’opinion autant d’oclualité. Mais i les Pouvoirs 
puldics soucieux de leur haute responsabilité doi- 
v<'nt sauvegarder la santé des individus dont ils 
ont charge, ne risquent-ils pas s’ils portent atteinte 
à l’indépendance du médecin de dé-former sa men¬ 
talité, d’annihiler les mobiles qui poussent les uns 
à la recherche scientifique, <-1 les autres à la plus 
charitable des professions. 

Les différents aspects du problème sont exposés 
dans ce rapport en même temps que la nécessité 
d’une législation qui sauvegarde les intérêts do 
chacun cl qui fasse bénéficier les vrais pauvres 
seulement des bienfaits de l’assistance médicale. 

Le syndrome angineux. — M. Albert Lesage, 
lin exposé précis et complet des faits anatomo- 
physiologiques sert d’introduction à celle élude du 
syndrome angineux et de son IrailemcnI. Les tra¬ 
vaux modernes ont exploré la circulation coro¬ 
naire; nos i]rorédés d’investigation nous permet¬ 
tent aujourd’hui de dépister ses anomalies et d’en 
tirer des conséquences utiles au pronostic et au trai¬ 
tement. L’aulenr sonligne l’importance qu’il 
accorde personnellement aux troubles coronariens. 
11 aborde ensuite le ehapilre du traitement cl déve¬ 
loppe les raisons qui justifient les espoirs des 

Les conditions d’apparition du mongolisme. 
— M. R. Turpin (t aris). Ce mémoire résume les 
faits que R. Turpin cl A. Caralzali ont pu dégager 
de leurs études .sur le mongolisme. Les résultats de 
celte enquête peuvent être répartis en trois grou¬ 
pes; le premier a trait à la morbidité, des ascen¬ 
dants et des collatéraux; le second a\ix conditions 
familiales de la maladie; le dernier, à la rép.arli- 
tion de la maladie parmi les jumeaux. 

Après avoir montré les difficultés inhérentes è 
l’investigation génétique du mongolisme, l’auteur 
envisage les diverses hypothèses conciliables avec 
les faits et la part relative de l’hérédité et do l’am¬ 
biance (âge maternel), facleiirs responsables de celte 
dystrophie. 

Les tumeurs bénignes des bronches. — MM. 
Chevalier Jackson et C. Lawrence Jackson. Une 
longue expérience de l’exploration endoscopique de 
l’arbre bronchique a montré aux auteurs de celte 
communication que les tumeurs bénignes des 
bronches sont notablement moins rares que ne le 
disent les classiques. Cette fréqjiencc ne surprend 
point si l’on se rappelle que ces tumeurs peuvent 
donner lieu aux manifestations les plus variées, 
simuler l’asthme, la bronchite chronique, la bron¬ 
chectasie, ou se dissimuler derrière un processus 
pneumonique ou suppuratif. Dans ces cas le dia¬ 
gnostic étiologique est impossible sans le secours 
du bronchoscope. Les examens anatomo-pathologi¬ 
ques ont identifié des angiomes, adénomes, myxo¬ 
mes, hématomes, papillomes, fibromes, lipomes, 
chondromes, ostéomes. tuberculomes, syphilomes 
et un groupe de tumeurs dépourvues de caractère 
spécifique et qualifiées granulomes. L’identification 
de la biopsie est parfois délicate quand il s’agit de 
différencier une tumeur bénigne d’une variété ma¬ 
ligne. 

Réffexions d’ordre pratique sur 500 thyroïdec¬ 
tomies. — M. R.-E. ’Valiii. Le goitre sévit à l’état 
endémique en certains points des vallées de l’Ot¬ 
tawa et de rivières issues des Laurentides ; dans 
ces territoires la teneur en iode de l’eau potable 
est insuffisante. L’auteur, dont l’expérience est ba¬ 
sée sur celte importante statistique personnelle, en¬ 
visage les indications opératoires des goitres hyper- 
plasiqties (151), des adénomes toxiques (111), des 
adénomes kystiques ou colloïdes (207), des tumeurs 
thyroïdiennes malignes (6),- des Ihyro’idilcs aiguës 
(3) ou subaiguës (2). Il étudie, en outre, les signes 
du goitre intrathoracique. Pour apprécier le risque 
opératoire, la valeur du métabolisme basal est 
moindre que la rapidité du pouls, l’âge du patient. 


la durée de l’hyperthyroïdie, la psychologie du ])a- 
licnt. Le chirurgien peut s’aider aussi de l’épreuve 
de l’iode cl utiliser la thérapeutique iodée avant 
l’intervention. Dans la grande majorité des cas la 
thyroïdectomie subtolalc, bilatérale, par dissection 
extra-capsulaire, est faite en un temps. 11 est rare 
que deux temps soient nécessaires. L’exérèse insuf¬ 
fisante favorise Ica; récidives justiciables d’une réin¬ 
tervention. La statistique de l’auteur ne comporte! 
<|ue deux décès par hypothyroïdie aiguë posl-opé- 
raloin- et asystolie, un cas d’hémorragie, un cas 
d<! traumatisme récurrentiel (rôle du tissu cicatri¬ 
ciel). cl huit récidives qui cédèrent à la réinterveu- 
lion. Par contre, il n’a jamais observé de mvx- 
fcdèmc ni de tétanie. 

.iKuni 8 Sfptf.mbue. 

Conceptions modernes sur les maladies con¬ 
tagieuses. — i\L J.-H. Charbonneau. Depuis les 
travaux do Pasteur la médecine est entrée dans une 
ère nouvelle. Nous avons appris à distinguer les 
diverses variétés d’immunité: naturelle ou acquise, 
générale ou locale, passive ou active. Le théra¬ 
peute est en mesure d’agir contre l’infection par 
des mesures spécifiques ou non. La chimie nous, 
apporte son concours pour lutter contre les mala¬ 
dies inaccessibles aux sérums ou aux vaccins. Les 
dérivés sulfamidés font naître (!<■ grands espoirs. 
Los qualités de la ration alimentaire, .son équilibre, 
sa richesse en vilaminc.s. méritent aussi considé- 

Lcs progrès de la bactériologie et de l’hygiène 
nous permettent, en outre, de mieux départager les 
malades qui doivent être isolés de ceux qui peu¬ 
vent ne pas l’être. L’auteur de celle communica¬ 
tion envisage, en terminant, les exigences maté¬ 
rielles d’un hôpital ré.scrvé aux contagieux et les 
règles que doit observer le personnel. Le bénéfice 
de telles mesures n'est pas limité aux malades, il 
s’étend au personnel lui-même qui peut réduire 
par une sage prophylaxie les risques de contamina- 

L’éclectisme en anesthésie. — M. J.-C. Dou- 
cet. 11 n’csl pas excessif de dire que les suciès de 
la chirurgie tiennent pour une part aux progrès 
des méthodes anesthésiques. Dans la série des pro¬ 
duits mis à sa disposition, chloroforme, éther éthy¬ 
lique, chlorure d’ethyle, vinethène, protoxyde 
d’azote, cyclopropanc. le chirurgiim choisit celui 
qui convient le mieux au malade et à l’inlerven- 
lion. Il lient compte de l’âge du sujet, de la qua¬ 
lité de scs viscères, de la nature cl de la durée de 
l’opération projetée. D’autres fois il diseiite les 
avantages de l’avcriinc, de la rachianesthésie, de 
l’anesthésie par voit: intra-veineuse ou inlra-tra- 
chéale. 

La méthode anesthésique s’est ainsi élevée peu à 
peu au rang de spécialité. Le choix judicieux de la 
méthode à employer, la préparation de l’opéré, 
l’as.socialion éventuelle d’anesthésiques divei’s, le 
maniement d’appareils délicats exigent, en effet, 
une longue cxpéi-icnce de la part ilu collaborateur 
du chirurgien. 

Le traitement moderne des brûlures. 

M. Edmond Dubé. Diverser initiatives heureuses 
ont considérablement modifié dans le cours de ces 
dernières années le traitement des brûlures. Les 
études bactériologiques et chimiques nous ont per¬ 
mis de mieux connaître les complications toxi- 
infectieuses de ces accidents et par suite de mieux 
les combattre. Les traitements locaux par insuffla¬ 
tion de préparations à base d’acide tannique, de 
bleu de méthylène, d’acide crésylique et de chlo- 
rétone marquent un progrès tr^ notable et per¬ 
mettent d’obtenir des cicatrices souples. Néanmoins 
les procédés auloplastiques gardent leurs indica¬ 
tions. 

Le diagnostic précoce du cancer de l’estomac. 
— M. Eug. St-Jacques. Les méthodes modernes 
donnent au clinicien la possibilité de dépister plus 
tôt qu’aulrefois le cancer gastrique. L’auteur de ce 
mémoire analyse ces divers procédés et précise la 
valeur ile chacun d’entre eux. Une séméiologie 
rigoureii.re peut assurer le succès d’une opération 
qui doit être à la fois précoce et radicale. 






10 


LA PRESSE MEDICAJ.E, Mercredi, 4 Janvier 1939 


N‘ 


Conception actuelle du traitement de l’éclamp¬ 
sie. — M. Donation Marion. Le Irailcment de 
l’éclampsie est toujours un sujet d’actualité. Si 
toute femme enceinte pouvait être soumise à un 
contrôle médical rigoureux, l’intoxication éclamp¬ 
tique ne devrait pas atteindre le seuil de la erisc 
convulsive. 

Le traitement chirurgical de réclainpsic a vécu; 
si les mesures propliylaclique.s sont inopérantes, le 
médecin accoucheur doit provoquer !’aceouchcnient 
avant terme. 

Si la crise convulsive est le .signe révélateur, un 
traitement médical doit l’enrayer et s’opposer à sa 
réapparition; il est le premier temps d'un traite¬ 
ment qui s’achève par raccoiichement provoqué 
par les méthodes obstétricales usuelles. 

La gastroscopie. — M. Alfred Mousseau. Cet 
exposé sur l’endoscopie gastrique défend les avan¬ 
tages de ce procédé d’exploi'ation. .Vssocié à la ra¬ 
diologie il fournit au spécialiste des indications 
plus utiles que celle- que nous donnent les autres 
procédés. Gastroscopif et radiologie se complètent 
l’une l’autre, à la condition d'être utilisées par un 
expérimentateur exercé. La projection d’un film 
cinématographique montre les différents I<'mp5 de 
cette étude endoscopique. 

La rœntgenthérapie superücielle des affec¬ 
tions cutanées non cancéreuses. — M. J.-E. 
Ferras. Les indications de celte méthode thérapeu¬ 
tique se sont étendues à mesure qu'on découvrait 
les bénéfices que les affections cutanées les idiis 
diverses, infectieuses, parasitaires, ])ouvai«nl en 
tirer. Ces possibilités nouvelles méritent de retenir 
l’attention car clleo mettent souvent .'t la portée du 
malade un traitement simple, économique et effi- 

Sur les possibilités pratiques de dépister pré¬ 
cocement la tuberculose. — M. J.-A. 'Vidal. L’in¬ 
fluence des mesures prophylactiques sur la « délii- 
berculisation du monde » s’avère de plus en plus 
efficace. Mais ces mesures exigent la collaboration 
de tous les médecins, spécialistes et praticiens. Ln 
multipliant les investigations cliniques, radiologi¬ 
ques et bactériologiques, il est toujours possible do 
dépister de bonne heure le malade contagieux Ces 


SOCIÉTÉS DE PARIS 


ACADÉMIE DES SCIENCES 

14 Novembre 1938. 

Action du zinc sur les eüets de la testostérone 
et des prolans. — MM. Ach. Urbain, R. Cahen, 
M"” M.-A. Pasquier et M. J. Nouvel étudient l'ac¬ 
tion modificatrice du zinc, d'une part, vis-à-vis des 
prolans sur le rat mâle castré, d'autre part, vis-à- 
vis des prolans sur le rat mâle et femelle impu¬ 
bères. 

Ils constatent: 1“ le zinc renforce l’activité go- 
nadotro|H; de la te.slosiérone et du prolan chez le 
rat à condition d’ètro as.socié à ces produits dans 
une certaine proportion; 2" cet effet synergiiiue du 
zinc vis-à-vis des hormones sexuelles rap|)elle l’ac¬ 
tion des ions métalliques dans les phénomènes 
diastasiques. 

Sur divers aspects de la dépense azotée dans 
rooclusion intestinale expérimentale chez le 
obien. — MM. René Fontaine, Raymond Guille¬ 
met, Paul Mandel et Plus Branzen. Dans les nom¬ 
breuses recherches relatives à l’occlusion intesti¬ 
nale expérimentale par obstruction mécanique du 
grêle, les essais entrepris pour déceder la présence 
de substances to.xiques n'ont pas abouti. D'autre 
part, ni la mise en évidence de diverses formes de 
protides dégradés, ni l'abaissement de la chloré¬ 
mie, pas plus que l’accroissement de l’urémie, ne 
semblent expliquer dans la plupart des cas la mort 
des animaux en quelques jours. 

De l’élude comparative de l’cnscmblc de l’ex¬ 
crétion azotée avant cl après obstruction de l'in¬ 
testin, les auteurs concluent : 1“ A une augmentation 
de la dépense azotée endogène globale qui prend 


méthodes se complètent Ice unes et les autres. Elles 
permettent en tarissant les sources de contagion de 
réduire la mortalité tuberculeuse. Cet exposé s'a¬ 
chève par un appel à la collaboration de to>is les 
médecins de la province de Québec. 

Le problème amygdalien. — M A. Provost. 
L’utilité de l’amygd-dcctomic ne peut dans tous les 
cas être jugée avec la rigueur nécessaire. Si les 
renseignements bactériologiques ne font pas défaut, 
par contre les données physiologiques sont encore 
trop incomplètes pour pouvoir nous guider. A côté 
des indications opératoires formelles, les indica¬ 
tions discutables soni nombreuses. L’amygdalccto- 
mie, mesure préventive de la maladie rhumatis¬ 
male, n'a pas donné les résultats escomptés par ses 
promoteurs. L’auteur envisage les indications pri¬ 
maires et secondaires de l’amygdalectomie. 

Sur l’hypertension artérielle. — M. J.-E. 
Dubé. line longue expérience personnelle donne 
an présenlateiir la possibilité de discuter certains 
a~pect$ particuliers du problème de l'hypertension 
arlérii'lle. Après un aperçu général historique, étio¬ 
logique et pratique, il étudie plus longuement l’hy- 
pcrlension des jeunes, l’hypertension post-quaran- 
tenaire de l'iiommc, l’hypertension de la niéno- 
pause et l'hypertension de la grossesse. La descrip¬ 
tion de la m.dadie hypertensive complète cet 
exposé qui s’achève par une étude do la longévité 
des hypertendus. 

Les troubles humoraux de la tétanie para- 
thyréoprive humaine, non traumatique. — M. 
R. Turpin (Paris). L’autonomie des parathyroïdes, 
leurs fonctions vitales ont été dé( ouvertes par 
E. GIcy et par G. Moussu. A l’aide d’une obser¬ 
vation nouvelle éti'diée avec Ch.-O Guillaumin, 
l'auteur de celte communication envisage successi¬ 
vement les variations de la calcémie totale, de sa 
fraction ionisée (formule de Mac Lcan), du rapport 
phosphore inorganique-calcium sanguin, de la 
phosphatase plasmatique cl de la protidémie pen¬ 
dant les périodes de tétanie et dans leurs intervalles. 
Celle élude est complétée par celle du phosphore 
et du calcium des urinee et des fèces, et des effets 
do l’hyperalcalose gazeuse provoquée par l’hyper- 


Les troubles observés reproduisaient très fidèle¬ 
ment les perturbations physico-chimiques que l’opi- 
uion générale estime caractéristiques de la tétanie 
paralbyréoprive du chien. 

Le traitement chirurgical de l’hypertension 
artérielle. — .MM. 'Wilder Penfleld et 'W. Cône. 
Les autours de ce tr.ivail basé sur l'analyse de 20 
ob.-ervalions personnelles dotincnl la préférence à 
l'opération de Peet Cette section bilatérale et sus- 
diaplirairinalique des nerfs splanchniques leur a 
permis de faire disparaître invariablement la cé¬ 
phalée, de provoquer une chute au moins tempo¬ 
raire de la pression sanguine, et d’obtenir chez 
certains malades un résultat permanent compatible 
avec la reprise d’une vie active. La guérison de 
deux de leurs opérés se maintient depuis plus de 
deux ans. Ils ont enregistré deux décès. Un exposé 
anatomo-physiologique complète la description de 
ce procédé chirurgical dont sont justiciables seuls 
les sujets de moins de 50 ans et indemnes d’insuf¬ 
fisance rénale. 

Sur les douleurs lombo-sacrées. — M. J.-E. 
Samson. L’examen cl le traitement de 109 mala- 
iles qui souffraient de douleurs lombo-sacrées, irra¬ 
diées ou non aux membres inférieurs, a montré 53 
fois que la cause de ces algies était une arthrite 
chronique inter-apophysaire. Cette étiologie appa¬ 
raît donc la plus frequente des causes congénitales 
o:i acquises. Elle doi' être traitée par l’immobili¬ 
sation du segment douloureux. Ce résultat sera 
obtenu suivant les circonstances pai un appareil 
orthopédique ou une greffe osseuse. 

La vaccination anti-tuberculeuse par le BCG. 
— -M. L. Nègre (Paris). La dernière séance de tra¬ 
vail du Congrès s’achève par une conférence du 
docteur L. Nègre, chef de service ,à l’Institut Pas¬ 
teur de Paris, sur la vaccination anii-tubererdeuse 
par le lîCG. Devant un auditoire nombreux il évo¬ 
que les différentes étapes de la découverte de Cal- 
mette, il rappelle les faits expérimentaux qu’il con¬ 
tribua si activement dès la première heure à mettre 
en lumière ; il développe les raisons qui justifièrent 
l’application humaine de cette méthode dont l’in¬ 
nocuité et l’efficacité expliquent l’extension aujour- 
d'imi si considérables. Rawioxo Tunnix. 


une valeur double, voire triple de la valeur nor¬ 
male. 

2° Les proportions relatives des différents re])ré- 
.■umlants du catabolisme des protides (urée, ammo¬ 
niac et acides aminés) n'ont pas varié, le coeffi¬ 
cient d’oxydation protidique est resté le même. 

3“ 11 n'en va pas ainsi de l’excrétion des purines 
et de leurs dérivés: alors que l'azote de l’ensemble 
des purines augmente davantage, proportionnelle¬ 
ment, que l’azole total urinaire, l'azolc allanlo'iqiie 
eouserve sa valeur préopératoire ou même baisse, 
le eoeflicient d’oxydation purique étant de ce fait 
notablement diminué. 

4” L’urine des chiens opérés renferme bcauco:q) 
plus d'adénine que l’urine normale. 

De CCS faits expérimentaux les auteurs admettent 
l’hypothèse d'une dérivation du catabolisme des 
uucléoproléides de l'organisme, résidant en une 
incapacité partielle de désamination cl d'oxydation, 
le nucléotide libérant une aminopurinc au lieu 
d’une base xanthique, alors que l’acide urique 
provenant de ces dernières n’est qtie difficilement 
transformé en allantoïne. Ceci ne serait d’ailleurs 
nullement en désaccord avec la production initiale 
de substances toxiques, véritables causes du phéno¬ 
mène. J. COUTUKAT. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE 

(SÉ.VX'CE SOLENNELLE.) 

13 Décembre 1938. 

Rapport sur les prix. — M. G. Brouardel, 

secrétaire annuel. 

Proclamation des prix. — M. F. Bezançon, 

pré’sidcnt. 

Eloge d’Adolphe Wurtz. — M. Ch. Achard, 

secrétaire général. Lucien Rouquès. 


SOCIÉTÉS ÉTRANGÈRES 


ACADEMIE DE MÉDECINE DE ROUMANIE 

16 Novembre 1938. 

Contribution à l’hérédité de l’anthropologie 
du nez. — M. Kernbach, après avoir fait de longues 
recherches dans le domaine de l’hérédité anthro¬ 
pologique et anthropométrique, présente les résul¬ 
tats qu’il a obtenus en ce qui concerne les carac¬ 
tères métriques du nez. Il est question de l’indice 
nasal et de l’indice de projection, ainsi que de 
leurs diamètres. Du point de vue statistique ces 
caractères n’obéissent pas aux lois classiques de 
Mcndcl, mais bien à relies de Galton cl particu¬ 
lièrement à la loi de régression filiale. Ce fait se 
traduit praliqucincnl par la répartition des enfants 
en forme intermédiaire du nez et non en forme 
correspondante à celle des parents. La forme 
moyenne domine chez les enfants, quelle que soit 
la forme des parents. Il y a quelques exceptions, 
mais, de façon générale, ces résultats prouvent 
qu’il est impossible d’utiliser la méthode anthro¬ 
pométrique pour la recherche de la paternité, ainsi 
que cela se pratique dans certains cercles étran¬ 
gers. 

Une nouvelle méthode d’application des 
boues : l’électro-tango-thérapie. — MM. P. Ni- 
colesco et L. Chiosa ayant déjà constaté l’ab¬ 
sorption de l’iode contenu dans les boues des son¬ 
des (Govora) ont associé l’éleclrothérapie pour aug¬ 
menter l’ionisation de l’iode, procédé analogue aux 
bains hydro-électriques (intensité du courant 40-80 
milliampères). Les résultats les plus frappants ont 
été obtenus dans les ankylosés articulaires, les dé¬ 
formations goutteuses et la rétraction de l’aponé.- 
vrosc palmaire. 






N" 1 


4 Janvier 1939 


NOTES 

DE MÉDECINE PR AT I Q U E 

PUBLIÉES PAR UES SOINS DE A. RAVINA 


De l'huile d'olive 
comme diagnostic et traitement 
des affections 

de la région sous-hépatique 

Le chiotlcnum, l’cslomac succenlurié des an- 
;icns aiinlomistes, est le laboratoire biologique 
3Ù SC rencontrent les principaux sucs digestifs. 

L'estomac y déverse un suc gastrique acide ; 
les sécrétions fournies par le pancréas, le foie, 
les glandes de Brunner, y apporleni leur éléineni 
dcaliii. 

La bile, dira-l-on, a un P. H. peu alcalin. 
Soit, mais ne pas oublier qu’elle apporte des 
cholates de soude qui neutralisent l’acide chlor¬ 
hydrique, en mettant en liberté des acides 
choliques insolubles. Elle joue donc un rôle de 
neutralisant au premier chef. 

La physiologie classique nous apprend que, 
de ces différents apports, acides et alcalins, doit 
résulter dans la cavité duodénale un mélange 
dont la réaction neutre est favorable à l'intégrité 
de la muqueuse duodénale. 

Ce desideratum physiologique peut être réalisé 
dans une digestion bien réglée, mais combien 
peu fréquente dans notre vie alimentaire de 
civilisés où toutes les sécrétions digestives .sont 
plus ou moins bouleversées. 

Deux troubles de sécrétion peuvent d'ailleurs 
amener celte perturbation aride dans In cavité 
duodénale : 

1“ Une hypersécrétion gastrique avec une sécré¬ 
tion duodénale normale. 

2“ Une sécrétion gastrique normale avec une 
hyposécrétion duodénale. 

Dans les deux cas, deux processus pathologi¬ 
ques peuvent se produire ou se succéder : 

1" Une dyspepsie dnorténalc se manifestant 



Fig. t. — Or,lisses neutres. 


par des douleurs tardives : la sécrétion aicaline 
duodénale neutralise, en effet, à son arrivée 
chaque éclusée acide de liquide gastrique, mais 
en lin de digestion, quelques heures après le 
repas, cette sécrétion duodénale insuffisante est 
à bout de souffle pour jouer son rôle de neu¬ 
tralisant. 

A ce moment se produisent des douleurs type 
tardif par spasme pylorique. 

20 A cette dyspepsie duodénale peut succéder 
une lésion duodénale, au bout d’un temps plus 
ou moins long, l’intégrité de la muqueuse ne 
pouvaid résister .à ces éclusées acides successives. 

* * 

C'est ce rôle de l’insuffisance de la sécrétion 
duodénale que nous cherchons dans ce travail à 



Fig. 2. — Aciilcs gi'iis. 


mettre expérimentalement en évidence, la chi¬ 
mie biologique du tube digestif s’étant jus¬ 
qu’alors surtout fixée sur le chimisme gastrique. 

Pour cela, donnons au malade un repas 
d’épreuve à base do bouillon de céréales et 
d’huile d’olive et coloré par un cachet de car- 

Sous l’influence du ferment pancréatique et 
au contact de la bile, on sait classiquement que 
les corps gras sont en partie émulsionnés et 
absorbés par les chylifères ou partiellement 
saponifiés. 

Celle saponification est d’autant plus éner¬ 
gique que le milieu agissant est plus alcalin, 
comme nous l’apprend la fabrication industrielle 
des savons de potasse ou de soude. 

Par suite, si le contenu duodénal est peu 
alcalin, une partie do ces corps gras mal émul¬ 
sionnés arrive dans le gros intestin, sans avoir 
été absorbé par les chylifères. Ils sont par la 
suite rejetés, soit sous la forme de graisses neu¬ 
tres, soit le plus souvent sous la forme d’acides 
gras, leur temps de séjour dans le gros intestin 
ayant permis celle saponification. 


Les examens microscopiques des matières 
fécales de malades à douleurs type tardif nous 
ont donné des résultats qu’on peut ranger dans 
les deux catégories suivantes : 

1” Matières fécales contenant des graisses neu¬ 
tres et des acides gras. 

2“ Matières fécales contenant des amidons non 
digérés. 

Les premiers sont fournis par des malade.s 
chez lesquels les troubles d’hypo-sécrétion duo- 
dcnale débordent l<’s troubles de .sécrétion gas- 

Les seconds par des malades chez lesquels les 
troubles d’acidité gastrique débordent les trou¬ 
bles de sécrétion duodénale. 

Un sait, en efCel, que, dans ce deuxième cas, 
l’acidité gastrique en excès détruit la ptyaline 
salivaire et s’oppose è la saccharification des 
amidons dont on retrouve les grains dans les 
matières fécales. 

Ces examens, que nous praticinons depuis 
plusieurs années, nous permelleut de concré¬ 
tiser nos observations dans les chiffres sui- 

Chez les malades, types dyspepUques à do.u- 
leiirs ou malaises tardifs, l'hyposécrélion duodé¬ 
nale se renconlre aussi sourent que V h y persée ré- 
lion qastrique. 

Chez les malade.s à ulcération duodénale chi¬ 
rurgicalement contrôlée (11 cas), 7 eas nous ont 
j)aru liés à un exeès d’acidilé gastrique et f ras 
à une insufjisanee d’alealinilé duodénale. 

Ces conclusions nous autorisent è rechercher 
un trailement médical étiologique. 

Elles nous autorisent aussi à e.n tirer les 
déductions chirurgicales suivantes : 

Dans le cas d’ulcus duodénal par insuffisance 
d'alcalinité duodénale, il paraît illogique de 
chercher à réduire la surface acidogéne par une 
large résection prépylorique 




12 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


N“ 1 


H: 

* * 

TllAITICMIiM- MliUlCAI,. •— NuUS UVOIIS IllOIlllé (JUC 

riiisui'iisaiicc de la sécrélioii alcaline duodénalo, 
el en ])arliculier rinsidlisanco de la sécrélion 
biliaire, pouvait être à la base du la palbogénie 
de la dyspepsie el de l'ulcus duodénal. 

Une lliérapeulicine rationnelle doit donc se 
l)roposer d’cxciler celle sécrétion biliaire. Disons 
(le suite que celle Ihérapcuticiue peut s appli- 
([uer à tous les cas palbologiques dérivant d'une 
insunisance biliaire qualilalive ou quanlitative, 
soit qu’on veuille agir sur la cellule hépalique 
ou sur la conlraclion vésiculaire. 

Outre les dyspepsies el l’ulcus duodénal elle 
visera donc tous les cas do lilliiaso biliaire, de 
cliolécystilo calculousc ou non, de péricholécys- 
tile, d’alonie vésiculaire. 

Pour lutter contre celte insurfisanco de sécnv 
lion, la tbérapculique moderne s'est imaginée de 
remplacer la bile déficiente par des préparations 
îi base de bile ou d’extrait biliaire. 

Celle thérapeutique parait illogique ; il est en 
effet physiologiquement impossible do remplacer 
par un médicanienl le lilrc de bile versé quo¬ 
tidiennement dans notre lube digestif, et y arri¬ 
verait-on que ce traitement serait encore illu¬ 
soire : -suppléer à une sécrélion glandulaire c’est 
vouloir l’affaiblir, la fonction seule créant 

Au contraire, une lliérapculiquo à base d'huile 
d’olive, qui force l'organe à accomplir sa fonc¬ 
tion physiologique, nous parait le seul traite¬ 
ment logique. Ce traitement, d’ailleurs, n'est 
pas nouveau. sl- 

Dans les cas du lithiase biliaire on la \oil pres¬ 
crite par des hommes tels (]uc Chaullard, Dn- 
pré, Germain Sée, Villemain, Chiray, el inéco- 
nisée aux Ctals-l nis à la suite des lra\aux 
physiologiques de Lîoyden et de Whillaker. 

Dans un numéro de La I’rc.<se Mcdicalv nous 
avions rapporté un Irailemcnl empirique di- la 
lithiase biliaire ; dans une ville étrangère on 
afllucnl tous les lilhiashiues du nouveau et de 
l’ancien continent, on donne à ces malades iien- 
danl trois jours un bouillon très chargé en 
huile el corps gras. Au bout de ce temps on 
montre au malade que ses matières fécales con¬ 
tiennent des calculs biliaires. Or, ces calculs ne 
sont (pie des corps gras solidifiés. Toutefois, le 
lithiasique crédule soulagé par ce drainage part 
doublement content pnisipi’il emporte dans sa 
valise les pseudo-pièces à conviction de sa gué¬ 
rison. * 


Dans les uffeclions gaslro-duodénalcs l’huile 
d’olive a déjà été employée. Dans un de nos 
séjours en Allemagne, vers 1900, nous avions vu 
Conheim la prescrire dans le service de Boas. 
Kn Franco, citons les noms de Mathieu, d'ilenri- 
quez; en Allemagne, ceux de d’Ewald, de Boas 
el do Conheim ; en Italie, de Barrie el de Tito ; 
en Roumanie, de Jonesco; en Autriche, de Sin- 


Tous ces auteurs ont surtout donné l’huile 
d’olive pour agir sur la sécrélion gastrique, les 
travaux classiques de Pawlow ont d’ailleurs mon¬ 
tré l’action inhibitrice des corps gras sur la 
sécrélion gastrique. 

Dans notre esprit, l'huile d’olive agit simul¬ 
tanément, en diminuant la sécrélion gastrique 
et augmentant la sécrélion biliaire. 

Dans tous ces cas nous prescrivons l’huile 
d’olive additionnée ou non de jus de citron par 
cuillerées à soupe i\ des doses variant de une h 
quatre cuillerées è soupe, de préférence le ma¬ 
lin ou entre les repas. , , 

I.i:o\-MrrMi:n. 


Une spirochétose ictéro-hémorragique 
sans rechute 


Vers la mi-Aoùl dernière, un de mes confrères, 
p,'‘riant en vacances, me charge de soigner son 
neveu, un fort el grand jeune homme de 25 ans, 
tombé malade, trois ou quatre jours auparavant. 

Voici les renseignements laissés : lièvre assez 
violente, jilus élevée lu soir, mal de tête conti¬ 
nuel, rpielques vomisseincnls, langue sale, pas 
(Ij constipation mais au contraire légère diar¬ 
rhée le jour précédent. En somme, tous les 

symptômes il’uii banal embarras gastro-inlesli- 
nal, si commun à celle époque de l'annéo 

Quelque chose pourtant imiuièle mon collè¬ 
gue : la culurutiùii des urines qui siinl nellc- 
inenl liêiuaturiques ! Celle néphrite aiguë, sou¬ 
daine et brutale, non précédée d’angine, ni 
d'éruption suspecte, laisse |ilaner un doute sur 
le diagnostic exact do l'affection en cours. 

iMuni do ces données, je m'en vais visiter ce 
jeune homme. Sa mère, qui me reçoit, me con- 
l'/j, avant mon entrée dans la chambre du ma¬ 
lade, que l'étal a beaucoup empiré depuis hier. 

Il est très aliallu, se plaint d’un très violent mal 
(le tète ; il a un étal nauséeux persistant, quel¬ 
ques petits saignements de nez. Si la diarrhée 
a cessé, les urines sont toujours aussi rouges... 
avec tendances à devenir plus foncées. En outre, 
il se plaint d’avoir mal aux yeux et de souffrir 
de, tous les membres au point qu’il ne peut faire 
le moindre mouvement sans pousser des cris! 

Ce qui me frappe, en premier aspect de ce 
malade gémissant, couché sur le dos el se te¬ 
nant la tête avec les mains, c'est Vinjcclion con¬ 
sidérable de ses confonclives aperçues entre les 
rapides clignotements des paupières. Un exa¬ 
men plus poussé montre que la conjonctive 
oculaire fait une véritable saillie boursouflée et 
fia couleur rouge-saumon autour de la cornée, 
l-j n’ai jamais vu phénomène aussi accusé, 
même ou début des rougeoles, ni dans certaines 
spirochétoses que j’ai déjà observées. 

Immédiatement, c’est vers ce dernier genre 
d’affection que .se porte obstinément mon dia¬ 
gnostic, è cause de Vinfcction conjoncUvalc, du 
Kernig assez accusé, de tous les signes ménin¬ 
gés sus-décrils, auquels s’csl joint un herpès la¬ 
bial très douloureux... Quant aux urines 
(l’abord iieltcmenl hénKqihéiqties, elles ont viré 
aujourd'hui vers l’acajou foncé à rellels bi¬ 
lieux... Les téguments sont cependant encore 
normaux de teinte el ne prcsenlcnl jias le moin- 
('re signe de coloration iciérique. Le foie déborde 
les cèles de deux travers de doigt environ et 
Sa palpation est douloureuse., la rate semble à 
]icu près normale. Ivs niyaigics sont si vio- 
Icnlcs que le patient ne peut bouger ni bras ni 
j'.imbes ! Température très élevée : ‘lO®;’ le midin 
et 40"9 le soir, tandis que le pouls est relalive- 
mcnl lent cl ne dépasse pas' 84. Pouls mou. 

J’annonce è la maman que d’ici un ou deux 
jeurs nous verrons sortir « une jaunisse très 
accusée » cl que mon diagnostic de « spiroché¬ 
tose ictéro-hémorragique » se confirmera ! 

Pendant les deux jours suivants, les mêmes 
signes continuent, mais sous l’Influence de la 
sparléine el de l’huile camphrée, les pulsations 
SC raffermissent el la diurèse stimulée par l’in¬ 
gestion bien supportée d’eau d’Evian est plus 
abondante, quoique les urines présentent une 
leinle iciérique de plus en plus marquée. Albu¬ 
minurie toujours abondante. Enfin au troisième 
jour (c’est-è-dire six è sept jours après le début 

véritable de l’affi'ctioiQ l’Ictère apparaît. 

mais ce n’est pas la couleur habituelle des jau- 
ni^'cs si fréquentes à eette époque de l’année 


(celle année-ci, l’iclère catarrhal a sévi chez de 
nombreux enfants), ici il s’agit d’un ictère à 
couleur <( jaune cui\rée », pres(iue la couleur 
d’un (( chaudron do cuivre » sur tout le visage 
et la partie supérieure du thorax ; le reste du 
ei.)r|)s est moins rougeâtre et plus safran. 

Dans les jours suivants, la température 
s'abaissa en lysis, les symptômes méningés 
!,';.llénuèrent peu à peu, les myalgies également, 
(.lependant, je dois noter une douleur du mollet 
dioil qui réapparut, cl me fit craindre pendant 
deux jours un processus phlébilique. Les urines 
s'éclaircirent lentement cl devinrent abon¬ 
dantes, ce qui diminua mes appréhensions, 
([uanl au l'onclionnemenl de l’émoncloire ré¬ 
nal. cl les selles d’abord hypocolorécs ne lar¬ 

dèrent pas à devenir normales. 

Le cœur, qui m’avait inquiété au début, rede¬ 
vint fort el bien frappé, mais conserva quelque 
temps un rythme un peu ralenti. 11 n’y eut plus 
d'épistaxis. 

Vers le douzième jour de la maladie, l’ictère 
s’était atténué, tous les signes avaient h peu près 
disparu, mais le patient, (pii ne souffrait plus 
de ses violcnU-s douleurs du début, se plaignait 
encore d'une asthénie très marquée. 

A ce moment, je passe mon malade à mon 
successeur le D'' Avenard ([ue je remplaçais. Lors 
de celle dernière consultation, mon confrère el 
moi cri'imcs bon d’avertir la maman (lu'une re¬ 
chute pourrait se produire 1 l.'id’feclion avait été 
assez sévère pour penser ((u'elle évoluerait sui¬ 
vant le rythme habituel. 

Or, à notre grand élomiemenl, et, il faut le 
dire, è notre grande satisfaction, l'apyrexie fut 
définitive et il n'y cul même pas rébauche, d'une 
récidive! Seule l'asthénie persista un certain 
temps, mais cœur, rein, méninges ne donnè¬ 
rent plus aucune inquiétude. 

II ne faut donc pas conclure d’un début grave 
de spirochétose i( léro-hémorragi(iue <à la prévi¬ 
sion d’une forme classique à rechute. G'esi sim 
plemenl ce que je voulais signaler. 

Voici mainlenant (|uel([ue renseiguenieni'- sur 
l’étiologie do ce cas. 

Ce jeune homme exploitait une ferme silia’a' 
sur les bords de la rivière, ferme isolée de tout» 
autre Indiitation. Il n'élnil là que depuis (piel- 
(pics mois et ( 'était le premier été qu’il y pas 
sait. Pendant les chaleurs de Juillet el Aoi'd. il 
avait [iris des bains deux fois par jour, dans un 
bras de l’Eure, ([ui longe les bâtiments de bidile 
ferme. .\ cet endroit, le courant est ralenti liai 
une Me, el de gros rats d’égoni jiullident el 
s’ébattent à journées entières, allant et veinml. 
de rilü aux égouts qui débouchent légèremanl 
en aval, mais très proches cependant. 

Il y avait bien là les conditions observées en 
maintes clrconslancos au sujet de la transmis 
■sion des spirochètes du rat à rhomme. Der¬ 

nière particularité : notre sujet, plongeur émé¬ 
rite et très sporlsman, se complaisait à multi¬ 
plier scs cabrioles aquatiques... el ainsi ses 
muqueuses nasale et buccale avaient tout loisir 
de se contaminer dans cos eaux souillées ! * 

Ces rcnseignemenls ajoutés aux symptômes 
très spéciaux du début de la maladie me servi- 
Kuit grandement à étayer mon diagnostic. 

En fait de spirochétose iclérigène, il y a cer- 
lainement des cas frustes iiui échappent au pra¬ 
ticien. c’est une raison de plus pour qu’il 

ali, on face d’un ictère tant soit peu anormal. 

une pensée pour celle affection très spéciale. 
Parfois sa sagacité s’on trouvera récompensée. 

Paul Douaxd (Courville). 


1. r.n corrlgciiiil (^CÉ épreuves, le Dr Avciiord me frdl 
rrmarqnor qno în porlo flViiIréo fîr.« 5‘piioclièlcs a pnil- 





1 


4 Janvier 1939 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS INFORMATIONS 




Enfin, les chaires de Médecine légale (Prof. G. 
Prunes), de Physiologie (Prof. Raul Pilla) et 
d'Hislologie-Embryologic (Prof. Marques Pe¬ 
rdra) donnent un enseignement très suivi, les 
deux premières par les étudiants de 5® année 
et la troisième par ceux de P'® année. 

Mais les nombreux services d’une Facullé 
aussi imporlante auraient besoin de beaucoup 
plus d’espace et les bAlimenis de la Facullé 
s’avèrent actuellement trop étroits. Aussi, sous 
l'impulsion du Prof. Saint-Paslous, membre de 
l’Académie de Médecine du Bré¬ 
sil, directeur très actif et énergi¬ 
que, le Coii.-ieil de la Facullé (ui- 
visage fort heureusement son 
transfert dans le voisinage immé¬ 
diat du nouvel HApilal des Cli- 


li'esl qu'eu el'l'el, une ville 
comme Poi-lo-Alegre (lui, dans 
ces dernières années, s'est énor¬ 
mément agrandie et comple ac¬ 
tuellement une banlieue très im- 
porlanle, ne peut plus se conten¬ 
ter dos hépilaux qu’elle avait jns- 
(Iii'à ))réseid et dmd les plus 
grands, la Sanlc-Casa et l’Hôpital 
de San-Franci.sco, avec environ 
1.600 lits, sont beaucoup trop 
petits pour admettre les malades 
qui se pressent de plus en plus 
nondjreux aux consultations. 

A la Sante-Casa, nous avons 
visité les divers services hospita¬ 
liers, tous excessivement actifs : 

1-a Glinitlue .Médicale Propédeu- 
tiqne du Prof. Barcellos Fereira 
reçoit les Etudiants de 4" année, 
telle a pour bnl — et y réussit 
en Ions points — d’apprendre aux 
Etudiants, dans ce premier stage 
hospitalier, les méthodes utilisées 
(h-ms l’examen d’un malade, et, 
par les notions simples et claires 
(ju’elle leur dorme, facilite leur 
prender conlart avec le malade. 

La 2® Clinique Médicale, diri¬ 
gée par le Recteur de l’Université, 
Prof. Aiirclio Py, reçoit une série 
fl’Eludianls de 6® année. Elle leur 
dispense un enseignement de cli¬ 
nique interne portant tout spé¬ 
cialement sur les affections de 
l’appareil circulatoire : M. le prof. 
Aurelio Py a bien voulu, h di¬ 
verses reprises, nous faire parti¬ 
ciper è son enseignement et nous 
avons pu observer dans son ser¬ 
vice des cas pathologiques fort intéressants, 
nolammeiil de typiques maladies d’Ayerza. 

La 1''® Clinique Médicale du Prof. Thomaz 
Mariante donne encore aux Etudiants de 
6' année un enseignement portant avec prédi¬ 
lection sur les affections du foie et des reins. 
C’est ainsi que nous avons pu examiner dans 
son service plusieurs cas de néphroses lipo'i’di- 
ques absolument classiques. 


chez cel éminent microbiologiste (dont les tra¬ 
vaux ont été encore tout récemment récom¬ 
pensés par un prix officiel du Gouvernement 
français), des collections uniques pur .leur 
variété, leur importance, leur richesse, et notam¬ 
ment des préparations do mycoses absolument 
incomparables. 

La chaire d’Hygiène du Prof. Freila c Castro 
e.-^t excessivement active. GrAco au Prof. Freita 
e Castro, il nous a été possible do visiter plu¬ 
sieurs installations hygiéniques de la ville de 


Porlo-Alcgre. capitule du Rio- 
Grunde, Elut le ])lus spéciluiue- 
menl » gaucho » du Brésil, csl 
une grande cité de près de 500.000 
habitants, industrielle et com¬ 
merciale, en voie de modernisa¬ 
tion continuelle. 

Elle possède une Iniversilé fort 
importante, contenant en parti¬ 
culier, après sa réorganisation 
par h' décret du 28 ,Novembre 
1034 : 

tme Facullé de? Médecine, 
avec annexes (Ecole, de Pharma¬ 
cie et Ecole d'Odontologie) ; 

Une Facullé de Droit, avec 
annexes (Ecole de Comnn'rce'l ; 

Line Ecole d’ingénieurs ; 

Une Ecole d'Agronomie et de 
Médecine vétérinaire ; 

Une Facullé des Sciences et 
Lettres ; 

Un Institut des Beaux-Arts. 


La Faculté de Médecine date 
de 1897, époque à laciuelle 
l’Ecole de Médecine et de Phar¬ 
macie fut transformée en Fa¬ 
culté, avec pour annexes une 
École de Pharmacie et d”Odonto- 
logie. 

La Faculté comprend toutes 
les chaires qu’il est habituel de trouver dans 
nos Facultés françaises. 

GrAce à l’obligeance des Professeurs, nous en 
avons visité la plupart ; mais, parmi colles qui 
sont les plus intéressantes pour un médecin, il 
cenvient avant tout d’en retenir quelques-unes. 

Celle de Bactériologie occupée par le Prof. Pei- 
reira Filho donne un enseignement réservé aux 
Etudiants de 3® année. Nous avons pu examiner 


La Santa Casa de Porto-Alcgre. 

Porto-Alegrc : un abattoir moderne, l’Etablisse¬ 
ment de pasteurisation du lau (avec de grands 
laboratoires do bactériologie et de chimie) et 
enfin le Service Urbain des Eaux qui a grande¬ 
ment contribué à atténuer l’amibiase et la fièvre 
tvpho'fdc à Porto-Alegre, grAce à la chloration et 
aux filtres américains rapides. Ces Etablissemetits 
servent d’illustration au cours d’hygiène, pour 
les Etudiants de 6° année. 


La Faculté de Médecine 
de rUniversité 
de Porto-Alegre (Brésil) 


Invité par l’Université de Porto-Alegre A venir 
prononcer une série de conférences dans la 
Faculté et les hôpitaux de cette ville, nous avons 
séjourné dans la capitale de l’Etat 
de Rio-Grandc du Sud, de .luillet 
à Octoiu-e 1938. 

Là, grâce à l’immense affabilité 
de nos collègues Brésiliens, nous 
avons pu visiter de multiples ins¬ 
tallations : usines, laboratoires, 
instituts d’enseignement, élablis- 
semeiils divers. 

Mai.s, de toute évidence, ce- sont 
les hôpitaux et la l’acuité de .Mé¬ 
decine qui ont, surtout, retenu 
notre attonlioii. 




14 


LA PRESSE MEDICALE, MercrcJi, 4 Janvier 1939 


N' 1 


Lo Diivcleur de la Faculté, M. Sainl-Pastous, 
reçoit dans son service de Clinique Médicale une 
série deludiants de 5" année. Cepeiuianl, son 
cnsoignenicnt porte surtout sur les affeclions 
de l’appareil digoslif, de la nulrition, du sang 
et des glandes endocrines. 

Comme les autres Professeurs de Clinique 
Méalicale, M. Saint-Paslous a Pieu voulu nous 

pu étudier cnlre autres, avec ses étudiants, la 
tuberculose chez les diabétiques. 

EnTui, les étudiants de cinquième année sont 
encore reçus dans la Clinique Médicale du Prof. 
Leite Filho qui est surtout consacrée aux affec¬ 
tions de l’appareil respiratoire. Toutefois, fi 
l’enseignement de la Phtisiologie sera réservé 
un immense et important sanatorium : il doit 
incessamment ouvrir ses portes à plus de 
,ô00 malades. Il est situé à une quinzaine de ki¬ 
lomètres de l'agglomération urbaine do Porto- 
Alegre. L’établissement se compose d’un bâti¬ 
ment semi-circulaire d’où j)artent. en éventail, 
C ailes ; il est fort bien situé et sera bientôt un 
(•(■litre trfis actif pour renscigiiemenl de la tu¬ 
berculose. 

I.’enseignement de lu dermato-sypbiligraphie 
esi donné avaid tout à la Clinicpie du Prof. 

1 lysses de Noiiobai. Il s'adresse aux étudiants de 
quatrième année : étant donné la richesse et le 
nombre de cas d'affections cutanées et spécifi¬ 
ques, les étudiants écoutent nu lit du malade 
des leçons très variées, complétées par une poly- 
cliniiiuc très active ; cet enseignement est illus¬ 
tré aussi dans d'autres services ou consulta¬ 
tions de lu spécialité, tel celui du Prof. Hugo 
biliero. 

La Clinique O.R.L. admet les étudiants do 
quatrième année. Elle est dirigée par un spécia¬ 
liste éminent, le Prof, de Souza, ancien membre 
de la Mission Médicale qui vint en France pen¬ 
dant la guerre, et qui lui-méme se perfectionna 
dans plusieurs grandes cliniques O.R.L. euro¬ 
péennes. 

Diverses spécialités sont enseignées dans des 
cliniques très suivies : Gynécologique (Prof. 
Gomes), Neurologique (Prof. Fabio Baros, 
ancien membre, lui aussi, de la Mission 
Médicale Brésilienne en France pendant la 
guerre'). Psychiatrique (Prof. Guedes), 
Ophtalmologique (Prof. Meyer), Urologique 
(Prof. Fleck). 

La clinique Chirurgicale du Prof. Blessman 
hospitalise un grand nombre d( malades. L’en¬ 
seignement de la chirurgie est aussi donné h la 
Clinique du Prof. Monleiro. GrAce è l’affabilité 
de ces éminents confrères, nous avons pu parti¬ 
ciper à leur enseignement .en faisant, dans leur 
service, des leçons sur (( lo traitement chirurgi¬ 
cal de la tuberculose pulmonaire » cl « le cancer 
du poumon n. 

La Clinique des Maladies tropicales et infec¬ 
tieuses du Prof. Basil Scflon (qui viid lui aussi 
en France dans la Mission Médicale de la guerre) 
reçoit les étudiants de cinquième année : la 
pathologie que nous avons pu étudier dans cette 
clinique se rapproche beaucoup de celle que 
nous connaissons en France. Cependant, il faut 
citer l’importance de l’amibiase, des mycoses, 
des Plèvres éruptives, de la lèpre, de l’alas- 
Irim, des parasitoses intestinales et surtout 
de la fièvre typhoïde ; par contre, il con¬ 
vient de remarquer la rareté de certaines 
infections très banales en France, telle la 
diphtérie. 

En outre, l’enseignement de la thérapeutique 
clinique est donné fort heureusement par le 
Prof. Esleves dans sa chaire do thérapeutique 
appliquée, où se pressent nombreux les étu¬ 
diants de cinquième année. 


rilôpitai San-Fraiicisco, se trouvent trois' 
très importants services. 

La Clinique .Médicale infantile du Prof. .Moreira 
(assisté du Prof. Ygarlua) donne l’enseignement 
de l’hygiène et de la pathologie de la première 
enfance aux étudiants de sixième année. .Nous y 
avons retrouvé la pathologie infantile d’Europe 
et pu faire, au lit du malade, une clinique 
sur la scrofule, d’après les travaux du Prof. 
Marfan. 

La Clinique Chirurgicale Infantile et d’Ortho- 
pédie du Prof. Flores donne aussi un enseigne¬ 
ment très varié pour les étudiants de sixième 
année. 

Enfin, la Clinique Obstétricale du Prof. Tolta 
est d’une particulière activité. En effet, dans ce 
service se font annuellement 2.000 accouche¬ 
ments, sans compter les multiples interventions 
obstétricales tout comme dans les maternités 


Lo Service Central de Radiologie des Hôpitaux 
(cliaquo service de Clinique Médicale a, en outre, 
son installation radiologique propre) pratique 
un très grand nombre d’examens spécialisés. 
C’est ainsi qu’en 1937, plus de 12.000 examens 
radiologiques ont été effectués. Cela donne une 
idée de l’activité et du mouvement de malades 
qui se fait dans les hôpitaux de Porto-Alcgre. 
D’ailleurs, l’an passé, les consultations de la 
Santa-Casa et de l’Hôpital San-Francisco ont vu 
défiler environ 35.000 malades. 


A la Faculté de Médecine do Porto-Alegre sont 
rattachés plusieurs services annexes. 

L’Institut Pasteur a été créé en 1910 : il est 
subventionné par le Gouvernement de l’Etat de 
Rio Grande du Sud, les municipalités do Porlo- 
Alcgrc et do qu'clques villes voisines ; il traite 
gratuitement les personnes mordues par des 
chiens enragés. 

En 1911, ,rue Général Vilorino, fut installé 
rinslitul Oswaldo-Cruz, destiné aux recherches 
chimiques, sérologiques et bactériologiques. En 
1936, cet Institut effectua 22.000 examens de 
Ifiboraloiros. 

En 1909, un Institut .\nalomique, appelé du 
nom de Sarmento-Leile (en hommage au grand 
Directeur qui présida pendant plusieurs années 
aux destinées de la Faculté de Médecine de Porto- 
Aiegre), fut construit au Champ de la Rédemp¬ 
tion, è côté de la Santa-Casa II se compose de 
cinq vastes salles réservées à l’élude de l’anato¬ 
mie humaine et pathologique, do la Médecine 
légale et de l’anatomie médico-chirurgicale. Il 
contient un vaste amphithéâtre de démonstra¬ 
tions avec appareils de projection. 


De ce trop court exposé, ressort cependant 
l’importance de la Faculté de Médecine de Porto- 
Alegre. Son recrutement se fait fort aisément 
et augmente chaque année ; en 1936, étaient 
inscrits 451 étudiants en Médecine, 20 en Phar¬ 
macie et 23 dans la Section Dentisterie ; il y 
avait, en outre, 66 élèves sages-femmes. 

Les étudiants ont è leur disposition une bi¬ 
bliothèque contenant de très nombreux volumes. 
Cette collection est augmentée par l’échange de 
livres et de revues étrangères avec les Annales 


(le la Facullc de Porlo-Alegrc : ces annales pa¬ 
raissent tous les trois mois, sous forme d’un 
épais volume de plus de 300 pages ne contenant 
que des articles originaux, écrits en brésilien et 
résumés en français, allcman l, anglais, espa¬ 
gnol et italien. 

.Nous avons retrouvé dans cette hibliotlièquo 
tous les livres et traités fraiK/ais classiques, 
toutes nos grandes revues médicaies. C’est ainsi 
(lue les jeunes étudiants en Médecine brésiliens 
sont familiarisés avec les plus grands noms de 
la Médecine française et surtout avec ceux qui 
de Lacnnec aux modernes firent de notre clini¬ 
que ce qu’elle est. Sans nul doute, c’est à cause 
de cela que les médecins français sont accueillis 
avec sympathie, avec affection môme, par les 
médecins de ce grand pays d’avenir qu’est le 
Brésil. Et il est très réconfortant, pour nous, de 
voir combien, dans ce pays de culture latine, la 
vieille clinique française est è l’honneur ; les 
étudiants en Médecine brésiliens ne sont pas 
plus dépaysés en assistant à nos conférences que 
nous ne lo sommes on écoulant les leçons do 
leurs maîtres. 

Qu’il soit, en terminant, permis d’exprimer 
notre profonde gratitude à NIM. les professeurs 
Roussy, recteur de 1’Luiiversité de l’aris ; Dumas, 
])résident du Comité France-Brésil ; Hartmann, 
président de l’A.D.R.M. ; à M. Marx, du Minis¬ 
tère des Affaires étrangères, qui rendirent pos¬ 
sible et organisf’ronl notre mission nu Brésil. 

.Tkvx Iasskuui-:. 

Mé.leeiii ,I.'S Il.-.pllaiix (le Toatoiise. 


Correspondance 


A propos des opiacés. 

Divers ailleurs recommandent maintenant, en 
France, l’emploi des opiacés dans le traitement 
des cardiopathies. Leurs expériences eonfirment 
celles que j’ai publiées ici-mème sous le titre: La 
codéine et la morphine au point de vue hypotenseur 
(La Presse Medicale, 1926, n° 82). Dans i’article de 
La Presse Médiade du 30 Novembre 1938 sur les 
cardiopathies, Warcmboiirg, Linqiiettc cl Ravaut 
arrivent aux mêmes conclusions que moi. Dans ma 
pratique des maladies nerveuses, je me suis heurté 
constamment à l’hypertension et à la vasoconstric¬ 
tion des artères périphériques, qu’aucun des nom¬ 
breux remèdes employés il y a 40 ans ne faisait ces¬ 
ser. Et comme en ce tcmps-là on redoutait l’emploi 
d-3 la morphine, à cause de son action hypolcnsivc, 
je me suis mis à l’employer prudemment et systé¬ 
matiquement comme vasomoteur dans une foule 
de cas. Les résiiltals ont été tels que j’ai fini par 
être consulté presque exclusivement par des malades 
atteints d’affections cardiaques. Ces dernières années 
j’ai commencé à traiter par la morphine, à doses 
petites et lentement progressives, des malades 
atteints d’insuffisance mitrale consécutive à une 
attaque rlnimalismalc. 

Dans un premier cas, il s’agissait d’une jeune 
femme de 24 ans ayant eu une crise de rhuma¬ 
tisme dans l’cufancc. Elle me consulta afin de 
savoir si vraiment elle avait une lésion cardiaque 
et non afin de suivre un traitement. Je dus confir¬ 
mer ce que plusieurs confrères çvaient diagnosti¬ 
qué, mais comme elle prcscniail une vasoconstric¬ 
tion de la radiale très marquée avec hypertension 
périphérique (My 12 cm. index 2 d.), je lui pro¬ 
posai une cure île morphine en lui disant que si je 
réussissais à faire disparaître celte vasoconstriction 
locale la tension baisserait et le souffle mitral 
pourrait disparaître. 

Le 19 Noiembre 1935 la cure est commencée 
avec des granules do codéine-morphine à 2 mg. 
Le 29, l’index oscilloméirique est passé de 2 à 1 d. 
et la tension My est descendue de 12 è 10. Le 
souffle a disparu. La cure avec 3 graniiles do 5 mg. 
par jour est poursuivie jusqu’en Juillet 1936; pen- 







N“ 1 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


15 


danl ce temps la malade reprend progressivement 
toute son activité. En Octobre, elle cesse spontané¬ 
ment le trailement sans présenter aucun signe 
d’abstinence et revient me voir un mois plus tard. 
La guérison totale persiste. Les douleurs articu¬ 
laires, la fatigue, l’insomnie ont disparu. 

La My radiale est tombée do 12 à 9 ; l’inde.v 
reste de 3". Le pouls a passé do 88-72 à 76 dans 
l.i position verticale et dans le décubitus. 

Voici un autre cas. Paysan de 66 ans. Crise do 
rhumatisme articulaire avec ankylosc; durée, 1 an. 
Guérison. Apparition d'un eczéma de la face et 
des bras qui persiste depuis 4 ans. Souffle mitral, 
cardialgie, arythmie prononcée qui empêche le 
sommeil. En 1 jour, la quinidino arrête l’arythmie 
puis la cure de morphine est instituée en partant 
de 2 mg. Au bout d'un mois, la guérison est pres¬ 
que totale. Dose maxinia de morphine: 15 mg. par 
jour. Le souffle ne s'entend encore un peu que 
dans le dccubitus; l’eczéma a disparu. Le paysan 
a repris son travail sans ressentir de fatigue ni de 
palpitations. Il continuera son traitement pendant 
plusieurs mois afin de s’entraîner et de prévenir 
des rechule.s de l’eczema 

ÜO.NJOUn DK Baciikwsky. 


Livres Nouveaux 


Les artérites des membres. Etude clinique et 
thérapeutique, par les professeurs L. Langehon 
et U. Dksi’lats et MM. A. FounNiKn et R. Camus 
(Lille). 1 vol. in-8'’ de 304 p. (Gaston Doin ei C'”, 
éditeurs), Paris. — Prix : 60 fr. 

Les auteurs, tout en tenant compte des travaux 
antérieurs parus sur la question, exposent surtout 
les résultats de leurs observations porsonnelle| sur 
les artérites des membres. 

L’étiologie, la physiopathologie, la séméiologie 
et les formes cliniques, la thérapeutique sont suc¬ 
cessivement l’objet de chapitres comportant des 
exemples cliniques. L’anatomie pathologique n’est 
retenue qu’autant qu'elle est néccssaii’c pour éclai¬ 
rer la clinique et la thérapeutique. 

Il faut signaler en particulier la critique de l’ar¬ 
tériographie dont les autours pensent qu’on s’est 
engoue de façon excessive, leur conception des arté¬ 
rites diabétiques, simple variété de la forme anglo- 
scléreuse chez les diabétiques, et leur division en 
deux grandes formes des artérites chroniques des 
membres : l'angio-sclérosc, la plus fréquente, et 
J.i thrombo-angéite, syndrome anatomo-clinique 
dont la maladie do Huerger est l’expression la plus 
netle; ils soulignent l’opposition entre ces deux 
formes sur le terrain de la clinique et des possibi¬ 
lités thérapeutiques. Dans la thérapeutique, leurs 
préférences vont à la radiothéi'apie surréno-sympa¬ 
thique. 

I ne copieuse bibliographie termine l’ouvrage. 

L. Rivet. 

Cours de graphologie : les bases de l’analyse 
de l’écriture, par H. Saixt-Mouand. 1 vol. de 
176 p. avec 250 spécimens d’écriture (Vigol jri- 
res, éditeurs), Paris. — Prix: 30 fr. 

Ce livre, précédé d’une préface de M. le Docteur 
Legrain, président do la Société de Graphologie, est 
un des rares qui, en cette matière diflicilc, ait ap¬ 
porté récemment une contribution originale cl 
très personnelle à la science graphologique. Un 
certain recul sera nécessaire pour juger de ce qu’il 
y aura à retenir des idées neuves de Saint-Morand. 
Mais c’est une oeuvre qui fait réfléchir et quand on 
réfléchit sur des idées en pleine évolution, on les 
fait progresser. Cn.-L. Julliot. 

Die Thérapie der Thrombose (Le traitement de 
la thrombophlébite), par Eunst Fuiedlandeii. 
1 vol. de 117 p. avec 27 lig. (F. Dculicke, édi¬ 
teur), Leipzig, 1938. — Prix : RM. 5,40. 
Friedlündcr expose d'abord les conceptions ac¬ 
tuelles sur la formation cl la constitution du throm- 


1. Voir mon article « Observations nouvelles sur les 
Opiacés 1.. Pra.Tis. 5 Mai 1938. Rerne. 


bus et indique comment il faut pratiquer l’examen 
d’un phlébitique ; puis il passe au diagnostic, ana¬ 
lysant les conditions de la circulation veineuse aux 
membres inférieurs à l’état physiologique et chez 
les variipieux ; ensuite il étudie la thérapeutique 
de la thrombophlébite qu'il a rénovée grâce à ses 
méthodes personnelles qui ont deux objectifs prin¬ 
cipaux : lixer le caillot à l'endroit de sa production; 
rétablir les conditions circulatoires normales. La 
méthode préconisée repose essentiellement sur la 
mobilisation ménagée cl rationnelle, aussi précoce 
que possible, du membre atteint et sur l’emploi 
de bandages compressifs à la colle de zinc dont il 
précise la fabrication et les modalités variées d’ap¬ 
plication. Friedliinder étudie onlin la prophylaxie 
et insiste sur la nécessité de créer dans les grands 
centres hospitaliers des services spéciaux pour les 
phlébitiqucs. 

Ce livre a une portée pratique considérable et 
son intérêt no saurait échapper quand on apprend 
que, dans les grands hôpitaux de Vienne où elles 
sont appliquées, les méthodes indiquées ont permis 
de réduire le temps moyen d’hospitalisation de 
75 à 6 jours, de faire disparaître les morts par 
embolie et d’éviter le plus souvent les graves sé¬ 
quelles des thrombophlébites. 

P.-L. Maiue. 

Die Herz und Gefâss-Krankheiten, par P. Wal- 
TKii-FnEï. 1 vol. de 340 p. avec 67 flg. (J. Sprin¬ 
ger), Rerlin. 

Les premiers chapiires de cet imporlaul travail 
sont consacrés au développement du coeur et à scs 
anomalies congénitales. Les suivants à la cardio- 
et à l’artériosclérose : sclérose de l’aorte, des val¬ 
vules, di’s coronaires, des artères pulmonaires, 
périphériques et viscérales. 

P. Walter-Frey examine cnsuile les lésions bac¬ 
tériennes et toxiques : les endocardites, les myo¬ 
cardites, les jiéricardites, les artérites cl les phlé¬ 
bites. 11 étudii; cnlin les troubles liés aux anonia- 

R. I.UTKMIIACIIKII. 

Methodik der Rôntgenuntersuchung des kehl- 
kopfes (I.’cxaincn radiologiipic du larynx), par 
II. W M.i.apkki.. 1 lol. gr! in-8” d.' 91 [.l avec 
77 lig. Supplément 53 des rorisfiirilte inif dcin 
Gehiele lier Hüiilgrnslrnlilen (G. Tliieimn. l.ci|)zig, 

L'examen du larynx par les layons .\ a pris au 
coiir.s de ces dernières années une importance de 
pins en plus grande, et inléi-esse au même point 
radiologistes et laryngologistes. 

U. \Valda|)fel, dans ce volume, n'a pas en la 
prétention d’êlie complet, et s’est proposé : 1" de 
préciser les procédés pratiques d'examen radiolo¬ 
gique du larynx; 2” de montrer l’intérêt de cet 
examen au point de vue du diagnostic de nom¬ 
breuses affections laryngées. 

,\u point de vue technique, R. Waldapfel décrit 
brièvement la position de profil cl insiste sur l’exa¬ 
men en vue antéro-postérieure qui demande un 
Hlm de forme particulière, approximativement en 
forme de langue, mis en place contre la paroi 
poslérieure du larynx après anesthésie, examen qui 
n’a guère comme contre-indications que les mani¬ 
festations pathologiques de l’hypo-pharynx. L’ossi- 
lication dès cartilages laryngés cl l’aspect radiolo¬ 
gique du larynx normal font l’objet des deux cha¬ 
pitres suivants où il nous paraît surtout inlcrcs- 
sanl de signaler les images obtenues de face par 
le procédé décrit par R. 5t'aldapfcl qu’éclairent des 
ligures explicatives. 

L’élude détaillée des différentes parties du la¬ 
rynx cl de scs états pathologiques occupe la plus 
grande parlie de cet ouvrage, cl les observations 
qui y sont résumées et accompagnées de radio¬ 
graphies cl de schémas en font un véritable allas 
où sont successivement passés en revue : l’épi¬ 
glotte et sa région, le cartilage thyroïde, les carti¬ 
lages aryléno'îdes, le cricoïde, l’articulation crico- 
arylénoïdienne, les parties molles et la cavité du 
larynx, la paroi postérieure pharyngo-laryngée cl 
le sinus piriforme. 

En terminant, R. Waldapfel conclut que l’examen 


radiologique, malgré son intérêt, ne saurait se sub¬ 
stituer aux autres procédés d’examen du larynx, 
mais les complète, et il résume ainsi la marche de 
l’examen clinique ; élude des formes extérieures 
cervico-laiyngées et de la respiration, examen du 
nez et du pharynx, laryngoscopie, cet ensemble 
constituant l'élément essentiel du diagnostic; la 
radiologie a surtout pour but de permettre de 
fournir des renseignements que ne peuvent don¬ 
ner les autres examens ou qu’ils ne donnent qu’in- 
complèteinenl, comme c’est le cas pour apprécier 
les limites d’un processus laryngé, te siège et l’ex¬ 
tension d'une sténose, les lésions des cartilages. 

Moiiel Kaii.x. 

Experimentelle Bakteriologie und Infektions 
Krankheiten, par W. Kolle et H. IIetsch. 1 vol. 
de 836 p. (Urban et Schwarzenberg, édit.;, Ber¬ 
lin, 1938. 

Voici la huitième édition en allemand de cet ou- 
viage remarquable qui a été déjà traduit dans les 
principales langues européennes. 11 est toujours 
édité avec le même soin, et illustré de nombreuses 
planches en iioir et en couleurs dont le nombre a 
été neltcmenl augmenté. 

Ghacun de ses 62 chapiires représente une mise 
an point complète de ce qu'il faut savoir du mi¬ 
crobe, de la maladie qu'il provoque, des procédés 
de diagnostic de la maladie, des procédés d’idciiti- 
licalion de la bactérie, de l’épidémiologie de la 
maladie, des procédés de prévention, des procédés 
de trailement aussi bien sérolhérapiques que chi¬ 
miothérapiques. Tout est exposé d’une façon sim¬ 
ple, claire et cependant complète. C’est ainsi que 
le chapitre « Typhus, Paralyphus, Entcrilis » con¬ 
tient les derniers travaux sur la constilulioii anti¬ 
gènique des Salmonella. 

W. Kolle cl 11. Ilelsch n’ont pas limité leur 
l’xposi; aux .seules bactéries visibles. Us étudient 
les principaux microbes invisibles (hommes et ani¬ 
maux), certains spirochètes, la dysenterie ami¬ 
bienne. le paludisme et même certains champi¬ 
gnons microscopiques pathogènes pour l’homme. 

Livre remarquable et d’une utilité incontestable 
qu’on ne lient que souhaiter voir à nouveau tra¬ 
duit en langue française. 

I’ai I. Ilvi :i, r.,,,. 

Ostéochondrose de croissance, par A. Salv.vh. 
1 vol. édité à Buenos-Aires (El Atenco). 

Ce pctil livre, clair cl concis, comportant 37 ob¬ 
servations personnelles en appendice documentaire, 
examine l’ensemble des localisations ostéochondri- 
liqucs: rachis, rotule, tibia, calcanéum, scapho'fde 
tarsien, etc. L’auteur, agrégé du .'service d’orlho- 
pedie à Buenos-.\ires. dit quelque part que scs do- 
enments représentent ce (|u’il a trouvé dans les 
39.000 dossiers du Service de pathologie infantile. 

Son livre est. sur la question, ce que je connais 
de plus précis et de plus travaillé. 

B. Leuicui:. 

L’Urologia nella donna (L’nrologie chez la 
femme), jiar Lrmi ('.apouai.e (Turin). 1 vol. de 
282 p. avec 131 lig. (Minerca Médira, éd.). Turin. 
Si maintes affections urologdqucs frappent éga¬ 
lement l’homme cl la femme, chez la femme elles 
posent de nouveaux problèmes et permettent une 
intéiessanic inlerpré.lalion de certains faits anatomo¬ 
cliniques. 

L’influence des lésions gynécologiques, néopla¬ 
siques ou inflammatoires est démontrée dans cet 
ouvrage par -des observations rares et originales. 
L’appoint de l’explication urologique est extrême¬ 
ment utile au gynécologue pour la pose d’un 
diagnostic complet cl d’indications opératoires pré¬ 
cises. .Signalons tout particulièrement les chapitres 
suivants ; les lésions de l’urètre (bien souvent né¬ 
gligées) chez la femme; les modifications de la 
vessie dans le fibrome, le cancer utérin, l’endo¬ 
métriose, la salpingite, la grossesse; l’uretère dans 
I:i grossesse cl après les interventions gynécolo¬ 
giques, le rein mobile, la pyélile gravidique; né¬ 
phrectomie et grossesse, néphropexie au cours de la 
grossesse, anesihésio dans les affections urinaires de 
la femme. G. Wolfiiomm. 








16 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 4 Janvier 1939 


N" 1 


Thérapie der Tuberkulose Crraitcmcnt do la tn- 
borcidnsc), par J. BiiiiiiKiiicii et 1‘. Sriao. 2 vol. 
de 845 |). (.1. IV. Sythojj’s l^ihjrvci'fniij .V. 1'.), 
L,.yde. _ Prix; liroehd, 1111. 25: ivlir. 1111. 2<.50. 
J. Berbericli et P. .Spiro ont jugé que le nioiiient 
était venu, après les progrès qui ont été réalisés 
pendant ces dernières années dans les reelierclies 
sur la tuberculose, de consacrer un ouvrage spé¬ 
cial au traileinent de celle maladie. Ils ont été 
aidés dans leur làclie par un grand nombre de 
phtisiologues et de spécialistes tle divers pays : 
.1. Van Assen, Hans Bcliremll, Hugo Braun, Krnsl 
Brieger, Albert b'raenkel, A. V. von Friscb, Her¬ 
mann Geigcr, Waller Gloor-Meijer, .luliiis llollo, 
A. llottinger, !.. I.icbivvitz, ^\ aller Pagcl, Slepban 
Uolliman, IC. A. Spiegel, Ericb SIern, Fritz Sulcr. 
•loscph l.'rbanek, Ilernard Herman Vo.s et Arvid 
Wallgren. 

.t. Iha-bericli et P. 8i)iro ont iieiisé. a\ei- jusie 
ndson, rpi'iin ouvrage portant sur le Irailemenl 
de la tuberenlose des dilTérents organes d<iil débu- 
liM- par un aperi,u sur celle alfection qui est avant 
tout une maladie générale. 

I.e premier volume comprend clone, après une 
introduction sur l'bisloirc du traitement de la tuber¬ 
culose dans les temps récents, divers ebapiires 
consacrés à la biologie du bacille de Kocli. à 1 im¬ 
munité antituberculeuse, à la palbogénie de la 
tuberculose, aux changements anatomiques qui se 
produisent à la suite du traitement chirurgical, 
chimique cl biologique de celte alTcction. au con¬ 
trôle par les . rayons X de l’évolution des lésions 
dans le traitement, au diagnostic et au traitement 
do la tuberculose par la lubcrctdino. 

Arvid \Vallgrcn, de Gothembourg, fait un exposé 
de la vaccination antituberculeuse par le BCG, 
introduit dans l'organisim' par la voie buccale et 
par la voie parentérale. H étudie, d’après scs 
essais, la durée de la période anléallergiquc après 
la vaccination par la voie intradermique et le com¬ 


portement des enfants ainsi vaccinés et exposés à 
un eoutaet infectant. 

l.cs dci'iiiers |■bapiin'S de ce volume sont consa¬ 
crés à la chimiothihapie ih- la tulereido^e cl à la 
question du travail dans le traitement de cette 
affection. 

I.e deuxième volume, plu- important (pie le pre¬ 
mier. renferme un exposé' Irè- eomplet du traile- 
nient des diverses fonnes vie la tuberculose ; pul¬ 
monaire, ganglionnaire, ostéo-artieulaire. rhuma¬ 
tismale, urogénitale, cutanée, ainsi qui de la tuber¬ 
culose des yeux, îles oreilles et du svsjéme nerveux. 

Gcrlains chapitres sont consacrés au traitement 
de la lymphogranniomalose. à l:i tuberculose riiez 
les diabétiques, an traitement di' la tuberculose des 
enfants et des vieillards, à la psyeiinlogie cl à la 
psychothérapie des tuberculeux. 

Gel ouvrage témoigne d'un bel effort pour met¬ 
tre à la portée des cliniciens toutes b s notions ipii' 
nous avons actuellement sur le Irailemenl de la 
Inbeiculose. 

F. \i;mir. 

Die Gallensteinkrankheit und die Cholepathien 

(l.a diathèse lilbiasiipic et les choh'jialhies). par 

.\I. Giio.ss I Zagreb). 1 vol. de 134 p. ('/’ipoprn/i/u, 

éditeur'). Zagri'b. 

Gross a aeipiis une riche expé-rienee on matière 
de lithiase biliaire dans sa iiralique à Bogaskn Sln- 
lina, le Carlsbad de la Yougoslavie. H expose ici 
ses eoncepiions sur le mode de formation des cal¬ 
culs cl sur la palbogénie de la cholélilhiasc. .Ses 
vues à cet égard se rapproehcnl de celles de Fics- 
singer : l’essentiel de la diathèse cl de la eholé- 
palhie en général réside dans une accumulation 
durable de graisses dans le sang, dans une modi- 
Rcalion consécutive du foie (iiilillralion graisseuse 
et appauvrissement de la cellule hépatique en gly¬ 
cogène'), d'où diminution de la sécrétion biliaire 
et épaississement de la bile. I.'infection des voie- 


biliaires et la formation de calculs en sont les 
coiiséqueuccs habituelles. H s'agit donc h\, non 
d'une maladie locale do la vésicule biliaire, mais 
d'une affection géné'ralo di' l'organisme où le rôle 
principal est leiiu par le foie. Gross décrit ensuite 
les diverses manifestations des cbolépalhies, puis 
les épreuves fonctionnelles dn foie. Il étudie enfin 
Il Ibérapoiilique rationnelle de la lilbiase biliaire, 
et ilélaille les principes cl les conditions de la cure 
Iberiuale telle qu'il la pratiipie à Boguaska Slatina. 

l’.-k. ÔI-VIUI'. 


Livres Reçus 


111)1. ReHektorische und algetische Krank- 
heitszeichen inneren Organe, par K. IIvxsen et 
Il vo.x .Srvv. 1 vol. de 270 p. avec 120 fig. (Georq 
Thinn,'), t.eipzig. — l'rix : tvioelié. 20 M. : relié, 28 XI. 

11112. Guide de Biologie clinique pratique. 
M'' édit., par F. Miiaia.. 1 vr,!. de 72 p. If.e François). — 
Prix : 15 fr. 

Illi:!. Die Bierhele als Heil-, Nâhr und Fut- 
termittel. Il Aall. liiximischc Forlschrillsbcrichi':, 
llanil :i.5), par .Iclus .'SiaiÜLiax. 1 vol. de 202 p. avec 
22 liir. et lÙ taliteanx (Tlicoilor Slrinkopfl), Dresden. — 
Prix : tirorlié, 11 M. : r.-lié, 12 XI. 

llli'i. Abortive Poliomyelitis. Rein abortive 
und Nicht-Paretische Formen der Heine-Mo- 
din’schen Kranheit, par (ino Gsri.i,. 1 vol. de O-i p. 
avec Fl lig. l'I 11' talil. (Gi-'irq Tliirtnr). I.eipzig. — 
Prix : 0 M. 70. 

1105. Vaccination contre la Sénescence pré¬ 
coce, par G. Picviin. 1 vol. de 210 p. .avec 13 fig. (I.r 
François). — I^rix : 2'2 fr. 

lIliO. Manuel d’Hématologie pratique, par 
Fiiru viui Pe;viu:. 1 vol. de 102 ji. (K. I.e François). 

111)7. Vom 'Wesen der Neurose und von 
ihren Erscheinungsîormen, par I'.iost Spekii. 
1 vol. lie 122 p. avec 1 lig. (Georii Thinnij. Leipzig. — 
Prix : Iprnrtié. 3 XI. OU ; ridié, 1 XI. SO. 

lliië. Les Paralysies cubitales, par neumes 
F vinninu:. ,Ievx P.vius et t’u-aiu-: Pnrrvc. 1 vol. de 101 |>. 


ICuAV HÏÊDïEiCilHiïE A TEANVERS LIE W^MÎDÏE 


E'Spagne. 

Nous appri'iii.iiis la mort a Bari'i'lniic, le 21 -Ni.'- 
veiidu-c 11)38. il l'i'igi' de 77 iiiis. du |)rufcsseur Xl.viu- 

sur la pidliologie digestivi'. Ses Icpmis eliuii|ues à 
1 hôiiilal général de .Madriil fiireiil edèbres dans !,■ 
inonde eidior. 

(lui'lques jours avaul sa mort, il avait remi" 
aux autorités b’ maiiuseril d'une imporlaiili' éludi- 
sur l.'llyijièiii- <ln .soldat en eam/'a;;m'. 

Ethiopie. 

I.e paludisim' a été ,•lu,lié, de près, i n Flhiupie, 
dans la région de \ vlla-Jluiyiii, sur un segment do 
la-roule il'Asmara à Addis-Abeba. iiomlant la .sai¬ 
son des pluies, .1 iiillel-Dclobre. 11 résiillc de ees 
recbercbcs ipu' dans celle région, le paludisme 
règne jusqu’à l'altitude de 1.800 mètres. La lorme 
prèdomiiiaule est la tierce midigne. Le vecteur ba- 
biliicl est .4. (idmbiue, dont la vie larvaire est de 
9 à 10 jours. Dans les zones au-dessus de 2.000 
ruèlros il ii’y a pas de paliulisme. On estime que 
dans les zones d’altitude inférieure à 1.700 mètres 
la prophylaxie doit se faire du déduit de .Tuin a tin 
Octobre : 0,00 de quinine, 3 jours consécutifs par 
semaine sont suffisanls. 

(Comilé permanent de VOjUce inlernalional 
d'Hygiinc publique, Octobre 1938.) 


Hongrie, 

On signale le suieidc du D'' Lieukiv.vi.v.x, profes¬ 
seur d’ophliilniologio à la Faculté de Médecine de 
ri'niversité royale hongroise razmimy. Builapesl. 


Italie. 

Des recherches ai,prnfomlies ont clé pniirsiiivii's 
dans la province de Bari sur la fréquence de- avor- 
Icmeuls spniilaiiés. .^iir 391 f,mimes examinées, 
40,0 pour 100 élaieiil affeeléi.’s de briicello.ses : daii» 
ec'^ dernières 78.0 pour 100 rmeiil alleiule» d'avur 
Il lueiit et seiileimml 10 jiniir 100 ries grossesses 
arrivèrent à terme, cl il y eut 1 pour 100 do nais¬ 
sances prémiilurées. Des idiiffres imalogues sont 
relevés dans la proviiiee rie l’olenzii. Ges chiffres 
fout remarquer l'imporiimee au point ri,' vue di'ino- 
giiqibique d,’ la bille eoiilre l’iufeelion briii'idlaire. 
ipii devance de loin toutes les autres can'^es iravor- 
Icnienl opoulané. 

Pérou. 

I.e D'' .Xmerieo Gvmuvi.iu, iiiédeeiii jiersouiiel 
de M. Bi:n,vviiii:s, présirleiil rie la Bépuldique du 
l’éruu, est déeé'dé à New-York. Il était âgé de 
45 ans. 

H éhql docteur eu médecine de FUniversilé de 
Paris. 

P chécoslovaqiiie. 


Le Paoi EssEuii Y.v,:!.av I.ibenskv 
(1877-1938) 

l.a niéclccinc tcliécoslovaquc vient de perdre un 
de scs représentants les plus éminents : le profes- 
.seur Y,vclav Liuensixy est mort le 10 Décembre 
1938. Xé à Prague le 7 Juin 1877, docteur en 
médecine en 1901, professeur agrégé en 1909, pro¬ 
fesseur adjoint en 1918, chef des services de car¬ 
diologie et de radiologie de la Pnlieliuiqûc l'niver- 


siliiir,' en 1920. puis direeleiir di' cette. Policlinique 
en 1921. profi-,<eiir liliiliiire eu 1927. telles furent 
le- divei-e- étapes lie -a carrière. Sans prétendre 
évoquer dans toute son ampleur ce que fui Pieuvre 
-eieiitiliqiie qui lui valut une réputation miiveix 
-idli' et l'imiiti" de- priiieipaiiv cardiologue,- de 
l'F.iiiope eu général et de mitre pays en parli'ii- 
lier. rappeloii- ipi'il -'iuti''re--a plu- sp',''eialemeut 
aux piolilèmes eliniipies et patbngéuiqiie- que jio- 
,-eol !e- aorlile- sypliililiipii's. l'Iiypoteii-ioii arlé- 
rielli'. le- aeeiileuls opératoires eariliaqiie- et leur 
t raileiiieiit pn''V,'ulif. Ge fut lui qui iiitrodiiisil eu 
rilié'i'o-lov aipiie r,'l>ilroeardiogiapliie. Il publia, 

maladies du leetiuu et eonlribua à ramélioratioii 
des iiive-tigalioii- reelui-eopiques. Foudaleur. iire- 
inier pri'-ideiit et auimaleur de la 8oeié|é de Giir- 
iliologi,, ti'lié'i'oslovaque depuis 1930. il devint 
membre de la Soeii'té de Gardiologie trani.'aise dès 

deux lustiliils GardioUigiques de l’iuh'-lirody furent 
égalemeut sou leuvre. Fiilin. malgré la luiiguc et 
péuilile miiladie eoulre laquelle il luttait depuis 
plusieurs aimées, il dirigea avec un soin jiartieu- 
lier et ju-qiie dans ses muindres détail-, l’élabo- 
riiliun des plan.- <le lu nouvelle iiolieliiiique. dont 
il avait su faiie iieeepler le ]irojet. le luofesseur 
l.iiiEx.skV disparaît au moment ra'i débutciil les 
travaux de eoii-lriieliou du nouvel édillce, coii- 
romiemenl d’uiic iielivité .seieiililiquc cl créatrice, 
bien faite pour servir le prestige de la médecine 
tchécoslovaque. 

G. II. 


Le Gerant: F’. A.vi!u,vult. 


P.irif. - .Inc”'' lmp. de la Gmir d'.Xppel, I, rue Cassette. 













N" 2 


7 Janvier 1939 


TRAVAUX ORIGINAUX 


SUR LES LIEUX D’ORIGINE 

DES 

HORMONES OVARIENNES 
ET SUR L’HYPERPLASIE 
DE L’ENDOMÈTRE 
COMME TEST DE L’HYPERFOLLICULINISME 

Par J. WALLART 

(Sainl-Louis, Huut-lUiin) 


Los doux honnoncs ùvurioiinus, acludlumonl 
un si grande vogue, et avec lesquelles on opère, 
autant sur le terrain expérimental que sur celui 
de la thérapeutique, ut souvent avec des quan¬ 
tités telles qu’il n’est guère probable que la 
nature en emploie le niÙMne dosage dans lu l'onc- 
tionnement de ses organes endocrines, sont la 
lolliculinc et la luléine ou progestérone. 

L'apogée du rôle qu’elles ont atteint aujour¬ 
d'hui est dû au tait qu’on connaît maintenant 
leur constitution chimique et surtout molécu- . 
laire, qu’on est môme arrivé à les fabriquer 
synthétiquement, et plus encore, qu’il a été pos¬ 
sible, on esthérifiani ces substances, de créer des 
produits de beaucoup plus actifs que les hor¬ 
mones naturelles extraites des glandes. En face 
do ces merveilleuses découvertes de la science 
moderne, on se reporte avec un sentiment du 
pitié à l’époque d’il y a trente ans, où nous sup¬ 
posions que ce ne devaient être que ces lipo'idcs 
de couleur jaune qu’on tiouve dans les celhilcs 
de la thèque interne des follicules, dans les élé¬ 
ments de la granuleuse et surtout du corps 
jaune, les substances agissant, dans un sens 
inconnu encore, dans les différentes phases de 
la vio féminine. 

Moi-môme j’ai fait en son tcnijis, procédant 
ainsi à des tâtonnements timides et presque à 
l’aveugle, des analyses quantitatives de tous ces 
corps gras sur des ovaires do vaches ;i de dif¬ 
férentes périodes de la gravidité, moyennant l’ex¬ 
traction .è l’éther; j’avais môme énucléé les corps 
jaunes et examiné séparément les deux parties, 
croyant pouvoir arriver de cette manière è des 
résultats plus exacts, concernant leur teneur en 
substances éthérosolublos par rapjiort aux dif¬ 
férents stades de la gravidité. Los résultats fu¬ 
rent décevants quant à leurs rapports avec le 
temps de la gestation ; aucune régularité no fut 
eonstaléc.Cependant, nos recherches ont pU prou¬ 
ver, ri l’encontre de l’opinion des histologistes, 
— selon laquelle la présence de ces corps gras 
dans les cellules lutéinlqucs était un signe de 
dégénérescence et ne se présentait que vers la 
lin de la gravidité —, que la charge de lipo'idcs 
jrouvait, d’une part, être très forte déjè au pre¬ 
mier mois, d’autre part môme, minime à la fin 
de la gravidité. Ce fait, constaté également dans 
les ovaires de femmes, avait profondément 
ébranlé la thèse de la nature pathologique des 
lipoïdes dans les ovaires, et par contre appuyé 
celte autre, combattue surtout par les patholo¬ 
gistes. selon laquelle ces lipoïdes étaient un pro¬ 
duit normal de sécrétion. A cause de la coulc\ir 
jaune de ces extraits on leur avait donné le nom 
de lutéine i. 

1. U'. lii-ilr. .-. Cfl,. ,1. 14 n90!ïl. 


Aous signalerons encore brièvement un petit 
épisode de nature amusante que nous avions 
enregisiré durant ces recherches. L'n jour que 
nous n’avions pas d’ovaires à charger dans noire 
appareil Soxhlet, et ne voulant pas le laisser 
chômer, nous y avons mis à l’extraction une par¬ 
tie d’une carotte de Aantes, préalablement sé¬ 
chée comme les ovaires. Après douze heures de 
marche, notre appareil nous avait rendu des 
matières étbérosolubles do môme couleur que 
celles des ovaires et, selon les méthodes d’ana¬ 
lyse seules applicables en son temps, de môme 
nature. Et j’avoue franchement que ce fait 
m’avait sensiblement bouleversé. Aujourd’hui 
nous savons qu’il s’agissait probablement do ces 
provitamincs désignées sous le nom do Carotènes. 

Le zèle des chercheurs nous apporte chaque 
jour de nouveaux laits sur la nature biologique 
de la folliculine et de la progestérone, ainsi que 
sur leurs relations avec d’autres hormones et 
d’autres glandes ; mais cos résultats .sont sou¬ 
vent contradictoires. iNos connaissances sur l’in- 
tcraction des différentes glandes endocrines ont 
fait d'énormes progrès les dernières années ; 
ihais toute la question demeure, malgré tout, 
encore une équation à plusieurs inconnues, dif¬ 
ficile à résoudre. 

Si les deux hormones ovariennes en question 
paraissent pouvoir expliquer toutes les phases 
du cycle génital, il n’est cependant pas prouvé 
encore que ce soient là les seules, que la glande 
produit. 11 est plus probable même qu’il y en 
a aussi d’autres, mais qui nous échappent encore. 
Certains auteurs se posent même la question, 
et avec raison, si le produit que la glande déverse 
dans le courant sanguin et lymphatique, ou dans 
le système nerveux sympathique, est vraiment 
une simple solution des deux matières chimi¬ 
quement caractérisées, ou si celles-ci ne se trou¬ 
vent pas plutôt liées à d’autres substances éner¬ 
gétiques. _ 

Dans toutes ces questions non encore résolues, 
mais d’un intérêt autant scientifique que pra¬ 
tique, nous traçons instinctivement un parallèle 
avec le règne végétal, où 1 alcalo’ide extrait d’une 
plante ne représente de loin pas tous les effets 
pharmacodynamiques de celle-ci. 

Un fait qui vient troubler la conception un 
peu simpliste de l’action de l’ovaire dans le cycle 
génital, conception basée sur les deux seules 
hormones féminines ; folliculine et progeslérone, 
c'est la constatation d’hormone môle dans 
l’ovaire et de folliculine dans le testicule. L’im¬ 
portance de ce lait est si bien démontrée par 
U. Cayet dans son étude sur les hormones et 
les vitamines, où il appuie sur le caractère quasi 
ubiquitaire de la folliculine, qu’on a décelée 
dans d’aulres organes encore et même dans des 
plantes et des produits minéraux ! 

rtehus sic slanlihus, il pourrait paraître quel¬ 
que peu négligeable de s’enquérir encore des 
lieux d'origine des hormones dans l’ovaire 
môme ; mais celle question est d’un si h.aul 
inlérôl scientifique et, partant, pratique, que sa 
solution, môme partielle seulement, nous servi¬ 
rait de fil d’Ariane dans l’analyse des nombreux 
étals normaux et pathologiques de la vie fémi¬ 
nine. C’est un fait d’autant pliis regrettable, 
uu’il s’observe tous les jours plus, que les 
hnrmonologistes, surtout depuis qu’ils expéri¬ 
mentent avec des produits fabriqués synthéti- 


2. R. C-VVFT ; liiol.' nppligiiér, 19SS, n" fi. 


queinenl par des usines chimiques, négligent 
ou abandonnent môme entièrement le contrôle 
plastique du leur foyer naturel d’élaboration. 

Jusqu’il y a quelques années, on était presque 
unanimement d’accord à situer le foyer d’tîla- 
boration de la folliculine dans le follicule de 
de (jraaf, et celui de la luléine ou progeslérone 
dans le corps jaune. Si, pour la dernière hor¬ 
mone, la question était facile à résoudre, vu que 
1.! corps jaune se compose presque exclusivement 
du cellules luléiniqucs, le choix était plus diffi¬ 
cile parmi les différents constituants de la vési¬ 
cule de de Graaf : Ovule, granulosa, thèque in¬ 
terne transformée en glande interstitielle. Et 
là-dessus les opinions sont encore très conlro: 
versées. Nous no pouvons pas' entrer dans des 
détails à celle iilace, mais il est très probable 
que la glande iniersUlielle de l’ovaire joue un 
rôle prépondérant dans la production de la folli¬ 
culine cl peut-être encore d’autres substances, 
vu que scs étals d’épanouissement coïncident 
avec des périodes de suraclivilé ovarienne attri¬ 
buée à la folliculine. Par ailleurs, si la follicu¬ 
line est élaboré'} par les cellules de la thèque 
interne, dont l’ensemble est grou])é dans la dési¬ 
gnation de glande inlersliliellc, on pourrait bien 
s’expliquer la présence de celle hormone éga¬ 
lement dans le corps jaune, vu que celui-ci est 
régulièrement entouré d’une zone plus ou moins 
nelle de cellules de la thèque interne, surtout 
dans les premiers temps de sa constitution ; 
plus lard, la différence de caractère entre les 
deux sortes de cellules — thécales cl granuleuses 
transformées en luléiniqucs — n’est plus assez 
pionohcée pour i)ouvoir les distinguer avec cer¬ 
titude. 

En faisant le recrutement de tout ce qui pour¬ 
rait entrer en ligne de compte comme lieu de 
production d’hormones, nous trouvons d’abord 
un organe, situé dans le hile et dans la partie 
supérieure du rnésovaire ; le Relc. C’est un 
parent pauvre que la majorilé des traités d’his¬ 
tologie désignent, si loulefois ils le mention-, 
lient, de vestige embryonnaire rudimentaire. 
Depuis quarante ans, celte formation glandu¬ 
laire a retenu loute notre attention, et nous lui 
avons dédié jilusicurs mémoires. Il se trouve 
dans l’ovaire riguUèremcnt, depuis la vie intra- 
utérine jusqu’à l’âge le plus avancé. A partir de 
1.1 naissance jusqu’à la ménopause il suit, quant 
.à son développement structural et la différen¬ 
ciation de ses cellules, une meme courbe que la 
glande iniersUlielle de l’ovaire. Après la méno¬ 
pause il présente des particularités que nous 
avons décrites avec le docteur Scheidegger (Bâle) 
dans une étude sur des ovaires de vieilles 
femmes — do .50 à 96 ans — et qui sont des plus 
inléressantcs ’. Et, f.iil imporlant du point de 
vue téléologique, les tubes du Bele sont pourvus 
d’une innervation riche el intime par des fibres 
amyéliniques. Par ailleurs, des recherches com¬ 
paratives sur toutes les classes de mammifères 
ont prouvé qu’il est un constituant régulier de 
l’ovaire cl ne peut donc plus être envisagé 
comme un vestige embryonnaire sans impor¬ 
tance. Nous lui atlribuons un rôle physiologique, 
rôle encore inconnu- aujourd’hui, ou à peine 
vagiiément présumé. El de nombreux chercheurs 
parlagent notre conception. 

Quoi de plus proche, alors, que de rechercher 
ce rôle sur le vaste terrain...des ..inleraclions 

3. -vr. nfS. ScriEiDFT.f.én ; tivà. /. Oyvaclt. 1937. 165. 





18 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


2 


neuro-humorales? Riun, loffiquemt’iit, ne s’y 
oppose. 

Kl plus loin encore. Quel rôle Ji allribuer 5 
ces curieuses el inléressaiiles formations de 
l'ovaire que sont les corps fibreux? Ils sont envi¬ 
sages ])ar les hislologisles communément connne 
de banales ciculrices, provenant, les unes de 
l’alrésie folliculaire, les autres de la régression 
des corps jaunes. i\ous les appelons respeclive- 
ment corps fibreux alréliqucs el luléiniques. 
Leur forme est ordinairement différente, (|uoi- 
qu'il y ail de nombreuses transitions, selon 
l’étal do déploiement de la glande interstitielle 
et du corps jaune, dont ils représentent les 
stades terminaux. Plus on approfondit l’élude de 
ces formations, plus on .se reu'l compte iiu’olles 
diffèrent sous tous les rapports des simples 
cicatrices. Leur forme, uuiiiue dans tout le corps 
humain, leur vascularisation serrée, l’innerva¬ 
tion riche el inlime, le comportement collo’ido- 
ehimiqiie des masses fibro-hyalines, variant sous 
les mêmes aspects chez la femme en pleine 
activité sexuelle que chez la matrone de 96 ans, 
tous ces faits ne cadrent pas avec la vétuste 
conceiition de te banales cicatrices », dont le rôle 
ne serait (pie relui de combler les vides causés 
par l’alrésie des follicules et la » dégénéres¬ 
cence » des •'orps jaunes. 

Une autre constatation incite à la méditation. 
Quand on voit que des cicatrices opératoires ou 
lésionnelles se résorbent, avec les années, au 
point de ne plus être repérables, les corps 
fibreux, chez la femme — leur comporteine.nl 
varie chez les différents mainmifèn's — se main- 
liennenl, nanlis des mêmes caraelères, non seu- 
lenienl pendant toute ta période sexnette. mais 
jusqu’à t’dqe te plus avancé. 

.Mais il y a encore un aulre fait, relevé au cou¬ 
rant de nos recherches sur des ovaires de vieille> 
femmes, el ipii renforce le. dernier point ; c'est 
le suivant : l’approche de la ménopause, lors¬ 
que l'aclivilé folliculaire est en voie de s’épuiser, 
on voit apparaître clans la corticale de l’ovaire 
des corps libreiix formés par les éléments de 
celle zone. Ils ne diffèrent de ceux, issus des 
corps jaunes, que par l’absence de la couronne 
de vaisseaux l'I ils viennent s’ajouter aux autres, 
surtout ipiand l'uu ou l'autre de ceux-ci, par 
une cause (pielcoiupie, mais qui nous (•cliappe, 
dégénère. .Nous leur avons donné le nom de 
(. ror/>s fibreux aeee.ssidres », parce qui' nous 
leur allrihuons le rôle de reidorcer les autres 

déchéance '. ' 

Kn présence de tous ces faits, notre concep¬ 
tion sur la destination des corps fibreux s’éloi¬ 
gne de l’idée surannée de a cicatrices banales », 
et ne serait-ce (pi’en nous inspirant de raison¬ 
nements téléologiques. 

Nous" croyons qu’ils sont investis d’une action 
physiotoijique qui pourrait également être située 
dans le même domaine de l’interaction neuro- 
cndocrinicnnc. Les considérations pourraient 
être envisagées de spéculatives ; mais nous avons 
la conviction qu’un jour elles sc révéleront aussi 
positives que sont devenues celles que certains 
couvaient encore il y a è peine quarante ans, 
sur le rôle de l’hypophyse, des îlots de Lan¬ 
gerhans et autres formations, également taxées 
alors de « vestiges rudimentaires ». 

A tout ce rouage que nous venons de passer 
sommairement en revue s’ajoute encore une for¬ 
mation siiécialc el qui se retrouve è toutes les 
périodes de la vie de la femme, depuis le fœtus 
jusqu .è I Age le plus avancé ; c’est le tissu para- 
ganglionnaire de l’ovaire, dont les fonctions ne 


L tV. l't Scucmrr.r.t» : BuJI. Hi.Unt. (jiifil... lOttT. n 6. 


peuvent également être recherchées que sur le 
terrain neuro-endocrinien, vraie table d’échecs 
sur laquelle, en l'ère humorale que nous tra¬ 
versons, l’élément nerveux ne joue que le rôle 
de simple pion, tandis qu’il devrait être coté de 

.Vous voyons donc que les formations tissu¬ 
laires de l’ovaire qui pourraient être envisagées 
comme lieux d’origine de matières énergétiques 
ou hormonales sont nombreuses, que certaines 
ne se retrouvent que jusqu’à la fin de la vie 
sexuelle, tandis que d’aulrcs sont présentes pen¬ 
dant toule la durée de la vie féminine. Arrivera- 
t-on un jour è discriminer la quote-part reve¬ 
nant à chacune? Nous l’espérons, malgré les 
énormes difficultés qui paraissent encore s’y 
opposer aujourd’hui. La science a résolu, au 
courant des siècles, des problèmes par la voie 
expérimentale que nos ancêtres n’ont pu se con¬ 
cilier que par des déductions pliilosopliiques et 
s|'éculatives. 


Depuis qu'on connaît 'a folliculine cl la pro¬ 
gestérone comme substances chiniiquemenl 
bien caractérisées, on cherche ii analyser les 
troubles dans le fonclionnenient de l’appareil 
génital de la femme ii lu lumière des faits obser¬ 
vés lors de rexpérimenlation sur des animaux. 
C’est ainsi qu’on parle beaucoup, ci-s derniers 
temps, du syndrome d’hyperfollieulinisme, ([ue 
vient d’exposer, avec beaucoup de clarlé, .f. Va- 
rangol dans une élude critique. 

L’auteur reconnaît une certaine précarité à ce 
terme, en présence de l’impossibilité qui existe 

doser directement riiormone dans les humeurs 
('( il considère, comme u le lest morphologique 
le plus fidèle de l'existence de riuanlilês élevées 
d’hormones œstrogènes dans l’organisme; l’hy¬ 
perplasie glandulo-kystieiue île la muqueuse uté¬ 
rine ». .Nous n'hésitons pas à nous ranger è sa 
manière de voir qui, aujourd'hui, est liresque 
unanimement partagée. .Nous relevons dans cette 
phrase surtout le terme d’ « hormones oîslro- 
gènes » sur leiiuel l’auteur appuie, à l’encontre 
de « folliculine, », ce qui nous prouve qu’il par¬ 
tage également notre opinion sur la diversilé 
des subslances énergétiques (pie doit fournir 

l'ans son intéressante élude. V’arangol ’ cite 
aussi l’opinion de certains auteurs selon laquelle 
le cadre des lésions déterminées jiar l’hyperfol- 
liculinisme serait A étendre également aux fibro¬ 
myomes utérins, à l’endométriose el aux [joly[)es 
de la muqueuse utérine. Puis il (diorde les causes 
de ce syndrome, qu’il arrive facilement ;i éclai¬ 
rer, A l’exception des cas « très rates » de la 
période post-ménopausique, oi'i l'explicalion 
rencontre beaucoup de difficullcs ; « car la 
source ovarienne de l’hormone paraît bien 
être tarie. ». comme il s’exprime avec pru¬ 
dence. 

C'est bien ce point de la (piestion (|ui nous 
a amené A faire la présente communication, et 
nous devons nous y arrêter un moment. 

Dans notre étude précitée, concernant des 
recherches sur des ovaires el organes apparentés 
liendant la \ieillesse, nous avons rencontré 
19 fois sur 60 observations des altérations de ce 
genre : fibromyomes, polypes de la muqueuse 
utérine, endométriose, hyperplasie glandulo- 
kystique, appelée aussi melropalhia cyslica. 
Toujours la corticale de l’ovaire était bien con¬ 
servée, cl les corps fibreux ajnsi que le Rete 
correspondaient A ce que nous avons exposé 
dans la première partie de ce mémoire. Pins, 


■ï. .T. yoiAMUvr : -la Prr.i'ar Médirai'’. 19,^8. ii. (>1. 


dans 17 cas sur 19, le tissu paraganglionnaire 
était développé, tandis que dans 2 cas seulement 
il ne put être décelé : un cas de tuberculose 
chronique, 80 ans ; un autre cas de cancer 
avancé de la vésicule biliaire, 81 ans ; donc deux 
sujets atteints de maladies consomptives, ce (pri 
pourrait très bien oxpli(]uer l’exception. .Nous 
voyons donc que ces observations ne sont pas 
tellement rares que ne l’admet Varungol. Mais 
comment donc les expliquer A cet Age ? En 
admettant, comme nous le supposons, que toutes 
ces formations ovariennes, dont nous avons pu 
vérifier la présence jusqu’A l’Age le plus avancé 
— 96 ans! ■— conservent une fonction jusqu’A 
la mort de leur porteuse. 

Ce qui rend ce groupe de 19 cas, que nous 
venons de citer, encore plus intéressant, c’est 
le fait que, sept fois non seulomcni l’utérus 
avait réagi au slimul de l’ovaire, mais encore 
la glande mammaire qui présentait des signes 
prononcés de sécrétion. Celle réaction mam¬ 
maire fut, par ailleurs, observée plusieurs fois 
chez d’autres sujets, exemptes d’altérations uté- 

Dans un magnifique exposé sur les inter¬ 
actions neuro-humorales chez la femme, Brouha 
et Collin •*, en parlant de rinfluenco de l’ovaire 
sur la glande mammaire, expriment l’axiome : 
(( Sans ovaires et sans hormones ovariennes, pas 
de scnsibilisatioti de la glande mammaire. » ür, 
celle sensibilisation, tant cinétique que sécré¬ 
toire, que nous avons observée chez de vieilles 
femmes, prouve que l’ovaire était actif. 

Le cyde d(‘S interactions neuro-honnonales a 
])U être poursuivi encore, toujours chez ces 
vieilles femmes, dans l’hypophyse, où nous avons 
souvent trouvé les cellules principales transfor¬ 
mées en éléments qui présenlaii nt tous les carac¬ 
tères des cellules gravidiques. 

Et pour clore ici la liste des faits qui sont A 
I nppui de notre thèse, nous signalerons encore 
que, chez 7 fenimes de 56 à 88 aps, nous avon.ï 
trouvé, dans les ovaires, des végétations déci- 
duales eclopieiues, aussi nettes et caractérisées 
qu’on les voit souvent pendant la grossesse. 
Chez une femme de 72 ans, il y avait dans un 
ovaire, en plus, des formations d’endométriose 
avec réaction déciduale du tissu cytogène. Dans 
h'.'' 7 cas : réaction cinétique el colostrogène des 
glandes mammaires et a cellules gravidi(iues » 
dans rhyiiophyse, A côté d'altérations ulé- 

La ménopause indique, chez la femme, la ces- 
sîdion de celle fonction essentielle, commune A 
tous les êtres el destinée A la conservation de 
l’espèce : rovulation. Cet étal n’a pas (l'é(iui- 
valenl chez les animaux, du moins il n’a pas 
encore été observé. Mais, après la ménopause, 
l’ovaire humain conlinue à, exercer scs foncligns 
el à entretenir celte féminité ejui se manifeste, 
surtout sur le terrain psychique el éthique de 
la femme, oi'i elle peut atteindre des sommets 
plus élevés et plus purs que pendant la période 
des lourmenies. 


6. ftnocn.x et Collin : .Innalr.s de Physiol., 1935, 11. 


PROGRAMME DES COURS, LEÇONS ET CONFE¬ 
RENCES. — La Presse Médicale . publie chaque 
semaine, sauf pendant les vacances, les programmes 
des cours, leçons et conférences. — Adresser tous 
renseignements utiles à La Presse Médicale, Semice 
du Programme des cours, 120, boulevard Saint- 
Germain, Paris-6^, téléphôn’e Oariion 56-H, 56-12, 
56-18, inter Danton 31. 




N° 2 


LA PRESSÉ MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 193Ô 


19 


L’ICTÈRE 

CHEZ LES DIABÉTIQUES 

PAR MM. 

P. DUCAS et P. UHRY 

(Paris) 


L’imporlance allribuéo pendant longtemps 
aux lésions hépatiques clans la genèse du dia¬ 
bète devait faire apparaîlre comme une éventua¬ 
lité fréquente la coe.xistencc de cette affection cl 
d'un ictère. .En fait, si, dans ces dernières 
années, Flaum, Malmros et Persson, Dibold, 
Erclcnlz, Steinitz, Bade, Itadvan à propos de cas 
personnels, étudient le problème étiologique et 
pathologique posé par cette association, elle 
apparaît cependant, à la lecture de leurs ariicles 
el de celle des traités, comme beaucoup plus 
rare qu’on peut le supposer. 

Elle SC rencontre d’ailleurs presque toujours 
chez des adultes ayant dépassé la cinquantaine; 
l’ictère présente alors des rapports plus ou 
moins étroits avec l’cxislonce anléricure d’une 
cirrhose, d’une cholécystite ou d’un obstacle 
cliolédocien. A coté du diabète coexistent des 
facteurs palhoIogi(iues muHiplcs, et comme 
pour toutes les complications de celte affection 
on peut, dans ces cas, discuter sur l’élroilessc 
du lien qui unit ces diverses manifcslalions, 
s’il s’agit de simple coexistence ou do l’extério¬ 
risation multiple d’une diathèse complexe. Au 
contraire, lorsque celle association apparaît 
chez un diabétique d’âge moins élevé (qu’il 
s’agisse d’un enfant ou d’un adulte jeune), les 
divers facteurs incriminés précédemment, éthyle, 
lithiase, paludisme, syphilis, loxi-infeclion intes¬ 
tinale chronique, n’ont pas encore eu le temps 
ou d’apparaître ou de faire sentir leurs effets ; 
l’étude des rapports qui unissent le diabète et 
l’iclèro apparaît comme plus digne d’intérôt. 

Malheureusement, soit que les auteurs qui 
les ont observés n’aient pas jugé utile de les 
mentionner, soit qu’ils sont réellement excep¬ 
tionnels, ces cas restent rares. C’est ainsi que 
dans le livre important qu’elle consacre â l'élude 
du diabète infantile, P. 'Vt^hite étudie plus do 
1.000 observations et mentionne avec beaucoup 
de détails les diverses complications de celle 
affection : or, la possibilité d’apparition d’un 
ictère n’est môme pas signalée. De mémo, dans 
l’ouvrage non moins complet de Priesel et 
Wagner on ne trouve que quelques lignes con¬ 
sacrées aux observations de Gollslein et Bohe, à 
celles de Holeczck et quelques cas pcrsoimels ; 
Boulin ne consacre à celle complication que 
quelques lignes. Dans les articles cités plus 
haut, les observations de diabétiques jeunes sont 
également la minorité : sur 9 observations de 
Dibold une seule concerne un diabétique de 
27 ans ; sur les 8 observations de la première 
série de Steinitz, une seule également se rap¬ 
porte à un entant de 17 ans. Les autres cas con¬ 
cernent des malades ayant dépassé la cinquan¬ 
taine et dont lé passé pathologique est complexe. 
Ajoutons cependant, aux cas précédents, une 
observation do Selson et Obier qui étudient 
l’apparition d’un ictère et d’une hépatomégalie 
chez un enfant de 12 ans et rappellent le cas 
similaire et antérieur de Root. Incidemment on 
trouve signalé dans la thèse que Roy consacre h 
l’association du diabète et do la tuberculose une 
observation d’un enfant de 13 ans présentant un 
ictère; dans l’article que Drysdale consacre A 
l’insuline protamine-zinc chez l’enfant, il est 
également fait état d’un ictère (Obs. 10). Le 


reste de la littérature consacrée au diabète in¬ 
fantile el au diabète des jeunes n’apporte aucun 
autre document : or, en un espace de temps 
assez court, le hasard nous a permis d’observer 
à 3 reprises, chez 2 enfants cl 1 jeune homme 
diabétiques, l’apparition de cette complication. 

La coexistence des deux affections peut se pré¬ 
senter de diverses manières. Parfois, et surtout 
chez l’adullc, où Dibold l’aurait observée 8 fois 
sur 11, le diabète est méconnu, l’ictère est la 
première occasion d’un examen des urines qui 
le fait découvrir ; ou bien son installation dé¬ 
clenche une poussée d’acidose plus ou moins 
sévère qui peut aller jusqu’au coma. C’est ainsi 
que Priesel et Wagner examinent un enfant 
iclériquc et comateux : ils découvrent l’origine 
diabétique du coma, instaurent un traitement 
insulinique qui le dissipe ; l’ictère évolue alors 
en quelques jours vers la guérison et laisse per¬ 
sister un diabète qui suit sa marche normale. 
Chez un deuxième entant, l’idère a une allure 
sévère ; au moment où l’allcinle des téguments 
est au maximum, s’installe un précoma : là 
mise en œuvre du traitement insulinique dissipe 
rapidement celui-ci el ictère et diabète évoluent 
normalement. Ces cas exceptionnels posent un 
problème important : pcul-on considérer qu’à 
l’origine de ces deux manifestations, existe une 
infection ou une intoxication commune ayant 
créé simultanément une hépatite et une pan¬ 
créatite? Il suffit de rappeler à ce sujet les dis¬ 
cussions similaires posées par l’hypothèse de 
l’origine infectieuse des cas de diabète apparus 
ai: décours d’une maladie infectieuse ; on tend 
actuellement à admettre qu’il ne s’agit que 
d’une simple co’încidence : l’infection incrimi¬ 
née n’est considérée que comme facteur d’aggra¬ 
vation el d’extériorisation d’un diabète anté¬ 
rieur méconnu ou latent. La môme conclusion 
semble devoir être envisagée ici : à la lecture 
des diverses observations, se dégage nettement 
l’impression que l’hépato-pançréalitc, cause do 
l’ictère, n’a fait qu’exagérer un diabète jusque- 
là ignoré et l’a fait découvrir. 

La gravité habituelle du diabète des jeunes 
permet d’ailleurs de comprendre que celte éven¬ 
tualité reste l’apanage des diabétiques âgés el 
sera l’exception chez l’enfant ou l’adolescent ; 
dans ces cas, le diabète est en effet le plus sou¬ 
vent reconnu antérieurement, est déjà en cours 
de iraitement lorsque l’iclèrc survient ; c’est 
celle modalité qui s’est trouvée réalisée chez les 
malades que nous avons pu observer cl dont 
nous résumons ci-après l’histoire. 

OiiSEiwATiON I. — Baymond C..., 22 ans, hospi¬ 
talisé le 27 .Tuillcl 1936 pour ictère. 

Anlcccdenfs. — Diabétique depuis l’âge de 14 
ans, équilibré- avec un régime comportant environ 
7() g. d’hydrates de carbone préformés cl 90 unités 
d’insuline par jour. 

Début. — Cinq jours auparavant, rentrant de 
vacances, du déparicment de la Marne, où il a pris 
quelques bains de rivière, ressent une sensation de 
malaise el présente de l’anorexie. Puis, rapidement 
apparaissent verliges, courbatures, éial nauséeux: 
il s’alite avec 39° de fièvre. Le lendemain, il sè 
plaint de tiraillements dans les mollets, présente 
une épistaxis cl entre à riiôpital. 

A l’examen; iclère franc des téguments el des 
muqueuses sans décoloration des selles ; urine fon¬ 
cée contenant pigments biliaires et urobiline, mais 
ne présentant pas de sels biliaires; par contre, on 
note une albuminurie légère. Le foie cl la rate 
sont normaux ; dans la journée apparaissent à plu¬ 
sieurs reprises des épistaxis. La température est 
à 38°5, le pouls à 100. 

Examen de Inboraloire. — Cidot urinaire: ab¬ 
sence do cylindres; sang: azotémie 1 g. 18; Bor¬ 
del-Wassermann négatif; séro-diagnostic de la spi¬ 
rochétose : positif. L’inoculation des urines au co¬ 
baye donnera un résultat positif. 


.\ signaler l’existence d’une acido-cétosc notable 
nécessitant l’injection quotidienne de 160 unités 
d’insuline durant cinq jours. L’évolution est ra¬ 
pide. Le 4 Août la température est à la normale, 
s’y maintient quarante-huit heures, l’ictère pâlit, 
puis du 7 au 15 Aoiàl, une nouvelle onde fébrile 
se manifeste sans rechute iclériquc, mais avec ciiiile 
de razolémie à 0 g. 27, crise polyurique à trois 
litres, disparition de l’albuminurie, légère ancinio 
à 3.180.000 globules rouges. Parallèlement, la pous¬ 
sée d’acidose a cédé: 100 unités suffisent à main¬ 
tenir l’aglycosuric. Le malade sort le 6 Septembre 
guéri, mais pendant trois mois il sera nécessaire 
de maintenir à 100 unités son traitement insuli¬ 
nique. 

En résumé, iclère spirochétien chez un dia¬ 
bétique jeune ayant entraîné une poussée d’aci¬ 
dose et une aggravation temporaire de sa tolé¬ 
rance hydro-carbonée. 

OnsERVATiox II. — François C..., 12 ans, adressé 
à l’un de nous par le D’’ Baillcl, pour diabète, 
ictère et hépatomégalie. 

Ânlécédcnis. — Diabète apparu à l’âge do 5 ans, 
au cours de la convalescence d’une rougeole, actuel¬ 
lement équilibré avec un régime dont la conte¬ 
nance en glucides préformés oscille entre 80 et 
100 g. par vingt-quatre heures, el par des injec¬ 
tions quotidiennes d’insuline au taux de 20 unités; 
chaque tentative de suppression d’insuline a été 
suivie d’une chute de poids et de l’apparition 
d’acidose; inversement, des doses de 30 unités quo¬ 
tidiennes ont été. parfois mal tolérées. 

Anléccdenls familiaux. — Une sœur atteinte 
d’eczéma; une arrière-grand'mère morte de diabète. 

Début. — Dix jours environ avant la consulta¬ 
tion, a présenté sans écart de régime,, sans notable 
exagération de la glycosurie, des troubles généraux 
(fatigue, malaises, vague douleur épigastrique) et 
digestifs (anorexie marquée' sans Vomissemcnls, ni 
diarrhée). Ces troubles persistants motivent un exa¬ 
men au cours duquel on constate un subielèrc et 
une hépatomégalie importante cl non douloureuse. 

A l’examen. — L’enfant est de taille et de poids 
normaux pour son âge (28 kg). Ictère franc, avec 
coloration a.sscz marquée des téguments, très mar¬ 
quée des muqueuses; selles décolorées, blanches, 
mastic; urine foncée avec réactions de Grimbert 
cl de llay positives. Gros foie débordant de trois 
travers de doigt le rebord costal, non sensible ; 
pas de douleurs au point vésirnlairc; pas de spié- 
nomégalic. L’examen des antres viscères est néga¬ 
tif. La Icmpératiirc est normale ne dépassant pas 
37°4. La glycosurie est de 30 g. par vingl-quatrq 
beurcs; il n'y a pas d’acétone. 

Evolution. — On pre.scrit un régime un peu plu? 
sévère cl le maintien du même taux d'insuline qui 
avait été élevé à 40 unités par vingt-quatre heures 
dès le début de l’ietère; on revoit le malade huit 
jours après: la glycémie est alors de g. 02 pour 
1.000; Ficlère a nettement régressé, mais le t’oie 
reste gros. Quinze jours plus lard. Ficlère a corn: 
plèlemcnl disparu, les selles se sont rccolorécs. 

, Obseuv.ation III. — .André. P..., 13 ans, traijé 
par l’un de nous pour diabète sévère avec acidose 
depuis l’âge de 9 ans, est examiné en Ôclobrc 1930 
pour un ictère. 

Antécédents. — Diabète équilibré avec un régime 
comportant 100 à 120 g. de glucides préformés et 
des injections quotidiennes d’insuline dont le taux 
varie de 40 à- 50 unités; accidents d’hypoglycémie 
el poussée acidosique fréquente; glycémie oscillant 
entre 2 g. 15 el 2 g. 90 pour 1.000. 

Début. — Le 6 Octobre, au retour des vacances, 
se plaint de douleurs dans le creux épigastrique 
avec nausées; les parents remarquent une modi¬ 
fication dans la coloration des téguments, les selles 
sont partiellement décolorées et les urines foncées. 

A l’examen: Le 10 Octobre, il est franchement 
iclériquc; les urines sont acajou, contenant sels et 
pigments biliaires; les selles sont complètement 
décolorées. 11 n’y a pas de prurit. On constate une 
hépatomégalie marquée alors qu’aux examens aniéi 
rieurs le foie débordait à peine le rebord costal': 
il n’y a pas de point douloureux el on ne perçoit 




20 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


N“ 2 


pa« la vésicule. La raie n’csl ni palpable, ni per- 
culable. 

Examen de laboratoire. — Glycosurie : 40 g. par 
vingl-qualrc beiires; réaction de Legal: positive; 
glycémie: 2 g. 74; cbolémie : 80 mg. à la méthode 
de Van den Bergh ; coeflicient de Maillard-Lan- 
zenberg : 5,9 pour 100. 

Eeolution. — On prescrit un régime plus large 
en glucides (120 g.), pauvre en lipides et trois 
injections de 18 unités d’insuline par vingt-quatre 
heures. L’ictère persiste jusqu’à la fin d’Octobre; 
la jaunisse décroît au début de Novembre; la réac¬ 
tion de Grimbert est négative le 3 Novembre, bien 
que la cholémie reste à 80 mg. le 10 Novembre. 
Le foie est toujours hypertrophie; la glycosurie est 
de 27 g. par vingt-quatre heures mais l’acétone et 
l’acide diabétique disparaissent des urines. Le 
15 Décembre, la cholémie s’est abaissée à 18 mg., 
le diabète est revenu à son état antérieur, l’enfant 
a repris du poids. L’évolution a été entièrement 
apyrétique. 

Par la suite on constatera la persistance assez 
longue de l’hépatomégalie qui va cependant en ré¬ 
gressant; le 19 .luillet 1937, il persistait encore un 
peu de subictère des conjonctives, la cholémie 
était de 40 mg., la cholestérolémie a 2 g. 97. L’en¬ 
fant est suivi régulièrement à la consultation et, 
de temps à autre, réapparaît le subictère conjonc¬ 
tival. 


L’hisloiro de ces malades reflète celle des 
observations des autres auteurs ; elle montre 
que si l’apparition d’un ictère chez un diabéti¬ 
que doit a prio7-i faire envisager avec une cer¬ 
taine crainte les répercussions réciproques de 
deux affections, il n'en est pas toujours ainsi et 
qu’elles sont beaucoup moins fâcheuses qu’on 
pourrait le redouter. 

L’ictère, dans son allure et son évolution, est 
en effet peu modifié par le terrain diabétique ; 
son aspect varie suivant son étiologie, point que 
nous envisagerons ultérieurement, mais reste 
identique à celui qu'il aurait chez un malade 
normal. La teinte des téguments et des mu¬ 
queuses, la décoloration dos selles, la présence 
de pigments vrais ou d’urobiline dans les urines 
noffrenl aucune particularité. Le seul point de 
l’examen clinique qui mérite cependant d’élre 
noté est la fréquence avec laquelle on constate 
l’existence chez cos malades d’une hypertrophie 
du foie : cette hépatomégalie peut être anté¬ 
rieure à l’apparition do l’ictère comme le men¬ 
tionne l’observation de Setson et Olilcr. Dans 
d’autres cas, elle lui est nettement contemiw- 
rainc, car des examens antérieurs mentionnent 
les dimensions normales du foie. Elle, peut être, 
mais inconslammont, légèrement douloureuse ; 
dans la règle, elle ne s'accompagne ni d’ascite, 
m de splénomégalie, le cas de Setson et Ohler 
faisant exception. Généralement elle est transi¬ 
toire et disparaît avec l’ictère ; elle peut cepen- 
dant lui survivre plus ou moins longtemps 
(plusieurs mois chez notre troisième malade, 
plus d’un an chez le malade de Setson et Ohler). 
Nous aurons à envisager ultérieurement le rôle 
qu’elle joue dans l’étiologie de l’ictère. 

Biologiquement, il s’agit toujours d’un ictère 
avec cholémie assez élevée, rétention saline et 
hypercholestérolémie ; comme le subictère des 
conjonctives, le taux des pigments biliaires peut 
rester anormalement élevé pendant un laps de 
temps assez long après la disparition de l’affec¬ 
tion. Chez un de nos m.ilades la cholémie ne 
revient à des taux voisins de la normale qu’un 
an après la disparition de la jaunisse. 

En dehors do la biligénie, les diverses fonc¬ 
tions hépatiques ont été peu étudiées chez ces 
malades. Steinitz a pratiqué chez plusieurs 
d’entre eux des épreuves au lévulose : la courbe 
était pathologique au cours de l’acmé de l’ictère 
dans 7 observations (sommet et durée augmen¬ 


tés). Après guérison elle redevient normale dans 
9 cas, reste allongée dans 1 cas, et pathologique 
dans 1 autre. Dibold recherche la tyrosine 
dans Eurine et conclut à une insuffisance hépa¬ 
tique chez un de scs malades ; des explorations 
hépato-pancréatiques, tubage duodénal avec 
épreuve de Mcltzer-Lyon, recherche de l'activité 
lipasiquo dans le liquide duodénal, rcchercho 
de la diastasurie ont été effectuées chez une 
femme de 53 ans par Radvan : elles lui auraient 
permis de conclure à une atteinte du pancréas. 
Ces données cependant ne diffèrent pas de ce 
que l’on pourrait trouver chez un iciérique 
banal. 

En général, l’ictère disparaît en un temps 
moyen de. quatre à huit semaines. Dibold l’a 
vu cependant persister plusieurs mois, Flaum 
et ses collaborateurs ont observé un cas de dé¬ 
générescence graisseuse avec issue fatale, Bade 
a également signalé l’évolution possible vers 
l’ictère grave. Mais ces faits restent exceplion- 
nols et, dans la règle, l’évolution est bénigne, 
l’ictère guérit sans laisser de trace, les recher¬ 
ches biologiques pouvant cependant montrer la 
persistance de l’atteinte hépatique plus long¬ 
temps que ne le laisserait supposer la guérison 
clinique apparente. 

Les répercussions de l’ictère sur le diabète 
sent constantes : son apparition, dans la règle, 
entraîne un fléchissement passager de la tolé¬ 
rance hydro-carbonée, une poussée d’acidose plus 
ou moins sévère qui peut aller, comme le signa¬ 
lent Pricsel et Wagner, jusqu’au pré-coma. 
Cette aggravation est particulièrement nette 
dans l’observation do Gottstein : l’amélioration 
du diabète avant l’apparition de l’iclèro avait 
permis d’abandonner le traitement insuliniquo ; 
la survenue do cette complication oblige à le 
reprendre. Dans la première de nos observations 
il a fallu augmenter notablement (70 unités), le 
taux d’insuline pendant la durée de l’affection. 
Cependant cette aggravation n’est en général 
que purement passagère : de simples modifica¬ 
tions du régime (qui du fait de l’ictère doit 
être appauvri en lipides et enrichi en glucides), 
une augmentation du taux d’insuline dans des 
proportions peu considérables, permettent do 
juguler très vite ces menaces d’acidose. Celles- 
ci peuvent même manquer et, fait paradoxal, 
dans une observation d’Erclentz, l’idèro, loin 
d’être une cause d’acidose, s’accompagne au 
contraire d’une amélioration du métabolisme 
des sucres. Dans la plupart des cas, l’ictère dis¬ 
paru, on peut revenir aux doses d’insuline et 
au régime antérieur, ce dernier ne comportant 
comme modification que les précautions habi¬ 
tuelles aux hépatiques. C'est ainsi que nos pre¬ 
mier et troisième malades, suivis longtemps 
après leur ictère et observés régulièrement de¬ 
puis lors à nos consultations, ont repris une 
vio normale avec un diabète sensiblement iden¬ 
tique à celui qu’ils avaient antérieurement à 
leur ictère. Cependant, il existe des exceptions 
à cette règle, et l’on signale 2 morts par coma 
dans l’épidémie de Lunde, 2 aggravations défi¬ 
nitives du diabète chez les malades de Steinitz, 
1 cas d’aggravation chez un malade de Dibold. 

L’étiologie de ces ictères n’est pas univoque 
et ne diffère pas de celle des autres ictères en 
général, le diabète jouant surtout un rôle favo¬ 
risant en rendant le malade plus sensible qu'un 
autre à toute atteinte hépatique, infectieuse ou 
toxique. Comme nous le signalions au début de 
cet article, il faut mettre tout à tait à part les 
observations de malades âgés, telles que celles 
qui font l’objet du mémoire de Bade et dans 
lesquelles l’existence d’angiocholite, de péricho- 
lécystitc, de cirrhose, confère à cette complica¬ 
tion un mécanisme complexe. Chez les malades 


plus jeunes, où l’ictère apparaît comme l’unique 
manifcstalion do l’atleinle hépalo-pancréatiquc, 
plusieurs éventualités peuvent s’observer. Dans 
les cas les plus rares, l’origine est nettement 
définie et l’ictèro n’apparaît que comme une 
infection spécifique intercurrente survenant 
occasionnellement sur un terrain diabétique • 
tu! est cas de spirochétose dont nous avons rap¬ 
porté l’observation. Son aspect clinique, son 
évolution particulière, les résultats des recher¬ 
ches de laboratoire ont permis aisément de rap¬ 
porter l’ictère à sa vraie cause ; notons ,'i ce sujet 
tiuc le séro-diagnostic spirochétien avait été re¬ 
cherché par Steinitz dans un de scs cas et 
s'était montré négatif : notre observation est le 
seul cas do spirochétose chez un diabétique 
que nous avons pu relever dans la littérature. 
Dans d’autres cas, l’origine infectieuse de 
l’idère apparaît comme très probable : celui-ci 
peut, comme c’est le cas des malades observés 
par Flaum, Malmrost cl Persson, apparaître sous 
l’aspect d’une véritable épidémie ; dans d’au- 
tics observations, ce sont les examens de labora¬ 
toire qui peuvent plaider en cette faveur : Icu- 
cocylosc sanguine, présence d’un streptocoque 
hémolytique dans les urines ou dans le liquide 
duodénal, mais sans pouvoir pathogène hépati¬ 
que spécial chez les malades de Steinitz, alors 
que les hémocultures, le séro-diagnostic TAB 
sont négatifs ou trop faiblement positifs. Il est 
cependant difficile d’affirmer avec certitude les 
rapports qui existent entre ces trouvailles et 
l’origine do l’ictère ; Steinitz pense même qu’il 
s’agit plus vTaisemblablement d’ictère d’origine 
colibacillaire et intestinale. 

Enfin, le plus souvent l’iclèro est apyrétique 
et les examens de laboratoire restent entière¬ 
ment négatifs ; on ne peut soupçonner une ori¬ 
gine alimentaire car l’ictère apparaît aussi bien 
chez des malades hospitalisés que chez des pa¬ 
tients soumis à un Iraitomcnl ambulatoire et 
d'origine sociale multiple. Il se manifeste, quelle 
que soit la variété de régime auquel les mala¬ 
des ont été soumis ; son aspect, sa phase pro¬ 
dromique avec troubles digestifs, son évolution 
bénigne et de courte durée plaident en faveur 
d’un ictère catarrhal banal. De fait, au moment 
où il apparaît, il n’est pas rare d’observer de 
nombreux ictères identiques chez des malades 
i.on diabétiques et dans un moment de l’année 
correspondant à la saison de prédilection de 
celte affection, automne et début de l’hiver. 

Quel que soit le cas envisagé, il y a cependant 
lieu d’admettre que ratlcinle hépatique causée 
par le diabète, si elle n’a pas joué le rôle pré¬ 
pondérant, a pourtant favorisé l’éclosion de 
l'ictère. Ces lésions hépatiques sont encore mal 
connues et, en dehors dos cas de dégénérescence 
graisseuse terminale comme ceux rapportés par 
Marcel Labbé, Boulin et Balmus et par Dalous, 
Fabre et Valdiguié, leur aspect, leur fréquence 
et leur intensité sont encore mal précisés. Clini¬ 
quement, il n’est pas rare de constater chez les 
diabétiques jeunes, en dehors de toute autre 
afféction intercurrente, une hépatomégalie 
importante déjà signalée autrefois par Umber et 
par von Noorden ; 'à propos d’un cas personnel 
de diabète infantile avec hépatomégalie et ictère 
Setson et Ohler rappellent les constatations ana¬ 
logues faites antérieurement par P. Whilo chez 
8 diabétiques juvéniles, par Hansen chez 
13 malades sur 54 diabétiques de moins de 
21 ans, par Root, par Edcr cl Gray. Chez 2 de 
nos malades, nous avons remarqué ce symp 
tême ; il peut être rapproché de l’hépatoméga¬ 
lie de certaines formes spéciales de diabète dé¬ 
crites par Mauriac, par Nobécourl cl l’un de 
nous, où le diabète s’accompagne d’un gros ven- 
I Ire, d’un gros foie et d’un retard de croissance. 





N“ 2 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


21 


Celle hépalomégalie joue probablemenl un 
rôle imporlanl dans la genèse de l’iclère, mais 
on n’esl pas d’accord sur la lésion à laquelle elle 
correspond. Pour cerlains auteurs, elle serait 
en liaison étroite avec une inhibition de la 
glycogénolysc et serait réalisée par une infilIra- 
lion glycogénique du foie, ce qui l’apparenterait 
aux gros foies do la maladie glycogénique 
(l'observation de Helmroich et Wagner rapportée 
par Setson et Obier dans leur élude sur les 
hépatomégalics diabétiques correspond vraisem¬ 
blablement malgré son litre de diabète à celle 
afiection). 

On peut alors envisager l’ictère comme résul¬ 
tant d’une compression exercée par le tissu 
infiltré et étant du type dus ictères par réten¬ 
tion mécanique ; les rccliorches anatomo-patho¬ 
logiques de Brian, Schccliter et Pearson ont con¬ 
firmé l’existence de cette infiltration. L’obser¬ 
vation de Setson et Ohler apporterait une preuve 
de cette conception : constatation de l’infiltra¬ 
tion glycogénique sans lésion de cirrhose, sans 
lésion celiulaire sur une biopsie prélevée quel¬ 
ques jours après le début d’un ictère apparu 
chez un enfant diabétique porteur depuis plu¬ 
sieurs mois d’une hépatomégalie. 

D’autres auteurs cependant attribuent l’hépa¬ 
tomégalie è un autre type de surcharge : il y 
aurait diminution du glycogène et infiltration 
graisseuse. Cette dernière signalée déjè autre¬ 


REVUE GÉNÉRALE 


LE TRAITEMENT 

DE 

LA MALADIE D'ADDISON 


Il n’est guère do maladies qui aient vu au 
cours des dernières années se modifier au même 
degré que la maladie d'Addison leur traitement, 
leur évolution et leur pronostic. Si, en effet, 
nous nous reportons à 1930 seulcincnl, nous 
nous souviendrons qu’à cette date la maladie 
d’Addison était considérée comme inexorable, 
rapidement mortelle, sauf dans quelques rares 
cas ; et le traitement, purement symi)lomalique, 
se résumait surtout dans l’administration 
d'adrénaiincj traitement d’efficacité à peu près 
nulle. 

C’est en 1927 que commence l’ère nouvelle do 
la thérapeutique de la maladie d’Addison. A 
cette date, en effet, deux biologistes américains, 
Stewart et llogoff (1), réussirent à préparer, en 
partant du cortex surrénal, un extrait aqueux 
capable de prolonger la vie des animaux surré- 
nalectomisés ; de cette découverte ils conclu¬ 
rent que le cortex surrénal était la partie vitale 
de la glande, que ce cortex sécrétait une hor¬ 
mone dont l’absence conditionnait l’apparition 
de la maladie d’Addison. 

Cette découverte orienta à nouveau vers les 
surrénales l’attention des biologistes, qui s’en 
était détournée depuis de nombreuses années. 
Dès l’année suivante, deux autres groupes de 
physiologistes américains, Harlmari (2) et ses 
élèves d’une part, Swinglc et Pfiffner (3) d’autre 
part, travaillant indépendamment, confirmè¬ 
rent les recherches de Stewart et Rogoff et réus¬ 
siront a obtenir des extraits corticaux plus 
actifs. Ces extraits furent essayés chez des addi- 
soniens, et donnèrent des résultats merveilleux, 
parfois -quasi miraculeux, qui suscitèrent des 
espoirs considérables. Cependant les essais ulté¬ 
rieurs s’avérèrent inoins brillants, et l’on vit 


fois par Heubner, Frolich a été étudiée à nou¬ 
veau par Herhcrg, Poynlon, Johansen et surtout 
pur Adelsberg et Porges pour qui elle serait très 
fréquente chez tes enfants morts de diabète 
(avant l'ère insulinique surtout). Bade pense que 
ces lésions, de même que la mauvaise utilisa¬ 
tion des glucides cl la diminution du glycogène 
hépatique qu’elles entraînent, favorisent l’action 
des agents toxi-infeclieux d’origine intestinale 
sur le foie et la création d’une hépatite ictéri- 
gène. Or, il est fréquent do noter l’existence de 
troubles gastro-intestinaux chez les adultes, lan¬ 
gue saburrale, fétidité de l’haleine, selles pu¬ 
trides ou diarrhéiques, et notamment dans les 
jours qui précèdent l’apparition de rictère. 
D’autre part, les auteurs germaniques insistent 
sur les erreurs de régime commises par ces ma¬ 
lades atteints d’ictère, soit que le régime pres¬ 
crit n’ait pas été suivi, et ail abouti à une 
restriction dos glucides par sous-alimentation, 
soit qu’il ait été trop sévère, ou au contraire trop 
riche en lipides, ce qui serait le cas de plusieurs 
des malades do l’épidémie de Lundo. 

L’ictère des diabétiques, cl notamment des 
diabétiques jeunes, ne ressortit donc nullement 
à une étiologie univoque ; malgré l’existence 
fl’atteinte hépatique, anatomique ou fonction¬ 
nelle antérieure, sa fréquence reste minime et 
son pronostic aussi variable et difficile à poser 


liientôl que ces extraits corticaux n’élaient pas 
capables le plus souvent de prolonger beaucoup 
la vie des addisoniens. 

Bn 1931, Achard cl Rivoirc (4), puis Loeb (6) 
en Amérifiuo découvrirent l’action favorable du 
chlorure de sodium, en ingestion cl en injection 
chez les addisoniens. Celle découverte fut grosse 
de con.séqiionces car elle aboutit bientôt à l’éclair- 
cissemcnl de la physiologie surrénale ; Loch (5), 
Zwemer et Sullivan (6), Harrop (7), montrèrent 
en effet rapidement qu’il existait, chez les addi¬ 
soniens et chez les animaux décapsulés, une 
fliminutioii de la teneur du plasma en chlorure 
de sodium, liée à une élimination excessive do 
ce sel i)ar l’urine. Quelques années plus lard, 
VVilfler, Kendall et leurs élèves (8) montrèrent 
fpie celle modification du métabolisme du chlo¬ 
rure de soflium était en réalité secondaire à une 
rétention du potassium par les reins, cl qu’en 
dernière analyse il semblait que l’hormone 
corlico-surrénale avait comme rôle essentiel de 
favoriser l’élimination urinaire du potassium. 
Cette découverte amena un nouveau progrès 
thérapeutique, l’adoption d’un régime pauvre 
e.i potassium chez les addisoniens. 

Knfin, Rivoirc (4), en 1931, avait montré le 
rôle favorable des injections de cystéine dans 
1-1 maladie d’Addison, sans qu’il fût possible 
d’interpréter physiologiquement do façon cer¬ 
taine celte action. L’efficacité de ce traitement a 
flcpuis lors été confirmée par maints auteurs. 

Pendant celle période, les chimistes perfcc- 
lionnaient la préparation des extraits corticaux ; 
bientôt apparurent des produits d’efficacité 
plus grande cl plus constante ; puis, la purifi¬ 
cation poussée des extraits permit d’isoler plu¬ 
sieurs substances cristallisées, qui furent étu¬ 
diées par Kendall (9), par Reichstein (10) et leurs 
élèves. Certaines do ces substances ont vu leur 
formule- de constitution éclaircie, cl, dernier 
stade dans la voie du progrès, l’une même a été 
préparée par synthèse. A l’heure actuelle, grfice 
à toutes cos nouvelles thérapeutiques dont les 
indications, la posologie et l’efficacité sont 
aujourd’hui à peu près établies, le pronostic 
fie celte redoutable maladie s’est transformé : 
il n’est pas rare de voir des addisoniens sur¬ 
vivant depuis quatre ou cinq ans, et menant 


que chez l’individu normal. Son retentissement 
vis-à-vis du diabète se traduit dans la règle par 
une aggravation momentanée et temporaire de 
celui-ci. On conçoit donc rinlérêl prophylacti¬ 
que de veiller rigoureusement à la diététique 
de tels sujets et d’éviter la prescription de ré¬ 
gime trop chargé en lipides ou trop restreint en 
glucides. 

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une existence pratiquement normale. Si malgré 
tout cerlains d’entre eux meurent encore, il est 
légitime de penser fiue d’ici très peu de temps 
le traitement de celle affection sera aussi bien 
réglé cl aussi efficace que celui du diidiète. 

L’IlORMOKE coR-nco-sunnÉNALE. 

L’hormone corlico-surrénale n’csl pas pour 
l'instant un méflicament très employé dans la 
nialaflie d’Addison : il y a à cela une raison 
majeure, le prix prohibitif des différentes pré¬ 
parations commerciales de l’iiormonc. Il existe 
cependant des extraits corticaux très actifs, en 
particulier, la corlinc Oigaiion, dont j’ai cons¬ 
taté moi-même maintes fois reflicacilé remar- 
fiuable et constante. Mais, du fait de son prix 
élevé, cet extrait ne peut être utilisé comme Irai- 
Icmcnl periiianent, quolitlien, que par quel- 
f[ues très rares [irivilégiés. .lusqu’à l’apparition 
fl hormone corlico-surréiiiile synthétique, les 
préparations actuelles sont pratiquement limi¬ 
tées au Irailemenl des poussées aiguës d’insuffi¬ 
sance surrénale qui s’observent de temps en 
temps chez les aflflisoniens, à l’occasion d’une 
infection, d’une intoxication, d’une interven¬ 
tion chirurgicale, et qui menacent de façon 
immédiate la vie du malade. 

1° Conslilulion chimique. — Comme nous 
l’avons dit plus haut, l’hormone corlico-surré¬ 
nale n’csl probablement pas unique mais au 
contraire représentée par flil’férenls produits de 
formule chimique voisine, mais d’action physio¬ 
logique assez différente. Il nous est difficile 
d’exposer ici les différentes formules obtenues 
par Kendall et jiar Reichstein, mais nous don¬ 
nons ci-dessous la conslilulion du plus impor¬ 
lanl dos corps hormonaux, appelé corlicosléron 
par Reichstein cl composé B par Kendall : sa 
formule brute est G 21 II 30 04. 



Corlicosléron. 





22 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


2 


Ucichslcin, en partanl de la choloslérino, a 
réussi récemnienl la synllièsc du désoxycorlicos- 
téroii, composé qui ne diirère du corlicosléron 
que par l'absence d'un grüui)e UIl, et qui a sur 

dernière subslaneo. La réalisation do celle svn- 
Ihèso marque probablemenl un pas décisif dans 
la conquête de l’iiormone corlico-surréiialc, la 
dernière hormone dont la synthèse, réalisable, 
n’est pas encore effectuée. 

2° Indicalions tliérapculiqucs. — L'adminis¬ 
tration (luotidienne d'hormone cortico-surré- 
nale est certainement la meilleure thérapeuti¬ 
que do la maladie (i'Addison. èio\is avons suivi 
personnellement trois cas d’Addison très graves, 
traités par la cortino quotidiemienienl, et cette 
tliérapeutiquc a donné des résnitats rernar(|ua- 
bles chez tous trois. 

affreusement dispendieux, et la nécessité d’in¬ 
jections si fré([uentes n’est que rarenieid 
impérieuse. La pliq)art des addisoniens sont 
d’ordinaire maintenus en équilibre è peu près 
stable par les autres lliéra|)euli(iues, notam¬ 
ment le chlorure de sodium, le régime sans po¬ 
tassium et la crystéinc. Ce n’est que lorsque sur¬ 
vient une « crise », ainsi que les Américains 
appellent les poussées subites d’aggravation qui 
s’observent parfois chez les addisoniens, que 
l’hormone eortico-surrénale est tiuelquefois obli- 

3° Posologie. — La dose d’hormone nécessaire 
aux addisoniens est très variable suivant la gra¬ 
vite do la maladie et suivant qu’il s’agit d’un 
traitement continu eu d’un traitement d’ur- 

Kn cas do traitement continu, une dose (luo¬ 
tidienne do 2 à 5 cm^ est pres(iue toujours suf¬ 
fisante, quelle ([ue soit i’intensilé de la maladie. 
Parfois cependant les doses doivent être beau¬ 
coup plus considérables : j’id connu une addi- 
sonicnne qui no pouvait êlre maintenue en 
équilibre riue par une dose (luolidiemio de 
20 cm-’’ du col line. 

Lu cas (ie traitement d’urgence il peut êlre 
nécessaire d’inji.-cler des doses beiuicoiq) plus 
considérables : il faut parfois 80 à 100 cm’’ de 
cerline pour tirer un malade du coma. 

Le mode d’adminislralion de riiormone varie 
égaleinenl suivant ies cas. Lu général, une 
injection inira-musculaire suflil. Dans les cas 
graves, il vaut mieux enqdoyer la voie intra-vei¬ 
neuse ; et en ras do coma, la meilleure solulion 
est l’injection inlra-vehieuse lente et continue 
de sérum physiologicpie salé cl sucré auquel on 
mélange des doses inqjorlanles d’hormone cor¬ 
ticale. 

4° Difjiciillcs du Irailenicnt. — Dulre la ([ues- 
tion du prix de revient du trailement, ()ui 
représente l’obstacle majeur à la vulgarisation 
(le 'celte thérapeutique, il exisU- une autre dif- 
licullé 'lui limite l’emidoi inlensif de l’hor¬ 
mone corlico-surrénale ; c’est l’éiniisement pro¬ 
gressif de l’action favorable des extraits, dette 
it cortico-résislance » s’observait surtout dans 
les premières années du Irailemenl hormonal 
de la maladie d’Addison, et il est probable qu’il 
s’agissait plutôt d’un mnniue de conslance dans 
l’aclivilc des préparations employées. .\ l’iieure 
acluellc, cet épuisement de l’aclion de l’hor¬ 
mone est devenu beaucoup plus rare, depuis 
que de grands progrès ont élé réalisés dans la 
technique d’extraction de rhormone : au cours 
d’une récente discussion à la Central Society 
foi Clinical Itesearch. Sncll et Kepler (11), Harl- 
man (12), Kendall (13) n’ont rapporté aucun 
ras de cortico-résislance avec les extraits mo¬ 
dernes. En somme nous assistons au même phé¬ 
nomène que celui observé dans l’histoire du 


diabète, au début de l’èrc insulinionne, et dans 
celle de l’anémie pernicieuse, au début du trai¬ 
tement par les extraits hépatiques ; au fur et 
à mesure que se perfectionne la technique de 
p'éparation des extraits, les cas de cortico-résis¬ 
lance diminuent, comme a diminué la fréquence 
do l’insulino-résistancc et de l'hépalo-résistance. 
Cela ne veut pas dire d'ailleurs qu’il n’exislc 
pas de maladie d’Addison réfractaire au traite¬ 
ment hormonal, mais ces cas sont beaucoup 
moins fréquents qu’on ne le pensait il y a 
quelques années. 

ü” RésulUds Ihérapeuliqucs. — C’esl surtout 
lorsqu’on traite un addisouien dans le coma 
(lue i’aetion de l’hormone corticale est saisis¬ 
sante : en quebiucs heures on voit ce malade 
moribond ressusciter littéralement et il est peu 
de spectacles plus émouvants. 11 semble même 
(pic l’aclion de l’hormone corticale soit plus 
r.-qhde, plus dramatique, que celle de l’insuline 
dans un coma diabétique. 

En ce (pii concerne les cas où l’hormone cor¬ 
ticale est administrée de façon continue, on 
n’observe ]ias une action favorable aussi brutale, 
mais une progression continue et lente, une 
atténuation des symptômes de la maladie, en 
particulier des troubles digestifs, de l’asthénie, 
de l’hypotension artérielle. La pigmentation est 
le symptôme le |)lu.s résistant ; il subsiste tou¬ 
jours, même après plusieurs mois de Irailoinont, 
une teinte jaune terreuse des téguments, cl les 
taches pigmentaires des muqueuses sont peu 


. L’insuffisance surrénale a pour substratum 
physiologi(iue des troubles du métabolisme 
des électrolytes, en particulier du sodium 
et du potassium. Ces altérations mélaboli(iucs 
avaient été signalées dès 192ü par Baumann et 
Kurland (14) qui avaient trouvé, chez le lapin 
décapsulé, une diminution du chlore plasma¬ 
tique et une augmenlalion du potassium. .Mais 
Loeb (ô) a étudié de façon beaucoup plus com¬ 
plète ces modifications ])lasmali(iues, en parti¬ 
culier celles du sodium et du chlore : il a 
constaté l’existence conslante chez l’animal dé¬ 
capsulé et chez les addisoniens d’une diminu¬ 
tion nolahlc du sodium sanguin, qui est en 
moyenne de 18 pour 100, la diminution paral¬ 
lèle du chlore étant cependant d’ordinaire 
moins nette. Par l’étude des bilans, il réussit 
à démontrer (pie celle baisse du chlorure de 
sodium plasmatique était la consé(|ucncc d’un 
bilan négatif, c’est à-dire d’une élimination uri¬ 
naire de chlorure de sodium supérieure à l’in- 

Les recherches ultérieures de IVilder et Kcn- 
dali çS) ont démontré de l’açoii concluante que 
ces troubles du métabolisme du sodium étaient 
secondaires à une altération du mélahclisme du 
potassium. 11 existe, en effet, chez l’animal 
décapsulé, une tendance à la rétention du potas¬ 
sium, manifestée de façon fréquente par une 
élévation du taux du potassium plasmatique, et 
di’ façon constante iiar un bilan potassique posi¬ 
tif, c’est-à-dire une élimination urinaire inté¬ 
rieure à l’ingestion. La réalité de cette réleidion 
(le potassium a élé confirmée par les dosages du 
potassium tissulaire prati(iués par Zwemer et 
Sullivan tü'i, qui ont trouvé chez les animaux 
décapsulés une augmentation du potassium 
intra-cellulaire. 

Les éludes de divers physiologistes ont mon¬ 
tré, d’autre part, que toute rétention de potas¬ 
sium déterminait une exagération considérable 
d° rcxcrélion du sodium. Il semble donc bien 
démontré que la chaîne pathologique qui ahou- 
lil aux accidents d’insuffisance surrénale soit la 
suivanto : 


1'^ Diininulivii de l’cxcrélion urinaire du po¬ 
tassium (sans doute par action directe sur le 
rein) et rétention tissulaire de ce potassium. 

2" Augnienlaliou de l’ererêlion urinaire du 
chlorure de sodium, consécutive à la rétention 
d». potassium et diminution du sodium lissu- 

3” PeHurbalion de l'équilibre hydrique de 

I organisme : en effet, ce bouleversement de la 
teneur en électrolytes des tissus et du plasma 
détermine une redistribution de l’eau inlra- et 
extra-cellulaire, sans doute par modification des 
pressions osmotiques et de la perméabilité des 
membranes cellulaires. On constate, en effet, 
chez les addisoniens ou chez les animaux décap¬ 
sulés, une diminution considérable de la masse 
sanguim.’, souvent do l’ordre do 50 pour 100, 
avec comme contre-partie une augmentation des 
lifiuides intra-cellulaires. C’est à cotte perturba¬ 
tion de l’équilibre liquidien qu’il faut attribuer 

II plupart des symptômes de l’insuffisance sur¬ 
rénale, si voisins do ceux du shock trauma¬ 
tique. 

Etant donné l’importance do ces troubles du 
métabolisme des électrolytes et de l’eau dans la 
pathogénie de l’insuffisance surrénale, il est 
essentiel de leiiler chez les addisoniens de les 
corriger. Sans doute l’injection d’une dose suf¬ 
fisante d’hormone cortico-surrénalo peut réali¬ 
ser cette correction en suiiprimant leur cause 
efficiente, c’est-à-dire en rétablissant la diurèse 
potassique. .Mais il existe d’autres moyens do 
corriger ou tout au moins d’atténuer ces ano¬ 
malies métaboliques ; en peut, en effet, soit 
diminuer l’absorption du potassium pour en 
éviter la rélenlion, soit augmenter l’absorp¬ 
tion du sodium jiour conqienser son élimina¬ 
tion urinaire excessive, hm fait, la combinaison 
(le ces deux méthodes aboutit presque toujours 
à une correction à ])eu près totale des pertur¬ 
bations mélabülhiues, puisque dos animaux 
décapsulés ont jm êlre maintenus vivants plus 
(h.' cent jours avec cette méthode, sans injection 
d’hormone corlico-surrénale. 

\ oyons en prathiue comment on peut réali¬ 
ser chez les addisoniens celte restriction du 
potassium et celte augmentation do l’absorp¬ 
tion du sodium. 

1“ Régimi; Hvpcn-s.u.û. — La façon la plus 
simple d’administrer le sodium aux addiso¬ 
niens, c est de le leur faire absorlicr par voie 
digestive. Il est préférable d’utiliser plutôt que 
le chlorure de sodium pur, comme nous l’avions 
préconisé aulrelois, un mélange de chlorure de 
sodium, de bicarlionale de soude et do citrate 
de soude. La dose journalière est, en général, de 
10 g. d un mélange contenant approximative¬ 
ment 50 ))our 100 de chlorure, 25 pour 100 de 
bicarbonate cl 25 pour 100 de citrate. L’adjonc¬ 
tion de bicarbonate et do citrate au chlorure de 
sodium a pour but de lutter contre l’acidose, 
qui est constante chez les addisoniens. 

Chez certains malades graves, l’ingestion 
de chlorure de sodium n’est pas suffisante : il 
faut alors y adjoindre les injections de sérum 
salé. Les Américains utilisent le sérum physio¬ 
logique isolonhiuc à hautes doses, mais pour 
notre part nous sommes restés fidèles au sérum 
hypertonhiue à 10 pour 100, injecté par voie 
inlra-vehieuse, (pii a l’avantage d’augmenter la 
tension osmotique du plasma, augmentant 
ainsi rajiidement la masse sanguine et dimi¬ 
nuant le gonflement liquide des cellules. Une 
dose de 20 cm’' tous les jours ou tous les deux 
jours, toujours parfaitement tolérée, détermine 
une très grosse amélioration des addisoniens, 
même en état de crise. 

Ce Irailemenl hypersalé est parfois suffisant 





N" 2 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


23 


pour inainlcnir en bon étal de santé apparente 
Ii's acldisoiiiciis de gravilé tnoyciiiic. Mais il est 
capital ([ue eu Irailuiiiuid soit poursuivi du façon 
puriuaiiunlu : cliuz lus iiialadus un étiuilibru, il 
suffit parfois du sui)pritnur lu sul pundant qua- 
ranlu-liuit huurus pour voir survunir unu crise, et 
uuUu su|)prussion du sul a môniu été consuillde 
cominu lest du diagnostic : mais il vaut mieux 
s abstenir du cuite pratique, qui n’est pas sans 


2“ Le nÉGiME sans potassium. — La diminu¬ 
tion du l'iiigustion du potassium chez les addi- 
soniuns apparaît du [ilus un [dus comme une 
néressitd vitale, surtout dans lus formes graves. 
Mnlhuurcusument ce régime est très difficile à 
appliquer avec rigueur, car lu potassium existe 
en quantité importante dans beaucoup d’ali¬ 
ments usuels. Les aliments les plus riches en 
potassium, dont il faut déconseiller le plus pos¬ 
sible l’usage, sont les suivants : la viande, la 
volaille, le poisson, lus [lomines de terre, les 
pois, les haricots, la butlurave, le chou, le céleri, 
les marrons, les épinards, la courge, les fruits 

çnit dans ces conditions qu'un régime strict 
soit très difficile ,à réaliser. Notons cependant 
qu’il est possible du déb.arrasser lus légumes fie 
la plus .urandu partie de leur potassium en les 
faisant bouillir trois fois dans trois eaux dif- 
féiuntes. Il n’est pas indispensable d’ailleurs de 
supprimer lolalument lu potassium de l’alimen¬ 
tation, la dose .journalière de 1 g. ;50 à 2 g. sem¬ 
ble d’ordinaire tolérée. 

La cystéine. 

Il existe chez les addisoniens et chez les ani¬ 
maux décapsulés une perturbation do l’équili¬ 
bre glulatbionémique tlu sang : ainsi que l’a 
montré Minet (lô), et comme nous l’avons véri¬ 
fié nous-me''me, la proportion do glutathion 
oxydé est plus forte que normalement, alors 
que lu glutathion réduit est diminué ; en 
somme, le quotient gliitathionémiquo est aug¬ 
menté, c’est-ii-dire le phénomène inverse de 
celui que l’on constate dans l’hyperthyroïdie. 
Ktant donné l’importance du glutathion dans 
les processus d’oxydo-rédiiction intra-muscu- 
l.-'ircs, il est très prohable que ces modifications 
du la luncur du sang en glutathion (et de colle 
des autres tissus) jouent un rôle dans la patho- 
génie de certains accidents d’insuffisance surré¬ 
nale, on particulier de l’asthénie. C’est on par¬ 
tant de ces données théoriques que nous avions 


préconisé, en 1931, les injections de cystéine, 
acide aminé soufré d’un rôle physiologifluu ana¬ 
logue il celui du glutathion. 

Du fait, l’expériuiicu a montré que la cystéine 
était un Iraitumunt très efficace du la maladiu 
d’Addison. Notre e.xpériuncu jiursonnullu, qui 
porte sur plus du 40 cas, ut celle du nombreux 
auteurs [Luobardy et Labusse (16), Charvat, 
Mauer, 'l’haddua (17), etc...], est maintunant suf- 
lisammunt anciunnu pour que l’on iiuissu por¬ 
ter un jugumunl d’onsumble sur la valeur de 
celte thérapuutifiuu. Dans certains cas la cys- 
téiiiu a réullumunt unu action extraordinaire et 
très rapide, en particulier sur lu jioids ut sur 
l’asthénie ; dans d’autres cas l’aclion est moins 
nette, l’amélioration plus lunlu 5 survenir, mais 
il est rare de ne constater aucun bénéfice ajirès 
un Iraitemenl suffisamment prolongé, .le soigne 
depuis quatre ans un addisonieii grave (|ui n’a 
jamais eu d’autre traitement efficace que la 
cystéine, la cessation de ce traitement amenant 
en (lui'lqucs jours une récidive, malgré la conti¬ 
nuation de fortes doses de chlorure de sodium. 
Celle opinion est entièrement confirmée jiar 
celle de 'l’harldea (18) qui [larle dans un article 
récent « des résultats littéralement étonnants 
obtenus avec l’administration jiarenlérale de 
cystéine » (20). 

L’administration de cystéine est simple cl peu 
conteuse : on |)eul utiliser la voie intra-muscu- 
laire, ou mieux la voie intra-veineuse. Kn prati¬ 
que, il est commode de combiner le Iraitemenl 
par la cystéine cl celui par le sérum salé hyper¬ 
tonique, en mélangeant les deux ampoules dans 
la môme seringue et en injectant le tout par 
voie inlra-veiiieuse. La dose habiturlle est de 
0 g, 20 rie cystéine tous les jours ou tous les 

C’est probablement par un mécanisme ana¬ 
logue qu’agit le Iraitemenl par la rilaminc C : 
on sait, en effet, que l’acide ascorbique est uii 
catalyseur d’oxydo-réduclion, comme la cystéine 
c! le glutathion. Nous n’avons pas cependant 
l’impression que ce traitement par la vitamine C 
ait une efficacité comparable à celui par la cys¬ 
téine. 

Conclusion. 

Comme on le voit, le médecin n’est plus dé¬ 
sarmé fl l’heure actuelle contre la maladie 
d’Addison. A condition do bien connaître les 
indications et la réalisation pratique des diver¬ 
ses thérapeutifiucs que nous venons fl’énumé- 
rer, il est exceptionnel d’ohserver une maladie 
d’.Addison à évolution rapidemonl fatale. Notre 


statistique personnelle, qui s’étend sur plus de 
cinq ans, ne comporte que trois cas mortels,- 
dont un par tuberculose généralisée, sur 42 ma-^' 
latles traités. Au contraire, 3 malades peuvent 
être considérés comme complètement guéris, 
car ils ii’onl actuellement aucun traiteiuont. 
Quant aux autres, ils mènent, pour la plupart, 
une vie presque normale, à condition d’èlre 
constamment traités par le régime hypersalc et 
par la cystéine. Il est donc indiscutable que le 
pronostic fie colle redoutable maladie s’esi con- 
siflérablomenl amélioré au cours des dernières 
années. 

R. Rivoire. 


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(0) 

(10) 

(II) 

(l’3) 

(13) 

(14) 

(15) 
(10) 
(H) 


STKWAnr et Bor.oFF : Innnence of ndrennl pxlrnel 
ou siirvival of îulrennlerlnini/rrl dops. /Imericin 
jnnrnnj nj pbysinJnfjy\ 1928. n" SI, GfiO. 

IlAnTMAîN el rollnbondf’iirs : The hormone of Ihe 
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1928, 80. 303. 

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of the eortioîd hormone. .4m('nVn/i jcmntal of 
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cal A.ssoc.iolinn, 1935, n" 105, ViSG. 

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consf iliienis of Ihc hloofl in adrennieclomised 


cals and ralibils Jnninal of hioloqical ciiernix- 

iry, 1927, n“ 71. 281. 

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C. n. de in Sneiélé de. /îio/nph*, 28 Mai 1938. 
Leoiuhdy cl bAniîssK : bc Irdlemenl de la malailie 


(rAtldison par l-i cysléiiu La Presse Medicale, 
193/.. 


Thaihiea ; Die Nebennieirnrindf. fTIiicme), Leipzig, 
1930. 


(18) Tiiaiidea : Trnilemont de rinsiifli.-nncc surrénale. 
L'Europe Médicale, Mars 1938, A. 


CONGRÈS FRANÇAIS DE STOMATOLOGIE 

(Paris, 24-29 Octobre 1938.) 


Pbemieb Rapeobt. 

Adén-tes géniennes. 

Professeur X.-J. Dubecq (Rordcaux). 

Après un rappel Iii.=lorique de la question, l’au¬ 
teur reprend la description anatomique des gan¬ 
glion.® géniens el sc range aux coneliisions de Rou- 
viî>re cl Sassier. pour les individiiali.ser sous le nom 
dt ganglions faeiaux. en quatre groupes : maxil¬ 
laire inférieur, buccinaleur, naso-génien ou sous- 

Dii point de vue anatomique il coneliil que les 
ganglions géniens sont rares : maxillaires infé¬ 
rieurs 12 pour 100 : buecinaleurs 7 îi 8 pour 100 • 
na.so-génicns, 4 pour 100 ; malaires, 1 pour 100. 
De plus si les ganglions buccinateurs siègent habi- 


tiicliemenl sur la faoe exierne du hureinnleiir cl 
de son aponévrose, ils ont élc rencontrés, bien que 
très rarement, dan's l’espaee celluleux qui sépare la 
muqueuse de la joue de la nappe miisriilaire du 
hucrinaleiir. I.orsqii'ils existent, les ganglions gé¬ 
niens sont des relais lanillalifs placés sur le Irajel 

des parois de la cavité buccale, et de la région gin- 

Arléniles non spéeifiques, — L’élude critique dos 
observations d’adéniles faciales d’origine alvcolo- 
denlaire monlre que dans beaucoup de cas le dia¬ 
gnostic n’est pas établi avec une cerliliide clinique 
salisfaisanle. L’observalion des signes de déluil, cl 
en particulier la constatation de l'indépendance de 
la liiméfaclion vis-à-vis des plans profonds el du 
plan ciilanc doit ôlre regardée comme un clément 
de certitude clinique. 


Sur 120 observations que l’auteur rapporte, 36 
ne relèvent pas d'une raii.s<‘ bueco-dcnlairc. el par¬ 
mi les autres, 44 ne présentent pas les signes de 
cerliliide de diagnostic. 

Il semble que les lé.sinns des dents anlérieiiros 
ne soii'ul jamais à l’origine des adénilcs faciales. 

Le diagnostic différentiel entre l’adénllc faciale 
el une cellulile circonscrite cfl loujoiir.s difficile, 
L’cxislenee de « la queue d'adénite » (I.elH'dinsky) 
ne saurait être palbognomoniqiie. puisqu’il peut 
s’agir aussi bien d'un Iracliis de cellulile. 

.Aili’iiile.s spi'eifiqiies. — 36 observations dont les 
adéniles bacillaires représentent 58 pour 100, les 
néoplasmes 19 pour 100. 

Les adénites bncillaires existent rarement à l’état 
isolé, puisque, dans 80 pour 100 des cas,’ on 
observe des adénnpalliics cervicnles. 

32 pour 100 des adénites faciales bacillaires hé 











24 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


N“ 2 


relèvent pas de causes bucco-dentaires apparentes, 
<J0 pour 100 coexistent avec des altérations bucco- 
dentaires. 

Dans 40 pour 100 des cas un traitement dentaire 
strict amène la guérison. 

Le traitement de l’adénite elle-même reste le 
traitement classique : éviter l’ouverture spontanée ; 
ponction évacualrice et injection de liquide modi- 
Heateur; curettage ou excision; traitement général. 

Moure, Baude et Ch. Rouault préconisent l’in¬ 
jection dans la masse ganglionnaire do « lympho- 
sclérol », solution éthéréc de chlorophylle formolée. 

Deuxième Rappoiit. 

Les dystrophies dentaires de la syphilis 
héréditaire. 

M. Lehonrg (Paris). 

Les principes posés par A. Fournier demeurent : 

1“ Toutes les dystrophies dentaires doivent faire 
rechercher la syphilis héréditaire. 

2“ La plupart peuvent servir à asseoir l’hypo¬ 
thèse d’une hérédo-syphilis soulevée par d’autres 

3° Certaines sont à elles seules assez caractéris¬ 
tiques pour évoquer d’emblée l’idée d’une hérédo- 
.syphllis, qui devra toujours être confirmée par les 
examens usuels. 

4“ Aucune n’est pathognomonique, ne peut à 
elle seule affirmer la syphilis héréditaire. 

Selon que la cause dyslrophiante agit à l’époq_ue 
embryonnaire, au moment de la naissance, dans 
l’enfance ou dans l’adolescence, les altérations qui 
en résultent sont très différentes, puisqu’elles por¬ 
tent sur la lame dentaire, sur le follicule, ou sur 
la dent elle-même. 

11 peut s’agir do Ironblcs (lystrop)tiqucs : de la 
dentition (éruptions précoce, tardive, vicieuse), de 
la lame dentaire (polygénèse folliculaire, dents sur¬ 
numéraires, agénésie folliculaire), des follicules 
dentaires (dystrophies dentaires actives ; polycaries). 

Les stigmates (dystrophies fixées) peuvent être 
divisés en : 

W Malformations hyperplasiques généralisées 
mégalodontisnie ou gigantisme, gémination. 

2“ Malformations hypoplasiques généralisées mi¬ 
crodontisme ou nanisme; 

3® Malformations dysplasiques : 

a) Généralisées; dents en tournevis, en touche 
de piano, dents polytulvcreulcuses, amorphisme 
dentaire ; 

h) Localisés's : érosions cupulifornies. linéaires, en 
bandes, en nappes ; 

c) Mixtes. 

4° Malformations complexes : syndrome dentaire 
d'Hufehinson. 

Deux théories pathogéniques ; humorale (les 
perturbations humorales modifient la calcification 
du collagène folliculaire sans intervention des 
cellules spécialisées) et cellulaire (ce sont les cel¬ 
lules sécrétoires de la dent qui sont altérées). 

Les symptômes dentaires valent ce que valent 
tous les signes dystrophiques de l’hérédo-syphilis 
et lenrs significations ne. peuvent être appréciées 
que dans le cadre de la clinique médicale. Tous 
ont une réelle valeur diagnostique, aucun n’est 
pathognomonique, mais appelle une étude com¬ 
plète anamnestique, clinique et sérologique du 
patient et de sa famille. 

11 importe d’analy.ser l’époque d’apparition, la 
nature et le groupement des dystrophies. 

1° Plus près de la naissance se situe une dys¬ 
trophie, plus elle a de chances d’appartenir à une 
syphilis active. Plus elle en est éloignée, plus elle 
a de chances d’appartenir à une syphilis dystro¬ 
phique avirulente. 

2® Les stigmates complexes : l’amorphisme, le 
syndrome dentaire d’Hutchinson, appartiennent 
presque exclusivement à l’hérédosyphilis. 

3® Plus les altérations dentaires sont diverses et 
nombreuses, plus probable est la syphilis hérédi¬ 
taire. 

Le traitement des dystrophies dentaires doit s’ef¬ 
forcer évidemment d’être avant tout prophylac- 
ttque- 


Les thérapeutiques biologiques en stomato¬ 
logie (pyorrhée exceptée). — M. Hénault. Après 
un rappel des notions biologiques indispensables et 
des particularités de chacune des médications envi¬ 
sagées, l’auteur discute des cas cliniques rencon¬ 
trés en stomatologie, et de l’intérêt des méthodes 
étudiées. 

« Si la plupart des infections slomatologiqucs 
sont chirurgicales, la topographie du foyer initiai, 
la facilité ou la difficulté de son accès, de son 
ilrainage, entraîneront en contre-partie un renfor¬ 
cement ou une diminution des thérapeutiques gé¬ 
nérales adjuvantes. » 

Les malades à traiter peuvent être schématique¬ 
ment divisés en 4 catégories : 

a) Sufets gravement infectés, diffusion extrême, 
toxémie (angine de Ludwig, phlegmons gangre- 

II faut apporter des anticorps à l’organisme dé¬ 
faillant : sérothérapie. En cas d’infection à anaé¬ 
robie, toujours joindre des sérums polyvalents no- 
iiinimcnl aiitistrepto. de l inreut. La transfusion 
ou mieux Vimmuno-transfusion trouvent leur indi- 
c.ation majeure dans les septicémies à streptocoque. 

b) L’organisme sérieusement touché réagit cepen¬ 
dant (type ostéophlegmon mandibulaire diffusé). 

11 y a avantage à pratiquer sur ces malades une 
injection de sérum, avant d’instituer une théra¬ 
peutique par le choc (propidon, lait, éicctrargol). 

c) Il existe un foyer infectieux buecal limité, le 
malade se défend bien. Acte chirurgical et instilla- 

fjhage. Secondairement vaccinothérapie spécifique 
fauto-vaccin). 

d) Infections chroniques. .Auto-vaccin. Les doses 
injectées seront des doses fortes, les injections 
espacées. Bactériophages. 

'L’auteur rappelle que la préparation pré-opéra¬ 
toire ne doit pas être négligée. La vaccination pré¬ 
ventive garde tous ses droits. 

COMMUMC.VTIONS. 

Choix de l’intervention dans le traitement 
chirurgical des détormations mandibulaires. — 
M. Landais. Grâce à un articulateur spécial, après 
réalisation d’une maquette, qui permet de placer 
la mandibule dans sa position pathologique et 
dans sa position corrigée, le moyen est donné de 
choisir dans chaque cas l’opération la meilleure. 

Cellulite génienné d’origine salivaire. — M. 
Dechaume. 3 cas semblables : au-dessus de l’ori¬ 
fice atrésié du canal s’est installé progressivement 
une dilatation. I.a stase, puis l’infection dans la 
poche ont provoqué une réaction cellulaire péri- 
canalicnlairc. 

Traitement des stigmates inesthétiques des 
suppurations cervico-faciales d’origine den¬ 
taire. — M. Galtier étudie remploi des agents 
physiques, et de la chirurgie (greffes de peau to¬ 
tale libre, greffes graisseuses, suture intradermi¬ 
que, tatouage). 

Traitement chirurgical de l’obtusisme man¬ 
dibulaire. — MM. Pont, Peyrus, Quintero, Potel. 
Après 18 ans les auteurs proposent la résection 
cunéiforme du maxillaire inférieur au niveau de 
l’angle et blocage en bon articulé comme pour une 
double fracture angulaire. 

Kyste iissuraire intra-osseux. — MM. Cade- 
nat et Labry. Ces kystes du bloc osseux incisif, 
indépendant <lu système dentaire, iirennent place à 
côté des kystes de la région palatine médiane anté¬ 
rieure. et des kystes mucoïdes congénitaux du 
seuil narinaire. 

Considérations sur les kystes mucoïdes du 
plancher des fosses nasales. — M. le professeur 
Lemaître. 

Biotropisme. — M. Milian expose sa théorie 
séduisante du biotropisme et ses applications à la 
stomatologie. 

Les pyorrhées alvéolaires. Paradentose. 
Conjonetivo-épithéliose. — M. Tellier. 


Aperçu de chimiothérapie antibactérienne par 
les dérivés sulfamides. — MM. J. Tréfouel et 
René Martin insistent sur la posologie, les diver¬ 
ses voies d’administration, les dosages du 1162 F 
dans les humeurs et l’organisme. Ils soulignent 
l’intérêt que ce médicament est appelé à avoir en 
stomatologie. 

Application de la stratigraphie en radiogra¬ 
phie dentaire et maxillo-faciale. — M. Peyrus. 

Le syndrome de pulpite radiculaire. — M. 
Krivine. Elle se caractérise par une disparition des 
réactions normales de la pulpe avec en particu¬ 
lier l’existence de douleurs retardées causées par les 
agents thermiques et l’apparition d’arthrite. 

Le rôle de la stomatologie dans la médecine 
contemporaine et dans l’avenir. — M. le pro¬ 
fesseur Corrado d’Alise. 

Sur le diagnostic de certains épithéliomas de 
la région glosso-laryngée. — M. Jourdan. 11 
s’agit souvent de lésions malignes profondes, dis¬ 
simulées, sans retentissement fonctionnel impor¬ 
tant, dont la traduction clinique est une adénopa¬ 
thie cervicale secondaire. 

L’auteur cite un cas où la révélation de la tumeur 
du haut larynx fut faite sur un radiogramme de 
profil de l’axe aérien (D'' Baclesse). 

Curiethérapie en stomatologie. — MM. De- 
grais et Gornouec. 

Régénération osseuse de la branche mon¬ 
tante du maxillaire inférieur. — M. Duclos. 
Après les grandes ostéites, une branche montante 
se réforme pre.sque toujours grâce à ia gaine ostéo- 
périostique, mais il faut améliorer la forme en 
guidant la mandibule sans la bloquer. 

Après les résections pour tumeurs peu malignes, 
fragments ostéopériostés et muscles désinsérés peu¬ 
vent créer un ostéome utile, .à forme de branche 
inontanto rudimentaire. Mobilisation pi'éeoce. 

Traitement des traumas de l’étage moyen de 
la face. — M. Ch. Freidel. 

Algies faciales et fêlures dentaires. — M. 
Chenet revient sur l’existence de névralgies fa¬ 
ciales très intenses, pour une cause dentaire sou¬ 
vent difficilement décelable (fêlure). 

Dent de sagesse à racines inversées en « bec 
d’aigle ». — MM. Gineste cl Paoli. Elle oblige 
pour l’extraction a une brèche osseuse eunéiforme, 
à .sommet postérieur. 

Chronologie de la calcification des dents per¬ 
manentes. — M. Thibault. I,’histologie et la ra¬ 
diographie ont permis de préciser que la calcifi¬ 
cation des incisives centrales supérieures et infé¬ 
rieures et de la latérale, inférieure se fait au cours 
du 4® mois. La latérale supérieure au cours du 

première molaire après la naissance, contrairement 
aux données anciennes. 

Rôle de l’acide carbonique et de l’oxygène 
au cours de l’anesthésie au protoxyde d’azote. 

— M. J. Carré. 

Malposition maxillo-dentaire. Monobloc armé. 

— M. Gornouec. Perfectionnement très efficace 
qui permet de gagner un temps précieux dans 
la conduite du redressement et multiplie les indi¬ 
cations de l’appareillage mobile. 

Canine incluse et troubles nerveux. Kystes 
paradentaires sinusiens. Formations kystiques 
palatines. — M. Ardouin. 

Les avantages de la vaccination locale en 
stomatologie. — M. Aïtoff. Par injections, instil¬ 
lations, pan.scments à titre préventif ou curatif. 

Cancer du maxillaire supérieur chez les 
jeunes. — M. Péri. 

Empreintes à la cire plastique et équilibre 
fonctionnel de certains appareils. MM. Pon¬ 
roy, Boutroux et Cabrol. Procédé à la cire jaune 
de Carrière permettant la meilleure adaptation des 
prothèses complètes, notamment de celles du maxil¬ 
laire inférieur, dans les cas de plancher buccal 
exubérant avec absence de crête alvéolaire et macro- 




N' 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier ! 939 


25 


Considérations sur la tuberculose buccale. - - 
MM. Ch. Ruppe, Cernéa, M>' Cliaput. Il exisic 
des cas rares de luberculosc maxillaire se produi¬ 
sant par l’intermédiaire soit de lésions dentaires, 
soit de lésions muqueuses. 

II faut surveiller allenlivcmcnt, cliez les liibercu- 
leux avérés, les plaies alvéolaires. Le lupus engen¬ 
dre parfois une foule du rempart alvéolaire. 
L’ulcération tuberculeuse est capable d’ciilraîner 


SOCIÉTÉS DE PARIS 


Nos lecteurs trouveroat les comptes reaûua iu CÆÏfiîiss de ces 
Sociétés dans les périodiques suivants : 


AcanéMiB iïks Sciences {Comptes 7'andus hebdomadaires des 
séances de l'Académie des Sacnccs, rw, quai dos Grauds-Au- 
guslins, Paris. — Prix du numéro : variable). 



Société de Biologie de Paris (Cnmptcs rendus des séances 
de la Société de liiolotfie, 1:10. boulevard Salnl-Gerinain, Paria. 
— Prix du Dunicro : variable). 


Société Médicale des Hôpitaux de Paris et 

Mémoires de la Société médicale des l/dpitaux de f*aris, i:J0. 
boulevard Saint-Gennaiu, Paris. — Prix du uuniéro : 6 fr.L 
Société d'Elkctro-IIauiülügif. médicale de Pucnce {Huile- 
tius et Mémoires de la Société d'I'Uectro-h'ndinlo'jie médualv 
de France, 120, boulevard Sainl-riornmin, Paris. — Prix du 
numéro : 18 fr.). 

Société de Gtnécolorie et d’Obstétriqüe dr Paris {IîhI- 
letin de la Société de Oyiiécnlof/io et d'Ubstétriyue de Paris, 
120, boulevard Saint-Germain, Paris. — l'rix du numéro : 


Société de Médecine de Paris (Dullelins et Mémçircs de la 
Société de Médecine de Paris, 00, boulevard do La Tour-Mau- 
bourg, Paris. — Prix du numéro : 0 fr. 50). 

Société de Pédiatuie de Paris (Pulletins de la Société de 
Pédiatrie de Paris, 120, boulevard Saint-Germain, l’aria. — 
Prix du numéro : 7 fr.). 

Société d’études scientifiqit.s sur la Tureuculose {Reçue 
do la Tuberculose, 120, boulevard Saint-Gorniain, Paris. — 
Prix du numéro : li fr K 


ACADÉMIE DES SCIENCES 

21 Novembre 1938. 

Inüuence de régimes producteurs d’avitami¬ 
nose B totale ou de déséquilibre minéral sur 
la composition du muscle de pigeon. — M.M. 
Raoul Lecoq et Roger Duflan. Dans ruvitami- 
nose B totale, l’impi-cgnation laclique du muscle 
du pigeon est toujours nette, quelle que soit In 
nature du glucide du régime e.xpérinienlal ; mais 
le taux de glucides réducicurs du tissu niuseulaiie 
s’élève avec le saccharose et le taux des ortho- 
phosphates et du phosphore total acido-soluble 
s’exagère avec le glucose. 

Le déséquilibre minéral atténué obicnu par 
addition de sulfate de sodium à un régime de base 
de saccharose s’accompagne d'une augmentation 
sensible de composés réducicurs musculaires alors 
que l’acido laclique cl les orthophospliates n’aug- 
mcnlcnt praliqucmcnl pas. 

Un large apport de vilamincs IJ pormcltant nu 
pigeon de .s’.adaptcr nu déséquilibre minéral allénué 
entraîne la produclion réactionnelle d'un équilibre 
humoral particulier, so traduisant par des tau.x 
d’acide lactique et d’ortliophosplialcs inférieurs à 
la normale. 

Sur les effets hypotenseurs et vaso-dilata¬ 
teurs de la cryptolépine. — M. Raymond Hamet 
étudie, au point de vue pharmacologique, un nou¬ 
vel alcaloïde, la cryplolépine, extrait par Micliicls 
du cryptolcpis sangiiinolenta Sclilechler, que la 
thérapeutique indigène africaine utilise comme slo- 
mnehique ainsi que contre la fatigue et la courba¬ 
ture. 

Après avoir montré que la cryptolépine provo¬ 
que une forte bypolhermie et diminue beaucoup les 
effets hyperlenseurs et vaso-constricteurs rénaux 
de l’adrénaline, Raymond llamct fait connaître les 
effets circulatoires de cet alcaloïde. 

'La cryptolépine produit, chez le chien, une forle 
et assez durable hypotension. Celle hypotension 
s’est accompagnée de modIRealions de volume du 
rein (jiii. comme à l'accoutumée, onl été prc.sque 


une desiruolion o.sseuse plus ou moins considé- 

Dans la tuberculose linguale il faut distinguer 
la forme superficielle sputngène. qu’il est possible 
de trniler au début par des cautérisations ou par 
l'exérèse et à un stade plus lardif par la radiolbé- 
rapie. et les formes bémniogènes plus rares, mas¬ 
sives, à évolulion rapide, qui ne relèvent que de 
la rudiolbérapic. 


Traitement simplifié de la sinusite maxillaire 
suppurée chronique, d’origine dentaire, par le 
drainage alvéolaire, suivi de cautérisations 
antrales à l’acide trichloracétique. — M. Dar- 
cissac. 

Sur la thérapeutique transradiculaire des 
infections périapicales dentaires. — M. Maron- 


parallèles aux variations de la pression carolidienne. 
Lllc est due principalement à une vaso-dilalion 
très forle et très prolongée. 

Ou est en droit de penser que celte forte aclioiv 
liypoloiisive et va.so-dilalaliiee de la cryptolépine 
juslilieruit une élude thérapeutique de cet alcaloïde. 

28 .Novembre. 

Sur le rouge de scatol urinaire. — MM. Mau¬ 
rice Rangier cl Pierre de Traverse. DepuLs les 
liavaux de M. .Maillard le mécanisme chimique de 
1,1 Iransrüjuialion de l’indicaii urinaire en bémi- 
iiidigoliiie sous riiilluence de l’acide eblorliydri- 
ipie el d’uu oxydant léger est bien établi. La colo¬ 
rai ion bleue obtenue, qui est soluble dans le eblo- 
roi'orme, c.st un indice de pulréfaclions inlesliiiales 
el son inlcnsilé est sensiblement proportionnelle 
au degré de rinfcelion. Il n’eu est pas de même 
de la subslance (rouge de scalol) solulde dans 
l'alcool amyliqiie q\d prend naissance dans les 
mêmes coiidilions et dont on ignore la constitution 
chimique. L’expérience a vérifi.i que la subslance 
rouge a [wur origine rurochrome, pigment jaune 

Lu parlant de rurochrome les auteurs onl pu 
préparer le colorant appelé rouge de scalol. On ne 
saurail, de la réaclion qui lui donne naissance avec 
l'iirinc, faire un indice de la piilréfaclion intesti¬ 
nale analogue à l’indican. 

Etude de l’action de la quinine sur les ami¬ 
bes; pénétration cellulaire et toxicité. — MM. 
Guillaume Valette cl René Rollé. La lixnlion de 
la quinine sur une cellule vivante peut être aisé¬ 
ment décelée si l’on opère on lumière ullravio- 
Iclle de telle manière que la nuorescence produite 
puisse être observée au microscope. 

Expérimciilant sur une amibe d’enu douce, 
Aniaeba diibia .Scliacffer, on peut conclure que le 
.sel de quinine pénètre dans le protoplasme de 
l’amibe et se fixe éleclivcmcnl en certains points 
parlieuliei's du conicnu cellulaire. On doit admelire 
qu’en ce.s points le sel d’alcalo’fdo sc condense de 
lelle sorte que la concentration du toxique à l’inté¬ 
rieur de la cellule esl nolablemcnl plus élevée qu’à 
l'extérieur. Dans la période qm précède la mori, 
l’affinilé des consliluanls protoplasmiques pour 
l’alcoloïde semble s’atténuer peu à peu. 

5 Décembre. 

Sur une électrodialyse unipolaire du sérum 
sanguin. — .M. Marcel Mazille montre que, dans 
un sérum effectivement déminéralisé, la quasi-lo- 
laiilé de l'édifice colloïdal prccipile sous la forme 
d'un bloc homogène, très facilement décompnsa- 
ble en ses deux constiluanls, différents très nellc- 
meiit par leurs propriclés pliysiques, le support 
absorbant et la substance absorbée, très semblables, 
l’un à la proteine visqueuse, l’autre à l’bomoglo- 
buline. Ces deux consliluanls, vraisemblablement li¬ 
bres, dans le sang circulani, s'uniraient an moment 
de la .sorlie du sang de l’organisme pour donner 
naissance au complexe isolé par l'auteur. 

Sur l’action de la folliculine dans les trans¬ 
formations expérimentales des organismes 
mâles en intersexués ou en femelles. — M. Phi¬ 
lippe Joyet-Lavorgne cnlreprcnd des recherches 
ayant pour but la détermination des précisions sui¬ 
vantes: la folliculine cxcrce-l-elle une action 

directe sur la cellule vivante cl quelle est la nature 
de (.elle action .1* 2° Dans quelle mesure la nature 
de l’aclion exercée pcrmct-cllo de comprendre les 
transformations cxpérimcnialcs des m.Mcs en 
intersoxués el en femelles? 

Les conclusions suivantes peuvent être énoncées: 
l” la folliculine agit dircclemcnl sur la cellule 
vivante; 2° l’action de la folliculine à dose conve¬ 


nable modifie les calaly.'cs d'oxydation intracellu¬ 
laires en diminuant le poinoir d'oxydation de la 
cellule; 3° la diininiitiou du pouvoir oxydant des 
cellules folliculiiiisées est suflisanle pour eiilraîncr 
la polarisation de certains tissus de l’organisme 
nifilc vers le sens féminin et les phénomènes d'in- 
lersexualité ou do cliangcmeiit de sexe so;il des 
cou.sé(iucnces de celle polarisation nouvelle. 

Sur la fluorescence du cristallin. — .M. Yves 
Le Grand. Les nombreuses icelicrcbcs qui conccr- 
iLcnl riiilUience de ruilraviolcl sur l'uiil des ver¬ 
tébrés ont montré que l'absoj-plioii el la lluorcs- 
cenee proveiiaieiil sudoul du crislalliu. L'aiileur 
délcrniinc la courbe spccliale éiiergélique du niyon- 
iicmeul que le crislalliu de mouton émet par lluo- 
rcsceiice lorsqu'on l’irradie avec l’ullraviolel de 
longueur d'oiide de 306 ou 313 p. 

-Min d'appliquer les résullals obicnus à la vision 
humaine, ou peut faire les hypolbèses suivanlcs: 
1" les milieux de l'ivil liii'maiii, y coinpiis la ré- 
linc, sont analogues au crislalliu de mouUm, pour 
I l fluorescence ; 2° l'excilalion direclc de la rétine 
par l’ullraviolel uoiincrail la même seiisalion que 
le violel extrême O p 4 ; 3“ celle excilalion direclc 
se compose avec la lumière de lluorescimcc suivant 
les règles colorimélriqucs. On en iléduil ejue l'iil- 
Iravinlct apparaîira avec une longueur d'onde do- 
minanle, comprise enire 400 cl 4GS p, el une piii'elc 
(l’excilalion de l'ordre de 0,9: (Irnc comme un bleu 
salure. .1. Coutiiiiat. 


ACADÉMIE DE CHIRURGIE 

7 Décembre 1038. 

A propos des arthrites sèches de la hanche. 
— M. E. Sorrel revient sur sa communication du 
2 Novembre 1938. Il lient à résumer à nouveau sa 
pensée: dans les formes où l'élal général est défi- 
cienl el dans celles où les lésions ont peu évolue, 
on peut recourir à la réseetiou du rebord coly- 
loidien. 

A propos de l’observation de a tumeur ii volu¬ 
mineuse développée dans la cavité de Retzius, 
dénommée tr neurinome » de M. Querneau. — 
M. Georges Bachy (Saint-Quenlin) apporic deux 
observalions de lurneiirs de la cavité de Ilelzius 
ayant entraîné des trouilles digeslifs. L’examen 
liisLologique a inoulré qu’il s’agissait de myonics 

Du fonctionnement do la bouche de gastro- 
jéjunostomie après gastrectomie. — M. Jean 
Duval (Le Havre). Ayant fait depuis quelques 
années 305 gaslrcclomics pour ulcère et cancer, 
M Dcval est conduit à quebpics réllexions portant 
sur la nécessilé d’enlever le maximimi de petite 
enurbiirc, d'éviler le reflux vers le boni duodénal 
en faisant une .section baule de l’eslmnae et en 

I.,i bnuelic doit ("Ire faite avec une grande minutie 
el il faut éviter que le mésorôlon ne vienne, par 
la suilc, réirécir la bouche. 

Tumeurs mixtes de h parotide, ablation 
totale de la glande avec conservation complète 
du nerf facial. — Une observalinn de àf. Paul 
Padovani, 1935; Irois observations de M. Redon, 
1937, M. Pierre Duval, rapporteur. Dans quatre 
cas, une tumeur mixte do la parotide a pu être 
enlevée par la lecliniquc de M. Duval en mé¬ 
nageant non seulement la brandie supérieure, 
mais la branche inférieure du nerf facial. Dans ces 
observations, il y ont parésie temporaire du nerf 
qui a cédé très rapidement. Bien plus, M. Redon a 
été oldigé de seclionncr le Ironc du nerf pour libé¬ 
rer la glande adhérente. Celle section, suivie de 
réparalinn immédiate a donné iin résultat fonc- 








26 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1930 


N“ 2 


Sept observations de pyopéritoines et péri¬ 
tonites par rupture de pyosalpinx. — M. Jean 
Baumann. M. Pierre Duval, rapporlcur. Dans cas 
7 obseiTations personnelles, l’auteur s’est conformé 
à la rè^flc do l’exérèse miniina : 2 castrations uni¬ 
latérales, 1 castration bilatérale, 3 hystérectomies 
totales ont donné 6 guérisons. L’auteur distingue 
le pyopéritoine avant le stade de péritonite dif¬ 
fusée. Le seul cas de mort est consécutif à un sim¬ 
ple drainage par sac de .Mickuliez. 

Volumineuse mucocèîe appendiculaire simu¬ 
lant une tumeur caecale. — M. Jean Berger. La 
tumeur était palpable dans la fosse iliaque droite, 
simulant une tumeur du cæcum. A l’intervention, 
on découvre un énorme cæcum hypertrophié et 
dur. On fait une résection iléo-cœcale avec succès. 
C’est l'examen de la pièce qui prouve l’existence 
d’une mucocèîe appendiculaire de grandes dimen¬ 
sions, adhérente et intimement fusionnée à la paroi 
du cæcum, sans participation de ce dernier. Ifn 

1935, Bell avait retrouvé 223 cas; M. Berger a 
retrouvé, depui'-, 33 nouveaux cas dont 8 pseudo- 
myxomes du péritoine. La pathogénie en reste assez 
obscure et l'on a incriminé; l’oblitération de la lu¬ 
mière appendiculaire, une infection légère, l’hyper¬ 
sécrétion en milieu non bactérien. 

— M. Hartmann apporte le résumé de quatre 
cas de mucocèîe qu’il a été amené à opérer. Dans 
trois de ces observations, la tumeur était formée 
pur des masses gélatiniformes enkystées, jiixla- 
eæcales ; dans toutes, il, y avait un appendice per¬ 
foré, deux fois avec mucocèles ; dans toutes, l’ori- 
lice de communication cæcale était oblitéré, ce qui, 
pour les physiologistes, e.xplique la coagulation du 
liquide sécrété par ."ct appendice. 

— M. Georges Lardennois. Dans un cas, on 
avait craint l’existence d'une tumeur cæcale. La 
mucocèîe était liée à une réaction inllammaloire 
chronique avec dégénérestvnec mucoïde d’origine 
conjonctive. Dans une autre observation, on avait 
pensé à une salpingite droite. Chez un troisième 
malade, un abcès lombaire droit è allure clironique 
reyoit des éticiiiotles multiples. .\près une exclusion 
bilatérale du côlon droit, on extirpe une tumeur 
cæcale baignant ilans un magma colloi'de. 

Remarques sur le traitement chirurgical du 
poumon à propos de deux cas opérés. — 
M. Robert Monod. Dans les services spécialisés, à 
peine 10 pour 100 de cancers du poumon sont 
justiciables d’une intervention. M. Monod apporte 
des nouvelles de l’opérée présentée le 28 Octobre 

1936. .\ctucllcment la malade a une mine excellente 
et no présente aucune trace de récidive. Le deuxième 
cas concerne une femme de 40 ans. Une pneumee- 
lomie totale gauche en un temps a été faite. Une 
complication inattendue et tardive a entraîné la 
mort trente jours après l’intervention. 

Ces tumeurs échappent ’i l’action de la radiothé¬ 
rapie et dn radium ; elles restent longtemps endi¬ 
guées par le cartilage de la bronche et peuvent 
se présenter {Kuidant longtemps dans des conditions 
favorables pour une intervention. Cependant, dans 
la pratique courante, on rencontre rarement des 
cas opérables. 

Les cancers des grosses bronches qui provoquent 
de la toux et de l’expectoration sont bruyants et 
faciles à ilépisler. L’examen lipiodolé, la bronchos¬ 
copie, la possibilité, d’une biopsie permettent le 
diagnostic. Les cancers des petites bronches sont 
plus difliciles à dépister. Des crises douloureuses 
peuvent attirer rattention. L’oxistenoc d’une image 
radiographique arrondie, silencieuse doit comman¬ 
der une thoracotomie exploratrice. 

Dans le cancer des grosses bronches, il faut faire 
la pneumectomie totale par voie antérieure avec 
ligature isolée des éléments du pédicule. 

Le cancer centro-lobaire relève de la lobectomie 
on de la pneumectomie. Dans les deux cas de 
M. Monod, la pneumectomie totale en un temps 
a donné des suites opératoires plus simples et moins 
bruyantes que la lobectomie en deux temps. D’ail¬ 
leurs. ce qui importe, c’est moins l’importance de 
l’exérèse que la façon dont on enlève les lobes. 
Il paraît logique dans l'exérèse des cancers pulmo¬ 
naires de réduire l’usage du tourniquet ct de pra¬ 
tiquer de préférence et dans la mesure du possible, 
la ligature isolée des éléments du pédicule. On 
aura ainsi une fermeture phi'^ étanche des bronches 


évitant la fistule bronchique et l’on mettra plus 
sûrement le malade à l’abri des récidives. 

— .M. Maurer. L’anesthésie locale doit être pré¬ 
férée à la baronarcose. La voie antérieure est pré¬ 
férable: elle donne, avec le minimum de dégâts, 
un excellent jour sur l’ensemble du poumon. 
D’antre part, cette voie évite la compression du 
poumon sain et permet une respiration plus facile 
du malade. 

Le pneumothorax artificiel facilite les indications 
opératoires et l’intervention ultérieure. On a inté¬ 
rêt à avoir recours à la tomographie. 

lui cas instructif dont l’auteur apporte l’obser¬ 
vation montre l’importance d’une ligature isolée 
des pédicules vasculaires et bronchiques. 

— M. Monod. La voie latérale permet un inven¬ 
taire aisé de la tumeur et de ses expansions rétro¬ 
hilaires. Dans le temps opératoire endothoracique, 
il vaut mieux utiliser l’anesthésie générale. 

Perioration viscérale et syndrome occlusif. 
— M.M. Menegaux ct Pergola. La radiographie a 
permis de déceler, outre l’existence d’images liydro- 
aériques du grêle, un croissant gazeux inter-hépato- 
diaphragmalique. L’intervention a découvert trois 
perforations diastéliques du cæcum en amont d’un 
ob.staclo coliqiu’. G. ConniEH. 


SOCIETE DE BIOLOGIE 

17 Décembre 1938. 

Réaction de la membrane chorio-allantoïde 
de l’embryon de poulet au BCG. — .MM. L. Costil 
et F. Bloch. Le processus réactionn,.! de la mem¬ 
brane cliorio-allanloide de l’embryon de poule! à 
l’égard du BCG, bacille avirulent d’origine bovine, 
s’écarte nettement de celui observé avec les bacilles 
aviaires, humains et bovins virulents. Au lieu d’une 
réaction évolutive, diffuse avec le bacille aviaire, 
nodulaire avec le bacille des mammifères, on assiste 
avec le BCG à une réaction constructive nodulaire 
avec tendance à la limitation des lésions. 

Contribution à l’étude de la cryptorchidie 
expérimentale. — M. André Dufour réalise des 
lésions de cryptorchidie expérimentale sur une série 
importante de rats blancs; les lésions se Iradui.cnt 
histologiquement par la disparition des éléments 
normaux do la lignée séminaie avec hyperplasie 
importante do la glande interstitielle. 

La réparation de ces lésions a pu être obtenue 
par la réintégration des testicules dans le scrotum, 
lorsque l’eclopie n’a pas excédé 30 jours; par con¬ 
tre, le maintien des testicules en cctopie au delà 
de 60 jours amène, semble-t-il, des lésions non 
réversibles. 

Signification des cellules claires et des inclu¬ 
sions observées dans le papillo-épithéliome de 
Shope. — MM. Albert Peyron et G. Poumeau- 
Delille. I.e.s cellules claires que l’on observe dans 
l.i couche de Malpighi, gonflées par l’a'dème, pré- 
si'iilent des inclusions intra-cytoplasmiques ayant 
les réaclions diverses de la kératohyaline ; elles cor¬ 
respondent, du moins dans leur topographie, à une 
modification de l’appareil de Golgi. Ils pensent que 
CCS inclusions ne représentent ni le virus ni une 
réaction cytoplasmique spéciale. 

De la production de l’antitoxine tétanique 
chez le cheval. Son évolution au cours de l’hy- 
perimmunisation. — .MM. G. Ramon, E. Lemé- 
tayer et L. Nicol. L’emploi de l’anatoxine téta¬ 
nique additionnée de tapioca, l’utilisation de che¬ 
vaux antérieurement vaccinés contre le tétanos, ont 
permis la production, beaucoup plus abondante 
qu'autrefois, d’antitoxine spécifique. 

Dans les conditions relatées on peut obtenir, 
après un mois d’immunisation, 7 injections et, au 
total. 1.300 cm“ d’antigène, des sérums antitéta¬ 
niques titrant en moyenne 4.000 unités, les chif¬ 
fres extrêmes allant de 1.600 à 10.000 unités. 
L’obtention de tels sérums présente un réel inté¬ 
rêt pour les applications thérapeutiques. Grâce à ces 
sérums on peut préparer une véritable solution 
d’antitoxine ne renfermant qu’une proportion 
minime de proteine sérique, qui peut être réduite 
encore par la purification. On peut, de cette façon, 
espérer diminuer les ri.sques u accidents sériques 
lors de la sérov.aecination d'urgence du tétanos. 


De la production de l’antitoxine diphtérique 
et de l’obtention rapide de sérum antidiphté¬ 
rique de valeur antitoxique élevée, chez le 
cheval. — M.M. G. Ramon et R. Richou.. 

Les altérations post-emboliques tardives de 
la circulation cérébrale. — .M. René Cachera a 
étudié sur le ehien les réactions vasculaires tardives 
provoquées par l’embolie cérébrale. Chaque expé¬ 
rience a comporté deux temps : embolie cérébrale 
aseptique d’abord (coton de verre pulvérisé intro¬ 
duit dans la carotide), puis après un délai variable, 
trépanation et observation microscopique des vais¬ 
seaux pie-mériens au moyen du hublot, selon la 
technique de Forbes et Wolff. l’intervalle entre la 
trépanation et l’embolie a varié de 1 à 123 jours. 

33 chiens ont reçu une embolie; 22 ont survécu, 
sur lesquels 19 ont pu être trépanés. Parmi ces der¬ 
niers, l’examen au hublot a montré que 5 animaux 
ne présentaient pas d’anomalies vasculaires corti¬ 
cales; 6 offraient dans le champ du hublot un ou 
plusieurs infarctus cérébraux ; 8 présentaient des 
spasmes artériolaircs: séries d’étranglements annu¬ 
laires étagés, segmentant le vaisseau et séparés par 
des zones de forte dilatation; d’où l’aspect moni- 
liforme typique de ces spasmes; fait important: 
ceux-ci peuvent e.xistor longtemps après l'embolie 
(35 jours dans l’un des cas); un animal, enfin, 
présentait à la fois un infarctus et des spasmes 
artériolaircs. Un développement des anastomoses 
corticales a souvent été noté. 

Ces expériences démontrent que le cerveau, rendu 
artificiellement pathologique, acquiert de façon 
durable des réactions vaso-motrices tout à fait dif¬ 
férentes de celles du cerveau normal. Il peut se 
former, scmblo-t-il, sous l’inlluencc d’une embolie, 
une sorte de capacité spasmngènc des artérioles 
cérébrales, qui se révélera persistante, lors d’une 
simple trépanation queiques semaines plus lard. 

Influence des sels de testostérone sur l’éli¬ 
mination urinaire des principes gonadotropes. 
— M.M. G. Laroche, H. Simonnet et E. Bompard, 
qui ont étudié antérieurement l’influence do la fol¬ 
liculine et do la progestérone sur l’élimination uri¬ 
naire dos principes gonadotropes chez des femmes 
ovariectomisées ou ménopausiques, ont recherché 
l’inllucnce de la testostérone dans les mêmes condi¬ 
tions. 

L’hormone mâle exerce une action analogue, 
mais elle est moins intense que celle des hormones 
femelles; d’autre part, l’action sur la prolanurie 
est moins constante ct l’abaissement du taux des 
principes gonadotropes n’est pas parallèle à l’amé¬ 
lioration du syndrome clinique. 

Recherches expérimentales sur la nature des 
antihormones. — MM. H. Simonnet et E. Michel 
ont préparé, sur la lapine, des sérums antigonado- 
Iropes au moyen de 5 extraits gonadotropes obte¬ 
nus a partir de diverses sources (urine de femme 
enceinte, urine de femme ovaricctomisée, sérum 
de jument gravide, lobe intérieur de cheval ou de 
bœuf). 

L’activité du sérum anti est étudiée sur la lapine 
au repos sexuel. 

Les résultats obtenus les amènent à discuter la 
spécificité dos sérums et ils concluent, dans ces 
conditions expérimentales, à la possibilité d’une 
spécificité hormonale. 

Allergies hémorragiques salivaires. — M. G. 
Sanarelli (Borne) démontre que l’on peut repro¬ 
duire chez les animaux des allergies hémorragiques 
caractéristiques, en employant, au lieu des anti¬ 
gènes bactériens habituels et comme anligône pré¬ 
parant ct déchaînant, la salive humaine normale 
stérilisée. 

Après 3 injections de salive pratiquées successi¬ 
vement dans les veines, à distance de 24 heures 
l’une de l’autre, les lapins meurent presque immé¬ 
diatement de choc, ct à l’autopsie, on trouve de 
graves réactions hémorragiques, nécrotiques, humo¬ 
rales. On peut obtenir aussi des réaclions caracté¬ 
ristiques salivaires cutanées. La salive, décantée 
par sédimentation spontanée, c’est-à-dire dépouillée 
de scs constituants morphologiques, n’est pas capa¬ 
ble de produire des réaclions allergiques. Par un 
traitement convenable on peut obtenir, chez les 
lapins, une solide prémunitibn salixTiire anliiiHfcr- 
giqiie. 




N" 2 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier , 1939 


27 


Ascaridiose et phénomène de Sanarelli. — 
M. V. Vanni (Roiiiü) a iililisé l’iipplication du 
phônonu'iK; de Sanarelli (allergie hémorragique) à 
l'élude de la palliogénic de l’ascaridiose. 11 a sen¬ 
sibilisé des lupins par des in.jeclions inlradermi- 
qiios de peüles quaulilés de liquides eélomalique 
d’ascaridies, Piltré par bougie. Après 24 benre.s il a 
déchaîné la crise allergique en injeclant, dans la 
veine marginale des lapins 3 cm^ du mémo liquide. 
Les animaux oui succombé en présenbml de vio- 
lenles réactions île nalurc hémorragique, dégéné¬ 
rative cl nécroliqne. Il airirme que les symplômes 
de l'ascaridiose humaine ne seraient pas de nalurc 
toxique, mais de nature allergique. 

Election. — M. Fessard est élu membre titu¬ 
laire. 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

16 Décembre 1938. 

La leucémie myélogène sans splénomégalie. 
- MM. P. Emile-Weil, P. Isch-Wall et S. Perlés 
rapportent rhisloirc d’une femme do 43 ans qui, 
présenlant depuis un an une fatigue excessive, 
anormale, sans aucun signe physique conslalahle, 
réclama un examen de sang. Celui-ci montre une 
anémie hyperchrome (287.000 globules rouges), 
avec un tableau typique de leucémie myélogène : 
Globules blancs, 109.000; myélocytes, 28 pour 100; 
cellules jeunes myéloïdes, 4,5 pour 100. La ponc¬ 
tion siernale décèle une végétation cellulaire intense 
avec 99 pour 100 de myéloeyles granuleux, étouf¬ 
fant la série hyaline et la série érylhroblasliiiuc. 
La raie non palpable participait à la transforma¬ 
tion myéloïde (50 pour 100), encore que la série 
hyaline persistfil (22 pour 100). Enfin, le foie était 
atteint avec une prolifération érylhrohlasthpie in¬ 
tense. (34 pour 100), assurant l'érythropoïèsc en 
vicariance de la moelle o.sseuse délioicntc. 

Les auteurs insistent sur l'importance et la fré¬ 
quence de la leucémie myélogène sans splénomé¬ 
galie, sur laquelle P. Emile-Weil est revenu à 
diverses reprises cl qui se voit soit de façon tran¬ 
sitoire cl courte comme forme de début de la leu¬ 
cémie myélogène, soit au moment d'une récidive 
d’une leucémie guérie en apparence, soit enfin de 
façon durable, permanente plus rarement. 

Dans ces cas, seul l’examen hémalologique per¬ 
met de le reconnaître, mais encore faut-il y pen¬ 
ser, et celle notion de la leucémie niyélo,gène sans 
rate semble actuellement rester encore peu connue. 

Anorexie mentale chez les enfants. 

M. J. Comby rappelle que l'anorexie mentale n'est 
pas rare chez les enfanis de tout âge, sans excepter 
les nourrissons. Les filles sont bien plus souvent 
atteintes que les garçons, l.a fillette prés<'nléc par 
M. N. Pérou montre bien la nature du syndrome 
et l'efficacité de la thérapeutique. Depuis que Sim- 
rnonds a parlé de cachexie hypophysaire, il a 
ouvert la porte à des erreurs de diagnostic qui i>cu- 
vent être funestes. L'opothérapie est inefficace, tout 
comme les produits pharmaceutiques. MM. Slévo- 
nin et Gaidie ont bien montré l’influence heureuse 
do ri.solcmcnl et de la psychothérapie sur la réali- 
mcntalion. A l’hùpilal, l’auteur a reçu 2 fillettes, 
de 11 ans et de 13 ans, dans un étal grave. Le 
trailemenl fui des plus simples: repos au lit dans 
la salle commune, psychothérapie (persuasion), ali- 
menlalion progressive. Ces deux malades quittèrent 
l’hôpital guéries après dix semaines pour l'une, 
six semaines pour l’autre, ayant gagné un kilo par 
semaine. Quand l’isolement a manqué, la cure est 
beaucoup plus longue. Un garçon refuse de man¬ 
ger à 20 mois et il persiste jusqu’à 5 ans, subis.sant 
plus de 2.000 gavages à la sonde nc.sophagienne. car 
il hahiiail avec scs grands-parents; isolé, il aurait 
guéri bien plus vile. 

— M. De Massary rappelle les diverses concop- 
lions psychopathique, endocrinienne, gaslropalhi- 
quo qui ont régné alternativement quant à la pa- 
Ihogénic de l’anorexie mentale. Il faut admellrc à 
l’origine une psychose dépressive. Les récidives ne 
.sont pas rares, cl sont parfois graves, les malades 
pouvant se tubcrculiser facilement. On guérit l’ano¬ 
rexie mentale avec tous les moyens, le tout est 


d’arriver au bon moment, quand l’accès est près 
de prendre fin. 

— M. Comby insiste sur le don de persuasion 
que doit avoir le médecin qui traite ces malades.' 

— M. Babonneix a constaté que les trois quarts 
de ces malades guéris.senl par l’isolement et la 
psychothérapie ; ceux qui ne guérissent pas sont des 
déments précoces. 

Sur la myélomatose décalcifiante diffuse. — 
MM. R.-J. Weissenbach et J.-A. Lièvre appor¬ 
tent la suite de leur observation de myélomatose 
décalcifiante diffuse, type spécial de décalcification 
rachidienne el pelvienne qu’ils ont précédemment 
individualisé et qui est dû à une prolifération de 
cellules de la moelle osseuse voisines île celle du 
myélome multiple. Mais à la différence du myé¬ 
lome multiple il n’y a ici ni foyers radiologiques 
lacunaires, ni tumeurs et le diagno,sUc doit être fait 
d’après l’élude du myélogramme el des humeurs. 

Le malade^ dont robservalion a élé^ précédemment 

pai'liculièremcnl en ce qui concerne les synqilùmes 
fonctionnels, par la radiothérapie. Mais la décalci¬ 
fication persiste. Une nouvelle imnclion sternale est 
peu caractéristique el montre une aplasie médullaire 
qui fait hésiter à reprendre la radiothérapie. Aussi 
prali([UC-l-on une biopsie <pii permet celle fois de 
retrouver des cellules myélomateuses el de com¬ 
parer celles-ci sur des étalements cl sur des coupes 
histologiques, entre lesquels existent des différences 
importantes à connaître. 

La myélomatose décalcifiante diffuse prend donc 
place parmi les causes de décalcification diffuse ou 
de ramollissement du squelette. En présence de tels 
cas, il faut s’efforcer de la classer de façon précise 
plutôt que de se contenter de réliquetle vague 
d’ostéomalacie. 

Sur un cas de myélome multiple. — MM. R.-J. 
Weissenbach, A. Ravina et J.-A. Lièvre présen¬ 
tent une observation de myélome multiple dont le 
diagnostic fut affirmé par la ponction sternale. 

L’histoire clinique, assez atypique au moins dans 
.scs débuts, avait consisté pendant longtemps en 
troubles de l'étal général cl en albuminurie. Aussi 
la malade avait-elle été considérée comme alleinte 
de néphrite et soumise à un régime de restriction 
sévère. Au cours de ce régime, les troubles géné- 

la survenue des premiers signes osseux eût-elle pu 
faire penser à une pstéopalhic de carence, comme 
les auteurs en ont vu survenir à la suite de régimes 
excessifs prescrits pour hypertension artérielle. 

Ültérieiiremcnt les fractures, l’apparition de la¬ 
cunes radiologi(pics, ralbuminiirie toujours mas¬ 
sive, etc., eonsliluent bien les synqilômcs d’un 
myélome; lu myélogramme confirme ce diagnostic 
en innnirant des nids de cellules myélomateuses 
ainsi qu'une sidération des lignées érylhropoîéliquc 
el granulocylopo'iéliquc. 

Polydipsie, signe révélateur d’une néphro¬ 
pathie complexe chez un enfant de 13 ans. — 
MM. R.-A. Marquézy, CI. Launay el M‘'“ E. Mage 
présentent un enfant de 13 ans qui accuse deptiis 
plusieurs mois une soif intense avec polyurie claire, 
interprétées de prime abord comme dépendant d’un 
diabète insipitiq. Ce diagnostic est bientôt rectifié 
[lar celui de potomanie: niais la constatation d’une 
perturbation profonde de la fonrtion rénale conduit 
à admettre qu’il s’agit, en fait, d’une sclérose 
rénale latente. Celle-ci est en rapport avec une mal¬ 
formation complexe de l’arbre urinaire : hydroné¬ 
phrose bilatérale et méga-urclèrc bilatéral, malfor¬ 
mation qui coïncide avec d’autres malformations 
cutanées et osseuses également congénitales : atro¬ 
phie de la main gauche portant sur les quatre der¬ 
niers doigts, lombalisalion d’une vertèbre sacrée 
avec spina bij'ida. dysmorphose crânienne. L’en¬ 
fant est. par ailleurs, un débile inlcllcclucl dont le 
lest mental décèle un retard de 4 ans. Sa taille, 
inférieure de 6 à 7 cm. à la normale de son Age, 
ne permet ecpcndanl pas de parler de nanisme. 

— M. May croit le diabète insipide bien plus 
rare qu’on le pense. Beaucoup do sujets éprouvent 
le besoin de boire pour une autre raison. L’épreuve 
de la soif.s’accompagnanl d’une densité urinaire 
restant basse dans le diabète irsipide. permet de 
faire le départ entre diabète insipide el polydipsies 
«econdaîres. 


— M. Debré conseille de toujours penser à la 
sclérose rénale avant de penser au diabète insipide. 

Il a déjà signalé ces scléroses rénales s’accompa¬ 
gnant de malformations des voies urinaires. Il faut 
rechercher ces dernières avec soin. Il y a là une 
maladie conslitutionnclle congénitale cl évolutive, 
qui i>eul ne se manifester qu’à un âge avancé. Des 
cirrhoses hépatiques peuvent a\oir la même ori¬ 
gine. 

.— M. Marquézy fait remarquer que la sclérose 
rénale peut également être secondaire à l’hydro- 
néphrosc et n’ètrc pas conslilutionnello. 

Présentation de cinq malades atteintes de 
dysostose cléido-cranienne. — MM. Robert 
Debré, Maurice Lamy cl Georges Sée. A côté 
des malformations crâniennes cl claviculaires bien 
connues, il faut insister sur l’absence de symphyse 
pubienne visible sur les films radiologiques dans 
4 cas sur 5, et qui ne s’accompagne d’aucun trouble 
clinique, sur la constance des altérations den¬ 
taires cl rachidiennes à type de spina bifida occulta 
cl sur la fréquence des malformations osseuses asso¬ 
ciées, telles que hypertélorisme, lésions des der¬ 
nières jihalanges unguéales, agénésie de l’apophyse 
coracoïde, os hyoïde bipartite. 

(les lésions permettent d’éliminer les théories 
pathogéniques de la similitude des parties embryo- 
logiipies (car à côté d’os à formation membraneuse, 
il en est d’autres d'origine cartilagineuse), de 
l’oligo-amnios (étant donné la multiplicité des 
atteintes et la transmissibilité héréditaire notam¬ 
ment par les hommes) cl de l’infection cmhryon- 

II s’agit certainement d’une maladie du génotype, 
seule théorie qui explique le caractère héréditaire 
de la dysostose et d’après l’étude de plusieurs arbres 
généalogiques l’affection semble se transmettre sui¬ 
vant le mode dominant. 

Le diagnostic de la chorio-méningite lym¬ 
phocytaire par la déviation du complément. 
Organisation à l’Institut Pasteur d’un service 
hebdomadaire du séro-diagnostic correspon¬ 
dant. — MM. P. Mollaret, P. Lépine cl V. Saut- 
ter viennent de faire connaître à la Société de 
Biologie que le sérum sanguin des animaux et des 
sujets humains, inoculés dans un bul thérapcutiipio 
avec le virus murin de la chorioméningite lympho¬ 
cytaire, présente une déviation du complément 
positive. La technique suivie est celle de Calmetle 
et Massol. L’antigène est fourni par le poumon 
hépatisé de cobaye inoculé avec le même virus et 

Chez les animaux, 6 singes sur 6 cl 8 lapins 
sur 8 donnèrent une réaction régulièrement posi¬ 
tive; chez le cobaye la réaction resta toujours néga¬ 
tive; il en fut de même chez tous les animaux 
témoins. 

Chez l’homme. 16 sujets sur 16 donnèrent une 
réaction régulièrement positive; la date d’appari¬ 
tion .SC situe vers le 8' jour après les premiers signes 
cliniipics et la réaction peut persister jusque vers le 
200' jour. Tous les témoins humains (au nombre 
do. 64) donnèrent des résultats négatifs. Par contre, 
un pourcentage important de sujets ayant présenté 
une méningite lymphocytaire bénigne donna une , 

Afin d’appliquer relie réaclinp sur une grande 
échelle, les auteurs seraient heureux de recevoir 
régulièremenl, à l’Institut Pasteur, un tube de 
sang de chaque cas suspect, la réaction étant pra¬ 
tiquée le mercredi. 

Tachycardie sinusale permanente à haute 
fréquence sans troubles fonctionnels. — MM. 
Codvelle et Boucher présentent un jeune soldat 
porteur d’une tachycardie sinusale (éleclrocardio- 
grammes à l’appui) très rapide (160 an repos cou¬ 
ché, 176 debout’), découverte par hasard il y a deux 
ans, permanente depuis et n’entraînant absolument 
aucun trouble, même à l’effort. Il ne peut s’agir 
que d’une irritation permanente des accélérateurs 
du erenr. Mais In cause, le mécanisme et la tolérance 
restent énigmatiques. 

Dilatation géante de l’oreillet+e gauche. — 
MM. Codvelle, Chauvet ri Jammes présentent 
un jeune sujet envoyé en ohscivalinn pour cardio¬ 
pathie. Il s’agit d’une dilatation géante de l'oreil¬ 
lette gauche, développée au cours d’une rnaladie 
mitrale avec tachyarythmie complète par fibrilla- 






28 


LA PRESSÉ MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


N" 2 


lion. La présence d’un foyer de battements systo¬ 
liques en dehors du mamelon droit et d’un point 
de côté dorsal droit, joints à un énorme souffle 
systolique mitral, ont permis le diagnostic clinique, 
confirmé par les examens radiologiques. L’oreillette 
gauche déborde très largement le bord droit du 
cœur et refoule l’œsophage en arrière. Malgré quel¬ 
ques épisodes asystoliques, la tolérance est actuel¬ 
lement satisfaisante. 

Sur le syndrome hyperhydropexique. A pro¬ 
pos d’une observation de MM. Debré et Julien 
Marie. — M. Parhon (Bucarest) précise qu’il a 
édifié le syndrome hyperhydropexique, non sur des 
bases théoriques, mais sur des observations person¬ 
nelles dont il donne la référence. Selon lui', l’aug¬ 
mentation de poids est le symptôme caractéristique, 
et aussi nécessaire, de l’hydropexie. 

Un cas de purpura imputable à l’éthyliso- 
propylacétyl-carbamide. — ^r. Langle relate 
l’observation d’un homme de 50 ans qui, après 
ingestion d’un comprimé de Sédormid, fut pris, 
pendant la nuit, d’hémorragies gingivales, et de 
purpura. Cette observation est tout à fait analogue 
à celle qui a été présentée il y a quelques semai¬ 
nes par MM. l’agnicz, Plichet et Fauvet. 

Un nouveau cas de maladie de Besnier-Boecb- 
Schaumann à terme ganglio-pulmonaire. — 
MM. Bolzinger, Grupper et R. Parrot. 

P.-L. Maiue. 


SOCIÉTÉ D'ÉLECTRO-RADIOLOGIE MÉDICALE 
DE FRANCE 

8 Novembre 1938. 

Sur un dispositif intégral de réglage des temps 
de pose. — M. Massiot expose de quelle manière 
varient les charges supportées par les ampoules à 
rayons X en fonction du temps. 11 montre que les 
charges et les températures supportées par le foyer 
du tube varient dans de très grandes proportions 
et qu’il est pratiquement impossible de réaliser un 
dispositif de sécurité parallèle aux caractéristiques de 
l’ampoule. 11 montre également que les quantités 
d’énergie nécessaires pour obtenir des radiographies 
correctes de tout l’organisme sont essentiellement 
variables; donc, nécessité de réaliser un appareil¬ 
lage radiologique, à réglages complètement automa¬ 
tiques, qui réalise toutes les connexions nécessaires 
pour l’obtention d’une radiographie correcte sans 
que l’opérateur puisse commettre personnellement 
la moindre erreur. Ce dispositif, désigné sous le 
nom de a Ip.sopose », a l’avantage de permettre 
une importante économie d’ampoules en faisant 
disparaître tous les risques de surcharge inhérents à 
un réglage insuffisamment perfectionne. 

Valeur des mesures faites à l’aide des dosi¬ 
mètres habituels pour un rayonnement de 
600 KV. — MM. Belot et Saget ont comparé les 
indications données par les dosimètres habituelle¬ 
ment utilisés avec celles obtenues, sur le même 
faisceau de rayons X, îi l’aide d’une chambre 
d’ionisation absolue, établie à des dimensions 
correspondant au quantum d’énergie débité par 
l’ampoule de l’Institut du cancer de la Faculté de 
Médecine, fonctionnant à 600 KV avec un débit 
de 10 milliampères. Des nombreuses mesures effec¬ 
tuées, il résulte que les plus grands écarts entre 
les indications fournies par la chambre étalon et 
les dosimètres essayés sont de l’ordre de 10 
pour 100, ce qui indique que l’on peut tenir 
comme exacts les chiffres donnés par ces appa¬ 
reils de mesure, appliqués à des rayons X émis 
par des tubes fonctionnant de 400 à 600 kilovolts. 
Les auteurs indiquent ensuite le rendement en 
r-minutes de l’ampoule étudiée et insistent sur 
certains détails d’application pratique. 

Réüexions sur le dépistage de la tuberculose 
pulmonaire par l’examen radiologique systéma¬ 
tique. — M. Didiée rappelle les conditions techni¬ 
ques générales de l’examen radiologique systéma¬ 
tique do dépistage. Quelle que soit la collectivilé à 
prospecter, cet examen apparaît, dans les conditions 
actuelles de la technique, répondre convenable¬ 
ment aux besoins sous la forme de la radioscopie. 


Mais, ainsi que le montre une expérience pratique 
en milieu militaire, vieille de plus de 5 ans, et 
portant sur plus d’un million d’examens, il est 
indispensable, pour que la méthode conserve toute 
sa valeur, que celle radioscopie ne vienne qu'en 
supplément d’une enquête clinique préalable, ne 
soit qu’un triage sanctionné par un complément 
d’expertise radiographique, clinique, de laboratoire, 
etc., ne soit confié qu’à des radiologistes particu¬ 
lièrement exercés et comporte enfin, dans sa réali¬ 
sation matérielle, des dispositifs de protection d’une 
efficacité absolue. 

Nouvelle installation de radiothérapie pro¬ 
fonde. — M. Poittevin présente une nouvelle 
in.stallation de radiothérapie profonde utilisant un 
générateur Sécurix 200. Le principe de cet appa¬ 
reil consiste à disposer dans la même cuve le tuhe 
radingène, le transformateur haute tension et le 
transformateur de chauffage de filament. Grâce à 
l’emploi d’un tube à anticathode extérieure cet ap¬ 
pareil peut être dépourvu de circulation d’huile, 
ce qui lui permet d’ètrc absolument statique et 
silencieux. L’équilibrage de l’ensemble est obtenu 
par une suspension Cardan permettant de diriger 
le faisceau de rayons X dans toutes les directions. 
Cette installation, malgré son faible encombrement, 
est aussi puissante que celles d’autrefois qui com¬ 
portaient un générateur à tension constante d'une 
part, et un tube fonctionnant à 200 KV 3mA 
d’autre part. 

Ostéo-arthrites vertébrales d’origine éber- 
thienne et mélitococcique. — M. Duclos. 

Etude radiologique de l’amibiase. — M. Gon- 
zalo Esguerra Gomez. 

La radiophotographie. — M. Ronneaux. 

.A. Dariaux. 


SOCIÉTÉ DE GYNÉCOLOGIE ET D’OBSTÉTRIQUE 
DE PARIS 

7 .Novembre 1938. 

A propos de la communication de M. Bonnet 
sur l’insufflation tubaire des trompes sténosées. 

— M. Palmer et M‘'° Devillars. L’insufflation tu¬ 
baire kymographique a une valeur diagnostique 
inégalable, mais une trompe pathologique est de 
faible valeur pour une gestation possible. Cepen¬ 
dant les ondes courtes et le benzoate de di-hydro- 
folliculine améliorent la perméabilité tubaire. Sur 
4-1 cas les auteurs ont eu 11 améliorations mais pas 
de grossesse. 

— M. Dausset conseille un traitement antispas¬ 
modique avant tout examen. 

— M. Douay croit que le spasme joue un rôle 
prépondérant. 

Quelques interventions chez des cardiaques 
au cours de la grossesse et de ïaccouchement. 

— MM. Lantuéjoul et Merger. La majorité des 
cardiaques peuvent mener à bien leur grossesse et 
accoucher normalement. Cependant il est des cas 
où l’état de la malade nécessite une intervention. 
Sur 21 observations on est intervenu 19 fois, dans 
2/3 des cas au début de la grossesse, dans 1/3 des 
cas au voisinage du terme. Dans toutes ces cardio¬ 
pathies graves, il faut une collaboration étroite 
entre le cardiologue et l’accoucheur. 

— M. Lemeland opère les cardiaques graves 
par hystérectomie abdominale sous anesthésie géné¬ 
rale. Toutes sont mieux compensées après l’inter¬ 
vention. 

— M. Couvelaire remarque qu’il y a, dans le 
traitement des cardiaques au cours de la grossesse, 
une tendance excessive et qu’il trouve injustifiée à 
élargir les indications opératoires. 11 demande l’ou¬ 
verture d’une discussion sur ce sujet. 

— M. Metzger. L'hystérectomie supprime les 
suites de couches, ce qui est un avantage. 

. — M. Lantuéjoul. 11 y a des cas d’urgence que 
personne ne discute. Sur 9 cas qui n’étaient pas 
d'urgence, ils ont été opérés après avis du cardio¬ 
logue et épreuve sans résultat du traitement et du 
repos. 

La question est de savoir si l’association cardio¬ 


pathie-grossesse présente des risques graves et si 
l’arrêt de la grossesse a des chances de les sup¬ 
primer. 

Myomectomie suivie de ligamentopexie pour 
enclavement d’utérus gravide rétroversé. Ac¬ 
couchement normal a terme. — MM. Portes et 
Lepage ont enlevé par myomectomie un fibrome 
du volume d’une grosso orange arrivant presque à 
l'œuf. Pendant les 4 premiers jours des suites opé¬ 
ratoires la malade a eu de la morphine et la gros¬ 
sesse a continué son cours normal. L’accouchcmcnt 
a eu lieu à terme simplement ; il a débuté par une 
rupture prématurée des membranes. 

— M. Metzger tente la réduction par voie ex¬ 
terne, il croit qu’on s’exagère les dangers du trau¬ 
matisme externe dans une grossesse normale. 

— M. Couvelaire. 11 ne faut pas confondre 
rétroversion et incarcération d’utérus gravide. 
Dans ce dernier cas les manœmrcs externes sont 
inutiles, on doit opérer. 

A propos du traitement de M. V. Bonnet sur 
le test de Dausset et Terrier. — .M. Palmer et 
M'"’’ Papadimitriou. 

P. DunAii.. 


SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS 

4 Novembre 1933. 

Un traitement nouveau des arrêts de dévelop¬ 
pement sexuel chez les adolescents. — M. Pende 
(Rome). Les enfants depuis la naissance et sur¬ 
tout les adolescents peuvent présenter un syn- 
tlrome qui est caractérisé par un engraissement 
exagéré avec poids et hauteur souvent excessifs et 
un retard grave du développement sexuel, quelque¬ 
fois cryptorchidie complète ou incomplète, bilaté¬ 
rale ou inonolatéralc, pénis trop petit, phimosis, 
adiposité exagérée des seins chez les mâles, visage 
enfantin persistant avec très petit nez et très petite 
bouche et yeux enfantins même à l’âge pubère. G; 
syndrome très fréquent et qui résiste beaucoup à 
l’opothérapie même la plus moderne avait été con¬ 
fondu jusqu’à présent avec la dystrophie adiposo- 
genitalo de Froelich. Les observations de l’auteur 
ont montré que le facteur pathogénésique essentiel 
et décisif est l’hypertrophie du thymus, et que le 
traitement électif est la rœntgcnlliérapic du thy¬ 
mus, avec une technique fixée par Pende sur plu¬ 
sieurs centaines de cas. Cette rœntgenthérapie dé¬ 
termine rapidement un changement général soma¬ 
tique et psychique du sujet, surtout l'évolution 
rapide des organes et des caractères sexuels secon¬ 
daires, avec amaigrissement, croissance en hauteur, 
apparition de la puberté. Des projections nombreu¬ 
ses démontrent les résultats brillants de ce traite¬ 
ment qui vient combler une lacune dans la théra¬ 
peutique jusqu’à présent très difficile de ces pa¬ 
tients. 

L’insuffisance surrénale aiguë. — M. Sergent 
tout en rappelant les caractères du syndrome d’in¬ 
suffisance surrénale aiguë dans ses types essentiels 
s'attache particulièrement à montrer, à l’occasion 
de cette étude, le rôle de l’observation clinique dans 
le progrès des sciences médicales. C’est par la dé¬ 
couverte de la « maladie bronzée » qui porte aujour¬ 
d’hui son nom qu’Addison, en 1855, suggéra aux 
physiologistes l’idée du rôle, jusque-là ignoré, des 
capsules surrénales. Si l’année suivante, Brown-Sé- 
quard a démontré, en effet que les « capsules sur¬ 
rénales étaient indispensables à la vie », il ouvrit, 
à son tour, une voie nouvelle aux Investigations des 
cliniciens et des physiologistes, en montrant que la 
destruction totale des capsules surrénales entraî¬ 
nait l’aparition d’accidents aigus, rapidement mor¬ 
tels, évoquant l’idée d’une intoxication et d’un 
trouble profond de la tonicité cardio-vasculaire. 
L’insuffisance surrénale aiguë se dégageait ainsi, 
avec toute sa netteté: elle prit, dans le cadre clini¬ 
que, sa place définitive et indiscutée et les physio¬ 
logistes, après avoir discuté l’origine et la valeur 
de l’adrénalincmie, se rallièrent, avec GIcy, à une 
interprétation générale plus large et plus ration¬ 
nelle du rôle des glandes surrénales. Ici, encore. 



N" 2 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


2'J 


h clinique remplit donc sa mission en apportant 
lej résultats des observations que livraient à ses 
investigations les états pathologiques, c'est-à-dire 
les « expériences spontanées ». 

Les cachexies endocriniennes. — M. L. de 
Gennes montre qu’à côté de la cachexie hypophy¬ 
saire qui peut être rattachée à une lésion constante 
du lobe antérieur de l'hypophyse, il existe un cer¬ 
tain nombre do cas dont le tableau clinique est 
analogue, mais où l’on ne trouve aucune lésion de 
la piliiilaii'c. L'auli'ur ni|)poi'to pliisicur.-: observa¬ 
tions anatomo-cliniques dans lesquelles on a pu 
identifier des lésions importantes des ovaires, du 
corps thyroïde et de la cortico-surrénale, en même 
temps qu'une hypertrophie des îlots de Langerhans, 
contrastant avec l’intégrité de l’hypophyse. Il in¬ 
siste sur la fréquence de cos cachexies glandulaires 
dont le diagnostic avec ranorexie mentale est fort 
difficile et ne peut être établi le plus souvent qin 
par l’épreuve thérapeutique. 

Traitement de l’insuiBsance surrénale par 
l’hormone mâle. — M. Maranon se basant sur les 
faits cliniques, histologiques et biologiques que dé¬ 
montre l’existence dans l’écorce surrénale d’une 
hormone très proche de l’hormone testiculaire (on 
peut-être l’hormone testiculaire môme) a traité avec 
cette hormone testiculaire trois cas de maladie 
d’Addison typique et cinq cas d’insuffisance surré¬ 
nale non addisonicnne. Les résultats ont été très 
encourageants, les symptômes mélanodermiqucs 
n’ont pas changé, mais la tension artérielle, l'as¬ 
thénie, l’inappétence, l’impuissance sexuelle se 
sont notablement améliorées. Dans doux autres cas 
récents observés à la clinique du D' Richet, le 
traitement testiculaire a été suivi des mêmes ré-sul- 
tats excellents. 

Action irénatrice de l’hormone œstrogène sur 
l’hypophyse antérieure. — M. Bernard après 
s’être occupé de l’action excitatrice de l’hormone 
folliculaire s’est consacré ces dernières années aux 
effets inhibiteurs de cette hormone, partant de l'ob¬ 
servation clinique d’où il résulte que les hautes 
doses de folliculine peuvent suspendre ou retarder 
le cycle menstruel et des constatations opératoires 
montrant la dégénérescence du corps jaune provo¬ 
quée par l’absorption de fortes doses de cette hor¬ 
mone. Des expérienees sur l’animal ont amené 
l’auteur à constater que ces effets résultent de l’in¬ 
hibition de la fonetion gonadrotropique de l’hypo¬ 
physe antérieure. Subsidiairement l’auteur a cons¬ 
taté, sur les coqs et les rats, l’arrêt de développe¬ 
ment des caractères sexuels secondaires et aussi de 
Il croissance. Il y a donc inhibition de l’hormone 
somatrophique aussi. Cliniquement on n’a pas 
constaté la formation de tumeurs malignes même 
après administration prolongée de hautes doses. 
Par contre l’auteur a vu des modifications de la 
muqueuse utérine et du col de l’utérus allant jus¬ 
qu’à l’érosion. 

Etude du terrain en endocrinologie. — M"° 
Hélène Vacher rapporte une observation montrant 
le rôle du terrain on endocrinologie. 11 .s’agit d’une 
fillette dant les antécédents syphilitiques sont prou¬ 
vés, qui, à 12 ans, ne marche pas, ne parle pas, 
mesure 0 m. 98 et pèse 17 kg. Après 16 mois de 
traitement par des extraits thyroïdiens, à doses 
progressives, puis d’hypophyse totale et de thy¬ 
mus, les résultats sont les suivants : l’enfant a 
grandi de 14 cm. 1/2 et grossi de 3 kg 160, elle 
marche seule et parle comme une enfant de 8 ans. 
Ils paraissent encourageants. 

Vhémocrinothérapie. — M. Filderman fait un 
exposé rapide de cette méthode qu’il applique 
depuis vingt ans avec succès dans un grand nom¬ 
bre d’affections d’étiologie endocrinienne et dans 
d’autres dont les rapports avec les endocrines ne 
sont pas classiquement admis. L’efficacité et l’inno¬ 
cuité do la méthode ont été démontrées par un 
grand nombre de malades et d’observations présen¬ 
tés par l’auteur dans différentes sociétés. Parmi les 
affections les plus fréquentes dans lesquelles l’effi¬ 
cacité de la méthode est constante, l’auteur cite 
surtout les staphylococcies, les artérites, l’hyper¬ 
tension, les eczémas, l’obésité. 

G. Lüquet. 


SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE 

1.5 Novembre 1938. 

Nævus pigmentaire et verruqueux. — M"'" V. 
Heimann présente un enfant porteur d’un énorme 
nanus pigmentaire et verruquetix du membre 
inférieur gauche. 

Lipodystrophie chez les enfants diabétiques 
traités par piqûres répétées d’insuline. — 
MM. P. Nobécourt et P. Ducas présentent 2 ma¬ 
lades diabétiques atteints de lipodystrophie consé¬ 
cutive à des injections répétées d'insuline. Dans 
un cas la lipodystrophie prend le type lipoma- 
teux, dans l’autre scléroatrophique. 

Les réactions particulières du tissu adipeux à 
l’action répétée de l'insuline, connues depuis les 
articles de Dcpsch, Boborkq^ Priesel et Wagner, 
sont rares. leur mécanisme reste inconnu et leur 
apparition ne tient ni à la répétition du trauma¬ 
tisme local, ni à l’action lipolytique des corps qui 
servent à la stérilisation de l’insuline. La concen¬ 
tration de celle-ci est hors de cause. 

Cette communication montre la nécessité de 
pratiquer le plus possible les injections en des 
points différents. 

Traitement du diabète infantile par la pro- 
tamine-insuline-zinc. — MM. P. Nobécourt, 
P. Ducas et M“® Laroche exposent les résultats 
qu’ils ont obtenus chez 8 enfants traités par la 
protamine-insuline-zinc. Ceux-ci sont analogues à 
ceux observés jusqu’ici à l’étranger: réduction des 
injections à une seule, amélioration do la glycé¬ 
mie à jeun, meilleure utilisation des glucides. Ils 
font quelques réserves sur le gain en unités que 
disent avoir obtenu les autours qui se sont occupés 
de cette question. Ils montrent les difficultés ren¬ 
contrées au début de l’application de la méthode 
qui demande une surveillance attentive, mais qui 
constitue, malgré tout, un progrès très net sur 
les anciennes méthodes. 

Fièvre typhoïde grave et atypique, compli¬ 
quée de polynévrite. — MM. B. Weill-Hallé, 
Boris Klotz et M''” F. Lautmann rapportent 
l’observation d’une fillette atteinte d’une fièvre 
typhoïde atypique en ce qui concerne les réactions 
biologiques: l’hémoculture était positive à la G” 
semaine, le séro-diagnostic ne devint positif qu’à 
la 9° semaine. L’évolution fut très grave, compli¬ 
quée de bronchopncumonic, d’altération externe 
de l’état général, de polynévrites des membres 
inférieurs. 

La guérison fut cependant complète. Il ne per¬ 
siste aujourd’hui que de très discrètes séquelles 
que seul l’examen électrique arrive à objectiver. 

Cette fièvre typhoïde fut enfin la source de 
contamination de l’infirmière soignante qui fit une 
dothiénentérie également atypique dans ses réac¬ 
tions biologiques et compliquée d’arthrite purulente 
d’un genou. 

Pleurésie postmorbilleuse. — M“® Shelton- 
Arnoldson (Barcelone) communique 2 cas de 
pleurésie bilatérale post-morbilleuse et discute le 
diagnostic différentiel avec les processus sembla¬ 
bles tuberculeux. 

Ictère grave îamilial du nouveau-né sans 
érythroblastose. — M. A. Arondel (Nantes) com¬ 
munique l’observation du 4* enfant d’une famille 
dont les trois premiers enfants avaient présenté à 
la naissance un ictère accentué. 

Ce quatrième enfant fît un ictère grave dès les 
premiers jours de sa vie mais en guérit. Un exa¬ 
men de sang pratiqué le quatrième jour ne montra 
pas d’érythroblastes. 

Ictère grave Iamilial du nouveau-né. Ery- 
throblastose transitoire, anasarque, mort. — 
M“° D.-H. Montlaur et M. Pierre-Paul Lévy 
communiquent l’observation suivante : 

Enceinte pour la cinquième fois, une jeune 
femme sans syphilis, sans anomalies sanguines, 
met au monde une enfant bien constituée qui 
meurt cependant au quatrième jour, d’un ictère 
grave familial. 

Seule de foute la famille, l’aînée, âgée de 7 ans, 
est vivante. Le deuxième enfant est mort icté- 


rique, âgé de 4 jours. La troisième grossesse abou¬ 
tit à un avortement de 2 mois. Le quatrième en¬ 
fant meurt aussi d’ictère au quatrième jour (Obser¬ 
vation présentée à la Société de Pédiatrie). 

Pendant sa cinquième grossesse, la mère a reçu, 
par injections et ingestions, extrait hépatique et 
vitamine C. Le nouveau-né, fillette de 3 kg., était 
jaune dès sa naissance. Depuis ce moment jus¬ 
qu’au dernier jour, on injecte dans le péritoine, 
sous la peau et dans les muscles, une quantité 
totale de 150 cm^ de sang humain. 

Neuf examens ont été pratiqués; le premier, 30 
minutes après la naissance; le dernier, quelques 
heures avant la mort: anémie modérée (3.000.000 
à 4.300.000 globules rouges) avec anisoeytose, etc. 
.\ucun signe d’anarchie cellulaire, ni des globu¬ 
les rouges ni des globules blancs. 

Quant à l’érythroblastosc, elle fut faible avec 
maximum d’intensité (1.700 par mm’) quelques 
heures après la naissance, diminution rapide et 
disparition au début du 3= jour. 

La veille de la mort, s’est développée une ana¬ 
sarque généralisée sans anurie et presque sans 
oligurie. La température no s’est élevée que tout à 
fait à la dernière période. 

Les auteurs insistent à nouveau sur le caractère 
vraiment secondaire de l'érythroblastose dans l'ic¬ 
tère grave familial du nouveau-né. 

— M. Julien Marie attire l’attention sur les 
bons résultats qu’il a obtenus en pareil cas, avec 
Mlle Dreyfus-Sée, en ayant recours aux injections 
intraveineuses et en transfusant de fortes doses de 
sang, 80 à 90 cm’, par injection. 

— M"' Dreyfus-Sée considère également que 
les petites transfusions de 20 à 30 cm’ sont insuf¬ 
fisantes et vouées aux échecs; il faut utiliser de 
fortes doses de sang. 

Une épidémie scolaire de tuberculose. — 
— MM. Esbach, Potbeau et Gauchery (Bourges) 
ont observé une épidermie de tiilMircuIosc dans une 
école. Une jeune fille de 13 ans, atteinte de lésions 
pulmonaires ulcéro-casécusos, a contaminé plu¬ 
sieurs de scs camarades qui ont présenté diverses 
modalités de tuberculose: érythème noueux, tuber¬ 
culose pulmonaire, adénopathie trachéo-bronchi¬ 
que, etc. 

— M'‘“ Dreyfus-Sée signale à ce sujet que l’ins¬ 
pection médicale scolaire devrait être mieux orga- 

— M. Georges Schreiber constate que celte 
observation justifie l'examen médical préventif des 
élèves mais il souligne la nécessité de soumettre 
également à l’inspection médicale le personnel en¬ 
seignant et administratif. 

Médecine scolaire et tuberculose. — M. 
A Bohn relate comment il a pu récemment procé- • 
der à l’examen radioscopique systématique des éco¬ 
liers et du personnel scolaire d’Orly, cet examen 
complétant chez les enfants la pratique des réac¬ 
tions tuberculiniques périodiquement répétées jus¬ 
qu’à constatation de la première réaction positive. 

Il faut absolument arriver à coordonner l’action 
des médecins de famille, des médecins scolaires et 
des médecins de dispensaires, ainsi que des infir¬ 
mières visiteuses, afin que le dépistage de la tuber¬ 
culose soit partout effectivement assuré et que les 
mesures consécutives de prophylaxie, de surveil¬ 
lance, de traitement et de placement soient mises 
en oeuvre. 

— M. Weill-Hallé insiste sur la nécessité de 
dépister la tuberculose à l’école dès l’admission des 
enfants et d’intéresser les médecins traitants à 
l’inspection médicale scolaire. 

Asthme et eczéma. — M. Maynadier (Limo¬ 
ges) présente une communication à propos de 
l’asthme succédant à l’eczéma chez des enfants. 

Dolicbocolon avec arrêt de développement. — 
M. Maynadier communique l’observation d’un 
enfant de 3 ans et demi qui présenta un arrêt de 
croissance et chez lequel l’examen radiographique 
révéla l’existence d’un dolichocolon. 

Dolichosténomélie. — MM. P. Giraud, Bocca, 
Jayle et Mockers (Marseille) communiquent un 
cas typique do syndrome de Marfan chez une en¬ 
fant de 9 mois. Gracilité des membres et allon¬ 
gement des mains et des pieds. Souffle cardiaque 





30 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


N" 2 


dt'pondiint d’un élnl boiirsoiirié des valves des ori- 
llci's aiiricMln-veiilrirulaii'cs sans perforalion <lc la 
cloison irilei'veulrirulaire, ni slénose de l’arlèrc pul- 
Iiiiiiiairc, ni persislaiire du Irrm de lîolal. Canal 
arlériel oblitéré. 

I.nxalinn des erislallins avec iris llollanl et iné- 
fralocornée. Une brniKlio-pnenmnnie à foyers dis¬ 
séminés emporia la malaile en nn mois. 

Encéphalite hémorragique tuberculeuse. — 

M. Boucaumont (Monlpellier). 

A propos des limites de la maladie pylorique. 

— -M. Boucaumont. 


SOCIÉTÉ D’ÉTUDES SCIENTIFIQUES 
SUR LA TUBERCULOSE 

12 No\embrc 1938. 

A propos du traitement des tuberculoses 
mixtes. — MM. Sorrel el Richard Mozer. Après 
a\oir rap[M’lé que les Inbemiloses mi.xles sont 
assez fréiinenles. les anicnrs montrent qu'il est 
très diflieile de plaeer ces malades en sanatorium, 
en l'absence d'organisation adaptée à leur tbéra- 
penli(]ne bien spéciale. Us regrettent que la plu- 
lairl do ci's malades soient obligés de rester dans 
les hùpilau.x de Paris, en raison des difficultés de 
jilacemenl. 

D'après l'exiiérience qu’ils ont acquise à Berck, 
les ailleurs pensent que certaines formes de liibcr- 
eulose mixie sont susceptibles d’être améliorées 
])ar riiéliolliérapie marine, en particulier les pleu¬ 
résies séro-librineuses, associées à des tuberculoses 


— M. Richard rappelle qu’il a pratiqué, au 
sanatorium des Kscaldes, des opérations eliez des 
sujets atleiiils de tuberculoses mixtes et qu’il a 
obtenu des résnllals intéressants (1 cas de mort 
sur 42-5 opérations). 

— .MM. E. Bernard et Armand-Delille se plai¬ 
gnent que le nombre de lits inis à la disposition 

vent des Inbereuloses mixtes soit bien trop faible: 

10 üls senlemeiil à Odeilbo. 

— M. Courcoux déclare qu’il existe, au Minis¬ 
tère de la Sailli' publique, un projet d’organisation 
d’un sanalorinm iionr tuberculoses mixtes. 

—- .M. Sergent rapiielle que certaines anomalies 
radiologiques conslati-es au cours d’examens sys- 
téniali(|ue5 des poumons ne sont pas une eonlre- 
indicalion à l’envoi en sanatorium marin d<' sujets 
alleinis de Inberciilose ebirnrgicale. I.c triage doit 
être fait par un examen clinique soigné, a.ssocié 
à un examen radiologique, mais la radiograpbic 
ne doit pas prendre le pas sur la clinique. 

Les atteintes récurrentielles au cours du 
pneumothorax artificiel. — MM. Angirany et 
Mounier-Kuhn. Dans deux cas de pnciimolliorax 
artillciel, les auteurs ont constaté des signes de 
paralysie récurrentielle. 

I.e ])roinier cas s’es| jirodiiit lors d'une tenta¬ 
tive de pncumolliorax artificiel, non suivi de 
décollement pleural. 

Dans le deuxième cas. la paralysie récnrrcniielle 
survenait chez une jeune fille après chaque insuf¬ 
flation : elle persistait pendant 4 jours. 

Contribution à l’étude des formes non acido¬ 
résistantes des bacilles acido-résistants. — 
M. Hauduroy rappelle d’abord les travaux de 
MM. Bezançon et Philibert sur la substance cya- 
nophile des bacilles acido-résistants. Il décrit sa 
technique personnelle de ciillnre sur milieu de 
Sauton et en montre les résultats au moyen de 
projections très insiruelives. Par cette méthode. 

11 a étudié les éléments rynnophiles dn bacille de 
la lli'ole el de ceux du bacille du beurre de Babi- 


Propriétés du bacille tuberculeux irradié par 
les rayons alpha. — MM. H.-R. Ollivier et 
P. Bouet-Maury. Les rayons alpha arrêtent la 
prolifération des germes : ils empêchent la repro¬ 
duction des bacilles tuberculeux. Les expériences 
ont été faites chez des cobayes tuberculisés aux¬ 
quels on faisait subir des irradiations avec des 


doses croissantes d’émanation du radium : de 5 à 


— .M. Arnaud demande si les cultures irradiées 
|iar les rayons alpha ont été reinqnées. M. Olli- 
\icr répond que les repiquages ont presque tou¬ 
jours poussé. 

Images radiologiques d’inBltrats pulmonaires 
labiles au cours d’un asthme infantile. — 
.M. Gernez Rieux (Lille'i rapporte l'ob-servalion siii- 

l.n enfant âgé de 9 ans. fils de médecin, fait 
en .Voi'it 193G nue crise d’asthme. Une radiogra¬ 
phie ipiilinonaire montre, à cette époque, une 
acceiitiialion des ombres broncho-vaseulaircs de la 

Dans les mois qui suivent, les crises d'asthme 
se renouvellent; après l'une d'elles, on constate, 
sur une radiographie, une ombre arrondie, lloiic, 
dei'rière le cecur. L’i'osinophilie sanguine est de 
4 à .5 pour 100. Dans les jours suivants celte 
ombre pathologique disparaît. L’auteur passe en 
re\uc les différentes hypothèses étiologiques qui 
ont été faites. 

— M. Stephani pense que ce cas peut être attri¬ 
bué à de la tuberculose et que les phénomènes 
d’allergie ne doivent pas être seuls en cause, 

— M. Jacob ne partage pas cette opinion, car 
il a vu des infiltrats labiles au cours de crises 
d’asthme : ils ont toujours disparu dans un délai 

De l’utilisation du nitrate d’argent dans le 
traitement des perforations pleuro-pulmonaires 
rebelles. — M. André Bernou, M"'' Marecaux et 
M. L. Canonne ont essayé de traiter par le nitrate 
d’argent 3 cas de perforations pleuro-pulmonaires 
fistulisées à la paroi thoracique qui n’axaient pu 
être guéris, ni par le drainage, ni par des temps 
de thoracoplastie. Ces opérations avaient réduit la 
cavité, . mais ne l’avaient pas supprimée. Dans 
2 cas, il obtint la cicatrisation en laissant à demeure 
un crayon de nitrate d'argent dans le trajet fistn- 
lenx. Dans le troisième cas le résultat fut incom¬ 
plet lors d’une premièi'e tentative; la pose d’un 
deuxième crayon de nitrate d’argent permit d’ob¬ 
tenir la cicatrisation. 

Dans d’antres cas, il utilisa, avec moins de suc¬ 
cès, des solutions de nitrate d’argent au 1/1.50. 
1/2.5 et 1/10. 

Syndrome de Loefüer (ombre radiologique 
fugace et éosinophilie) chez un tuberculeux. 
— .M. E. Delbecq. Un malade a un pneiirnolhonix 
gauche qui a été rendu efficace par une section 
de brides. 

1x11 .Mai 1938 on constate à droite une ombre 
fugace. L’éosinophilie est importante; la euli-réac- 
lion est faiblement positive. L’auteur attribue 
cette ombre fugace à un syndrome de Loeffler. 

Bacillémie précédant un érythème noueux 
apparu au cours d’une granulie froide. — 
M. Jacques Arnaud. Une malade âgée de 50 ans 
entre au sanatorium atleinle de tuberculose pul¬ 
monaire. bilaléralc, ayant l’aspect d’une granulie 
froide. Une hémoeulliiVo sur m'iliou de Peirignagni 
est faite, an moment où la température redevient 
normale. Celle-ci est positive el les repiquages 
donnent des cultures de B. K. 

Ixn Août 1938, la malade est atteinte d’crylhème 
noueux. Une deuxième hémoculture, faite pendant 
l’éruption d’érythème noueux, est négative. Quel¬ 
ques semaines plus tard la malade mourut de 
méningite tuberculeuse. 

Reproduction de nodosités d’érythème noueux 
par des extraits bacillaires chez un malade 
porteur d’érythème noueux. — Chez une jeune 
fille atteinte d'érytheme noueux, M. Jacques 
Arnaud a injecté, dans les téguments sains, un 
extrait protidique de corps bacillaires. Il a produit 
des nodosités analogues à celles de l'érythème 
nouiMix. Il étudie ensuite le mécanisme palhogé- 
nique de celte affection. 

— M. Courcoux a observé un cas d’érythème 
noueux an déeours d’une pleurésie. Six mois plus 
lard, une deuxième poussée do nodosités d’éry¬ 
thème noueux s'est produite. 

— M. E. Bernard rapporte un cas de pleurésie 
récidivant un an plus tatxl. Après la deuxième pleu¬ 


résie. survenue du côté opposé, la malade fit un 
érythème noueux. Au cours de l’éruption la cuti- 
réaction était très positive. 

— M. Jeanneret a observé nn cas d’érythème 
noueux récidivant dont les manifestations éruptives 
,se produisaient avant chaque poussée évolutive de 
tuberculose. 

A propos de l’obstruction de la branche de 
drainage des cavités. — D'après MM. Jean Troi- 
sier et Pierre Chadourne, l’obsiruciion de la 
bronche de drainagx' iiermet à une caverne de 
s’affaisser et de disparaître. Une observation inté¬ 
ressante illustre ce fait. Il s’agit d’une malade 
atteinte de caverne tuborcnlensc béante depuis 
4 ans. Après une phri’-niceclomie. la bronche de 
drainage s’est bouchée, la caverne s’est remplie 
de liquide el elle s’est effacée. Trois semaines plus 
tard, la caverne est reparue, la branche de drai¬ 
nage a recommencé .à sécréter. 

— M. E. Bernard a observé un cas analogue 
et (pii a évolué de la même façon. 

Section de brides à ciel ouvert associée à 
une thoracoplastie. — MM. Dreyfus-Le Foyer 
et R. Etienne rapportent l’observation d’un 
homme de 22 ans chez lecinel la section d’une 
bride à ciel ouvert associée à une thoracoplastie 
a permis l’affaissement complet d’une volumi¬ 
neuse eaverne. Ces deux oiiéralions ont été prati¬ 
quées au cours du même temps opératoire. 

Pour les auteurs, les indications des sections de 
brides à ciel ouvert sont exceptionnelles: c’est en 
présence d’un cas où la section endoscopique d'une 
bride était irréalisidile et un liremier lemps de 
thoracoplastie inefficace qu’ils .«e sont décidés, an 
cours du second temps opératoire, à assoeiru’ les 
deux méthodes. 

Celte observation leur a permis de rappeler cer¬ 
tains points de technique (fermeture de la paroi 
thoracique, hémosta.se) qui dans l’avenir permet¬ 
tront, penl-êlrc, de jiratiquer celle inlerxenlion 
dans les cas où la section endoseopiipio n’csl pas 
réalisable. 

MaUCKL BRO.NGNI.AItr. 


SOCIÉTÉS DE PROVINCE 


Nos lectours trouvoront los comptos rendus in extenso de ces 
SocléLés dans los périodiques suivants : 

Société mêdicilb dks Hôpitaux de Lyon {Lyon médical, 12, 
ruo do la Barro, Lyon. — Prix du numéro : 2 fr.). 

Société de Ceuiurgib de Lyon {Lyon Chimrgical, 120, bou¬ 
levard Saint-Germain. Paris. — Prix du numéro : 20 fr.). 

Société nationale de Médecine et des Sciences médicales 
DE Lyon (Lyon médical, 10, ruo do la Barre, Lyon. -- Prix du 
numéro : 2 fr.). 



Société de Médecine et de CHinunoiE de Bordeaux (Gozeite 
hcUlomndnire des Sciences médicales de Ifordeau.r, S, ruo Paul- 
Berl, Bordeaux. — Prix du numéro ; 0 fr. 17\). 

Société dk MÉorniNi: df N.v’scy (/l’urifc médiralc de \anry, 
4,‘}, rue (ianibolla, Nnurv. — l’rix du nunii-ro : 2 fr. .“0’ 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON 

22 Novembre 1938. 

Traitement de la fièvre de Malte par le ben- 
zyl-amino-benzine-suUamide. — MM. L. Gravier 
et Bérard rapportent une observation de mélito- 
coccie évoluant depuis 4 mois, chez qui la défer¬ 
vescence fut très facilement cl rapidement obtenue 
par l'administration de scplazine. I.a guérison fut 
vérifiée sérologiqncmcnl par l’abaissement du 
taux d’agghilination qui de 1/.500 pa.»sa à 1/250 
et nctuollemcnl est négative à 1/10. 

Insuffisance aortique et athérome. — MM. 
P. Lagèze cl J. Roux. La constatation d’un souf¬ 
fle diasloliquc aorliqne chez nn bnmmc de 77 ans 
qui n’a jamais présenté pendant une longue vie 
de travail manuel la moindre dyspnée d’effort et 
chez lequel on trouve toutes les manifestations cli- 















N" 2 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


31 


niques de ralhéromc pose la question de l'insuffi- 
saneo aortique d’origine athéromateuse. 

Celte lésion n’est pas admise depuis les travaux 
de R. Tripier, de Gallavardin et Gravier, qui ont 
montré que l’alhérome peut quelquefois créer un 
rétrécissement aortique mais jamais une insufli- 
sance des valvules sigmoïdes. 

Les auteurs présentent les pièces correspondant 
à un tel souflle diastolique, avec soufilo systolique 
associé, chez un grand athéromateux. Ils montrent 
combien il est difficile de trancher celte question 
par l’aspect macroscopique des sigmoïdes qui res¬ 
tent lisses, rigides et incapables de s’affronter, sans 
que rien puisse témoigner avec certitude d’une 
atteinte cndocarditique préalable. 

G. DESPiEiinEs. 


SOCIÉTÉ DPCHIRURGIE DE LYON 

24 Novembre 1938. 

A propos du procès-verbal. — M. Delore pra¬ 
tique d’habitude scs gastrectomies suivant le pro¬ 
cédé de lîillroth II. La mortalité est presque réduite 
à 0 et les résultats éloignés sont excellents. Dans 
la discussion des facteurs intervenant pour le déter¬ 
minisme des complications et séquelles de la gas¬ 
trectomie pour ulcère, l’auteur attache une impor¬ 
tance toute particulière aux lésions de gastrite. 11 
considère que la qualité des résultats dépend beau¬ 
coup plus d’une préparation minutieuse du malade 
dans le but do diminuer cette gastrite que de l’uti¬ 
lisation de tel ou tel procédé technique pour enle¬ 
ver l’csloinac. 

Rétrécissement de la voie biliaire principale. 
Cholédocoduodénostomie. — M. Wertheimer. 
Los anastomoses bilio-digostives portant sur la voie 
biliaire principale ont mauvaise réputation. Il est 
cependant des cas où la cholédoco-duodénostomie 
emprunte ses indications à des circonstances de né¬ 
cessité; ceux d’un rélrccissemenl irrémédiable de la 
voie biliaire principale avec vésicule inutilisable ou 
cholécystectomie préalable. C’est en raison d’une 
cholécystectomie préalable que l’anastomose entre 
un cholédoque distendu comme une vessie et le 
duodénum a été pratiquée chez une femme de 
54 ans dans l’observation rapportée par l’auteur. 
Le résultat est bon, mais récent, datant de 4 mois. 

— M. Mallet-Guy faisant allusion aux discussions 
qui se poursuivent sur les résultats éloignés des 
anastomoses de la voie biliaire principale à l'Aca¬ 
démie de Chirurgie insiste sur la nécessité de bien 
séparer ilcii.x ordres de faits : 

Tout d'abord les anastomoses faites .'^clon les in¬ 
dications françaises ou anglo-saxonnes pour sté¬ 
nose directement irrémédiable cl pour lesquelles 
il apparaît bien, sous réserve du caractère disparate 
des statistiques en mosaïque que l’on peut établir, 
que le risque d’angiocholitc ascendante est non 
négligeable. 

D’autre part les cholédoco-duodénostomies telles 
que les réalisent certains chirurgiens allemands 
pour terminer une taille cholédociennc après 
extraction de calculs et dans lesquelles le danger 
d’infection biliaire semble beaucoup plus faible. 
Sans doute faut-il invoquer pour ces anastomoses 
les conditions particulières de fonctionnement que 
leur assure la perméabilité persistante du passage 
vatéricn. 

De toute façon, l'effort de la chirurgie alle¬ 
mande pour améliorer les conditions de traitement 
de la lithiasr- cholédociennc doit être pris en con- 
.sidéralion. 

Volumineux chondrome de l’extrémité supé¬ 
rieure du tibia. — MM. Peycelon et Hutinel 
rapportent une observation de chondrome à im¬ 
plantation sessile sur la face postérieure de l’extré¬ 
mité supérieure du tibia. La tumeur apparue clini¬ 
quement à l’age de 20 ans avait présenté une aug¬ 
mentation progressive de volume ju.squ’à l’âge 
< de 53 ans auquel le malade se fait examiner en rai- 
.'on de la gène mécanique entraînée par les dimen¬ 
sions de la tumeur. Amputation de cuisse. L’examen 
histologique n’est pas fourni, mais on sait les ca¬ 
ractères très aléatoires des tests de malignité histo¬ 
logique dans cette variété de tumeurs. En l’occur¬ 


rence l’accroissement régulier et progressif, l’âge 
du malade incitent à faire quelques réserves sur la 
possibilité d’une dégénérescence. 


SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE 
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON 

23 Novembre 1038. 

Le rétrécissement mitral hypertensil (pré¬ 
sentation de malade). — M. Amie. 

Volumineux lymphosarcome de la face posté¬ 
rieure de la cuisse. — MM. Rpchet, Labry et 
Chattot. 

Section traumatique complète du radial au- 
dessus du coude; suture immédiate. Régénéra¬ 
tion en quatre mois. — M. de Girardier. 

II. C.VV.VILIIEH. 


SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE DE LYON 

21 Novembre 1938. 

Etude expérimentale sur les effets de parti¬ 
cules de permutite sur le tissu pulmonaire. — 
M. A, Policard. La permutite, silicate double 
d’aluminium et do sodium obtenu par synthèse, a 
la propriété d'absorber le calcium des milieux où 
elle se trouve en l’échangeant contre ses ions so¬ 
dium. Absorbée par inhalation sous forme de fines 
poussières, la permutite provoque au niveau du 
poumon un afflux considérable de monocytes et 
des modifications cytologiques considérables au ni¬ 
veau de CCS cellules. Ces faits expérimentaux ont 
de l’intérêt en ce qui concerne le mécanisme d’ac¬ 
tion des silicates dans les pneumoconioses. 

SOCIÉTÉ DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 
DE BORDEAUX 

Octobre 1938. 

Présence de principes mélanophorodilatateur 
et gonadotrope dans les urines d’un sujet atteint 
de maladie d’Addison. — MM. R. Saric, L. Ser- 
vantie et If allai rapportent l’observation d’un 
sujet de 29 ans, tuberculeux pulmonaire, atteint 
d'une maladie d’.\ddison cliniquement des phis 
typiques. 

Dans les urines se trouvaient . 1° un principe 
mélanophorodilatateur (technique de Collin sur 
Rana Icmporaria non hypophysectomiséc) ; 2“ un 
principe gonadotrope (technique de Rronha-l'ricd- 

Les auteurs rapprochent ce cas des observations 
constatant la présence d’hormones hypophysaires 
dans les urines de sujets atteints de cirrhose bion- 
zée. Ils SC demandent si ce cas ne pourrait être 
considéré comme la réplique surrénalienne des 
observations constatant l’augmentation des hor¬ 
mones pituitaires en circulation, après suppression 
chirurgicale ou fonctionnelle des glandes génitales 
ou du corps thyroïde. 

Hématome intradural post-traumatique. Hé¬ 
miplégie homolatérale. Ventriculographie. In¬ 
tervention. Guérison. — MM. Louis Pouyanne, 
M. Bergouignan et Lafon. Observation d’héma¬ 
tome intradural droit post-traumatique, d’évolu¬ 
tion typique ayant abouti, au bout de quinze jours, 
au coma avec hémiplégie droite et paralysie du 
moteur oculaire commun droit. La venlriculogra- 
phie occipitale a permis le diagnostic de locali.sa- 
tion et l’intervention curatrice. 

Le mécanisme de l’hémiplégie homolatérale, 
assez fréKjuemment rencontrée dans ces cas, reste 
mystérieux. Les autours discutent quelques-unes des 
hypothèses soulevées. Quant à la paralysie tran¬ 
sitoire du III, qui a évolué parallèlement à l’héma- 
loine, elle ne peut manquer, dans celle observation, 
d’clre rapprochée de la mydriase homolatérale 
classique: si ce rapprochement est valable, l’hypo¬ 
thèse d’une action directe inhibitrice sur les fibres 
irido-convtriciricos cheminaul dan» le tronc rhi 111 


(Mac Creery cl Rony) p;iraîl être la meilleure expli¬ 
cation de la mydriase unilatérale dans les héma¬ 
tomes inlra-craniens. 

Diabète bronzé insulino-résistant. — MM. 
R. Saric, M. Bergouignan cl J. Vallat rapportent 
un cas de diabète bronzé chez un homme de 35 ans. 
La résistance vis-à-vis du traitement insulinique, 
manifeste au point de vue clinique, était objecti¬ 
vée biologiquement par la réduction nette de la 
courbe d'hyiioglycémie insulinique. On fut obligé 
d’augmenter les doses d'insuline jusqu’à 90 unités 
pour réduire à peu près eomplèlenient la glycosu¬ 
rie ; cette réduction se fil dès lors brusquement. 
Dans celte deuxième période les courbes d’hypo¬ 
glycémie provoquée étaient superposables aux pre¬ 
mières, montrant bien que l’insulino-résislance, 
ainsi appréciée, persistait toujours égale. 'Les au¬ 
teurs rapprochent ce cas d'un autre cas publié 
récemment de diabète acromégalique insulino-résis- 
lant, dans lequel les épreuves d’hypoglycémie pro¬ 
voquée par l’insuline avaimit donné des résultats 
analogues. 

Guérison spontanée du xanthélasma. — 
M. GinestOUS, citant son aulo-observalion, signale, 
qu’ayant été mis à une cure de jeiïnc rigoureuse 
pour une affection gastro-hépatique, le xanthélasma 
qu’il présentait au niveau de la paupière supiérieurc 
gauche disparut après celle cure. 

Les rapports de celle néoformation palpébrale 
avec les affections hépatiques ont été depuis long¬ 
temps signalés. 

M. Ginestous. en signalant que le xanihélasina 
palpébral dont il était atteint a disparu spontané¬ 
ment au moment de la régression de phénomènes 
gaslro-duodénaux graves, ajonic que, d’après la 
thèse de Donrnay, le xanihélasina ne régresse pas 
ou à peine et ne disparaît, pour ainsi dire, jamais 
spontanément. 

Sur quelques cas de résection endoscopique 
de la prostate. — M. Guy Renaud présente les 
résultats qu'il a obtenus sur 12 malades opérés dans 
le service du professeur Duvergey. La plupart des 
malades avaient soit des adénomes inlravésicaux 
typiques avec petite proslalc, soit des lares (âge, 
fatigue générale, maladies incurables). 

Trois sont morts : un de broncliopneumonie [lost- 
opéraloire (après anesthésie générale), un do dila¬ 
tation aiguë de l’estomac post-opératoire, un 
d’hémorragie cérébrale trois mois après une résec¬ 
tion qu’il avait parfaitomenl supportée. 

Les 9 autres (le l'”' âgé de 80 ans est opéré depuis 
2 ans, le dernier depuis 9 mois'i sont tons pralique- 

ni de pollakiurie; leur liospit.disalion a été en 
moyenne de 15 à 30 jours; elle peut être facile¬ 
ment écourtée. La rachi ou ranesibésie épidurale 
suffisent presque toujours: aucun des malades n’a 
présenté d’infection vésicale à condition de mainte¬ 
nir correclcmenl la sonde iirélrale et de désinfecter 
soigneusement la ves-sie. 

La résection transurétrale est difficile à cause de 
l’oulillage cl de l'apprentissage ipTil faut faire, 
mais elle est bénigne en des mains exercées et pru¬ 
dentes. 

Dans les dyscelasies du col. (, est l’opération de 
choix, car les suites opératoires sont bien plus sim¬ 
ples (pie par la voie transvésicale. Dans les adé¬ 
nomes, l’opération est moins complète que la jnos- 
tatectomie; elle sera réservée aux cas de petite 
prostate, aux n 1 I f t t In évitant 

la prostatectomie, elb' permet de ne plus envisager 
ectle infirmité icrnble qu esi la cystostomie défi- 

.\. CttABÉ. 


SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE NANCY 

9 Novembre 1938. 

Rupture du foie. — M. P. Conet. Enfant de 
13 ans serré entre dettx voilurc.s au niveau de la 
ntgion thoraco-abdominale. Etat de sbock. Signes 
d’hémorragie interne. Violente contracture abdo¬ 
minale. L’intervention montre une fissure transver¬ 
sale au niveau du dôme hépaliqtie ; en arrière se 
trouve une autre lésion, origine d’une hémorragie 
rnoiuiçanle. Tamponnement à l’aide d'itn ehanip. 








32 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


N“ 2 


Trfinsfusion. Fistule biliaire abondante qui ne ae 
tarit qu'au bout de 3 mois. Actuellement guérison 
complète. 

Leucose aiguë benzolique. — M.\I. Perrin, 
Kissel et Pierquin rapportent l’observation d’une 
malade professionnellement into.xiquée par le 
benzol, qui mourut après avoir présenté le tableau 
clinique et hématologiquc d’une alcucic hémorragi- 

11 s'agissait, en réalité, comme le montra seul 
le myélogramme, d’une leucose aiguë avec granu¬ 
locytopénie apparente. 

Les auteurs estiment que les observations de leu¬ 
cémies benzoliques seraient moins rares (8 cas 
dans la litléralurc) si le myélogramme était systé¬ 
matiquement pratiqué au cours des hémopathies 
benzoliques; ils ont conslaté, en effet, des réac¬ 
tions leucoblasliques et érythroblastiqiies de la 
moelle osseuse, dans d’autres cas d'hémopalhie 
benzolique observés par eux. Ils disculent, en ter¬ 
minant, des rapports de ce syndrome leucosique et 
de i’infection, l’hémoculture ayant révélé la pré¬ 
sence, dans le sang de la malade, de streptocoque 
hémolytique. 

Réflexions sur Victère catarrhal. — M. P. 
Melnotte. 1” Dans 17 observations d'ictère catar¬ 
rhal, le dosage du cholestérol sanguin à la phase 
préictériquo ou dans les lout premiers jours de 
l'ictèrc monlrc une hypocholestérolémie souvent 
inférieure à 1 g. pour 1.000, qui fait place en¬ 
suite à l’hypccholcstéi'olémie classique. 

2° L’ictère catarrhal peut entraîner « l’anergie 
hépatique », comme le montrent, à défaut de néga- 
tivation de cutiréartions positives, 3 évolutions 
tuberculeuses dont une mortelle succédant à des 
ictères catarrhaux. 

Un cas curieux d’ascaridiose. — MM. P. Mel¬ 
notte, R. Trial et J. Royer rapportent l’obser¬ 
vation d’un malade ayant présenté des troubles di¬ 
gestifs depuis plusieurs années avec amaigrissement 
prononcé et glycosurie légère. La présence d'ecufs 
d’Ascaris dans les selles, la constatation d’une 
ascaridiose radiologique légitiment un traitement 
par la sanlonine, qui amène l’expidsion do 5 para¬ 
sites, fait disparaître les trotddes intestinaux, la 
glycosurie et rétablit l’état général. 

Adênolymphoïdite aiguë prurigène. — MM. P. 
Kissel et F. Lepoire rapportent l’observation rFun 
enfant de 13 ans qid, au cours 'd’une adénolym- 
phoïdilo aiguë bénigne, pré.senta un prurit du type 
du prurit lymph.idénique. Les auteurs étudient la 
pathogénic de ce symptôme, et insistent sur les dif¬ 
ficultés de diagnostic avec les diverses hémopathies 
prnrigèncs. 

Phénomènes de bloc au cours de la myo¬ 
cardite rhumatismale sans endocardite orUi- 
cielle. — MM. Louis Mathier, Laborie, Girard 
et Démangé rapportent 3 cas de bloc au cours 
de myocardite rhumatismale chez des malades 
exempts de tout signe d’atteinte valvulaire; dans 
les 2 premiers cas il s’agissait de dissociation auri- 


REVUE DES THÈSES 


THÈSES DE PARIS 

Pierre Babeau. De l’eiûeacité dans le pneu¬ 
mothorax artificiel. Moyens de le réaliser. 
L’oléothorax irritatif [Legrand, éditeur). Paris. 
— CetU' thèse vient à l’appui de la conception 
actuellcinent défendue par beaucoup de phtisiolo¬ 
gues: qu’un pneumothorax doit être établi aussi 
rapidement que possible cl que son efficacité doit 
être très vite obtenue. Selon 15.. lout pneu¬ 
mothorax qui dans les trois mois n’a pas réalisé 
ce qu’on allendail de lui nécessite une interven¬ 
tion complémentaire. 11 convient d’abord, dans ce 
cas, de rechercher systématiquement les adhéren¬ 
ces pour les supprimer s’il y a lieu. Lorsque l’iner¬ 
tie pulmonaire est en cause, et en l’absence de 
brides, on doit envisager l’irritation de la plèvre 
par injection intra-pleurale de liquide. 


oulo-vcnlriculairc ; de type variable chez le premier 
des deux elle affectait tantôt une périodicité de type 
\5enckebach-Lueiani, tantôt un bloc inlcrmillenl, 
laulôt un allongement simple du temps de conduc¬ 
tion auriculo-venlriculairc; chez le 2'' il existait 
un bloc inlermillent ; enfin, chez le 3” on a observé 
un aspect transitoire de bloc de tranche sur l’e.c.g. 

Tous CCS troubles ont cédé rapidement à la mé¬ 
dication salicylée intensive (par voie veineuse). 

Le myélogramme dans les hémopathies ben¬ 
zoliques. — De l'élude de 5 cas d’hémopathies 
benzoliques, M.M. Perrin, Kissel et Pierquin 
concluent qu’à un même tableau d’anémie, avec 
hémorragies et hypogranulocytose, peuvent corres¬ 
pondre des aspects de la moelle osseuse différents: 
aplasie médullaire, leucose aiguë, réactions myélo¬ 
blastique cl érytbroblastique. 

Ulcère perforé du cæcum. Intervention. Gué¬ 
rison. — M.M. André Binet, Boron et Pénin. 
Observalion d’un jeune soldat de 22 ans qui fait 
au niveau de l’exlrémilé terminale du cæcum une 
perforation des dimensions d’une pièce de 50 cen- 
limes. Celle perforation s’est erfceluée en 2 élapes, 
séparées par un intervalle de 5 heures. L’opération 
a consisté en un double enfouissement de la perfo¬ 
ration au lil de lin fin avec drainage à la MiUulicz. 
La guérison a été obtenue sans incident. Le m[dailc 
avait subi 4 années auparavant une appendieecto- 
mie pour appeiulieile gangréneuse. 

Corps étranger de la langue. — M. P. Corret. 
A la suite d’une chute, un enfant de 9 ans se casse 
une dent. Un mois après on coiistale à la face dor¬ 
sale de la langue une petite tumeur frnmboi.séc dont 
l’orifice laisse sourdre un liquide séro-purulcnl. 
Extraction d’un fragment de dent qui' s’était cn- 
kyslé dans la langue. 

Lésion traumatique des circonvolutions pré- 
irontales du côté droit. Déficit moteur et vesti- 
bulaire important homolatéral. Symptômes de 
la série extrapyramidale; persévération tonique 
et signe du biceps de ce côté. — M. A. Rouquier. 
Un malade présente tous les symptômes du syn¬ 
drome moteur des circonvolutions préfrontales 
consécutivement à un coup de pied de cheval de la 
région préfrontale droite. Ce sont des troubles mo¬ 
teurs cl des signes de déficit vcslibulaircs du côté 
de la lésion avec signe de parkinsonisme superposé : 
hypertonie statique, persévération tonique, brady- 
kinésic et léger tremblement statique homo-latcral. 
Cette observation se superpose sur 38 observations 
que l’auteur a recueillies dans son service de neuro¬ 
psychiatrie. 

Un cas d’hermaphrodisme androgynoïde. — 
MM. André Binet et Démangé. L’indiviilu qui 
fait l’objet de celte présenlalion offre dans son 
ensemble un habitus général assez franchement 
mascidin. La verge est assez bien développée, les 
bourses renferment chacune un testicule. Mais le 
sujet, est pourvu de glandes mammaires volumi¬ 
neuses et d’un vagin rudimentaire. 11 avait d’ail¬ 
leurs profilé de la présenee de ce récessus anor¬ 
mal pour y dissimuler une bague volée. 


Les auteurs attirent l’attention sur l’opportunité 
des interventions chirurgicales chez les gynéco- 
maslcs et chez les hermaphrodites andro-gynoïdes. 

Un certain nombre do ces sujets tiennent à con¬ 
server leur apparence sexuelle équivoque, soit 
qu’ils gagnent leur vie en s’exhibant en public, 
soit qu’ils tirent parti de leur dimorphisme sexuel 
pour se livrer à la prostitution. 

iMais d’autres réclament l’intervention et le chi¬ 
rurgien doit s’efforcer de normaliser leur morpho¬ 
logie. 

Calcification d’un ménisque du genou. Extir¬ 
pation. Guérison. — M. P. Corret. Une radio¬ 
graphie du genou montre chez une femme de 
24 ans une image qui paraît être un corps étranger 
banal au niveau de l’épine tibiale externe. 

Artliroloniie transrolulieniie transversale: pas do 
corps étranger, mais le ménisque externe très mo¬ 
bile est extirpé. Nodosité à su corne antérieure. 
Bon résultat. 

L’auteur insi.sie sur la symplomalologie : douleur 
vague, démarche en rotation interne, pied en 
équinisme, pas de blocage. 

Stéréose sous-vaiérienne du duodénum et 
appendicite. — M. A. Guillemin. Que la stéréose 
du duodénum soit extrinsèque ou intrinsèque, c’est 
Il radiographie en série qui sera l’élément essentiel 
de diagnostic car la manifestation clinique n’est pas 
assez caractéristique pour la reconnaître de façon 

L’observation rapportée concerne une femme de 
34 ans qui présentait une forme duodéno-gaslrique 
avec symptomatologie ulcéreuse sur laquelle s’est 
greffée une crise appendiculaire aiguë. 

La duodéno-jéjunostomie a permis de guérir la 
malade en évitant le transit sous la portion duodé- 
nale aplatie par la colica media 
Un cas de méningite à staphylocoque. — 
M.M. Abel, Verrain et Jacops communiquent 
l’observation d’un malade qui, après la guérison 
d’un furoncle de la nuque, a présenté une période 
fébrile do 10 jours, ayant l’apparence d’un état 
grippal, suivie d’une réaction trompeuse de 3 ou 
4 jours, puis d’une méningite aiguë avec prédomi¬ 
nance des signes spéciaux. L’examen direct et la 
culture du liquide céphalo-rachidien ont montré la 
présence dans ce liquide de très nombreux staphy¬ 
locoques blancs. L’injection irdraraehidienne de 
2 ampoules de baclé-slaphy-phago a entraîné la sté¬ 
rilisation du liquide de ponction lombaire, en 
même temps que la chute de la température et la 
sédation des signes généraux sans influencer les 
phénomènes méningés. T.e liquide de ponction 
soiis-ocripitalo s’est montré à son tour très riche 
en staphylocoques et l’infection a gagné la moelle, 
déterminant une hémiplégie droite, puis une qua- 
driplégie. Dans une dernière phase, la fièvre et les 
phénomènes généraux ont réapparu, iiccompagnés 
de rcxpccloralion de crachats sanglants où pullu¬ 
laient les staphylocoques. En résumé, méningite, 
puis méningo-mycülc staphylococciques, précédées 
cl suivies de staphylococcie. 

Jfan GinARD. 


15. publie plusieurs observations favorables à 
cette méthode, et dans lesquelles à la suite d’une 
irritation pleurale par injections liquidiennes on 
vil disparaître des cavités jusqu’alors incompressi¬ 
bles ou SC tarir une oxpccloralion bacillifère. 

11 liasse en revue les divers liquides dont on 
peut se servir: sérum hypertonique, solutions de 
sels d’or, huile goménobie. Il préfère cette der¬ 
nière dont l’action est plus durable et qui, maniée 
avec prudence, évite toute réaction violente. 

Micheline Robin. Le nanisme exostosique 
{JoiU'c et C*", édit.), Paris, 1938. — Lorsque la 
maladie des e.xosloscs ostéogéniques est intense, 
elle s’accompagne d’une petite taille et d’un rac¬ 
courcissement asymétrique des membres avec inté¬ 
grité du tronc, réalisant une sorte de nanisme. 
M'“'' 15. apporte une observation inédite de ce 
syndrome et 4 observations antérieures qui per¬ 
mettent de donner au nanisme exostosique une 
individualité clinique, en tant que forme extrême 
de la maladie cxoslosante. 


Les exostoses sont le symptôme le plus apparent 
de la maladie, mais elles s’accompagnent d’arrêts 
de croissance et de déformation.? de divers o« (cubi¬ 
tus, radius, clavicule, métacarpiens, omoplate, 
phalanges). 

La maladie exostosanto est une maladie de l’os- 
léogénèsc qu’il faut rapprocher des autres mala¬ 
dies de ce groupe: des cnchondromcs, de l’achon¬ 
droplasie, de la dysehondrosléose de Léri. Ces 
diverses affections ont eu leur individualité mais 
elles s’associent parfois chez le même malade, La 
taille dos sujets qui en sont atteints demeure petite. 
On trouve dans la maladie des exostoses ostéogé¬ 
niques, quelques déformations : macrocéphalie, en- 
sellurc lombaire, courbure des humérus et du 
cubitus, isodaclylic, considérées comme caractéris¬ 
tiques de la maladie de Pierre-Mario. Dans celle-ci, 
on constate parfois des exostoses. 

La maladie des exostoses ostéogéniques est héré¬ 
ditaires cl familiale; il faut la ranger dans les ma¬ 
ladies du génotype. . 

RonETcr Clément.. 



N“ 2 


7 Janvier 1939 


PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE” 


N- 476. 

Un cas très précoce 
d’artérite syphilitique cérébrale 

Par J.-A. CiuvANY, 

Médecin de l'HùpUüI de Bon-Secours. 


Les complications nerveuses ,el spécialement 
cérébrales de la syphilis, qu’elles soient d’ordre 
artériel ou d’ordre parenchymateux, sont habi¬ 
tuellement le fait d’infection treponémique, 
plus ou moins ancienne, et c’est par années, par 
lustres, voire môme décades, que se chiffre le 
délai qui sépare l’accident initial infectant et les 
manifestations nerveuses qu’on peut justement 
lui imputer. Le raccourcissement, pcul-on dire, 
exceptionnel de ce délai rend l’observation sui¬ 
vante tout à fait intéressante. 


Un jeune ouvrier imprimeur de 29 ans, inlelli- 
pent, à l’esprit ouvert et qui nous raconte avec une 
objectivité parfaite son cas et scs détails, nous est 
adressé, le 3 Octobre 1935, pour un état hémiparé- 
tique droit, ayant débuté sept semaines auparavant 
cl s’étant compliqué de crises d’épilepsie bravais- 
jacksonienne du meme côté. 

Voici l’histoire do sa maladie; elle est brève. En 
Avril 1935, il a présenté un chancre du prépuce; il 
l’a soigné avec des lotions et des poudres pcnd.ant 
un certain nombre de jours et, voyant que la cica¬ 
trisation ne s’effectuait pas, il s’est décidé à aller 
consulter un médecin; on mettait alors en évidence, 
outre les tréponèmes à l’examen direct, une réac¬ 
tion de Bordel-Wassermann faiblement positive 
dans le sérum sanguin. 11 est, dès ce moment, 
.soumis à un traitement mixte très énergique à base 
de cyanure de mercure et de novarsénobenzol intra¬ 
veineux. Une telle cure d’attaque se poursuit pon¬ 
dant six semaines (12 cg. de HgCy et 7 g, de novar). 
Durant les mois de Juillet et d’Aoûf, G... fait une 
cure buccale ininterrompue d’un produit à base de 
bi-iodiirc d’iiydrargyrc. Pendant tout ce temps, il 
ne se plaint do rien et il ne voit apparaître ni 
ro.séolc, ni aceidents muqueux. Les choses se 
gâtent au début du mois de Septembre. 11 est à ce 
moment pris d’une céphalée Jronlo-pariélale droite 
pongitive et localisée, se manifestant par paro¬ 
xysmes violents, mais très courts. Durant une 
minute environ, plus de 20 fois dans la journée, 
ce point céphalalgique le reprend, aussi bien le 
malin que dans l’après-midi, mais jamais dans la 
nuit. Un tel épisode céphalalgique localisé et dis¬ 
continu dure environ huit jours. 

Le .0 Septembre, le sujet s’aperçoit que sa jambe 
droite traîne légèrement, qu’elle est plus molle que 
celle du côté opposé et qu’en outre elle se fatigue 
très rapidement. En s’observant lui-même, il se 
rend compte que les doigts de son pied droit se 
mobilisent avec peine sous l’influence de la volonté. 
Il n’a rien constaté de semblable du côté opposé. 
Il s’est donc produit, insidieusement et à bas bruit, 

• sans ictus, sans que le sujet s’en aperçoive, un 
trouble pyramidal dcjicitaire localisé au membre 
inférieur droit. Il va trouver un médecin auquel il 
narre ses antécédents et qui lui commence, sur-le- 
champ, une série de cyanure, à raison d’une piqûre 
de 1 cg. tous les deux jours. 

Le 13 Septembre, sur ce fond déficitaire mono- 
parétique, apparition d’un phénomène excilo- 
moteur impressionnant. Vers 16 h. 30, il travaillait 
tranquillement dans son atelier, car la faiblesse de 
sa jambe lui avait paru trop minime pour inter¬ 
rompre ses occupations. Brusquement, il sent sa 
jambe droite fléchir sous le poids de son corps ; il 
s’agrippe, pour ne pas tomber, à la machine sur 
laquelle il est occupé cl, presque immédiatement 


après, toute l’extrémité du membre inférieur droit 
s’anime de secousses cloniques d’intensité beaucoup 
plus considérable au pied qu’à la jambe. Cela dure 
quelques secondes, durant lesquelles il conserve sa 
complète lucidité ; il a le temps d’arrêter sa 
machine et d’appeler un camarade à l’aide. Puis, 
d’un coup, sa conscience s’obscurcit, il tombe tout 
d’une masse et le voici à terre entièrement raidi cl 
les mâchoires contractées. Sa face cl ses lèvres se 
cyanosent et, pendant deux minutes environ, il ne 
fait aucun mouvement. Puis son corps se détend et 
il SC met à ronfler comme un dormeur. Au bout 
d’un quart d’heure, il se réveille un peu obnubilé 
et dit,, sans aucun trouble du langage, se souvenir 
parfaitement de tout le début de la crise jusqu’à 
la chute. II s’agit donc d’un accès bravais-jactiso- 
nien des plus typiques. A noter toutefois que, pen¬ 
dant la période d’inconscience, il s’osl mordu la 
langue. Il sc lève, va aux lavabos, mais il doit être 
soutenu, car sa jambe droite est plus faible encore 
qu’avant la crise. Tout semble rentré dans l’ordre 
quand, au bout de dix minutes, il refait une crise 
absolument calquée sur la précédente ; début 
conscient à topographie crurale distale, puis géné¬ 
ralisation du phénomène avec raptus psychique. 
Le scénario est identiquement le même et de durée 
semblable. Après ces deux crises consécutives. G... 
se plaint de céphalée diffuse. Sa jambe droite le 
portant à peine, il décide de sc faire hospitaliser 
et il entre, le même jour, dans un service de méde¬ 
cine générale. 

Le, surlendemain, 15 Septembre, il sc lève par 
deux fois et effectue deux petites promenades dans 
Il salle, en sc tenant aux lits voisins. A la fin de la 
seconde, nouveau paro.Tysme convulsif; mais celui- 
ci, quoique modifié dans son étendue, va rcslci 
strictement localisé, bravais-jacksonien, et n'abou¬ 
tira même pas à la perle de connaissance. La crise 
débute encore par des secousses de la jambe droite; 
il peut cependant aller jusqu’à son lit où on le 
couche. Une fois G... allongé, la crise gagne le 
membre supérieur droit: le poignet et les doigts 
se fléchissent cl le bras, raidi en extension, s’anime 
da mouvements cloniques ininterrompus. Quelques 
secondes plus lard, l’hémi-face droite sc met à gri¬ 
macer; à ce moment, le sujet pâlit, mais sa 
conscience reste intacte. En deux minutes, tout est 
fini. Après la crise, la jambe droite est toujours 
de plus en plus faible, mais le bras du mêmi> côté 
ne présente aucune impotence fonctionnelle. 

C’est seulement trois jours plus tard, le IS .Sep¬ 
tembre, que le sujet, sans aucune crise préalable, 
commence à noter des signes de déficit de son 
membre supérieur droit. Tous les mouvements sont 
possibles, mais ils s’effectuent sans aucune vigueur. 
Tout le membre supérieur est mou, hypotonique, 
et le mouvement ne se déroule que par saccades. 
On dirait « d’un membre de polichinelle ». La 
préhension des objets est très troublée, l’écriture 
impossible. Un tel étal parétique, ne s’accompa¬ 
gnant d’aucun trouble de la notion de position, 
ni du sens stéréognoslique, va persister pendant 
une semaine environ, puis, petit à petit, la force 
revient partiellement; il subsiste au niveau de la 
main et, surtout, des doigts, une maladresse no¬ 
table, et, vers le quinzième jour, si G... peut se 
raser lui-même, il ne peut pas encore écrire. 

Parallèlement à ccl épisode brachial, la faiblesse 
do la jambe s’est accentuée, conrinant le sujet au 
lit. De même s’csl installé un léger trouble du lan¬ 
gage, du type surtout dysarihrique. G... n’a perdu, 
en aucune façon, son vocabulaire, il ne jargonne 
pas, il comprend et exécute parfaitement les ordres 
parlés cl écrits, mais il prononce difficilement cer¬ 
tains mots, achoppe sur certaines syllabes et se 
fatigue vile au cours d’une conversation. 

Il n’existait, par ailleurs, aucune perturbation du 
côté des yeux ou des oreilles, pas de hoquet, pas 
de troubles génito-urinaires, nulle somnolence, pas 
do trace de polyurie, ni de polydypsie. Bordet- 
Wassermann négatif dans une ponction lombaire 
pratiquée le 20 Septembre; le liquide céphalo-rachi¬ 
dien sc serait révélé normal à tous égards. 

Pendant les quarante fours suivants, le malade 
est soumis à un traitement hydrargyque énergique 


(cyanure intra-veineux et bi-iodure inlra-rniiscu- 
laire). Son étal roslaut stationnaire, il nous est 
adressé pour examen cl avis, en particulier dans le 
but d’éliminer la possibilité d’une tumeur céré- 

Le 3 Novembre 1935, c’est un hémiparélique 
droit que nous avons en face de nous. Il tient à 
peine debout et n’ébauche que quelques pas avec 
une aide. Sa déficience motrice, plus marquée au 
membre inférieur qu’au membre supérieur, prédo¬ 
mine nctlemont sur le segment distal de ces deux 
membres. C’est ainsi que s’il ne peut effectuer des 
inouvcmcnls volontaires des doigts de pied cl du 
cou-de-pied, s’il fléchit mal le genou, il l’étend 
avec une certaine force et parvient, quoique as.sez 
péniblement, à soulever le talon au-dessus du plan 
du lit. Le membre supérieur est moins louché; 
seuls les mouvements du poignet cl des doigts sont 
plus faibles que ceux du côté opposé ; ceux de 
l’avanl-bras et du bras sont subnormaux. Ebauche 
légère, mais nette, de paralysie faciale droite, de 
type central prédominant sur le facial inférieur. La 
paralysie est flasque cl hypotonique nu membre 
supérieur, légèrement hypertonique (en extension), 
par contre, au membre inférieur. 

Les réflexes tendineux sont tous plus vifs au 
membre supérieur droit qu’au membre supérieur 
gauche; ils sont très vifs des deux côtés (mais non 
polycinétiques) aux membres inférieurs. On met en 
évidence, à droite, un clonus inépuisable. Le réflexe 
cutané plantaire se produit en extension à droite 
(mais cela d’une manière inicrmilicntc), il est lola- 
Icmenl indifférent à gauche. Le réflexe crémastérien, 
net à gauche, est plus faible à droite, les cutanés 
abdominaux existent des deux côtés. 

On n’cnregislre aucune perturbation subjective 
de la sensibilité (douleurs ou paresthésies), ni aucun 
trouble objectif d’aucun des modes sensitifs. 

La séméiologie cérébelleuse est muette; le trouble 
apparent do la coordination des mouvements du 
membre supérieur droit est seulement le fait de 
l’étal parétique, qui vient rompre l’harmonie de 
contraction des antagonistes, entraînant de la sorte 
une maladresse des plus notables. 

Un certain nombre d’examens particuliers s’impo¬ 
saient. l.’examen des yeux montrait une motilité 
normale des globes oc\ilaires, des pupilles égales 
et régulières, réagissant convenablement, une acuité 
visuelle normale, rhais un aspect à surveiller du 
fond d’œil, sous forme de veines dilatées sans 
oedème (à la date du 10 Octobre). L’examen laby¬ 
rinthique s’avérait négatif. Toutes les paires cr⬠
niennes étaient normales, en dehors du facial droit 
frappé de parésie centrale. 

La radiographie stéréoscopique du crâne ne mon¬ 
trait aucune image anormale pouvant mettre sur la 
piste d’un syndrome d’hypertension inira-cranienne 
plus ou moins ancien, aucun flou des parois pouvant 
faire penser à un processus périosté quelconque, 
aucune anomalie de la selle turcique. 

L’examen splanchnique sc révélait totalement 
négatif. Rien du côté du cœur, ni de l’aorte. Ten¬ 
sion artérielle à 13 et 9. Foie, tube digestif, pou¬ 
mons normaux. Léger taux de pâleur anémique avec 
4.000.000 d’hématies, 7.200 globules blancs et 
80 p. 100 d’hémoglobine. 

En dehors de l’infection Iréponcmique toute 
récente, rien de suspect dans les antécédents du 
sujet sobre et travailleur. Père et mère bien por¬ 
tants. Marié et père d’une fillette île 3 ans. 

Le 15 Novembre, ayant éliminé l’hypothèse d’une 
tumeur cérébrale, on pratique une nouvelle ponc¬ 
tion lombaire qui donne: albumine = 0 g. 22; 
éléments figurés = 15 lymphocytes par millimètre 
cube à la cellule de Nageotle. Benjoin négatif. Bor¬ 
del-Wassermann négatif. Réactions de Takala-Ara, 
de Pandy et de Weichbrodt négatives. Par contre, 
à la même date, les réactions sanguines étaient les 
suivantes : 

Wassermann avec extrait simple, négatif —. 

Wassermann avec extrait cholesiériné, posi¬ 
tif H—I—I-. 

Calmelie-Massol, positif partiel -f. 

Kahn (Standard), positif partiel -f-b. 



34 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi. 7 Janvier 193 ^ 


N* 2 


Dès son entrée dans le service, on avait mis en 
œuvre un traitement bisniulliiqiie. 

G... allait rapidement s’améliorer au point de vue 
clinique dans les trois semaines suivantes. L’état 
parétique droit diminuait progressivement ; la 
jambe droite reprenait sa force et la main son 
adresse. Il ne devait plus se reproduire de crises 
bravais-jacksoniennes. 

A l’examen du 2.'f Novembre, il ne présentait 
plus que des séquelles infimes de sa lésion pyrami¬ 
dale, sous forme d'une légère hypcrréfleetivité ten¬ 
dineuse à droite et d’un signe de Babinski inter¬ 
mittent du même côté, mais la force musculaire 
segmentaire était redevenue quasiment normale. 
Aussi G... demandait-il son exeai pour reprendre 
immédiatement son travail. 

Depuis trois ans que nous suivons régulièrement 
ce malade, il n'a présenté absolument aucun acci¬ 
dent nouveau. Le seul fait qui mérite d’être retenu 
est la ténacité du trouble de ses réactions saniiuines, 
que l’on arrive difficilement à négativer d’une façon 
complète et qui redeviennent positives ou positives 
partielles dès qu’on espace un peu trop les cures 
médicamenteuses. Le dernier point à noter est la 
persistance, depuis trois ans, de la dilatation des 
veines de son fond d’œil, sans cliangcmenl d’aucune 
sorte, ce q\d vient démontrer qu'on était en face 
d’un état physiologique normal. 

En résumé, un sujet de 29 ans, sans tares anté¬ 
rieures, viscérales ou vasculaires, contracte la syphi¬ 
lis en Aviil 1935. Avec un léger temps perdu au 
début, il est très régulièrenu-nt traité pendant deux 
mois et demi, puis mis deux autres mois à un traite¬ 
ment d’entretien per os. Un peu moins de cinq 
mois après l’accident infectant, à la reprise d’un 
traitement intra-veineux motivé par une poussée 
céphalalgique, il amorce, sans ictus, une monoplégie 
crurale qui ne se complétera que neuf jours plus 
tard, toujours insidieusement, par ratteinte du bras 
droit, de l'hémiface, et par nn léger taux de dysar- 
Ihric. Donc, constitution fragmentaire d’un état 
hémiplégique organique, se corsant semeiologique- 
menl par la survenue, entre l’atteinte de la 
jambe et celle du bras, de trois crises bravais- 
jacksoniennes à début crural et du même côté que 
le déficit moteur. Une telle perturbation pyramidale 
va évoluer, en soiæante-dU jours, vers une guérison 
fonctionnelle totale. Aucun accident nerveux noii- 


Une telle observation, digne d'être rapportée, 
ne serait-ce que par sa rareté, appelle, è noire 
sens, toute une série de commentaires d’ordres 
divers mais d’un égal intérêt. 

La première réflexion qu’elle suggère est 
d’ordre purement pratique et a trait au pro¬ 
blème du diagnostic étiologique d'un tel cas. 
Survenant au cours d’une syphilis 5 peine vieille 
de cinq mois, de tels accidents nerveux pouvaient 
légitimement ne pas être imputés d’emblée à 
la vérole; c’est ce qu'estimèrent les médecins 
distingués qui virent le malade en premier lieu 
et qui nous l’adressèrent, craignant une tumeur 
cérébrale. La progressivité d’installation du défi¬ 
cit moteur commençant par un seul membre, 
son peu d’mtenstté relative de début, ne sont-ce 
pas là des caractères intrinsèques importants de 
l’hémiplégie néoplasiqueEt la concomitance 
de troubles excito-moleurs bravais-jacksoniens ne 
venait-elle pas renforcer, dans une impression¬ 
nante mesure, la présomption tumorale .f La phase 
paralytique ayant ouvert la scène, il était logique 
de craindre le dévc’oppement intra-cranien d’une 
tumeur maligne. Avec A. Plaça ‘ nous avons, 
ici môme, à l’aide d’observations anatomo-cli¬ 
niques multiples, schématisé comme suit l’hémi¬ 
plégie par tumeur maligne des hémisphères. 


1. J.-A. Chavasv et Alexandre Plaça : L'hémiplégie 
dans les tumeurs cérébrales. La Presse médicale, 14 Avril 
1937. 


Début par un déficit moteur d’abord fruste 
(syndrome pyramidal déficitaire de Barré), évo¬ 
luant en quelques semaines vers la parésie, puis 
la paralysie complète de type fiasciue; rareté 
relative des crises bravais-jacksoniennes (2 à 3) 
contemporaines le plus souvent de la parésie ; 
apparition possible mais non obligatoire de la 
stase au cours de ce processus rapidement évolu¬ 
tif en quelques mois à peine. Nous avons opposé 
un tel type malin à l’hémiplégie par tumeur 
bénigne (méningiome le plus souvent). Ici, il 
existe une longue phase prémonitoire de crises 
épileptiques localisées ou généralisées s’échelon¬ 
nant sur dos mois ou des années ; la parésie 
apparaît tardivement, reste toujours discrète, 
s’accompagne de contracture ; le syndrome hy- 
]iertensif est lui-même d’apparition très tar¬ 
dive. 

On voit combien l’histoire de notre malade se 
rapprochait du premier type et combien, dans les 
premières semaines, l’hésitation pouvait être 
permise, d’autant que l’ophlalmologiste notait 
un fond d’œil suspect. Seule, l’évolution pouvait 
nous fixer ; l’altenle ne pouvait être de longue 
durée : s’il s’agissait de T. G., le pire devait 
rapidement succéder au mal ; s’il s’agi.ssail d'un 
processus artériel syphilitique, le traitement — 
et nous jouions d’emblée colle carte — devait 
rapidemenl faire son œuvre utile. 

Nosographiqucmcnl notre observation rentre, 
à n’en point douter, dans le cadre-de l’hémiplé¬ 
gie syphilitique, sujet très vaste sur lequel on a 
beaucoup débattu mais qui comporte encore 
maintes obscurités. Le moins que nous en puis¬ 
sions dire ici, c’est, qu’à notre sens, on a trop 
élargi son champ et qu’on impute souvent à la 
syphilis des cas où elle n’a rien à voir et qui 
sont du domaine de l’arlériosclérose cérébrale 
la plus banale, compliquée ou non d’hyperten¬ 
sion artérielle. Nous retenons quant à nous pour 
vraiment syphilitiques les hémiplégies qui sur- 
vienncnl dans les dix à quinze ans d’une syphilis 
avérée, dans lesquelles réactions humorales san¬ 
guines ou céphalo-rachidiennes sont troublées. 
Nous nous souvenons toujours que la syphilis 
aime les petiles artères, artères corticales, de 
l’axe encéphalique et du cervelet et c’est en face 
des signes souvent discrets qui témoignent des 
ramollissements de ces territoires artériels que 
nous recherchons avec minutie la syphilis. Et 
notre cas cadre magnifiquement avec cette ma¬ 
nière de voir. C’est une petite artère de la région- 
motrice qui a été en cause. Une telle localisa¬ 
tion explique très bien l’atteinte successive des 
divers centres qui, dans la zone rolandique, sont 
étagés les uns au-dessus des autres. Le processus 
irritatif, plus que destructif, rend aussi très 
bien compte des crises B.-J. observées. Il n’est 
pas jusqu’à révolution vers la reslilulio ad inte- 
grum qui ne vienne souligner la minime impor¬ 
tance du processus nécrotique. De tels accidents 
vasculaires corticaux, faits d’états parétiques cu¬ 
rables et émaillés de crises épileptiques, s’obser¬ 
vent avec un maximum de fréquence dans la 
période prodromique de la paralysie générale. 
La plupart de ces hémiplégies syphilitiques au¬ 
thentiques obéissent au traitement avec une ré¬ 
gularité absolue ; certaines sont même suscep- 
tibes, sponte sua, de très notables régres¬ 
sions. 

Un dernier aspect de la question, d’ordre bio¬ 
logique, mérite d’être retenu à titre de fait. C’est 
La précocité chez notre sujet d'un accident arté¬ 
riel cérébral moins de six mois après le chancre. 
Nous n’avons pas la compétence syphiligraphi- 
que nécessaire pour affirmer le caractère excep¬ 
tionnel d’une lésion artérielle si précoce, ni 
pour discuter son origine médicamenteuse (réac¬ 
tion d’Herxheimer ou neuro-récidive). Les acci¬ 


dents nerveux de- la syphilis sont ordinaire¬ 
ment beaucoup plus tardifs. Une des cünqjlica- 
tions qui, par sa précocité, s’apparente à notre 
cas, est la myélite Iransuerse syphilitique qui 
s’installe souvent brusquement dès la seconde 
année de la maladie et qui, particulièrement 
grave dans les semaines qui suivent son entrée 
en scène, aboutit souvent, grâce au traitement, 
à des récupérations inespérées. 


A propos du Cynorrhodon 


C’est, comme j’ai eu l’occasion de le relater, à 
l’erreur d’une malade qui, au lieu de se fomenter 
les yeux avec une infusion de mélilot, absorba 
une tisane de lolier corniculé, que je dois d'avoir 
connu les effets antispasmodiques de ce simple. 
Une confusion du même genre attira mon atten¬ 
tion sur les services que peut rendre en thérapeu¬ 
tique le fruit de l’églantier. J’avais conseillé à un 
cultivateur l’usage des baies d’aubépine pour remé¬ 
dier à des palpitations et à de l’insomnie ; son 
ignoi-ance.de la botanique fut eause qu’il employa, 
au lieu de ces baies, le cyno-rhodoii communé¬ 
ment désigné, à la campagne, sous l’inélégant 
vocable de gratte-cul. Ce fruit desséché et pulvé¬ 
risé dans un moulin à café lui servit à préparer 
une infusion à 5 pour 100 qui, à la dose de deux- 
lasses par jour, lui procura un soulagement mar¬ 
qué : la tachycardie s’atténua et les nuits furent 
plus calmes. Ce résultat m’engagea, pendant la 
guerre, à utiliser, comme sédatif, un alcoolé dont 
je faisais prendre de XL à L gouttes à mes mala¬ 
des. Celle médication se montrait généralement 
as.sez efficace pour combattre les troubles nerveux, 
alors si fréquents, caractérisés par de l’angoisse, 
par de l’inslahilité nerveuse et par de l’agitation 
nocturne. L’ayant expérimentée moi-même à doses 
plus élevées (de LX à LXX gouttes), je constatai 
qu’elle pouvait, à la suite d'une courte période 
d’agitation et d'euphorie, entraîner une sorte de 
torpeur, de diminution de l’activité neuro-mus¬ 
culaire avec céphalée et tendance aux vertiges : ces 
symptômes furent même si accentués chez pn de 
mes camarades, que je renonçai à employer, au¬ 
trement qu’à doses très faibles, le cynorrhodon, 
me demandant s’il ne contenait pas un principe 
toxique uniquement locali.«é dans les semences, 
r\isage qu’on fait de la partie charnue du fruit 
pour préparer des confitures semblant en prouver 
l’innocuité absolue. Les recherches qu’a publiées 
en 1934 le Profe.ssciir Alberto Garcllo Cantoni dans 
les Archives internationales de pharmacologie el 
de thérapeutique nous fournissent, à ce sujet, d’in¬ 
téressantes notions. Cet auteur a vu succomber en 
3 heures une grenouille puis une souris à la suite 
de l'injeclion sous-cutanée de 1 cm-’’ d’un décodé 
à 5 pour 100 de cynorrhodon. L’animal, très irri¬ 
table au début, réagit violemment aux excitations, 
puis surviennent de la torpeur, des convulsions 
cloniques, des tremblements et une paralysie gé¬ 
nérale entraînant la mort. En employant des doses 
plus faibles d’un liquide moins concentré on cons¬ 
tate une forte excitabilité, des contractions et des 
tremblements durant 8 heures au bout desquelles 
l’animal revient à son état normal. Des recherches 
ayant pour but d’isolcr le principe actif du fruit 
ont permis à M. Cantoni d’en extraire un corps de 
nature ghicosidique dont des expériences sur la 
grenouille lui ont prouvé la toxicité et qui exerce 
son action sur la moelle allongée, le système ner¬ 
veux central et le creur : sur le coeur îsolé. traité 
par le liauide dp Ringer, il détermine la diminu¬ 
tion de l’impulsion cardiaque, l’augmentation de la 
diastole et finalement l’arrêt de l’organe en dias¬ 
tole. 

Ces effets physiologiqiics m’ont paru mériter 
d'être signalés aux thérapeutes que tenterait l’étude 
pharmacodynamique du fruit qui, à l’approche de 
l’hiver, égaie de ses gemmes d’un rouge éclatant 
les rameaux dénudés de l’églantier. 

Henki Leclebc. 



N" 2 


7 Janvier 1939 


VA RI 


Le Premier Congrès National 
de Médecine Néo-Hippocratique 

(Marseille, 13 Novembre 1938.) 


Le I™ Congrès National de Médecine néo-liip- 
pocratique de Marseille vient de tenir scs Assises 
le dimanche, 13 Novembre 1938, à Marseille, 
prolongeant après sa clôture le Congrès annuel 
(le Médecine des médecins do langue française. 

De nombreux congressistes participèrent aux 
deux manifestations consécutives — entre au¬ 
tres, le Prof. Olmcr, le Prof. Roger, respective¬ 
ment président et secrétaire général du Congrès 
di.' Médecine. Le Prof. Fernand Bezançon, pré¬ 
sident de l’Académie de médecine, représentant 
M le Ministre de l’Education Nationale, fit aux 
o'ganisaleurs et aux membres du Congrès 
l'honneur et l’amitié d’assister à toutes les 
séances de travail. 

Ce Congrès néo-hippocratique, qui avait dans 
son patronage des personnalités comme MM. G. 
Duhamel, René Leriche et le doyen Euzière(Mont- 
pellier), sc déroula sous la présence et la prési¬ 
dence d’honneur de M. le Prof. Laignol-Lavas- 
tinc et sous la présidence effective et organisa¬ 
trice de M. le Doyen Cornil, aidé par un actif 
secrétariat local, représenté par MM. les docteurs 
Foata et Benoit. 

La séance inaugurale du matin fut tenue 
dans le grand Amphithéiitre de cette Faculté de 
Médecine du Pharo qui possède peut-être un des 
plus jolis sites du monde. Le discours d’ouver¬ 
ture de M. Cornil fut empreint du plus bel 
humanisme. Nous retiendrons ce passage : 

« Le vif intérêt suscité par la rénovation, j’allais 
dire le rajeunissement, des données fondamentales 
de l’oeuvre hippocratique, mérite plus que le suffi¬ 
sant mépris cl l’éloignement ignorant dans lequel, 
depuis plusieurs années, le tiennent certains méde- 

« Sans doute, il est plus difficile « d’oublier que 
d'apprendre » et c'est pourquoi nous conservons 
automatiquement, dans une inlangibililé redou¬ 
table, malgré les efforts destructifs des acquisitions 
nouvelles, les formules schématiques autant que les 
systèmes acquis au contact de nos maîtres ou de 

« Tous les concepts incorporés durant notre vie 
d’étudiant se sont fixés en profondeur, peut-être en 
raison du caractère affectif conscient ou inconscient 
qui les a éclaires. 

« Entretenue souvent aussi par une paresse 
intellectuelle, mettant en jeu la mémoire plus sou¬ 
vent que l’esprit critique, c’est cette fixation qui 
maintient en nous une attitude d’opposition, sinon 
de négativisme, à l’égard des idées nouvelles. 

« On en arrive ainsi à l’étroitesse d'esprit de 
certaines Ecoles qui croient à la valeur définitive 
de leurs thèses et qui oublient la richesse de 
l’enseignement de notre passé médical. 

« C'est vers un état d’esprit inverse que se dirige 
l’admirable moux’emenf médical que l’on a pro¬ 
posé d’appeler « Néo-Hippocratisme ». Il s’agit non 
seulement d’un retour vers les doctrines d’Hippo¬ 
crate, vers scs pratiques, mais en même temps d’un 
remaniement de ces doctrines en vue de les rap¬ 
procher de nos conceptions et de nos recherches 
scientifiques modernes. 

« Imposant la conciliation entre l’esprit de syn¬ 
thèse et l'esprit analytique, les principes essentiels 


CHRONIQUES 

ÉTÉS INFORMATIONS 


en sont: d’une part l'amplification de la méthode 
clinique en opposition avec le dogme et la théorie; 
d’autre part, la conception dynamique individuelle 
dî la maladie. Enfin, comme conséquence de cette 
dernière attitude, une considération attentive du 
traitement biologique adéquat à la réaction du ter¬ 
rain morbide. 

(( On comprend dès lors que le Néo-Hippocra¬ 
tisme tienne compte autant du diagnostic du malade 
que du diagnostic do la maladie, autrement dit 
considère comme essentielle la modalité réaction¬ 
nelle de l’individu devant la cause morbide. » 

Après le discours de M. le Doyen, le professeur 
Laigncl-Lavasline fît un remarquable exposé sur 
Hippocrate et l’Induction en médecine. 

M. Laigncl-Lavasline se limita aux livres I 
et III des épidémies et au Pronostic, livres 
authentiques d’Hippocrate de Ckjs et aux Traités 
de l’Ancienne Médecine, au Trailé des Airs, des 
Eaux et des Lieux, et à la Maladie .sacrée. Ce 
groupe souligne avec une telle force l’impor¬ 
tance de l’observation directe qu’au point de vue 
d'" la doctrine hippocratique ils ne peuvent être 
négligés. 

« La doctrine hippocratique n’est pas une vue a 
priori, mais une synthèse de constatations de faits. 
L’unité harmonieuse de la personnalité humaine, 
1,1 dépendance des êtres relativement au milieu, les 
modifications des êtres selon les changements de ce 
milieu, et plus particulièrement la maladie, souvent 
dépendante de ces changements, sont des expres¬ 
sions. des réactions personnelles des êtres. 

« Quant à l’induction en médecine, elle découle 
de la méthode hippocratique, qui est celle du raison¬ 
nement fondé sur l’expérience. 

« Hippocrate établit ainsi l’étude des signes com¬ 
muns aux maladies et, sur cette notion, fonde sa 
pathologie générale. 

« Mais, aujourd’hui, ces signes communs ne suf¬ 
fisent plus pour diriger le médecin. Comme le 
remarquait Littré, des 1839, noue nous enfonçons 
chaque jour davantage dans les détails, dans l'obser¬ 
vation locale, dans des recherches de plus en plus 
ténues et minutieuses. 

« L’excès de cette analyse est devenu tel que c’est 
une nécessité vitale pour le médecin de regrouper, 
dans un esprit de synthèse, la poussière des faits 
recueillis. 

« D’où la légitimation du Néo-Hippocratisme ». 

Le magnifique exposé du professeur Laignel- 
L.avastinc fut largement applaudi. 

M. le D'' Marliny, secrétaire général du 
Congrès, lut ensuite son rapport moral dans 
lequel il fil l’historique du néo-hippocratisme. 
Nous citerons quelques phrases caractéristiques ; 

« C’est au Professeur Laigncl-Lavasline que 
revient l’initiative et l’honneur d’avoir, dès 1938, 
orienté cette organisation à la demande de Cawa- 
dias et de nous-même. 

« Mais, avant ce cristal provocateur, existait en 
surfusion une ambiance. Le terme de néo-hippo¬ 
cratisme a peut-être été employé la première fois 
par Kraus ou Casliglioni. S’il n’a pas été prononcé, 
il imprèguo l’oeuvré entière de nombreux précur¬ 
seurs et on peut citer essentiellement, en France, 
Allendy, qui est ici, parmi nous. Comme l’a écrit 
Marshal, néo-hippocratiste avant la lettre: « Per¬ 
sonne ne crée une doctrine. Elle est dans l’atmo¬ 
sphère intelleeluelle avant d’être formulée. » 

Le secrétaire rend ensuite hommage aux pro¬ 
fesseurs Maranon et Pende, au privaldocent 
Aschner, à M. le Doyen Cornil, ù M. le professeur 


Guiart, au professeur agrégé Guy Laroche, au 
professeur agrégé Delore, à M. Jacquelin, mé¬ 
decin des hôpitaux de Paris, à M. G. Blech- 
mann, à, M. Mondain, à M. Forlier-Bcrnoville, 
au professeur Fiolle, do Marseille, dont l’œuvre 
de philosophie médicale est empreinte du plus 
pur humanisme, à M. Poucel, chirurgien dos 
hôpitaux de Marseille et naturiste ; enfin et sur¬ 
tout aux Maîtres do Montpellier qui donnèrent 
leur investiture. 

Le IT Marliny conclut son travail en affirmant 
que le néo-hippocratisme entend garder une 
indépendance absolue vis-ù-vis de certaines doc¬ 
trines ou pratiques thérapeutiques auxquelles on 
1 voulu l’inféoder. Il rappelle à ce point de vue 
qu'Hippocrate était essentiellement un éclecti¬ 
que et un observateur. 



Après cet exposé, la séance fut consacrée ù 
l'exposé des rapports sur la « Période préclini- 
que des maladies ». 

On entendit d’abord le travail du professeur 
agrégé P. Delore (Lyon). 

Pour l’auteur, la notion de période préclini¬ 
que, traditionnelle, est restée dans le domaine 
de l’empirisme ou de la spéculation jusqu’au 
jour récent où elle a été abordée par la médecine 
biologique et par les techniques. Celles-ci lui 
apportent des critères positifs. Celte rénovation 
de caractère scientifique, dont elle est l’objet, 
est une des marques du néo-hippocratisme. 

« Nous appelons période préclinique, ou biolo¬ 
gique, ou lalcnle, ou incuhalion, celte phase ini¬ 
tiale des maladies où, en l’absence de tout signe 
clinique proprement dit, des signes anormaux 
peuvent cependant être décelés par toute méthode 
d’exploration autre que la méthode purement cli¬ 
nique. 

(t La P. P. n'est caractérisée que dans un ordre 
encore restreint de maladies. Elle échappe au sujet 
et à l’examen direct. Elle se dissimule sous l’appa¬ 
rence de la santé. 11 faut la rechercher et la déceler 
par des techniques souvent compliquées, de natures 
très diverses. 

« Elle ne doit pas être confondue avec la phase 
de prédisposition, ni avec l'inmsion, pas plus 
qu’avec les formes latentes ou inapparentes de- la 
maladie. 

« La P. P. SC situe entre deux termes : le début 
réel ou biologique de la maladie, le début apparent 
on clinique. Celui-ci, déterminé par l’acuité de nos 
sens, correspond, en fait, à un stade déjà avancé 
de la maladie. 

« Il y a deux phases dans la P. P.: l’une de 
réversibilité, l’autre d'irréversibilité. La connais¬ 
sance du seuil de l’irréversibilité intéresse haute¬ 
ment la thérapeutique abortive. » 

Le rapport est limité aux chapitres de la,pa¬ 
thologie comportant une P.P. déjà caractérisée 
biologiquement ; le domaine des maladies endo- 
cimiennes et mentales est réservé à d’autres rap¬ 
porteurs. 

« C’est dans les maladies infectieuses aigues que 
la P. P., sous le nom d’incubation, est le mieiLX 
reconnue. Si scs éléments biologiques échappent 
encore, c’est par sa durée qu’elle est caractérisée, 
notamment pour les fièvres éruptives. La phase de 
réversibilité est déjà déterminée, grâce à la séro- 
prophylaxie, surtout dans la rougeole : phase de 
séroprévention absolue et phase de séroatténuation. 




36 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 janvier 1939 


N“ 2 


O Ln P. P. dos maladifs infectieuses est parli- 
cuIiÈrcment inléressaiile à étudier pour nous éclai¬ 
rer sur la part respeeti\e du mierolie et du terrain 
dans la détermination de la maladie. 'La détection 
des modifications [jrécnces du teirain (pliénomènes 
Iluxionnaircs par exempic'l, en sup-frérant que celles- 
ci sont antérieures au développement microbien et, 
dans une certaine mesure, le conditionnent, est 
susceptible d’amener à une réforme dans notre 
façon d’attribuer au ruiernbe le rùlc priniorilial, 
sinon même exclusif, dans la /lallwijcnie de la mala¬ 
die infectieuse humaine clinique. 

« En tuberculose, il ne faut pas confondre jiré- 
disito.silion et prctuherculose ; celle-ci est le pre¬ 
mier stade d’une tuberculose dé.jà installée. La 
P. P. comprend deux phases: phase antêallergique, 
dont la durée est de deux semaines à quatre mois, 
et phase allergique symiitomniique. de durée très 
variable. La biicillcmie préallergique reste fugace et 
discrète. 

« Dans la .syphilis, la P. P. est marquée par une 
septicémie. Celle-ci, décelable seulement par le labo¬ 
ratoire et l’expérimentation, est très précoce, trois 
semaines avant l’apparition du chancre. 

« Dans les maladies de la nulrition. on peut 
noter : la longueur de la P. P., les possibilités 
d’action correspondantes de l’hygiène et de la diété¬ 
tique, la nécessité de déceler les insuffisances fane- 
lionnelles latentes. La P. P. est précédée d’une phase 
de prédisposition, ou dialhè.sc, de caractère souvent 
familial. 

« Le diabète représente ici le chapitre le plus 
démonstratif: diathèse diabétique, prédiabète o:i 
insuffisance glycolytique latente, diabète avéré. 

O Dans le ceneer, la P. P. échappe encore. On 
doit admettre, cependant, que le cancer existe biolo¬ 
giquement avant de l’ètrc hisloingiquemcnl. ce qui 
ramène .à la notion du prceunc.er et de terrain pré¬ 
cancéreux. 

« Dans les matadies par carence, il y a une pré¬ 
carence: elle est différente de la carence inappa- 
renle ; elle comporte un stade préclinique cl un 
stade clinique. 

« Il y a une réversibilité des signes biologiques 
de la P. P. (travaux de iMouriquand et de ses 

a La P. P. de la prérarence A est décelée par 
le hiomicroscope oculaire: la P. P. de la préea- 
renee fi par la diminution de la chronaxie des nerfs 
périphériques ; la P. P. de la préenrener C par la 
radiologie osseuse; la P. P. du rachitisme par les 
dosages chimiques et la radiographie. 

a La notion de P. P. comporte des données pra- 

n 1“ Une séniiolngie nouvelle apparaît avec elle, 
beaucoup plus fine et complexe. 

« 2° Plie est liée au progrès de la physiologie 
pathologique et des techniques. 

« 3° 'L’étude de la P. P. ramène à la médecine 
du terrain. 

« 4° Le développement d’une biologie de In .santé 
est nécessaire au diagnostic précoce de la P, P. 

« 5° Ix’ diagnostic de pins en plus pré-eoce des 
maladies entraînera une révision de nos conceptions 
sur le début réel de celles-ci. 

« 6“ A la connaissance de la P. P. correspond 
une thérapeutique abortive souvent nommée impro¬ 
prement préventive. Plie est plus pathogéniqiie et 
physiologique, moins symptonuitique que la thé¬ 
rapeutique curative classique. Plie suppose l’examen 
sanitaire périodique et l'édueation du public rela¬ 
tivement au déhut réel des maladies. 

n 7° Au delà de la phase biologique de la P, P. 
on .entrevoit pour certaines maladies une phase 
psychique. C’est le problème du terrain mental et 
des facteurs mentaux dans la genèse des maladies, 
sujet abordé déjà par la psychanalyse, a 

* 


Pour les autours, on peut dire que ’a notion 
de la pré-maladie domine la médecine contem- 


« Nous nous rendons compte que nombre de 
tableaux cliniques qui correspondent aux lésions 
macroscopiques des organes, ou à leur.s altérations 
niicroscopiipies, sont, en réalité, des étals terminaux 
de processus pathologiques qui ont évolué très sou¬ 
vent, pendant longtemps, .sans donner lieu à ancun 
symptôme ; cette évolution peut se faire d’une 
façon absolument latente ou en ne donnant lieu 
qu’à des manifestations purement fonctionnelles, 
isolées, inlermillentes, ne rappelant que vaguement 
le tableau clinique terminal cl, par cela même, 
échappant aux critériums habituels de diagnostic. 

<( Nous enlendops par le terme de pré-maladie 
toutes les phases qui précèdent l’apparition des ta¬ 
bleaux cliniques classiques correspondant à la 
période dos lésions spécifii]ues, macro.seopiques ou 
microscopiques. Ces phases de pré-maladie corres¬ 
pondent à la période de troubles purement fonc¬ 
tionnels (ou de lésions minimes, encore imisibles 
à nos méthodes d'investigation, mais capables de 
susciter des troubles fonctionnels) et à la période 
de prédisposition aux maladies. 

« On peut faire le diagnostic de pré-maladie en .se 
basant sur: 

a a) Elude de la eonslilulinn morphologi<iue. en 
tant que celle-ci suppose une prédisposition évi¬ 
dente, bien que souvent difficile à préciser, pour 
des maladies déterminées et en tant que ciirlains 
étals conslilulionncls exagérés sont de véritables 
phases de transition vers I.i maladie. 

« b) Elude de l’hérédité, soit directe, soit collaté¬ 
rale. d’une importance exlraorilinairé' dans un grand 
nombre de maladies internes, bien que souvent 
oubliée par les rliniciens. 

« c) Etude critique des symptômes isolés cl légers, 
.généralement interprétés comme des signes ba- 

« d) Etude des analyses et épreuves fonctionnelles. 
Les auteurs étudient successivement ces quaire cha¬ 
pitres. Ils discutent les classifications morphologi¬ 
ques des grands types humains et associent cha¬ 
cun d’eux aux maladies qui se rapportent à leur 
formule endoeiiniennc. Ils discutent ensuite sur 
l’imporlance de l’hérédité qui transmet non la 
maladie elle-même, mais la prédisposition à la ma¬ 
ladie. Dans les deux derniers chapitres ils étudient 
les symptômes hruls ou isolés permellani le dia¬ 
gnostic des maladies à leur pba.se initiale et enfin 
les épreuves fonctionnelles et les lests de labora¬ 
toire dont ils font une élude critique détaillée. « 


Le rf Morlaas (Paris) écrit un rapport sur 
it La Phase préclinique des maladies inenlulcs ». 

Dans un premier chapitre, le rapporteur met 
ni avant l'unité rie riiomme cl le mal fondé des 
séparalions entre corps et esprit. Le corps, ce mot 
désignant non seulement l’appareil nervnix, les 
appareils de relation, mais tout l'être iihysiiine, 
est indissoci.ihle de l’esprit , celui-ci résumant 
instincts, sentiment, raison. 

« S’il est des distinctions à opérer, elles ne peu¬ 
vent conci-rner que l’essence des phénomènes, non 
leur mécanisme. L’est pourquoi la médecine mon- 
lide, bien que nécessitant des techniques appi'o- 
priées. ne peut pas se séparer de la médecine géné¬ 
rale. 

(( I.’aualysc psychologique doit être compb’lée 
par la recherche des antécédents, non seulemcid 
mentaux mais physiques. Les déceler, siu'loirl ces 
derniers qui ont chance de nous faire l'cmonlcr aux 
eau.ses, b'irr donner leur juste importance et signi¬ 
fication, c’est précisément met Ire à jour la phasi' 
pré-clinique des maladies mentales. » 


M. F. Maranon, professeur ,à la Facullé de 
Médecine do M.idrid el M. Guv Laroche, profes¬ 
seur agrégé à la Facullé de Médecine de Paris, 
exposèrenl ensuite e La nolion des pré-mnlndies 
dans les affections de la nulrition et des glandes 
endocrines. 


Dans un second chapitre sont passées eir revue 
les principales variétés de troubles physiques 
préludant aux troubles mentaux ; manifesta¬ 
tions nerveuses, digestives, circulatoires, irrégu- 
l.- rilés thermiques, variations de poids, accidents 
cutanés, enfin des désordres plus voisins tels i 
que faliguc, anxiété, cauchemars. I 


M. Morlaas insiste enfin sur les signes biolo¬ 
giques latents. 11 entend par là certaines don¬ 
nées fournies par rexamen physique ou chimi¬ 
que des humeurs désignant directement ou indi¬ 
rectement des désordres mélidioliques qui n’ont 
pas encore causé de manifestations organiques 
ou fonctionnelles. Il s’arrête particulièroincnl 
à l’hyperuricémie, riiypercholémic sans préju¬ 
ger de tant d'autres données similaires les unes 
connues déjà, les autres à découvrir. 

Le rapporteur s’essaye ensuite à montrer l'in¬ 
suffisance d'un examen s’en tenant à l'analyse 
psychologique sans assigner aux données phy¬ 
siques ou humorales, si banales soient-elles, de 
la phase préclinique, leur véritable portée. Car, 
liien souvent, les signes physiques el mentaux, 
si différents soient-ils de nature el de manifes¬ 
tation, n’en figurent pas moins des éciuivalents, 
étant interchangeables au sein du même proces¬ 
sus morbide. Kn déréglant les rouages profonds, 
i.nc même cause peut susciter à la fois des signes 
physiques el psychiques, ou bien l’un plutôt 
que l'autre, ou bien l'un après l’autre selon le 
lieu el les variations de l'alteinte dominante. 

.Vu chapitre suivant, le rapporteur fait con¬ 
naître diverses observations, chacune donnant 
heu à un diagnostic différenl, bien que toutes 
parussent reliées par un même état d’intoxica¬ 
tion (acide urique, pigments biliaires). Il veut 
par là souligner que, dans le cadre môme des 
désordres mentaux, des mauifeslations cliniques 
fi-.it disparates, commandant classiquement des 
pronostics les uns bénins, les autres graves, pcü- 
vi ni avoir une origine commune, el que la con¬ 
naissance do celle dernière conduit ulilcmenl à 
b) révision du pronostic que la seule séméiologie 
commanderait. 

Knfin, le rapporfeur met en garde contre le 
rigorisme à la fois el l’insuffisance pratique des 
classifications posologiques ; tant pour ce qui est 
du pronostic que des i-emèdos. L’étiologie doit 
prendre le pas sur le diagnostic. File ne doit pas 
SC borner à déceler la cause apparente. Il est 
necessaire que celle-ci soit envisagée par rap¬ 
port nu terrain, au tempérament, par rapport 
aux déséquilibres, balancemenfs préétablis dont 
i:; métastase, figure un des jrrincipaux aspects. 

Pour parachever celle série de rapports, 
M L. Cornil fit un remarquable travail de syn¬ 
thèse sur la pré-clinique el laboi'atoiic dont cha¬ 
que ligne mériterait d'être citée. 

îfî 

* * 

Fnuilc les congressi.sles partirent en autocar 
pour Aix-en-Provence oii un déjeuner leur tut 
ofl'erl à rilôtel Sexiius ))ar la Société des Ther¬ 
mes el le Congrès. Ils visilèreni ensuile la Bi- 
l üolhcque Méjnnes, admirèrent ses manuscrits 
■1 incunables et se réimireni flans la splendide 
salle des Liais (iénéraux. Plusieurs rapports 
feront exposés : d’abord « llippocralc et l’Ecole 
de Cnidc » par le professeur I. fiuiarl. 

Pour l'anleur les Asclêpiades de Cnide furent 
le- premiers à renoncer au secret de la profes¬ 
sion médicale. 

(1 Les Sentences cnidicnnes. qu’ils publièrent, 
fiMviil le premier livn' mi‘iliciil écrit en grec, et 
nous n avons pas le droit d’oublier que l’FcoIc do 
Cnidc était la grande Fcole médicale de la Grèce 
au moment où parut Hippocrate. 

« Dans la Collection hippocratique, les common- 
lalours attribuent généralement à l’Fcolc de Cnide 
le livre des .Affections internes, le tome II du livre 
des Maladies cl toute une série d’ouvrages relatifs 
aux maladies des femmes et aux accouchements. 
Celle dernière spécialisation tiendrait surtout à ce 
que la ville de Cnidc aurait été le siège d’un pèle- 






N“ 2 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 1939 


37 


riniigc à Apliroclile. On sait d’ailleurs que les méde¬ 
cins cnidiens claicnl d'cxcellenls cliinirgiens. 

« Kn médecine, l’iicole de Guide fui avant loul 
analyliqm, s’intéressant surtout nu diar/noslic des 
maladies. Gelui-ci était très poussé ; on prétend 
même qu’ils connaissaient déjà le principe do l’aus¬ 
cultation pulmonaire (Andral). Ils classaient les 
maladies d'après les symptômes observés, et Galien 
leur reproche d'en avoir multiplié par liop le 
nombre. Ile son côté, Hippocrate leur reproche 
l’ahns des médicaments. 

« Knryphon fnl le plus célèbre des maîtres de 
Guide : mais le plus important fut ChrysipiJe, 
parce qu’il fui le maître d’Kraslslratc cl c.xerça par 
là une inilucncc considérable sur l’Ecole d’.Mcxan- 
dric. Celle-ci poussera à rexl]-cmc les métbodos 
cnidiennes et elle en arrivera à l'abus des spécia- 
li.satlons médicales et des spécialités pharmaceuti¬ 
ques. 'La situation do la médecine à .Mexandrie res¬ 
semblait singulièrcrnonl à la nôtre. Etant donné 
que la médecine alexandrino a tué la médecine 
grecque, on peut en déduire que la situation 
actuelle est grave. Il faut donc qu'à la période 
d’analyse succède une période de synthèse néo-hip¬ 
pocratique, comme la période analytique de l’école 
de Cnido a préparé autrefois la synthèse hippocra¬ 
tique. » 

« L’Œiirre Clnninjicale d'Iiippocnile » par le 
ir J. Poiicel, chirurgien des hôpitaux de àlar- 
seille. 

Dans ce rapport sont étudiés : 1” VŒnure 
chirurfjicalc proj)rcmcnt dilc d’IIippocralc, elle 
a été étudiée plus particulièrcmenl par l’élro- 
quin. 

Des généralités, constituant une sorte de 
IVIilo Ghinn-gie, so trouvent surtout dans 
l’Office du Médecin, les Plaies. En chirurgie ré¬ 
gionale on trouve les « Plaies de la lêlc » 
dan.s un reinarq\iahle Traité des fractures du 

Le Pronnslic comporte uu .superbe tableau rie 
Tempyème. 

Les affections abdominales sont à iieinc 
esquissées. 

Au contraire, l'ouvrage sur les Ilémonu'ides et 
les Fi.üules est d’une exlrème inécision. 

Les affections dos membres sont décrites avec 
un grand luxe do détails dans les Fracliires, les 
Articulations et la Mochlique où Hippocrate s'est 
montré un spécialiste éminent. 

2“ L’Esprit hippocraliqiie et la chirurgie mo¬ 
derne. La perfection de la technique moderne 
no doit pas faire oublier rinfluonce heureuse 
que peut exercer l’esprit hiijpocraliquo : utilité 
pour le chirurgien de se cultiver lui-même, non 
seulement inlellerluellcment, mais i)hysique- 
nient. Gonnaissanee do runilé de l’individu et 
dos relations entre la lésion et l’état général. 
.Appréciation de l’opportunité opératoire. 

Enfin, dignité de la chirurgie, qui comporte 
des règles morales qu'Hippocrate a mises en re- 
li-’l par ses écrits et ses actes. 

Le Ptre de la Médecine est vraiment aussi celui 
de la Chirurgie, 

Enfin, le dernier rapport présenté fut celui 
sur « la Tradition professionnelle dans Hippo¬ 
crate » par les D" Foala et G. Benoit, secrétaires 
généraux du Syndicat des Médecins de Mar¬ 
seille. 

Pour ces autours, tout ce qui constitue notre 
Charte et notre statut d’honneur se trouve dans 
Hippocrate. 

Le médecin doit être l’honnête homme par 
excellence nous dit le code actuel do Déontolo¬ 
gie, et Hippocrate nous donne dans le chapitre 
qu’il consacre au médecin un portrait du méde¬ 
cin tel qu’il doit se comporter à l’égard des ma¬ 
lades, dans son hahitus, son attitude, ses 
mœurs. H fustige les charlatans, et regrette 


qu’il n’existe pas une juridiction profession¬ 
nelle. Cela ne fait-il pas encore l’ohjet de nos 
préoccupations à l’heure actuelle? 

De même, si irous examinons les rapports du 
médecin et du malade, nous trouvons dans le 
livre <1 T)e l’Art », d’Hippocrate, cette idée que si 
le médecin ne réussit pas toujours à guérir son 
malade, c’est souvent la faute de celui-ci qui ne 
suit ]ias les prescriptions, souhaitant ])lulôt ce 
(pie la maladie lui rend agréable rpie ce qui 
emivient à la guérison, ne roulant sans doute 
lias mourir, mais incapable de fermeté .d de pa- 

Lc malade cependant se cuiilie à son médecin, 
parce qu’il sait qu’il est tenu au secret profes¬ 
sionnel, si bien mis en relief dans le « Serrnenl 
d'Hippocrate » dont les siècles n’ont pas affaibli 
la portée et qui est joujours ou de nouveau en 
vigueur dans nos Facultés de médecine. 

N'otre grand ancêtre s’est également préoccupé 
de l’exercice de la médecine, de l’examen du 
malade. H donne des conseils pratiques dont 
nous pourrions encore faire notre profil et 
engage les médecins à étudier, a La vie est 
courte, dit-il, l’art est long, l’occasion fugitive, 
l'expérience trompeuse, le jugemmil difficile. » 
Il insiste sur l’importance d'un pronostic et nu 
négligé pas la question des honoraires. 11 donne 
des leçons de bonne confraternité, riui ne se¬ 
raient pas déplacées dans iioItc Uèglement de 
Déontologie. 

Nous devons beaucoup à Hippocrate et nous 
lu le savons pas assez. Uendons-lui justice et 
conservons précieusement sa pensée, belle et fé¬ 
conde,- qui a été à la base de l’essor de notre 
profe.ssion. 


A la discussion (pu suivit ces rajiporls, ]iri- 
rent part, M. Marchev (Zurich), M. Roger Gle- 
nard (Vichy), M. Paul Viard (Paris), M. Forlicr- 
Bernovillo (Paris), M. Daniel (Marseille). 

M. le doyen Cornil donna, pour l’exposé des 
rapports et la discussion de la séance de l’après- 
midi, la présidence, successivement à diffé¬ 
rentes personnalités : d’abord au professeur 
S.'diadini, professeur de clinique médicale à 
Gênes (Italie), puis au professeur Fiollo (Mar¬ 
seille). Celui-ci dans un court raccourci montra 
magistralement ce que la Synthèse inductive 
directe apporte comme élément d’art et de cli¬ 
nique dans l’analyse déductive indirecte des 
sciences médicales. 

Le professeur Bellrami prit ensuite la prési¬ 
dence. Enfin ce fut le tour du D’’ Allendy, franc- 
tireur de la médecine avec son livre déjà ancien, 
épuisé, et alors hérétique, sur « l’Orientation 
des Idées Médicales ». Par ce beau geste le pro¬ 
fesseur Cornil a voulu rendre hommage au pra¬ 
ticien libre et au grand précurseur du mouve¬ 
ment. 

Une séance du . bureau de la Société Nationale 
da Médecine néo-hippocratique fut ensuite pré¬ 
sidée par M. L. Cornil. Cette Société est une 
niiale de la Société Internationale, présidée par 
M. Laignel-Lavasline. Devant la réussite de celte 
réunion dépassant certaines espérances, 11 a été 
décidé de faire tous les ans un Congrès Natio¬ 
nal, sauf, bien entendu, les années où se tien¬ 
dra à l’étranger le Congrès International. 

Montpellier sera sollicité pour la prochaine 
réunion nationale annuelle ; de toute manièt-e. 
Il date définitive n’est pas encore désignée. Mais 
déjà le succès paraît assuré à ce puissant mou¬ 
vement humaniste de la Médecine française 
contemporaine. 

I MAR’nmf. 


La famille et l’habitation 


« La famille et la propriété marchent de front, 
appuyées t’une sur Vautre . 


(( Ote: le ménage, ôte: celle pierre du foyer, 
centre d’aliruction des épour. il reste des cou¬ 
ples, il n’y a plus de familles. Lover, dans les 
grandes villes, les classes oimriéres tomber peu 
ô peu, par l’inslahiUlé du domicile, l’inanilé. du 
ménage et le manque de propriété, dans le con¬ 
cubinage et la crapule! Des êtres qui ne possè¬ 
dent rien, qui ne tiennent à rien et vivent au 
jour le jour, ne se pouvant rien garantir, n’ont 
que faire de s'épouser » (Prouhon). 

Cette phrase de Prouhon, écrite en 1846, est 
encore, et de jilus en plus, d’actualité. Nous 
lisons par exemple dans le Bulletin mensuel du 
Bâtiment parisien, sous la signature de M. Pierre 
Kiila, un rapport présenté au Conseil de la Fédé¬ 
ration nationale du Bâtiment et des Travaux pu¬ 
blics en Octobre 19.18. qui porte en exergue ces 
deux principes ; 

RÉXOVIîn L..\ FAMII.LK UN LUI DON.NANÏ UN FOYIÎH. 
Riîxoviîn LA coNs-rnucrioN î-ix la rendant « rkx- 

En elTet, la dénatalité et le taudis sont deux 
fléaux étroitement liés. La famille disparaît 
quand le bûlimcnt se meurt. 

Ré.soudrc ces deux problèmes de la natalité et 
de la construction serait accroître tout à la fois 
I l population et la prospérité d’un pays, amélio¬ 
rer l’état sanitaire et l’état .social. 

\ Paris à l’heure actuelle, il n’y a de de¬ 
mandes ni pour les locaux industriels, ni pour 
les appartements do luxe; par contre, il y a une 
demande énorme et insatisfaite de logements 
modestes, spécialement pour les familles. Indé¬ 
pendamment des îlots insalubres, dont l’immé¬ 
diate destruction serait une nécessité de salut 
public, il existe à Paris et dans toutes les villes 
d’innombrables immeubles vétustes mal entre¬ 
tenus, incapables de fournir le minimum de 
propreté, do confort et d’agrément que devrait 
offrir le foyer familial. 

En fait, les impôts qui, directement ou indi¬ 
rectement, pèsent sur la propriété bâtie sont tel- 
lomonl lourds, qu’ils empêchent les particuliers 
de construire, souvent même d’entretenir les b⬠
timents. ün voit nombre d’appartements do 
luxe, qui no trouvent pas preneurs et que le 
propriétaire no peut diviser en appartements 
plus modestes car les dépenses de nouvel amé¬ 
nagement ne seraient pas rentables. 

La vérité est que dans la plupart des pays do 
vieille civilisation on a vidé de leur main-d’œu¬ 
vre les industries fondamentales, l’agriculture 
et le bâtiment, pour entasser les populations 
dans les bureaux et dans les usines. 

On entend dire : que l’Etal et les municipa¬ 
lités consacrent de.s millions et des milliards à 
la construction d’habitations populaires. 

Gel effort a déjà été fait, des immeubles ont 
été construits, par un petit nombre d’organismes 
privilégiés qui ont lait travailler à des conditions 
plus ou moins désastreuses un petit lot restreint 
d’architectes et do maçons pour jeter sur le 
marché des logements loués au-dessous du prix 
de revient, d’où aggravation du déséquilibre des 
prix de loyers et des conditions de construction 
et d’entretien des immeubles; car il suffit, dans 
une industrie, d’un concurrent qui vende systé¬ 
matiquement à perte pour que toute cette indus¬ 
trie soit ruinée. 

1 Du reste remaçquons qu’à Paris la construo- 





38 


La presse medicale. Samedi, 7 Janvier 1939 


2 


lion do ('OS iiiunc'uldos dits ii loyer inodérû a ou 
pour résidluls l'àohoux l'aiipaiiliou d'énonncs 
bâtisses, où s'eutasseal des populalions trop 
nombreuses, cibles loulcs désignées i)Our les 
bombes 'd’avion exjilosivcs ou incendiaires du 
prochain conllil inlernalionai, 

L'habilaLion type de la famille., .'iurloul à l'épo¬ 
que de l’aviation dcslnictrice, esl la maison iso¬ 
lée entourée d'un jardin, Iclle qu'on la voit 
réalisée, par exemple, par cerlaincs compagnies 
minières. L’cnlassetnenl de a gralte-cicl » sui¬ 
des espaces rcslrcinls est une absurdité. 

Pour la santé de la dation, l’idéal serait que 
cette maison devienne, plus ou moins rapide¬ 
ment, la propriélé de la famille. 


Cette question .\alalité.-Tau(lis, question de vio 
ou de mort pour le ])ays, n’est certes pas facile 
à résoudre ; nous médecins, ne pouvons que 
poser les principes nécessaires, mais cette ques¬ 
tion mérite d’urgence, rallenliou des financiers, 
des économistes, et des industriels. Félicitons 
M. Kula de l'avoir posée nettement devant le 
Conseil de la Fédération nationale du Bélimcnl 
et des Travaux publics. Félicitons aussi M. le Mi¬ 
nistre des Finances, M. Paul Rcynaud, d’avoir 
posé nettement aussi devant le Parlement le côté 
passif des grands travaux ; « Les r/rands Iravaiu: 
c'est l’argent plus cher pour les autres travau.i: ; 
c'est une charge pour toute une génération : en 
France, à mesuie. que la courbe des grands tra¬ 
vaux s'élève, la courbe des travaux particuliers 
du bâtiment décroît. » Félicitons surtout M. le 
.Ministre do ses énergiques tentatives pour se¬ 
couer la torpeur du capit.vl et du tr.av.ml car 
l’heure n’est plus de la timidité, de l’égo’isme, de 
la pares.se et du désordre si on veut résoudre les 
problèmes vitaux les jiliis essentiels. 

Chacun, quel que soit son rang social, doit 
prendre, sa part d’action et de responsabilité, et 
lie pas se contenter du rélo facile, mais vain, 
du mouton bêlant contre la médiocrité de ses 
bergers. 

P. Desfossiss. 


Appareils Nouveaux 

Appareil à transfusion sanguine ‘ 

du Professeur .\. Hi.siin (lîriixcllc.s). 

Cet appareil à transfusion sanguine repose sur 
le même principe que ceux de Henry et Jouvclct, 
de Bcck cl de Rakoy. Hn tube de caoutchouc, ser¬ 
vant de passage au sang, est dis|)osé en cercle contre 
les parois d'une petite cuve; un rouleau excentré 
écrase le tuyau conlrn les parois et refoule ainsi 
le sang en aval; en amont, l'aspiration du liquide 
so'fail grûco à Félaslicilé du tuyau. 

Notre modèle présente sur .ses devanciers l'avan¬ 
tage d’une plus grande simplicité d.e consiruclion 
et de maniement. Tl se réduit, en effet, à une petite 
cuve, è un roulement à billes et à un tuyau en 
caoutchouc. 

Le but poursuivi par les auteurs est le suivant : 
citrater le sang dans l’aiguille môme qui est en¬ 
foncée dans la veine du donneur. 'La citralalion se 
fait tout d’abord par l’eau citratéo contenue dans 
le flacon de réception du sang cl ensuite par le 
sang citrate lui-même, engagé dans un circuit 
fermé passant par le flacon et par l’aiguille, cl 
propulsé par une pompe à transfusion. 

èfode d'emploi. — Le dispositif tout monté et 
enveloppé d’un drap est stérilisé en bloc — sauf 
1,1 pompe cl le support — à l’autoclave, l’eau 


1. Cet appareil esl fabriqué par M. L. DeîacroLx, 
47, rue Sarrelle, Paris-lé®. 


eitralcc ayant été introduite au préalalile dans le 
llacon. Ce n'csl qu’au moment de l’emploi qu'il 
est sorti de son enveloppe. 

Il convient, au préalable, do remplir loulcs les 
canalisations d'eau cilratée. L’aiguille étant revêtue 
de son capuchon, quelques tours de manivelle suf¬ 
fisent pour faire monter le liquide dans le tube 
plongeant dans le fond du flacon et pour le faire 
revenir bientôt dans le tube d’entrée. .\fln de rem¬ 
plir l’aiguille elle-même 
de liquide cilraté, on 
enlève son capuchon, 
pince le tuyau relié 


lentement qtie l'on veut (pondant les cinq premières 
minutes, à raison de 2 c/rr* par minulel. On peut 
placer le llacon reposant par son fond sur le sup¬ 
port de la pompe, ou bien on le maintient renversé 
le col vers le bas, grâce à un trépied ad hoc. Dans 
cette dernière position, le flacon peut être vidé 
jusqu’à la dernière goutte de sang. 

Si Fou prend la précaulion de filtrer l'air qui 
entre dan.s le flacon pendant la réinjoclion, on 


la 


1 donne i 




pointe de 1 


ponclionnéc 




elle r 


préalable 
turgescente par la mau- 
chclto d'un Pachon, 
gonlléo à la minima. 

On voit bientôt itu 
sang dilué tomljcr dans 
le- llacon par le lidie 
passant par la pompe 
et remonlcr ensuite par 
le tube do sortie, après 
s’êlrc mélangé à l’eau 
cilralée du llacon; en 
même temps, des bulles 

d’air sortent de la elo- -Appareil i 

elle [ilongcaut dans le 
tube à essai. 

Il est facile de comprendre ce qui se passe : du 
sane- veineux est aspiré par l’aiguille; mais en 
même temps l’aspiration se fait sentir au niveau 
du pavillon latéral de l'aiguille, par où arrive de 
l’eau citratéo. Le mélange sang pur et .sang déjà 
cilraté se fait clone dans raiguillc même. D’autre 
part, le sang cilraté contenu dans le flacon est cons¬ 
tamment repris pour .servir a la citralalion du sang 
pur arrivant par l’aiguille. 

'f.’cxpéricnce que nous avons acquise au cours 
de plusieurs centaines de transfusions nous a montré 
que l’on pouvait, pour accélérer la récolte, recueillir 
du sang pur par intcrmilicncc, en pinçant le tuyau 
raccordé au pavillon latéral de l’aiguille. 

F.n fait, nous procédons loiijoiirs do la façon 
suivante; niissilôl que la circulalion du sang cilralé 
est bien en train, nous lavons l’aiguille en don- 
n.ànl, comme nous l’avons dil. deux tours de mani¬ 
velle à l’cnvcrs cl en pinçant le tuyau latéral ; puis, 
tout en mainlenant la fermelure de ce tuyau latéral, 
nous rcpri-nons la rolalion dans le sens normal 
pendant 20 tours (récolte de sang pur); ensuite, 
nous lâchons le tuyau en continuant à tourner 
pendant 1,5 tours (récolte sang citrate). Nou¬ 
veau lavage, sang pur, sang cilralé, et ainsi do 

Dans les cas favnralilcs. il faut quatre à cinq 
minutes pour recueillir 500 cm” do sang. 

Une fois obtenue la quantité de sang désirée, on 
enlève Faiguille de la veine du do-nnem cl on la 
coiffe de son capuchon. Une trentaine de tours do 
manivelle en sens direct a.ssurcnl le brassage, du 
sang cl empêchent fine toute trace de .sang don 
eitralé ne séjourne dans les tubulures du tlamn. 
Cela fait, on vide les canalisations du sang qu’elles 
renferment en faisant marcher la pompe à l’cn- 

On ferme alors les trois pinces de Mohr qui 
obturent les tuyaux .4, R, C, cl on détache les 
luvaux. Le sang recueilli peut être ensuite employé 
immédialemcnl ou conservé à la glacière. 

Remarquez bien qu’à aucun moment le sang n’a 
pu être contaminé : toutes les manœuvres ont été 
excculécs sans qu’on ail dù ouvrir le flacon, ajouter 
de l’eau citrnice, raccorder des tuyaux, fermer une 
ouverture au moyen d’un bouchon d’ouate, etc. 
I.’air qui se trouve en contact avec le sang est de 
l’air stérilisé par le passage à l’autoclave. 

Ttéinjcciion du sang. — La réinjoclion du sang 
se fait facilement nu moyen de notre pompe, aussi 



répartir entre plusieurs récepteurs, et à plu- 
i jours d’intervalle, le contenu d’un même 


Correspondance 


A propos de l’article 
de MM. Codvelle, Simonnet et Mornand 
sur « L’acide ascorbique ». 

Je lis avec un peu do retard l’article do 
,\IM. rodvcllc, Simoiincl et Mornand (26 Novem¬ 
bre 1938) intitulé « Recherches sur la carence 
occulte en acide ascorbique » ainsi que l’intércs- 
sanlo Revue générale de M. Giroud sur l’acide 
ascorbique (14 Décembre 1938). 

Los ailleurs semblent accorder une réelle valeur 
à l’épreuve de décoloration du dichlorophénol- 
indophénal, injecté dans l’épaisseur du derme, 
décrite par Rüllcr, puis confirmée par l’ortnoy cl 
Wilkinson. De même, M. Maurice Uzan (Soc. 
d'Hydrologie, 5 Dccciniu'c 1938), après avoir mon¬ 
tré la minutie cl l’inlidclilé de la méthode de Till- 
mans, la difficulté technique des autres méthodes, 
donne sa confiance à l’épreuve do Hi'ilter. 

11 faut cependant signaler que l’unanimité ne 
semble pas faite- sur la valeur de celle épreuve 
et que, dans le Journal of the American Medical 
Association, du 23 Juillet 1938, M.M. Poncher et 
Slubenrauch n’ont pas confirmé les résultats de 
llülter, Porlnoy et Wilkinson. En même temps 
qu’ils pratiquaient l’épreuve de Rôller, ils dosaient 
l’acide ascorbique sanguin par la méthode de 
Farmer et Abt. 

Leurs recherches ont porté sur 41 sujets, dont 
6 atteints de scorbut. Elles montrent un manque 
total de corrélation entre le temps de décoloration 
cl le dosage d’acide ascorbique sanguin. C’est 
ainsi qu'au taux de 0 mp. 5, le temps de décolo¬ 
ration fut en minutes de 7,7, 8,1, 8,4, 10,5, 11,7. 

.4u taux tout à fait normal de 1 mg. 2, l’épreuve 
de Rôtier donna des temps variant de 5 minutes 2 
à 11 minutes 5. 

11 esl intéressant de constater que le temps de 
décoloration resta constant do jour en jour pour 
le même sujet, ce qui prouve l’absence de toute 
erreur expérimentale. 






N" 2 


LA PRESSE MEDICALE, Sameai, 7 Janvier 1939 


39 


Mais ivost dans le cas pailiculier <les C malades 
alleiiils de scorbut clinique, avec un taux d’acide 
aseoibi(iuc très abaissé dans le sang (de 0 m<j. 15 
à 0,45), que les temps de décoloraliou les plus 
courls nul été observés (de 4 à 8 minutes, avec 
une moyenne de 5 minutes 8). 

Il n'est donc pas douteux, pour les auteurs, 
que le colorant peut être transformé en sou leuco- 
dérivé par d’autres réducteurs que l'acide ascor¬ 
bique. D'ailleurs, Portnoy et Wilkinson avaient 
déjà fait la même réserve. 

.\ussi les auteurs concluent-ils que l’épreuve 
intradermique ne peut à l’heure actuelle fournir 
de renseignements cliniques satisfaisants et que 
la question nécessite de nouvelles éludes. 

GAiaiLîXOKii i^Gbàtel-ljuyon). 


Livres Nouveaux 


La puberté. Etude clinique et physiopatholo¬ 
gique, par Guy-Lakociie, professeur agrégé à la 
Faculté de Médecine de Paris, médecin de l’IIô- 
pilal lenon. en collaboration avec M. Boigey, 
K. lîoMi-AUi). .\. Di;sai;\. 11. Droiiogm-r, b. uk 
GINMs \ llvMMKI.. T. Ihm.NAMHJ, M. lliusoii, 
.1. A. lluK-r. II. Laguaxou, F. Lavam, P. Le Nom, 
G. Lian. g. Mmuaoa, Il Miv, L. Meuiis- 
lii..\Tri:ii. t.ii. lliGiiET, 11. Simonnet, 11. Welti. 

1 vol. de 350 p. (Mns.von et C'\ éditeurs'j, Paris, 
1938. — Prix : 05 fr. 

Ce livre constitue une synthèse qui n'avait pas 
encore été réalisée. 'La liste des auteurs qui ont 
participé à sa rédaction montre qu’il est l’ceuvre 
de cliniciens spécialisés dans les branches le.s plus 
diverses de la médecine. 

(iuy-Laroehe consacre le premier chapitre à la 
l’uhcrtc, son évolution normale, ses déûinlions pa- 
Ihulogiqucs. II. Simonnet, professeur à l'Ecole 
nationale vétérinaire d’Alfort, étudie les hormones 
sexuelles et le Prof. G. Maranon. de Madrid, les 
éittls inlcrsexuels de la puberté. 

. Et. May décrit, les syndromes vaso-moteurs ex- 
lernes (ectosympathoscs) et vaso-moteurs internes 
(endosympalhosos) de la puberté. G. l.ian, les trou¬ 
bles cardio-vasculaires en particulier le cœur irri¬ 
table de croissance. 

Le Prof. r. llernando, de Madrid, envisage les 
maladies de l’appareil digestif cl du foie pendant la 
puberté. L. de Gennes étudie la tuberculose et la 
/m/jer/é; (iuy-I.aroche les goitres de la puberté. Le 
Irdilement rhirurgieal des syndromes thyroïdiens 
lie la. puherlé est remarquabh ment exposé par 

IL Welti. 

Un chapitre est consacré par F. Layani à l’insuf- 
fisanee génilafe miile à la puberlé, par Madeleine 
Hirsch aux troubles de la menslrualion. F.. Ilom- 
pàrd étudie l’obésité et la maigreur de lu puberlé. 
A. Ilamm<-1 décrit les troubles psyrlw-névroliques 
qu'on peut observer à cette période. 

Les chapitres suivants traitint de la eellulUe 
(M"’" Meurs-Blattcrs\ des os et des ligamenis 
de la puherlé (R. Ducroquet ), des troubles 
oculaires (H. Lagrange), des réactions cutanées 
(IL Desaux). 

Les trois ilernier.s chapitres sont consacrés par' 
P Le Aoir et Gh. Richet à l'atimentalion durani la 
puberté, par M. Boigey à l’exercice physique et 
par P.-A. Huet à la physiothérapie des troubles de 
la puberlé. 

Cette-énumération montre la variété et l’impor¬ 
tance. des sujets traités dans ce li\re. En conservant 
leurs tendances et leurs disciplines personnelles, 
les auteurs, particulièrement qualifiés, étudient les 
différents problèmes ayant trait à la puberté ; Ils 
en montrent les multiples aspects, mais sans nuire 
'■n rien à l’unité du sujet. 

Ce livre, ainsi conçu et destine en piemièrc ligne 
aux cliniciens, sera lu également avec profit par 
les. parents, par les profcs.seurs, par les éducateurs, 
par tous ceux qui cherchent à réaliser un cqiiilibre 
harmonieux .entre -le développement du corps et 
■'eluî dé!l’esprit.', 

G. ScnsEiBEn. 


■Vaccination contre la sénescence précoce, par 
G. PicAUO. Préface du professeur Cauleeuv. 
(Librairie Le /•'rançoLsj, Paris. 

Dans ect ouvrage documenté, M. Picado (8an 
.losé, Gosta-Rica) s'est iiroposé de grouper tout 
ce qui peut, dans la biologie contemporaine, 
éclairer le phénomène de la sénescence. 11 reproche, 
avec raison, à certains chercheurs de considérer 
révolution individuelle comme réversivo et de se 
Icurcr en voulant « rajeunir » des vieillards. Mais 
il est une séne.scencc prématurée qui constitue une 
maladie et celle-ci on peut la prévenir, voire même 
la guérir, en se fondant sur les processus de l’im¬ 
munologie. Pour .M. Picado, les glandes endocrines 
déversent dans le sang des lipo'ides, des hormones, 
etc., qui, unis aux protéines du sérum, constituent 
des antigènes capables de déclancher des substances 
antagoniste.s. Les anticorps sont difficiles à pro¬ 
duire dans la jeunesse. Ces anticorps, fixés aux 
antigènes, sont l’origine d'une lloculation qui est, 
tout justement, la cause de la sénescence. La 
grossesse, le jeilne font baisser ces anticorps. Par 
des antigènes bien choisis, prélevés chez des sujets 
âgés et injectés à des jeunes, .M. Picado a p>i 
régulariser le fonctionnement hormonal et empê¬ 
cher un vieillissement prématuré. 

Heniu Vignes. 

MédicUS 1939, guide-annuaire du Gorps médical 
français, in-8 raisin (.Imédéc Legrand, éditeur, 
93, boulenard 8aint-Gcrmain, Pari.s). Relié pleine 
toile, 1.450 p. — Prix: 55 fr. (France et Colo¬ 
nies, 60 fr.). 

Get annuaire, dont les éditions précédentes 
modifiées avaient prouvé l’utilité, présente son 
édition 1939 établie dans le même esprit et avec 
tonies les modifications qui étaient nécc.ssaircs. 

Gonservant la même disposition ainsi ipie les 
différents papiers de couleurs distinguant les 
parties, l’éditeur s’est attaché, surtout, à la révi¬ 
sion des deux divisions (documentation et annuaire), 
do façon à ce que les adresses des Praticiens soicm 
complètement à jour. 

Les principales positions utilisées en radiogra¬ 
phie (Technique, indications, résultats), par 
MM. L. Deliieum et H. Mouel-Kaiin. 2'' édition, 
revue et complétée. 1 vol. in-8“ de 214 p. avec 
165 fig. (Librairie Maloine), Paris, 1939. 

La première édition de cet ouvrage, épuisée 
depuis quelques années, avait rencontré un vif 
succès auprès de ceux, spécialistes et praticiens, 
à ipii elle était surtout de.stinée. Il ne s'agit jjas 
Là en effet d'un ouvrage d’érudition, mais bien 
d'un volume concis, clair, et pratique, qui, sans 
avoir la prétention d’être complet, a surtout pour 
but de permettre « à tous les radiologistes, avec 
les moyens habituels dont ils disposent, de réali.ser 
les radiographies les plus courantes ». 

L. Dclherm et H. Morel-Kahn, dans cette nou¬ 
velle édition, ont complété des chapitres autre¬ 
fois un peu sommaires comme ceux de la radio¬ 
graphie du crâne, des membres inférieurs, du 
rachis..,, et ajouté des techniques récentes comme 
celles de l’exploration radiologique de l’appareil 
pharyngo-laryngé ou du soin, ainsi qu’un cha¬ 
pitre sur la localisation des corps étrangers. 

Vude mecum du radiologiste, ce volume ne 
contient pas de renseignements de technique pro¬ 
prement dite; L. Delhcrm et H. Morel-Kahn s’en 
expliquent : les progrès de cette dernière sont 
appelés à la modifier constamment, et l’expé¬ 
rience permet à cliacun de tirer de son appareil¬ 
lage le maximum. 41 ne comporte qu’une biblio¬ 
graphie sommaire, suffisante d’ailleurs, et il semble 
inutile pour un ouvrage de celte nature de citer 
une trop abondante littérature qu’il serait du reste 
pour ainsi dire impossible de présenter complète. 

Gomme le texte qu’elle illustre, l’iconographie 
est simple et claire, et les radiographies montrent 
les résultats que permettent d’obtenir les positions 
décrites. 

Nous pensons que ce volume répond bien au 
but qu’il SC propose et est- appelé à rendre d’ulilos 
='erxnm. . 

A. Dairiaiix. 


Experimentalle und klinische Ergehnisse mit 
der Friedmannschen Tuberculosevaccine (Ré¬ 
sultats expérimentaux et cliniques avec le vaccin 
tuberculeux de F'ricdmann), par E. IIaei-t.ic.eu. 
1 vol. de 1-56 p. avec 19 fig. (G. Thienuô. 
Leipzig, 1938. 

Après de nombreux phtisiologue.-, allemands cl 
suisses, llaclliger (Davos) rapporte les résultats 
d’une' nouvelle série de recherches expérimentales 
et cliniques q'u’il a poursuivies sur la valeur 
immunisante cl curative du vaccin F'riedmaim 
contre la luherculose. Les essais sur 92 cobayes 
lui ont montré que ce xaccin n’élail doué d’aucun 
pouvoir immunisant et que l’évolution de la tuber¬ 
culose chez les animaux vaccinés ne subissait 
aueiinc modification. D’autre part sur 126 malades 
traités par ce vaccin, il n'a été noté aucune 
influence sur le cours de la maladie, dans 5 cas 
rinoculalioii du vaccin ]jarail même avoir accé¬ 
léré la marche de la maladie et dans 22 cas, amé¬ 
liorés par la cure sanatoriale, la vaccination n'a 
lias empêché une aggravation des lésions. L'échec 
de la méthode agit en outre défavorablement sur 
le moral des malades qui melleni i-u clli- leur 

Ges résultats, rigoureusement conlrùlés, coiilir- 
menl une fois de plus, s'il en était besoin, 
ropporlunité de la circulaire ministérielle du 
5 Juin 1932 relative à l’inteidiclion en France 
du vaccin FViedmann. 


Livres Reçus 


1199. Kurzgefasstes Lehrbuch der Physiolo¬ 
gie. 2 AulL, par l’a. Biioi.m.--i;ii. 1 vol. de 372 p. avec 
198 lig. (Gcnrg riiicme.), Leipzig. — prix : liroché, 12 M ; 
relié, 13 M. 50. 

1200. Die Ernahrung der olymnpisohen Kamp- 
fer in Vergangenheit und Gegenwart, jau- 
.âuoi.E Bickiîl. 1 vol. de 36 p. (Deutsche Vcrlagsgcscll- 
schajl), Berlin. — Prix : 1 M. 

1201. Garten der Gesundheit, par Max WixoMiL. 
1 vol. de 02 p. (Üatische yc.rlngsgesellscliall), Berlin. — 
Prix : 1 M. 50. 

1202. Malaria in the Netherlands, jiar N. H. 
Swi:li.exgiu;bi-i, et A. nn Blck. 1 vol. de ‘208 p. avec 
23 fig. (Ischcllema et Halkema), Amsterdam. — Prix : 


1203. Die Hypertonie des inneren Blasen- 
sphinkters (Die Urologie in lünzelthoslellangcn). ]i.-ir 
IIa.xs Bciuutius. 1 vol. de 22 p. (Georg ThI.-nic), l,i-tp. 
z.ig. — Prix : 1 M. 80. 

120-1. Meningiomas. Their classification, Ré¬ 
gional Behaviour, Life History, and Surgical 
end Results, par IIahvev Cushing cl l.ouisi-: F.isrx- 
ii.Miicr. 1 vol. de 780 p. avec 085 fig. (Charles G. 'l'hu- 
mas). — Prix : dollars 15. 

1205. Nuevas Orientaciones sobre la flsio- 
patologia de la vesioula biliar, par Piamo Bamos 
Baez.. 1 vol. de 150 p. avec. fig. (Libreria La Priqiagaa- 


-L), 




1200. Les Fistules anales'et leurs infections 
causales, par G. Cabaxié. 1 vol. de 108 p. avec 35 fig. 
U.-n. Baillière el Fils). — Prix ; 40 fr. 

1207. Behandlung rheumatischer Erkrankun- 
gen mit ultra-Kurzwellen (Der iihcamaiismus, 
Band 8), par F.iuvin Sciii.iepiiaki-;. 1 vol. de 100 p. av<-r 
27 fig. (Theodor Sleinhnpff), Dresden. — Prix : 7 M. 

1208. Die Arthroskopie (Endoskopie des 
Kniegelenks. Ein Beitrag zur Diagnostik der 
Gelenkkrankheiten) [Der Bhcumalisaws. Band 9]. 
par Eiinst Vaubel. 1 vol. de 01 p. avec 25 fig. (Theodor 
Steinhopff), Drcsdcii. — Prix : 10 M. 

1209. Der akute Gelenkrheuraatismus (Das 
rheumatische Fieber) [Der lihcamali.snins. Band 
11], par Ehnst Vaubel. 1 vol. do 124 p. (Theodor .'ilein- 
Uopff), Dresden. — Prix : 7 M. 50. 

1210. Dermatologie und Rheumatismus (Der 
Bhcumalismas, Baiid 12), par Riciiabi) FiiiniwALD. 
1 vol. do 52 p. avec 17 fig. (Theodor SIeinkopIf), Dits- 


- Prix 


4 M. 


SERVICE DE LIBRAIRIE. — Le service de- 
librairie de La Piiesse Méiucaee se lieni à la dis- 
posilion des abonnes du journal pour leur adresser 
les ouvrages annoncés. 

Pour les abonnés n’ayant pas de dépôt rie fonds, 
tonte demande doit être accompagnée de .son mon¬ 
tant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, 
augmenté de 10 pour 100 pour frais d’envoi en 
France, ou 15 pour 100 ■ pdur frais d’envoi à 
t'Etranger. 







40 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 7 Janvier 193P 


N“ 2 


]Lm MÉBÎEC;: 


Afrique du Sud. 

On a signalé une forme d'inloxicalion sc produi¬ 
sant principalement par un syndrome de' poly¬ 
névrite, ayant sévi sur un total de 67 personnes, 
les unes habitant à Durban ou dans les environs, 
les autres faisant partie de l’équipage d’un navire 
qui avait fait escale à Durhan. Celle intoxication 
a été causée par l’ingestion accidentelle d’ortho- 
tricresylphospliate, produit utilisé dans l’industrie 
des vernis ou pour la fabrication des lilms, il y 
en aurait aussi dans certaines pilules abortives. 

(Comilê permanent tic l'O/fice international 
d’Ilygiène publique, Octobre 1938.) 

Côte d Ivoire. 

Le médecin inspecteur général Marque est ar¬ 
rivé à Abijtin pour une inspection des services 
d’hygiène de la COtc d’ivoire. 

États-Unis. 


L’aire d’extension de la fièvre tachetée des Mon¬ 
tagnes Rocheuses, transmise par Dennacciilor an- 
dersoni, a clé reconnue, ces derniers temps, comme 
s’étendant à tons les Llats-Unis sauf à la Nouvelle- 
Angleterre, le Michigan et le Wisconsin. On admet 
aujourd’hui qu’il y a identité entre la fièvre tache¬ 
tée des Montagnes Rocheiaes et le soi-disant typhus 
exanthématique do Sao Paulo (Brésil). 

Grèce. 

UK KA Faculté de Méuecixe d’Atiibxes. 

Par une loi du 19 Octobre 1038. le règlement de 
l’Université d’.Vthènes a été réformé dans toutes 
scs dispositions, particulièrement en ce qui con¬ 
cerne le personnel enseignant. 

C’est ainsi que la durée des fonctions du Rec¬ 
teur de l'Université devient triennale d’annuelle 
qu’elle était. ’ 

Le personnel enseignant de toutes les Facultés 
de l’Université d’Athènes est constitué de profes¬ 
seurs ordinaires (titulaires), de professeurs extra¬ 
ordinaires. adjoints, honoraires, agrégés, chargés 
de cours. 

Les professeurs ordinaires, pour être élus ou 
nommés, doivent être âgés de 55 ans, les profes¬ 
seurs extraordinaires cl les adjoints, de 50 ans et 
les agrégés être âgés do 45 ans. 

La limite d’âge pour tout le personnel ensei¬ 
gnant est fixée à 65 ans, âge où les professeurs sont 

Le nombre des chaires de la Faculté de .Médecine 
«St do 26. 

Dans chaque chaire, à côté du professeur ordi¬ 
naire, sont nommés des professeurs extraordinaires 
dont la durée d’enseignement est de 8 ans pouvant 
être renouvelée encore pendant 3 ans. Leur indem¬ 
nité mensuelle est de 11.000 drachmes. 

Il y a aussi dans chaque chaire deux professeurs 
adjoints, sans honoraires, et dont la durée d’ensei¬ 
gnement est décennale, _ pouvant être renouvelée 
après consultation de la Faculté de Médecine. 

.\ côté des professeurs adjoints on a institué des 
professeurs et des agrégés chargés de cours, qui 
reçoivent une indemnité mensuelle de 11.000 
drachmes, et qui ne peuvent pas poser leur candi¬ 
dature pour ôlrc élus ou nommés professeurs ordi¬ 
naires s’ils ont atteint l’âge de 60 ans. 

Chaque chaire comporte quatre agrégés qui don¬ 
nent des cours pendant les travaux pratiques ou 
cliniques, cl dont la durée d’enseignement est fixée 
à 7 ans. 

Les agrégés, pour être nommés, doivent subir 
un examen écrit (thèse d’agrégation) et oral de¬ 
vant la Faculté de Médecine. 


A TRANVEHi; JLE «©KiDE 


Les agrégés chargés de cours enseignent pendant 
une année ; leur enseignement peut être prolongé 
d'un an par décision de la Faculté. 

Indes Britanniques. 


L'ne enquête, effectuée dans les diverses provin¬ 
ces de l’Inde â l’instigation de VIndian Eesearcli 
Fiind Association, sur l’incidence de la mortalité 
par cancer en ce pays, a révélé que le cancer y 
constitue une cause de mortalité importante. Le 
cancer paraît plus répandu que le sarcome. Les ré¬ 
gions anatomiques les plus atteintes sont : les orga¬ 
nes génitaux féminins, les seins, le pénis, le tube 
digestif, la peau. 

(Comité permanent de VOfJice international 
d'IIygiène publique. Octobre 1938.) 

Italie. 

On vient de publier la 5" édition du Catalogue 
des périodiques médicaux italiens. On peut se pro¬ 
curer cet inventaire de la pre.sse médicale italienne, 
qui comprend environ 500 périodiques, à l’Office 
di; la presse médicale italienne, via Vallaz/.e, 39, 
.Milan, au prix de 5 lires. 


Des instructions ont été données pour que les 
liavaux soient rapidement commencés en vue de¬ 
là construction d’un Institut d’amélioration de la 
race (Istituto di bonifica humana ed orlogencsi 
délia razza). Cet Institut sera construit à Rome et 
aura pour but la protection des enfants, des fem¬ 
mes, des travailleurs cl de la race. 


Milan vient d’être institué un Centre d’études 
et du recherches pour la médecine aéronautique. 
Lu rapport étroit avec le Ministère de l’Air, ce 
Centre est mis sous la direction du Père Agostino 
Uk.mei.lt et aura son siège à l’Universilé Catholique. 

Tchécoslovaquie. 


La maladie du Sa.vg chez l’homme. 

La lièvre ondulante, dont l'agent éliologi- 
c[ue a été découvert en 1896, n’i retenu l’attention 
des spécialistes en bactériologie humaine qu’à par¬ 
tir do 1918 où Miss Ewans signala la proche pa¬ 
renté de celle maladie, considérée jusqu’alors 
comme une infection propre aux .animaux, avec la 
fièvre de Malte. .\u début de 1928, au Danemarck, 
Madoex cl Kuistensen établirent que la maladie 
de Rang était infectieuse pour i’homme et ils mirent 
en lumière un fait épidémiologique important, à 
savoir, qu’au cours des deux prcmièies semaines, 
il était difficile de distinguer la maladie de Rang de 
la lièvre typhoïde. 

.M. Jaroslav Driioiilav, de rinstilut d'Hygiènc 
de l’Etat tchécoslovaque, a étudié celle question 
pour la Tchécoslovaquie. M. Driioiilav avait reçu de 
l’Institut de Sérologie de Copenhague une souche 
du U. abortus Bang ; or, le hasard voulut qu’à la 
même époque 1928, tombât malade le bactériolo¬ 
giste de l’Institut vétérinaire de Ivanoviec (Mora¬ 
vie). Le malade fut considéré comme atteint de 
fièvre typhoïde par les cliniciens qui ne pouvaient 
croire que ni les essais de culture, ni les épreuves 
sérologiques ne confirmaient la fièvre ébcrthicnnc. 
Or, le malade avait indiqué qii’immédintcment 
avant sa maladie, il avait étudié plusieyrs cas 
d'avorlcmcnts épizootiques chez les vaches. On 
procéda à l’épreuve d’agglutination du sang du 
malade avec le B. abortus Bang, le résultat fut po¬ 
sitif. Ce fut là le premier cas de fièvre de Rang 
chez l'homme en Tchédoslovaqiùe. Depuis, 
M Drhoiil.av a continué ses recherches dans cette 
voie, on est arrivé à 67 cas de maladie de Rang chez 
l’homme, diagnostic confirmé par le laboratoire. 


2 cas ont eu une issue fatale. Les vétérinaires esti¬ 
ment que le pourcentage du bétail infecté varie en 
Tchécoslovaquie de 12 à 10 pour 100. Le mode le 
plus fréquent d’infection est le contact direct avec 
des .souillures, c’est ainsi que s’infectent les vété¬ 
rinaires ou les personnes donnant leurs soins, dans 
les étables, aux vaches qui vêlent. Les cas légers 
sont pris pour de simples grippes, ce n’est que dans 
le.s cas plus graves qu'on pense à la typhoïde. 

(Les travaux de l’Institut d'IIygiène 
de l'Etat Tehécoslovaque.) 

U riiguay. 

Hommage a la mémoire du Prof. Morquio. 

On vient de rendre un nouvel hommage, à Mon¬ 
tevideo, à la mémoire do notre ami regretté 
L. Morquio, le grand pédiatre de l’.Nmérique du 
Sud. Dans les jardins de Vhôpital Pereyra Rossell, 
face à la clinique infantile qu’il a dirigée tant d’an¬ 
nées, se dresse sur granit un buste en bronze de 
Luis Morquio, par l’éminent .sculpteur national 
Relloni. En passant devant ce buste, les étudiants 
auront sous les yeux l’effigie d’un homme qui 
symbolise les qualités du grand médecin : science, 
art et moralité. 

.A la cér-monie inaiigiirale assistaient, autour de 
M"'” Luis Morquio et la famille, les collègues, les 
élèves, les amis du défunt, venus en grand nombre 
rendre un dernier hommage à celui qui créa la 
pi'dialric uruguayenne et lui assura une des pre¬ 
mières places dans la pédialrie mondiale. 

Prirent la parole successivement: G. Pelfort, 
au nom du comité du monument; .1. Boxaba, an¬ 
cien élève et successeur de L. Morquio à la direc¬ 
tion de VInstilul de Pédiatrie et de Puériculture 
(D' L. Morquio); le représentant du Ministère de 
ht Fanté publique. 

\ Vhôpital Pereyra liossctt. illustré par L. Mon- 
Quio, la chirurgie infantile fut pratiquée 29 ans par 
1' Dr Prudencio de Pexa. dont la mort suivit de 
près celle du maître. Le Dr V. Escardo t Axaïa, 
directeur honoraire de la bibliothèque et des publi¬ 
cations, a fait dresser par iM""’ .Sara Eisa Scoseria db 
Irarlucea la liste des publications du chirurgien 
d enfants. De 1902 à 1937, eolte liste comprend 
42 numéros. 

Le Dr y. Escardo t Anava, un des élèves les 
plus fidèles et les plus laborieux de L. Morquio, 
fut chargé du service de physiothérapie de Vhôpi- 
tal Pereyra Bosscll pendant de nnmbreu.scs années. 
Nommé directeur pour la seconde enfance du Con¬ 
seil de l’Enfant (Consejo del Nino), il a cédé sa 
place de physiolhéraiiie hospitalière au Dr Luis A. 
PiERONi, agréé par le Ministre de la Santé publique. 


Soutenance de Thèses 

Paris 

DocTon.\T d'Et.at. 

MvAKv.nFAH 11 JAM'ii:n 1939. — M. llolluville : Tron- 
bïes trophiques apparaissant après la réduction, des luxn^ 
fions eonqénitaîcs de ta hanche. — .Uii’j* ; MM. Bnu- 
douin, Lemnîlre, GrOg’oire, Qiiûnii. 

Jfiüin 12 Janvier 1939. — M. Magois : Trailemcni 
du pro qénital par l'opération de Halhan {Elude cri- 
tique cl comparée). — Jury : MM. 'Claude, Jeannin,- 
Canluéjoul, Vaudescal. 

Bordeaux 

Doctorat d’Et.at. 

VExiinEDi 6 .îaxvier 1939. ■ — M. Diibuc : Kystes 
nériens conqenitnux du poumon. — M. Leméo : Le 
Irailemenl des brûlures étendues par le mercurochrome. 


Le -Gérant ; F. Amirault. 


P.iris. — Ane®* Trnp. de la Cour d'Appet. 1, rue Cassette. 









N" 3 


! 1 Janvier 1939 


TRAVAUX ORIGINAUX 


COLLÈGt DE EHAHCE 

CHAIRE DE MORPHOLOGIE 
EXPÉRIMENTALE 
ET ENDOCRINOLOGIE 
LEÇON INAUGURALE' 

Par le Professeur R. COURRIER 


MoNsiKrii i/AuMi.MsriiATHUn, 

Mi;s ciiKus UoLLÎîGüns, 

Mhsi) \ Mi:s, M Kssiiiiîus, 

(l'i'sl uvoc tmc ('iiioliuii jjrol'iiiidu qiiu je. l'niii- 
l'hi.s 11’ seuil do eelle illiislru Maison, et jiiii 
jeunesse relative, défaut liieii épliéiuère, ajoiil'’ 
encore à mon IrnuLle. .le n'ui lieureusemeni, pas 
à me diseiiljier de la inoindro audace, mes ailes 
n'élaienl. pas jdus grandes que le nid. L'audace 
esl voire fail. Messieurs les Iliologisles du Col¬ 
lège de l’'ranre. singulièic’menl lu vèlre. Mon¬ 
sieur le Professeur .lollv, (pji élus venu me clier- 
elier sur la lerre africaine poni' me conduire 
jusqu'en ces murs loni imiu'égnés de si glorieux 

Vous ave/, élé rinsligateur. rinne même de 
ma candidainre. .l’ai bénélicié de la conliance 
générale que vous confèreid voire aulorilé el 
voire probilé. Puissé-je mérile.' à mon loue la 
cordianci’ ipie vous m'ave/. si générensemeni 
accordée; .le m'y emploierai evec l'ardcnr et la 
lénacilé ilii iiaysan lorrain. C'esl, je pense, la 
meilleure façoTi de vous lémoigner ma Irès 
granile reconuaissarice. 

Vous m'ave/. renconiré dans les réunions de 
noire Associalion des .\nalomisles ; j'élais alors 
liréparaleiir frais émoulu, el il vous élail 
agréable de Ironver de jeunes cerveaux curieux 
à qui comimmiquei- voire amour passionné de 
l’idéal. 

Vous bri’de/ toujours du même eniboiisiasme, 
mon cber Maître, c’esl à lui que voire esprit 
doit de conserver sa jeunesse el sa vivacllé ; e esl 
cet enlboiisiasme ipi’on admire quand, avec 
force jeux de pbysionomie, vous vous exiasie/ 
au siieclacle du rylbme cardiaque de vos cullures 
d'embryons. 

Vous tenez sans doule celle (]ualilé maîtresse 
d'un milieu familial pour lequel la vérilable 
richesse esl de comprendre tout ce qui est 
beau, et où n les loisirs ne sont employés qu'à 
étendre le champ des connaissances el des admi¬ 
rations ». Votre güêd pour les arts a même ori¬ 
gine, c'esl la même Ilarnine ardente qui vous 
incitait à déci-irc un jour, dans le polil train 
blanc qui mène de Biskra à 'louggourt, l'inbii- 
malion du Comte d'Orgaz, la toile célèbre du 
Grcco. Los touristes voisins n en perdaient pas 
un mot, ils voyaient en mirage « le cadavre mou 
dans son armure de fer «, x'ous leur ax’icz fail 
oublier la majesté du Sahara. 

C’est aussi <à cet enlliousiasine que vous devez 


1. Celte leçon a élé fuite an College il» Pram-e le mer- 
ereib Pi Ttcc'enihrc 1035. ii H heures. 


la faculté si rare du vous arrêter longuement à 
des sujets dilTérenls do ceux qui vous sont per¬ 
sonnels. Comme tons les scieniifitiues, vous avez 
dû limiler le ehainj) de vos recherches, chacun 
connaît votre belle miivre sur le sang et ses 
multiples berceaux, chacun sait votre rôle de 
précurseur dans la culture des tissus. Mais, 
votre curiosité passionnée et voire Ame géné¬ 
reuse vous ont permis de sortir du cercle di' vos 
I)réoccn|)alions. C’est ainsi ipie vous vous éles 
intéressé aux travaux do l’école à lacpielle je suis 
si fier d’a[)i)artenir. Abus avez éprouvé une vive 
joie à la fléfemire en maintes occîisions. .l'en ai 
inolité moi-même amplemen'. Mes premières 
paroles de reconnaissance doivent être ])Our vous, 
elh’s soni lonles d’affection et de respecl. 

Mon remerciement s’adresse aussi à vous tous, 
mes chers collègues, (jui m’avez fail riionneur 
insigne di' m’accejtler parmi vous. ,1c. remercie 
plus spi’cialemeid Monsieur r,\dminislralenr 
l'aral dont je n’oiddicrai [tas le bienveillani 
accueil, ainsi ipie Messieurs Fauré-l’rémiel, 
Mayer e| Pii'’roii, ipii iii'oid nssislé dès la pre¬ 
mière heure, .b’ suis heureux de reirouver ici 
Monsieur Aniiré .Mayer ipii. après l’arniislice, 
m’eii'-eign.i magistralemi’nl la ]d)ysiologie h la 
l’acnllé de Médecine de Strasbourg-. 

.le veux exprimer encun' ma gralilude iléfé- 
renie aux membres de l’.Acadcjnie des Sciences 
ipii oui ralifié le choix du Collège, en parlicu- 
lier à Mes'-ienrs Charles Pérez el Canllerv ipii 
fnreni pour moi de jirécieux garanis. Kl. (pte 
Ions les amis qui sont venus ipielques-nns 
lie fort loin - m’apitorter à celle heure le 
lémoignage de leur syuipatbie soieul assurés ih’ 
mou liilèle souvenir. 


.Avant d’exprimer les senlimeuls qui m'ani¬ 
ment à l’égard du Maîire qui m'a formé, je me 
fais un devoir di; considérer dans son ensemble 
l’édilieu sciciitiliilue inqjo.sani qu'a su construire 
mon dislingué iirédécesseur. 

.le suis très honoré de lui rendre c.el hom¬ 
mage et de dire ici ce que lui doil la Science. 

. (M. Courrier met en lumière la magnili- 

quo carrière scientifiiine de .M. le professeur i\a- 
geotle. montrant renchainemeni rcmaripiable 
des idées de recherches qui lui a iiernus d’aller 
sans heurt de la palhogénie du labes à la slrnc- 
lurc physico-chimique du lissu conjonctif, eu 
passant par l’hisliqdivsiologie du neurone el la 
greffe mortel. 


Mon émineni devancier s’est longuement inté¬ 
ressé au système nerveux, et voici ipie sa chaire, 
tout en restant sous le signe de la morphologie 
expérimentale, esl consacrée désormais à l’en¬ 
docrinologie. Ce changement do directive ne 
correspond pas à un bouleversemonl tirofond. 
Nous assistons en effet au lapprocherncnt de 
plus en plus étroit des deux grands mécanismes 
qui assurent les liai.sons inlerorganiqucs. La 
transmission chimique do la commande ner¬ 
veuse. la jonction hypophyso-céréhralc, les ré¬ 
flexes neuro-humoraux, l’activité glandulaire 
des neurones, ont révélé les rapports intimes 
qui unisseni les glandes endocrines au .système 


nerveux. .M. le Recteur Roussy insistait réeein- 
rnenl sur ce complexe neuro-endocrinien, que 
mon coinpalriote Rémy Collin, philosophe autant 
que biologisie, soidigne excellemment dans un 
livre qui vient de paraître. 

11 n’est donc pas do large fossé enlre l'an- 
l'ienne chaire et la nouvelle. 

Ma personne a été [tour hieii jieu dans la erén- 
lion de celleel. D’importants travaux d’eudoeri- 
uologic, jaillissant de lonles parts au eours des 
dernières années, ont alliré l’attention de ceux 
qui président aux destinées de eell-’ Maison. 
Dans l'enseinble harmonieux présenté par 
M. .lolly ])0ur faii-e saisir, à des esprits voués à 
des disciplines si diverses, l’importance aclnelle 
de l'endocrinologie et son impétueuse cxjian'iion, 
la ])arl qui me revient esl en réalité très petite. 
Mais, au seul terme d’endocrinologie sexuelle, 
tons les regards se lonrnenl vers Slrasbonrg, 
vers les jiionniers qui indiquèrent la voie si fé- 
ennde ; les jirofesseurs Roiiiu et Ancel. -Te viens 
ici, auprès de l’ombre de Rroxvii-Séipiard. en 
ambassadeur de mon .Maître vénéré, l’ol Bnuin. 

i'ne hipiiveillanle snllieiiude, de précieux con¬ 
seils. in’oiil élé eonslamnienl prodigués ]iar <e 
Maître incomparable. Récemment encore, lors 
de ma candidature, j'ai trouvé auprès de lui 
d’affectueux encouragements. .Te sais qu’il désin’ 
éluder les niarqui’s d admiralion el de. recon¬ 
naissance. Qu il nie ]iei-iuelle cepenibiTit di’ dire 
en sa préserieo le grand réeoiifori que j'éprouxe 
aujourd’lmi en .simgeani à eelui dont je m’enor¬ 
gueillis d’être le disciple. Les envoyés ont l’iin- 
porlanee de la puissance qu’ils représeïlient, je 
suis le messager d’une leuvre magnifique. Celle 
«T'iivre a l’andieue.e du monde, tous les liomuies 
de science ont reconnu l'inlérêl piimordial et 
la portée lointaine de travaux qui guideront 
longtpm|is encore la pensée iriiiie fonle de rlier- 
ebenrs. 

Ajirès la guerre, eomme le lireni tous les éln- 
dianls démobilisés, c’esl avec nue véritable frin¬ 
gale cpie je. revins à des éludes iiili'irompiies 
pendant quatre ans el demi. le jiréparais l’inler- 
nat à la Faculté de .Médecine <ie Strasbourg ; 
mais l’enseignement donné par M. Rouin. son 
don merveilleux de susciter l’ap[)étil de la re¬ 
cherche, décidèrent de ma carrière. .le iiris déli¬ 
bérément le ciiemin du lalioraloire. .te me féli¬ 
cite d'avoir agi ainsi el j’é])r;iuve une reeonriuis- 
sance infinie envers un homme qui a exercé une 
inflnenee décisive sur le coins de mon exislence, 
car j’adore mou mélier. 11 esl vrai tpie tous ceux 
qui l’oiil approché ont subi l'em]jrise de ce 
Maître, l’ascendant moral qu’il exerce i si consi¬ 
dérable. M. Rouin esl parmi ces hommes de va¬ 
leur, qui ont le pouvoir d’exciter les inlelli- 
geriees. Semant généreusement ses idées, il fé- 
eonde les esprits tout en laissant à ses élèves la 
])lns grande indépendance. On respire dans son 
Institut une almosphère de paix sereine, en y 
vil libre cl invisiblement protégé. Le Aiailrc res- 
peeln prol’ondémonl le point de vue d'aulrui, 
éeoiilanl avec une complaisance et un intérêt qui 
émeuvent les avis des plus jeunes de ses disci¬ 
ples. Ayant l’esprit de mesure cl de modestie, il 
n’est pas combattif et fuit les controverses lors¬ 
qu'il les sent stériles. Mais il n’est animateur do 
jeunes énergies plus captivant que M. Bonin, 
lorsque au cours d'entretiens familiers, il vante 
Il beauté de la Recherche et qu’il magnifie la 










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LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, II Janvier 1939 


N" 3 


cloniiiialion sans cesse croissante do la Riologio 
•sur la inalièie vivante. 

C'est an conlact d'nn tel M-iilre que je me suis 
formé. Loin de lui, à Alfjer, j ai seidi pins nel- 
temcnl encore tout ce (lue je loi devais, et tout 
eu que j'avais retiré durant sept année.s d un 
commerce (piotidicn a\ec un homme si simple, 
à la pensée si haute et dont ru-u\re est si 
grande. 

.l'ai ('U la lionne fortune de connaître à Slras- 
hourg d'autres hommes, maîtres et amis, «pii 
m'ont aidé et encouragé, .le devrais citer la jilu- 
part des professeurs de la l'acuité de Médecine, 
(luelques-uns aussi de la Faculté des Sciences 
parmi lescpiels Itataillon, Chatlon, lerroinc et 
Viles, .le n'anrais garde d'oublier mes condisci¬ 
ples Max .\idn et .lacques lîenoit, tous deux Lor¬ 
rains coimne moi de la région nancéenne et 
venus après l'armistice avec leur Maître ;i Stras¬ 
bourg. Que d'excellentes heures passées ensem¬ 
ble à discuter de la plnsiologie génitale che/. le 
triton, le <'oq et la chauve-souris 1 

.l'ai conservé un soinenir iiiouliliahlu de mes 
années d'Alsace, de l'ambiance strasbourgeoise 
d'après-guerre, de la foi ardente pour la Itecher- 
<-he qui sliimdail le milieu universitaire, dans 
" l'euphorii’ de la vicloire ». 

.Après l'agrégation, ce n'est jias .sans une pro- 
fondi' tristesse ipie je partis, quittant un insti¬ 
tut tout ni’iif l'I liourdonnaiit, un mailrc- admi¬ 
rable et d'exci-llmils amis, .l'arrivai à Alger, seul 
pour assurer l'c-oseignemenl Ihéoritpie el pra¬ 
tique, dé^-it par 1 exigu'îlé rlu laboratoire où 
j'allais Iraxailler el par la modestie des crédits 
mis à ma disposition. Mais tpie de bonne \o- 
lonlé el de c.ompréliension île la part du recteur 
l'aillard el du doyen Leblanc 1 Mes ressources 
augmenlenl rapidement, mes locaux deviennent 
plus \asles. el je puis bientôt entretenir dans 
une cour spacieuse une véritable ménagerie de 
chats, de singes el aulres animaux sympatlii- 
ques. .le saisis celle occasion pour adresser mes 
senlimenis de gratitude aux aim.diles collègues 
des lalioraloires voisins cpii subissaient sans pro¬ 
tester les cris assourdissants de celle arclie de 

Noé. 

.réprouve une grande reconnaissance envers la 
Faculté de .Médecine rl'Alger qui a sans cesse 
amélioré mes eondilions de Iravail. .le n'oublie¬ 
rai jamais que je dois le grade de titulaire à 
runanimilé ilu Conseil de cette Facnllé, .A la 
largeur d'idées el an gesle généreux de M. A\ e- 
bi-r. -le ri'inercie égalenieni le professeur Cos- 
lanlini qui nie réserxa un serx ici' riebemeni 
étpiipi' dans ce beau centre aniicancéreux créé 
par l'énergie e| la ténacilé i orscs. Ft il m'est 
bien agréatili' d'ariresser une affectm'iise pensée 
.à mes élèxes algi'i'ois, en parliculier ii mes colla- 
boralenrs de chaque jour Keiil él Gros ; ils oui 
grandemeni facilité ma tâche en prenant une 
part'très aelixe .à mes recb'relies. Il me pl.iîl 
d'insister sur ce que je dois ,à celle collaboration 
amicale (pii fut pour moi un véritable excitant 
fonctionnel pour parler un langage d'endocrino- 

. i\l. t'oiirrier parle axec enthousiasme de 

l'Afrique du Nord, il souligne les ressources 
scientinqiies que ce pays peut offrir au cber- 
cbeur el envisage l'exploitation de ces ressonrcesi. 


Le double titre de la chaire (|ui m'a été con- 
liée K Morphologie Expérimentale et Endocrino¬ 
logie Il met en relief le rôle important de l'his- 
tophysiologie dans le domaine des sécrétions 
internes. 

Eugène Gley a formulé, ui 1913. le critérium 


dos trois conditions (jui déterminent la fonction 
endocrine. L'une d'elles est bistologiiiue, elle 
n’est pas suflisante : l'absence de conduit excré¬ 
teur, l'existence de cellnles d'aspect glandulaire 
au contact de capillaires sanguins, ne permelleni 
pas d'aflirmcr la sécrétion interne. Ccpcndanl, 
la seule présomption suggérée jiar l’examen 
morpbologitiue a été souvent le point de départ 
de rei berebes fécondes, el de nombreux exenqiles 
attestent l’action décisive dC' bistophysiologisles 
tout au long de ces recberebes. 

Le cas du [lancréas est un des succès de la 
morphologie expérimentale. Laguesse examine 
soigneusement cet organe dont l'ablation pro- 
vocpie le diabète; il est intrigué par les îlots de 
Langerbans : ces amas de cellules si'créloires ne 
]ieuvenl déverser leur produil (pie dans le sang. 
Le microscope lui montre (pie les îlots persistent 
après la résection du canal de Wirsung, toutes 
les aulres parties de la glande sont détruites ; 
or. ranimai n'est pas devenu diabétique. L’bis- 
lologie comparée révèle, en outre, au grand bio¬ 
logiste l'inégale répartition des îlots cb(.'Z ipiel- 
(pies l'oissous ; il en est d'énormes dans cer¬ 
taines régions de l'organe, alors (pie d’autres 
territoires en sont dépourvus. Aingl-cimi ans 
ajirès. les cbiniisles utilisent celle iiarlicnlarité 
anatomique, et retirent l’insuline des fragmeiils 
lianrréati(pies à îlots volumineux. 

C'est la structure du corps jaune (pii autorise 
Prenant, dès 1898, à admettre la fonction endo¬ 
crinienne do ce lielil organe. Plus lard, dans le 
même laboratoire, Uouin et Ancel réalisaient 
leurs expériences fondameiLales ; par sa sécré¬ 
tion interne, le corps jaune transforme l’utérus 
en un berceau indisiiensablc à l'évolution de 
l'ienf fi'condé ; et nous iiossédons aujourd lini, 
à l'étal cristallisé, cette lioriiione des mères de 

Au cours d'une conversation de vacances, le 
père de M. Bonin, vétérinaire dans les .Ardennes, 
fail part à son li|s du comportement singulier 
des iiorcs el des chevaux cryiitorcbides : ils soni 
stériles, mais puissants el uossèdent des carac¬ 
tère sexuels normaux. L’examen hislologiipie 
mon Ire .à Bonin el Ancel la slructure particu¬ 
lière lin leslicule ectoiii(iuo : entre les lubes 
rétractés et dépourvus de germen, s’étale une 
belle glande san§ conduit excréteur. Celle glande 
n'est-elle pas la source de l'hormone mâle (lue 
de recberebes de|iuis el que de publicalions ! Des 
travaux récents viennent encore (l’a|iporler des 
arguments nouveaux rà l’appui de ce qu'on a 
.•qipelé la Ibéorie de l'inlerslilielle. le citerai 
siniplenieni Faction des gonadoslimiilines sur 
la glande n diasiémalique » de ranimai impu¬ 
bère. el l'inlluence des bormones sexuelles sur 
la différenciation des gonocytes chez reinbryon. 

L'bisloire de la surrénale n'est pas moins 
(li'ninnslralive. L'embryologie el ranaloiuie coni- 
|iarée ont permis de comprendre la nature de 
cet organe chez les Mammifères où il est cons- 
lilué [lar deux formations différentes, emboîtées 
runc dans l'antre ; on se demande si cette asso¬ 
ciation n'est qu’une sim])le ju'xliqvosition mor- 
pbnlogi(pie de deux glandes indépendantes. 

C'est encore l'histogenèse qui (( révélé la pa¬ 
renté d’origine de la corlico-surrénale et des tis¬ 
sus endocriniens génitaux ; des relations pbysio- 
logi(pies correspondent à cette [varenlé les 
tumeurs du cortex eidraîneid la puberté pré(’oce 
chez le nourrisson el le virilisme chez la 
femme. La teneur de l'urine en sulistance nulle 
s'accroît considérablement chez la femme 
.■(llelnle d’une telle m'oplasle ; on vienl m(''me 
d'extraire de la gbuide saine des dérivés bormo- 
nnux mâles et femelles. 

L'élude du développement a montré aussi le- 
liens étroits qui unissent Fappareil p.iragan 


glionnaire an système nerveux sympalhique. La 
phylogenèse cl l'ontogenèse prouvent, selon 
Céleslino Da Costa, (iu(; le sympalhique se 
substil([e j)eu â peu au tissu chromafline, le 
nerf prend la ])lace de l'hormone. En iegard de 
ces données moridiol(jgi(iues. nous ra|)p('llerüns 
Félaboralioii d’une hormone synqvalbico-mimé- 
li(iue par le i)araganglion, et le mécanisme ebi- 
mi(iue de la commande nerveuse. 

La morjdiologie ne perniel pas seulement de 
soiqu'onner la l’onclion endocrinienne ou d'él.a- 
blir d'nliles rapprochements, elle apporte par¬ 
fois des indications pnVieuses sur l'intensité de 
cette fonction. L'idéal sérail de déceler le prin¬ 
cipe aciif dans la cellido elle-même jjar une 
réaction bislo-cbimi(pie lidèle. Mise à pari 
l'adréiudine. de grands progrès restent .A accom¬ 
plir dans celle voie. En al tendant celle belle 
réalisation, l'iiistologic actuelle renseigne dans 
cdtains cas sur le travail d'une glande. Les 
éludes sur la thyroïde oui démontré (pi'à une 
modilicalion d'inlcnsilé fonctionnelle est lié un 
changement (l’aspe(d des vésicules closes, de 
sorle (pie le simple, examen microscopi(pie per¬ 
met d’eslinier l'élat de rejios ou d'aclivilé de 
l'organe, (ielle (pieslion importante des rapports 
entre la structure el la l'onrlion se pose jiarti- 
culièrenienl pour l'Iiypopliyse. dont les cellules 
accusent une niorpbol()gi(! si vari('e. 

S’il est un chapitre de l'endocrinologie où le 
rôle de l'bislopbysiologie s'est trouvé très efti- 
cac(', c’esl bi('n celui des hormones morpbo. 
gèn((S. Glande Bernard serait heureux de m' jilus 
pouvoir déclarer aujourd'hui (pie les lois mor¬ 
phologiques échappent ;i notre connaissance. 
1.'action endocrinienne peut s'extérioriser par 
d('s transformations pnd’ondes dans la structure 
des organes ri'cepleurs. .le rappelle les éminentes 
recberclu's di' Allen et de Smith : lors(pi'on 
enlève rébauebe hypophysaire à des têtard-- 
longs de 3 mm., on (.-onstate l’albinisme, le 
ralenlissemeiil de croissance, l’absence di- méta¬ 
morphose. et le microscope permet de décou¬ 
vrir l'involulion di- la thyroïde, de la eorlico- 
surrénale el (b's glamb-s génitales. 

Le domaine di- la sexualité abonde en exem¬ 
ples d'actions morpbogènes, il suffit de songer -à 
la variété inlinie (l('s caraclèies sexuels secon¬ 
daires. Les formes mâle et femelle sonl régies 
par dos sécrétions internes el rexpérimentali-ur 
bouleverse à son gré la nature eu délerminanl 
l’inversion sexuelle ou riiermaphrodisme. 

L'analyse des témoignages morpbologi(pies de 
la fonction endocrine a été fruclucuse à plusieurs 
chefs. Elle a conduit à des notions générales el 
à des lois ipi’on ne peut rappeler sans évrapn-r 
la mémoire de Pézard. Elle a révélé la spi'-cili- 
cilé souvent impressionnante des k effecteurs e. 
.l'i-n donnerai trois exenqib's. 

Les muscles lisses du Iraclus génital réagisseni 
inlensémenl .à cerlaines bormones, (pii ii'onl 
aucun pouvoir sur la nuiscuialure semblable 
du tube digestif. 

Le tissu conjonctif de la région vulvo-analo 
subit chez le magot d'Algérie un œdème extra¬ 
ordinaire sous rinnuence de la folliculine, alors 
(pie le conjoiiclif des territoires voisins reste 
intact ; et cette potentialité (b- la jieau sexuelle 
est si ciiractéristi(pie (pi'il suffit d’administrer 
pendant qnelqiu's jours riiormone femelle au 
singe mâle pour faire apjiaraître autour de l'anus 
une formation volumineuse. 

Enrm. j'ai constaté (pie l’ingestion de pro¬ 
duits thyro'idiens provoipie la mise au repos de 
la thyroïde. Ce résultat démontre entre paren- 
Ihèses que l'opotbéiique substitutive est une 
arme à deux tranchants. Celte mise au repos 
se signale par l'aplatissem.mt extrême de la 
paroi vésiculaire. Or, répitbélium du canal tliy- 







iN" 3 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 1 1 Janvier 1939 


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réoglosse, auquel sont encore appenducs quel¬ 
ques vésicules, no subit aucune Iraiisforinaüon. 

Cette spécificité des réactions niorphogùnes a 
permis de définir des unités biologiques avant 
la préparation des hormones pures : citons le. 
lest vaginal pour les produits oestrogènes, la 
dentelle utérine ou la nidation pour l'extrait 
lutéinique, la crête du coq ou les vésicules sémi¬ 
nales du rat pour les androgènes, le jabot du 
pigeon pour la prolactine. 

C’est un critère morphologique aussi simj)le 
que la pigmentation de la plume qui renseigne 
non seulement sur certaine action hormonale, 
mais aussi sur la durée exacte de cetle action. 
Et la pierre angulaire de la célèbre découverte 
de Aschheim et Zondek sur le diagnostic |)ré- 
cocc do la grossesse est encore un facteur mor¬ 
phogène. 

La morphologie expérimentale a permis, on 
outre, t’étudo chimi(iue des hormones génitales. 
Sans elle, nous n’aurions pas assisté è ces acqui¬ 
sitions reti'iitissantps qui viennent d’éblouir le 
monde scientinque. C’est à partir du moment 
on les mofles de réaction des réce|)lcurs furent 
précisés par riiislophysiologisle, (pie la chimie 
endocrinienne a pris son essor. Le lest morpho¬ 
logique a décelé la présence de la folliculine dans 
le liquide amniotique et dans les urines de ges- 
tante ; après avoir indiqué la matière première, 
il a donné le moyen de suivre le priTicipe actif 
au cours des essais de puriricalion. 

Ces multiples arguments cniraînent la con¬ 
viction, l'importance de la morphologie cx[iéri- 
nientale dans les recherches sur les sécrétions 
iulernes est éviderde. Son rôle est loin d’être 
terminé. On s’imaginait volontiers, après les 
découvertes chimiques récentes, que le llainbcau 
allait changer do mains et que l’èrc hislo|)hysio- 
logique était close. .J’estime que la collaboration 
si féconde de la chimie et de la morphologie ne 
doit pas SC relâcher. Elle permettra sans doute 
l’explication de faits troublants ou contestés 
dont voici des exemples : 

Nombre de résultats récemment acquis incitent 
à critiquer la notion d’une spécificité d’origine 
des hormones sexuelles. L’urine des femelles 
présente une activité androgène, et l’aptitude 
masculinisante de l’ovaire a été démontrée dans 
certains cas. Inversement, les substances fémini¬ 
santes sont élaborées non seulement par l’ovaire 
et par le placenta, mais aussi par le teslicule. 
Le cas le plus impressionnant est celui du che¬ 
val. On a pu retirer des urines d’étalon beau¬ 
coup plus de folliculine que de celles de l.'i 
jument gravide. Le tesliciile du cheval est, 
d'après Zondek, l’organe le plus riche que l’on 
connaisse en substance femelle. « Si l’ordre chro- 
nolçgiquc dos découvertes avait élé changé, écrit 
un excellent chimiste, il eôt élé bien difficile do 
classer la folliculine dans le groupe des hor¬ 
mones dites femelles. » Celte constatation me 
semble extraordinaire. J’ai cependant vérifié, il 
y a quatre ans, que les testicules normaux et 
ectopiques de porc contiennent de la follicu¬ 
line. Que pense l’iiislophysiologie de ce fait indu¬ 
bitable qu’on peut extraire de la glande mâle cl 
des urines d’étalon des quantités considérables 
de substance œstrogène ? Cotte folliculine abon¬ 
dante doit laisser des traces fonctionnelles de sa 
présence. Leur recherche me paraît indispensa¬ 
ble. Il existe dans l’organisme mâle des récep¬ 
teurs qui répondent fort bien aux produits 
femelles injectés; c’est le cas du rudiment 
mammaire, c’est aussi celui de l’utricule prosta¬ 
tique. Nous avons montré, Gaston Gros et moi, 
en 1934, que la folliculine administrée au singe 
mâle transforme ce reliquat embryonnaire de 
nature femelle. Il répond dans sa partie infé¬ 
rieure exactement comme le vagin. Je crois utile 


d’étudier la structure histologique de rutricule 
prostatique du cheval. Il sera imi>orlant de com¬ 
parer cette structure chez le cheval hongre, 
chez le cheval entier, et chez i’animal ayant reçu 
une dose convenable d’bormone femelle. Nous 
venons d’entreprendre des recherches de celle 
nalure. 11 est possible que la morphologie expé¬ 
rimentale rende, lè encore, de bons et loyaux 
services. 

Dans le même ordre d’idées, le cas do l’hyper¬ 
trophie de la prostate chez l’homme vaut d’être 
signalé. 0]i a supposé, tout d’abord en Hollaudo, 
que celte hypertrophie est causée par une sub¬ 
stance œstrogène libérée par le testicule sénile, 
en déficit hormonal mâle. De nombreuses dis¬ 
cussions furent .soulevées en Erance au sujet de 
celle étiologie, .l’écrivais, des Février 19.30, qu’il 
serait intéressant d’examiner la structure de 
l’ulricule proslalique et de sa paroi épithéliale 
chez les sujets atteints -. Cet examen morpholo¬ 
gique est è mettre en parallèle avec les résultats 
du dosage endocrinien dans les humeurs. 

Le dosage des hormones dans les liquides orga¬ 
niques, par des procédés chimiques ou colori- 
mélriqucs, peut fournir des données impor¬ 
tantes, mais à condition do savoir les inleiqiré- 
ler. L’étude de l’élimination urinaire d’une hor¬ 
mone no permet pas de tirer des conclusions 
formelles sur sa valeur physiologique dans l’or¬ 
ganisme rpii l’excrète, et quelques auteurs consi¬ 
dèrent celle excrétion comme un signe d’inactl- 
vilé dans le milieu intérieur. .l’estime même 
que la Icneur dans le sang est une indication 
sujette è caution, car nous connaissons mainte¬ 
nant l’exislencc d’un empêchement fonctionnel. 
Des phénomènes d’antagonisme opposent entre 
elles certaines hormones dont les effets peuvent 
s’annihiler sans qu’une neutralisation chimique 
intervienne. Ainsi, la recherche quantitative 
dans le sang d’une seule substance donnera un 
renseignement très incomplet, si cetle substance 
est en présence d’un autre corps qui peut nuire 
à son influence. 

Nous avons entrepris de longues recherches 
sur ce sujet à Alger, mes collaborateurs cl moi. 
On sait, par exemple, que les produits œstro¬ 
gènes sont excrétés en .pianlilé considérable 
pendant la grossesse chez plusieurs matnmi- 
fères ; or, nous avons retnarque, il y a une 
dizaine d’années, que l’épithélium vaginal ne 
« s’épidermisc » plus malgré l'injcclion de doses 
massives de folliculine chez la femelle geslante 
de cobaye. Nous avons fait une conslalalion sem¬ 
blable chez le magot ; la folliculine n’agit pas 
sur la peau sexuelle pendant la grossesse, son 
action est entravée sans doute par Tine hormone 
antagoniste d’origine ovarienne ou placentaire. 

Je ne puis exposer ici toutes nos expériences 
•sur les relations fonctionnelles qui existent 
entre les deux hormones de l’ovaire. Ces recher¬ 
ches demandent à être poursuivies, elles sem¬ 
blent montrer que le rapport quantitatif des 
deux hormones en présence est d’une impor¬ 
tance capitale, et nous avons remarqué, Ray¬ 
mond Kehl et moi, des phénomènes d’antago¬ 
nisme ou de .synergie suivant la valeur de ce ' 
rapport. 

.\u cours de leurs brillants travaux, les chi¬ 
mistes ont démontré la parenté étroite des hor¬ 
mones mâles et femelles. Celte parenté justifie 
les analogies d’action qui furent reconnues. On 
est arrivé môme è réaliser la synthèse de consti¬ 
tuants qui sont bi-sexuels, car ils jouissent au 
même degré d’un effet masculinisant chez le 
mâle, et féminisant chez la femelle. Ces résul¬ 
tats ont jeté le trouble dans l’esprit des biolo- 


2. CiiA.MPY, IIkit7.-Boïer ct CouJARD n’onl remarque 
aucune transformation de l’utricule dans l'hypertrophie 
prostatique chez l’homme (Juillet 1937). 


gistes qui pensent assister à ranéanlissemeut 
de la spécificité d'action des iiormones génitales. 
Il est possible tiue corlains itroduils injectés 
subissent parfois des retouches dans l'organisitie. 
Je crois aussi qu’il faut lairc preuve d’une 
grande prudence dans l’inlerprélalion des ana¬ 
logies d'action. 

Envisageons, par e.xemple, les rapports entre 
la progesline, hormone du corps jaune, et la 
lestosléroiie, hormone mâle, Biitenandl signale 
qu’après avoir considéré la progesline comme le 
seul produit cà action progestative, il fut con¬ 
vaincu, par les recherches de Klein cl Parkes, 
([UC la spécificité de cette substance n’est pas 
absolue. Ces auteurs ont montré, en effet, que 
les androgènes exercent sur l’ulérus de la lapine 
une action semblable à celle de la progestérone. 

Avec Gaston Gros, j’ai étendu à la chatte les 
résultats de Klein ct Parkes. L’androgène agit 
d’emblée sur l’ulérus de la femelle castrée, ct 
l'organe acquiert successivement les structures 
qui corres|)ondcnt aux phases folliculaire cl 
lutéinique. Injectée à la femelle pleine, la sub- 
slance mâle franchit le placenta et transforme 
de la même façon l’ulérus des fœtus. Mais, nous 
avons ou recours à un autre critère dans l’ana¬ 
lyse de celle comparaison hormonale, et il nous 
fut impossible d’obtenir par le propionale de 
toslostérone la suppléance du corps jaune dans 
sa fonction essentielle : le mainlien de la gros¬ 
sesse. Ici les divergences apparaissent. 

D’autres expériences révèlent aussi la ressem¬ 
blance ou la dissemblance des réactions créées 
par les deux groupes horjnonaux mâle el femelle. 
Je m’excuse d’entrer dans les détails, la rigueur 
des faits m'y oblige. Le propionale de lesloslé- 
ronc provoque, comme la folliculine, une hyper¬ 
trophie remarquable do l’utérus chez la femelle 
impubère de hérisson. Mais on note en même 
temps la transformation pénienne du clitoris, 
ce que ne saurait accomplir l’hormone femelle. 

Quand on injecte certaines doses de follicu¬ 
line cristallisée (œstradiol) è des petits chats 
mâles, les glandes prostatiques se développent ct 
sécrètent comme si elles étaient sous l’influence 
de l’hormone testiculaire. Elles 7'eprésenlent 
donc un récepteur ambosoxuel ati sens do 
Champy. Mais la ressemblance s’arrête lè, car 
on reconnaît la signature de la folliculine è la 
transformation caraclérislique de rutricule 
prostatique. 

La différence des processus conditionnés par 
les produits androgène et œstrogène s’accuse 
davantage chez le singe mâle. Sa prostate 
s’hypertrophie aussi sous Faction d(! la follicu¬ 
line, mais celle modification n’est pas identique 
!i celle que produit l’hormone du sexe oppo.sé, 
les glandes, en effet, sont restées au repos, c’est 
le tissu inter-glandulaire qui est le siège de 
l’hypertrophie. 

Je signale en passant ces deux modalités de 
la réaction prostatique chez le chat et chez le. 
singe folllculinisés; le fait doit être ajouté è ceux 
qui témoignent do la diversité des phénomènes 
en physiologie animale. 

La divergence des actions endocriniennes mâle 
et femelle peut s’accentuer jusqu’à l’antago¬ 
nisme. La testostérone est non seulement inca¬ 
pable d’ (c épidormiser » l’utricule prostatique 
du singe, mais elle s’oppose aussi è l’influence 
de la folliculine sur cet organe. J’ai entrepris, 
avec Cohen-Solal, l’étude quantitative de cet 
antagonisme en utilisant des produits purs et 
en choisissant comme récepteur l’épithélium 
vaginal chez la femelle du rat, dont les trans¬ 
formations sont suivies plus aisément que celles 
du vagin mâle. 

En somme, les différents produits hormonaux 
se ressemblent, se distinguent, ou s’opposent. 




44 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 1 I Janvier 19,39 


N'' 3 


suivant l’organe réactif considéré. Il est donc 
nécessaire, pour les bien connaître et les com¬ 
parer utilement, de les soumettre à de multiples 
éprouves. C’est un ensemble de propriétés qui 
constitue la spécificité hormonale ; et il me 
parait opportun do faire comparaître, devant le 
plus grand nombre possible de critères hislo- 
physiologiques, les substances femelles synthéti¬ 
ques récemment préparées par Dodds, par Inliof- 
fen et Hohhveg. 

Les découvertes de la chimie en endocrinolo¬ 
gie sexuelle sont d’un intérêt considérable; mais 
elles n’enlèvent rien à la nécessité de définir les 
hormones par leur action physiologique sur de 
nombreux récepteurs. Une modification de la 
structure moléculaire peut entraîner, en effet, 
un accroissement d’activité pour la crête du cha¬ 
pon, et une diminution d’activité pour les vési¬ 
cules séminales du rat. Comme l’action physio¬ 
logique repose le plus souvent sur le fait indis¬ 
cutable d’une transformation tissulaire, la mor¬ 
phologie expérimentale, que l’on ]uil, ,'i certains 
moments, croire périmée et désuète, se révèle 
aujourd'hui, dans l’élude des hormones géni¬ 
tales, le contrôle indispensable, le fondement 
même de nos connaissances sur le sujet. 

Chimie et Morphologie auront aussi à joindre 
leurs efforts pour savoir si les corps chimique¬ 
ment purs sont les vraies hormones offertes par¬ 
les glandes <à l’organisme. I.-' nature n’a pas 
encore livré à la chimie tous ses secrets. Dans 
certains cas, les substances endocriniennes per¬ 
dent leurs propriétés au contact des protides, 
dans d’autres, art contraire, les procédés de puri¬ 
fication diminuent l’activité des extraits. Mais 
i! ne faudrait pas que certaines officines d’opo¬ 
thérapie on prissent argument pour replonger 
l’endocrinologie dans l’oiiscurantisme médiéval. 
Il est indispensable de rechercher la nature des 
activateurs, des substances X adjuvantes, des 
porteurs spécifiques ; il faudra étudier davan¬ 
tage l’inlluencc des catalyseurs minéraux et dos 
vitamines, .le signale è ce sujet les intéressantes 
recherches de Giroud ; elles démontrent que le 
taux d’acide ascorbique du corps jaune varie 
parallèlement îi l’activité de cette glande. 

Cette symbiose de la chimie et de la biologie 
permettra sans doute de comprendre la nature 
des 11 anti-hormones ». Bayliss et Starling avaient 
insisté, en 190ü, sur l'important caractère des 
hormones de n’ÔIro pas génératrices d’anti¬ 
corps ; il n’apparaît pas que nous devenions tous 
des déficients endocriniens après quelques mois 
de fonctionnement de nos glandes è sécrétion 
interne. Cependant des travaux effectués en 
Autriche et au Canada ont attiré l’attention sur 
l’immunisation par les hormones. Le problème 
est en pleine évolution, le biologiste attend du 
chimiste des produits hypophysaires moins 
impurs pour reprendre ies expériences. 

Il est d’autres questions d’actualité en phy¬ 
siologie endocrinienne. 

Des essais ont été tentés dans le but de recher¬ 
cher l’action des sécrétions internes sur les tissus 
in vitro. L’étude de l’influence exercée par l’hor¬ 
mone thyroïdienne sur les cellules cultivées 
hors do l’organisme a donné des résidtats con- 
tradictoirés. Je n’ai obtenu, en 1925, aucune 
modification en introduisant de la folliculine 
dans un milieu renfermant des fragments d’épi¬ 
thélium vaginal en survie, un intermédiaire est 
peut-être nécessaire entre l'hormone et son 
récepteur. .1. Verne est arrivé à une conclusion 
analogue, les substances ,-estrogènes no parais¬ 
sent pas agir directement sur l’épithélium uté¬ 
rin dans les cultures ; mais l’action est posi¬ 
tive si l’on cultive dans le plasma d'un animal 
folliculinisé au préalable. 

Los résultats sont d’ailleurs différents suivant 


la matériel utilisé. Moricard et de Fonbrune 
obtiennent un effet direct des gonadostimulines 
sur les ovocytes en culture. Verne et Vilter 
constatent que l'intermédinc étale les mélano¬ 
cytes in vitro; l’adrénaline n’exerce, dans ces 
conditions, aucune influence sur ces cellules, 
alors qu’elle les contracte fortement in vivo. 

La méthode do culture d’organes entiers avec 
l’appareil du Lindbergh et Carrel s’annonce 
pleine de ]uoinesses. Okkels a déjà remarqué que 
la thyroïde isolée et perfusée répond aux stimu¬ 
lations de l'hormone hypophysaire (Aron, Liob) 
comme la glande in situ. Entre autres possibili¬ 
tés, on pourra sans doute rechercher, au moyen 
de cet appareil, les noyaux chimiques indispen¬ 
sables aux cellules pour l’élaboration des pro¬ 
duits do leur sécrétion interne. 

L’endocrinologie et la génétique ont trouvé 
récemment plusieurs points de contact. 

L’introduction de l’analyse hormono-génitale 
dans les recherches sur l’hérédité a déjà donné 
à Caridroit des indications importantes sur le 
rôle des hormones sexuelles dans l’extériorisa¬ 
tion des caraclères raciaux du plumage. 

L’étude des mutations chez la drosophile a 
fourni des conclusions intéressantes à Ephrussi 
et Readle. Certains gènes, qui affectent la struc¬ 
ture dos yeux, peuvent être influencés par dos 
substances chimiques contenues dans les humeurs 
do la mouche. 

Les travaux de Woll’f, Dantchakoff, Gallagher 
et Willier, ont révélé que les hormones sexuelles 
de l’adulte provoquent chez l'embryon l’inver¬ 
sion germinale et somatique du sexe. Le sexe 
génétique, fixé par la formule chromosomialo, 
semble conditionner la flexion du germon en 
testicule ou en ovaire, par l’intermédiaire do 
glandes endocrines génitales. Des expériences 
importantes ont été réalisées chez les oiseaux, 
les résultats sont moins démonstratifs chez les 
mammifères. Ils le seraient peut-être davantage 
sur un matériel de choix et j’ai songé à repren¬ 
dre des recherches semblables sur la taupe, 
dont l’ovaire normal présente une structure qui 
SC prêterait sans doute à de tels travaux. 

Enfin, les hormones et les facteurs hérédi¬ 
taires collaborent vraisemblablement dans le 
déterminisme des processus cancéreux. Lacas- 
sagne a étudié minutieusement ce problème sui¬ 
des souris appartenant à des lignées sélection¬ 
nées. Los injections d’œstrinc no provoquent pas 
l’adéno-carcinoine de la maïuelle dans les li¬ 
gnées qui ne présentent 'pas naturellement de 
cancer ; mais l’hormone favorise l’apparition do 
la néoplasie dans les lignées sujettes au cancer 
spontané. 

L’élude des rapports entre le cancer et les 
hormones génitales passionne à j-üste titre les 
cliniciens ; do leur côté les biologistes songent 
surtout à l’obtention de ces carbures synthéli- 
ques qui jouissent non seulement des propriétés 
cancérigènes et œstrogènes, mais encore du pou¬ 
voir morphogène, ])uisqii’ils peuvent assurer 
dans l’œuf en développement une induction 
comparable à colle de l’organisateur. 

Les facteurs chimiques exercent déjà leur 
action dans les premiers stades de l’ontogé¬ 
nèse. 

Je rappelle ici les travaux de Da Costa sur le 
balancement entre l’appareil chromaffine et le 
système nerveux. L’hormone apparaît dès le 
principe, elle est peu à peu supplantée par le 
nerf ; et les deux mécanismes qui président aux 
corrélations organiques ont des rapports que 
j’ai mentionnés au début de cette leçon. 

Ces liens se sont resserrés depuis quelque 
temps. le citerai tout d’abord les travaux- 
classiques de l’école de Tournado sur le sys¬ 
tème nerveux adrénalino-sécréteur. Ensuite, les 


physiologistes ont découvert le médiateur chi¬ 
mique de l’influx nerveux, tandis que les 
histologistes forgeaient les vocables de neuro¬ 
crinie et de neuricrinie, et qu’ils attiraient l’at¬ 
tention sur le neurotropisme des cellules endo¬ 
crines, sur les manifestations sécrétoires des 
neurones végétatifs, sur l’émission de produits 
hypophysaires vers les cenires nerveux sus- 
jacents. 

Il existe des relations étroites entre l'hypo- 
lihyse endocrine et les noyaux diencéphaliques ; 
les lésions de ces centres retentissent sur la 
glande, et l’on comprend maintenant l’origine 
des discussions qui avaient surgi au sujet du 
mécanisme do la régulation de l’eau à la suite 
des expériences démonstratives do Camus et 
Roussy. L’hypojihysG est située à un carrefour; 
elle reçoit d’une part des incitations nerveuses 
émanant des organes sensoriels et des centres 
végétatifs, elle adresse d’autre part des messa¬ 
gers chimiques au cerveau végétatif et aux 
autres glandes endocrines. Les doux mécanismes 
nerveux et hormonal unissent ainsi leurs efforts 
dans des réllexes neuro-endocriniens. L’origine 
du réflexe est souvent une sensation olfactive, 
visuelle ou tactile ; elle retentit par relais hypo¬ 
physaire sur l’appareil sexuel, sur la glande 
mammaire ou sur le pigment cutané. 

Je suis heureux de souligner à cotte place les 
belles recherches do mon ami .1. Benoit sur les 
réflexes opto-piluilo-scxuels. L’étude des réac¬ 
tions provoquées par les radialions lumineuses 
sur la région des yeux permet do saisir l’impor¬ 
tance des facteurs externes, et le biologiste com¬ 
prend mieux que l’exubérance et la gaieté soient 
filles du soleil. 

Il étudie à présent l’iiifluoncc des sécrétions 
internes sur le psychisme des animaux et de 
l’homme. L’instinct se.xucl est sous le contrôle 
chimique ; l’hormone mêle déclenche des rou¬ 
lades chez les poussins de quelques jours. On 
a mis en relief les facteurs hormonaux de l’émo¬ 
tion, et Maranon exposait l’an dernier le méca¬ 
nisme endocrinien des manifestations qui l’ac¬ 
compagnent, telles la polyurie, l’hypertension, 
la glycosurie, la canitic soudaine et combien 
d’autres. 

On tente aussi d’expliquer l’instinct mater¬ 
nel par l’endoci-inologic. Si la folliculine est 
l’hormone de la femelle et la progestine l’hor¬ 
mone do la fécondité, on a reconnu que la 
prolactine est celle do la nourrice. Celte sub¬ 
stance agit, en effet, avec le même résultat sur 
des organes aussi différents que la mamelle des 
mammifères (Grueter et Stricker) et le jabot du 
pigeon. Riddlc admet que cette prolactine est 
responsable dos soins donnés à la progéniture 
chez le rat par exemple, et de l’envie de couver 
chez l’oiseau. Mais pour Leblond, le comporte¬ 
ment maternel dépend essentiellement de méca¬ 
nismes nerveux, toutefois les hormones exercent 
un rôle régulateur. 

Un vif intérêt s’est manifesté aux Etats-Unis 
dans ces derniers temps au sujet de l’influence 
des hormones sur les désordres de la conduite. 
Des statistiques ont été faites, et dans certaines 
maisons de correction 20 pour 100 des enfants 
présentaient des troubles endocriniens. On con¬ 
naît des faits précis de crétinisme ou de tor¬ 
peur, d’asthénie ou de dépression, d’agitation 
ou d’impulsivité, pour lesquels l’origine hormo¬ 
nale ne lais.se aucun doute. Mais il existe toute 
une gamme moins caractéristique de déficience 
ou de suractivité des glandes à sécrétion interne. 
Je pense au cas curieux de cet incorrigible gar¬ 
çon de 15 ans, amené devant un tribunal pour 
vols réitérés d’argent. Il avoua en pleurant sa 
passion pour les sucreries et son appétit insa¬ 
tiable. Un médecin fut surpris par sa tolérance 



N° 3 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 11 Janvier 1939 


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anormale pour le sucre, l’opothérapie hypopliy- 
saire le guérit à jamais. 

Il est certes loin de ma pensée de considérer 
l’homme comme le jouet de quelques molécules 
chimiques. Il n’en est pas moins vrai que de 
nombreux faits soulèvent le problème délicat 
de la responsabilité humaine. 

L’endocrinologie étend ainsi son rayonne¬ 
ment a des sujets divers et de haute importance. 
« Elle devient de plus en plus, écrit M. Caullery, 
l’un des domaines majeurs de la biologie con¬ 
temporaine ». Devant les découvertes magnifi¬ 
ques réalisées en si peu de temps, le chercheur 
est transporté d’enthousiasme. Il domine cha¬ 
que jour davantage la matière vivante, et cette 
puissance fait naître en lui des ambitions sans 
limite. 


LES PERFORATIONS ITÉRATIVES 

DES 

ULCÈRES 

CASTRO - DUODÉNAUX 

Par Henri GRIZAUD 

Chirurgien des Hôpitaux coloniaux, 
Médecin-Chef de l'hôpital d’Abidjan (Côte d’ivoire). 


J. Gosset, .louanneau et rVllamand publient 
dans La Presse Médicale du 22 Octobre 1938 une 
élude sur les perforations itératives d’ulcères et 
concluent à l’existence de celte maladie ulcé¬ 
reuse qui, malgré des accidents « réparés » 
d’urgence, continue à évoluer ; nous nous pro¬ 
posons de publier un cas de récidive d’ulcus 
que nous avons suivi, radiographié, opéré dans 
des conditions coloniales. Moire observation 
s a joule à celles déjà publiées et, en particulier, 
fait suite aux deux cas inédits des auteurs sus¬ 
cités. La deuxième lésion était, chez notre ma¬ 
lade, superposée à une cicatrice laissée par une 
première intervention. 

Le médecin commandant B..., des troupes 
coloni.'iles, atteint de maladie ulcéreuse, avait eu, 
en 1935, un épisode aigu qui avait nécessité 
line laparotomie et une suture avec enfouisse¬ 
ment d’un ulcère gastrique. Toutes observations 
de celte époque nous manquent ; d’ailleurs, seul 
I" résultat n.ous intéresse. A la suite de celte 
intervention qui avait nécessité un drainage 
scs-pubien, les médecins avaient estimé que, 
pendant quelque temps, le D'' B... devait inter¬ 
rompre sa vie coloniale. Mais après quelques an¬ 
nées en France, notre camarade a voulu repartir 
il la colonie ; les médecins l’ont déclaré apte 
sous réserve qu’il serait dans un Centre ou à 
proximité d'un Centre chirurgical. Or, le méde¬ 
cin commandant B..., comme tous les gens 
alleinls de maladie ulcéreuse, avait des périodes 
de calme et de poussées ; arrivé à la Colonie, les 
conditions de vie aidant, il négligeait facilement 
son affection et se soignait de façon irrégulière, 
le l’avais vu quelque mois avant l’intervention, 
en poussée aiguë. 

Il avait eu, de plus, un syndrome dysenté¬ 
rique avec grosse hémorragie intestinale mais 
sans douleur gastrique : les symptômes ont dis¬ 
paru en quelques jours à la suite d’un traite¬ 
ment mixte émétine, sérum antidysentérique. 
Pendant quelque temps la vie du D'' B... a été 
relativement calme ; il faisait son service d’am¬ 
bulance et des tournées. 

Mais brusquement, le 26 Août, pendant qu’il 
passait sa visite, il a été pris d’une douleur subite, 
en coup de poignard et il a eu l’impression du 


« déjà ressenti » ; transporté chez lui il nous fait 
appeler d'urgence cl nous le voyons moins de 
deux heures après. Il est p.âle, couvert de sueurs, 
parlant à voix basse cl respirant doucement, les 
inspirations profondes étant impossibles à cause 
de la douleur. Pas de température, pouls 60 bien 
frappé. , 

Il accuse une dc uleur sous-hépalique avec irra¬ 
diations dans la fosse iliaque droite et vers l’épaule 
droite. La douleur hépatique va en augmentant 
dans le temps. Le malade n’a pas eu d’hématémèse, 
il n’a aucun goût de sang dans la bouche. 

A l’examen, l’abdomen ne respire pas ; la pal¬ 
pation est douloureuse sur une zone s’étendant du 
rebord -costal à lu fosse iliaque. 

Pas de ventre .le bois, pas do contracture plus 
accusée en un point particulier; il y a simplement 
défense de la paroi. 

Toucher rectal non douloureux, météorisme abdo¬ 
minal. Devant ces symptômes nous pensons à une 
perforation et décidons d’intervenir, mais ici se 
pose la modalité de l’intervention et on devine les 
problèmes angoissants que doit résoudre le chirur¬ 
gien colonial. Nous étions à 36 km. du Centre 
chirurgical, où existent une salle d’opération, des 
instruments multiples, une équipe chirurgicale; la 
roule était convenable et nous étions à la deuxième 
heure. 

Contre l’intervention sur place : salle d’opéra¬ 
tion petite, peu d’instruments, pas d’aide. De plus, 
l’appareil de radio installé à Abidjan devait nous 
fournir la preuve d une perforation. 



Lunule intcrhépato-phrénlquc chez un malade, alteini 
de perforation d’un ulcus de la face anlcricure de 
l’estomac sur une ancienne cicatrice. Radio d'enfouis¬ 
sement à la heure. — Intervention à la 5“ heure. 

Nous transportons donc le malade : le trajet a 
duré une heure et, à l’arrivée, son étal n’avait pas 
empiré. Nous profilons des préparatifs pour avoir 
1,1 preuve radiologique (notons que nous n’avons 
jamais senti le ventre de bois) et nous obtenons le 
cliché ci-joint : la lunule intcrhépalo-phrénique ne 
nous permettait pas do temporiser. 

A l’intervention (aide S. Poro'icoff) : après exci¬ 
sion de la cicatrice de la première laparotomie on 
tombe dans i’élage sus-méso-colique et on découvre 
un épiploon sain ; cet épiploon est effondré aux 
doigts et alors surgit du liquide, bouillon sale, ver- 
diilre, en assez grande quantité; on assèche diffici¬ 
lement l’espace sous-hcpalique d’où sourd le li¬ 
quide; enfin nous sommes obligé de brancher une 
incision latérale droile qui nous amène sur la ré¬ 
gion pylorique où, après avoir écarté quelques bri¬ 
des d’adhérences, nous découvrons et aveuglons du 
doigt une perforation de la grosseur d’une lentille, 
bien cii'culaire, à bord, net, et siégeant sur une ci¬ 
catrice carlonnée. Etant donné la mauvaise qualité 
des tissus perforés, il est impossible de rétrécir la , 
perforation par cerclage. Force est alois d^ l’oblü- 
ror par plissement de la paroi voisine, sur un ‘ 
espace assez long étant donné la zone cicatricielle 
(4 cm. environ) de tissu fibreux. Nous avons pu 
fermer complètement la brèche et attirer quelques 
lambeaux épiploïques. L’espace sous-hépalique a 
été drainé jusqu’au troisième jour. Les suites ont 
été normales cl le malade s’est embarqué le 22 Sep¬ 
tembre complètement rétabli ; toute douleur gas¬ 
trique avait disparu. 

Nous lui avons alors conseillé d’aller voir un 
spécialiste en lui faisant entrevoir que, comme 


le dit J. Gosset, la maladie ulcéreuse dont il est 
atteint continue à progresser et qu’il n’est pas 
à l’abri d’une troisième complication. Un autre 
enseignement à tirer de celle observation dont 
tiendra compte, nous l’espérons, celui qui eu a 
fait les frais ; s’il n’accepte pas l’opération (et 
nous entendons par là une gastrectomie), qu’il 
ne demande plus à partir à la colonie ou qu’il 
cherche à obtenir une affectation dans une ville 
où il pourra suivre une hygiène alimentaire 
convenable. 

Que serait-il arrivé, en effet, si cet accident 
s’était produit dans un poste éloigné ? 

Cependant un élément d’assez bon pronostic 
est à envisager lorsque la deuxième perforation 
se produit exactement au niveau de la première : 
les adhérences sont telles, — on s’en aperçoit 
lors de l’intervention — que le liquide épanché 
est bien collecté, bien localisé et que la grande 
cavité est à l'abri ; c’est un argument de plus 
pour le transport, au contre, où tout est pré¬ 
paré, plutôt que l’intervention dans un poste 
où tout est à organiser. 


LES PERFORATIONS ITÉRATIVES 

DES 

ULCÈRES DUODÉNAUX 

(A propos de trois cas Inédits). 

Par J. BOTTIN 
Assislant. 


En Octobre 1938, MM. Gosset, Jouanneau et 
Allamand publient dans La Presse Médicale une 
communication relative aux perforations itéra¬ 
tives des ulcères gastro-duodénaux, communica¬ 
tion qui donne lieu à des conclusions pratiques 
pleines d’intérêt. A cette occasion les auteurs rap¬ 
portent deux observations qui leur sont person¬ 
nelles. L’élude du matériel de la Clinique Chi¬ 
rurgicale de l’Université de Liège nous a permis 
de retrouver différents exemples de perforations 
itératives d’ulcères gastro-duodénaux. Nous 
allons en présenter un compte rendu très ré¬ 
sumé afin que le matériel que nous avons re¬ 
cueilli puisse apporter une petite contribution 
à cet accident grave que constitue la perforation 
itérative des ulcères gastro-duodénaux, accident 
dont Gosset, Jouanneau et Allamand ont le mé¬ 
rite de faire ressortir le grand intérêt. 

PiiEMmiiE OBSERVATION. — Oscar L..., 27 ans, 
souffre de l’cslomac depuis l’àge de 18 ans; en 
1925, il fait une perforation sur- un ulcère gastri¬ 
que. La perforation est traitée par enfouisse¬ 
ment et suture. Le malade guérit de l’intervenlion, 
mais en 1926, on pratique une gastro-entérostomie 
postérieure pour des phénomènes de sténose au ni¬ 
veau du pylore. Jusqu’en 1932 cl bien qu’il ne 
suive plus aucun régime, le malade ne souffre plus, 
mais à celle époque et brusquement il fait une 
hémorragie gastrique extrêmement grave, dont il 
guérit par traitement conservateur. Le malade 
observant très irrégulièrement son régime souffre 
jd’unc inanière inlermillenle jusqu’en 1935. A ce 
■' moment, on se propose d’effectuer une résection 
de l’estomac. L’intervention (M. Orban) ne montre 
aucun ulcère visible, ni au niveau du pylore, ni 
au niveau de la bouche de gastro-entérostomie ; 
on ne trouve aucune trace de la perforation, ni de 
la suture anciennes; la résection est par ailleurs 
considérée comme impossible. En 1936, alors qu’il 
est âgé do 38 ans, le malade se présente avec un 
nouveau syndrome de perforation gastrique. L’in¬ 
tervention (M. Orban) est pratiquée sous anesthé¬ 
sie générale à l’éther. La perforation n’est pas dé¬ 
couverte ; on établit un drainage de la fosse iliaque 




4e 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi. 11 Janvier 1939 


N" 3 


(Iroili;. L’opûruliuii hiisso le malade dans un clat très 
grave, que ronderil encore plus précaire des acci¬ 
dents d'obstruction mécanique de l’intestin grêle 
par adhérences apparus dix jours après i'interven- 
tion. Sous anesihésic iocalc on erfeetne une enté¬ 
rostomie sur le grêle (MM. Boltin et Sncjers), 
l’état du malade s’améliore passagèrement; mais 
bientôt il s’altère de nouveau et le décès survient 
quinze jours après l’enlérostomie. L’autopsie révèle 
une misère physiologique accusée et l’exislence 
d’un ulcère perforé de la face aniérieure du pylore. 
On no Irouve aucune trace de l’ancienne perfora- 
lion pas plus tpie de la suture el'fecluéc en 19'2.ô. 

IICL.MÙMK oasunv.vriox. — Lu homme de 4t) ans 
est atteint en 1935 d’une perforation de la face 
indérieure du pylore sur un ulcère de cette région. 
Klle est suturée et enfouie. Malgré le régime qu’il 
observe assez scrupuleusement le malade conli- 
mie à souffrir avec des périodes d’accalmic de deux 
il trois mois et en 1937, donc deux ans après le 
premier accident et à l'àgc de 51 ans, le malade 
fait une nouvelle perforation gastrique. L’inler- 
vcnlion (M. Ürbani esl pratiquée sons anesthésie 
générale à l’éther. Klle révèle l'cxislence d'une per¬ 
foration de ta face antérieure de la région pylorique. 
Oclte perforalion de 3 mm. de diamèlrc ccnlre un 
ulcère volumineux de la région perforée entouré 
d’une zone oxlémaleuse de 7 cm. de diamèlre. On 
no trouve aucune trace de la suture ancienne. On 
effectue la suture et l’enfouissement de la nouvelle 
perforalion. Après des complications pulmonaires 
assez inquiétanles le malade guérit parfailcmenl 
de cette seconde intervention et quitte la clinique 
après rpiatre semaines. A l’heure actuelle, deux 
ans après celte dernière opération, l’élat du 
malade c^l salisfaî-^anl. ObéissanI an régime de Mac 
I.ean. le palieril ne siaiffre plus. 

l'noisièMi; ousuuv.m io.\. — Kn 1929. un homme 
de 54 ans. qui n'a jamais -oufterl de l'estomac, est 
victime d’une perforation gastrique. L’inlervon- 
lion (Prof. Albert) effectuée sous anesthésie géné¬ 
rale au cldoroforme montre une perforation de 
2 mm. de diamètre sur la face antérieure de la 
région pylorique. Le diamèlre de l'ulcère lui-même 
alteint approximativement 1 cm. 1/2. On cffccluc 
une suture et un enfouissement. I.e malade guérit 
et pendant neuf ans, il ne se montre plus incom¬ 
modé bien qu’il suive irrégulièrement le régime 
qu’on lui a propo.sé. Kn 1938, à l’âge de 63 ans, le 
palicnt fait un nouvel aecidenl brusque el il s'agit 
incontestablement d’une nouvelle perforalion. (4n 
pratique une anesthésie, générale à l’cvipan sodi- 
(pie el on Irouve une perforalion de 1/2 cm. de 
diamèlrc à la face antérieure du versant duodénal 
du pylore. Cetle perforalion ccnlre une tumeur car- 
cinomaleuse voluminen.se de celle région, .iveo une 
adénopalhic imporlanio et dure du ixdit épiploon 
et du carrefour hépaliquc. On ne Irouve aucune 
trace de la perforalion ni do la suliirc anciennes. 
II ne reste de la première opéralion que des adhé¬ 
rences serré-es de la face aniérieure de la ])remière 
portion du duodénum axec le foie el la pai'oi 
abdominale aniérieure. .Nous ne pouvons donc dire 
si le carcinome perforé résullo de la dégénérescence 
de l'ulcère suluré en 1929 ou s'il s'agit d'une lé¬ 
sion nouvelle. 'Le iialicnl se Irouve dans un élal sé¬ 


SOCIÉTÉS DE PARIS 


Sociétés dans los périodiques suivants : 

AciDÊMis os Médkcise (Bulletin de l’Académie de Médecine, 
120, boulevard Saint-Germain, Paris. ■—Prix du numéro: S fr.). 

.AcAnéMUi DE Chibdrgie (iWémoires de l'Académie de Chi¬ 
rurgie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix du 
numéro : 7 tr.). 

Société Médicale des IIOpitaux de Paris (Buüelint et 
Mémoires de ta Société médicale des Hôpitaux de Parie, 120, 
boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix du numéro : 6 fr.l. 


rieux; d'autre part l’inrdlration des ganglions du 
petit épiploon el du carrefour hépaliquc .nous sem¬ 
ble une raison suflisanle pour conlre-indiquer la 
résection de l'csloniac qui devrait être très large 
et serait très malaisée en raison (tes adhérences 
dues à l'opération de 1929. ün effectue une suture 
d’ailleurs très difficile dans le tissu cartonné du 
carcinome el un enfouissemenl (.M. Botlin). Le 
malade quitte la clinique guéri dix-huit jours après 
l’opéialion. .Actucllcincnl soumis à un régime sé¬ 
vère. le patient ne souffre plus mais l'opéralion ne 
rcmoiile qu'à deux mois. 

Noire maléricl complet comporte 195 perfora¬ 
tions gaslro-duodénalcs ; les perforations itéra¬ 
tives représentent donc 1,54 pour 100 de toutes 
nos perforations. Tout comme Gosset et ses col¬ 
laborateurs, nous avons noté que les perforations 
seconriaires se .sont produites dans une région 
voisine de la perforalion première, mais dans 
aucun cas nous n'avons retrouvé de traces certai¬ 
nes de la première suture, de telle manière qu’il 
nous est impossible d’affirmer que la deuxième 
perforation n’est qu’une nouvelle ouverture de 
l’ancien ulcère qui s’élait déjà perforé une pre¬ 
mière fois. 

A la Gliniiiue Chirurgicale de l’Lniversité de 
Liège, presque toutes les perforations gastri¬ 
ques ou duodénales ont été trailées par simple 
suture et enfouissement. Kxccptionncllement 
on a pratiqué en même temps une gastro-enlé- 
rostomie. 

Les trois perforations itératives ont été opé¬ 
rées, respectivement deux heures\ doux heures 
et cinq heures après la seconde perforation. De 
ces trois cas, l’un esl décédé, mais il semlile 
ainsi (lue le fait remarqui'r Gosset que, d’une 
manière fréiiuonte. les perforations itératives 
sont opérées plus tôt que la majorité des per¬ 
forations primitives. Le palienl a conservé un 
tel souvenir du premier accident que, bien sou¬ 
vent, il arrive à la Clinique en déclarant qu’il 
vient de faire le même accident qu'un certain 
nombre d’années auparavant, c’est-à-dire en 
fournissant pour ainsi dire le diagnostic. Dans 
les cas que nous avons étudiés, la perforalion 
seconde s'est produite onze ans, deux ans et neuf 
ans après le premier accident perforatif. Chez le 
troisième malade, au lieu de trouver un ulcère 
lors de la seconde perforation, nous nous sommes 
Irouvé en présence d’un carcinome perforé sans 
que nous puissions dire avec cerlitude si le car¬ 
cinome résulte de la Iransformalion de l’ulcère 
perforé que l’on avait ohinré neuf ans aupara¬ 
vant. 

Dans les cas que nous avons observés, la thé- 
rapeutiiiuc a consisté en une suture suivie d’en¬ 
fouissement de la perforation. Nous pensons 
d’ailleurs, comme Gosset el si’s collaborateurs, 
que c’est la techniiiue la plus recommandable 
des perforations gaslro-duodénales. 11 semble 
logiipie de réserver la résection d’emblée à des 


cas absolument exceptionnels où les malades 
sont en bon état cl la suture impossible. Il esl 
évident, en effet, que la suture suivie d’enfouis¬ 
sement consliluc une intervention beaucoup 
moins grave pour un patient très fréquemment 
plus ou moins choqué qu’une résection large 
quelle que soii l'habilelé de l’opéraleur; d’autre 
part, l’avenir de sutures multiples effectuées 
sur un duodénum ou un estomac qui vient de 
présenter un ulcère perforé et ce après une im¬ 
prégnation des tissus pendant plusieurs heures 
par du liquide duodénal el gastrique, parfois 
très abondant, réserve souvent des surprises dé¬ 
sagréables. Knfin on ne peut nier que certains 
ulcères guérissent complètement après la suture 
de la perforation. Dans le matériel de Gosset on 
trouve 40 pour 100 de guérisons semblables ; 
dans le notre, 49 pour 100 (.sur 194 cas) et 
certaines de ces guérisons remontent mainte¬ 
nant à onze ans. En généralisant la résection 
d’emblée dans toute les perforations gastriques 
CL duodénales on s'expose donc à sacrifier pres- 
(pie, chez un patient sur deux, une grande par¬ 
tie d’un estomac qui, pendani de nombreuses 
années, sinon pour le reste de Tcxislence, se¬ 
rait susceptible de fonctionner comme un organe 
sain. C’est, pensons-nous, la raison principale 
pour laquelle il faut hésiter à généraliser 
la résection d'emblée dans les perforations 
gaslro-duodénales. La résection secondaire est, 
au contraire, la thérapeutique qui donne le 
plus de satisfaction à l’esprit et le plus 
de garantie au malade. Si, après la suture de la 
lierforalion, el malgré le régime soigneux que 
l’on impose au malade pendant quelques mois, 
l’ulcère se manifeste par de nouvelles douleurs, 
des hémorragies, nous pensons qu’il est préfé¬ 
rable de procéder à la résection de l’estomac. 
Celle opéralion se fera, d’ailleurs, dans des con¬ 
ditions d’asepsie et de calme bien supérieures 
à celles qu’offre au chirurgien l’clat rarement 
très brillant d’un perforé gasiro-duodénal 
mi^me dans los premières heures qui succèdent 
à l’accident. D’autre part, la résection secon¬ 
daire est de nature à inellre à l’abri de presque 
loulcs, sinon do loulos les perforations itératives. 
Nous ferons remarquer (pio celte manière d’en¬ 
visager le traitement dos perforations gastro¬ 
duodenales ne diffère nullement do colle à 
laquelle se ralliait le professeur Delrez, en 19-36. 
dans un travail qu’il avait bien voulu publii-r 
avec noire modeste collaboration. 

(l'Iiiiiqiip, Chinirtjicalc de l'Diiirer.dté ilc L/égc, 
DiredeuT : Prof. L. Di-i.rirz. ( 

RinLionn.M’iUK 
^ cnl'c. 19.3S. n' 85. 1550. 

I'?’) nii.HKz el üm-nx ; ricnic d, Chirnigic. 1930. n' 


ACADÉMIE DE MÉDECINE 

20 Décembre 1938. 

A propos du procès-verbal. — Sur le traite¬ 
ment de l’appendicite aiguë. M. H. Hartmann 
craint que la communication do M. IVeinbcrg 
sur le IrailcmonI sérolhérapiquc de l’appendicite 
gangréneuse donne lieu à des inlerprélalions erro¬ 
nées : « .Aujourd'hui la nécc.ssilé d’opérer inimé- 
dialcmcnt les appendicites aiguës est une règle 
universellement acceplêc. Il ne faudrait pas qu’une 
communication comme celle de notre collègue 
NVeinberg fût le point de départ d’un recul el 
causât la mort d’une série de malades. « 

« Que les symptômes d’une appendicite aiguë 
puissent régresser après une injection de sérum 
aniigangréneux comme elles rcgrcsscnl souvent 
5:iiiA injccliou de =énim. c'p.»I un fait que mon- 


licnl les quelques rares obseiaalions que .M. Wciii- 

u Toutefois, nous pensons qinau début d'une 
appendicite aiguë il n’y a pas lieu de se lier à 
l’efficacité d’une injection de sérum anligangrc- 
neux : .Aujourd’hui comme hier, il faul. en présence 
d'une appendicite aiguë, opérer immédialeinenl. » 

Décès de M. R. Durand-Fardel. — Allocution 
de M. Bezançon. 

Présentation d’ouvrage. — M. Achard prcscnie 
les Tmnciirs des articulations de MM. Sabrazès, 
Grailly, Montpellier et Dubouché et une confé¬ 
rence de M. Escomel (Lima) sur ic Pérou. 

— M. Ch. Fiessinger présente la -D édition des 
Diagnostics biologiques de ALM. N. Fiessinger, 
Olivier et Herbain. 

- M. Laignel-Lavastine prc.senie .5 vnbimes de 








N- 3 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, II Janvier 1939 


47 


M. Paramananda Mariadassou, sur la Médecine 
dans l’Inde. 

— M. Martel présente plusieurs travaux de 
M. Lesage sur les engrais phosphatés. 

Quinze années d’application à la prophylaxie 
de la diphtérie de la vaccination par l’ana¬ 
toxine spécifique. Résultats d’ensemble. — 
M. G. Ramon rapiielle qu’il y a exactement 15 ans 
qu’il a proposé d’utiliser l’anatoxine diphtérique 
pour la prophylaxie do la diphtérie et dresse le 
bilan des résultats obtenus par cette méthode qui 
a pris un développement considérable : 3 millions 
de vaccinés en France dont près d’un million dans 
l’armée, plus de 2 millions d’enfants vaccinés au 
Canada sur une population totale de 10 millions 
d’habitants, 1 miliion de vaccinés à New-York en 
1935. A la fin de 1938, plusieurs dizaines de mil¬ 
lions d’individus ont été vaccinés dans le monde 
entier par l’anatoxine diphtérique. « Un tel essor 
rapide et universel n’aflirme-t-il pas déjà, à lui 
seul, la valeur d’une méthode dont la création 
date seulement de 15 années ? » 

Innocuité de l’anatoxine diphtérique et suites de 
la vaccination. —• Aucun fait n’a encore été cité 
permettant de mcitro en doute l’innocuité de l’ana¬ 
toxine préparée et contrôlée chez l’animal selon les 
règles très rigoureuses; aucun incident n’a pu 
être rapporté qui puisse être sciemment attrihué h 
un reste de poison diphtérique si minime soit-il 
dans l’anatoxine. Si i’anatoxine possède l’inno¬ 
cuité vraie qui relève de ses qualités intrinsèques, 
si la transformation qui permet de l'obtenir à par¬ 
tir de la toxine est irréversible, elle peut cepen¬ 
dant provoquer de la part de ccriains organismes 
intolérants dos réactions plus ou moins vives, 
locales ou générales. 

« Au dire de l’immense majorité des ailleurs, ces 
réactions sont très rares chez les jeunes enfants, 
leur fréquence et leur intensité sont plus grandes 
chez les individus qui ont dépassé l’âge de 8 à 

10 ans. Les réactions locales vraiment dignes d’être 
relevées s’observent chez 2 à 5 pour 100 des sujets 
vaccinés, les réactions générales un peu fortes chez 
5 à 10 pour 100. De l’avis des ciiniciens ies plus 
autorisés, elles ne méritent pas de retenir d’une 
manière exagérée l’attention des médecins. D’une 
façon tout à fait exceptionnelie, on a signalé des 
manifestations plus sévères : cas de purpura ana¬ 
phylactique et d’hématurie de même origine. D’une 
façon plus rarissime encore, des cas plus sérieux, 
des accidents même ont été rapportés dont certains 
ont été assimilés à des phénomènes réactionnels, 
mais dont d’autres relèvent, comme cela a été 
établi, de fautes opératoires (défaut d’asepsie) ou 
qui ont pour cause un état pathologique concomi¬ 
tant ou surajouté. Le moindre trouble apparaissant 
après une vaccination quelle qu’en soit la nature 
est toujours mis sur le compte de cette vaccina- 

« Mais l’exception ne doit pas être présentée 
comme la règle. Si les incidents ou accidents raris¬ 
simes de la vaceination ne doivent être ni ignorés 
ni cachés, il ne faudrait pas non plus, en les col¬ 
portant de bouche en bouche ou sous le manteau, 
en les répétant sous la plume, les multiplier dans 
i'esprit du public. » La proportion de ces inci¬ 
dents ou accidents est infiniment moindre que pour 
d’autres méthodes d’immunisation active ou pas¬ 
sive. Dira-t-on que la nécessité de la v,iccination 
antidiphtérique s'impose moins que celle de l’in¬ 
jection de sérum antitétanique qui, cependant, 
donne plus souvent des incidents ? 

Efficacité de la vacccination analoxique. — Dès 
les premiers essais, il a été reconnu que l’anatoxine 
est capable de conférer, à l'enfant comme à l’adulte, 
l’immunité que caractérise la présence dans les 
humeurs du vacciné de l’antitoxine spécifique. 
Avec l’anatoxine employée au début, 6 ou 10 pour 
100 des sujets n’étaient pas immunisés ou ne 
l’étaient pas suffisamment pour être protégés effi¬ 
cacement contre l’infection ; il n’est donc point 
surprenant que l’on ait constaté l’apparition parmi 
les vaccinés de cas de diphtérie d’intensité variable; 

11 faut se rappeler d’ailleurs que la technique de 
la vaccination n’esi pas toujours correcte; on a 
aussi trop tendance à considérer le chiffre global 
des cas et non leur relativité, n on Inscrit immé- 
dialement au passif d’une méthode un insuccès 


même partiel, on oublie pius vile encore de porter 
à son actif scs succès nombreux et complets ». En 
quelques années une série de progrès ont été effec¬ 
tués: obtention d’anatoxine do pouvoir antigène 
élevé, institution de l’injection do rappel, mise au 
point des vaccinations associées qui réalisent siinul- 
tancmenl plusieurs immunisations avec, pour cha¬ 
cune d’elles, une activité suiiérieure (la réaction de 
Schick devient négative chez 100 pour 100 des 
vaccinés). 

L’influence de la vaccination sur la morbidité cl 
la mortalité diphtériques s’est fait sentir dès sa 
mise en pratique dans les collectivités restreintes et 
plus ou moins isolées, par exemple dans l’école 
primaire départementale de Vilry, à l’Hôpilal mari¬ 
time de Berck, au préventorium de Flavigny ; les 
résultats obtenus dans les grandes collectivités ne 
sont pas moins significatifs: on peut dire dès main¬ 
tenant que la diphtérie clinique tend à disparaître 
de l’armée; dans les collectivités rurales cl dans les 
centres urbains, la vaccination est plus difficile à 
appliquer ; cependant, elle a pu, dans certains cas, 
donner la preuve de son efficacité, comme dans 
l’Ain et les Vosges, à Montluçon, Saint-Etienne, 
Paris, où près de 50 pour 100 des enfants ont été 
vaccinés et où la mortalité diphtérique est en 
régression constante et très nette ; sous les effets 
conjugués du sérum antidiphtérique rendu de plus 
en plus actif et de mieux en mieux administré au 
malade d’une part, de l’anatoxine d’autre part, la 
diphtérie qui faisait, à Paris, il y a 50 ans, 1.500 
victimes par an, n’en faisait plus que 87 en 1937, 
le pourcentage des décès pour 100.000 habitants 
étant tombé de 80 à moins de 3. 

« Quelles responsabilités encourent ceux qui, déli¬ 
bérément, dans je ne sais quelle intention, cher¬ 
chent à jeter le discrédit sur des méthodes qui 
donnent de telles preuves de leur efficacité ! Ce 
serait manquer à notre devoir envers les bénéfi¬ 
ciaires futurs de ces méthodes que de no point 
dénoncer et stigmatiser ici de tels agissements. Ce 
serait s’abandonner que de ne point porter la vérité 
avec do nombreux documents à l’appui à cette tri¬ 
bune du haut de laquelle mon illustre confrère, le 
vétérinaire 11. Bouley, défendait, avec tout son 
talent oratoire. Pasteur et les méthodes pastoriennes 
qui sont à la base de l’immunologie pratique. » 

A l’étranger (Belgique, Genève, Canada, Etats- 
Unis) les résultats obtenus à la suite de l’application 
correctement faite de la méthode analoxique ne le 
cèdent en rien à ceux acquis en France. 

« La Conférence de la vaccination antidiphtéri¬ 
que réunie à Londres en 1931 sous les auspices du 
Comité d'Hygiène de la Société des Nations et com¬ 
prenant un certain nombre d’experts de tous les 
pays émotlail, dès cette époque, les conclusions sui¬ 
vantes : 

La vaccination contre ta diphtérie provoque une 
diminution importante de la mortalité et de la 
morbidité parmi les vaccinés. La diminution de la 
mortalité et de la morbidité est considérable chez 
les enfants vaccinés dans de bonnes conditions, 
avec des vaccins efficaces. L’anatoxine est le vaccin 
le plus efficace de tous les antigènes ayant fait 
l'objet d’une étude comparative. » 

Déductions. Conclusions. — En suivant avec 
attention l’application de la vaccination dans une 
collectivité petite ou grande, on se rend compte 
que la méthode n’a son plein rendement, en ce qui 
concerne la diminution de .la morbidité, que lors¬ 
que toute cette collectivité, ou presque, a été sou¬ 
mise à la vaccination; c’est seulement lorsque 30 
à 50 pour 100 des enfants des villes sont vaccinés 
et bien vaccinés que l’on commence à constater 
les effets de la mkhode; ce n’est que lorsque la 
proportion des vaccinés atteint 70 à 80 pour 100 
de la population enfantine que la vaccination porte 
vraiment ses fruits; il faut donc étendre la vacci¬ 
nation à la majorité des enfants, sinon à tous; on 
doit organiser méthodiquement la vaccination, la 
rendre systématique, voire même obligatoire: l’obli¬ 
gation a d’ailleurs été adoptée par la Hongrie, la 
Pologne, la Roumanie, le canton de Genève, etc... 
En France, la loi créant l’obligation a été pro¬ 
mulguée le 28 Juin dernier et l’Académie va être 
appelée incessamment â se prononcer sur le règle¬ 
ment d’administration publique. « La réalisation 
pratique de la vaccination obligatoire est mainte¬ 
nant entre les mains de l’hygiéniste et du clinicien. 


L’expérimentateur doit, après avoir éclairé ces der¬ 
niers, leur céder la place. » 

« Ainsi, les résultats obtenus depuis 1923 dans 
tous les pays comme en France et plus encore peut- 
être qu’en France, consacrent donc incontestable¬ 
ment l’innocuité et l’efficacité de la vaccination au 
moyen de l’anatoxine diphtérique. 

Ils entraînent la conviction de voir disparaître la 
diphtérie par la pratique systématique et mieux 
encore obligatoire de cette méthode de prophyla.vie 
spécifique qui, à l’heure actuelle, partout où elle 
a été correctement et Judicieusement mise en œu¬ 
vre, a permis une réduction le plus souvent con¬ 
sidérable de la morbidité et de la mortalité dues à 
la diphtérie, maladie épidémique. » 

— De vifs applaudissements suivent la commu¬ 
nication do M. Ramon. 

— M. Emile Sergent estime que cette commu¬ 
nication devrait être portée à la connaissance de 
toute la population. « La stupide campagne de 
presse dirigée actuellement contre la vaccination 
antidiphtérique intoxique littéralement les cerveaux 
de la population cl de certains médecins. 11 est du 
devoir de l’Académie de prendre les mesures qui 
s’imposent pour la faire cesser. » 

— M. Robert Debré rappelle que IC malgré les 
efforts scrupuleusement poursuivis, M. Ramon a 
été l’objet de l’ironie de ccriains sceptiques, il a 
subi les sottises de certains esprits faux, les vilenies 
et les calomnies de certains fanatiques. L’Académie 
ne saurait manquer d’exprimer la confiance et l’es¬ 
time qu’elle éprouve pour notre Collègue. » 

— M. Jules Renault veut donner des apaisements 
à ccriains médecins au sujet, non pas do l’effica¬ 
cité de la vaccination qui est certaine dans 96 à 
93 pour 100 des cas, non pas de l’innocuité qui est 
reconnue dans tous les pays, mais de la possibilité 
de contre-indications. L’enfant vacciné rc.'lc exposé 
à la contagion pendant les quelques semaines au 
cours desquelles l’immunité s’établit; aussi dans 
les hôpitaux d’enfants, l’injection de sérum reste 
nécessaire pour conférer, à ceux qui entrent dans 
le.' services de contagieux, l’immunité immédiate 
dont ils ont besoin. M. Renault faisait donc injecter 
aux enfants, à leur entrée, du sérum et de l’ana¬ 
toxine, puis deux autres injections d’anatoxine de 
15 en 15 jours ; celte méthode a été appliquée 
pendant 6 ans à environ 3.000 enfants atteints de 
varicelle, scarlatine, coqueluche, oreillons ou rou¬ 
geole; aucun autre inconvénient n’a été observé 
que les légères réactions générales ou locales bien 
connues qui se produisent dans 5 à 10 pour 100 
des cas. « El que sont ces petits inconvénients en 
face des dangers de la diphtérie qu’ainsi j’évitais 
à coup sûr 1 » 

.— M. Bezançon, président, rappelle que l’Aca 
démie a toujours fait sienne la conclusion de 
M. Ramon et s’associe à lui pour que se géné¬ 
ralise une méthode qui a donné de si magnifiques 
résultats. 

Sur la pigmentation des urines au cours de 
rinsuiüsanee rénale chronique. — MM. Rathery, 
Rangier et de Traverse rappellent que les urines 
de l’insuffisance rénale chronique ont souvent un 
aspect caractéristique: elles sont très pâles avec, 
parfois, une teinte dichroïque légèrement rosée en 
l’absence de tout élément hématique ou biliaire; 
1.1 concentration en chlore, phosphates, urée, etc... 
de ces urines est diminuée mais relalivemenl plus 
élevée que leur couleur le laisserait suppo.ser; 
l’acide urique y est toujours très bas. Ces urines 
pâles contiennent fort pou d’indican ; elles renfér- 
ment souvent des qmintités très faibles d’urochroirie 
et le peu qu’elles en renferment se trouve, la plu¬ 
part du temps, sous forme réduite ; le rein .défi¬ 
cient est incapable de former l’urochrome à partir 
des éléments peptidiques, indoxyliques et l’uro- 
chrome, d’autre part, est éliminé avant son oxy¬ 
dation; on peut émettre, par ailleurs, rhxqrolhèse 
d’une liaison entre la déficience de l’urochromo- 
génèse et la rétention urique constante dans les 
néphrites qui donnent les urines pâles. Sous l’in¬ 
fluence hydroly.sante des acides et des oxydants, par 
exemple, de l’acide chlorhydrique et du chlorate 
de potasse, l’urochrome est en partie détruit libé¬ 
rant de l’indoxyle qui se polymérise avec formation 
d’îndirubine, puis rapidement d’une série de corps 
dont les derniers termes sont des dérivés brun 



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LA PRESSE MEDICALE. Mercredi, 11 Janvier 1939 


N° 3 


chocolat insolubles dans la plupart des réactifs ; 
sous l’influence de l’acidilc et par une oxydation 
lente, l’indoxyle libéré peut donner de l'indirubine 
et ses polymères; c'est ce qui expliquerait le 
dichro'isme inconstant; mais l’indirubine peut aussi 
provenir soit de l’indoxyle non conjugué avec 
l’acide sulfurique, soit d’acide indoxyle sulfurique 
par oxydation lente. 

Sur la recrudescence récente de l’alcoolisme 
en Normandie. — M. F. Devé montre que depuis 
deux années surtout, on observe, on Normandie, 
une recrudescence singulièrement inquiétante de 
l’alcoolisme, constatation faite dans les hôpitaux de 
Rouen et par tous les médecins dans leur clientèle ; 
dans les 5 derniers mois, sur 267 entrants dans 
son service, l’auteur a noté 29 cas d’éthylisme aigu 
ou subaigu (11 pour 100) dont G ont rapidement 
abouti au deliruim tremens (2,3 pour 100) ; dans 
le service des isolés, le nombre des cas de delirium 
a presque doublé en 2 ans ; à la clinique chirur¬ 
gicale, on avait noté, en 1935, 6 cas de délire alcoo¬ 
lique chez les opérés ; dans les deux premiers mois 
de 1938, on en a compté 6. Bon nombre des 
buveurs sont des chômeurs dont presque toutes les 
allocations vont chez les débitants auxquels il fau¬ 
drait bien aussi imposer quelques « loisirs ». 'La 
Société de Médecine de Rouen a rédigé un tract 
proposant des mesures contre l’alcoolisme; l’auteur 
demande à l’Académie de l’examiner. 

— M. Sieur avait émis la crainte que l’application 
de la loi de 40 heures ne soit suivie d’une recru¬ 
descence de l’alcoolisme, crainte d’autant plus jus¬ 
tifiée que la loi sur les deux jours de repos n’était 
pas appliquée aux débits. Dans tous les pays, sauf 
en France, des restrictions ont été établies et ont 
donné les meilleurs résultats au point de vue de 
l’hygiène sans provoquer de plaintes des popula¬ 
tions. Il faut approuver le tract édité par la Société 
de Médecine de Rouen en insistant spécialement 
sur la nécessité de diminuer le nombre des établisse¬ 
ments vendant des boissons alcoliques. 

— M. H. Vincent estime que l’alcoolisme est 
devenu depuis deux ans un danger national; il 
appuie les mesures proposées par M. Devé. 

— M. H. Martel pense que l’Académie ne saurait 
trop insister sur les dangers de l’alcoolisme ; mal¬ 
heureusement ses vœux ne sont pas toujours 
écoutés ; elle a en particulier émis un vœu ten¬ 
dant à interdire l’introduction de substances anti¬ 
septiques dans les jus de fruit capables de favo¬ 
riser la lutte contre l’alcoolisme; or un décret vient 
de paraître tolérant 100 mg. d’anhydride sulfureux 
par litre de jus de fruits ou de légumes. 

— L’Académie renvoie la communication de 
M. Devé à la Commission de l’alcoolisme. 

Sur les hémorragies rétiniennes observées 
chez le nouveau-né. — MM. Péhu et Bonamour 
(Lyon) montrent que les hémorragies rétiniennes 
sont assez fréquentes chez les nouveau-nés (13 
pour 100) ; on les observe dans une proportion 
à peu prè's identique chez les enfants nés norma¬ 
lement et chez ceux qui ont présenté un trauma¬ 
tisme eéphalique ; elles ne paraissent avoir aucune 
liaison directe démontrable avec l’acte obstétrical 
lui-même et le traumatisme qu’il peut entraîner; 
leur yale\ir séméiologique est minime. Elles sont 
passagères et dans la grande majorité dos cas dis¬ 
paraissent vite après la naissance sans laisser de 
traces apparentes ; il serait cependant intéressant 
d’examiner au bout de plusieurs années les enfants 
qui en ont présenté ; certaines anomalies oculaires 
(amblyopie, strabisme) pouvant peut-être en dé¬ 
pendre à longue échéance. 

Un cas de septicémie généralisée due à un 
aotinomyce du type <i A. bovis n Earz, chez un 
jeune veau. — MM. Sartory, Bareis et Meyer 
rapportent un cas de septicémie actinomycosique 
d’origine probablement ombilicale chez un jeune 
veau. Des nodules ont été trouvés sur le péritoine, 
dans les reins, le foie, les poumons; l’actinomyce 
a été décelé par frottis et par culture dans les 
nodules des viscères et dans les caillots sanguins 
du cœ.ur. Les auteurs insistent sur le danger de 
ces septicémies d’ailleurs exceptionnelles pour la 
santé publique ; les lésions sont en effet peu appa¬ 
rentes et si elles passent inaperçues, la viande est 


consommée ; or sa cuisson est insuffisante pour tuer 
le germe pathogène. 

Traitement du vitiligo par injections locales 
d’hormone mélanophore. — M. E. Sergent pré¬ 
sente une note de JIM. Mussio-Fournier, Cervino 
et Conti qui ont traité un vitiligo chez un enfant 
de 7 ans par des injections intradermiques répétées 
dans les taches dépigmentées d’hormone mélano¬ 
phore de l’hypophyse: 1 cm^ (soit l’équivalent 
de deux hypophyses fraîches), deux fois par semaine 
au début, puis une fois par semaine ; en 5 mois, 
les taches ont disparu ou ont considérablement 
régressé suivant une marche centripète. Les auteurs 
énumèrent les hypothèses que l’on peut faire sur 
cette action; il leur paraît encore impossible de 
les juger mais ils ne pensent pas qu’une coïnci¬ 
dence entre le traitement et une régression spon¬ 
tanée du vitiligo soit probable, une amélioration 
analogue ayant été notée dans un autre cas. 

Mécanisme d’action des eaux minérales fer¬ 
rugineuses naturelles. Activation de la respi¬ 
ration tissulaire. — M. Rathery présente une 
note de MM. Piéry, Enselme et Héry qui rap¬ 
pellent que les cau.x ferrugineuses naturelles n’agis¬ 
sent pas que dans les anémies hypochromes mais 
aussi dans une série d’affections de l’enfance ou 
de l’adolcsccnce du type lymphatique dans les¬ 
quelles le nombre des hématies et le taux d’hémo¬ 
globine sont le plus souvent normaux ; or le fer 
n’a pas qu’un rôle dans la formation de l’hémo¬ 
globine; il augmente aussi les réactions d’oxyda¬ 
tion tissulaire et peut dans certaines conditions 
jouer le rôle de catalyseur; parmi les formes orga¬ 
niques du fer, 'certaines transforment au niveau 
des tissus l’oxygène inactif en oxygène actif ; au 
premier plan de ces formes se place le cytochrome. 
Les auteurs se sont demandé si les eaux ferrugi¬ 
neuses ne favorisaient pas la formation des corps 
organiques ferrugineux; leurs expériences con¬ 
duites ou griffon de deux sources ferrugineuses 
sur des poissons et des oiseaux leur ont montré 
que cette hypothèse était exacte, les eaux augmen¬ 
tant la réserve en fer des tissus et aussi les formes 
organiques du fer dans ces tissus. 

Création chez le singe d’un état de résistance 
à la primo-infection tuberculeuse intrapulmo¬ 
naire expérimentale par préparation au moyen 
de bacilles de souche S. ConSrmation de prin¬ 
cipe de la prémunition. — M. Annand-Delille a 
déjà signalé que des inoculations préparantes d’une 
souche S de bacilles acido-résistants obtenus par 
hémoculture chez un enfant tuberculeux et ne 
possédant qu’une virulence faible ou nulle, pré- 
munisaient les cynocéphales contre l’inoculation de 
bacilles virulents. Dans de nouvelles reeherches, 
l’auteur a constaté que des cynocéphales jeunes 
ayant été préparés par désinfections intraveineuses 
de la souche S, puis ayant reçu une inoculation 
intrapulmonaire de bacilles virulents tuant les 
témoins en moins de 3 mois, restaient en parfaite 
santé au bout de 9 mois ; on ne constate, iors- 
qu'on les sacrifie, qu’une lésion de primo-infec¬ 
tion avec un nodule calcifié intrapulmonaire sans 
processus d’extension et une adénopathie similaire 
fibro-caséeuse et calcaire. On peut penser que les 
conditions de la contagion banale n’auraient pro¬ 
duit que des lésions encore plus faibles, sinon 
invisibles. Cette souche S, d’origine humaine, a 
donc des propriétés prémunisantes efficaces pour 
les singes qui paraissent au moins aussi actives que 
celles du BCG. 

— M. Guérin rappelle que les souches S du 
bacille tuberculeux sont variables et instables ; il 
est prématuré, sinon imprudent, d’attribuer à telle 
ou telle souche S des qualités particulières sans 
qu’elle ait subi les épreuves qui doivent la faire 
reconnaître sûrement et définitîvcment inoffensive. 

Régimes de carence et tuberculose. Danger 
des cures d’amaigrissement non médicales. — 
MM. E. Bernard, 'Weil et M''” Lotte rappellent 
que le rôle de la sous-alimentation dans la tuber¬ 
culose pulmonaire est bien établi ; cette sous-ali- 
mentation a pu être la conséquence de régimes trop 
stricts ; mais elle est parfois non plus conseillée 
mais voulue; il s’agit de femmes jeunes qui, dési¬ 
rant maigrir, s’imposent un régime de restriction 
alimentaire qu’elles poursuivent sans contrôle médi¬ 


cal. Les auteurs ont pu, en peu de temps, recueillir 
5 observations où ces régimes, non surveillés, ont 
provoqué l’éclosion d’une tuberculose pulmonaire. 

Elections. — JL Louis Martin est élu vice- 
président ; JL G. Brouardel est réélu secrétaire 
annuel; JIJI. Mauclaire cl Pettit sont élus mem- 
bles du Conseil. Lucik.n Rouqvès. 


ACADÉMIE DE CHIRURGIE 

14 Décembre 1938. 

Gangrène cutanée post-opératoire à ten¬ 
dance progressive. — M. P. "Wilmoth. Dans celle 
observation, la gangrène cutanée à allure exten¬ 
sive a été conséculive à une amputation abdomi¬ 
nale du reclo-sigmoi'de. La gangrène a envahi la 
peau autour de l’anus iliaque. Les cultures ont 
montré la présence de pneumocoque. 

Le terrain vasculaire chez un malade athéroma¬ 
teux est à retenir dans la genèse de l’affection. 

Lésions des tendons Béchisseurs des doigts. 
Technique réparatrice personnelle. — M. R. 
Montant. M. R. Soupault, rapporteur. 7 sections 
tendineuses ont été traitées primitivement avant 
la sixième heure avec cinq très bons résultats et 
deux résultats passables. Dans huit autres cas trai¬ 
tés secondairement, mais le plus tôt possible, il y 
a deux très bons résullats, trois bons, un passable 
et deux écbccs. L’auteur donne ensuite sa techni¬ 
que qui évite l’ouverture de la coulisse fibreuse et 
cle la gaine synov'ale. Le point original consiste 
à maintenir les deux bouts tendineux par une 
épingle de nourrice transfixiante de part et d’au¬ 
tre de la section. L’intérêt de celte méthode est 
de permettre le traitement primitif des sections 
des tendons fléchissurs. 

Deux cas de plaie pénétrante du genou trai¬ 
tés par la mise à plat sans suture et les pan¬ 
sements rares. — M. Jean Querneau (Quimper). 
M. Antoine Basset, rapporteur. Dans une frac¬ 
ture comminutive de la rotule, l’auteur s’est con¬ 
tenté de nettoyer l’articulation et de panser à plat 
sur une mèche iodoformée. Le résultat fonction¬ 
nel est bon. Dans une plaie pénétrante du genou 
où des lésions des parties molles et, en particulier 
de la peau, étaient considérables, alors que la 
lésion osscjise condylienne était minime, la mise 
à plat a donné un assez bon résultat, malgré un 
foyer d’ostéite et une réinfection qui a duré six 

Le rapporteur estime que dans le premier cas, la 
suture primitive était plus indiquée et que dans 
le second ras, une plastie immédiate ou une suture 
après décollement de la peau aurait peut-être évité 
les accidents infectieux ultérieurs. 

— M. Moure a discuté autrefois celte question 
de la suture primitive des plaies du genou avec 
M. Lcnormanl. 

Les plaies conluses de pratique civile sont gra¬ 
ves et le meilleur moyen d’éviter l’infection c’est 
d’immobiliser sous un pansement rare, en lais¬ 
sant ouvert après nettoyage. 

— M. P. Mathieu. Une plaie de pratique civile 
présente les mêmes indications thérapeutiques 
qu’une plaie de guerre. 

Un cas de semi-lunarite (maladie de Kien- 
•boëck). — MM. du Bourguet et Perrignon 
(Troyes). M. Louis Sauvé, rapporteur. Un travail¬ 
leur manuel, à la suite d’un effort professionnel, 
souffre du poignet, et la radiographie montre une 
triade classique : déformation du semi-lunaire, 
opacité aux rayons, aspect pommelé. 

Dans ce cas particulier où sur le terrain Je 
dystrophie osseuse s’est greffée une fracture avec 
pseudarthrose, le rapporteur se demande s’il 
s’agit bien d’une maladie de Kienboëck pure. On 
fait une résection du semi-lunaire avec bon résul¬ 
tat. Un examen de la pièce montre un cal fractu¬ 
raire et l’histologie conclut à une ostéomalacie 
post-traumatique du semi-lunaire avec fracture. 

Considérations cliniques et thérapeutiques 
sur tes endométrioses de l’appareil génital. — 
JIM. G. Cotte et J. Mathieu (Lyon). Le dia¬ 
gnostic clinique et parfois môme opératoire de 
l’endométriose n’est pas toujours facile. Depuis le 



N” 3 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 11 Janvier 1939 


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1®'' Août 1932, on a pu en recueillir 78 cas ofi le 
diagnostic a clé confirmé par l'hislologie, dont 61 
à localisation unique et 17 à localisations multi¬ 
ples. On ne relève que 20 localisations ovariennes, 
c’est-à-dire moins de 30 pour 100. 

11 ne faut décrire sous le nom d’endométriomes 
de la cloison rcclo-vaginalc que ceux qui siègent 
réellement dans celte cloison cl non l'endomé¬ 
triose des culs-de-sac vaginaux ou des ligaments 
uléro-sacrés. 

L'endométriose est loin de constituer à elle seule 
toute l’affection pour laquelle la malade vient con¬ 
sulter. Dans 33 cas, il y avait des lésions associées: 
ce iqui complique singulièrement les indications 
thérapeutiques; on est souvent pris dans le dilemme 
de faire trop ou pas assez et les auteurs on don¬ 
nent des exemples frappants. Si rcndomélriosc 
n’est qu’un épiphénomène, elle ne réclame par 
elle-même aucune thérapeutique spéciale; si elle 
donne une symptomatologie fonctionnelle, il favil 
la dépister pour la guérir. Les douleurs menstruel¬ 
les de l’endométriose sont tardives et ne survien¬ 
nent que plusieurs années après la puberté ou 
même à la préménopause. L’examen clinique 
donne des présomptions basées sur dos nuances et 
les nodules bleutés du cul-de-sac vaginal poslé- 

L’endomélriosc du péritoine doit inciter le chi¬ 
rurgien à explorer altcniivemcnl l’appareil géni¬ 
tal; elle n’a par elle-même aucune valeur indi¬ 
catrice du point de vue opératoire. 

L’endométriose de la trompe, quand le siège est 
ampullairc, a un aspect clinique très variable. 
Elle peut entraîner la constitution d’un hémato- 
salpinx ou d’une grossesse cxtra-ulérino. 

L’endométriose ovarienne est souvent associée à 
d’autres lésions, et dans 8 cas n’a donné qu’une 
seule fois des manifestations de dysménorrhée. 
Par contre l’endométriose utérine entraîne souvent 
une dysménorrhée. Bref, l’endométriose, du point 
de vue clinique, est difficile à dépister et l’on 
pense souvent à une autre affection utéro-an- 
nexielle. La laparotomie elle-même n’est pas tou¬ 
jours suffisante; l’histologie est nécessaire dans 
nombre de localisations tubaires et indispensable 
dans l’adenomyosis utéri-interna ou mélrose en- 
dophytique. 

L’endométriose est considérée comme une affec¬ 
tion cnvahis.'ante que, seule, la ménopause natu¬ 
relle ou provoquée serait susceptible d’enrayer. 
Les auteurs sont moins absolus et préfèrent au 
radicalisme opératoire une altitude chirurgicale 
plus éclectique. Certains ont fait systématique¬ 
ment la radiothérapie. Certes, cette méthode est 
intéressante, mais il faut être certain du diagno¬ 
stic, ce qui n’est pas aisé, et, d’autre part, chez 
la femme jeune, il est toujours regrettable de pro¬ 
céder systématiquement à la castration. 

Quand on est amené à intervenir, l’on est pris 
entre la crainte de faire une mutilation inutile et 
l.r peur des récidives. 

Dans l’endométriose à localisations multiples, il 
n’y a pas de doute, la castration bilatérale s’im¬ 
pose; on n’enlèvera l’utérus que s’il est atteint 
d’une affection concomitante. 

Certains ont traité l’adénomycme recto-vaginal 
par l’ablation en masse de la tumeur. Les auteurs 
reconnaissent la gravité d’une telle intervention et 
n’ont pratiqué que l’hysléreclomie sublolalc. 

Dans les formes péritonéales, associées à une 
autre affection génitale, il suffit de traiter l’affec¬ 
tion concomitante. Plus lard, quand il y a échec, ' 
on peut être radical, au voisinage de la méno¬ 
pause. 

Dans les endométrioses utérines isolées et cir¬ 
conscrites, on a pu faire avec succès, chez la 
femme jeune, une résection de la tumeur. Sou¬ 
vent l’adénomyome est diffus et étendu; il oblige 
alors à l'hysléreclomie. 

L'endométriose tubaire relève de la salpingecto¬ 
mie ; dans les formes bilatérales, il faut conserver 
l’utérus et un ovaire. L’endométriose ovarienne, 
même bilatérale, doit faire respecter un fragment 
de glande saine. 

Ainsi, la chirurgie conservatrice a plus d’avan¬ 
tages que d’inconvénients dans le traitement de 
l’endométriose. Elle réserve l’avenir, et en cas 
d’échec ou de récidives, on pourra toujours faire 


une castration sèche, en sachant que cette der¬ 
nière n’agit que sur les douleurs menstruelles et 
non sur les phénomènes adhérentiels. Ce qui 
incite à être radical dans l’endométriose à locali¬ 
sations multiples avec douleurs continuelles. 

— M. Moulonguet. Dans un cas d’endométriose 
de la cloison recto-vaginale confirmé opéraloire- 
ment, la radiothérapie a donné de bons résultats. 

— M. P. Brocq. Y a-t-il des localisations en 
dehors de la .sphère génitale ? et peut-on faire, 
dans les cas douteux, un examen histologique 
extemporané ? 

— M. J. Okinczyc. Dans rcndomélriome réci¬ 
divant, comme il a été amené à l’observer deux 
fois, M. Okinczyc estime que la radiothérapie est 
parfaitement indiquée. 

Création d’un vagin artificiel suivant le pro¬ 
cédé de Schubert. — M. G. Cotte (Lyon) a opéré 
avec succès une absence congénitale du vagin par 
le procédé de Schubert qui comporte trois temps 
essentiels que l’on fait dans la même séance opé¬ 
ratoire : Une transplantation de l’anus au niveau 
du vestibule du vagin, une libération cl une exclu¬ 
sion du rectum transplanté par voie coccygienne, 
une reconstitution do l’anus. 

Le résultat, tant anatomique que fonctionnel, a 
été excellent. Cette intervention, d’après 158 cas, 
n’a donné qtie 3,79 pour 100 de mortalité. 

Il faut éviter, bien entendu, de blesser les ure¬ 
tères et la vessie. Le rétrécissement du rectum ou 
l'incontinence ultérieure ont été rarement obscr- 

— M. Pierre Mocquot préfère de beaucoup la 
greffe sublolalc libre de peau qu’il a utilisée avec 
succès dans trois cas. 

Il faut, dans d’indication opératoire, tenir 
compte des désirs de la malade et surtout prévenir 
les parents et le futur conjoint de l’intervention 
qui doit être faite. 

— M. Picot a procédé une fois à l’opération de 
Baldwin. Celle opération lui suggère quelques 
remarques de technique sur l’ouverture du péri¬ 
toine pelvien et sur l’exclusion du néo-vagin. 

— M. Robert Monod a publié à l’Académie un 
bon résultat de greffes cutanées larges. 

— M. Baumgartner a présenté 3 bons résultats 
de l’opération de Baldwin. 

Pancréatite chronique localisée. Pancréatec¬ 
tomie gauche. Résultat éloigné. — M. R. Sou- 
pault. Chez une malade qui présentait des crises 
douloureuses, postérieures, lentement aggravées 
avec amaigrissement, on intervient chirurgicale¬ 
ment. L’exploration de l’estomac, du foie, de la 
rate, du rein gauche est négative. Au contraire, 
l’aspect de la qiieue du pancréas est frappant : la 
glande est dure, granuleuse. On enlève cette 
queue pancréatique. Le résultat est très bon; la 
malade ne souffre plus et reprend du poids. La 
glvcémic, après une pointe légère à 1 g. 50. est 
redevenue normale. En somme, on devrait penser 
plus souvent qu’on ne le fait au rôle de la pan- 
créalîle chronique dans les affections douloureuses 
de l’abdomen. Celle pancréatite sans ictère, latente 
o\i méconnue, justifie une exploration méthodi¬ 
que de l’arrière-cavilé. Si. au cours de l’explora¬ 
tion, on découvre un processus inflammatoire de la 
glande, si les limites de l’affection sont nettes, 
si le siège est distal, h g.iuche, une pancréatectomie 
partielle reste légitime, supprimant les troubles 
fonctionnels et généraux, préventive des plus gra¬ 
ves accidents aigus pancréatiques. 

— M. P. Brocq. Celte observation est intéres¬ 
sante; elle vient en France à côté des quatre cas 
de M. Mallet-Guy et d’un cas de M. Leriche. 

M. Brocq publiera prochainement une observa¬ 
tion personnelle datant de 6 mois. 

G. CORDIEH.' 


SOCIÉTÉ IIIÉDICALE DES HOPITAUX 

23 Décembre 1938. 

Hépatonéphrite suraiguë à la suite d’injec¬ 
tion intra-veineuse de vaccin anti-chan"relleux. 
— M. A. Codounis relate l’observation d’un cas 
d’hépalo-néphritc suraiguë indi.sculable, survenue 
brusquement après injection intraveineuse de vac¬ 


cin anli-chancrellcux, dans laquelle ni le syndrome 
hépatique, ni le syndrome hémorragique, ni le 
syndrome nerveux, ni même le syndrome rénal 
ne manquaient : ictère très intense avec bilirubi¬ 
némie s’élevant de 1.200 à 1.900 mg. pour 1.000; 
azotémie de 2 g. 70 à 5 g. 20 pour 1.000, acidose 
extrême de 13 pour 100 à 20 pour 100 en Co“ ; 
anurie au début et ensuite oliguric; albuminurie, 
cylindrurie, présence de globules rouges dans 
l’urine; enfin état comateux, hémorragies multiples 
avec prolongement du temps de saignement. 
Résultats négatifs des hémocultures et des inocula¬ 
tions aux animaux de laboratoire, ainsi que de la 
séroagglutination de Petlil et de la recherche du 
spirochète ictéro-hémorragique de Inada et Ido. 

L’intérêt de celte hépato-néphrite découle de ce 
qu’elle est la première, d’après les recherches 
bibliographiques de l’auteur, et de ce que, en 
dehors des questions cliniques et biologiques en 
général qu’elle louche, elle soulève aussi tout le 
problème du Irailcmcnl du chancre mou. 

Leucose aiguë hémorragique et infectieuse. 
— MM. Jean Olmer cl Vague (Marseille) relatent 
un cas de leucose hémorragique aiguë survenu chez 
un homme de 21 ans, qui, à la suite d’une blessure 
superficielle de la main, présenta rapidement un 
état hémorragique avec anémie (G. R. 2.300.000; 
G. B. 2.400 dont polynucléaires neutrophiles 22, 
lymphocytes 41, monocytes 5, myélocytes 14 et 
myéloblasics 18) et hépatomégalie. Le caillot était 
irrélractilc et le temps de saignement indéfiniment 
prolongé. La fièvre allcignail 30“ cl les hémo¬ 
cultures révélèrent du slreptocoqiic. La mort se 
produisit au bout de 9 jours. A l’autopsie la rate 
présentait une structure encore en partie conservée 
et une certaine prolifération cellulaire à prédomi¬ 
nance myéloïde. 

— M. P. Emile-Weil fait des objections au dia¬ 
gnostic de leucose. En somme, il s’agit là d’une 
réaction leucémoïde avec infection à l’origine. 

Rapport annuel. — M. Cl. Gautier, secrétaire 
général, donne lecture du rapport annuel et pro¬ 
nonce l’éloge funèbre des membres disparus pen¬ 
dant l’année, J. Darier, A. Riche, O. Crouzon et 
R. Bensaude. 

Election du bureau. — M. P. Lereboullet 
devient président et M. Laignel-Lavastine est élu 
vice-président. 

Election de membres correspondants. — M.M. 
René Martin (Paris), Massot (Rennes), P. Michon 
(Nancy) cl H. Mondon sont nommés membres cor¬ 
respondants ; MM. G. Bickel, Manoussakis et 
Théodoresco sont nommés membres correspon¬ 
dants étrangers. 

P.-L. Maiuh. 


SOCIÉTÉS DE PROVINCE 


Nos loctours trouveront los comptes rendus in extenso do cos 
Sociétds dans les périodiques suivants : 

Société médicale des Hôpitaux de Lyon {Lyon médical, 12, 
ruo de la Barre, Lyen— Prix du numéro : 2 fr.). 

Société db CuiiinuGiE de Ltok (Lyon Chirurgical, 120, bou¬ 
levard Sainl-nerinain, Paris. — Prix du numéro : 20 tr.). 

Société nationale de Médecine et des Sciences médicales 
DE Lyon (Lyon médical, 12, rue de la Barre, Lyon. — Prix du 
numéro : 2 fr.). 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON 

29 Novembre 1938. 

Un cas de nanisme avec lésion rénale à forme 
rachitique. — MM. Mouriquand, Savoye, Pouzet 
et Martinon présentent l’observation d’une fillette 
de 6 ans qui mesure 86 cm. cl pèse 15 kg. 300, 
ne marche pas, est atteinte de lésions cliniques de 
rachitisme et de lésions osléo-carlilagineuses mul¬ 
tiples. Urée sanguine : 2 g. 23 pour 100. 

Les radiographies osseuses faites deux ans avant 
ne montraient aucune lésion. 





50 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 11 Janvier 1939 


N“ 3 


Un cas d’épithélioma. du rein droit chez ren¬ 
iant. — MM. P. Bertoye, G. Bertrand et B. Mul¬ 
ler. Tumeur rémile droite découverte par luisard 
chez un enfant de 10 ans. Les signes cliniques de 
la maladie se résumaient dans la constatation de 
la tumeur et la présence d’hématuries microscopi¬ 
ques. Ablation du ncopla.sme mais ganglions juxta- 
aorliques incxtirpables. La coupe histologique, au 
lieu de la tumeur mixte attendue, montra l’exis¬ 
tence d’un épithélioma tubulo-papill.aire à cellules 
claires cl acidophiles; les auteurs insistent sur la 
rareté de semblable tumeur chez l’enfant et sur 
l’impossibilité de porter un diagnostic absolument 
exact. 

Contribution à l’étude de la séméiologie du 
signe du lacet de E. Weill et Cbalier. — MM. 
M. Levrat et J. Ballivet ont cherché les meilleu¬ 
res conditions techniques pour obtenir le purpura 
provoqiié par la compression du membre siipé- 
rieur; après différents essais, ils ont abouti à la 
technique suivante : compression par le brassard 
de l’appareil à tension artérielle pendant une durée 
de 5 minutes à un chiffre de pression inférieur de 
1 cm’ de 11g au chiffre de la pression systolique. 
Avec cette méthode on obtient habituellement chez 
les sujets normaux un purpura provoqué physio¬ 
logique qui comporte de 1 à 20 éléments puncti¬ 
formes et qu’il faut bien connaître pour éviter de 
lui accorder à tort une signification pathologique. 

Le purpura provoqué chez les hypertendus. 
— MM. M. Levrat et J. Ballivet recherchent le 
signe du lacet chez 33 hypertendus. Ils l’ont trouvé 
positif chez 31. Ils montrent qu’il faut attribuer 
ce signe du purpura provoqué à la fragilité capil¬ 
laire des hypertendus, plus ipi'au simple facleuir 
mécanique d’élévation de la tension. Ils démon¬ 
trent ainsi la très grande fréquence des altérations 
capillaires au cours de riiypcrtcnsion artérielle. 

G. Despiehres. 


SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON 

l®"" Décembre 1938. 

Dilatation congénitale du cholédoque com¬ 
pliquée de lithiase. Cholécystectomie et cholé- 
docotomie. Cholédoco - duodénostomie secon¬ 
daire. — M. Villard apporte le complément d’ob¬ 
servation do la malade dont M. Werlheimcr a relaté, 
à la précédente séance de la Société, le dernier épi¬ 
sode clinique pour lequel il a été conduit îi faire 
une cholédo-duodénostomie. L’auteur a vu celle 
malade en 1931. âgée de 47 ans, et venant pour 
des .troubles hépatiques graves avec ictère par ré¬ 
tention et grands accès fébriles. Les premiers 
accidents biliaires remontaient à l’àgc de 9 ans. 
L’auteur a pratiqué une cholécystectomie et une cho- 
lédocolomie sur un cholédoque énorme. 11 a eu à ce 
moment l’impression fausse d’une perméabilité nor¬ 
male du bout inférieur. La vésicule et le cholédo¬ 
que contenaient des calculs et de la boue biliaire. 
6 mois plus tard, la persistance d’une fistule biliaire 
engage à faire une deuxième intervention qui mon¬ 
tre la non-perméabilité du bout inférieur du cholé¬ 
doque, toujours énormément distendu, et conduit 
i\ faire une cholédo-duodénostomie. Cette anasto¬ 
mose s’csl oblitérée secondairement puisque M. Wer- 
theimer, voyant cette malade 6 ans plus tard, a 
él 3 amené à refaire une cholédoco-duodénostomic. 

Il s'agit bien, dans cette observation, d’une dila¬ 
tation congénitale du cholédoque. L’auteur en a 
vu un autre cas dont il rapporte le résumé. L’au¬ 
teur pense que ces distensions pseudo-kystiques des 
voies biliaires ont, à leur origine, un rétrécissement 
congénital de la partie inférieure du cholédoque qui, 
peu à peu, détermine l'énorme dilatation des voies 
biliaires sus-jacentes. Ultérieurement, sous l’in- 
iluence de phénomènes inflammatoires sclérosants, 
l’orifice primitivement rétréci se ferme peu à peu, 
et ainsi se réalise une oblitération complète. 

Au point de vue thérapeutique, l’auteur pense, 
contrairement à certains ehirurgiens, comme Fin- 
sterer, qu’en dehors de ces cas très rares où la 
cholédoco-duodénostomie est la seule intervention 
que ies conditions anatomiques permettent de réa¬ 
liser, l’emploi de cette opération ne doit pas être 


généralisé dans le trailcraenl de la lithiase cholé- 
docienne. 

Sur un cas d’épithélioma du goudron de ca¬ 
ractère expérimental. — MM. L. Bérard et 
M. Ballivet. Il s’agit d’un iKiinine de ÔG ans. 
ayant fait, il y a G ans, sur une mule goudronnée, 
une cliulo qui a entraîné l’excoriation d’une verrue 
banale nu niveau de la joue. Depuis lors, Tulcéra- 
tion est persistante. Il s’agit d’un épithélioma, type 
ulcus rodcn.s', dont le développcmeni s’est effectué 
dans des conditions c.xaclemcnt superposables à 
celles du cancer du goudron chez le lapin. 

Mégacolon total chez un homme de 73 ans. 
—- M. Patel. Le mégacolon total est relativement 
peu fréquent. 11 est surtout rare chez l’adulte, car 
dos complications graves surviennent en général 
assez vile lorsque la malformation atteint ce degré. 
L’auteur rapporte une observation très détaillée de 
mégacolon total d’origine certainement congéni¬ 
tale, ayant entraîné des troubles dès l’enfance et 
parfaitement bien toléré malgré l’àge avancé du 
sujet qui en est porteur. Comme souvent, en pareils 
cas, le colon gauche, particulièrement F? iliaque, 
est plus dilaté que le colon droit. 

Un cas de méningo-encéphalocèle occipitale 
chez un nourrisson de 2 mois et demi. — M. de 
Girardier. La tumeur qui existait depuis la nais¬ 
sance ne s’accompagnait d’aucune autre tare congé¬ 
nitale. En raison de sa tendance à grossir et à se 
tendre, pouvant faire craindre une rupture ou une 
ulcération avec infection consécutive, son exérèse 
est décidée. Elle est facilement réalisée. L’orifice 
de communication crânienne siège au-dessus de la 
protubérance occipitale externe. 11 est petit et au¬ 
cune autoplastie ostéopériostique n’csl indiquée. La 
tumeur enlevée a tout à fait l’aspect d’une ménin¬ 
gocèle pure. L’examen histologique seul vient pré¬ 
ciser qu’il s’agit d’une méningo-encéphalocèle kys¬ 
tique. L’évolution, qui date de plus d’un an après 
l’intervention, a été jusqu’ici des plus favorables. 

Fracture du crâne accompagnée d’aphasie 
après intervalle libre chez une enfant de 7, ans. 

— MM. de Girardier et Jeannin. L'aphasie est, 
à litre de symptôme neurologique isolé dans les 
fractures du crâne, d’une extrême rareté, au moins 
chez l’enfant. Les auteurs rapportent l’observation 
accompagnée de commentaires, d'un syndrome 
d’aphasie des plus nets, consécutif à une fracture 
par enfoncement de la voûte dans la partie posté¬ 
rieure de la région temporale gauche. La lésion 
cérébrale était très peu destructive; elle était sur¬ 
tout d'ordre compressif par épanchement sus- et 
sous-dural et elle siégeait à la partie postérieure 
des deux premières circonvolutions temporales dans 
la zone d’aphasie temporale. Les troubles aphasi¬ 
ques ne sont apparus qu’après un intervalle libre. 
Le type réalisé s’apparentait au type d’aphasie de 
Wernicke. La trépanation avec évacuation de 
l’hématome amena sa disparition complète dès le 
lendemain de l’opération. 

Deux crises successives d’occlusion intesti¬ 
nale après une appendicectomie à chaud. — 
MM. Delore et Gabrielle. A la suite de l’appcndi- 
ccctomie, le malade a fait d’abord une occlusion 
paralytique en relation avec le développement d’un 
abcès péri-C!Ecal, ensuite une occlusion mécanique 
par bride. Le traitement a consisté dans le premier 
cas en une évacuation de l’alrcès, dans le second 
cas en une section de la bride avec iléostomie com¬ 
plémentaire. A propos de celte observation, les 
auteurs font quelques remarques sur les occlusions 
post-appendiculaires et discutent en particulier les 
avantages de l’iléostomie. 

Deux cas d’ostéo-arthrite mélito-coccique. 

— MM. Nové-Josserand et Bouzol attirent l’at¬ 
tention sur la possibilité de ces ostéo-arthrites mé- 
lilo-cocciques, qui peuvent s’observer en dehors de 
toute notion étiologique précise. Dans une première 
observation, la maladie générale a précédé la loca¬ 
lisation osseuse et le diagnostic a été fait rapide¬ 
ment. Dans une deuxième observation, au con¬ 
traire, la lésion articulaire (coude) a été la seule 
manifestation d’une mélito-coccie latente. Le dia¬ 
gnostic est alors diffioile. La radiographie n’est pas 
d’un grand secours, car elle montre des lésions 


ressemblant énormément aux lésions tuberculeuses. 
Peut-être le caractère douloureux rebelle à l’immo- 
bili.sation, que pré.scntent ces arthrites, serait-il un 
élément do diagnoslic. 

H. Cavailiier. 


SDCIÉTÉ NATIDNALE DE MÉDECINE 
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYDN 

30 Novembre 1938. 

Cancer de l’urètre à symptômes d’abcès 
périnéal. — MM. G. Gayet et R. Gayet. Le dia¬ 
gnoslic d’abcès urincu.x peut être parfois difficile à 
faire dans certaines formes chroniques, et il faut 
souvent suspecter le cancer. Les auteurs rapportent 
l’observation d’un mal.ade chez lequel une pre¬ 
mière intervention n’avait montré que des lésions 
inflammatoires. Une biopsie pratiquée ultérieure¬ 
ment, en raison du caractère anormal de la plaie 
persistante post-opératoire, a décelé l'épilhélioma. 

Deux cas de sclérose inSammatoire du col 
vésical avec prostatite diverticulaire. Traite¬ 
ment par la résection endoscopique. — 
M. R. Gayet rapporte deux observations de m.ala- 
des présentant de la dysuric avec lésions de pros¬ 
tatite diverticulaire et de sclérose inflammatoire du 
col. Dans les deux cas, une résection cndo-urétrale 
permit un drainage plus effectif des poches diver- 
liculaires et grâce à la gouttière creusée, supprima 
complètement la dysurie. 

Grand kyste séreux du rein. — M. Giuliani 
présente l’observation et la pièce opératoire d’un 
kyste séreux enlevé à une femme de 51 ans. Clini¬ 
quement on avait pensé à une hydronéphrose. 
Mais l’urographie intraveineuse a montré un bassi¬ 
net très diminué de volume et refoulé à un niveau 
plus élevé que normalement. Néphrectomie. Guéri¬ 
son. L’auteur rappelle 2 autres cas publiés par lui, 
l’un de grand kyste séreux, l’autre de grand kyste 
hémorragique. 

Rein double avec deux uretères dont l’un 
abouché au vagin. Héminéphrectomie. — M. 
Giuliani. Il s’agissait d’une malade de 62 ans, 
hospitalisée pour pyiirie avec fièvre, souffrant de¬ 
puis 40 ans de la région lombaire gauche. Les deux 
reins cathétérisés donnent une urine normale; 
l’urine recueillie à la .sonde dans la vessie a très 
peu de pus, contrastant avec la purulence de l’urine 
émise spontanément. L’appareil génital est indemne, 
malgré des perles vaginales purulentes. Ce n’est 
qu’après un mois de fièvre qu’on découvre sur la 
paroi vaginale antérieure un pertuis conduisant 
dans un conduit profond qui contient un liquide 
purulent contenant de l’urée. Une radiographie 
avec substance opaque montre qu’il s’agit d’un 
énorme uretère. La lombotomie pratiquée montre 
un rein double avec grosse pyonéphrose de l’un; 
l’autre paraissant sain. Héminéphrectomie. Mort 
de broncho-pneumonie. L’auteur a opéré avec 
succès un autre cas identique mais dans lequel 
rabouchement anormal de rurctèro se faisait dans 
l’iirèlrc. 

Cancer du rein. — M. Giuliani présente l'ob¬ 
servation et la pièce opératoire d’un cancer du rein 
enlevé chez un homme de 39 ans, qui n’avait 
d’autres troubles que des hématuries totales depuis 
un an. La pyélographie ascendante a permis de 
préciser le diagnostic. Néphrectomie. Au point de 
vue histologique, il s’agit d’un épithélioma à cel¬ 
lules claires. 

Optique rétrograde du type Mac Carthy pour 
résection endoscopique de la prostate. — 
M. P. Verrière présente deux optiques susceptibles 
d’être adaptés aux résectoscopes de type américain, 
muni de tubulures pour lavage continu. L’auteur 
insiste sur les possibilités d’exploration et de limi¬ 
tation du terrain opératoire qu’ils donnent par 
leur champ beaucoup plus grand que celui du fore 
oblique habituellement utilisé. Leur utilité est 
constante pendant toute l’intervention pour ne pas 
s’égarer et leur emploi paraît presque indispen¬ 
sable pour réséquer tout ce qu’il faut et rien que 
ce qu’il faut. 

H. Gavailbbb. 




N” 3 


11 Janvier 1939 


NOTES 

DE MÉDECINE PRATIQUE 

FUBUIÉES PAR UES SOINS DE A. RAVINA 


La Ménopause 
et son traitement hormonal 


La ménopause spontanée, « élape i^liysio- 
logique de la vie gcnilale féminine, n'csl pas 
uniquement constituée par l'arrél des menstrua¬ 
tions » (Guy Laroche). Elle est la résultante 
d’un complexe endocrino-sympalliiquo où l’in- 
sulüsance ovarienne semble loin d’être seule en 
cause et dont les manifestations vont pouvoir 
revêtir les aspects les plus polymorpties. 

Rappel cuniqle. — Progressive dans son ins¬ 
tallation, éphémère dans sa durée, la ménopause 
naturelle dure, en général, deux à cinq ans ; 
puis, les perturbations qu’elle a engendrées 
tendent à s’estomper pour faire place à un état 
d’équilibre nouveau. 

Elle se produit .à un ûge variable selon les 
climats,, les familles et les sujels, parfois préma¬ 
turée (à la suite notamment d’une affection 
pelvienne ou de la multiparité), parfois retardée, 
en moyenne entre 43 et 62 ans. 

Souvent précédée d’irrégularités des règles 
(raccourcissement, allongement ou anarchie du 
cycle) et de métrorragies, elle a pour traduction 
majeure la bouffée do chaleur, vague vaso- 
dilatatrice qui parcourt la femme des pieds ou 
de la poitrine à la tête, et se produit 5, 10, 
20 fois par jour et davantage. 

Lui font habituellement cortège les sueurs, la 
céphalée avec sensation de tête lourde, les ver¬ 
tiges, les bourdonnements d’oreille, les palpita¬ 
tions, divers troubles circulatoires des extré¬ 
mités. La tachycardie est très communément 
observée, coïncidant avec une élévation sympa- 
Ihicotonique de la pression maxima, qui se 
greffe éventuellement sur une hypertension 
antérieure ou incipiens, et favorise les spasmes 
vasculaires. 

Est-il besoin do rappeler l'état nerveux parti¬ 
culier de l’Age critique, l’hyperémotivité, la 
tendance asthénique cl dépressive, les insom¬ 
nies, sans parler des véritables névroses h la 
genèse desquelles l’élément psychologique n’est 
sans doute pas entièrement étranger? 

Il faut compter aussi avec les troubles locaux, 
prurit périnéal et surtout kraurosis vulme, ca¬ 
ractérisé par une atrophie, puis une kératinisa¬ 
tion de la muqueuse génitale. 

Parmi les manifestations nutritives et tro¬ 
phiques qui s’installent volontiers dans les alen¬ 
tours de la ménopause, les unes —telles la mala¬ 
die hypertensive, la lithiase, le diabète — parais¬ 
sent sans relation directe avec elle, tandis que 
d’autres, notamment certaines adiposités, cer¬ 
taines lipo-arlhrites (Weisscnbach et Françon), 
certaines cellulites, posent d’une façon plus.pres¬ 
sante le problème d’une corrélation pathogé¬ 
nique. 

Enfin, on observe parfois des modifications 
morphologiques (obésité pléthorique, altérations 
de la voix et du système pileux, déformations 
des extrémités...) sur le mécanisme desquelles 
nous aurons l'or’ca'sîon de revenir. 


SuusTUATüM eiiïsiOLOGiQüE. — 11 cst classiquc, 
avec Zondek, de distinguer trois phases succes¬ 
sives dans l’évolution biologique de la méno¬ 
pause spontanée : 1“ Line première phase d’hy¬ 
perfolliculinie qui se traduit éventuellement par 
des hémorragies symptomatiques d’une sécrétion 
ovarienne irrégulière et paroxystique ; 2" Une 
deuxième phase marquée par l’épuisement phy¬ 
siologique de la glande génitale ; 3“ Une troi¬ 
sième phase enfin d’hypcrprolanurie liée à 
1 ’hyperhypophysic réactionnelle. 

Il convient d’insister, en raison des déductions 
pratiques qui en découleront, sur l’importance 
de cette dernière phase. En effet, l’hypcrhypo- 
pliysie réactionnelle ne porte pas toujours uni¬ 
quement sur la gonado-stimulinc. Les autres 
endocrlnostimulines peuvent participer au pro¬ 
cessus. C’est ce qui expliquerait l’habitus hyper- 
thyroïdien de certaines ménopausiques dont les 
troubles neuro-vasculaires s’apparentent A ceux 
de la série hasedowienne — d’où l’inopportu¬ 
nité 'd’associer, comme on le fait trop souvent, 
un peu d’extrait thyroi’dien aux cachets d’ovaire 
total. De même, c’est l’hypersécrétion de surré¬ 
nale - stimuline qui conférerait .4 certaines 
femmes ayant passé la ménopause un aspect 
plus ou moins franchement masculin. 

Plus rarement, en raison do prédispositions 
individuelles (G. Laroche) ou d’un épuisement 
de CCS glandes sollicitées è l’excès, on voit le 
retentissement endocrinien se faire dans le sens 
d’un hypofonctionnement (hypothyroïdie, asthé¬ 
nie et hypotension par insuffisance surrénale). 

Débordant le cadre des endocrinostimulines, 
l’hyperhypophysie pourra intéresser l’hormone 
somalotrope. 

Dans certains cas, exceptionnels A vrai dire 
mais riches do signification pathogéniciuc, on 
voit les symptômes se grouper en des tableaux 
bien définis rappelant celui de la maladie de 
Cushing, celui de l’acromégalie, ou bien réaliser 
une combinaison de ces deux syndromes où 
rhyperbasophilisme et rhypcréosiiiojihilisine se 
trouvent associés. C’est ainsi qu’hyperieiision 
pléthorique, obésité à tendance bydroliponia- 
tcuse et A topographie tronculaire, altération de 
la voix et du système pileux, hypertrophie du 
nez et des lèvres, des mains et des pieds, se peu¬ 
vent conjointement observer, comme nous y 
avons personnellement insisté. 

Il 

La ménopause artificielle, provoquée par 
la radiothérapie ou l’ablation sanglante des deux 
ovaires, se caractérise par une brutale suppres¬ 
sion des fonctions génitales et un déséquilibre 
subit du système endocrino-sympathique. Par¬ 
fois cependant elle est bien supportée, et une 
longue période de latence sépare l’acte chirurgi¬ 
cal de l’apparition des premiers troubles fonc¬ 
tionnels. Parfois aussi, l’évolution se fait en 
deux temps : une ménopause initiale succède A 
l’opération, et, de nombreuses années plus tard, 
vers 45 ans, s’installe toute une série de trçublcs 
caractéristiques du » retour d’Age « ; c’est la 
preuve que la mort des ovaires n’est pas seule 
en cause dans le déclenchement du rximplexe 
ménopausique. 

Du point de vue biologique, la ménopause 
artificiellb se .sépare de la ménopause naturelle 


par l’absence de la première phase hyperfollicu- 
liniquo de Zondek. Elle s’en distingue aussi par 
la fréquence avec laquelle une sécrétion relati¬ 
vement abondante de folliculine survit A la sup¬ 
pression des règles. C’est là un fait curieux, 
quelque peu paradoxal, et qui plaide en faveur 
de la thèse de J. Séguy sur lu non-spécificité 
hormonale de la folliculine. Il n’est pas rare en 
effet de trouver dans les urines des femmes 
castrées plus de 20 U.R. de corps œstrogènes 
(dans 28 pour 100 des cas, selon G. Laroche, 
Simonnet et Huet), parfois 50, 100 U.R., et plus ; 
dans le sang, G. Laroche a souvent décelé jus¬ 
qu’à 20 U.R. de ces mômes corps. 

Ayant observé nous-mûme semblables folli- 
culinuries, nous les avons rapprochées des pous¬ 
sées pseudo-menstruelles expressément notées 
par de nombreuses femmes castrées, et aussi 
par certaines femmes parvenues au décours de 
la ménopause spontanée. Ces poussées, qui sur¬ 
viennent régulièrement chaque mois à une date 
A peu près fixe, se traduisent par une recrudes¬ 
cence du nervosisme, des bouffées de chaleur et 
des palpitations, quelquefois môme par une sen¬ 
sation de gonflement mammaire et une pesan¬ 
teur lombo-pelvienne, identiques à celles qui 
stigmatisent si communément, durant l’activité 
génitale, chaque période prérnenstruellc. 

III 

Ces considérations cliniques et physiologiques 
vont présider à l’instauration d’une thérapeuti¬ 
que rationnelle de la ménopause, ayant pour 
base les principes suivants : 

1" Toute carence folliculinique peut faire dé¬ 
faut malgré la suppression des ovaires; et. l’on 
ne saurait mettre systématiquement sur son 
compte un ensemble de troubles qui coïncident 
souvent avec la persistance d’une importante 
sécrétion de folliculine, pour s’atténuer en géné¬ 
ral lorsque diminuera la folliculinurie (Zondek). 
Ainsi la folliculinothérapie substitutive no sera 
ni toujours nécessaire, ni toujours suffisante ; 
elle sera même parfois franchement néfaste. 

2" L’hypcrprolanuric signe une réaction hyper- 
h.ypophysalrc vraisemblablement responsable 
d une grande partie des manifestations de la mé¬ 
nopause, soit directement, soit indirectement 
(G. Laroche pense avec Maranon que les troubles 
vaso-moteurs sont liés à des poussées d’hyper- 
adrénalinémie secondaires A l’hypcrhypophysie). 
Et d’ailleurs, encore qu’il n’y ait pas de paral¬ 
lélisme absolu entre troubles fonctionnels et si¬ 
gnes biologiques, ceux-lA s’améliorent à mesure 
que s’abaissent les éliminations de prolan. Ainsi 
s’imposeront, dans maintes circonstances, des 
meures hypophyso-fre-natrices. 

3“ L’on ne connaît aucune suppléance à la 
fonction du corps jaune de l’ovaire ; il est donc- 
logique de supposer que toute femme méno¬ 
pausée est en état de carence lutéinique, et que 
la lutéinothérapic trouvera A la ménopause do 
frétiuenles indications. 

IV 

TnÉRAPEUTIQ-UES HOnMONALES DE LA MÉNOPAUSE. 

— Deux points paraissent acquis : 

.\. Lorsque la suppression do la fonction ova- 
rionno n’onlraîne pas de troubles appréciables, 






52 


LA PRESSE MEDICALE» Mercredi, 11 Janvier 1939 


N” 3 


l’abstention thérapeutique est de mise, comme 
le conseille judicieusement Guy Laroche. 

B. Les manifestations de la prétnénopausc, 
qui semblent liées à des vagues d’hyperfollicu¬ 
linie, contre-indiquent l’emploi de la follicu¬ 
line — a fortiori s’il existe des hémorragies géni¬ 
tales —, et commandent la mise en œuvre 
d'une des deux thérapeutiques suivantes : 

a) Injections quotidiennes de Prolan ü prédo¬ 
minance B (effet lutéinisant) les cinq ou six 
jours précédant les règles, et éventuellement les 
premier et deuxième jours de celles-ci ; 

b) Ou mieux, injections de lutéine : 9 à 
12 injections de 1/6 de milligramme chacune, 
étagées sur la seconde quinzaine du cycle ; en 
cas d’hémorragies profuses, on portera la dose 
totale à 10 ou 20 mg. et plus, en faisant appel 
alors aux préparations synthétiques de lutéine, 
dont la teneur hormonale est beaucoup plus 
forte. 


En ce qui concerne les troubles de la méno¬ 
pause « installée », la ligne de conduite est 
infiniment plus délicate à codifier. 

n est vraisemblable qu’un jour prochain, les 
dosages de folliculine et de prolan, entrés dans 
la pratique courante, permettront de préciser la 
silhouette biologique de chaque cas particulier ; 
mais, actuellement, force nous est encore de pro¬ 
céder d’une façon quelque peu empirique, 
appuyée sur des analogies, des hypothèses et 
des tâtonnements. 

OpoTuÉRAPrE suBSTiTUTrve. — 1° Les cachets 
d’ovaire total, le plus souvent insuffisants pour 
ne pas dire inefficaces, môme lorsqu’on les 
administre à la dose de 1 g. 50 à 2 g. par jour, 
comptent cependant à leur actif quelques amé¬ 
liorations obtenues à peu de frais et sans risques 
d’intolérance ni d’aggravation. 

2“ La découverte de la folliculine, son extrac¬ 
tion facile des urines, sa commercialisation sur 
une large échelle, ont conduit les praticiens à la 
prescrire avec un enthousiasme abusif. La dihy- 
drofolliculinc représente pour le médecin d’au¬ 
jourd’hui le grand médicament classique do la 
ménopause ; il possède effectivement l’avantage 
d’étre la seule des honnones hypophysaires et 
génitales â pouvoir être utilement donnée par 
1 1 voie buccale. Guy Laroche, Bompart et 
M”” Hirsch, qui l’emploient presque ft tout coup, 
préconisent des doses très importantes (2 ,'i 
10 mg. par moisi, supraphysiologiques, dont le 
mode d’action ne saurait être considéré comme 
purement substitutif, et sera discuté plus loin. 
Mais, môme administrée â dos doses « nor¬ 
males », c’est-à-dire voisines de I m;/. par cure 
mensuelle (Rappelons que L gouttes dos prépa¬ 
rations habituelles représentent 1/10 do milli¬ 
gramme, et que les ampoules d’un usage cou¬ 
rant titrent 1.000 unités = 1/10 de milli¬ 
gramme), la folliculine efface souvent « cet 
aspect de vieillissement anticipé caractéristique 
de la ménopause ; la peau, pâle et flétrie, re¬ 
prend une coloration fraîche et rosée ; le regard 
est plus vif ; les femmes se sentent rajeunies. 
Localement, aux voies génit.ales, disparaissent 
le prurit vulvaire avec atrophie de la muqueuse 
et la leucnplasie simple » (G. Laroche). Plus te¬ 
naces, les lésions kraurosiques, qui nécessitent 


une posologie plus élevée, constituent le triom¬ 
phe do la follieulinothérapie (Proust, Moricard 
et Palmer), à laquelle aucun autre traitement 
ne peut ôtro substitué. 

Contre-indiquent pour nous l’usage de la fol¬ 
liculine ; 

a) La constatation d’une folliculinurie impor¬ 
tante et persistante ; 

b) L’existence de poussées congestives pseudo- 
•mcnstruelles avec gonflement des seins et pe¬ 
santeur lombo-pelvienne, qu’exagère presque à 
coup sûr l’administration de cette hormone ; 

c) Une mauvaise tolérance du produit, et 
l’aggravation sous son influence des troubles 
antérieurement constatés, éventualité non excep¬ 
tionnelle et que G. Laroche interprète comme 
une excitation de l’hypophyse par les petites 
doses de folliculine. 

3“ De ces contre-indications, découlent les 
indications de la lutéinolhérapie. Nous l’em¬ 
ployons depuis plusieurs années dans les circons¬ 
tances ci-dessus mentionnées, et avec des succès 
particulièrement remarquîfbles lorsque les trou¬ 
bles fonctionnels do la ménopause tendent à se 
grouper autour d’une date fixe dans le mois, 
cas où, nous l’avons dit, la folliculine est sou¬ 
vent mal tolérée ou même franchement nocive. 
La posologie de la lutéinolhérapie substitutive 
o.sl la suivante : 12 à 15 ampoules par mois dosées 
à 1/6 do milligramme chacune (3 par semaine 
ou 1 tous les doux jours), ou bien 2 à 4 injec- 
lions d’un produit synthétique contenant 1/2 ou 
2 mg. par ampoule (donc séries de 2 à 6 mp. au 
total). 

OpOTnÉRAPIE HYPOPHySO-I'-REmATRICE. — Elle 
s’impose d’emblée chaque fois que le tableau 
clinique évoque l’hyperfonctiohnemcnt hypo- 
])hysairo (formes acromégaloïde et cushingo'ide 
de la ménopause, dont nous avons plus haut 
donné la description sommaire). Elle mérite 
d’être conseillée, en dehors de ces conditions, 
lorscpie les opothérapies substitutives se sont 
montrées inopérantes. 

A. t.a follieulinothérapie massive réalise jnes- 
que immanquablement le blocage de l’hypo¬ 
physe (Costa et Cantilo n'ont-ils pas observé 
chez une femme enceinte la négativation de la 
réaction de Friedman <à la suite de 5 injections 
de 5 mg. de folliculine?). Elle représente la plus 
fidèle, la plus énergique et la plus facile à ma¬ 
nier des thérapies hypophyso-frcinatriccs ; elle 
nous a fourni — à la dose de 2 à 4 injections par 
mois de 5 nip. chacune du benzoate de dihydro- 
folliculine — d’éclatantes améliorations dans les 
hypcrhypopbysies post-ménopausiques. Guy La¬ 
roche, qui administre volontiers à la plupart des 
ménopausées 2 à 10 mg. de ce produit par mois, 
considère d’ailleurs la baisse de la prolanurie 
comme le meilleur témoin de son efficacité. 

B. Cependant lorsqu’une forte folliculinurie 
accompagne l’hyperprolanurie, lorsque chaque 
injection de folliculine est suivie d’une recru¬ 
descence passagère du nervosisme et des bouf¬ 
fées de chaleur, d’une poussée congestive mam¬ 
maire ou pelvienne, nous préféfons faire appel 
à la lutéinothérapie massive (2 à 4 injections par 
mois de 5 mg. chacune. 

Los injections fortes et prolongées de follicu¬ 
line auraient également l’inconvénient de pré¬ 
disposer à la transformation pré-épithélioma- 
teusc de la muqueuse du col utérin (Cesa), que 


paraissent susceptibles de faire régresser les 
extraits de corps jaune ; de sorte qu’il est pru¬ 
dent de faire suivre chaque cure de folliculine 
supérieure à 2 mg. d’une cure de 1 à 2.mg. de 
lutéine. 

G. De même que les hormones féminines, 
y hormone mâle, injectée à doses suffisantes 
(supérieures à 100 mg. par mois), est douée d’un 
pouvoir hypophyso-freinaleur dont Mocquot et 
Moricard ont pu enregistrer les bons effets ; tou¬ 
tefois la constatation éventuelle de signes de 
masculinisme (modifications de la voix, du carac¬ 
tère, de la musculature et du système pileux) en 
limite le champ d’action. 

D. Enfin, on ne saurait passer sous silence — 
encore qu’il ne s’agisse pas à proprement parler 
d’une thérapeutique hormonale — la radiothé¬ 
rapie hypophysaire, agent modérateur de l’hy- 
perhypophysie post-ménopausique. 

GmBERT-DRE YFUS, 


Llpo-atrophie après cure insullnique 


Comme accident consécutif aux injections 
sous-cutanées d’insuline on note parfois des 
lipodystrophies, caractérisées par des dépressions 
aux points d’injection sans altération de la 
peau, dues à une disparition du tissu cellulo- 
graisseux comme si l'insuline avait amené la 
digestion de la graisse. 

Signalées par Marcel Labbé, étudiées par Gel- 
Icrslcch qui en a réuni 47 cas : 19 enfants, 
25 femmes, 3 hommes, ces lipodystrophies ont 



Lipo-alrophie localisée de la cuisse. 
Affaisscmenls du capitonnage graisseux sous-outané chez 
une femme de 34 ans üailée depuis 4 ans par 
l’insuline. (Anselme Léger.) 

tait l’objet d’un article du professeur Anselme 
Léger (Montréal) dans l’Union Médicale du Ca¬ 
nada, .Janvier 1938, n“ 1, qui en a observé un 
cas chez une femme de 34 ans traitée depuis 
(jualre ans par l’insuline. Avec Marcel Labbé, 
Anselme Léger insiste, pour éviter de pareils 
accidpnts, sur la nécessité de changer souvent 
les points d’injection ; on pourra passer, des 
membres supérieurs à divers niveaux, aux 
membres inférieurs, à la paroi abdominale, aux 
flancs, pour revenir ensuite au début du cycle. 

P. D. 


N" 3 


1 1 Janvier 1939 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS lŒ! INFORMATIONS 


L’activité du Foréami 

(Fonds Reine-Elisabeth) 

au Congo belge 

COPIiOPHACIE — KO.\ZO — KIBEAIGl 


Au Congo Bdge, le Fonds k Reinc-Flisabotli », 
pour russislancc niodiculo aux indigènes, ou 
i< Foréami », s'esl fixé pour bul ia reeiien-iie 
s}sléniaii(iue cl le Irailenicnl de tous les cas de 
maladies endémo-épidémitiues cxislanl dans la 
région dont la surveillance niédico-sanilaire lui 
esl conliée. 

Le dislricl du Kwango a élé |)arUculièromenl 
étudié ces temps derniers par les médecins du 
loréami. Ses populations ont l'ail l’objet {l’un 
recensement médical mélliodiquc et d’un inté- 
ressaul invenlaire nosologique. 

tic iKiys, situé au sud du ti" parallèle sud, esl 
ro'-mé de vastes plateaux recouverts de savane 
herbeuse, coupés de quelipies galeries fores¬ 
tières. Son altitude varie entre 800 cl 1.200 m. 
et les cluiles de pluies y sont de l.COO à 

1.800 7nfn. 

Sa populalinn liés i-lairsemée subit parfois de 
graves diseltes. Ce fut le cas en lO.'lG, année 
qui vit cette région sous un sévère déséquilibre 
démographique. 

Les frihus qui occupent le pays sont les 
Bayaka dans le cercle de Lukurii, les Basuku et 
les Balunda dans le cercle de Feschi, les Badjoko 
et les Balunda dans le cercle du Kahoniba. 

L’alimentation de ces indigènes était hien peu 
compliquée avant l'occupation belge. On deman¬ 
dait ü la forêt, à la savane, au tleuve, ce qu’ils 
pouvaient donner : Igname et grande arachide, 
canne ’i sucre, huile des palmiers, chasse, pê¬ 
che. produils de piégeages ou de récolles saison¬ 
nières, telles que rats, écureuils, saulerelles, 
giillons, lermiles, chenilles, larves diverses, 
huîtres, enfin ce grand animaleur des lamtams 
.à longueur de nuits, le vin de palme. 

Puis furent introduils le manioc (qui, au- 
ji.urd’hui, forme la hase des repas avec .sa farine 
mile, ou hikii'), les haricots, la patate douce, le 
millet, le sésame, la courge, la banane. Il sem- 
b'e que de nombreux animaux domestiques 
aient autrefois existé dans ce pays, ainsi que Ta 
rapporté le R.-P. de Pierponl, et qu’un tel état 
de choses ne se soit en rien oppo.sé îi l’anlhro- 
]iophagic d’alors puisque, d’après Cavazzi (1687), 
les .Tagas a étaient réputés les pires cannibales 
d. l’Afrique »' et que la charge des porteurs 
était d’environ 60 kg., ce qui permet de suppo¬ 
ser que, soumise régulièrement è une alimenta¬ 
tion largement carnée, la race était, îi celte épo¬ 
que, très résistante. 

Cela m’est une occasion de rappeler que, dans 
notre .A. F. F., j’avais, il y a quelques années, 
- projet laissé sans suite comme bien d’au- 


I. I,,-. (lommentalion de cet arlicle a ^lé puisée (Fins 
l'éliiilc (lu Dr G. Trolli. méili'rin en chef honoraire fl\i 
Conno Ri lfre. (lircrleiir du Fon'nmi : tîé.si/mé ries ohser- 
rations rrinnies on Ftrnnfio. ,\nnées 10116-10(17 (Bruxel¬ 
les, Imprimerie des T. P.). 


Ires. — proiiosé d’enrichir assez facilement en 
bonne viande de boucherie les pauvres marchés 
du Moyen-Congo, colonie où, par la gnlce des 
Isélsés, les bovidés sont rarissimes. Bu Tchad 
.'i Baiigui, les troupeaux eussent élé amenés en 
petites étapes par des « routes-du-bélail », 
gîtant dans des espaces enfumés et défilant, 
axant de poursuivre leur acheminomenl, (hms 
des « dippings » (bains, en fosses cimentées à 
pentes douces, créant une imprégnation aroma¬ 
tique du poil, conlre la piqûre des Isélsés). F.n 
Uhodésie — je l’avais alors mentionné dans ce 
rapport — le cUppincj est largement employé 
contre les piroplasmoses (Caille clenning Orrli- 
iiaiice). De Bangui .à Brazzaville, sur les cours 
d.' rOubangui et du Congo, le liamsferl de celle 
viande sur pied eût élé fait à bord de chalands 
grillagés. Ft l’opération aurait (c payé » son 
oiganisaleur (adminislralion, intendance ou 
entreprise privée), vu le faible prix d’achat d’un 
bovidé au Tchad et son très haut prix de revenle 
au Moyen-Congo, prix connu puisqu’on y 
achèle aujourd’hui très cher des bn?nfs de l’An¬ 
gola. 

Tue telle organisation revigorerail sans doute, 
è. la longue, les chétives poiiulalions Batékés du 
Moyen-Congo français et serait un excellent fac¬ 
teur de repopulalion. Mais revenoTis au Foréami. 

Une autre coutume, très curieuse, esl rappor¬ 
tée par M. Mercken. Elle a trait aux Basukus cl 
aux Balundas du territoire de Fcschi cl me rap¬ 
pelle les festins pantagruéliques que j’ai vus 
dévorer au Tchad, précédés souvent de ce « hors- 
d’œuvre » : palpitante encore, la grande anti¬ 
lope qui vient de tomber sous une balle esl 
évcnlrée d’un large coup do couteau ; l’estomac 
e^l ouvert ; pistours et porteurs, en un geste de 
curée, plongent leurs mains noires dans ce 
chaud cloaque, ramènent des poignées d’herbes 
njacérées, s’en emplissent la bouche, en expri¬ 
ment le suc gastrique qu’ils avalent, et rojellenl 
celle chique innommable Mais sachez que les 
-gens du Feschi vont plus loin cl s’adonnent 
joyeusement îi la coprophagie. Tout compte fait, 
n’en soyons pas trop horrifiés. Nous mon Irons 
aussi de ces goûls-lîi, puisque les « honneurs », 
oui accompagnent les bécasses sur certaines 
bibles, Tie sont autre chose que des larlines (on 
dit canapés) du contenu abdominal autodigéré. 

« L’on sait qu’un peu partout, les indigènes 
aiment îi manger Teslomac et son contenu, mais 
non eelui de l’inleslin. Or, voici ce que nous ap¬ 
prenons : Les animaux tués à la chasse sont 
ouverts et tout Finleslin, estomac, compris (Uin- 
qiqa) esl enlevé et son contenu (huliipi) recueilli 
dans un récipient. Celle boue est rendue plus 
liqinde en y ajoutant de l’eau. Le tout est passé 
par une couche d’herbe servant de tamis. La par¬ 
tie solide qui .'e dépose au-dessus est pressée avec 
les mains cl jetée ensuite aux ordures. La bouillie 
provenant de la filtralion est placée dans un réci¬ 
pient. on y ajoute le foie, les poumons, et autres 
morceaux de viande de l’animal Dié. ainsi que des 
épices indigènes d’après le goût de chacun. Le; 
tout est bouilli. Les habitants de cette région raf¬ 
folent de ce plat « délicieux ». 


?. Pur cc point, on peut rappeler <|ne la Ihérapeii- 
liipie moderne, utilise avpc succès .le .suc gastrique de 
porc dans te Irailemenl des troubles gastriques. 


Pour le rendre encore plus appétissant, au lieu 
de viande, fraîche, on y ajoute de la viande eu 
état de putréfaction, quelquefois très avancci;. 

Les animaux domestiques, chèvres, moulons, 
porcs, ne sont pas employés à cette préparation, 
parce qu’ils se nourrissent d’excréments humains. 
D<-. même pour l’éléphant, le cochon sauvage, le 
léopard, l’hipopotame et certains oiseaux, à cause 
de leur odeur et de leur amertume. La préférence 
des indigènes va aux antilopes, biiflle.s, rats do 
brousse, singes, fonriuilicrs, etc. 

La coprophagie n’est pas l’effet d’une péiinrie 
de vivres, mais consiiliie une habitude pratiquée 
eu raison du goût spécial et du parfum que la 
viande acquiert par celle préparation. 

Les Basuku, les Bamhala cl les Babia einploienl 
indistinctement cc genre de plat dont ils sont très 
friands. 11 paraît que les Bapendé éprouvent les 

D’autre part, le D'' .Mercken signale la coutume 
déplorable consistant à donner de la nourriture à 
l’enfant, dès sa naissance. Dès qu’il commence à 
crier ou à pleurer, on en déduit qu’il a faim et 
on lui prépare une espèce de bouillie faite avec de 
la farine de manioc, de l’eau et du sel, qu’on lui 
fait avaler de force, et ce. tous les jours qui sui¬ 
vent. .\ trois mois, on introduit ih; force, dans la 
gorge du petit, le luUu ainsi que de la viande, 
toujours pourrie et même sous la forme décrite 
précédemment. C’est pourquoi la mortalité parmi 
les nourrissons est effrayante, par suite de gastro- 
entérite et empoisonnement ploma’i'nicjue, notam¬ 
ment xers la lin de la .saison sèche quand la clia.s.sc 
bat son idein. Fn outre, la malpropreté est élevée 
à la hauteur d’une institution ; pour être bi'au, il 
faut être sale. » 

Tout à l’heure, j’ai évoqué les honneurs, 
aulodigérés, dont on entoure en Europe de 
somptueux gibiers. S’il se rencontrait par 
hasard un défenseur de l’élrange lunginga- 
bulupi, dont recette ci-dessus, il no manquerait 
pas de me faire remarquer que ce mélange de 
viandes pourries, de bacilles divers cl de plo- 
nia’incs est toujours bouilli. .le lui répondrais 
alors par la phrase-lic qu’à la villa Saïd on 
entendait si souvent tomber dos lèvres d’Anatole 
France ; » Oui sans doute, n’csl-co pasTout de 
même ! » 

Ft les Icclcurs de La Presse Médicale se ren¬ 
dent ainsi bien compte qu’une forle inorlalilé 
iiifanlilo, comme colle que je signalais dans 
mon article du 16 Juillet dernier, n’est pas le 
triste cl exclusif privilège dos colonies fran- 


Maladie épidémique qui apparaît généralement 
an début do la saison dos pluies, le « Kongo » 
c.U une affection à allure spasmodique qui laisse 
derrière elle de navrantes séquelles. Cc sont les 
enfants au-dessous de 10 ans qui en sont parti¬ 
culièrement alleinls, mais les adultes ne sont 
pas épargnés. C’est une paraplégie souvent 
flasque au début, complétée par des séquelles 
spasmodiques. Ce déchet est lamentable ; enfants 
sî traînant devant leurs cases, marchant sur 
leurs membres supérieurs en traînant leurs 
jambes paralysées. 

Parfois, celle affection prend le type familial, 
congénital même : 

« La famille du nomrné KumbxxMndala comprend 
5 fils de 16 ans à 3 ans; les 4 plus Agés sont 






54 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, II Janvier 1939 


N“ 3 


alldnls (3 -un;ui.s ul i lillc) ; lo moins àyô (lilkO 

{,oii-i;(m lie lô ans, i-lioz Irqiicl la maladie est plus 
grave que chez les autres, est améliqne à gauche; 
absence comi)lète des métacarpes et des doigts; 
les bouts de ces derniers, à peine ébauchés, 
comme en miniature, sont rattachés au pouls. 

Dans le même village, un enfant, garçon de 
3 ans, du nommé Mayanda, ne marche pas en¬ 
core. I.a famille du nommé Mualjimpa comprend 
li enfants, 2 de la première femme; -1 sont atteints 
dv la maladie. Le plus grave, paraplégique, un gar¬ 
çon de 10 ans, vient de mourir (néphrite .^). .\ssez 
souvent, suivant les délarations des intéressés, la 
maladie serait eongénitalc. » 

Celle maladie débute jjar des douleurs, des 
fourmillements, des paresthésies dos membres 
inférieurs et de la région lombaire. En (,uelques 
heures, celte symplomalologio peut aboutir à la 
paralysie. Comme il a été dit déjà, celle-ci est 
flasque, parfois d’emblée spasmodique cepen¬ 
dant, s'accompagnant d'amyotrophie. Les lé¬ 
sions sont symétriques avec, souvent, des trou¬ 
bles de l'élocution, de la vision, do la i)hona- 
tion et du psychisme. 

La durée de révolution est imprécise. Lue 
progression très lente s’observe plus souvent 
qu’une emprise galopante. Les .séiiuelles sont de 
règle, fréquentes et tenaces, les cas morlels 
exceptionnels. Mais, on lo conçoit, la vie fonc¬ 
tionnelle du sujet est gravement compromise. 

L’examen du liquide céphalo-rachidien ne 
permet pas do conclusion ferme. Sur 1-1 jionc- 
tions londtaires, Mercken trouve 2 liquides 
céphalo-rachidiens normaux, 2 entre n et 10 lym- 
idiocyles, 1 en a plus de 100. Vu le caractère épi¬ 
démique, la brusquerie de l’invasion, les symp¬ 
tômes paralytiques et les séquelles, cet autour 
conclut à une forme parnph'gique de In pnlio- 
myélile à allure aiguë. 

Examinée par >.r. Ludo Van lîogaert, la moelle 
d’un cas (qui fut' mortel en cinq jours) doiine 
un résultat histo-pathologique négatif ; « .Nulle 
pari, de l’écorce cérébrale à la moelle lombaire, 
on ne trouve d’indice d’une infection inflamma¬ 
toire ou dégénérative du névraxe. « Selon lui, le 
diagnostic de ])oliomyélile aiguë iloil être 
écarté, car « les jtréparations ne montrent au¬ 
cune altération typique des cornes antérieures. 
Cn peut observer çà et là une très discrète 
margination des noyaux des cellules des cornes 
antérieures, mais les blocs de chromatine sont 
inlacls. Les vaisseaux ne montrent aucune alté¬ 
ration, il n’y a aucune gliose cellulaire, ni dif¬ 
fuse. » 

Les interprétations, rapportées par M. Trolli, 

Certains éléments cliniques de celle para¬ 
plégie spasmodique (réflexes rotuliens -f, ré¬ 
flexes abdominaux — dans quelques cas, Ha- 
binski -h) permettraient peut-être de faire entrer 
celle maladie dans le cadre de la poliomyélite 
aiguë, au moins théoriquement (discussion sur 
la signirication d’un vrai syndrome pyramidaD. 

Van Kiss et Eenyes défendent l’hypothèse de 
l’assimilation à la maladie de Heine-Medin, avec 
les caractères spéciaux d’une atteinte pyramidale 
bilatérale et symétrique. A l’encontre do cela, il 
est avéré que, dans la maladie de Heine-Medin, 
il n’y a pas eu, jusqu’ici, de forme corticale 
pure constatée et qu’on trouve régulièrement 
des lésions cérébrales dans la frontale ascendanle 
accompagnées d’autres lésions médullo-bul- 
baires. Au Kwango, cette étude anatomo-patho¬ 
logique devra être poursuivie, complétée. 

Cette paraplégie spastique épidémique frappa 
dans le sous-secteur de Kahemha 146 indigènes 
en 1936 et 140 en 1937. Dans le cercle de Feschi, 
reprise au milieu de 1937 (Août) avec un tableau 
final de 413 cas. Le caractère endémique est net: 


M Tessilore a examiné des cas (jii’oii lui a dil 
avoir débuté il y a treille ou quarante ans et 
qui ont laissé des invalides dans lu proportion 
(b üO pour 100. Sur une population examinée 
de 17.475 individus, Marsan a recensé 45 hommes 
.ilteints (dont 35 cas anciens), 65 femmes (dont 
4S cas anciens), 160 enfants (dont 56 cas anciens), 
soit un pourcenlage général de 1,55 vivants. Sur 
l.’Jl mnladi's, à Feschi, Mercken a dénombré 
5’i garçons. 59 lilles et 15 adultes. 

Quant à l’étiologie, elle reste pour lo présent 
aussi obscure que l'anatomo-pathologie. 

11 y a lo ccMé folklorique. Dieu envoie cette 
maladie ou. si ce n’est lui, ce sera le « n'dnki >i 
d’un enni'ini. .Marsan relate une curieuse 
croyance locale sur cette Jiialadie. Le féticheur 
prépare l’amulette qin permettra au chasseur 
d’attraper, par les jiatles, le gibier dans scs 
pièges. C’est une. poudre rlonl on fait des pa¬ 
quets qui seront consignés à chaque chasseur 
et conservés scrupuleusement dans leurs mai¬ 
sons. Si un de ces chasseurs meurt, le fétiche 
ne sera jias employé par ses enfants ; ceux-ci 
seront les candidats au knnzo : ils aurani les 
jiunbes serrées s’ils sont parjures. 

Tessilori' pense à une forme atténuée du virus 
de la fièvre récurrente ou à la névro-intoxication 
par l’aidcylostomiase. Georgiades envisage une 
espèce do lathyrisme qui serait duo, en parti¬ 
culier, à un tubercule comestible sauvage, le 
d(mdji : il signale aussi le rôle du manioc insuf¬ 
fisamment roui. c’est-à-dire inroinplèternent 
débarrassé de son acide cyanhydrique. On a 
songé encore au sel de cuisine, très impur, 
employé dans ces régions, poudre comph'xe et 
noiriltrc, à effets sternulaloires, provenant de 
l’Angola. 

r.’hypolhèse do maladie de carence a été aussi 
écartée. Il n’y a eu aucun ras de paralysie spa- 
slique pendant l’année de disette (19.36-37). Il 
n’y a pas de plantations de riz dans la région. 
Lorsque le manioc a manqué, des succédanés 
végétaux, fruits et racines sauvages, ont été lar¬ 
gement consommés. Orlovitch a soupçonné, 
mais sans s’y arrêter, l’origine hydrique (les 
points d’eau sont bien protégés et il n’y a 
jamais eu d’incidents gaslro-intestinaux d’ordre 
épidémique) cl le rôle d’insocles piqueurs (mou¬ 
ches, moustiques, punaises). 

Ennu, poursuivant leur oeuvre remarquable 
dans le Kwango, les médecins du Foréami ont 
décrit un syndrome rrdémalcux, culanê et dys- 
el'romiqiie. désigné j.ar les Bapendé, dans la 
région conliguë an territoire de Feschi, sous le 
nom de kihcnqi (de henga, blanchir). 

C’est une affection qui atteint presque uni¬ 
quement les jeunes enfants et les nourrissons. 
Dans un triage, Lamole trouve 4 hommes, 
7" femmes, 262 garçons, 214 fdlos. Symptômes 
principaux : cheveux blancs ou grisAtres, défri¬ 
sés : précédée do siccité do la peau, dépigme.n- 
tation cuinnie : lésions cardiaques (rythme 
fœtal); œdèmes de la face el des membres infé¬ 
rieurs surtout : lymphocyloso et déviation de 
l’image d’Arneth vers la droite. Mort avec hypo- 
systolie, ballonnement du ventre, infiltration 
aqueuse. Evolution : de six à sept mois. Létha- 
lité : de 15 h 25 pour 100. 

La déparasilation intestinale, suivie d’inges¬ 
tions d’huile de foie de morue, de jus de citron, 
de bananes et d’ananas, ont amené des régres¬ 
sions marquées de ce syndrome assez spécial, 
bien repérable dans une collectivité par la 
recherche dos canities. En définitive, il semble 
traduire une carence alimentaire générale, 
quantitative et qualitative, amenant un déséqui¬ 
libre organique qu’aggravent évidemment le 
paludisme et l’ankylostomiase. 


* * 

Le Foréami s’allache aussi, il va sans dire, à 
il surveillance stricte de l’eiulémo-épidémicilé 
(h' la maladie du sommeil, four le district de 
Kwango, il vicnl d’èlre publié par ses soins une 
nouvelle carie monirant l’emprise actuelle de la 
trypanosomiase dans ces zones. .\u nord du 
7" parallèle, et entre les 17" et 18'’, c’est-à-dire 
à la limite des districts du Haul-hwango cl de 
lii Moyenne-Wambu, se trouve l’indice le plus 
élevé de la contamination : 8,17 pour 100. 

■fout comme nous, nos amis Belges ont donc 
à opposer un sérieux el inélhodique barrage à 
la maladie du sommeil. Us s’en oceu|)enl assi¬ 
dûment. 

.Médecin colonel G. Ml haz, 


Correspondance 

A propos 

de la spirochétose ictéro-hémorragique. 

.\ la suite ili's nipporls présentés sur ce sujet 
au X\V" Gougrès français de Médecine (Marseille, 
Noveuilue 1938), .M. R. Cruchet (Bordeaux) a in¬ 
sisté sur les formes nerveuses de celle spiroché.losc 
et rappelé, à ce propos, les cas observés dans son 
service cl publiés voilà un au par MM. Fonlan, 
Dupin et P. Verger et qui se pré.senlèrent sous la 
forme la plus lypique de myélite traiisverse ))ro- 
gressive rapide avec paraplégie llasipie, Iroubles 
sphinelériens, anesthésie totale reinonlant jusipi'à 
l'ombilic, escarre sacrée. Evideiumenl, la présence 
primitive d’ielère ix-nionlant à une. douzaine de 
jours donnait à celle myélile une physionomie 
bien spéciale, surtout quand, au bout de quelques 
jours, l’évolution devint régressive pour aboutir, 
en une semaine, à une réeiqiéralion des mouve¬ 
ments, à une cicalrisalion déjà nelle de l’escarre 
sacrée, à une diininulion rapide de l’anesthésie, 
à l’atlénuation considérable des Iroubles des sphinc¬ 
ters. Moins d’un mois plus lard, la guérison était 
prc~que complète. N’ou.s savons qu’elle a élé depuis 
délhiitive et qu’elle s’est maintenue. 

Certaines formes de myélile basse, d’origine 
enri'phalomyélile épidémique, étudiées par M. Cru- 
chel, avec, Henri Verger, offraient avec ce cas un 
certain air de parenté. Mais leur régression est 
généraleineiil moins rapide et il reste bien souvent 
dos séquelles. Aussi trouvions-nous à ce tableau 
clinique un caractère très particulier qui nous a 
élé finalement révélé, par la détermination, au 
moyen du sérodiagnostic de Pellil, de la spiroché¬ 
tose ictéroliéinorragiquc. 

Gellc forme du type myélilique transverse. que 
l’on doit distinguer de la forme jxiliomyélilique 
(type Ida. Creyx, Tainalel, Labbé-Boulin-Uhry- 
l.dlnian), est extrêmement rare, piii.squ’on n’en 
trouve qu’une autre observation publiée en 1918 
par .\olf el Firkel. 


A propos de l’article 
sur la Faculté de Médecine d’Athènes. 

Par suite d’une erreur typographique, l’article 
sur la Facilité de Médecine d’Athènes, publié dans 
le n" 102. du 21 Décembre 1938, a élé mis sous la 
signature de M. O. f’.oxTiAnès. Il n, en fait, élé 
rédigé par M. X. J. Contiadès, profes.seur agrégé 
à la Faculté do Médecine d'.Athèries, et chirurgien 
cn chef de l’hôpital Zanion. 


Livres Nouveaux 

Le traitement de la soi-disant insuffisance 
hépatique, par M. CniHAV, professeur à la Faculté 
de Médecine, médecin des hôpitaux de Paris. 
1 vol. grand in-8 de 52 p. (Collection ; Les 
Thérapeutiques nouvelles) [J.-B. Baillière et fils, 
éditeurs], Paris, 1938. — Prix : 15 fr. 

Le terme d’insuffisance hépatique, qui prit nais* 



N" 3 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, II Janvier 1939 


same il y a une trciilaine d’années, est employé 
d'iiiie iiiaiiièiv sonveni Irop délinio. Avec l'aulnrité. 
(Jiii s'allaelie à tous s<‘s IniVaux eu palholofiie lic- 
pallipie, ('.tiiray a pensé iiu’il esl iuipossihle denvi- 
sagei' une lliérapeuli(iue d'enseiuble de Ions les 
étals rangés sous le vocable de l'insuflisauee tiépa- 
lique. Aussi s’elTorcc-l-il,, dans ce travail, de dis¬ 
tinguer une série de tyiies dans cette affection, en 
envisageant suecessivenient : la grande insuflisanec 
hépatique par hépatectomie; la grande insuflisancu 
liépaliquc de rielère grave; la petite insufnsance 
hépaliqiie des maladies organiques du foie; l’insuf- 
lisance hépatique en chirurgie; rinsnflisancc hé¬ 
patique et l’hépatisine de Glénard. 

h. Hivkt. 

La blennorragie, méthodes actuelles de dia¬ 
gnostic et de traitement, 2’’ édition, par l’iiinnu 
llAaDCLMON. 1 vol. de 380 p. .. 3 pl. eu cou¬ 

leurs et 73 lig. (Maloiiie), l’aris, 1937. 

Ce volume, d’une très grande iilililé pour les 
spécialistes, témoigne, comme toutes les publica¬ 
tions de llarhellion. d'un excellent esprit scienliriquc 
et il en est grand besoin vis-à-vis d’une maladie 
dont la IhiM-apeuliiine est aussi déeeianle. 

On lira avec une [larlieulièrc allcnliou les excel¬ 
lentes pages consacrées au diagnostic bactériolo¬ 
gique, aux méthodes nouvelles de traitement (cha¬ 
leur, ondes eourlesi aux complications de la blen¬ 
norragie, aux formes chimiques, à la blennorragie 
chez la femme, qui esl trop souvent traitée sans 
luélhode, et enfin au diagnostic de la guérison dans 
les deux sexes et à sou importance sociale au point 
de vue du mariage. 

G. à\oi,i-noMM. 

Bakteriologische Nâhrboden-Technik, par F. 
KAiiLi-KLn et A. Waiilicii. 1 vol. de 1(38 p. avec 
29 lig. ((/con; Thicnic. édit.), Leipzig. — l’rix : 
() IIM 75. 

Ge petit livn; esl destiné à servir d'aide-mémoire 
aux hommes de laboratoire. 11 coutienl. décrites 
d'une fayoïi pratique, les tcchniqucÉ de fabrication 
lie nombreux milieux de culture, les techniques 
d'ajustement du ;in. de fabrication des colorants, 
de prélèviummt des differents organes. Lnfin, F. 
Kahlfcld et Wahlieh indiquent l'essentiel de ce 
qu'il faut faire dans nue réaction de Wassermann, 
cl donnent quelques notions sur les procédés de 
stérilisation et de filtration. 

Paul flAununov. 

The surgical technic pf abdominal operations 
(La technique ebiriirgicale des opérations abdo- 
minalesi. i'2'' édition), par .Itu.ius L. .Siuvack. 

1 vol. de 7-12 p. avec (>77 lig. H. [h’Imur, 
édileurl. Gbieago, 1938. 

lu beau livre de 700 pages, luxucu.scnicnt édité, 
abondammcMit illustré de grandes figures demi- 
sebémalique< assez démonstratives. 

Ou y Ilouve décrites de façon claire et parfois 
sueeincle la phqiarl des opérations classiques .sur le 
tube digestif, le foie et les voies biliaires, le pan¬ 
créas, la rate, l'utérus et scs annexes. Mais on y 
eberebe eu vain les opérations sur le rectum et 
sur l'anus, ipii sont probablement considérées 
comme appartenant au spécialiste. 

Chaque chapitre est suivi d’une bibliographie 
assez importante, prescpie exclusivement anglo- 
saxonne et germauique. Il est évident et regretta¬ 
ble que no- travaux de leelmiiiiie ebii'urgicale tra¬ 
versent peu rAllantii|ne nord. 

Quelques-uns des procédés figurant dans cet ouvra¬ 
ge appartiennent en propre à l'auteur, notamment: 
une colostomie valvulaire, un ingénieux anus arti¬ 
ficiel qui emprunte sa continence à la valvule de 
lîaubin. une eholécysto-gaslroslomie où l’on voit 
la vésicule biliaire disparaître dans la paroi gastri¬ 
que clivée, enfin une duoiléno-pancréateclomie 
étendue. 

Un livre facile à lire, que les chirurgiens fran¬ 
çais parcourront avec plaisir et intérêt. Ils y trou¬ 
veront. jiariui de vieilles connaissances, quelques 
figures nouvelles et. çà et là. un détail, vin tour de 

.Tean Qüéx'U. 


.=35 


]LÆ FIÉOECKME: M. Ei: 


L'activité de l’Institut 
Carlo Forlanini de Rome 


L’inslilut Carlo Forlanini, de home, propriété do 
rinslilul national de rrévoyance sociale, fut crée cl 
reste dirigé par le professeur Fugène Morelli. Gel 
Institut est le plus grand cenlre seienlillque italien 
pour la thérapeutique et pour les recherches scien¬ 
tifiques dans le domaine de la tuberculose. L’ins- 
lilul a une physionomie particulière due à l'union 
de trois entités complénionlaircs ; le grand Sana¬ 
torium, la Clinique universilaire pour renseigne¬ 
ment de la phlisiologie cl le Centre seienlilique 
pour la liille contre la tuberculose créé iiar la Con¬ 
fédération des industriels italiens. A chacune du 
CCS organisalions sont dévolus des aelivilés particu¬ 
lières, mais il est facile de comprendre ([ue leur fu¬ 
sion tend vers un but commun à la fois scientifi¬ 
que, didactique, sanatorial et aussi administratif. 

Kn somme, une école pour la formalion des mé¬ 
decins spécialisés dans la tuberculose s’imposait 
parce que sans eux il était vain de parler d’une 
lutte contre la tuberculose. A l'Institut Carlo For¬ 
lanini on a pu concentrer un grand nombre de ma¬ 
lades soumis à l’examen de spécialistes les plus no¬ 
toires. (-)n a pu réunir de grands laboratoires 
scientifiques qui représentent de vrais et propres 
Insliluls. On a pu oldenir une centralisation écono¬ 
mique et adnünisiralive pniscpi'on utilise un per¬ 
sonnel <[ui n’est pas dispersé, et le tout avec l’avau- 
lage d nue direction unique. Le Saiialoiioiu üx, 
sou groiqie de 1.500 malades, par un accord avec 
l’Université, permet aux professeurs de différentes 
ebaires de prendre la direction de j 

lises, garautissaul ainsi par ce. moyeu b- si iuu.^ d. 

I enseigneinenl- Félon rcx[Ui‘ssion a Imbus Um- 
lis » qui esl l’insigne de la lutte anliliibereulcuse, 
le, rcnflemeul scientifique et |)ratique y esi iiuuu- 
plié et ie facteur administratif diminué. 

La chaire de eliniipie phlisiologique de l’Univei- 
silé de Home a son siège dans l’inslilul ; le titu¬ 
laire de eetic chaire, esl aussi le directeur du Fana- 
lorium. Autour du directeur, chaque médecin, du 
plus expert au plus Jeune, font des recherches 
.scientifiques personnelles ; ainsi se forme nue large 
expérience syiilbélique .-ur la maladie et les 
malades. 

l’rès du nireclenr, l’aidani dans rareomplisse- 
meul des iliverses fouelions. hospitalières, scieuli- 
finpies, administratives, se groupent le vice-directeur 
chargé de ren.seignemeni di' phlisiologie à l'Uni- 
versilé de Home, chef des lahoraloires de physio¬ 
pathologie cl de recherches cliniques; un Inspecteur 
sanitaire qui dirige l'annexe du Dispensaire anli- 
lubcrenlenx, deux aides et ipiatre, assistants diri¬ 
geant un des grands lahoraloires de bactériologie, 
de sérologie, d’anatomie pathologique, de, chimie; 
enfin, nn chef de. radiologie et un représentant de 
l’Office de statistique sociale. 

Dans les grands pavillons sont hospitalises l.-àOO 
malades atteints de diverses formes de tuberculose; 
il existe aussi un groupe de lüO lits où sont mis 
.les malades atteints d’affection pulmonaire non 
tuberculeuse car il est impossible de bien connaître 
h tuberculose pulmonaire sans quelques connais¬ 
sances des autres formes morbides de l'appareil res¬ 
piratoire. 

L'Institut Carlo Forlanini reçoit, pour la ivliqiarl, 
des malades assurés par la loi contre la tuberculose 
et qui sont envoyés de différentes provinces avec 
rasscnlimenl de UI.AUF.r.S.. du Consortium anli- 
lidjcrculcux et des diverses (jrgani.sations ministé¬ 
rielles. Ainsi l’inslilut a ’e droit d’hospilaliser les 
malades tuberculeux ou alleiuls d’autres affections 
do l’a|ipareil respiratoire, même parmi les sujets 
non assurés sociaux et provenant de différents 
hôpitaux civils ou directement de l’extérieur. 

Dans rinslilul sont répartis les différents ser¬ 


vices -pccialisé.-. de cbiiurgic Iboracicpic, il'orlho- 
|)édie, d'obslélrivpK', de pédiatrie, d'oto-rhino- 
laryngologie vers ipii vienneiil de- malades envoyés 
lie tous les sanaturia de 1 1.A.F.F..'', des dillerenles 
régions de l'ilalie. Ia'S malades ont ijour consultants 
les Directeurs de diverses cliniques de l'iniversilé 
de Home. 

La législation sociale italienne ne donne pas de 
limite de temps pour la durée de guérison des 
maladies et de séjour dans divers .-analoria. Le 


■cul ,j 


l des 


médecin 
et de la reprise 
■ Les aides et 
Forlanini sol 
leur fonction nniversilai 
sanatoriale. 

Dans le Dispr 
rinslilul se pratiquent 


du II 


I de 1 


gueriï 


Les éludes données dans rinslilul peuvent être 
synthétisées de la façon suivante: cours jiour les 
étudiants de l’Université sur la pathologie et la 
thérapeutique de la tuberculose, puis enseignement 
complémentaire par les couri de perfectionnement 
annuels et les cours de siiécialisation biennale des 
maladies de l’appareil respiratoire réservés aux lau¬ 
réats en médecine qui doivent obligatoirement fré¬ 
quenter les salles de clinique et les laboratoires de 
l’inslilut .sous la conduite des assistants. Gours nor¬ 
mal hivernal do perfectionnement de la durée 
d'une année scolaire pour les nombreux médecins 
étrangers qui accourent du monde entier à l'Ins¬ 
titut. Six bourses sont aussi concédées jiar l’Liniou 
Internationale contre la tuberculose cl 1-1 bourses 
par l’I.N.F.I’.S. Fil plus existe un cours estival de 
tiois mois jiour lo médecins étrangers. 

.A la fin do ces cours de spécialisation, les méde¬ 
cins doivent soutenir une dissertation écrite )iour 
obtciiii- un diplôme. 


Il faudrait beaucoup de pagi's pour pouvoir 
exposer l'activité scientifique de l’Institut. On peut 
dire que tous les problèmes d’actualité dans le 
champ de la tuberculose sont amplement suivis 
dans lu département cliniipie et dans chaque labo¬ 
ratoire. Aoiis rapporterons seulement les recherches 
effecluées les plus intéressantes. 

Gitons d'abord le- recherches sur la eollapsoihé- 
rapie, sur le Irailemeiit des blessures des poiinions 
et des empyèmes tuberculeux ou non, sur la tbora- 
coplastle anléro-latérale élasli(|ue ; sur la Ihoraco- 
phxtie laléro-poslérieiire eombinée. et sur l'aspira- 
lioii eiidoeav ilaire, nouvelîe mélbode de traitement 
de.- cavernes encore à l'étude, l’t enfin sur le piieu- 
iiio-périloine t liera peu tique. 


Velles Ihérapeuliqiics des liiberculines isolées dans 
les lahoraloires de l’inslilut et donnant une action 
défensive et non .sensibilisante. Dans les laboratoires 
de physiopathologie de l’Instilnl, on y accomplit 
d,' nombreux travaux biologiques sur les complexes 
inotéiques du plasma, sur Fazotc non protéique, 
sui- les bydrales de carbone et sur le métabolisme 
d; l'eau et leur l'apport avec la tuberculose; des 
travaux aussi sur celte maladie et le diabète on la 
grossesse. Nombreuses éludes sur la circulation 
sanguine des ]ioiiinous, sur les facteurs généraux 
et les conditions du processus évolutif de la liiber- 
ciilosc pulmonaire. Gitons encore les recherches 
sur la fonction intestinale et hépatique et sur les 
rap|)oris entre la lnbereulo.se et la respiration cl la 
circulation, de... 

Dans le service de radiologie sont plus spécia¬ 
lement étudiés les problèmes de mécanique res¬ 
piratoire, chez les sujets normaux ou malades, à 
l’aide de la roeiilg'enchimograpbie, en prenant en 
considération les mouvements du diaphragme, des 
côtes, du parenchyme pulmonaire cl du niédiaslin. 
L'étude de I’afiplicalion de la roentgencinogra- 
jdiie indirecte est faite avec des apjiareils originaux 
de construction italienne munis d’une pellicule 
einématograpb.Iqnp à passage normal. 






56 


LA PRESSE MEDICALE, Mercreai, 11 lanvier 1939 


N" 3 


Diiiis k's lakunilüirc'S de liaclériologie, de (dumie 
et de séi-olugie, ou étudie [dus spécialeliieul les pro- 
l)lèuR‘s de l'allergie et de raeliou l)iologi(|ue des 
divers eoiniiosaiits du Ijaeille de Ko( li. Du est arrivé 
à isoler un polisaeeliaride et une [)roléiiie douée 
d'une parlieulière aelioii iiiiniuuülogi([ue. l’ar une 
reulril'ugation puissante des substances des eor[js 
bacillaires on utilise un antigène qui n'altère pas 
la eoinposition chimique des fractions toxiniques. 
Des rucliercbes particulières ont été faites sur la 
souche bovine isolée de l'espèce liuniaine. Due 
tnliereuline [MD!'.) a été isolée, eàpable de don¬ 
ner une sensibilité à 1,'ÔO.ÜOO.OOÜ. Lu nouveau 
groupe do reclicrclies a été exécuté sur les enzyines, 
sur la raitidité de raceroissenient de rinfectii'ii 
tuberculeuse cx|iériruenlale, sur le i)i'oblèine <le 
raliincntation des tubereuleu.x, sur la variation de 

nismo. U( I I \ I I 

plis sur la possildlité d'aetivatiou de eertaiues réac¬ 
tions de i 1 I 1 1 I I 1 1 

Nous étant Irouvé's en possession vin virus de la 
gripiie, on a étudié sa transiuissiou et sou afiinité 
pour h's divers tissus de l'organisme. On a étudié 
de même les [loSsibilités de eulturt' et dir transnus- 
sion expéi'inienlalo du bacille de la lèpre. 

Une particiilièru attention est portée, |mr de nou¬ 
velles modalités techniques, sur la re( herché de la 
bacilléniie dans le rhumaÜsrne articidaire aigu, 
après la .mobilisation post-opératoire ou a[)rès irra- 
diothérapie. 

l.c; laboratoire d'anatomie palludogiqile a parti¬ 
culièrement éiuclic le problème de la palhogénie 
des formes hémalogènes de la tuberculose cl on v 
a Identilié la patb.ogénic et la morphologie parti¬ 
culière do certaines formes de broncho^pneumonie 
luberculeusc cliniquement [vrimilive. On y a mis 
en évidence des proeessiis de guérison spontanée ou 
par cfdlal)Sothéra[de. di- lésions tuberculeuses. On 
V a étudié encore l'action des ondes courtes sur 
les animaux en expérience et on y a décrit les 
li'sions des virus de grip[ic iidioduils par différenles 
voies de l'organisme e| leur ai livilé élective sur les 

a éliiilii- encore les problèmes de la rapacité défim- 
sive des [)nuninns à l'agri'ssion des Ipaeilles. im |iar- 
lieulier à l'étal pliysiipie du lau ilh' île Koch. 

l'in conformité avec les ilireclives du régime poli¬ 
tique il a été constitué, dans rinslilul. un Dfliee 
spécial pour étudier les caractères slatisliques de 
l'endémie lubereuleuse avec relevé sysiéinalique de 
toutes les causes de mort et leur rapport avei- 'e 
faeleiir racial, graphique, social, économique de 
différeuls jiays. 

Il a été- é'Iabli aussi une exacte évidualiou sm' 
ri'-lal aeluel de la tuberculose en Italie et dont les 
donnéi's soûl appliquéscs é■galemenl dans divers 


Kniht. une lueuliou particulière doit être faite 
eoncernaut le musée de l'inslilul liarlo l'orlailini. 
Il y a trois ans à peine ipi’il est ouvert et il réunit 
déjà une vaste iq complète eollertion. absolument 
unique non seidement en Italie, mais en lairope. 
I.e nirerlcilr a Iroiivé un système original pour la 
siU'Iion topographique des cadavres, [lour la conser¬ 
vation des pièces et pour leur montage avec cadres 
pormell;inl Une confronlalion de la [lièce avec une 
radiograivhie faite sur le vivant. 

Nidlc description ne [leul donner une idée de la 
richesse des éléments réunis. 

Kn définitive on peut affirmer que rinslilul Carlo 
l'orlanini représcnle dans le domaine de l'élude et 
de la lulle contre la tuberculose un exemple de ce 
(pu peut être oblenu ]iar l'organisalion nationale 
ilalienne moderne. 


Angletevve. 

l.a section des sciences mathématiques el phy¬ 
siques de l'.Nssocialion hrilannique sera présidée 
l'année prochaine, par le D'' Charles D.mvvvin, qui 
est le fils de Sir George D.vnvvix ét le petit-fils de 
Charles D.vmvis. Cette famille est un exemple re¬ 
marquable de capacité intèllectiièllc ; le grand-père 


d ■ Daiivvin. Ivrasme. él.dl un botaniste el un [voèle, 
ei quatre des fils do Charles furent des savants dis¬ 
tingués : ."^ir Georgi- un astronome. Sir brancis 

iiu botaniste, Sir Horace un ingénieur, et le cii.- 
quième, le seul survivant, .Major l.eonai'd Dvnvvix, 
âgé de 87 ans, est bien connu comme eugéniste et 
évonomiste. Pn. D. 

Canada 


Décès nu Pnorrssrin V.vLi.éi:. 

Nous avons le gi'aiul chagrin d'a|i])rendre la mort 
du l'rol'esseur Vvi.i.éi:, de (piébec. grand ami de la 
h'rance. el qui comptait de nombreuses aluiliés 
dans le eomilé de notre journal. 

Nous consacrerons ullérienremcnl une notice bio- 
graphiipie raïqadant la vie et les travaux du Pro¬ 
fesseur VALLélî. 

Hollande. 



La l‘'aeulté de Médecine dé rCniversilé de 
Groningue, en collaboration avec notre coid'rère 
.Yedcr/nm/.vc/i Tijiluchrijl roor Griirmlnindc el l'As¬ 
sociation pour l'élude de rhisloirc de la médecine, 
des nialhémaliques et ries sciences naturelles, se 
propose de coinméniorer. les el 30 .Avril 1939, 
bi vie el l'veuvre de Prriu s (',.vvu'i:u. mort il y a 
150 ans. 

l.a commémoration de la mort de ce grand 
savant, à la fois médecin, ailalomisie, gynécologue 
et artiste, (pu pendant 10 ans a été jirofesseur dans 
I l f’aenlté de àlédecinc de Gi'oningue, se ftira dans 
une séance solennelle du Sénat de PCiiiversilé ; en 
même temps sera organisée une exposition des 
li'uvres el des dessins de Camper. 

Il sera exposé aussi un certain nombre de [ué- 
pirations de Campi’r. décrites ou reproduites par 
lui dans ses leiivres el (jii'un heureux hasard a 
sauvées lors de l’incendie île I’linivnrsité en 190li. 

Sei'i-i'liiriill : ( tooslersingel 03. Groningue. 

Italie. 

D’après lés relevés conqdels de l'Institut central 
d ' Slatisliques, [icndant les dix dernières années 
on note un aecroissemeni progressif de la taille 
movenlie de la [lOpulatiou italienne. Kn consé¬ 
quence de Celle constatation, la limite minima de 
l.-dlle oxigi'e dans les diverses écoh's militaires vient 
d’être élevée. 


T cliécoslovaquic. 

\ la deiix'èiiie Nssenildée générale (Déceinbre 
lO.'l.'si. la .s^oiaérr 'ilauicosi.ov vt.iia-: iir; GvMicoi.omr. 
I l ii'l tiisriéi iiaoi !■: a noniiiié nuauhre eorrcspon- 
ihiiil M. Ibairi Vu.XI-S. profesMUir agrégé de la Ka- 
ciillé de Médecine de Paris, aeeiaieînair des Ih'qii- 


Yoiigoslavie, 


Ziv A.xovirmt, et le doyen de la Faculté de Médecine. 
M. le prof. Kostitcii, un grand nombre de 
généraux el d'officiers, les représentants officiels, 
etc., etc. 

.V celle occasion, le chef des .Services sanitaires 
d - l’armée. le général M. HouvihiTCil, prononça un 
discours dans lequel il retraça la figure et l’œuvre 
active de Vladan D.ioii.!i.:viTmr. Après les allocutions 
des représeiilanls des différentes cor|iorations. le. 
médecin colonel D.vxiTcit évoqua la belle figure du 
médecin général M, Pptrovitch cl le médecin gé¬ 
néral II. Kon.vL celle du médecin général Vladibavl- 

L’après-midi, le général Rouviditch et le médecin 
major Vi.atkovitcii retracèrent l’historique de la 
fondation du premier hùpilal militaire en Serbie, 
et. le médecin général V. Poi-ov rrcii, directeur de, 
l’hôpîlal militaire de llclgrade, l’onivre accomplie 
par celui-ci durant ees dernières trente années. Le 
pharmacien colonel M. .Iankovitoii évoqua l'hislo- 
riquo de la pharmacie mililairc serbe. Enfin, l’étu¬ 
diant en mi'alocine. M. D. Poi-^vitcii, décrivit l’or¬ 
ganisation de rinlernat des étudiants en im'decine. 
fuliirs médecins de l’armiV. 


Soutenance de Thèses 


Lyon 

M. rtxier : Cviiliihiilion n l'êludr. des osiéoporoscs 
eaehiiliennes dotdnutriiscs. ■— Nt. Mien : Les Uémorrapies 


AAontpellie'" 


Noii.ioiio I.I lo:i:i;M(oUl l'.l.jS. — ivl. André Loiljoil : 
I.fs li'siffiis riismln-réréhiides de la fièvre de. Malle. — 
M. P:miI Iliiiniis : lèimsitléraliniis sur le Irailement des 
hnihlies dues au hniiiie. — M. .leiiil l-01K|UCt : Conlri- 
luiliun êi l'élude îles dirvrliciili’s du duodénum. — 
M. .Miu-ei'l Miirly : Contriluilion à l'élude du Iraitr.meiil 
de eerlidnes fnielures du colranéuni par une greffe 
osseuse rigide Irnuscnléunéenue. — M. Itneer T.nssavi* : 
llieès froid de lu itde. — M. .tnsepli Védrines : lie 
lu eouduile ù leuir dans rueenuélienieni el la puerperu. 
Iile duns les utérus fihiiin'uitrux. — M. Miix Houscliou : 
I propos de P! eus lie /lolyposc reelioeidiipie. — M. Fer- 

M. Liifiene niiiiie ; l'.oulrihulion i\ l'élude des syndromes 
hullio-priduliérunliels. — M. .leaii Piisciil : De l'aelion 
des composés .sulfnmidés dans la Ihériipeuliipie uuli- 
iufeelieuse en général et en pnriieulier dans 1rs niiles 
eoinidiguees. — M. Paul Nie : Coniriluilion à l'élude, 
des endnméiriomes {HndomélHome el malformalion uté¬ 
rine'}. —‘ \t. \ ielnr l-'ol : Les perforulions plettro-pulrno. 
nuires el lenis relations avec les formes analomn-eli- 
nigues de lu luliereulose pulmonuire. — M. .lean-Loiiis 
Monei- : l'.onlriluilion à l'élude de l'ostéo-synihèse du 
eulgul. — M. André Itehnas : l.'orifiee supérieur du 
lhorn.r. Ktude, mnrpliogénéligue de ses éléments ronsli- 

ItocroiiVT n'fMvr.nsnr. 

— M. Ivan MaxiinnlT ; l'.ontrihution il l'élude du Irui- 
lemrnt rndiolhérapique de l'anlhrar de lu lèvre supé- 


(>n vient de célébrer à llclgrade le centenaire de 
1.1 création du premier hôpital inililaiixi en Serbie, 
el le lœniièmc anniversaire de l’hôpital mililairc 
iL- llclgrade. En même temps on a inauguré le 
monument du D’’ Vladan D.ioiïd.ii;vitch, un des 
premiers chirurgiens qui exercèrent en Serbie, 
ancien présideni du Conseil, membre de l’Académie 
royale serbe, directeur des services sanitaires en 
Serbie, créateur de la législation .sanitaire on ce 
pays, et fondateur de la Société médicale serbe, qui 
naquit en 1844 et qui est mort en 1930, et les 
plaques commémoratives aux généraux D''® Djoka 
VLADiSAVL.mviToii. ancien i lief du premier service 
de médecine, et .Mihailo Petiiovitch, ancien chef 
d i service de chirurgie à l'hôpital mililairc de 
Belgrade. 

A colle solennité assistaient le ro|)résenlanl de 
S M. le roi Pierre II, le Ministre do la Guerre, le 
général M. Ni:nrrcn: le chef d'état-major général, 
M. SiMôVïTCit,- le (ïoniittandant de la ville dû Bel¬ 
grade. le général M. KossitcH; le représentant de 
l’Académie royale serbe dos Sciences. M. le prof. 


Toulouse 

IlliCUIlVAT ll’IvTAT. 

‘-’9 Nevrviiuu: ac 19 Dkci-miuu.: l'fiO. — Mt'e Simone 
.Auldan ; .■! propos d'un eus de. sténose laryngée cicatri- 
rielle liérédn-sypliililiipie elle: une. lubereuleuse puimn. 
nuire. — M. Georges Siirol : néséfpdiibrc vago-sympn- 
Hiiipie el méluneulie. .ta sujet du syndrome méhmroii- 
gue iiu eours d'ttffeelious nirilin.iiorligue ri géliilale. — 
M. liernard Goeliv di' Mnnr.m : De lu roneepliou neluelle 
du IrnilemenI des iiérilonites à pneumocoques. — 
M l.oais I)i's|M'vroux : .Myrjcèle. Iluplurcs musculaires el 
apnnéeroligues. — M. Eilou.vi'il Varia : Conlribulion A 
l'élude du la lilhiasc urinaire maligne d’après L50 cas 
inédits. — M. .Niiilré .Augé : Conlribulion tt l’élude du 
lobe accessoire de la veine azygos. — M. André Meya- 
li.it ; Essai sur les selnrnunniucs gastriques. — iM. Ray¬ 
mond .Azémiir ; l.a perméabililé de la barrière hémaln- 
méningo-cucépbaliquc au.v indures. 


Le Gérant: F. Amibaoï,!. 


Paris. — Anc“® lmp. de la Cour d'Appel, 1, rue Casscllc. 










N" 4 


14 Janvier 1939 


TRAVAUX ORIGINAUX 


INTÉRÊT PHYSIOLOGIQUE 
ET CLINIQUE 

DE 

L’ACTION PEROXYDASIQUE 
DU SANG 

PAU MM. 

Michel POLONOVSKI et Max JAYLE 


On a trop londance uctucllcnii'nt ù considérur 
lû sang comme un simple transporleur de malé- 
riau.x, de déchets et de chaleur, à ne voir en lui 
le siège d’aucune réaction de synthèse, à lui dé¬ 
nier en particulier toute activité enzymatique 
d’o.vydation capable d’utiliser l’oxygène trans¬ 
porté par les globules rouges. Aussi la clinique 
el le laboratoire ont-ils délaissé au prolil des 
éléments lixcs du plasma toutes les substances 
qui ne sont pas soumises à un sytèine de régu¬ 
lation très précis. Pour le médecin, trop souvent 
l’existence d’un taux normal sanguin est syno¬ 
nyme de constance et de fixité : toute variation 
devient l’expression d’un processus pathologi- 

11 existe cependant dans le sang des systèmes 
biologiques qui ne sont pas soumis aux mêmes 
règles d’équilibre que les matériaux et les dé¬ 
chets, et dont l'appréciation quanlilative sera 
peut-être un jour il môme de fournir des élé¬ 
ments précieux de différenciation des individus 
h côté des traits communs qui les rapprochent. 

Kn étudiant les mécanismes biochimiques qui 
ont trait aux systèmes d’oxydation dans h; sang 
d(! l’homme, nous avons pu mettre en évidence 
quelques données qui ne cadrent guère avec ia 
conception classique du rôle de ce tissu dans le 
métabolisme intermédiaire et susceptibles d'in¬ 
téresser le physiologiste et b' médecin, tic sont 
ces recherches que nous voudrions résumer ici, 
mais auparavant, il n’est peut-être pas inutile 
de rappeler, on scs grandes lignes, les théories 
modernes d’oxydation en biologie. 

h’ulilisation par la cellule vivante des suii- 
slances alimentaires implique une modification 
lu'ofondc de leur constitution chimique. Ainsi 
le glucose ([ui n’est pas sponlanémcnt oxydé par 
l'oxygène de l’air « brûle » au niveau des mus¬ 
cles ; la fibre musculaire qui tire son énergie 
de cotte oxydation devra donc contenir un 
ensemble do syslèmes capables de modifier la 
slructurc d(ï ce sucre, de le transformer en une 
substance « oxydable ». Mais si la dégradation 
biologique reste complexe par la spécificité et.la 
multiplication des étapes, elle est simple jiar les 
mécanismes mis en œuvre (jui ressortissent pour 
la plupart de phénomènes d’oxydoréduction ù 
la base desquels se situent les processus de 
déshydrogénation. 

On sait que l’activation du substrat * consiste 
essentiellement en une mobilisation do deux 


1. On appelle substrat la substance transformée par 
un système diastasique. Dans le cas particulier, le glu¬ 
cose ou une substance en dérivant, représentée par SII- 
dans le schéma, va être oxydée par perte d'nne molc- 
ôulo d’hydrogène (H-) en une nouvelle substance S. 

2. Nous ne parlerons pas ici de la calalase dont le 
rôle principal consiste en la décomposition de 2 

en 2 H20 et 0=. 


alomes d’hydrogène qui seront transiiortés ])ar 
le système diastasique sur l'oxygène moléculaiiv, 
lui-même activé par un autre enzyme pour for¬ 
mer soit do l’eau (1), soit de l'eau oxygé¬ 
née (2). 


Un conçoit ainsi que les phénomènes d’oxy¬ 
dation soient sous la dépendance de trois sortes 
d’enzymes - ; les deshydroijénuses tpti labilisent 
et détachent l’hydrogène du substrat, les oxy¬ 
dases vraies qui activent l'oxygène moléculaire, 
et les peroxydases qui mobilisent les peroxydes. 
Mais le plus souvent, le transport des hydrogènes 
du substrat à l’oxygène moléculaire ne se lait 
pas directement; entre la substance qui cède ses 
hydrogènes et l’oxygène qui les fixera, existe 
toute une longue chaîne d’échelons transpor¬ 
teurs véhiculant on cascade les atomes d’hydro¬ 
gène dont la mobilisation et le transfert sont, 
d’après Wieland, la phase essentielle do l’oxyda¬ 
tion. Le .schéma suivant objective ces considéra¬ 
tions lhéorii]ues, montrant que l’hydrogène est 
fixé en dernier lieu, soit sur l’oxygène activé 
par une oxydase, soit sur un peroxyde activé 
par une peroxydase. 


Si l’on pouvait démontrer rcxistcncc dans le 
sang des éléments d’un pareil système, on aurait 
là un nouvel instrument de rccherclie pour 
apprécier les variations indivifluelles normales 
et palhologiiiues des réactions biologicpies d'oxy¬ 
dation et l’intérêt de cette notion ne saurait 
échapper aux cliniciens. 

Ur, l'hémoglobine présente une action peroxy- 
dasique bien connue (Sebonbein) cl souvent 
utilisée dans la rocbcrchc des traces de sang par 
une série rlc réactions classiques (réactif de 
Weber à la teinture de Ga'i’ac ou de Kastel- 
Mcycr à la phénoliihtaléine en présence d’eau 
oxygénée). 

Il est important de savoir si cette action pe- 
TOxydasique répond à une fonction biologique 
accessoire de ce chromoiiroléide. 

La méthode de dosage biochimique de l’acti¬ 
vité peroxydasique la plus fré([uemmcnt em¬ 
ployée est celle de Willsliitter. Elle est basée sur 
l’oxydation par l’eau oxygénée (peroxyde d’hy- 
drogèiKÔ d’un phénol (le pyrogallol) en une 
substance colorée (purpurogalline) sous l’in-. 
Ilucnce d’une, quantité donnée de peroxydase. 
On évalue coloriméiriijuement, au bout do cinq 


minutes, la purpurogalline formée et on l’ex¬ 
prime en chiffre de purpurogalline (Purpurogal- 
linzahl = P.Z.) yiour 1 ing. do diastase. Will- 
stiitler et Stoll ont obtenu les chiffres suivants 
qui'font ressortir le manque d'activité de l’hémo¬ 


globine en tant que catalyseur d’oxydation 
peroxydasique. 

1 nu;, llb (h rheinl P.Z. = O.llü : 

1 mu. llb ,1..- pore P.Z. - 0,h'.)3 ; 

1 mp. lie prrovyclasr 

.If raifort P.Z. = .AÛO ù M.ÛOO =. 

L’hémoglobine serait au minimum 10.000 
fois moins active qu’une préparation do peroxy- 
dasc végétale. Aussi, n’élait-on pas en droit 
d’attribuer un rôle physiijlogitiuc à-scs proprié¬ 
tés peroxydasiques. 

Mais on peut établir une méthode de dosage 
de l’activilé peroxydasiiiue en remplaçant le 
pyrogallol par l’acide iodhydrique. La réaction 
devient : 

ROü» -b 2III—>-I= -t- non -f I|zo. 

ROOH étant un peroxyde organique (hydro¬ 
peroxyde d’alcoyle). Dans le cas particulier où 


Il = II, c’est-à-dire où l’on emploie l’eau oxy¬ 
génée comme peroxyde, la réaction reste con¬ 
forme au schéma précédent. Eu titrant l’iode (f-^) 
libéré au bout de cinq minutes et en rappor¬ 
tant cette quantité à un poids défini du cata¬ 
lyseur, ^on est en possession d’une unité con¬ 
ventionnelle susceptible d’évaluer l’activité 
peroxydasique de tout système capalilc d’activer 
celle réaction. Nous désignons celle unité par 
IM. (Unités d’iode). Or, dans le cas de l’hémo¬ 
globine, la réaction « hydro-peroxyde organique- 
acido iodhydrique » est considérablement aug¬ 
mentée alors que la réaction eau oxygénée-acide 
iodhydriipie l’est relativement peu. On observe 
l’inverse quand on utilise les peroxydases ou la 
peroxydase du lait. Ces divergences d’activation 
ressortent encore davantage cl le dosage est plus 
précis si l'on fait intervenir un nouvel accepteur 
Ici que l’acide ascorbique (vitamine C). On 
utilise dans ce cas une unité conventionnelle 
que nous désignons par le symbole U.T.a. (Uni¬ 
tés d’iode en présence d’acide ascorbique). 

Le tableau suivant met en valeur la spécifi¬ 
cité des catalyseurs vis-à-vis du peroxyde. Pour 
l’hémoglobine, U.T.a. (ROOTD est -1,.à'fois plus 


Tauleau I, 



U.Ia 1P0> 

U.In C'IPOOII 

P.Z. H'O* 

P.Z. C'IPOOII 

1 m^,^. p^'roxyfîasc df» raifort pr<^pn- 
niLion moyonn»’mont aelivo . . . 





210 


330 

60 

1 m". liémoglobinft de chevnl. . . 

1,2 

4,7 

0,115 

0,2 

1 cm^ sang de cheval (150 nb).j 

153 

70.5 « 23" 

1400 h 37" 

17,25 

30 


I, IP H- 1/2 O' ■ 
(2) 11= -b 0“- • 


AII= -► lilU CIP XII' 


-b- 1/2 O* -b II’O 


- ROOH -► ROIl -P IPO 







58 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N" 4 


grand que U.La. (H“Û=). Avec la peroxydase du 
raifort, U.La. (UÜÜH) csl 3 fois plus petit que 
L'.I.a. (U-U-). Si l'on compare l’activité d’une 
peroxydase très active évaluée à 1.000 en P.Z. 
(H=0-), et à 630 eu U.l.a. (11=0=) à celle de 
l’hémoglobine de cheval qui est de 4,7 en 
U.l.a. (KÜÜH), ou voit que la peroxydase végé¬ 
tale est encore 134 fois plus active que le pig¬ 
ment sanguin. Mais ce coefficient tombe à 
moins de 100 si les activités de,ces catalyseurs 
sont mesurées à 37. On arrive à dos chiffres 
considérables si l'on rapporte à un litre de sang 
l'activité peroxydasique de l’hémoglobinç. U.l.a. 
(ROOII) devient alors égale à 1.400.000 à 37°. 

Mais la spécificité do ces catalyseurs vi.se éga¬ 
lement le substrat. Nous voyons, par exemple, 
que les peroxydasos activent l’oxydation des 
phénols et non celle de l’acide ascorbique pâl¬ 
ies peroxydes, cette dernière réaction étant, au 
contraire, catalysée par riiémoglobine. Aussi 
Szent Gyorgyi considère-t-il que le rôle biolo¬ 
gique des peroxydasos est lié au système : 

dans lequel les (lavones servent d'intermédiaires 
dans l’oxydation de l’acide ascorbique en acide 
déhydroascorbique. Par analogie, on peut con¬ 
cevoir que l’hémoglobine active le système 

HdOIl — III.I)-’ - ocUll- liscoil.ique. 

Sans entrer dans le détail des faits expéri¬ 
mentaux, nous dirons simplement que, dans ce 
dernier cas, l’acide ascorbique .joue le double 
rôle de substrat oxydé et d'activateur de l’action 
peroxydasique de HbO-. L’hémoglobine repré¬ 
sente la fraction organomélallique de ce système 
Iieroxydasiquc. 

L’étude spcctrographique de l’action des pe¬ 
roxydes sur HbO= nous a permis de mettre on 
éviilence l’existence d’un dérivé d'oxydation su¬ 
périeur. On peut démoidrer manométri(|uemcnt 
que CO dernier a conservé la propriété fondamen¬ 
tale de ce chromoproléidc : celle de contenir 
encore la molécule de l’oxygène véhiculé, alors 
qu’on sait que les agents méthémoglobinisants 
ont comme effet de libérer quantilativomcnt 

2II1>0= -f O -V 111.^0 + ?0=. 

Ainsi, non seulement l'action peroxydasique 
de l’hémoglobine est eomijarable en grandeur à 
celle des peroxydases végétales, mais encore 
cette action est compatible avec la fonction 
primordiale de l'hémoglobine qui est de donner 
avec l’oxygène un comiiosé d’addition. 

D’autre part, la vitamine G n'est |)as la seule 
subslancc capable d'accroître l’action c.italytique 
de l'hémoglobine. Nous avons trouvé dans le 
sérum ou le plasma oxalaté de l’homme une 
substance qui, se fixant sur riiémoglobine, mul¬ 
tiplie son activité par un coefficient qui varie 
siiivant les affections et les individus de 1 è 8. 
Cet activaleur ne dialyse pas et est lié aux 
matières protéiques du pla.sma. 

La tableau 2 montre l’activation d’une quan¬ 
tité déterminée d’hémoglobine par trois plas¬ 
mas différents. Le plasma A est celui d’un 
homme normal. Le plasma B celui d'un malade 
atteint, d’une bronchopneumonic grave, le 
plasma G, celui d’une anémie grave. ’ 

Exprimées en U.I., les activités poroxydasi- 
ques, è pu 4,4. do 0,2 cm“ de plasma oscillent 
entre 0,15 et 0,4. Pour 1 ni.q. 7 d’hémoglobine 
d’homme, U.I. est égal è 0,7. Le mélange 
plasma-hémoglobine donne des chiffres très su¬ 
périeurs è la somme des précédents. 

Pour mesurer l’activation, on retranche du 
chiffre obtenu avec le mélange Hb-plasma le 
chiffre obtenu avec l’hémoglobine seule. On 


Tableau IL 



de plasma. 

Le fait que le plasma sanguin est incapable 
d'activer l’eau oxygénée iH-Ü-) a été définitive¬ 
ment établi pur Bach et Kultjgin. Par contre, 
nous avons constaté la présence dans le plasma 
fl’un système peroxydasique activant les hydro¬ 
peroxydes d’alcoyle et dont le pu optimum d’ac¬ 
tion situé entre 2,8 et 3,3 permet de lu diffé¬ 
rencier du système précédent dont le pu opti¬ 
mum est à 4,3-4,5. Son activité exprimée eu 
U.l. poOr 1 cm^ de plasma est comijrise ebez 
l’homme entre 1 et 2,5. Kilo est soumise à des 
variations physio-pathologiques importantes dont 
l'étude mérite d’ôtre poursuivie. - 

Il existe donc dans le sang de rhonune, en 
dehors des peroxydases des globules blancs 
deux systèmes peroxydasiques ; 

1° Un système peroxydasique A, dont l'activité 
est rapportée à 1 cm’’ de plasma et exprimée eu 
U.I. ; 

2° Un système peroxydasique B o Hb-acliva- 
teur du plasma » dont lu mesure exprimée par 
le même symbole est rapportée à 0.1 cor’ de 
plasma. 

Le tableau suivant donne les valeurs de A et 
B chez 3 individus bien portants et chez quel- 
tpics malades. 

Tableau IIL 




ÎMES ' g 


— 

- « " 



' ''t < 






i “ 

Homme normal n" I .... 

1 

0.5 4-1 

Homme norraol n’' 2. 

2. T) 

0.4 +2,1 

Homme normal n" 3. 

1,2 


An<^mie pernirieuse grave . . 

0,15 


Anémie d’origine cuncéreuse 

0.15 

I.’75 l-lJi’ 

Néphrite azolémique et hyper¬ 



tensive . 


1,1! ;-1.4 

Gaebrxie tuberculeuse .... 

0^1 

2. -J : —2,2 

Broncho-pneumonie. 

3 

1.0 ; -f- I . i» 


A est soumis à des variations individuelles et 
physiologiques importantes. Les chiffres nor¬ 
maux SC tiennent on moyenne entre 1 et 2,5. Un 
trouve dos taux abaissés dans la plupart des états 
anémiques. Los variations de B chez l’homme 
normal sont beaucoup moins étendues. Sa valeur 
moyenne se situe normalement entre 0,4 el 0,8, 
mais ce chiffre augmente considérablement au 
cours de certaines affections. Le sens des varia¬ 
tions do ces deux systèmes au cours des états 
pathologiques étant opposé, il est intéressant de 
suivre en clinique la différence A-B. Gellc-ci csl 
toujours positive chez l’individu normal et 
oscille autour de 1. Et il est remarquable d’ob- 


3. Les peroxydtiscs des globules blnnes ont clé mises 
en evidenee p.ir des techniques histologiques cl n’ont 
pu encore ctre isolées dans un degré de piireti'- surtisant 
pour se prêter à des mesures chimiques. 


server que dans les cas extrêmes (cachexie tuber¬ 
culeuse, cancéreuse, néphrite chronique avec 
œdèmes et azotémie), celte valeur devient néga¬ 
tive el peut atteindre — 2,5. 

. Les variations de l’activité des systèmes 
peroxydasiques du plasma sont donc clinique¬ 
ment assez grandes pour ouvrir un nouveau 
champ d'exploration fonctionnelle susceijlible 
soit, quelquefois, d'éclairer un diagnostic, soit, 
plus souvent encore, de fonder un pronostic. 

Au point de vue biologiiiue, l’élude de 
l’action pcroxydasitiue de l’hémoglobine el du 
plasma met en valeur Taclivilé enzymatique 
d’oxydation très importante du sang. L’on sait, 
d’autre part, qu’il y a, dans le plasma, une 
quantité importante de calalase et certains 
transporteurs d’hydrogène tels que le glutathion 
et l’acide ascorbitiuc. Nous envisagerons, dans 
une publication ultérieure, comment on peut 
faire entrer tous ces éléments dans un système 
d’oxydation* biologique, en donnant d’autres 
arguments expérimentaux susceptibles de met¬ 
tre en échec la conception classique selon la¬ 
quelle le sang devrait être uniquement consi¬ 
déré au point de vue calorifique comme un sys¬ 
tème de réfrigération par circulation de liquide 
dans l’organisme animal. 

Ex nÉsuMÉ, l’étude de l’action peroxydasique 
du sang présente un intérêt à la fois biologique 
et clinique. 

Du point de vue biologique, l’hémoglobine se 
révèle comme une peroxydase animale d’activité 
catalytiiiue, en tous jinints comparable à celle 
des peroxyda.scs végétales, el comme elles, pou¬ 
vant jouer un rôle dans les oxydations biologi¬ 
ques tissulaires. 

Du point de vue clinique, l’existence et les va¬ 
riations pathologiques d’activité de l’hydroalcoy- 
loperoxydasc du plasma (A) el de l’aclivalcur 
plasmatique (B) de l’action peroxydasique de 
l’hémoglobine pcrmctlent cerfaines déductions 
pionosliqucs. La différence A-B, qui normale¬ 
ment est positive, devient dans ccriaincs affec¬ 
tions d’autant plus négative que le pronostic est 
ph.s sévère. 

(Travail du labondoirv. de. Chityde îurdirah’. 

TaniUf de Médecine de Paris.i 


COMMOTION 

CÉRÉBRO-SPINALE' 

l’iir Francesco PEDRAZZINI 
(Milan 


La voùle cranienni’ est élastique, soit par 
l'élaslicité iidiérciile .'i la suiislanee osseusi'. 
soit par .sa conformalion. Quand elle est violem¬ 
ment frappée ])ar un corps étranger, le couji 
(lu’elle reçoit produit une déformation élasti¬ 
que. Gctte déformation est ressentie par le 
réservoir liquide céphalo-rachidien el ]iar le sac 
durai. 

Grèce son incompressibilité, le liquide 
cé])halo-rachidien devient le moyen de trans¬ 
mission le plus flirecl de l’énergie du coup 
aux organes enveloppés par le liquide même, 
.sous réserve que celle énergie ne soit pas parliel- 


1. Du même nuti-ur : 1" Delta commozionc ccrcbrala. 
Manaali Iloc/di, 1917 ; 2” Mcccanica craiiica e fisica 

ccrel)rale. Il PoUcUnico (Sezione nicclica), 1921 ; 3' Ein- 
Icitung in die KcMinlnissc über liiimohydraulisclic enze- 
phalo-mcdulliirc Erschcinimgcn and inshrsondero ilbcr 
Commolio. Journal fiir Psychologie und Neurologie, 
1924, 30, Hcfl. 3 U. 4 ; 4° /Vrchilcllura cd emoidrau- 
i del sislinia rranio-vcricbrale cnrcfalo-midollare. (U- 
■rin norra). r.allrriii Vill, Eiu.inurl,.. Mil.Tiio. 1930. 









N" 4 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


59 


Icmenl amorlie par la cléi'omialion élastique con¬ 
sécutive du sac élastique où il est contenu et par 
l’existence des veniricules. 

La déformation élastique crânienne est ren¬ 
due possible grâce à des compensations équi¬ 
valentes, déterminées par : 

1“ Une augmentation de la capacité du sac 
rachidien ; 

'2° La pénétration du liquide dans les ventri¬ 
cules ; 

3° La compression do la masse cérébrale si, 
auparavant, les ventricules n’ont pas été tota¬ 
lement remplis par le liquide. 

On doit distinguer deux différentes modalités 
de transmission d’un coup frappant la voûte 
crânienne, à savoir : 

1. La transmission statique, dans le cas où le 
principe de Pascal a eu le temps de se réaliser; 

IL La transmission dynamique, dans le cas 
où le principe de Pascal n’a pas eu le temps de 
s’appliquer. 

Quand le choc n'est pas instantané et que la 
déformation élastique crânienne persiste (s’il 
n’y a pas do rupture) le cerveau serait exposé fi 
subir une compression presque intégrale jusqu’à 
ce que les pressions puissent se transmettre dans 
le liquide selon la loi de Pascal. Mais les com¬ 
pensations de la moelle épinière et du ventricule 
intervenant, l’augmentation de la pression peut 
se réduire même à une entité extrêmement petite 
si la résistance du sac élastique spinal à se dilater 
et colle opposée par les trous de communication 
des ventricules contre la pénétration du liquide 
sont faibles. Dans ces cas, le cerveau peut ne res¬ 
sentir qu’une pression extrêmement légère et, par 
conséquent, on n’a aucun fait pathologique. 

Solon l’ordre des phénomènes physiologiques, 
on devrait penser C|ue, en général, la défornia- 
tion crânienne tendra à trouver, avant tout, 
une compensation dans le canal vertébral, 
l’cxpansibilité de la dure-mère vertébrale étant 
plus facile que la pénétration du liquide prove¬ 
nant des confluents arachnoïdiens dans les ven¬ 
tricules mêmes. 

Mais il pourrait arriver, à cause de la raideur 
et de la moindre expansibilité de la dure-mère 
vertébrale, que la pénétration du liquide dans la 
cavité ventriculaire soit plus facile et qu’il s’éta¬ 
blisse, par là, une compensation à la déforma¬ 
tion élastique traumatique. 

Dans tous les cas où l’augmentation de la 
pression intracrânienne n’csl pas compensée 
dans la cavité crânienne même par la pénétra¬ 
tion do liquide dans les ventricules, les ondes 
de pression se transmettront dans le canal 
rachidien, selon leur force initiale et sur une 
longueur variable, jusqu’à se répercuter avec 
énergie — si elles sont violentes — sur l’extré¬ 
mité sacrée. 

Même dans ce cas, une onde violente provenant . 
de la cavité crânienne et allant frapper jus¬ 
qu’à l’extrémité (tu sac rachidien no rebondit 
pas directement contre le cône médullaire, parce 
qu’elle rencontre ici, dans la masse liquide 
lombo-sacrée, un moyen d’amortissement. De 
plus, les racines vertébrales, et particulièrement 
les filets de la queue de cheval, recevant du 
liquide un certain degré de force vive qui 
suffit à les mettre en mouvement, concourent, 
dans leur ensemble, en rapport avec leur lon¬ 
gueur et leur nombre, à atténuer l’onde. 

Or, si ces phénomènes se réalisent d’une façon 
proportionnée au système intéressé, l’axe ner¬ 
veux souffre fort peu ; mais si leur intensité est 
disproportionnée h la délicatesse des tissus, ils 
entraînent des conséquences morbides. 

En effet, le coma traumatique, le liquide 
céphalo-rachidien hémorragique, les altérations 
psychiques commotionnelles, 1’arachnoïdite fi¬ 


breuse disséminée post-traumatique doivent être 
attribués aux déformations élastiques de la boîli; 
osseuse, déformations qui vont se réfléchir sur 
le sac élastique durai et dans le léservoir arach¬ 
noïdien. 

à'ême dans le cas où il. y a fracture, les 
symptômes morbides généraux doivent être 
I rincipalcment rapportés aux déformations élas¬ 
tiques de la paroi osseuse, car avant même sa 
riqiturc, ces déformations ont déjà eu lieu. Et 
si, dans le cas de fracture, le rései'voir arachnoï¬ 
dien est perforé (sauf quelques exceptions), toute 
action élastique va cesser. 

Quand le choc est instantané et que la défor¬ 
mation de la paroi crânienne se maintient dans 
les limites de l'élasticité, le liquide sous-jacent 
n’ayant pas le temps d’agir sur tout le sac, se 
comporte, par un pliénomcne d’inertie, comme 
un corps solide et il transmet directement le 
choc à la masse nerveuse qu’il entoure. 

Dans-ces cas, les altérations encéphaliques 
qui se produisent, exprimant le travail accompli 
par la force, indiquent en même temps le lieu ou 
les lieux d’amortissement dos quantités maxima 
d'énergie. Or, il faut considérer, à ce propos, la 
diversité des masses du liquide et des parties de 
l’encéphale, qui, sous l’action du choc, sont 
forcément animées par des vitesses différentes 
et, par conséquent, jieuvent subir des déplace¬ 
ments par rapport à leurs positions normales 
respectives, ce qui crée, naturellement, la pos¬ 
sibilité de mouvements de concussion. Dans 
les coups qui frappent rapidement et violem¬ 
ment la tête, et surtout les régions frontale 
et syncipitalc, lorsqu’il n’y a pas le temps 
suffisant pour la réalisation du principe de Pas¬ 
cal et que l’énergie no s’épuise pas dans la sur¬ 
face heurtée, l’isthme et le bulbe sont le plus 
souvent les sièges du transmission dynamique 
du choc cl de la concussion. Les lésions qui 
s’ensuivent sont, on général, rapidement cl 
brusquement mortelles. 

Dans les Iraumati.smes vertébraux, l’élasticité, 
ia mobilité et la forme curviligne de la colonne 
augmentent de beaucoup les déformations élas¬ 
tiques produites par les chocs ; or, si ces défor¬ 
mations ne sont pas immédiatement et totale¬ 
ment compensées dans l’espace périméningé par 
des variations appropriées du volume des vais¬ 
seaux et de la graisse contenue dans l’espace 
même, elles seront ressenties par le sac élastique 
durai et provoqueront, dans le liquide rachidien, 
dos ondes de pression et des déplacements en 
rapport avec leur intensité. La moelle est donc, 
par sa nature, plus exposée' que le cerveau à 
l'action des ondes de pression et aux déplace¬ 
ments violents du liquide, puisqu’elle est sou¬ 
mise aux mouvements déterminés dans le li¬ 
quide par les déformations élastiques vertébrales 
et à rc(7x d’origine crânienne, qui trouvent dans 
le sac élasliqiie vertébral leur amortissement. 
Cela Justine la différence anatomique réalisée par 
le fait que la pie-mère médullaire est formée 
par un tissu conjonctif épais, comme une véri¬ 
table membrane de protection, recouvrant la 
moelle et accompagnant les racines des nerfs 
vertébraux jusqu’au delà de leur sortie des trous 
do conjugaison. 

En outre, avec le développement de l’ossinca- 
tion, il se forme, entre l’extrémité inférieure de 
la moelle et l’extrémité correspondante du canal 
vertébral, un espace libre, qui sera occupé par le 
liquide arachnoïdien et par les racines des nerfs 
lombaires et sacrés, constituant les filets de la 
queue de cheval, immergés dans le liquide 
même. 

La colonne x’crlébrale, par sa structure de 
corps solide linéaire, peut être soumise à des 
forces en direction longitudinale, c’est-à-dire 


dans le sens de son axe principal et eh direction 
transversale. 

Les forces longitudinales y arrivent, par trans¬ 
mission, do la tête ou des membres inférieurs, 
ou bien y sont directement appliquées au niveau 
d(! l’exlrémité sacro-coccygieimo. Les forces trans¬ 
versales ne peuvent être appliquées que directe¬ 
ment sur la face postérieure, l’antérieure étant 
protégée par le thorax et par l’abdomen. Or, 
comme la tête est articulée sur la colonne verté¬ 
brale, elle peut prendre des irosilions différentes 
par rapport à elle et, dans chaque position, elle 
peut être mobile par relâchement musculaire 
ou, au contraire, rigide et fixe par contraction 
dos muscles. La modification des rapports de 
position de la colonne avec le crâne al.'outil aussi 
à une modification des résultats des forces qui 
les influencent respectivement. 

Quand, lors d’une chute sur le crâne, celui-ci 
(.;st maintenu fixe par la contraction musculaire, 
de façon que les surfaces articulaires de l’allas 
et les surfaces des condyles do l’occipital aient 
ui; axe normal commun, l’articulation occipilo- 
atlanlo'i'dienne transmet la secousse de la même 
manière que les articulations intra-vorlébrales. 
La tête et la colonne forment un ensemble. La 
tête frappant le sol est soumise à des actions 
issues de toute la masse du corps cl oppose une 
réaction équivalente, en sens inverse. La force 
vive que lu corps gagne pondant la chute peut 
être considérée, au moment où la tête vient 
en contact avec le sol, comme une force appli¬ 
quée au siège du choc (point d’application). 

Au même instant la colonne vertébrale, 
où le mouvement de descente n’a pas encore 
cessé, étant articulée avec les condyles, pousse le 
crâne, par sa force vive, dans la direction pri¬ 
mitive (point de réaction). 

Et, comme pour les coups inijirimés sur la 
convexité craidennc, il s’établit, entre la surface 
de la voûte qui a frappé le sol (point d’applica¬ 
tion) et les surfaces de l’allas ([joint de réac¬ 
tion), une ligne ou bien des lignes d’action do 
Il force, tout le long desquelles l'on voit se 
déterminer la fracture dans le cas où la force en 
question dépasse la résislanco do la paroi. Les 
effets commolionncls et les lésions directes ainsi 
provoqués sur le cerveau sont donc identiques 
aux coups imprimés sur la convexité crânienne. 

Si, dans la chute, la tête est pliée et que l’axe 
des condyles forme un angle avec l’axe de la 
colonne, la force vive du crâne et celle du rachis 
auront des directions différentes et donneront 
lieu à une composanle tout le long de la co¬ 
lonne vertébrale et à une normale suivant le 
plan do la base crânienne. Quand la voûte cr⬠
nienne vient en contact avec le sol, son point 
d'appui devient le point do réaction d’une force 
bien plus considérable et correspondante à 
l’énergie acquise par le tronc dans la descente 
et appliquée sur la hase crânienne (point d’appli¬ 
cation do la force). 

Dans ce cas, la force est exercée sur des sur¬ 
faces planes et le jeu élastique de la voûte n’in¬ 
tervient pas ; mais si l’intensité do la force lui 
permet de vaincre la résistance de la charpente 
osseuse, il se produit des fractures isolées de la 
base. 

De même, quand dans la chute la colonne 
est pliée, la force acquise par le tronc dans la 
chute même va s’exercer sur l’angle de flexion 
de la colonne, et quand la résistance est dé¬ 
passée, il apparaît une fracture ou une luxa¬ 
tion. Les lésions nerveuses se font aux dépens 
de la moelle. 

Dans les chutes sur le coccyx et sur les tubéro¬ 
sités de l’ischion, la force vive sollicitant la 
colonne vertébrale est appliquée aux points de 
contact avec le sol et trouve une réaction dans 






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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


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le corps môme, surtout dans l’axe rachidien. Il 
en est do môme dans les chutes sur les pieds, 
avec cette différence, pourtant, que, dans les 
chutes sur le coccyx et sur les tubérosités de 
l’ischion, le choc est directement transmis îi la 
colonne, tandis que dans les chutes sur les pieds 
la secousse est amortie par les articulations des 
membres inférieurs. 

En tout cas, le choc reçu dans les parties du 
corps qui frappent le sol se transmet à la 
colonne, où en raison de la résistance et de 
l’élasticité, aussitôt que ces parties auront subi 
le choc et rencontreront l’obstacle, un mouve¬ 
ment de compression commencera à s’instaurer, 
ainsi qu’un mouvement do rapprochement pro¬ 
gressif de chaque couche perpendiculaire à la 
direction du mouvement primitif. 

A l’instant où le mouvement do la chute sera 
arrôté dans toute la longueur de la colonne ver¬ 
tébrale, celui de rapprochement des couches 
moléculaires normales au plan de la chute ces¬ 
sera et, il cause de la tension ou de la réaction 
élastique provoquée, on aura, dans les couches 
mômes, un mouvement en sens inverse, c’csl-ù- 
dire un détachement réciproque et, par consé¬ 
quent, un rebondissement. Et, comme la colonne 
vertébrale décrit, dans sa longueur, des courbes, 
il s’ajoutera, à l’élasticité inhérente à sa matière, 
la flexibilité dérivant des articulations et de la 
conformation curviligne. 

Sous l’influence de la force vive du trauma¬ 
tisme, il doit donc s’effectuer, dans la charpente 
ostéo-cartilagineuse du rachis, des déformations 
qui entraînent dos modifications de forme et de 
calibre dans les différentes portions du canal 
vertébral. Quand ces modifications sont telles 
que, malgré la présence de la graisse et des 
plexus veineux périméningés, elles peuvent être 
ressenties par le sac élastique durai, on a des 
déplacements violents dans le liquide rachidien. 

Par un mécanisme différent, on voit se répéter 
pour la colonne vertébrale ce qui arrive pour la 
cavité crânienne, c’est-à-dire une transmission 
des vibrations du choc au liquide rachidien et à 
la moelle et, dans le cas où la déformation élas¬ 
tique de la colonne est ressentie par le sac durai 
et y amène une diminution do capacité, il s’éta¬ 
blit dans le liquide une onde de pression vers les 
parties où la pression est plus basse. 

L’existence d’une masse de liquide entre l’ex¬ 
trémité de la moelle et celle de la colonne verté¬ 
brale, plus encore qu’à amortir les ondes pro¬ 
venant de la cavité crânienne, sert à protéger le 
cône contre les ondes qui peuvent arriver jus¬ 
qu’à lui d’une façon plus directe dans les sauts 
et dans les chutes sur les pieds ou sur le siège. 
La masse de liquide reçoit alors, à elle seule, le 
choc et le communique à la moelle épinière, à 
un niveau plus élevé, c’est-à-dire au niveau du 
cône auquel elle va le transmcllre, mais seule¬ 
ment après qu’il a subi sa propre résistance et 
celle des filets de la queue de cheval qui, pour 
être mis en mouvement, reçoivent du liquide un 
certain degré de force vive. La portion terminale 
de la moelle, à savoir le cône, est ainsi la partie 
la plus exposée à l’action traumatique. Toutefois, 
les dangers les plus sérieux qu’il peut subir ne 
proviennent pas de la transmission statique du 
choc. Si, au lieu de la transmission statique, on 
a, à cause de la soudaineté du choc, une trans¬ 
mission dynamique et que le liquide n’ait pas le 
temps de se déplacer, il se comporte comme s’il 
élait une lige solide allant réfléchir le choc 
môme directement contre le cône. D’où la rela¬ 
tive fréquence des lésions isolées du cône et de 
l’éplcône par suite des chutes sur les pieds ou 
sur le siège. 

Les affections commolionnelles provoquées par 
l’éclat de gros projectiles à distance offrent une 


grande analogie avec les affections commolion¬ 
nelles cérébro-spinales produites par des secousses 
ou par des coups portés sur la tôle ou sur la 
colonne vertébrale. 

Lorsqu’un obus éclate sur le sol, il se produit 
trois zones dans lesquelles les mouvements de 
l’air varient de forme, direction et intensité. La 
première de ces zones est représentée par le cône 
d’explosion et l’individu qui se trouve dans cette 
zone môme reçoit une secousse excessivement 
violente qui le projette au loin en le réduisant, 
habiluollemont, en un cadavre informe ou en 
l'ébraidant tout à -fait. 

La deuxième zone est caractérisée par de brus¬ 
ques variations do la densité de l’air, car ici 
une première augmentation de la pression est 
suivie d’une dépression immédiate causée par 
le retour de l’air déplacé dans le cône de l’ex¬ 
plosion. 

Dans la troisième zone, enfin, on a des vibra¬ 
tions rapidement décroissantes. 

Ce sont donc les phénomènes de la deuxième 
zone qui doivent être particulièrement consi¬ 
dérés dans notre élude. 

Supposons qu’un individu vienne à se trouver 
dans la deuxième zone d’explosion d’un obus. 
La pression de l’air qui agit sur la surface du 
corps déterminera une dépression des parties 
molles et souples, à savoir la paroi antérieure de 
l'abdomen, les côtes et les parties molles anté¬ 
rieures du cou. Celte action sera moins marquée 
pour les tissus plus compacts et plus résistants, 
et précisément pour les muscles des membres et 
du dos. Et elle le sera moins encore pour les 
parties rigides, à savoir les os do la tôle et la 
colonne vertébrale. Avec la dépression de la paroi 
antérieure do l’abdomen et do la cage thoraci¬ 
que, on a une augmentation de pression dans 
les cavités respectives. 

Celte augmentation de pression forte et rapide 
dans les cavités splanchniques détermine une 
réduction brusque des calibres des gros troncs 
veineux intrathoraciques et abdominaux et dos 
oieillettes ; elle empôche le reflux du courant 
sanguin et en modifie soudain la vitesse, pro¬ 
voquant par là un violent coup de bélier qui va 
se propager, dans une direction rétrograde, à 
tout l’arbre vasculaire. Le sang veineux regorge 
des azygos cl des plexus veineux extra-rachi- 
diens pénètre dans le canal vertébral où la pres¬ 
sion est restée plus basse, et se jette dans les 
plexus veineux inlra-rachidiens ; il va trans¬ 
mettre à ces derniers le coup de bélier cl il les 
tend fortement, provoquant une augmentation 
subite du volume contenu dans l’espace péri- 
méningé et, par conséquent, une brusque con¬ 
traction du sac durai médullaire, ainsi qu’une 
forte onde de pression dans le liquide cérébro- 

En môme temps, la pression exercée sur la 
veine cave supérieure dans le thorax et sur les 
veines jugulaires du cou constitue un obstacic 
au courant cérébral de retour. Il en résultera 
de môme un coup de bélier et une congestion 
des vaisseaux veineux cérébraux, tandis que, en 
vue de la réduction de capacité de la dure-mère 
vertébrale, il faudrait avoir une diminution du 
contenu crânien. Les actions spinales et les 
actions crâniennes vont ainsi s’additionner les 
unes aux autres. 

La compensation ne peut être donnée que par 
1.Î compressibilité de la masse nerveuse et par 
la pénétration de liquide dans les ventricules. 

Au moment qui suit l’éclatement d’un gros 
projectile, c’est-à-dire quand l’atmosphère dé¬ 
placée revient dans le cône d’explosion et qu’une 
dépression survient dans la deuxième zone, il 
sn passe des phénomènes inverses. Le déséqui¬ 
libre vasal encéphalo-médullaire, l’oscillation de 


pression et les déplacements du liquide de la 
première phase positive sont rendus, dans leur 
ensemble, plus considérables par ceux qui 
accompagnent la deuxième phase négative. 

* 

* * 

Pour tout ce qui se rapporte aux troubles 
hémo-hydrauliques oncéphalo-médullaircs se véri¬ 
fiant chez les aviateurs sous l’action de la force 
centrifuge, le lecteur voudra bien se reporter 
à mon précédent article, paru dans La Presse. 
Médicale de 1938, n° 60. J’ajouterai ici, très 
brièvement, que les troubles provoqués par la 
force centrifuge chez les aviateurs apparaissent 
particulièrement dans les mouvements rotatoires 
lorsque l’avion descend, tandis qu’ils sont bien 
moindres, ou font totalement défaut, dans les 
mouvements d’ascension. Ceci est on rapport 
surtout avec la pression barométrique, qui va 
augmenter lors de la descente et diminuer lors 
de l’ascension en proportion géométrique de la 
hauteur, et en relation avec la diminution de la 
densité des couches atmosphériques, densité qui 
est précisément- inversement proportionnelle à la 
pression. Grâce à la diminution de. la pression 
barométrique et à la raréfaction de l’air, quand 
l’avion monte, la respiration devient plus active 
cl le courant veineux est attiré vers le cœur par 
ras])iralion thoracique, qui accomplit donc une 
action d’opposition contre la force centrifuge. 11 
faut considérer aussi que la hauteur augmentant, 
la pression sur les jiarois et dans la cavité abdo¬ 
minale baisse, de sorte que les vaisseaux de l’ab¬ 
domen peuvent se vider plus librement. Le 
sang de retour est ainsi plus facilement abrité 
dans la cavité abdominale et il se ressent moins 
de l’impulsion vers la cavité rachidienne. 


MOUVEMENT THÉRAPEUTIQUE 


LE TRAITEMENT 
DE LA MIGRAINE 
PARLETARTRATE D'ERGOTAMINE 

Résultats et mode d’aotlon 


Le traitcmcnl de la migraine par le larlrale 
d’crgolaminc a été, depuis une dizaine d’an¬ 
nées, tant en France qu’à l’étranger, l’objet de 
nombreux travaux. 

Leur élude présente à notre sens un double 
inlérôl. Un intérêt pratique d’abord, car il sem¬ 
ble bien ([ue, mieux que tout autre agent, l’er- 
golaniine donne les résultats les plus complets 
et les plus constants pour calmer la céphalée de 
la migraine. Un intérêt physio-pathologique 
aussi, car si, comme il semble bien, le tartrale 
cl’ergotamine ne calme pas également toutes 
les céphalées, mais a une action presque spéci¬ 
fique à l’égard de la céphalée migraineuse, 
l’étude du mode d’action de ce médicament 
doit apporter une contribution appréciable à 
l’élude physiopathologique de la crise migrai¬ 
neuse elle-mômc. 

L’idée qui a conduit Tzanck à utiliser le lar- 
trate d’crgolaminc dans le traitement de la 
migraine est d’ailleurs une conception palhogé- 
nique. Acceptant comme vraie l’idée de Dubois- 
Reymond que la céphalée migraineuse relève 
d'un spasme vasculaire dans le territoire des 
branches de la carotide externe lié à une exci- 




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lution du sympathique, survenant chez des 
sujets qui possèdent sans doute une sensibilité 
excessive ou un mode de réactivité particulier 
(le leur syslî’ine autonoine. 'l'zanck eut l’idée, 
pour faire cesser ce siiasmo, de s’adresser au 
Ir.rlrate d’ergolamine qui a une action anlago- 
niste de celle de l’adrénaline sur les libres lisses. 
Nous reviendrons d’ailleurs ultérieurement sur 
celte interprétation qui a élé fort discutée. 

Dès maintenant nous tenons à faire remarquer 
que le tartrale d’ergoLaminc sc préscnle comme 
ane médicalion purement sympLomalique de la 
crise migraineuse. Il ne s’adresse pas aux causes 
(|uelles qu’elles soient qui déclanchent la crise, 
cl encore moins au terrain sur kaiucl elles se 
d('veloppenl. II n’a d’objet que lorsque la crise 
e.\isl(! pour la faire cesser. Aussi Vemploi de 
I rrgoluininc gagnc-l-il à s'associer aux Irailr- 
mcnls éliulogiijacs de. la migraine. 

* 

Jf: >1: 

RÉsuLT.vrs. — Maier, h; premier, en 1920, dans 
une vue d’ensemble sur l’aclion tliérapenliriue 
de rerg-otamine, comme inhibiteur du sympa¬ 
thique dans un certain nomlu’e d’al’l’eclions neu- 
rn-psychialri(pies, menlionna parmi elles la mi¬ 
graine sans y insister autrement. 

Tzanck attira vraiment le premier rattention 
sur l'aclinii thérapeulifiuc du tartrale d’ergota- 
mine dans la migraine au cours do trois com- 
municaiiüiis successives. Cel auleur a traité 
101 cas composés de 14 cas de migraines lypi- 
(pies et 57 cas d’états migr.dneux. C’est parmi 
cette seconde catégorie de malades que les ré¬ 
sultats furent les plus favorables, puiscjne 
I-l malades sur 41 ont élé guéris, et l’étal de 
]uesque tous les autres s’est amélioré. Dans les 
migraines vraies les guérisons complètes sont 
plus rares. Parfois on peut faire disparaître les 
accès pendant plusieurs mois. Tzanck signale un 
certain étal d’accoutumance au médicament qui 
oblige à augmenter les doses. Le médicament 
fut donné jiar la liouche jusqu’à la dose de 4 à 
à mg. pro die. 

Los résultats obtenus par les auteurs améri¬ 
cains semblent beaucoup plus favorables. Nous 
allons rapporter quelques slatisliques. 

William Lonnox et von Storch apjiortcnt les 
résultats obtenus chez -120 sujets migraineux au 
cours de trois années d’observation. Il s’agissait 
d(( migraines lypiciucs, le plus souvent fami¬ 
liales, constituées par des céphalées périodkines, 
associé(’s ou non à des nausées et des vomisse¬ 
ments, des troubles visuels, des synqitîimes vaso¬ 
moteurs et des malaises divers. Ces migraines 
li'amient élé soulagées par aucune autre iliéra- 
pciitigue. 

Sur les 120 palienls, 103 reçurent le médica- 
rr.ent en injcclion intraveineuse, intramuscu¬ 
laire ou sous-cutanée. Dans 00 pour 100 des cas 
la guérison de la crise fut soudaine et com¬ 
plète ; dans 4 ])our 100 l’ergotaminc resta sans 
effet ; cl dans 2 pour 100 la céphalée fut aggra¬ 
vée. Des 11 patients qui prirent le médicament 
par la bouche 82 pour 100 virent leur crise dis¬ 
paraître, et dans 18 pour 100 la céphalée fut 
aggravée. Tels furent les résultats obtenus lors 
do la première administration du médicament. 

Lors des crises ultérieures le larlratc d’ergola- 
mine donna des résullals sensiblement compa¬ 
rables. Cinq malades seulement qui avaient élé 
soulagés la première fois ne le furent pas les 
fois suivantes. Dix-neuf ])alients qui avaient, 
soit un véritable étal migraineux, soit des crises 
de migraine sévères et fréciuentes, furent sui¬ 
vis pendant plus d’une année. Tous, hormis 
un, furent guéris par chaque, injection d’ergo- 
lamine. Ain.si donc, il ne semble pas y avoir 
d’accoulumancc au médicament. 


L'ergotamine ne semble pas avoir d’action 
appréciable sur la fréquence des crises. Chez 
certains patients, ceux (jui élaient le plus.sévè¬ 
rement touchés, les céphalées semblent être 
devenues jjIus fréquentes ; chez d’autres au 
contraire, les crises paraissent s’ètre espacées. Sur 
les 120 patients, 10 patients ont eu cxceptionnel- 
kment de longues ])ériodes de tranquillité au 
cours du traitement. Dans l’ensemble, Lennox 
et von Storch ont l’impression que les céphalées 
guéries par l’ergotamine ont tendance à se re¬ 
produire plus fréquemment pendant les pre¬ 
mières semaines ou les premiers mois du traite¬ 
ment. 

O’SiiHivan après avoir essayé de nombreux 
agents thérapeutiques pour guérir les céphalées 
migraineuses constale que le larlrate d’crgola- 
minc est le seul d'enlre eux qui donne des résul¬ 
tats constants. Dans une jiériode de deux ans, 
O’Sullivan a utilisé l’ergotamine en injection 
.srius-culanée au cours de 1.132 crises de mi¬ 
graine, survenues cho 97 sujets, dont 78 femmes 
et 19 hommes. L’àge des malades variait de 11 
à 51 ans, et l’ancienneté de la migraine de six 
mois à quaranle-huit ans ; la fréquence des 
crises variait de deux par semaine à une ou 
deux par an. 

Tous les malades, hormis 8 d’enlre eux, tirè¬ 
rent un bénéfice du médicament. l.(U2 cépha¬ 
lées migraineuses furent eomplèlcment guéries 
chez 89 malades. De ces 8 patients, 4 d’entre eux 
furent néanmoins soulagés partiellement par 
rcrgotaminc. 

Cet auleur jjcnso également que le médica¬ 
ment n’a pas d’action appréciable sur la fré¬ 
quence des crises de migraine. Dans 3 cas seule¬ 
ment les céphalées se rapprochèrent après l’ins- 
titulion du traitement par l’ergotamine, mais 
deux de ces malades étaient des femmes migrai¬ 
neuses depuis leur jeunesse, et dont les crises 
lendaient déjà à devenir plus fréquentes avant 
b; Irailemcnt ergotaminique. De pins, la varia- 
hililé spontanée dans la fréquence des crises 
chez certains sujets rend toute déduction ma¬ 
laisée à cet égard. 

O’Sullivan insiste également sur l’absence 
d'accoutumance au médicament. Quand la cé¬ 
phalée migraineuse a été guérie une fois par 
l’crgolaminc, elle conserve la nu'mo aclion au 
cours des crises ultérieures. Cet auteur cilo un 
malade qui re(;ut 120 injections d’ergotaminc, 
un aulrc 64, et un troisième 48. L’oclion du 
médicament fut toujours comparable à ellc- 
nn’me. Les malades se plaisent même à op])Oser 
l.i constance de l’action de l’ergotamine à l’in- 
eonslancc des autres médical ions. 

Von Storch a soigné 430 sujcls atteints de, 
crises de migraine, 189 de ces malades ont été 
sounns au traitement par le larlratc d’ergota- 
inine, et 90,i pour 100 d’enlre eux onl vu leurs 
céphalées disparaître sons l’action du médica¬ 
ment. 

Les résultats obtenus par les auteurs améri¬ 
cains ])récilés portent sur un grand nombre de 
cas, et leurs résullals sont trop concordants 
pour ne pas être vrais. Le tartrale d’crgolamine 
semble donc bien le médicament héroïque de la 
céphalée migraineuse, puisque les échecs ne 
dépassent pas 10 pour 100 des cas. 

Dosr.s ET MODE d’ixtroductiox. — La voie 
parenlérale semble bien être la voie d’iniroduc- 
lion qui a la préférence dos auteurs américains, 
sous-cutanée on intraveineuse. Mais le larlrate 
d’ergolarninc peut également être donné par la 
bouche, plus rarement en suppositoire, et même 
par voie nasale. 

Lennox a de préférence utilisé la voie intra- 
rrincuse, parce qn’ellc n’est pas douloureuse et 


surtout parce que l’effet du médieamcnl est 
plus rapide. La céjihidée disparait environ 
quinze! à trente minutes après l’injection, tandis 
qu’il faut avec la même dose de médicament par 
la voie sous-cutanée ou inlramusculaire allendre 
quarante-cinq à (luatre-vingl-oiize minutes. 
C’est un avantage appréciable. L'injection intra¬ 
veineuse semble avoir un inconvénient, celui de 
provoquer plus fréquemment les divers ma¬ 
laises qui peuvent résulter du traitement ergo- 
t.iminiquo, cl sur lesquels nous reviendrons. 
Pour celte raison, O’Sullivan a utilisé dans la 
grande majorité des cas la voie sous-entanée. 

Une question plus délicate est de déterminer 
la dose minlma nécessaire chez chaque malade 
pour faire avorter la crise. Cette dose doit dé¬ 
pendre do l’intensité de la crise migraineuse. 
Or, le même sujet peut avoir des crises sévères 
susceptibles, de durer de deux à trois jours, et 
des crises légères ne durant que quelques 
heures. 

Pour une crise de même intensité, la dose mi- 
nima nécessaire peut également varier suivant 
le moment de la crise à laquelle on la donne. 
Une dose moindre est nécessaire tout au début 
de la crise, (|uc celle indis])ensable quand la 
crise est à son acmé, chez un palienl prostré, 
avec des nau.sées et des vomissements. A ce mo- 
inenl, pour soulager le malade, il faudra une 
dose plus forte, et les malaises consécutifs dus 
à la crise elle-même et au médicament seront 
évidemmonL plus i)énihlos. 

Si l’on injecte une dose insuffi.sanle, le malade 
pourra ne pas être soulagé et considérer comme 
un échec tbérapcuticiue ce qui est dû à une dose 
insuffisante du médicament. Ou bien encore, 
après une période do soulagement, on peut voir 
réapparaître la céphalée douze à vingt-quatre 
heures après l’injection. O’Sullivan, qui a observé 
8 faits de cet ordre, estime que la réapparition 
de la crise est duc à l’insuffisance de la dose de 
larlrate d’ergolamine, car chez les mêmes mala¬ 
des, avec une dose médicamenteuse plus forte, 
les mêmes phénomènes ne se sont pas repro¬ 
duits. 

Praliquemcnt, O’Sullivan commence toujours 
par Iji de milligramme. Si la dose est bien 
tclérée et la céphalée guérie on deux heures, 
on répétera ultérieurement la même dose. Si 
la crise n’est pas guérie en deux ou trois heures, 
ou si la céphalée réapparaît deux à douze heures 
ajirès l’injection, on fera une do.s-e plus forte de 
lf2 QU Sfi de milligramme. O’Sullivan estime 
qu’une dose supérieure à 0,5 mg. est rarement 
utile. 

Col auteur insiste sur les remarquables résul¬ 
lals obtenus avec le larlrate d’crgolamine. Il 
signale des malades ayant des cris(!s hebdoma¬ 
daires durant deux à trois jours, cl dont la vie 
n’a élé rendue possible qu’avec l’ergotamine. 
Il rapporte le cas de 3 malades dont les crises 
débutaient toujours au milieu de la nuit, 
llévoillés par la douleur ils se faisaient aussitôt 
leur injection, se recouchaient, et se réveillaient 
le malin comme si de rien n’était. Dans un cal¬ 
cul approximatif sans doute, O’Sullivan estime 
qu’il a épargné à ses malades Irenle-neuf mille 
heures do souffrance. 

Le larlratc d’ergolaminc peut également être 
pris par la bouche. La dose pour être active doit 
être plus élevée, et O'Sullivan conseille de don¬ 
ner en une fois la dose suffisante pour faire 
avorter la crise de migraine, soit 5 mg., plutôt 
que de la donner en plusieurs fois. Lonnox 
estime môme que la dose de médicament né¬ 
cessaire par voie orale peut aller jusqu’à 9 
et 10 mg. Celle dose est considérable, mais 
comme Ta montré Lennox chez le chat, 30 pour 
100 de la dose ingérée est seulement absorbée. 






62 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N” 4 


PJus encore que par voie hypodermique, l’ergo- 
tamine par la bouche donne surtout de bons 
résultats quand clic est ingérée tout au début 
de la crise, bien avant que n'apparaissent les 
sensations nauséeuses et les vomissements. A 
cette phase la voie orale n’est plus guère utili¬ 
sable, et il faut recourir à la voie hypodcrmiiiuo, 
car le médicament risquerait d'être rejeté dans 
iCf vomissements ou s’il est absorbé il exagère 
ces nausées et ces vomissements eux-mêmes. 
L’ergolamine prise par la bouche est toujours 
plus lente à agir, et la céphalée ne disparaît que 
une à huit heures après l’ingestion du médica¬ 
ment, et non plus une à trois heures comme par 
la voie parentérale. L'aclion du médicament est 
aussi beaucoup plus inconstanlc, et suivant l’ex¬ 
pression de ü’Sullivan on ne peut plus la con¬ 
sidérer comme infaillible ; et l’état du tube di¬ 
gestif, l’intensité do la crise, l’administration 
trop tardive du médicament, sont autant de fac¬ 
teurs qui jouent un rôle plus important que 
dans la voie hypodermique. Le pourccnlagc de 
guérison est d'ailleurs moins élevé, et sur 
‘15 patients traités par voie orale, O’Sullivan 
n’en a eu que 31 ayant obtenu une guérison 
complète. 

Cet auteur signale en outre l’utilité qu'il y a 
■à faire allonger le malade aussitôt après l’inges¬ 
tion d’ergotamine, et à le laisser couché jusqu’à 
ce que la céphalée ait disparu. L’évolution favo¬ 
rable de la crise serait ainsi accélérée. 

Certains auteurs, et en particulier; Podalsky, 
se sont demandés si l’on ne pourrait utiliser 
l'ergotamine comme médication préventive des 
accès migraineux, et, clans ce but, proposaient 
de donner trois fois par jour 1 mg. do tarlrate 
d’ergotamine. Il est certes possible qu’un tel 
traitement soit succptiblc d’espacer les crises, de 
faire avorter des céphalées migraineuses légères, 
ou encore de diminuer l’intensité de crises plus 
sévères, mais il ne saurait guérir la migraine. 

Cette méthode n’est pas recommandable en 
raison do l'irrégularité des crises qui, fréquentes 
à un moment, peuvent devenir rares à un autre 
en dehors de toute thérapeutique. Elle oblige à 
donner des doses relativement élevées de médi¬ 
cament, 10 ou 20 mg. par semaine ; or, l’ergo- 
Irminc est un médicament onéreux, et parfois 
toxique pour l’orgarnsmc. L’ergotamine doit 
donc être utilisée uniquement pour guérir les 
crises de migraine, et non pour les prévenir. 

O’Sullivan insiste donc sur l’utilité d’associer 
les médications étiologiques de la migraine nu 
traitement crgotaminique,alin de diminuer la 
fréquence des crises et leur intensité. 

Symptômes associés. —■ Au cours des crises de 
migraine traitées par l’ergotamine, à la cépha¬ 
lée peuvent s’associer des malaises divers dont 
il est souvent difficile de préciser s’ils sont dus 
-à la maladie ou au médicament, ou bien encore 
à l’association des deux. 

Parmi ces malaises les plus fréquents sont les 
nausées et les vomissements. D’après Lennox 
le." nausées se présenteraient dans 77 pour 100 
des cas, et les vomissements dans GO pour 100. 
Ces malaises surviennent fréquemment chez les 
malades non traités ; ils existent parfois avant 
l’administration du médicament ; mais il est 
impossible de dire que dans certains cas ils ne 
sont pas exagérés par l’ergotamine. Quand les 
nausées et les vomissements sont très pénibles 
l’injection de 1/2 mg. d’atropine, d’un composé 
calcique ou d’une médication oestrogène est 
susceptible de les atténuer. Signalons en outre 
que chez les sujets ayant habituellement des 
nausées et des vomissements au cours de leurs 
crises, l’injection précoce d’ergotamine peut 
guérir la crise avant que ces malaises n’appa- 
rsissent. 


Certains sujets, après disparition de la cépha¬ 
lée, accusent une sensation de lassitude et de 
fatigue générale qui semble plus marquée 
après l’action de l’ergotamine que quand la 
crise a disparu spontanément. 

Signalons encore les rnyalgies, les douleurs 
articulaires, les paresthésies, l’oppression pré- 
cordiale avec sensation de conslriction thoraci¬ 
que, les spasmes pharyngés, les engourdisse¬ 
ments et ies brûlures dans les doigts et les 
orteils pouvant s’accompagner do gonflement 
et de rougeur. 

Il est permis do se demander si tous ces ma¬ 
laises no constituent pas des manifestations frus¬ 
tes d’ergotisme. Dans ce but O’SuHivan a étudié 
chez les malades soumis à un traitement pro¬ 
longé la pression artérielle, les tracés élcctrocar- 
diographiquos, la glycémie, l’état des reins. Il 
n’a jamais trouvé de signes do lésion viscérale 
oiganique. De même, von Slorch, au cours du 
f'-ailemcnl de la'rnigraine par l’ergotamine, n’a 
jamais observé au cours d’examens répétés de 
signes d’ergolisme aigu ou chronique. Par 
conséquent les malaises signalés ci-dessus ne 
sont pas alarmants, et no floivent être considérés 
comme un avertissement que s’ils étaient trop 
persistants, prolongés ou progressifs. Dans ce 
cas le traitement par l’ergotamine pourrait être 
temporairement interrompu. La migraine étant 
une affection de longue durée dont les crises 
sont parfois fréquentes, il est donc indiqué pour 
éviter tout ennui de ne donner aux malades que 
1.1 close minima nécessaire do tartrate d’ergota- 

Les contre-indications du Irailement sont 
assez limitées. L’action hypertensive de l’crgo- 
taminc engagera à ne l’employer qu’avec pru¬ 
dence chez les malades atteints de lésions arté¬ 
rielles. Il en sera de même chez les femmes 
enceintes, bien que Bargcr ne considère pas la 
grossesse comme une contre-indication formelle. 
Schimmel a même injecté 2.j mg. en treize 
jours chez une femme enceinte sans provoquer 
d’avortement. L’étal de grossesse augmente la 
tolérance de l'organisme à l’ergotamine. 

Céphalées non migraineuses. L’action de l’cr- 
gotandno sur les céphalées non migraineuses est 
très inconstanlc. Certains auteurs comme ïraut- 
mann estiment que l’ergotamine n’a aucune 
action sur les céphalées banales. 

Lennox, von Slorch et Solomon ont traité 
AG sujets atteints de céphalées non migraineuses 
jiar l’ergotamine. J5 pour 100 des malades fu¬ 
rent améliorés ; 03 pour 100 no le furent pas, et 
22 pour 100 furent aggravés. 

Cos ‘IG malades se répai üssaieid ainsi ; S mé¬ 
ningites aseptiques, 5 néoplasmes intracrâniens, 
1 hémalomo sous-dural, 7 céphalées consécutives 
■à la rachicentèse, 8 céphalées consécutives à une 
crise convulsive, 11 céphalées de cause indéter¬ 
minée, cl 5 céphalées par histamine. 

Les G cas améliorés étaient constitués par 
3 céidialécs de cause indéterminée, et 3 cépha¬ 
lées posl-épilcpliqucs. Il est permis de penser 
que CCS trois dernières auraient guéri spontané¬ 
ment, et le rôle de l’ergotamine dans ces G cas 
est malaisé à préciser. 

Parmi les 7 céphalées aggravées par l’crgola- 
mine, on comptait 5 céphalées indéterminées 
et 2 céphalées post-épilcpliqucs. 

Los 5 céphalées post-hislaminiques ne furent 
aucunement améliorées par l’ergotamine. 

Enfin, chez 38 sujets non migraineux et sans 
céphalée, l’ergotamine détermina de la céphalée 
chez 14 pour 100 d’entre eux. 

Signalons encore que les céphalées migrai¬ 
neuses sont beaucoup plus rarement aggravées 
par l’ergotamine (3 pour 100\ que les céphalées 
hanalesi (22 pour 100). 


En résumé, l’action du tar.trate d’ergotamin.c 
est à peu près spécifique de la migraine, et son 
effet sur les céphalées banales est très incons¬ 
tant, si ce n’est douteux. 


Mode d’actiok du x.vRTn.ATE d’ergotamine. — Si 
l’action du tarlrate d’crgolamine sur la cépha¬ 
lée migraineuse est certain et môme remarqua¬ 
ble, le mécanisme par lequel il agit a été jus¬ 
qu’ici l’objet d’interprétations diverses. Il en est 
trois principales que nous exposerons successi¬ 
vement : 1° L’ergolamine agit directement sur 
le.s terminaisons sensitives ; 2° l’ergotamine agit 
comme vaso-dilalateur ; 3“ l’ergotamine agit 
comme vaso-constricteur. 

1“ L’idée que l’ergotamine pouvait agir dans 
la migraine par une action analgésique sur les 
terminaisons nerveuses du système autonome 
au niveau des centres nerveux et des méninges 
a été émise par divers auteurs. Lennox relient 
en faveur de cette hypothèse le fait que chez des 
sujets allcinls de prurit et de migraine, l’ergo- 
tamine calme à la fois la céphalée et le prurit. 
.Mais les objections que souffre cette hypothèse 
sont beaucoup plus nombreuses. Si l’ergotamine 
avait vraiment une action analgésianle sur les 
trrininai.sons nerveuses, on comprendrait mal 
que celte action fût à peu près spécifique de la 
migraine, et que celte médication resliit le plus 
souvent sans action sur les céphalées banales, et 
sur la céphalée hislaminique en particulier. On 
comprendrait moins encore que chez des sujets 
non migraineux l’ergotamine provoquât parfois 
des céphalées. 

Il est aussi un fait que les autres algies ne 
sent pas soulagées par l’ergotamine. O’Sullivan 
en rapporte doux exemples instructifs. Un sujet 
qui reçut une injection d’crgolamine pour une 
crise de migraine souffrait aussi de mal de dents. 
L’injection guérit bien la céphalée mais non 
la douleur molaire. Un autre sujet migraineux 
souffrait également de douleurs continues très 
pénibles dans le lorriloirc du cubital, consécu¬ 
tives à une blessure par balle datant de la 
guerre. L’ergolamine guérissait bien les cépha¬ 
lées migraineuses, mais restait sans action 
aucune sur la douleur cubitale. Ce faisceau d’ar¬ 
guments rend bien douteux l-’action analgési¬ 
que de Vergolamine sur les terminaisons ner¬ 
veuses. 

Notons aussi que l’injection d’ergotamine 
n’élève pas le seuil de la douleur en général, et 
celui du mal de tête en particulier. 

II est raisonnable de penser que le modo 
d’action de l’crgolaminc est en rapport avec le 
mécanisme physiopathologique do la crise de 
migraine, cl pour O’Sullivan un certain nombre 
de faits justifient celle opinion ; l’absence 
d’action de l’ergotamine sur les céphalées bana¬ 
les, la disparition brusque de la céphalée sous 
1 action du médicament, la variabilité d’ac¬ 
tion de l’ergotamine avec l’état humoral du 
sujet, et en jiarliculier l’augmentation de la 
tolérance des femmes enceintes au médicament. 

Dans CCS conditions, inévitablement on devait 
rechercher quelle est l’action de l’ergotamine 
sur le déséquilibre vaso-moteur qui accompagne 
la crise migraineuse, que l’on admette avec 
Dubois-Reymond que celte crise est liée à un 
spasme vasculaire , ou, au contraire, avec Mol- 
Irndorf, à une vaso-dilatation par paralysie du 
sympathique. 

2” Le tartrate d’erootamine vaso-dilatateur. 
— Depuis Dubois-Reymond la majorité des au¬ 
teurs a considéré la crise migraineiLse comme la 





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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


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I uiiséquem.i' d'un spusinc Viisculuiic, Inutile de 
r.'.ppclei" la ijalour do la l'aco, l'abaissoinoiil do 
la tempérai uro de la peau, la dureté do la tem¬ 
porale, la dilalalioii pupillaire, au cours de la 
crise migraineuse. 

Pasteur Vallory-Radol a signalé que l'applica¬ 
tion de glace sur le Iront, ou même le fait do 
mettre les mains dans de l’eau glacée, suflisail 
.'i déclencher parl'ois une crise de migraine. Par 
cmdrc, au cours d'une crise, l’inlialalion do 
nitrite d'anivlo est susceplihlo do faire cossit 
la céphalée ])ondant cinq à quaranlo-ci rui 
minutes. 

Enfin les diverses opérations sur le sympa¬ 
thique cervico-lhoraciquc, la sympathectomie 
périartériello tie l’artère temporale peuvent faire 
disparaître les crises pendant un temps variable. 

D’autre part, les recherches pharmacologi- 
(lues, celles de Dalc et de bien d’autres, ont 
montré que rergotamiuc augmente la tension 
sanguine par vaso-constriction périphérique, se 
comporte comme un déprossour du sympathi¬ 
que et peut renverser l’action de l’adrénaline. 

donc il était logique de penser que l’er- 
golqmine guérit la céphalée migraineuse en fai¬ 
sant cesser le spasme vasculaire, et s’il en est 
ainsi, dos modifications de la ll■nsion artérielle 
ot de la tension céphalo-rachidienne doivent 
s’ob.servcr. Nous rapporterons brièvement à ci.' 
sujet les intéressantes recherches do Pool, von 
Slorch et Lenno.x. 

Cos autours, clio/. !) sujols, an cours do la crise 
do migraine, .ad trouvé une letision .-éplialo: 
rachidionno variant entre il ot ISO m/n., soit 
ll;{ do moyonno. Chez dos snj.ds iiormauv la 
moyonim él.ul di' b’tO ni///. Cliez la plupart dos 
sujets ils ont (■(Uislalé une.•augmenlalion de la 
lension eéphalo-raehidienne, ascension brusque 
due à la douleur d'al/ord, suivie d'une ascension 
lente due à rergolaïuiiu'. Celle ascension était 
de lô à 40 m//i., soit 11 pour 100. Chez .'l sujols 
la tension n'a jias monté. 

Ch/'z les sujets île oonlriMe rascension a élé 
plus élevée, soit 2-1 jiour 100. 

L’élévation ma.vima est plus rapide chez, les 

migraineux (seize minutes). 

La pression artérielle après inje.clion d’ergoln- 
rnine monte dans la nmjorilé des cas. soit 18 
sur 21, baisse dans 1 cas, et n’est pas modifiée 
dans 2 cas. 

Les rnodi/icalions du pouls sont variables sui¬ 
vant les sujets. Pool, von Sloreh et J.ennox pen¬ 
sent que ni les moilificalions de la tension 
céphalo-rachidienne, ni les variations de la ten¬ 
sion artérielle, ne sont siiseeplihles d'expliquer 
In guérison de la répttaJée migraineuse, et pour 
diverses raisons. 

Ces variations tensionnelles sont assez mini¬ 
mes. Elles apparaissent rapidement, bien avant 
la disparition de la céphalée. Elles sont de même 
ordre, et parfois i/lus amples chez les migrai¬ 
neux dont les céphalées ne sont pas influencées 
j/ar l’crgolamine, ou e/icore chez les sujets nor¬ 
maux. 

Ces auteurs se demandent si la céphalée ne 
pourrait s’expliquer par un étal d’anoxémie et 
un défaut de nutrition du tissu nerveux lié au 
spasme vasculaire !' 

Celle opinion est disculable, car en réalité 
les troubles vasculaires qui conditionnent la 
céphalée de la migraine ne siègent pas dans le 
cerveau, mais dans les méninges, dans la dure- 
mère et les vaisseaux crâniens. Comme l’ont 
montré les recherches expérimentales des phy¬ 
siologistes, la circulation cérébrale est surtout 
une circulation passive et le régime circulatoire 
des vaisseaux cérébraux est tout différent de 
celui des autres vaisseaux de l’organisme L’in- 


jiclioii d’cigul.imine ne ilétermiuc jias de iimdi- 
ficalioii appréciable des vaisseaux encéphaliques, 
alors qu’elle provoque une, vaso-conslriclioii 
intense des vaisseaux de la dure-mère et des 
vaisseaux ciilanés. 

Le rxicruAii: i.'i;iu;or..vMi.\n v.aso-coxsiiuc- 
TEUH. — Les céphalées de la migraine oui pour 
siège d'origine les vaisseaux de la dure-mère cl 
les vai.sscau.r eraniens, et elles sont dues, en réa- 
lilé, non à une vaso-constriction, mais à une 
va.so-dilala.lion. Tels sont les faits qui ont élé 
soutenus avec des arguments rlignes de retenir 
ratlention. 

Dès 1908, Cushing écrivait ; u C'est mon ini- 
piession que la j/luparl des céphalées, celles de 
la . migraine aussi bien qbe les autres, sont lar¬ 
gement d’origine ducale. » 

Dickerson ojtéru 7 patients de céphalées (mi¬ 
graineuses, traumatiques, etc...' et lia l’artère 
méningée moyenne. La disparition des céphalées 
du côté opéré en résulta. 

Pickering, pensant que les céphalées consécu¬ 
tives à l’injection d’histamine élaienl d’origine 
durale, fit une ablation du ganglion de Casser 
qui détermina de l’anesthésie de la dnre-mère. 
De ce cédé les ci'q/halées posi-hislaminiques dis¬ 
parurent. 

Pcnficld guérit doux palienis migraineux par 
la section îles filets ophtalmiipies de la racine 

Pool et Nason, faisani des injections intravei¬ 
neuses de larirale d'ergolamine ,à des chats, 
constatent iiue : 1" les effets sur le calilue des 
vaisseaux de la j/io-nière sont très ineonslanls ; 
2' on observe une vaso-eonslricllon des artères, 
durales dont la diminution de calibre est d’en¬ 
viron 2.Ü pour 100; .‘T’ la vaso-conslriction des 
artères de la peau est de 89 pour 100 en 
moyenne ; 4" on observe une élévation de la 
pression arlérielle. et des moilificalions variables 
de la tension céphalo-rachidienne. 

Crabam el Wolf’f ont rej/ris l’étude du mode 
il action de rergolamine dans la céphalée mi¬ 
graineuse el ont obtenu des résidlals compara¬ 
bles à ceux de Pool et Nason. Les modifications 
dans Vinlensité de ta céphalée migraineuse sont 
étroitement en rapport avec les modifications 
dans l'amplitude des pulsations de certaines 
branches de la carotide externe. Los facteurs qui 
diminuent l'amplitude de ces pulsations dimi¬ 
nuent l’intensité de la céphalée, ceux qui les 
augmenlenl exagèrent la céi/halée. 

C’est ainsi que la compression de la carotide 
jirimitivc dans 24 ras de migraine détermina 
une atténuation de la céj/halée, et dans certains 
cas même, sa suppression; la compression de la 
temporale fait disparaître lu céphalée dans la 
moitié antérieure de la tête, ot la compre.ssion 
de l’occipitale dans la moitié postérieure. 

L’injection de eocaïne autour de l’artère tem¬ 
porale, ou encore sa ligature, calment de même 
la céphalée dans la région temporale. Par con- 
Ire l’injection de sérum physiologique sous len¬ 
sion dans l’artère temporale détermine, de la 
douleur dans la région correspondante. 

L’injection intra-veineuse de tartrate d’ergo- 
tqmine dans la migraine détermine une dispari¬ 
tion de la céphalée, el une réduction d’amplitude 
des pulsations des artères temporale et occipi¬ 
tale variant de 18 pour 100 è 84 pour 100, soit 
une moyenne de 50 pour 100, et il existe un 
parallélisme remarquable entre les variations 
de la céphalée et l’amplitude des pulsations 
artérielles. Au cours d’une trépanation, l’exa¬ 
men montra une diminution d'amplitude de 
s.'0 pour 100 des pulsations de la méningée 
moyenne après injection d’ergolamine. Signa¬ 
lons que chez 34 sujets de contrôle Graham et 


Wolff conslalèrent des réactions artérielles 
iiienliques sous raclion de l’ergotumine. 

Au contraire, l’arlion du médicament su/- les 
artères cérébrales, branches de la carotide in¬ 
terne, est très irrégulière, qu’il s'agisse de sujets 
atleints de crise de migraine ou do sujets de 
contrôle, el il n’existe aucun rapport apparent 
entre les variations rie la céphalée el l’ampli- 
ludo des pulsations. 

Los recherches de Gnibam el VVolIT. quant à 
l’action de l’ergolamine sur la lension arlérielle, 
la lension cé|)bido-rachidienne et le pouls, con- 
fiiment les travaux aniérieurs de von Slorch, 
Pool et Lennox. 

L’action de l'histamine est inléiessanle à si¬ 
gnaler. Chez. 8 sujols atteints de migraine dont 
la céphalée avait élé guérie par 1 .•'rgotamine, 
une injection intraveineuse d’histamine fil 
réapparaître la cé|)halée el provoqua une aug¬ 
mentation de raïuplitiide des oscillations. 
Quand celles-ci ledevinrent normales, la cépha- 
iéi'. disparut. 

Chez. 13 sujets di' contrôle, l’histamine biisa 
■ le même l’action de rergolamine, el l’augmen¬ 
tation de raniplilude des juilsalions fut ai-com- 
pagnée de céphalée. Chez 11 d’entre eux on 
observa parallèlement une augmei/talion di’ 
l’anq/lilude des oseillalions du liquide céphalo¬ 
rachidien. 

lui fait observé par Ci'abam et Wolff est j/ar- 
liculièrcmenl curieux. En siijel alleini de 
migraine du cùlé gauche voit sa céphalée cid- 
n/ée jjar l’ergolamine. Peu après on lui injecte 
une dose d'histamine égale à la moitié de celle 
employée communément j/our déterminer de la 
céphalée. La céplud/'-e a[)parait, mais seulement 
à gauche, el l’amplitude des oscillations de la 
temporale .eanche seule augmente. 

Le résultid des recherches do ik/ol et Nason, 
lie Graham el Wolff esl indisciilablemenl im¬ 
pressionnant. Le liuuble vaso-moteur qui accom¬ 
pagne la crise migraineuse et sans doute la con- 
ditionni' se passe dans le territoire, des bran¬ 
ches de la carotide externe et non dans celles 
de la carotide inlerne, el sur les pri'inières seu¬ 
lement rergolamine a une action facile îi mettre 
en lumière. 

Il est peu probidile qu/' la migraine soit le 
fait d'un spasme vasculaire, el que l’ergota- 
mine agisse comme un paralysant du sympa- 
Ihique. Depuis ]on.glem])s les recherches de Dalc 
ot/t montré rjue si les hautes doses d’ergolamine 
paralysent le sympathique, les faibles doses 
l'excitent. Et d'autre part, il esl aisé de consta¬ 
ter que les doses d’ergolamine qui guérissent 
les céphalées de la migrainr- ne paralysent pas 
h'^ voii's sympathiques, el laîksenl persister la 
(lilalalion pupillaire! j/ar une excitation cutanée 
douloureuse ]);/r exemple. Il est bien probable, 
d aulre part, que le parallélisme observé par 
Graham et Wolff entre l’état des vai.sseaux cr⬠
niens et l’intensité de la céphalée, n’est pas une 
coïncidence fortuile. El il est logique de penser 
que la céphalée due ii la distension douloureuse 
des arlères crâniennes esl .-ioulagée par l’action 
voso-constriclrice du larirale, d’ergolamine. 


Conclusions. — Le tartrate d’ergolamine en 
injection est une remarquable médication cura¬ 
tive de la céphalée migraineuse, puisqu’elle fait 
disparaître celle-ci dans 90 pour 100 des cas 
environ. La dose minima nécessaire de médi¬ 
cament varie entre 1/4 et 1/2 mm. dans la majo¬ 
rité des cas. 

L’ergotamine n’a pas d’action appréciable sur 
les autres céphalées. 






64 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N” 4 


Le mode d’action de l’crgolamine sur la 
céphalée migraineuse est encore incertain, com¬ 
plexe sans doute, comme le mécanisme physio¬ 
pathologique (ie la crise migraineuse clle- 
inôme. 

Si l’ergolamine a une action analgésique, son 
rôle est probablement accessoire. Les branches 
terminales do la carotide externe, duralcs et 
crâniennes, sont, au cours de la crise migrai¬ 
neuse, le siège de troubles vaso-moteurs qui 
irritent leur gaine syinpathiciiic et conditioiment 
la céphalée. L’ergotamino agit en modiliant ce 
désordre vaso-moteur, et vraisemblablement par 
une action vaso-constrictive. 

Hexri Scn.vEFFEn. 


biblioghaphie 

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PREMIER CONGRÈS DE L'ASSOCIATION DES MICROBIOLOGISTES DE LANGUE FRANÇAISE 

(Instilul Pasteur, Paris, 27, 28 et 29 Octobre 1938.) 


PnEMlÈBE SÉANCE. 

Rapport. 

Les antigènes somatiques et flagellaires 
des bactéries 
M. André Boivin, 

avec la collaboration de Lydia Mesrobeanu. 

L’auteur étudie surtout les rapports existant entre 
les antigènes somatiques et llagcllaircs des bacté¬ 
ries et la virulence cl le pouvoir immunisant de 
CCS bactéries. C’est pourquoi il s’étend surtout sur 
les anligèncs somatiques. Wcil cl Félix ont nommé 
forme H la variante rnobiie. du Protcus et forme O 
la variante immobile du même germe. D’on l’ha¬ 
bitude prise d’appeler antigène II les antigènes 
flagellaires de toutes les bactéries et antigène O 
les antigènes somatiques. Au point de vue de la 
virulence des germes et par consétiucnl du pou¬ 
voir vaccinant, l’antigène O est beaucoup plus 
important que l’antigène H ; c’est lui qui est 
responsable de la li.xation du complément, du 
pouvoir bactériolytique, de la phagocytose. 

Quelle est la nature chimkiue des antigènes 
somatiques ? Chez de très nombreuses bactéries on 
rencontre des polysaccharides qui, dans les réac¬ 
tions de précipitation, montrent une spéciPieité 
identique à celle que révèlent les germes corres¬ 
pondants dans les réactions d’agglutination soma¬ 
tique. Il est certain que ces polysaccharides sont 
les éléments responsables do la spécificité de type 
des antigènes somatiques, et les études sur le pneu¬ 
mocoque ont prouvé que la virulence et le pouvoir 
vaccinant étaient liés à la présence de ces polysac¬ 
charides. Ceux-ci sont spéciliqucs, mais non anti¬ 
gèniques : ce sont des « haptènes ». Quel est alors 
l'antigène complet ? On n’est pas encore parvenu 
à en préciser la nature ni à l'isolcr de la cellule 
qui le porte chez les baetéricAS à Gram positif: 
mais il en est tout autrement des bactéries à Gram 
négatif, chez lesquelles l’auteur et scs collabora- 
teurs-onl pu isoler l'antigène complet et en préciser 
la nature chimique ; il s’agit d’une substance 
glucido-lipidiqne, qui représente à la fois l’anti¬ 
gène O complet de la bactérie et son endotoxine. 
L’auteur donne les trois méthodes d'extraction des 
antigènes glucido-lipidiques et leurs principales 
caractéristiques; il s’agit d’édifices chimiques très 
complexes et qui n'ont certainement aucun rap¬ 
port de constitution avec les protéines. 

L’auteur étudie ensuite la question de l'antigène 
Yi du B. typhique. 

L’antigène flagellaire H est de nature encore 
inconnue. Pour la plupart des germes il n'inter¬ 
vient guère dans les phénomènes de virulence 
et de pouvoir A'accinant. 

Communications. 

Etude des extraits toxiques de streptocoques 
en sérum animal. — MM. L. Cotoni et J. Pochon. 
On peut obtenir à partir des corps microbiens un 
poison qui tue la souris cl le lapin exclusivement 


par voie veineuse. Ce poison a de grandes analogies 
avec l’hémolysinc strcplococcique, sans qu’on puisse 
cependant les identifier avec certitude. 

Propriétés tuberculiniques des constituants 
organiques des bacilles tuberculeux. — MM. A. 
Boquet et G. Sandor. S’il n’est pas encore permis 
d’affirmer que la tuberculine est un polypeptide 
ou une substance de nature chimique particulière, 
on peut considérer comme acquis qu’elle n’est 
pas le protéide bacillaire proprement jdit. 

Structure antigénique des bacilles tubercu¬ 
leux. — MM. G. Sandor cl "W. Schaefer ont 
réussi à déceler dans le sérum de certains ani¬ 
maux, préparés par des injections de bacilles bovins 
dysgoniques tués, un anticorps qui fixe le com¬ 
plément et précipite spécifiquement les protéides 
du bacille de Koch. Cet anticorps peut être séparé 
des anticorps anti-lipoïdiques et anti-polyosidiques 
egalement présents dans ces sérums. 

Modiücations des anticorps antipneumococ- 
ciques sous l’action de la pepsine. — M. Gra- 
bar. La meme quantité de polysaccharides préci¬ 
pite une quantité d’azote plus pclilc après l’action 
de la pepsine sur les anticorps. On peut en tirer 
une métliode de purification de ces anticorps. 

Modiûcation des propriétés antigéniques des 
divers microbes en fonction de leur stade de 
dissociation. — M. N. Kossovitch. Elude des 
modifications sérologiques des propriétés antigèni¬ 
ques des formes R et S et dos types intermédiaires 
des bacilles Ebcrth, para A, para R, ayant subi 
la dissociation spontanée. Technique de l’auteur. 

Etat actuel de la vaccination anti-tubercu¬ 
leuse par le chimiovaccin et par d’autres trac¬ 
tions isolées du bacille tuberculeux. — MM. Ma- 
chebœuf cl J. Dieryck ont obtenu, avec des pro¬ 
duits extraits du bacille tuberculeux, une vacci¬ 
nation très intéressante. Ce vaccin est inoffensif 
pour les sujets sains, mais les auteurs n’ont pas 
encore réussi à le rendre tel pour les sujets tuber¬ 
culeux. 

Recherches sur les antigènes somatiques de 
la famille des Salmonella. — M. Kurt Meyer. 
Il semble que les différents facteurs antigèniques 
des diverses Salmonella ne constituent pas des 
espèces chimiques d’une composition constante, 
mais qu’ils représentent seulement un simple mé¬ 
lange de deux substances indépendantes. 

Vaccination du lapin contre l’épithélioma de 
l’estomac. — MM. A. Besredka et L. Gross. Les 
lapins préalablement vaccinés par la voie inlra- 
cutanéc deviennent réfractaires à l’inoculation de 
l’épilhélioma dans l’estomac. L’immunité ainsi 
obtenue est solide. 

Sur l’importance des données de l’histo-phy- 
siologie expérimentale dans l’étude de l’im¬ 
munité. — MM. Peyron, Poumeau-Delille cl 
Mercier opposent à la théorie de rimmiinilc locale 


de Besredka l’action des histiomonocyles du sang, 
qui interviennent dans l’immunité. 

Pouvoir üoculant et protecteur des sérums 
anticharbonneux de lapins. — MM. N. Stamatin 
et W. Schaefer. Il n’y a aucun rapport entre la 
valeur protectrice d’un sérum et son pouvoir flocu- 
lant. L’activité protectrice des sérums charbonneux 
n'est pas proportionnelle à la quantité d’antigène 
injecté. 

Souches de mutation du bacille dysentérique 
des nouveau-nés obtenues par passages sur les 
animaux. — M'"'’ M. Aitofi. Elude d’une transfor¬ 
mation d'un bacille type Flexner en bacille type 
Shiga. 

I ; Recherches immunochimiques sur la lèpre. 
Il : Etude de l’haptène spécifique. — MM. Y. 
Chorine et Georgette Lévy. Essai de purification 
do l’haptène spécifique extrait des lépromes de rats 
infectés : la distillation fractionnée a permis de 
doubler l’activité de cet haptène. Par ailleurs, les 
auteurs ont essayé sans succès d’obtenir l’antigène 
O complet. 

Deuxième séance. 

Premier rapport. 

Les facteurs de croissance 
pour les microorganismes 
M. André Lwofi. 

L’auteur définit « facteur de croissance pour 
un organisme donné » une substance dont cet 
organi.sme est incapable de réaliser la synthèse et 
en l’absence de laquelle toute multiplication do 
col organisme sur milieu synthétique est imjMS- 
sible. Cette définition exclut les éléments indis¬ 
pensables à la construction de la matière vivante : 
C, H, O, N, P, Fe, Mg, Cu, Zn (ceci toutefois 
à la condition de considérer ces éléments sous 
leur forme oxydée), les aliments carbonés énergé¬ 
tiques ou les substances interchangeables qui con¬ 
tribuent à conférer au milieu certaines propriétés, 
comme la concentration en H cl OH, les facteurs 
de départ et les stimulants. L’auteur se borne à 
examiner les facteurs de croissance de composi¬ 
tion et de constitution connues: hémaline, aneu- 
rine. cholestérol, etc. Quel est le rôle physiolo¬ 
gique des facteurs de croissanceAu voisinage des 
dilutions limites, l’activité des facteurs de crois¬ 
sance e.st quantitative; ceci a été établi pour de 
nombreux facteurs; il semble y avoir là une pro¬ 
priété très générale, qui permet de calculer, con¬ 
naissant la concentration d’un facteur et le nom¬ 
bre d’organismes qui se sont développés à la 
faxeur de cette concentration, le nombre de molé¬ 
cules nécessaires à chaque organisme. L’action 
des facteurs de croissance à des dilutions considé¬ 
rables apparaît comme parfaitement normale si l’on 
exprime les résultats en molécules par orga- 

Les organismes carencés en facteurs de crois- 








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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


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sancc sont pliysiologiquemcnt diffôrenls des mic-ro- 
bcs normaux. Les facleiirs de croissance consli- 
tucnl les groiipcnicnls proslliétiqiies des cn/.ynics 
cellulaires. Les organismes ayant besoin d'un fae- 
leur de croissance sont ceux qui ont perdu le 
pouvoir do réaliser la syntlièse de ce fadeur; 
l'organisme parasilc possède toujours un pouvoir 
de syntlièse beaucoup plus l>as que l’organisme 
libre. La symbiose s'explique également par le 
besoin de facteurs do croissance. Par exemple : 
H. canis a besoin du facteur X, il réalise la syn¬ 
thèse du facteur V. II. pandnihicnzHC a besoin 
du facteur V, il réalise la synthèse du facteur X. 
Ensemencées séparément ces deux bactéries ne se 
multiplient pas ; ensemencées ensemble elles se 
développent. 

En règle générale, les facteurs de croissance doi¬ 
vent être considérés comme des constituants fon- 
{himentaux de la matière vivante. 

Communications. 

Symbiose et facteurs de croissance. — ,M. 
W.-H. Schopfer. Relation d'un cas de symbiose 
artificielle entre une levure et une moisissure, cha¬ 
cun des deux partenaires fournissant à l'autre 
le facteur de croissance qui lui manque. 

La spéciücité d’action de l’anenrine sur quel¬ 
ques microorganismes. Action d’un homologue 
de l’aneurine. — M. 'W.-H. Schopfer. L'action 
de l'ancurine est assez rigoureusement spécifique. 
Do plus, un homologue de l'ancurine, dont la pyri- 
midine contient en position 2 un groupe éthyle 
au lieu do métliyl, est fortement actif 
l'aui'urino elle-même) sur Phyconiyces blukcsleca- 
lins. b’sliUigo violacea. etc. 

Deuxième rapport. 

Facteurs de croissance et toxinogénèse 

M. Paul Bordet. 

L'auteur étudie les facteurs favorisant la crois- 
.sance des bactéries toxigènes, assurant ainsi de 
façon indirecte une production plus abondante de 
toxine. Les données recueillies actuellement à cc 
sujet concernent surtout le bacille diphtérique. 
L’addition de levure au bouillon Martin permet 
d'obtenir des toxines de titre très élevé (35-45 uni¬ 
tés au lieu de 15-20). La levure agit en favorisant 
l’utilisation des glucides par le bacille dijihlérique 
et, par lè, sa croissance, d'où une production de 
toxine plus élevée. Quel que soit le sucre employé 
parmi ceux que le bacille diphtérique lient désin¬ 
tégrer, le traitement du bouillon par la levure 
exerce un double effet: d'une part, il augmente 
la tolérance de la culture à l'égard du sucre, 
d'autre part, il accroît très fortement les effets 
favorables do l'addition de sucre sur le dévelop¬ 
pement de la culture et la production de la toxine. 
Quel est le mode d'action de la levure dans ce 
phénomène!' Elle s'opjio.sc à une acidité excessive 
nuisible au développement microbien cl à la loxino- 
génèse, et par là permet une consommation plus 
active des sucres d’une part, et d'autre part aug¬ 
mente l'aptitude de la culture à se déliarrasscr des 
acides résultant de cette consommation. Qiiaiil 
aux principes actifs de la levure, on n'a pu jus¬ 
qu'ici les identifier. 

Il faut enfin ajouter que l'addition au bouillon 
Martin de divers microorganismes (sarcines jaunes, 
H. coli), ou produits autres que la levure, favorise 
également la -production do toxine, quoique beau¬ 
coup plus faiblement que la levure. Les sels miné¬ 
raux ont également une action sur la toxinogénèse. 
Si l’on diminue la concentration de cuivre dans 
le milieu de culture, on y réduit la production 
de toxine diphtérique sans toutefois influencer la 
croissance microbienne. Le fer, inconteslablemiml 
utile à très petites doses, est nuisible aux do.scs 
plus fortes. Enfin, l’aération de la culture est 
nécessaire pour la production d'une toxine active. 

Les données au sujet des facteurs de croissance 
agissant sur les toxines autres que la toxine diphté¬ 
rique (toxine tétanique, streptocoque, etc.) sont 
encore trop restreintes pour qu’on puisse en tirer 
des conclusions. 


Communications. 

La production des toxines diphtérique, téta¬ 
nique, staphylococcique, en vue de l’obtention 
des anatoxines correspondantes. — M. G. Ra- 
mon' étudie les différents milieux qui servent 
actuellement à la production de ces toxines, 
milieux adaptés surtout à la préparation de gran¬ 
des quantités de toxine possédant un titre antigène 
élevé, de façon à obtenir des anatoxines d’une 
valeur antigène aussi grande que possible. Les 
essais effectués dans le but d'obtenir des milieux 
chimiques définis n'ont pas encore donné des 
résullats pratiques assez salisfaisants pour qu'on 
les substitue aux milieux habituels. 

La méthode de floculation et le dosage des 
antigènes diphtérique, tétanique, staphylococ¬ 
cique. — M. G. Ramon. Cette méthode a été 
employée dès le début pour la toxine diplitérique. 
En cc qui concerne l’antigène tétanique, elle a 
été plus difficile à mettre au point. Dans les 3 cas, 
l'essentiel réside dans le choix de l’aiitisérum éta¬ 
lon, qui doit renfermer comme anticorps le seul 
anticorps spécifique, afin d'éviter l’apparition d'une 
lloculalion anormale. 

Sur certaines particularités de la toxinogé¬ 
nèse dans les cultures de staphylocoques. — 
.MM. G. Ramon et R. Richou. 11 ne semble pas 
y avoir de relation entre la virulence du staphy¬ 
locoque cl sa propriété toxigène. Une souche très 
loxigène dans un milieu déterminé peut l'ètrc 
beaucoup moins sur un autre milieu. La circula¬ 
tion dans les ballons de culture du mélange d'air 
et d’acide carbonique semble indispeii-sable. L’ac¬ 
tion du formol sur la toxine staphylococcique 
dépend de la souche et du milieu sur lequel elle 
s’est développée. 

Production de la toxine diphtérique. I. Mi¬ 
lieu de culture. H. Souche toxigène (Institut 
Pasteur 1904-1938). — MM. G. Loiseau et M. 

Philippe. 1. Etude des différents perfcclionneiiienls 
apportés suecessiveinent dans la production de la 
toxine diphtérique et qui ont permis de porter 
son litre de 11,7 unités en 1929 à 35,8 en 
1938. 

11. Pour cs.'ayer d'obtenir une meilleure stabi¬ 
lisation du pouvoir toxigène, les auteurs ont con¬ 
servé leur souche en anoxybiosc et ont obtenu 
ainsi de meilleurs résultats. 

Recherches sur la toxinogénèse tétanique. — 
M. A.-R. Prévol. Afin de déeoinrir les diffé¬ 
rentes causes qui peinent provoquer les irrégu¬ 
larités bien connues de la toxinogénèse tétanique, 
railleur recherche celles qui peuvent dépendre du 
milieu de culture, des tampons du pu et du ni 
et de la souche elle-mcme. Puis il étudie le phe- 
iiomène de la douille zone de nociilalioii. la flocii- 
lalion paradoxale ii’étant que la lloculalion spéci- 
liipie de l'antigène llagellaire avec l'anticorps 
homologue. 

Essais de stabilisation de la fonction toxigène 
du B. diphtérique. — M. M. Philippe. La fonc¬ 
tion loxigène du IL diphtérique se trouve nola- 
blemcnl accrue du fait de la conservation du 
bacille à l’abri de l’air (hypoxybiose). 

L’endo-anatoxine typhique et ses applications 
dans la vaccination et la sérothérapie anti¬ 
typhiques. — M. E. Grasset a olitenu un anti¬ 
gène, a endo-analoxine typhique a qui confère à 
l’animal d’expérience (souris) une haute protec¬ 
tion contre l'injection d’épreuve. La vaccination 
humaine avec cet antigène a donné partout d’ex¬ 
cellents résultats. Le sérum préparé à partir de 
celle endo-analoxine s’est montré également actif. 

L’état réfractaire des cobayes post-partum 
vis-à-vis des toxines tétanique et diphtérique 
introduites par voie vaginale. — MM. P. Nelis 
et E. Lagrange. Les cobayes manifestent post 
parlum une résistance à l'inloxicniion 10 fois plus 
grande que les témoins. Ce phénomène est lié a 
la mise bas, et non à l’étal do gestation. Celle 
résistance est due à un étal réfractaire local cl 
non général. Le phénomène n’a pu être reproduit 


TnoisiÈJiE siîANcn. 

Séance consacrée à la cliimioihérapic 
des infections microbiennes. 

Résultats acquis dans le domaine 
de la chimiothérapie antibactérienne. 

Introduction, par M. Fourneau. 

Ce .sont dos laboratoires allemands (I. G. Far- 
bcnindiislrie) qui ont les premiers (1932) fourni 
aux médecins un produit vraiment efficace contre 
les infections bactériennes: le Prontosil. Le pre¬ 
mier, Domaglt constata son efficacité sur le strep¬ 
tocoque. l’uis vint l’inqiortanle découverte de 
Tréfouël, Nilti et Rovel, qui constatèrent que .seule 
une partie de la molécule de Prontosil, l’amino- 
phénylsiilfamide, était active. L’aminopliény Isul- 
faniide possède une très grande diffusibililé ; il 
exalte les propriétés bactéricides naturelles du 
sang; enfin il manifeste une extrême indifférence 
vis-à-vis des tissus cl du contenu des cellules les 
plus variées. A l’heure actuelle, on compte à côté 
du Prontosil 8 médicaments, agissant sur le strep- 
tocoquCr le méningocoque, le gonocoque, etc., 
dont 2: Septoplix et Dagénan, paraissent poly¬ 
valents et — chose remarquable — sont en même 
temps les deux plus actifs. 

Communications. 

Etude expérimentale de quelques dérivés 
nouveaux sur les streptocoques et les pneu¬ 
mocoques. — M.M. F. Nitti, D. Bovet, M. cl M"'" 
Tréfouël. — 1“ Le p-aminopliénylsulfamide et scs 
dérivés; les dérivés de stilislilulion sur la fonction 
amide sont surtout intéressants et notamment le 
dérivé pyridiniqiie qui est très actif dans les infec¬ 
tions slre[itoeocciques cl pueumococci(]iics expéri- 
incnlales et da'ns la gonococcic de l'bonime. 

2” Ia.’s dérivés du di-(p-aminopliényl)6ulfone 
(1358 Fl. 

Il est intéressant de remarquer que dans ces deux 
séries, sulfamide cl sulfone, cxi.ste une partie com- 

Recherches expérimentales sur le mécanisme 
d’action de la di-(p-aminophényl)sulfone (1538 
F). — M. D. Bovet, M. et M'"” J. Tréfouël, 
M. F. Nitti et M"” V. Hamon. L'urine d'un ani¬ 
mal traité par le 1358 F renferme une forte pro¬ 
portion du dérivé aminé libre, une plus petite 
qiiaiililé du déri\é à amine blo(|iiée. Après acély- 
lalion Inlale (expérimcniale) de l’iiriiie, il esl pos¬ 
sible d'en isoler mi produit cristallisé idciili(|iie à 
la di-(/)-acélylaniinoplién>l)sulfonc (1399 F) [forme 
cristalline; points de fusion; liliéralion du 1358 

Rapport entre la vitesse de réduction des ma¬ 
tières colorantes azoiques et leurs propriétés 
thérapeutiques. — ,M, et M"’” J. Tréfouël, MM. 
F. Nitti, D. Bovet et .M"” V. Hamon. C.erlain.s 
azüïqiies agissent par l’ensemble de leur molécule 
(exemple: Tryjian bleu), d'autres (exemple: Pron- 
losil) doivent leurs propriétés thérapeutiques à la 
libération de la partie active (p-aminopliéiiyIsiilfa- 
mide). La rnpiditi de réduction jonc le rôle pri- 
mordiid : elle esl un facteur limitatif dans le pre¬ 
mier cas, essentiel dans le second. 

Tentatives de chimiothérapie et de chimio¬ 
prévention dans une trypanosomiase arséno-ré- 
sistante et dans la syphilis expérimentale. — 
MM. A. Bessemans, A. Van Meirhaeghe, E. Van 
Thielen, H. De Wilde et 0. De Borchgrave ont 
lâché de prévenir et de guérir l'infection provoquée 
chez le cobaye par une souche arséno-ré.sislante de 
TrypnnoKoma qamijiense nu moyen de Iryslibine 
(résullats très peu satisfaisants), puis de belganyl, 
dont les résullats thérapeutiques furent cxcelleiits. 
La quinine pe.r os, pas plus que les pommades à 
base de quinine, ne semblent améliorer les symp¬ 
tômes oculaires de la syphilis. 

Essais de préparation d’arsenicaux organiques 
non neurotoxiques. Etude de quelques acides 
arsenico-sulloniques. —- M. E. Fri'edheim. Elude 
de la substance 2654 N, de scs isomères et de ses 





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dérivés, quant à son effet thérapeutique et 5 sa 
toxicité dans la trvpanosomiase expérimentale de 
la souris. 

Rapport. 

La microbiologie œcologique. Ses principes. 

Son procédé. 

M. S. Winogradsky. 

La microbiologie œcologique étudie la vie des 
microbes dans les conditions naturelles, lesquelles 
sont toujours a.ssez différentes de celles dans les¬ 
quelles se trouvent ces microbes lorsqu’on les étu¬ 
die au laboratoire. Ln 1887, le travail de l’auteur 
sur les sulfobaetérics cntraîua les rccbcrcbes sur 
l’agent baetérien encore liypotbétiqiie de la nilrin- 
cation: on découvrit alors deux groupes d’agents 
microbiens: l’iiii procédant à la uitiilation de 
l’ammoniac, raiilre à la nitrilalion du nitrite 
formé. On a pu ainsi établir les caractères d'un 
nouveau type physiologique dont la nutrition est 
entièrement inorganique, la seule source de carbone 
utilisée étant l’acide carbonique assimilé par ebi- 
mio-synthèse cl les meilleurs aliments oi-ganiques 
n’exerçant qu’une action inhibitrice. C'était le tyjw 
de ce qu’on appelle maintenant les « autolrophcs a. 
On s’est ensuite appliqué à cultiver ces microbes 
suivant la méthode de l’auteur, en culture élective. 
Cependant cette méthode ne permettait de cultiver 
qu’un nombre restreint d'organismes, tous les 
autres, les « microlrcs des numérations totales » 
{total couuts), formant une masse extrêmement 
nombreuse et assez confuse quant à son rôle dans 
les milieux naturels, mais dont l'étude s’imposait 
cependant. Les procédés de la microbiologie géné¬ 
rale SC montraient impuissants à explorer les con¬ 
ditions d’activité des microbes dans la nature, 
c’est-à-dire leur œcologie. La microbiologie écolo¬ 
gique étudiera donc les microbes' au laboratoire 
dans des conditions qui se rapprochent autant que 
possible de celles de leur existence naturelle. 

La terre conmic milieu de culture ne doit pas 
être stérilisée, de façon à ne pas supprimer la com¬ 
pétition des microbes entre eux. On a, d’autre part, 
constaté que la microllore de la terre en équilibre 
biologique, c'est-à-dire n'ayant reçu aucune fumure, 
est différente de celle de la terre humique, c'est-à- 
dire fumée. 

L'auteur donne sa technique d’ensemencement 
des grains de terre sur un gel minéral chimique¬ 
ment indifférent (plaques de silice gélatineuse), qui 
lui donne des cultures spontanées contenant la lui- 
croflore intégrale du milieu. 

La culture en milieu litpiide est préférable pour 
les espèces aquatiques. 

COMMIJNICATIO.NS. 

Contamination et surinfection dans la lèpre. 
— M.\L E. Marchoux et 'V. Chorine. Des reeher- 
ches des auteurs sur le rat il est permis de penser 
que dans la lèpre humaine la contamination pâl¬ 
ies muqucu.ses saines est possible et que les mala¬ 
des sont sujets à des réinfeclions possibles. 

Les ferments anaphylactiques, leur nature, 
leur mode d'action; leur analogie avec les anti¬ 
corps microbiens Bxateurs d’alexine. — M. 
F. Maignon. Les femieuts anaphylactiques ne sont 
pas des catalyseurs mais des activants de l’alexine, 
comparables à l’entérokinase de Pavlof vis-à-vis de 
la trypsine ou plus exactement de la protéinase 
trypsique. 

Etude expérimentale de l’action microbicide 
des ozonides. — MM. E. Ramel et C. 'Vulliemoz. 
L’ozone mélangé à l’oxygène exerce sur les mi¬ 
crobes en culture une action microbicide dont le 
mécanisme paraît dépendre surtout de la production 
d’ozonides. 

Interactions microbiennes étudiées par la 
méthode de la parabiose. — MM. M. Lisbonne, 
L. Nègre, R. Seigneurin et G. Roman. Les expé¬ 
riences des auteurs ont porté sur la parabiose de 
B. coli et B. aerogenes. Br. melilcnsis et Br. abor- 
lus, B. tuberculeux divers et B.C.G. Ils étudient 


ainsi les modifications biologiques que l’on peut 
imprimer aux espèces microbiennes en les faisant 
vivre en parabiose. 

Vaccination du cobaye contre a Br. meliten- 
si’s ». ■— M. M. Lisbonne a réussi à immuniser 
le cobaye (80 à 85 pour 100 des animaux) au moyen 
d’un vaccin qui associe une souche absolument 
avirulente de Br. abortus bonis et les substances 
glucido-lipidiques extraites do Br. melilensls d’après 
h technique de Boivin. 

L’immunité d’adaptation et l’immunité de 
défense. — M. S. Métalnikov. L’immunité par 
adaptation progrc.«sive existe certainement. L’iin- 
minité de défense est sous la dépendance du sys¬ 
tème nerveux; les expériences de l’auteur ont 
porté sur les chenilles de la mile des abeilles, 
Galleria mettona. 

Utilisation des microbes sporogènes pour la 
lutte contre les insectes nuisibles. — .M. S. Mé¬ 
talnikov a isolé des bactéries sur des chenilles 
parasitant des choux et a appliqué des émulsions 
de spores par pulvérisation sur ces choux : toutes 
le.-i chenilles étaient mortes en 24-48 heures. Des 
expériences semblables ont réussi sur des arbres 
fruitiers, la vigne, etc. 

Production de substances histaminiques par 
les bacilles muqueux en milieu synthétique 
contenant de l’urée comme unique élément 
azoté. — M. Lévy-Bruhl et G. Ungar ont 
pu mettre en évidence, dans ces conditions, la for¬ 
mation par les bacilles muqueux (groupe du pneu¬ 
mobacille) lies substances histaminiques en quan¬ 
tité appréciable. Des cs.sais analogues avec diverses 
soMcbcs de colibacilles et de paratypliiqucs lî n'ont 
donné que des résultats négatifs. 

Résistance de l’embryon de poulet à l’infec¬ 
tion due au u Plasmodium gallinaceum ». — 
M. V. Chorine. 11 est impossible de réussir à 
infecter des œufs de poule, mais le jeune poussin 
devient très sensible à l’infection dès qu’il com¬ 
mence à respirer. On constate donc pour PL galli- 
naccum un fait contraire à celui qu'on observe 
avec les nombreux virus filtrants pour lesquels le 
métabolisme de l’embryon convient mieux que celui 
du poussin ou do l’animal adulte. 

Dissociation par électrophorèse du B. para- 
typhique B. — .M. R. Seigneurin. Etude des pa- 
ratypbi(|ucs B positifs cl négatifs au point de vue 
du pouvoir patbogèno, antigènique, immunologi¬ 
que. Le vieillissement entraîne une négativalion des 
charges. 

Mise en évidence par des réactions biologi¬ 
ques de l’état allergique d’animaux sensibilisés 
avec divers composés chimiques. — M. N. Kos- 
sovitch et M"" Y. Armand ont recherché, en pi-o- 
vociuant des phénomènes allergiques, le pouvoir 
sensibiligène de divers haptènes (corps chimique¬ 
ment définis: azocomposés, dérivés arsenicaux, acides 
aminés, etc.). 

La tuberculose chez les insectes. — M. V. Zer- 
nofl. Etude de l'immunité naturelle antitubercu- 
leufe (-liez les insectes. 

Un cas concret de régression des modifica¬ 
tions adaptatives chez deux bactéries cellulo- 
lytiques. — M. J. Pochona réussi à faire subir 
iii vilro à deux bactéries des transformations dans 
le sens d’une perte plus ou moins accentuée des 
modifications adaptatives au milieu intestinal de 
l'hôte. 

Les lipoïdes acétono-solubles dans le séro¬ 
diagnostic de la syphilis par ûoculation. Le 
réactif A.B.F. — M. G. Robyn a préparé le réac¬ 
tif A.B.F. (Antigène-Bruxellcs-Floculation), mélange 
de lipoïdes acétoniques de cœur et de foie do che¬ 
val, dont l'emploi pour la réaction de fioculation 
pré.scnte certains avantages sur la réaction de Bor¬ 
del-Wassermann. 

Indications de la cutiréaction à la toxine 
diphtérique à pouvoir toxique élevé. — M. 
Th. Reh. Cette réaction est préférable à la réaction 
de Scbick, son e.xéciition étant plus simple, son 
interprétatiou plus facile, sa lecture plus rapide. 
Enfin, donnant lieu à la pénélration d’une miuime 
quantité de toxine dans l’organisme (I goutte de 


toxine pure), elle exerce un certain pouvoir anti¬ 
gène .‘usccptible d’immuniser par .sa répétitio7i des 
individus non vaccinés. 

Variations du caractère ii antigène de Fors- 
sman ». — M. E. Rénaux étudie rinlluonce de 

I. 1 pancréatectomie sur le caractère « Forssman 
positif » du rein de chien. Ce caractère se trouve 
atténué jiar la pancréalectomie. Cette atténuation 
ne se limite pas au rein, elle s'étend à d’autres 
organes : cœur, rate, foie notamment. 

Méningite à « Corynebacterium pseudo-diph- 
tericum ». — M. J. Steinmann. Belation d’un cas 
do méningite à Coryncbacle.riiini pseudo-diphlcri- 
ciiin; le microbe aurait profilé de cireonstaiices par¬ 
ticulières (traumatisme opératoire) pour provoquer 
une méningite. 

Les champignons prédateurs de Nématodes. 

(Projection d’un film cinématographique). — MM. 

J. Comandon et P. De Fonbrune. On peut répartir 
ces champignons en 2 groupes selon le mécanisme 
d'action des organes prédateurs ou pièges: 

1° Les uns tendent des cullcls, qui se gonflent 
brusquement par l’irritation et cmprisonuenl le 
Nématode par dilatation; ils produisent des bour¬ 
geons perforants, puis des liyphes qui poussent 
dans le ver capturé et en digèrent tous les organes. 

2“ Les autres placent des gluaux, qui ne peuvent 
adhérer qu’à des Nématodes de certaines espèces. 

ClXQUIÈ.Mi: SÉAXCE. 

Séance consacrée aux ultravirus. 

Le problème des ultravirus. 

Introduction, par A. Gratia. 

Les ultravirus et les bactériophages, entre lesquels 
on observe de si frappantes analogies, ont-ils une 
origine endogène ou exogène .t* De nombreux ar¬ 
guments peuvent être invoqués en faveur de l’ori¬ 
gine exogène; d’autre part, l’origine endogène est 
soulcnuo par le fait qu’on n'est pas parvenu à les 
cultiver en dehors des bactéries ou des cellules ré¬ 
ceptives vivantes, et surtout par la découverte de 
Stanley, qui a cristallisé une protéine qui est très 
vraisemblablement le virus do la mosaïque du ta¬ 
bac. Ceci cependant n'ébranle pas absolument la 
théorie exogène et en réalité nous devons nous 
habituer à cette notion, à première vue choquante, 
qu’il existe des iiarticulcs vivantes cristallisables et 
qu'à rextrème limite de petitesse des êtres vivants 
ceux-ci sont représentés par des micellcs protéiques 
susceptibles de s'orienter selon une architecture 
cristalline. 

COMMUXICATIOXS. 

Les sélecteurs. — M. C. Levaditi. Par passages 
successifs, une souche dcrmo-vaccinale se trans¬ 
forme en une souche neuro-vaccinale. Les sélecteurs 
étudiés SC cla.s.scnt comme, suit par ordre de pou¬ 
voir sélectif décroissant: membrane chorio-allan- 
toïde, cultures cellulaires, encéphale de la|un. Le 
résidtal est éga'cmcnl fonction de la qualité ori¬ 
ginelle de la souche étudiée. 

L’ultracentrifugation du virus de la grasserie 
des vers à soie. — MM. A. Paillot et A. Gratia, 
ayant, dans des expériences antérieures, constaté 
le parallélisme existant entre la présence des gra¬ 
nules contenus dans le sang des vers gras cl la 
virulence de ce sang, ont i-solé ces granules nu 
moyen de rultraccntrifugeur de Ilonriot et llugue- 
nard : le culot est très virulent et le liquide sui'- 
nageanl, qui ne contient presque plus de granules, 
a perd\i en grande partie sa virulence. 

Caractères antigèniques du virus de la gras¬ 
serie des vers à soie. — MM. A. Gratia et 
A. Paillot. Les granules virulents obtenus par 
centrifugation du sérum de vers gras et les po¬ 
lyèdres ont une constitution antigènique identique 
et rigoureusement spécifique. 

L’hétérogénéité des virus des plantes. — 
M. P. Manil. Les virus des plantes sont très diffé¬ 
rents les uns des autres nu point de vue de la lon¬ 
gévité in vilro, de la sensibilité à la chaleur, aux 
ar-liscptiques, etc. La question qui se pose cl qu’on 
ne peut encore trancher à l’heure actuelle est 







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celle de savoir si ces différences sont bien dues au 
virus lui-même ou à des influences extérieures. 

Colorabilité et morphologie de quelques ul- 
travirus; morphogénèse des inclusions qu’ils 
produisent. — M. S. Nicolau étudié différents vi¬ 
rus (herpès, zona, maladie d'Aiijeszky, de lîorna, 
virus vaccinal) par la méthode au bleu de méthyle 
oxalato-fuchsine acide. Les inclusions intracellu¬ 
laires qu’ils déterminent sont constituées par des 
inframicrobes agglutinés et dégénérés, soudés en 
blocs arrondis dont rafflnité tinctoriale devient de 
plus en plus oxyphile. 

Sur une variation physiologique des bacté¬ 
riophages. — M. E. Wollman et M““ E. Woll- 
man ont obtenu une variété de bactériophages 
déterminant la lyse en absence do Ca soluble par 
passages répétés sur la souche sensible ayant servi 
depuis longtemps à leur entretien. La variété ainsi 
obtenue est reproduite avec son caractère nouveau, 
non seulement lors do la lyse de la souche sensi¬ 
ble, mais aussi par celte souche rendue résistante et 
lysogèno sous son influence. 

Etude des bactériophages au moyen des 
rayons X mous. — MM. A. Lacassagne et 
E. Wollman ont recherché les relations qu’il peut 
y avoir entre les dimensions des bactériophages et 
la probabilité de leur destruction par une irradia¬ 
tion. 

Morphologie du virus de la lymphogranulo¬ 
matose inguinale. — M. R. Schoen. La mise en 
évidence des corpuscules de Miyagawa est on rela¬ 


tion étroite avec la période d’incubation do la ma¬ 
ladie. Leur aspect morphologique semble être net¬ 
tement déterminé par le stade évolutif de la réac¬ 
tion tissulaire locale. Quel que soit le matériel viru¬ 
lent, on les rencontre les premiers jours qui suivent 
l’inoculation, puis ils disparaissent progressivement 
d.i tissu atteint. 

I. Répartition des anticorps neutralisants 
dans les tissus des animaux immunisés contre 
la vaccine. — M. J. ’Pieuchange a retrouvé les 
anticorps dans la rate, les ganglions lyrnphaliqtics, 
le ccineau et, à un moindre degré, la moelle 
osseuse; les a\ilres organes examinés: foie, surré¬ 
nale, testicule, se sont révélés dépourvus de tout 
pouvoir neutralisant in vilro. 

II. Sur l’union des anticorps neutralisants et 
du virus vaccinal. — Le classement par ordre 
décroissant des divers facteurs de dissociation des 
mélanges Virus vaccinal-immunsérum peut s’éta¬ 
blir ainsi: testicule, cornée, cerveau, membrane 
choriallantoïde. milieux de culture à base de cel¬ 
lules embryonnaires. 

Ultrafiltration du virus de la vaccine cultivé. 
— M™“ Stamatin. D’après les rccberchos de l’au¬ 
teur. les dimensions du virus vaccinal varieraient 
sensiblement suivant le milieu dans lequel les unités 
virulentes sont ineorporées. 

Détermination de la constante de sédimen¬ 
tation de l’hémolysine. — M. M. Paie. La cons¬ 
tante de sédimentation de l’hémolysine est très voi¬ 
sine do celle trouvée par l'école de Wyckoff et de 


Svedberg pour l’anticorps antipneumococcique de 
certains animaux. Elle correspond assez exactement 
à celles des protéides lourds que l’on rencontre par¬ 
fois dans le sérum des mammifères. 

Application de la déviation du complément à 
l’étude de la méningite lymphocytaire. — MM. 
P. Lépine, P. Mollaret et V. Sautter. — Elude 
de la déviation du complément qui semble donner 
de bons résultats cl devoir être conseillée pour le 
diagnostic des méningites lymphocytaires. 

Le virus Y sur les pommes de terre. — 
.M. J. Dufrénoy. Les pommes de terre contaminées 
par le virus Y ont un rendement très inférieur aux 
plantes saines. L’auteur étudie les moyens de lutter 
contre cette diminution de rendement. 

Sur la nature de certaines émulsions de tissus 
employées comme vaccins contre les maladies 
à virus ültrables. — M. H. Jacotot. Peut-on im¬ 
muniser avec des virus mortsLa question n’est 
pas encore tranchée. L’auteur reprend cette ques¬ 
tion à propos des pestes animales qu’il a étudiées. 

Etude sur quatre souches de virus des rues 
isolées de cas où le traitement antirabique 
avait échoué. — M. D. Jonnesco. Les quatre sou¬ 
ches isolées à partir de ces cas se ressemblent: elles 
présentent d’emblée des caractères de virus renfor¬ 
cés. L’existence dans la nature de virus possédant 
une adaptation naturelle renforcée pour le névraxe 
explique, en partie du moins, certains insuccès du 
traitement antirabique. 

P. Lépine. 


SOCIÉTÉS DE PARIS 


Nos lecteurs trouveront les comptes rendus in extenso de ces 
Sociétés dans les périodiques suivants : 

ÂCADÉMiu DE CoiRDiiGiE (Afémoires de VAcadémie de Chi¬ 
rurgie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix du 
numéro : 1 fr.). 

Société de Biologie de Paris (Comptes rendus des séances 
de la Société de Biologie, 120, boulevard Saint-Uermain, Paris. 
*- Prix du numéro : variablej. 

AssociATion FRANÇAISE POUR l’étdde DD Cancer (Bulletin 
de l'Association française pour l'étude du Cancer, 120, boule¬ 
vard Saint-Germain. Paris. — Prix du numéro : 22 fr.). 

Société de Gastro-Entérologie de Paris (Archives des Ma¬ 
ladies de l'appareil digestif et des Maladies de la nutrition, 
120, boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix du nu- 

SociÉTÉ D’Hydrologie et de Climatologie médicales de 
Paris (Annales de la Société d’IIydrologie et de Climatologie 
médicales de Paris, 23, rue du Cherche-Midi, Paris. — Prix 
du numéro : 8 fr.). 

Société de Médecine militaide française (Bulletin mensuel 
de la Société de Médecine militaire française, Val-de-Oràco, 
2’ï'î bis, ruo Sainl-Jacqucs, Paris. — Prix du numéro : Ü fr.). 

Société MÉnico-rsTcnoLOGiocE de Paris (Annales médico- 
psychologiques, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix 
du numéro : 24 fr.). 

SociÉTi^: DOTO-RniNo-LAnYNr.oLOGin dr Paris (Oto-rhino- 
ïnrxjngologu] internationale, 5, placo dos Cordeliers, Lyon, — 
Prix du numéro : b l'r.). 


. ACADÉMIE DE CHIRURGIE 

Séance du 21 Décembre 1938. 

Présentation d’ouvrage. — Le secrétaire géné¬ 
ral dépose sur le bureau de l’Académie les quatre 
volumes de « Quatre leçons de clinique chirurgi¬ 
cale » du professeur Pedro Chutro. 

Sur les endométriomes du petit bassin. — 
M. Lardennois publie l’observation curieuse d’une 
malade opérée d'une lésion génitale par liyslérec- 
temie fundique. Plus lard, apparut, dans la cica¬ 
trice, un endométriome que l’on put enlever aisé¬ 
ment. Il n’y avait aucune trace d’endométriose dans 
la cavité abdominale. 

Sur le traitement chirurgical du cancer du 
poumon. — M. Robert Monod. L’idée première 
du pneumothorax pré-opératoire n’est pas nouvelle 
et l’auteur donne le nom des chirurgiens qui l’ont 
utilisé les premiers. 


Depuis, le pneumothorax pré-opéraloirc est 
devenu uii Icmps préliminaire essentiel et de pra¬ 
tique courante dans la chirurgie des exérèses pul- 

II .semble, d’après les fails que l’auteur a obser¬ 
vés, que si le piicumolhorax pré-opéraloirc esl d’une 
ulililé inconleslnhle au point de vue opératoire, en 
huit qu'il fneililc l’ouverliire du Ihorax et qu’il 
permet d’opérer sur un poumon affaissé, sa valeur 
pour préeiser réicnduc, la nature des adhérences 
cl les limites de ropérahililé est’ bien moins ccr- 
Ininc. Seule, la Ihoraeolomlc exploralrice doit être 
le premier temps de chaque opérniion d’cxêrèsc. 

Deux cas de plaie pénétrante du genou trai¬ 
tés par la mise a plat sans suture et les pan¬ 
sements rares. — .M. Jean Querneau (Quimper). 
M. Antoine Basset, rapporleur. (Voir analyse des 
Mémoires de l’Académie, séance du 14 Décem¬ 
bre 1938.) 

Luxation du coude. Inclusion de l’épitrochlée. 
Paralysie cubitale. Intervention tardive. Gué¬ 
rison. — M. Jean Querneau (Quimper). M. E. 
Sorrel, rapporleur. Une luxalion du coude ineom- 
plèlemeul réduile et avec inclusion d’un gros frag¬ 
ment de l’épilrochlée s’accompagne d’une paralysie 
cuhilale, que l’on méconnaît pendant 7 mois. Puis, 

I on inicrvieul cliirurgicalemcnl pour libérer le nerf 
e' le Iransposer en avant du mas.sif épilrochléen. 
Le résullat final est bon cl durable, malgré un 
ccriain degré de valgiis. II est donc indispensable 
de savoir lire une radiographie dû coude. Due para¬ 
lysie cuhilale, pour être reconnue, doit être recher¬ 
chée. 

Fracture fermée comminutive de la rotule 
gauche. Ablation de la rotule. Résultat fonc¬ 
tionnel éloigné. — M. Jacques Hepp. M. Antoine 
Basset, rapporleur. Une fracture multifragmen- 
laire fermée de la rotule esl opérée 5 jours après 
l’accident. Les fragments sont difficiles à coapter 
et la rotule semble très fragile. On fait une patellec¬ 
tomie, en inspectant soigneusement le surtout 
(ihreux rolulien. Un an après l’accident, le résullat 
fonctionnel est satisfaisant; on doit faire des 
réserves pour l’avenir, dans, la crainte de voir se 
développer un ostéome limilanl la flexion du genou. 
L:i radiothérapie prophylactique d’un tel ostéome 
est à retenir. 

— M. Raymond Grégoire a fait le 28 Février 
1923 une greffe avec une rotule de cadavre conser¬ 
vée depuis 8 jours dans l’alcool à 80”. Le résultat 
fut parfait. 


Corps étrangers ostéo-cartilagineux d’une 
bourse séreuse axillaire. — M. Aumont (Ver¬ 
sailles). M. P. Moulonguet, rapporteur. Des corps 
étrangers peuveni, comme dans celle observation, 
se développer insidieusement. Dans ce cas, l’évo¬ 
lution des corps étrangers dans la bour.se séreuse 
du sous-scapulaire a entraîné une brusque disicnsion 
par un hygroma volumineux, l^’aspecl inflamma¬ 
toire et les douleurs par irrilalion des nerfs du 
plexus brachial ont donné une symplomalologie 
déroulante et inqiiiélanlc. On a extirpé avec succès 
h bourse scrcu.se et son contenu. Les corps élran- 
gers élaienl osléo-cartilagincux. Ils étaient localisés 
dans la bourse séreuse et laissaient indemne l’arli- 
culalion de répaiilc. Le rapporleur rappelle les 
rares ob.scrvalions de corps élrangcrs isolés dans une 
bourse séreuse ou dans une gaine synoviale. Il 
reprend les arguments de la théorie mélaplasiqud 
de tel corps étranger; ce processus est ccriainement 
dû à des causes multiples et il est eompamblc aux 
métaplasies épiihélialcs des revêlements muqueux. 
Il faut séparer des corps étrangers organisés, OSI 60.1 
carlilagincux des bonr.ses séreuses, les hygromas 
calcifiés qui apparaissent après des inflammalions 
très prolongées ou après des hémalomns, ainsi que 
les bursilcs sous-acromiales caicifianics. 

Pancréatite et saturnisme. — M. Abel Pellé 
(lîennes). M. Raymond Grégoire, rapporleur. 
L’aulcur apporte 6 observations Irouhianics où des 
malades, inconleslabicnieni inloxiqués par le plomb; 
ont fait des accidents pancréaliques divers, con¬ 
trôlés par l’inlervcnlion chirurgicale: kyste héma- 
liquc, pancrénliqiic chronique hyperirophique, 
pancréalilc hémorragique, pancréalilc atrophique. 

Tous ces malades étaient soumis à l’action con¬ 
tinue du plomb dans leur eau d’nlimenlalion. 

On peut en conclure, dR l’auteur, que, parmi 
1 ;s causes génér.ales susceptibles de déclencher une 
pancréatite, il faut retenir l’intoxication saturnine. 
On doit se demander si le substratum de la colique 
de plomb n’est pas une pancréatite et si la pan¬ 
créatite saturnine est susceptible de devenir chirur- 

Le rapporteur a cependant essayé sans specès 
d’obtenir, chez le lapin, des lésions de pancréatite 
par l’intoxication saturnine. Cependant, cerlnina 
expérimentateurs ont obtenu des réactions remar¬ 
quables en injectant des sels de plomb au contact 
des nerfs splanchniques et des plexus abdomiiinuXi,, 

— M. P. Brocq. Le lapin est un herbivore .et 
scs enzymes pancréatiques sont peut-être différents, 
de ceux d’un carnivore et de l’homme. 











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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


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Emploi de plaques coudées modelables dans 
l’ostéosynthèse après certaines ostéotomies. 
— M. Paul Mathieu. Douze ostéotomies avec ostco- 
svnthèse chez 11 malades ont été fixées dans l’angu- 
lalion optima par des plaques coudées. En effet, 
le maintien de l’angulation nécessaire après une 
ostéotomie de direction ou d’appui n’est pas tou¬ 
jours aisé. Dans ce but, l’auteur a eu l’idée d’uti¬ 
liser des plaques spéciales, où la partie moyenne est 
effilée en petit cylindre. Le chirurgien, avant ou 
après son ostéotomie, peut couder sa plaque dans 
les différents sens. 

L’emploi d’ostéosynthèse est particulièrement 
utile dans les cas où l’on doit corriger des ankylosés 
de la hanche avec abduction ou flexion très mar¬ 
quée. 

— M. André Richard a ulilisé avec beaucoup 
de profit le procédé à cran de Momsen qui, s’il n’est 
pas applicable à tous les cas, améliore cependant 
beaucoup l’engrènement et la fixalion des fragments 
pendant la phase de consolidation. 

— M. Mauclaire. L’emploi de l’osléosynthèse 
rend de grands services après les ostéotomies. 

— M. Lance. On peut, sans danger, pour 
modifier la position des fragments l’un vers l’autre, 
pratiquer tous les 15 jours une modification du cal. 
Chez les enfants et les adolescents, le cal est très 
malléable. 

Quatre cas de tumeurs bénignes des os traités 
par évidement et greffes ostéo-périostiques. — 
MM. Clavelin et Sarroste présentent 4 cas de 
tumeurs bénignes des os : une ostéile fibreuse dia- 
phy.saire, un kyste solitaire, deux tumeurs à cellules 
géantes. Les trois dernières observations, tant au 
point de vue clinique que radiologique, étaient 
classiques. L’observation de l’ostéile fibreuse diaphy- 
saire est moins simple. L’ostéite fibreuse diaphysaire 
isolée ne ressemble en rien, ni par son siège, ni 
par son aspect, au kyste essentiel des os. La frac¬ 
ture pathologique n’y est pas, comme au kyste 
essentiel, un processus de guérison. 

Cependant, les deux premières fractures qui 
s’étaient produites se sont consolidées. Dans les cas 
do kysie solitaire et de tumeurs à myéloplaxes, on 
a procédé, avec succès éloigné, â l’ouverture de 
la poche, au curettage de la paroi et au comblement 
de la cavité par des greffons ostéo-périostiques. 

Dans le cas d’ostéite fibreuse diaphysaire, la pré¬ 
sence d’une fracture a obligé h maintenir la dia- 
physe, après ablation de la tumeur, par une plaque 
d’ostéosynthèse associée à une greffe ostéo-péri- 
ostique. 

L’endométriome du rectum. — MM. Louis 
Bazy, Sylvain Blondin cl Paul Chêne. C’est >ine 
observation curieuse d’endomélriome proprement 
dit du rectum qui se manifestait par une tumeur 
saillant dans la lumière rectale et pré.senlant des 
hémorragies rythmées sur les règles. La recloscopie 
a permis d’éliminer le diagnostic de cancer rectal : 
la biopsie confirma l’existence d’un endométriome. 
Depuis, les troubles ont disparu, car la ménopause 
s’est installée. Les auteurs reprennent, è l’occasion 
de ce cas, la description de l’endométriome du 
rectum. 

— M. Braine a observé 2 cas d’endométriome 
du rectum dont l’un a guéri spontanément après 
une ménopause chirurgicale. 

A propos de 234 cas de résections larges de 
l’estomac pour ulcères gastro-duodénaux. — 
MM. G. Carayannopoulos et G. N. Alivisatos 
(Athènes). La préparation du malade est soigneu¬ 
sement faite et, pour raffermir la cellule hépatique, 
les auteurs procèdent aux injections répétées de 
sérum glucosé hypertonique associées aux injections 
d’insuline. 

Dans les ulcères gastro-duodénaux, les deux 
sortes d’anesthésie générale et loco-régionale ont 
été utilisées. La phlebafine par voie intra-muscii- 
laire a été essayée avec succès. La technique opé¬ 
ratoire est celle, ft quelques détails près, de Fins- 
fercr. Dans les ulcères situés très à droite du pylore, 
les auteurs ont fait soit la fermeture duodénale 
décrite par Niessen, soit la résection pour exclusion. 
Sur 208 cas de gastrectomies larges, dans 6 cas on 
a dû faire la gastrectomie en deux temps ; le premier 
temps a consisté en une gastro-entérostomie anté¬ 


rieure, très à gauche, avec jéjuno-jéjunostomie 
complémentaire. 13 perforations d’ulcères ont été 
traitées, dans les 7 premières heures, par la gastrcc- 
temie d’emblée, avec 3,12 pour 100 de mortalité; 
11 ix'rforations, vues tardivement ou chez des 
malades très fatigués, ont été traitées par suture, 
avec ou sans gastro-entérostomie complémentaire; 
ces derniers cas ont laissé 25 pour 100 de mortalité. 

G. CORDIER. 


SOCIËTË DE BIOLOGIE 

7 Janvier 1939. 

Mécanisme du blocage précoce de la trans¬ 
mission synaptique après section nerveuse. — 
M. P. Chauchard montre que le blocage précoce 
de la transmis.sion synaptique (ganglionnaire cl 
ncuromusculaire) dans les jours qui suivent la sec¬ 
tion nerveuse est une conséquence du trop grand 
hétérochronisme développé par suite de l’augmen¬ 
tation de chronaxie de l’élément postsynaptique 
(fibre musculaire ou cellule ganglionnaire). C'est 
une nouvelle preuve en faveur d’un mécanisme 
physique de transmission. La possibilité d’un tel 
mode de transmission serait assurée dans le cas 
du ganglion par une régulation permanente choli- 
nergique de la chronaxie des cellules ganglion¬ 
naires qui serait ainsi maintenue au voisinage de 
la chronaxie préganglionnaire. 

Hypothèses abusives sur l’acétylcholine. — 
.M. L. Lapicque souligne l’engouement excessif 
qui a suivi la découverte des intermédiaires chi¬ 
miques et s'élève contre l’explication que l’on veut 
donner des phénomènes les plus disparates par 
l'acétylcholine. 

11 montre, par quelques exemples, que certaines 
de ces explications .«ont certainement abusives. 

Sur les réactions de choc à point de départ 
utérin. — MM. E. Lévy-Solal, M. Sureau et 
Burstein reprennent l'étude experimentaie de celte 
question sur la lapine non gravide (10 cas). Ils 
ont enregistré par distension de la corne utérine 
réalisée par injection de sérum physiologique un 
effondrement de la tension artérielle suivi de mort 
dans 3 cas; l’injection de sérum dans la cavité 
péritonéale ainsi qu’au niveau de l’ovaire reste 
sans effet. 

Recherches sur l’élimination des produits de 
désintégration des albumines au cours du post- 
partum. — MM. E. Lévy-Solal, M. Sureau et 
Burstein mettent en lumière la recrudescence de 
l’activité diastasique après l’accouchement avec 
comme corollaire la transformation des molécules 
protéiques en moléeules plus simples. Ils indiquent 
une technique de reeberche des polypeptides dans 
l’urine avec le tungstate de soude. Tandis que les 
urines de femmes enceintes aux différents âges 
d.3 la gestation ne renferment pas de polypeptides, 
la plupart dos femmes accouchées présentent dans 
les urines une réaction positive. 

Sur les variations de virulence d’une souche 
de bacille tuberculeux de type bovin suivant 
le milieu de culture employé. — MM. J. Valtis 
et F. Yaa Deinse ont étudié une souche de bacilles 
tuberculeux de type bovin, qu’ils ont entretenue 
pendant plusieurs années sur trois milieux de 
culture différents : pomme de terre glycérinée, sur 
laquelle la souche, devenue eugonique, a perdu sa 
virulence; pomme de terre biliée, sur laquelle elle 
avait gardé une partie de sa virulence, même après 
65 passages, et liquide synthétique de Sauton, 
milieu sur lequel la culture a toujours poussé diffi¬ 
cilement et avec une extrême lenteur (4 repiquages 
en 4 ans), [type dysgonique], en gardant jusqu’à 
maintenant sa haute virulence initiale intacte. Chez 
un cobaye inoculé avec le 51' passage de la souche 
biliée, on a assisté à une évolution de type « S » 
en type « R » in vivo, avec perte de virulence, 
également in vivo. 

Sur la toxicité du venin de n Ifipera aspis ». 
— MM. E. Cesari et Paul Boquet ont constaté 
que les différents facteurs de la toxicité du venin 
de Vipera aspis se distinguent par la résistance 
plus ou moins marquée qu’ils offrent à l’action 


du formol. .Mors que certains d’entre eux (facteur 
coagulant) sont très labiles, d’autres au contraire 
se montrent plus résistants (phosphatidase). De 
plus fortes quantités d’aldéhyde formique et un 
séjour prolongé à 37" .sont alors nécessaires pour 
en déterminer l’atténuation. 

A. Esc.\LiEn. 


ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L’ÉTUDE DU CANCER 

21 Xovembre 1938. 

Les résultats de la cure chirurgicale du can¬ 
cer du sein (2' communication) ; étude critique 
d’une statistique personnelle. — M. J. Ducuing, 
de la statistique personnelle qu’il a établie sur le 
traitement du cancer du sein, tire les conclusions 
suivantes: la chirurgie seule est une arme pré¬ 
cieuse contre le cancer du sein, mais il est impos¬ 
sible de prévoir avec précision le pronostic post¬ 
opératoire; le stade évolutif est sans doute l’élé¬ 
ment d’apiirécialion le plus important. Les cancers 
prés:imés incurables bénéficient de la chirurgie, 
puisque 30 pour 100 des malades opérés dans un 
but palliatif ont survécu plus de 3 ans cl 13 pour 
100 entre 5 et 8 ans. Le pourcentage global de 
guérisons obtenues, pour l’iniscmble des cas opé¬ 
rés dans un but curatif, est de 31 pour 100. 

Cependant certains cancers semblent ne retirer 
aucun bénéfice de l’acte chirurgical : ce sont les 
sqiu'rrhes pustideux ou les formes hémophiles. Ces 
cancers sont presque généralisés d'emblée. 

11 est vraisemblable qu’aucun moyen thérapeu¬ 
tique employé isolément ne fournit actuellement 
des résultats s\ipérieiirs à ceux que donne la chi¬ 
rurgie .seule, mais il est à peu près certain qu’une 
association radio-chirurgicale est la rncillciire thé¬ 
rapeutique du cancer du sein. 

L’examen histologique extemporané. Techni¬ 
que de l’ultropak. — M. Roger Leroux décrit les 
améliorations qu’une nouvelle instrumentation a 
permis d’obtenir dans la technique de l’examen 
histologique extemporané à l’ullropak. Une cuve 
« macrotomique » permettant de fixer le fragment 
à étudier par un procédé de congélation permet de 
pratiquer ces examens extemporanés sur n’importe 
quel tissu (tissu dur ou difiluent, compact ou 
creusé de cavités). La coloration de la surface, qui 
sera examinée à l’ullropak, est obtenue par le bleu 
de toluidine en solution à 1 pour 100 dans l’alcool 
méthyllque. La durée do la technique ne dépasse 
pas 45 à 60 secondes. Mais d’autres techniques de 
coloration sont possibles et permettent do mettre 
en évidence, d’une manière élective, les différents 
tissus, les graisses en particulier. 

Contribution à l'étude des hétérogreffes avec 
la tumeur d’Ehrlich-Putnoky. — MM. Ch. Oher- 
ling, M. Guérin et P. Guérin, au cours d’une lon¬ 
gue série d’expériences, avec la tumeur de Put- 
noky, du rat et de la souris, n’ont pas pu réaliser 
sur le rat français la transplantation en série de 
cette tumeur, que les animaux soient au régime 
normal ou au régime spécial de Putnoky. L’irra¬ 
diation générale des animaux à la dose de 600 r 
semble avoir favorisé le développement passager 
dos tumeurs. La résorption de ces tumeurs transi¬ 
toires ne confère pas aux animaux d’immunité ap¬ 
préciable contre d’autres tumeurs du rat (sarcome 
mammaire ou épithélioma utérin). D’après ces 
recherches, et les recherches antérieures d’autres 
auteurs, il semble que le succès de Putnoky et de 
Matolczy dans la transplantation de cette tumeur 
de la souris sur le rat soit dû, en dehors de son 
énergie de croissance considérable, à un facteur 
racial des animaux utilisés pour ces expériences 
ou à un facteur indéterminé. 

Recherches expérimentales sur l’action du 
1-2 benzopyrène sur le système nerveux cen¬ 
tral. — MM. Ivan Bertrand et Jean Gruner ont 
injecté dans le cerveau d’un certain nombre de 
lapins du benzopyrène mêlé à do la lanoline ou 
en suspension huileu.«e. Quelques-uns des animaux 
moururent très rapidement par diffusion du mé¬ 
lange dans les espaces ventriculaires et réaction 
puriforme ; les autres furent sacrifiés à des inter¬ 
valles variant entre un mois et un an après l’in- 




N" 4 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 193Ô 


69 


jcolion: l’aiilopsie iiioiiira l’absence d’une tumeur 
cérébrale, l’o.xislence de réactions fibreuse et vas¬ 
culaire minimes et inconstantes, cl surloul, dans 
certains cas, l'apparilion. autour du corps étran¬ 
ger, d’nnc réaction gliale giganlo-nncléaire spé¬ 
ciale analogue à celle décrite dans les syndromes 
licmalo-lenliculaires. 

Rhabdomyomes des nerîs. — MM. P. Masson 
et J.-F. Martin relatent trois obscrvaliong ana¬ 
tomo-cliniques de rhabdomyomes ayant pris nais¬ 
sance nu sein de tumeurs nerveuses de type 
schwnnnien et malignes. L’histogenèse de ces 
tumeurs museulaires ne peut être expliquée, après 
discussion, que par une métaplasie des cellules cn- 
doncurales d’origine mesodermique ou des élc- 
meiits sclnvaiiniens nciiro-cctodermiqiies. Les rai¬ 
sons de celle métaplasie ne peuvent être encore 
expliquées. 

Recherches sur un sarcome de cobaye pro¬ 
voqué par le radium. — .MM. W. Gavrilow, De- 
moor cl M""> Pester ont poursuivi des expériences 
sur le sarcome fuso-ccllulairc obtenu par Daels et 
Billris chez divers animaux par l'introduction de 
lanières radifôrcs. Par la grelTc de la lumenr sur 
la ligne axillaire droite, on obtient des métastases 
localisées sur les ganglions lympbali(pies. axillain-s, 
rétro-sternaux cl inguinaux, ainsi que dans les pou¬ 
mons et les surrénales. La reprise de la tumeur est 
favorisée par l'injection répétée de suc embryon¬ 
naire do cobaye. Le nombre des métastases aug¬ 
mente du fait des injections do suc tumoral. Les 
injections répétées du filtrat de la tumeur n’ont 
pas donné de résultats positifs. 

Quelques métastases de tumeurs transplan¬ 
tées (tumeurs spontanées de Murray et sar¬ 
comes provoqués par le radium de Daels) chez 
le cobaye. — M. W. Gavrilow et M"” Y. Silberfeld, 
en greffant le sarcome fuso-ccllulairc de Daels, ont 
obtenu des métastases inusitées, notamment dans 
les reins, dans la rate, dans le foie, dans les gan¬ 
glions médiastinaux et dans Vomcntiim majus. 
Avec la tumeur de Murray ont été produites des 
métastases épiplo'iqucs. 

Les cancers provoqués par le métbylcholan- 
tbrène chez la souris. — MM. J.-L. Nicod et 
J. Regamey rappellent que le mélhylciiolanibrène 
est un agent cancérigène énergique, agissant moins 
certainement que le benzopyrène, mais beaucoup 
plus rapidement. Injecté sous la peau chez la sou¬ 
ris, il provoque des sarcomes fuso-cellulaires ou 
des épitbéliomas à ccllides fusiformes. Après ba¬ 
digeonnage sur la peau, la fréquence de la cancé¬ 
risation est liée à la concentration de la sid)- 
stance utilisée. Après injection dans quelques ré¬ 
gions du corps (testicules, cuisses, péritoine), le 
carbure cancérigène provoque en général des sar¬ 
comes fuso-cellnlaires. 

Transformation sarcomateuse du übro-adé- 
nome du sein. — M. A. Pesch rapporte l’obser¬ 
vation d’une malade de 73 ans chez laquelle a été 
observée une transformation sareomaleu.se d'un 
fibro-adénomc mammaire existant depuis plusieurs 
années. Ce fait vient confirmer les expériences réa¬ 
lisées par MM. Oberling, M. cl P. Guérin, par 
greffes en série de tumeurs mammaires bénignes 
chez le rat. 

Adéno-carcinome des glandes cérumineuses. 
— M.M. J. Montpellier et P. Lafiargue ont ob¬ 
servé un cas de tumeur des glandes cérumineuses 
de l’homme, dont ils rapprochent un cas de tu¬ 
meur analogue observée chez le chat. Il s’agit dans 
les deux cas d’une tumeur épithéliale maligne dont 
la structure rappelle celle des glandes correspon¬ 
dantes avec, dans la tumeur animale, une méta¬ 
plasie évolutive mammaire accusée. 

Histiocytosarcome giganto-cellulaire de la 
peau du sein. — MM. J. Montpellier, P. LaSar- 
gue et R. Nicolaï rapprochent celle ob.scrvntion 
dos cas analogues ob.servés par Dupont, Favre cl 
Josserand, Gougcrol et Dreyfuss. Bien que très 
rares, les hisliocytosarcomcs prendront sans doute 
place parmi certains sarcomes conjonctifs dits 
polymorphes, certains myosarcomes et certains 
états xanlho-granulomaleux. 


Etude statistique sur le cancer au Maroc. — 
M‘'“ Juliette Lafloret, d’une étude statistique ba¬ 
sée, non plus sur les autopsies, mais sur les exa¬ 
mens histologiques de biopsies provenant de dif¬ 
férents centres chirurgicaux, peut conclure que 
toidcs les formes anatomiques et histologiques des 
cancers observés en Europe s’observent également 
parmi les Indigènes du Maroc. On note cepen¬ 
dant parmi ceux-ci une plus grande fréquence de 
sarcomes. D’autre part, il semble que le cancer 
apparaisse actuellement dans un âge moins avancé 
que dans ces dernières années, avec un plus grand 
nombre de c.mcers chez les jeunes. Le cancer sem¬ 
ble plus fréquent chez les Israélites que chez les 
Musulmans, mais il est vrai que les Israélites, 
habitant presque tous les villes, se soumettent plus 
facilement et plus fréquemment aux examens 
médicaux. 

Note au sujet de l’activité cancérigène com¬ 
parée du méihylcholanthrène et du 1-2 benzo- 
pyrène. — M. P. tfalade a constaté que le mé- 
Ihylchol.anlhrènc et le 1-2 benzopyrène possèdent 
sensiblement la même activité cancérigène à 
l’égard du tissu conjonctif sous-cutané du rat 
blanc. Avec une dose opliina de 3 mp., le délai 
d'apparilion des tumeurs varie de 40 jours à 
2 mois. Ce sont toutes des sarcomes très poly¬ 
morphes. Le tissu conjonctif sous-cutané du chien 
est réfractaire à l'action cancérigène du mélhyl- 
cholanlhrènc et du benzopyrène. Ces deux car¬ 
bures n’ont pu déterminer la cancérisation du 
tissu mammaire et du li.ssu hépatique du lapin, 
ni de la mtiqueuse gastro-intestinale des rats, 
après administration par voie bucca'e. 

Diagnostic du cancer humain au moyen de la 
vitesse de coagulation du plasma a in vitro ». 
— M"® P. Mendeléeff, cherchant à appliquer au 
diagnostic du cancer des faits observés expérimen¬ 
talement chez le cobaye, a noté chez l’homme que, 
en cas de cancer, le suc leucocytaire, l’urine et 
la salive, ajnsi que le suc gastrique et le liquide 
céphalo-rachidien, ne coagulent que lentement ou 
pas du tout le plasma hépariné in vilro du même 
malade; tandis que le suc des globules rouges 
accélère celle coagulation. En cas de non-cancer ; 
le suc leucocytaire et toutes les humeurs du même 
sujet accélèrent fortement la coagulation du plas¬ 
ma humain et le plasma de cheval in vitro, tandis 
que le suc des globules rouges ne produit pas ta 
gélification du plasma. Avec 500 analyses faites 
sur différents malades, il n’a été obtenu que 4 à 
5 pour lOO de résultats erronés, ne concordant 
pas avec les indications cliniques. 

.1. Delahue. 


SOCIÉTÉ DE GASTRO-ENTÉROLOGIE DE PARIS 

14 Novembre 1938. 

M. Baumgartner, président, après avoir retracé 
l’œuvre scientifique de M. B. Bensaude, se fait l'in- 
lerprèle de la Société pour exprimer la profonde 
douleur avec laquelle a été ressentie la mort de ce 
grand méîdccin auquel doit tant la gaslro-cntérolo- 

La séance est lovée en signe de deuil. 

Etudes radiologiques du transit gastro-intes¬ 
tinal à l’aide de deux repas opaques successifs, 
l’un granuleux, l’autre homogène. — M. Delort 
a fait porter son élude sur 11 malades atteints de 
dyspepsie légère ou secondaire. Il ressort de ses 
observations que la substance opaque granuleuse 
progresse avec plus de djlficullé que la bouillie de 
gélobarine classique. Si le repas granuleux est 
ingéré avant la bouillie opaque, celle-ci ne larde 
pas à rattraper puis à dépasser le l" repas 
(16 heures ou 20 heures après environ). Si les 
grains sont ingérés en 2®, il y a seulement tenta¬ 
tive de dépassement des grains, qui ne réussissent 
jamais à dépasser la bouillie. Il semblerait donc 
que la qualité physique des ingesta intervienne 
considérablement dans la durée du transit. 

Thérapeutique des localisations rectales de 
la maladie de Nicolas-Favre ; conclusions. — 
MM. Gatellier et Girault, à la suite des diverses 


communications faites .à la Société avant les va¬ 
cances, déposent les conclusions sidvantes; 

1“ La sténose hypertrophique du rectum est dans 
la grande majorité des cas, avant tout, due à la 
maladie de Nicolas-Favre. 

2“ Il est difficile d’affirmer la guérison même 
dans les cas heureux de « guérison clinique » qui 
ont été rapportés. 11 a été observé 50 à 70 pour 100 
d’amélioration, 9 cas de « guérison ». 

3® La thérapeutique échoue dans les cas traités 
trop tardivement. L’intervention chirurgicale n’csl 
indiquée que de façon exceptionnelle et les réci¬ 
dives sont la règle. 

4° Les médications biologiques semblent être un 

La chimiothérapie (sels d’antimoine, rubiazol), 
la physiothérapie (diathermie), les traitements lo- 
locaiix, sont encore les moyens les plus efficaces. 

Modification de l’épreuve de la galactpsurie 
provoquée, à la suite de la cure thermale de 
Vichy. — M. Chiray, qui attache plus de valeur è 
l’épreuve des conccnlralioris de la galaclosurie 
provoquée, a fait chez 23 malades une élude de 
celle épreuve avant cl après la cure de Vichy. .\u 
débid, 14 malades présentaient une épreuve mau¬ 
vaise. Après la cure, tous sauf un, porteur de fis¬ 
tule biliaire, avaient, outre une amélioration clini¬ 
que, une amélioration de leur épreuve de galactosu- 

— AI. Lebert se demande si des résultats ana¬ 
logues n’auraient pas pu être obtenus par la mise 

Ulcère peptique jéiunal traité avec succès 
par l’association d’histidine et de vitamine C. 
— MM. Demole et Sarazin (Genève) traitèrent 13 
malades porteurs d’ulcères par un mélange d’his- 
tidinc et de vitamine C. 8 sur 13 furent améliorés 
alors que quelques-uns d’entre eux n’avaient pas 
été améliorés par rhisli{linc seule. 

Pour les auteurs, ces résultats peuvent être expli¬ 
qués par les hypothèses suivantes : la vitamine C 
est peut-être un facteur de chronicité de l'ulcère; 
b vitamine C a peut-être un effet activant sur l’his- 
tidinc. 

— M. J.-C. Roux demande si la vitamine C 
seule a une action. 

— M. Gutmann, qui a remarqué que la vita¬ 
mine C donne un coup de fouet au cancer, demande 
aux auteurs s’ils ont traité par leur méthode des 
ulcères cancérisés. 

Sondes à mercure et sonde à ballonnet en 
thérapeutique œsophagienne. — MM. Gosset et 
Soûlas présentent une nouvelle sonde à mercure 
munie près de sa partie inférieure d'un petit bal¬ 
lonnet que l’on peut gonfler lorsqu’il est en place 
pour réaliser une dilatation douce. Ils allircnt 
l’allenlion sur le danger des .sondes en gomme qui 
si elles ne sont pas employées sous le contrôle de 
la vue déterminent de redoutables accidents presque 
toujours mortels. 

— AL Gain souligne lui aussi le danger des son¬ 
des en gomme cl rend hommage .à son maître, 
B. Bensaude, qui le premier introduisit en France 
les sondes .A mercure. 

— M. Hillemand insiste sur la nécc.ssilé de 
vérifier A l’écran que la sonde est bien en place. 

— M. Marchand, en examinant des malades 
porteurs de mégaœ.sophage A la radioscopie, a re¬ 
marqué que la sonde passe facilement IA oè le ba¬ 
ryte ne pouvait pénétrer. Après le sondage, la sub¬ 
stance opaque pa.sse ensuite facilement. 

— M. Chêne pense qu’il ne faut pas confondre 
dans une même catégorie toutes les augmentations 
du calibre de l’oesophage. Radiologiquement on 
peut distinguer 2 variétés différentes : aspect en 
radis avec hyperkinésie et aspect en chaussette où 
existe de l’hypokinésie. 

Anusite hémorragique à évolution périodique 
et à tendance sténosante tardive. — Af. Alban 
Girault observe, depuis 1929. im malade qui pré¬ 
sente par inlermilicnce des hémorragies et des 
écoulements de glaires ou de pua par l’anus. Alors 
qu’au début, ce malade ne présentait aiieune lésion 
anale, il constata en 1937 l’oxislcnce d’un petit ré¬ 
trécissement anal. Les inlradermo-réaclions de Freî 
et au Dmclcos sont négatives. Ce cas se rapproche 






70 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N" 4 


de ceux que l’on observe dans les colites hémorra- 
gieop\iiiilcnles. 

— M. Savignac a vu des cas d’anusite avec 
érouleincnl très abondant de pus. 

— AI. Gain pense qu’il s’agit là de nianifesla- 
tion anale devant faire penser à la sodomie. 

.).-M. GonsK. 


SOCIETE D’HYDROLOGIE ET DE CLIMATOLOGIE 
MÉDICALES DE PARIS 

7 Novembre 1938. 

Rapport sur la candidature du Prof. Rimattéi. 

— AI. Rathery. 

Rapport sur la candidature du Prof. Vaucher. 

— AI. Merklen. 

Présentation d’ouvrages. — .MAI. Chiray cl 
Justin-Besançon : l.r clinint murin ilr Calais par 
M. Robert. 

Le climat il'altihnlc e.l scs principales actions 
/ihysiolnijiijiirs [rar AI. Bernado Jaramillo. 

Rôle du fer et de l’arsenic dans les boues 
minérales. Etude chimique de certaines boues 
ferrugineuses des griffons. — AIAI. Piéry, En- 
selme et Jourdain conçoivenl l’activité spéciale 
de certaines boues minérales par l’internicdiaire 
d’un système fourni par l’arsenic adsorbé sur du 
fer au moment de la floculation de ce corps au 
niveau du griffon. Ils ont noté en effet en appli¬ 
quant, d’après Frcundlieli, la loi d’adsorption nn 
graphique conforme à cette loi et constaté l’aug¬ 
mentation des oxydations pendant quelques heures 
par l'eau ferrugineuse de Charbonnières, acti\a- 
tions qui ce.ssent avec la précipitation des boues. 

Etudes sur le métabolisme de la vitamine C. 
Analyse et interprétation du mode d’action de 
l’eau de Vichy sur le métabolisme de la vita¬ 
mine C. — AI. Max ’V’authey, continuant ses 
études sur la vitamine C dans ses rapports avec 
l’action de l’eau de A'ichy, conclut que celle-ci 
agit par un mécanisme complexe, mettant en jeu 
pour une part l’action de l’alcalinisation humo¬ 
rale et pour une part l'action sur le foie, action 
plus persistante sur le métabolisme de l’acide ascor- ■ 
bique que celles d'autres agents d’action hépa¬ 
tique ^extrait de foie ou glucose'). 

J.-.I. SÉnANE. 


SOCIETE DE MEDECINE MILITAIRE FRANÇAISE 

10 Novembre 1938. 

Note au sujet des bibliothèques des hôpitaux 
militaires. — AI. des Cilleuls. Do notables amé¬ 
liorations ont été apportées on ces dernières années 
à l’organisation et au fonctionnement des biblio¬ 
thèques des hôpitaux militaires. Do jilus, depuis le 
début de 1938, l’Association Nationale dos biblio¬ 
thèques d’hôpitaux à créé — dans un des services 
du Val-de-Grilec — une bibliothèque analogue à 
colles des hôpitaux de l’Assistance publique. I.c 
nombre des livres prêtés s’élève à 11.000, chiffre 
notablement supérieur à ceux relevés dans tous les 
autres hôpitaux. 'L’auteur fait connaître les détails 
de la statistique du prêt et souligne les résultats 
très intéressants et convaincants obtenus par l’Asso¬ 
ciation Nationale des Bibliothèques d'Hôpitaux. 

Complication cutanée au cours d’une forme 
de Nicolas-Favre. — MAI. ’Yilleguez et Grupper 
présentent l’observation d’un malade atteint de 
lymphogranulomatose Inguinale bilatérale qui pré¬ 
sente successivement, à quatre mois d’intervalle, 
deux abcès de la paroi abdominale dont la nature 
lymphogranulomateuse fut démontrée en particu¬ 
lier par la préparation d’un antigène à partir du 
pus de ces abcès. 

Un dispositif simple pour la mesure de l’acuité 
stéréoscopique : le test de Davidson-Onfray. — 
Al. Lanet présente un appareil fort simple permet¬ 
tant une mesure facile et rapide de l’acuité stéréo¬ 
scopique d'un sujet. Le calcul des différents élé¬ 
ments du dispositif a été fait de façon à donner 
pour des réponses exactes du sujet aux distances 


d’observation de 0 minutes, de 4 minutes, de 3 mi¬ 
nutes et de 2 minutes, une acuité stéréoscopique 
respective de 5 secondes, 11 secondes, 20 secondes 
et 44 secondes d’arc. Au-dessous de 2 minutes, le 
lest est sans valeur. Sans prétendre à la précision 
des lests stéréoscopiques, le tc.st do Davidson-Ün- 
fray, d’un maniement très simple et de construc¬ 
tion peu coiiteuse, permet cependant des mesures 
très suffisantes en pratique ophtalmologique cou- 

A propos du traitement par les composés dia- 
zoïques des phlegmons périamygdaliens. Ré¬ 
sultats de trois années d’observations. — AIAI. 
Talbot et Ormières rapportent les résultats favo¬ 
rables de leur expérimentation. Ils ont traité 
85 cas de phlegmons périamygdaliens par le rubia- 
zol; 12 fois seulement l’intcrvenliou chirurgicale 
fut nécessaire alors que pour tous les cas témoins, 
il fut nécessaire d’intervenir. D’autre ]iart, sous 
l'action de cette thérapeutique les douleurs s’atté¬ 
nuent rapidement, en même temps que l’abcès se 
collecte plus vite et s'ouvre habituellement en 
48 heures. 

Staphylococcémie à localisations multiples 
guérie par l’anatoxine staphylococcique. — 
AIAI. Gazais et Riotte présentent l’observation 
d’un sujet atteint de scptico-pyoliémie à staphy¬ 
locoque doré, furoncle de la nuque, abcès de la face 
antérieure de l’avanl-bras droit, abcès de la face 
postérieure de la jambe droite, abcès de la région 
scapulaire gauche avec deux héniocullures positives 
à six jours d’intervalle. L’injection d’anastaphylo- 
toxine entraîna la baisse progressive de la tempé¬ 
rature et la guérison, alors que la cbimiotliérapie 
et que la vaccinotliérapie étaient restées sans effet. 

Pleurésies à streptocoque et sérothérapie. — 
AIAI. Heuraux et Délateur soulignent l’évolution 
favorable de trois pleurésies à streptocoque grâce h 
la sérothérapie strcptococciquc (sérum préparé au 
Laboratoire "Central de l’Armée'), appliquée avant 
l’intervention chirurgicale. 

Epidémie d’oreillons et orchite ourlienne 
chez l’enfant et l’adolescent. — AI. Brousses a 
suivi une épidémie d’oreillons dans iinc école 
d’enfants de troupe et a noté rinflucnec de la 
puberté sur la fréquence do l’orchite ourlienne. 

Zona et varicelle. — AI. Brousses présente 
une nouvelle observation de deux enfants ayant 
contracté la varicelle auprès de leur frère atleint 
de zona ophtalmique. Il conclut à la nécessité de 
l’isolement du zonateux s’il est entouré de jeunes 
enfants qui n’ont pas eu la varicelle 

L’autohémothérapie dans la prévention des 
otites grippales. — AIAI. Roussel et Deyme. 

Au sujet d’un cas d’ostéose cancéreuse mé¬ 
tastatique diffuse, suite d’un cancer du sein. — 
AI. Gastay. 

LrciFx .Lame. 


SOCIÉTÉ MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE 

24 Octobre 1938, 

Le syndrome psychologique dans les cas de 
perversité par encéphalite épidémique chroni¬ 
que à forme retardée. — AIAI. Delmond et Car¬ 
rère. Ces actes pervers ont les caractères suivants : 
itératifs incocrciblcment, stéréotypés cl de gravité 
croissante, illogiques, scandaleux, dangereux et 
antisociaux, ni dissimulés, ni rationnalisés, accom- 
p.-.gnés d’oppositions affectives paradoxales, d’un 
polymorphisme extrême quand ils sont d’ordre 
sexuel et toujours accompagnés d’anxiété. 

Erotomane et jaloux 'de sa mère. — AIAI. 
X. Abely et Fretet. Observation d’un sujet qui. 
avant d’être érotomane, avait présenté un com¬ 
plexe d’infériorité et, corrélativ’ement, un besoin de 
protection, ce qui tendrait à prouver que l’éroto¬ 
manie est plus l’espoir d’être entretenu que l’illu¬ 
sion d’être aimé. Par ailleurs, ce cas prouve qu’il 
n’y a pas incompatibilité entre délire de jalousie et 
érotomanie. 

Vagotonie et syndrome de démence précoce. 
Disparition par l’atropine. — AI. Donnadieu. Un 
hébéphrénocatatonique, malade depuis un an, pré¬ 


sentant de nombreux signes de vagotonie, fut 
guéri en moins d’ijn mois de traitement par la 
méthode de Rohmer. 

Epilepsie postmalariathérapique. Etiologie. 
Mécanisme. — .M. Donnadieu. De recherches 
pharmacodynamiques et manométriques faites sur 
l’appareil cardiovasculairc cl sur le liquide céphalo¬ 
rachidien, l’auteur conclut que ces crises, qui ne 
survenaient que pendant les périodes où le sujet 
fumait, étaient conditionnées par un spasme dû à 
la nicotine et non au paludisme. 

Un nouveau symptôme des traumatismes cr⬠
niens: la mydriase consécutive. — M. A. Bro- 
chado. 

Paul Courbon. 


SOCIÉTÉ D'OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE DE PARIS 

16 Novembre 1938. 

Considérations sur les hémorragies des cor¬ 
des vocales (deux observations). — AI. Abrand 
présente des observations de malades chez qui une 
hémorragie sous-inuqueuse, brusquement survenue 
et guérie sans aucun reliquat, écarte l’idée du 
c( coup de fouet » laryngé. Un granulome survenu 
dans un des cas lui paraît être une évolution, assez 
rare à la vérité, d’un hématome sous-muqueux 
évacué par ouverture. 

La médication sulfamidée dans deux cas de 
méningite puriforme aseptique dont l’un avec 
œdème cérébral aigu. — AIM. Hubert et Girard. 
Entre la méningite septique et la méningite puri¬ 
forme aseptique il n’existe pas de barrière réelle; 
d’insensibles degrés les réunissent. 

•Quand, au cours d’une otite ou d’une sinusite, 
le liquide céphalo-rachidien devient trouble, il est 
indiqué d’opérer même si ledit liquide est asep¬ 
tique. Alais cela ne suffit plus; il faut, en outre, 
instituer la médication sulfamidée parce que, en 
premier lieu, on doit penser que les germes sont 
en train de passer dans les méninges, si ce n’est 
déjà fait, et parce que, en deuxième lieu, nous 
savons à présent que le sulfamide a la puissance 
d’arrêter l’invasion slreptococcique cl même de sté¬ 
riliser les espaces méningés une fois envahis. 

L’hésitation n’est pas permise parce que l’absten¬ 
tion laisse subsister un énorme danger, tandis que 
l’administration du médicament soit per os, soit 
par le canal rachidien, ne comporte qu'un risque 
fort problématique et des inconvénients insigni¬ 
fiants tels que fatigue et anémie médicamenteuse 
transitoire. 

Un cas de méningite post-otitique à pneu¬ 
mocoque améliorée mais non guérie par le trai¬ 
tement sulfamidé. — AIAI. Hubert, Lefranc et 
Pertus présentout l’observation d’une fillette de 
7 ans. atteinte de méningite post-otitique cl chez 
qui le traitement sulfamidé, bien qu’institué dès 
l’exisliuici' do l’otite, ne donna qu’une amélioration 
pas.sagère et ne put enraver l’évolution mortelle de 
la maladie. 

Un cas de méningite post-otitique à pneumo¬ 
coque améliorée mais non guérie par le traite¬ 
ment sulfamidé. — AIM. Hubert et Pertus. Ob¬ 
servation semblable à la précédente, concernant un 
malade de 41 ans ; mêmes symptômes, même Irai- 
tcment, même évolution de la maladie. 

Grippo.n de la AIotte. 


SERVICE DE UBRAIRIE. — Le service de 
librairie de La Presse AIédicale se lient à la dis¬ 
position des abonnés du journal pour leur adresser 
les ouvrages annoncés, 

Pour les abonnés n’ayani pas de dépôt de fonds, 
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tant en un mandat-poste ou. autre valeur sur Paris, 
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France, ou 15 pour 100 pour frais d’envoi à 
l’Elranger. 











N” 4 


14 Janvier 1939 


PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE” 


N" 477. 

Etat typhoïde et tuberculose 

Par Louis Ramond, 

Médecin de riiôpilal Laeniiec. 


Avant de faire passer celte jeune malade dans 
le service de phlisiologie où elle doit ôlrc légi¬ 
timement placée on raison de ia tuberculose 
pulmonaire du sommet droit dont clio est 
altcinle, je liens à reprendre avec vous, ce malin, 
l’hisloirc de l’épisode fébrile aigu qui l’a fait 
hospitaliser tcmporaircmonl dans noire salle 
Roslan. Ce cas nous fournil, en effet, un exem¬ 
ple très inslruclif de cos formes typlio'Kles de 
l'infecLlon tuberculeuse que Landonzy a isolées 
sous le nom de n typho-bacillnse », et qui, simu¬ 
lant les infections lypliiques et paralypbiques, 
sont trop souvent méconnues et confon¬ 
dues avec des scjilicéraics bactériennes vul- 


A son entrée salle Roslan elle nous est appa¬ 
rue comme une adolescente d'aspect normal, 
mais momenlanémenl terrassée par une infec¬ 
tion aiguë. Elle avait les pommelles un peu 
rouges cl les yeux battus. Elle était enfoncée 
dans scs oreillers et enfouie sous ses couver¬ 
tures, déprimée et prostrée. Tout en répondant 
très correctement à notre interrogatoire, elle ie 
faisait visiblement avec une certaine fatigue. 

Elle se plaignait de souffrir violemment de sa 
télé cl de ses membres dans leur continuité. 

Sa température était à 39^7 et son pouls <à 96. 

Sa langue, sale au centre, était rouge sur les 
bords ; elle était humide. Sa gorge — qui ne 
lui faisait pas mal — était un peu rouge, sans 
que, pourtant, les amygdales fussent tuméfiées. 
Dans scs régions sous-maxillaires cl cervicales il 
n’y avait aucune adénopathie. 

Celle jeune malade n’avait pas de catarrhe 


M"« 15..., Gilberle, est Agée de IS ans 1/2. 

Elle Iravaillc en usine. Elle est entrée fi 
Laoiinec le Vendredi i Novembre 1038 parce 
qu’elle était obligée de garder le lit depuis 
quarante-huit heures pour de la céiihalée, 
des courbatures généralisées cl une forte 

Le début de sa maladie avait été très 
brusipie, il s’élail produit le soir de la 
Toussaint, journée de congé pendant la¬ 
quelle elle s’élail promenée sans éprouver 
le moindre malaise. .Au moment de se cou¬ 
cher, apres le dîner absorbé avec appétit, 
elle avait été prise de frissons et do cour¬ 
batures. Elle avait ensuite passé une mau¬ 
vaise nuit. Néanmoins, le lendemain, mer¬ 
credi 2 Novembre, elle s’élail rendue à son 
usine et avait fait sa journée entière de tra¬ 
vail malgré de violents maux de iCle et de fortes 
douleurs diffuses dans les membres. Couchée le 
soir sans manger, elle avait passé une nuit 
très agitée. Le jeudi maiin, elle s’élail sentie 
incapable de se lever. Elle avait donc passé celle 
journée du S Novembre au lit, ne prenant comme 
alimentation que des infusions sucrées et de 
l’orangeade, et continuant à souffrir de céphalée 
et de courbatures. Dans la matinée, elle avait 
ou un saignement de nez assez important. Enfin, 
le vendredi h Novembre, elle s’élail fait trans¬ 
porter à Lacnnoc, au troisième jour de sa mala¬ 
die, dans l’impossibilité où elle était d’être soi¬ 
gnée à domicile. 

Elle vit seule, en effet, avec sa sœur qui, 
très bien portante, travaille toute la journée au 
dehors, et avec sa mère, altcinle d’une maladie 
nerveuse sur laquelle elle no peut donner 
aucune précision. 

Personnellement, celle jeune fille n’a jamais 
eu de maladie grave. Elle est. sujette, par exem¬ 
ple, aux angines phlegmonouses dont elle a été 
déjiè quatre fois alleinlc, son dernier phlegmon 
de l’amygdale dalanl du début du mois de Sep¬ 
tembre dernier. Son affection actuelle l’a sur¬ 
prise en excellente santé, sans que, dans les 
semaines précédentes, elle eût maigri, perdu 
son appétit ou présenté des sneurs nocturnes. 



nasal ; elle ne toussait pas ; elle ne souffrait 
d’aucun point de côté; elle ne ressentait pas la 
moindre gêne respiratoire. L’examen de scs 
poumons — pratiqué avec le plus grand soin —- 
nu révélait aucun signe slélhacouslique anormal. 

Son cœur battait régulièrement, sans souffles. 
Sa tension artérielle était faible : 11 x 7 1/2 au 
l'aquez. 

Son ventre, non ballonné, était souple. Sa 
fosse iliaque droite, non douloureuse à la pres¬ 
sion, était le siège d’un gargouillement au pal¬ 
per. Cette malade était cependant constipée cl 
n’avait pas été à la garde-robe depuis deux 
jours. 

Son foie n’élail pas hypertrophié. 11 en était 
de même de sa rate. 

Scs reins n’élaionl pas accessibles à la palpa¬ 
tion bimanuclle qui se montrait indolore à 
droite et à gauche. 

Ses urines, assez rares et hautes en couleur, 
mais limpides, étaient émises sans douleur et 
de façon normale. Elle ne contenaient ni sucre 
ni albumine. 

Son système nerveux était indemne. En par¬ 
ticulier, il n’y avait pas de raideur de la nuque 
ni de signe de Kcrnig. 


Devant ce tableau et vu le début brusque de 
la maladie, l’importance de la céphalée et des 
courbatures, l’absence de tout symptôme de 
localisation, la hautonr de l'élévalion thermique. 


nous avons porté le diagnostic de « grippe », 
en faisant quelques réserves sur la possibilité 
d’une infection rhino-pharyngée encore latente, 
ceci à cause de la tendance de celte malade è 
faire des angines phlegmoneuscs. 

En conséquence, nous avons prescrit des ca¬ 
chets calmants, des gargarismes émollients et 
des paquets d'uroformine et de benzoate de 
soude à prendre dans une assez grande quantité 
de liquide. 

Dès le lendemain malin, la chute de la tem¬ 
pérature à 38“ nous a contirmés dans notre 
bonne impression pronostique et, le soir du 
même jour, la recrudescence fébrile à 39'’7, 
amorçant un V grippal, nous a fourni un nou¬ 
vel argument en faveur du diagnostic de grippe. 


Mais la température est restée élevée, sans 
(lu’aucunc localisation viscérale ni pharyngée ne 
vînt légitimer la persistance de celle pyrexie 
continue avec asthénie et légère prostra¬ 
tion. El voilà que, le dimanche 6 Novem¬ 
bre — cinquième jour de la maladie — 
nous avons trouvé, à l’examen, une rate 
nellemcnl palpable sous les fausses côtes 
gauches lors des inspirations profondes. 
Celle splénomégalie, jointe à l’épistaxis du 
deuxième jour, à la céphalée, au gargouil¬ 
lement dans la fosse iliaque droite, 5 
l’abattement du sujet et à la qualité de s.-s 
fièvre continue — d’ailleurs déjà en voie 
de défervescence en lysis — nous a orien¬ 
tés vers le diagnostic do « dolhiénenlé- 
rie ». Du reste, notre inlerrogaloire, plus 
pre.ssanl dans ce sens, nous a fourni un 
nouvel argument anamnestique en faveur 
d’une infection du groupe typhique ou 
parathyphique en nous apprenant que 
avait mangé des huîtres dix jours avant 


d. tomber malade. 

Dès lors nous avons soigné cette jeune fille 
comme une typhique par la diète liquide, l'iid- 
minislralion quotidienne d’un lavement de 
sérum physiologique froid, l’absorption journa¬ 
lière d’uroformine largement diluée dans du 
liquide. 

Nous avons demandé que fussent pratiqués 
une hémoculture et dos scro-diagnostics. 

L’hémoculture (faite, il est vrai, seulement le 
huitième jour de la maladie, alors que la tem¬ 
pérature n’était plus que de 37'>8) n’a pas 
poussé. Les séro-diagnoslics se sont montrés 
négatifs vis-à-vis du bacille d’Eberlh et du 
bacille paralyphique A, cl positifs au 1/200° pour 
h; bacille paralyphique B. Notre malade n’ayant 
jamais été vaccinée contre les infections ty¬ 
phoïdes T, A ou B, ce séro-diagnoslic positif 
.à un taux élevé nous a paru certifier, chez elle, 
l’existence d’une fièvre paratyphoïde B. D’ail¬ 
leurs, quelques jours plus tard, le jeudi iO No¬ 
vembre — neuvième jour de la maladie — un 
nouveau symptôme, de grande valcuf diagnos¬ 
tique pour les fièvres typho’ïdes ou paraty¬ 
phoïdes, est apparu sous la forme de trois taches 
érythémateuses, arrondies, s’effaçant sous la 
pression du doigt pour reparaître presque aussi¬ 
tôt après, siégeant toutes les trois sur le ventre 
de notre sujet sur lequel nous n’avions appliqué 
ni vessie de glace ni pansement humide, taches 
auxquelles nous avons reconnu tous les carac¬ 
tères des taches rosées’-lenlirulaires, non seule- 








72 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N“ 4 


ment au point de vue morphologique, mais 
aussi au point de vue évolutif puisqu’elles sur¬ 
venaient à la date norxhale de leur apparition 
au cours des dothiénenlérics (huitième à 
dixième jour). 

Nous n’avons plus dès lors douté du diagnos¬ 
tic de fièvre paratyphoïde B, basé sur les 
symptômes cliniques et appuyé par la sérologie, 
tout en reconnaissant le caractère un peu anor¬ 
mal du début brusque de la maladie et du pou 
d’importance de la prostration et de l’adyna¬ 
mie. Mais nous expliquions le premier de ces 
caractères par l’ége de notre malade — une 
adolescente encore très jeune — (car nous sa¬ 
vons la fréquence’ du début brusque de la lièvre 
typhoïde dans l'enfance) et nous mettions le 
second sur le compte de la forme particulière¬ 
ment légère et abortive de la maladie de la 
jeune Gilberte. 

La suite des événements s’est déroulée suivant 
nos prévisions. La température s’est abaissée en 
lysis pour tomber à 36“8 dès le lundi H Novem¬ 
bre, treizième jour de la maladie, et rester défi¬ 
nitivement autour de 37°. M“° B..., nullement 
amaigrie, se sentait complètement guérie. Elle 
réclamait à manger. Suivant la règle appliquée 
dans mon service au sujet de la reprise de l’ali- 
mentatlon chez les typhiques convalescents, 
nous avons attendu huit jours pleins d’apyrexie 
avant de revenir à un régime normal. Le 22 
Novembre on lui a donné deux potages ; le len¬ 
demain on a ajouté de la purée de pommes do 
terre à son menu ; puis un oeuf le jour suivant, 
enfin une noix de côtelette le quatrième jour, 
etc... 


Or, contrairement à notre attente, nous avons 
vu sa température remonter à 38° dès la reprise 
de l’alimentation et se maintenir ensuite à cette 
hauteur. 

Alors sont revenues à notre esprit toutes les 
inquiétudes que nous avions eues à plusieurs 
reprises sur la possibilité de l’origine tubercu¬ 
leuse de cet état typhoïde, sans très grande pros¬ 
tration, sans diarrhée, sans dissociation du 
pouls et de la température, sans hémoculture 
positive, inquiétudes qu’avaient dissipées l’abs- 
sencc de tout antécédent héréditaire ou person¬ 
nel de tuberculose chez celte adolescente, 
l’inexistence d’une période d’imprégnation tu¬ 
berculeuse avant l’apparition de la phase aiguü 
de sa maladie, enlln un symptôme clinique do 
la valeur quasi pathognomonique des infections 
typhiques et paratypliiijucs tel ([uc les taches 
rosées lenticulaire.s et un résultat de laboratoire 
indiscutable comme le séro-diagnostic positif 
au bacille paratyphique B nu l,/200‘'. 

Nous avons donc pratiqué, dès le 22 Novembre, 
une ciüi-rêaclioti à la tuberculine. Elle s’est 
nfontrée nellemenl positive sous la forme éry- 
thémato-papuleuse. C’était lè non seulement un 
argument en faveur de l’origine tuberculeu.se 
de l'état typhoïde de notre malade, mais encore 
une raisoir de douter de la nature paratyphique 
de cette pyrexie, car, dans les infections typhi¬ 
ques et paratyphiques, la cuti-réaction è la 
tuberculine devient généralement négative. 

Ce fait nous a donc incités è pousser plus loin 
nos invcstijalions dans le sens d’une tuberculose 
latente et nous avons fait pratiquer une radio¬ 
graphie du thoras. Nous avons ainsi pu voir que 
le champ pulmonaire gauche était radiographi- 
quement tout à fait normal, mais que le som¬ 
met droit était assombri par (îe nombreuses 
taches nuageuses au milieu desquelles étaient 
parsemées des images micronodulaires qui tra¬ 
duisaient l’infiltration de cette partie du pou¬ 
mon par la luhorciilose (voir figure 2): 

P:ir IVainlc de liii-iseï passer inaperçues des 


lésions plus importantes masquées par les côtes 
et la clavicule nous avons demandé que dos 
tomographies fussent faites do ce sommet droit. 
Bien nous en a pris, puisque nous avons ainsi 
découvert l’existence d’une caverne typique do 
la dimension d’une pièce de 2 francs surtout 
nettement visible sur la coupe passant ,à 9 cm. 
de la partie postérieure du thorax (voir figure 3). 

M““ B... est donc atteinte de tuberculose pul¬ 
monaire. Comme elle n’expectore pas, nous 
allons être obligés de rechercher les bacilles de 



Koch dans le produit de lavage de son estomac. 
Cette recherche doit être faite dans le service, 
de phlisiologie dans lequel elle va passer dans 
un instant. 


Et maintenant, comment interpréter l’épisode 
fébrile d’allure typhoïde que vient de présenter 
cette jeune fille? 

A s’en tenir à l’aspect clinique de la maladie, 
le diagnostic è porter serait celui de typiio-iucii,- 
LQSE de Landouzy puisque celte adolescente a 
été atteinte exclusivement, du point de vue 
séméiologique, d’une nè\Tc continue avec état 
typhoïde et splénomégalie sans aucun signe de 
localisation viscérale. L'évolution de son affec¬ 
tion vers la guérison est dans la règle de celte 
forme do fièvre infectieuse tuberculeuse aiguë. 



et il y a lieu de présumer que cello typbo-hacil- 
loso, après une rémission passagère plus ou 
moins longue, aurait fait sa preuve par la révé¬ 
lation do la tuberculose pulmonaire du sommet 
droit lors d'une poussée évolutive imminente. 

Mais des interprétations palhogéniques ■ diffé¬ 
rentes étant venues obscurcir la question, il 
n’est pas certain que le terme de typho-bacil- 
lose soit considéré par tous les auteurs comme 
la dénomination qui convienne à ce cas clinique. 

En effet, si tout le inonde est aujourd’hui 
d’.HTord pour admettre que la tuberculose peut 
<!' inanifpslei parfoi- par.'une fièvre d’allure 


lypho’ide et que la lypho-bacillose, contrairement 
à l’opinion de Landouzy, n’est pas due à une 
septicémie tuberculeuse, primitive et essentielle, 
sans localisation viscérale, sous la dépendance : 
. soit du bacille de Koch lui-mémo, soit d’un 
germe tuberculeux spécial comparable au bacille 
aviaire ou aux bacilles humains homogénéisés, 
soit d’un ultra-virus tuberculeux ; si tout le 
monde s’entend pour considérer, au contraire, 
comme la radiologie l’a démontré, qu’à la base 
de la lypho-bacillose il existe toujours une loca¬ 
lisation tuberculeuse viscérale, les auteurs diver¬ 
gent d’opinion quant à la nature de cette lésion 
bacillaire initiale, 

1° Pour la plupart des phtisiologues, celte lé¬ 
sion, qui peut siéger dans les ganglions tra¬ 
chéo-bronchiques ou dans les poumons, est re¬ 
présentée généralement par un complexe gan- 
glio-pulmonaire, constitué par un foyer d’infil¬ 
tration parenchymateux pulmonaire associé à 
des ombres ganglionnaires médiastinales. La 
lyphobacillose ne serait pour eux qu’une forme 
clinique de primo-infection tuberculeuse. Avec 
cette manière de voir, le cas de notre malade ne 
rentrerait pas dans le cadre de la lypho-bacil- 
losc. 

2° Mais un grand nombre de médecins admet¬ 
tent que la forme typhoïde de l’infection tuber¬ 
culeuse n’est pas exclusivement réservée à une 
primo-infection et qu’elle peut être engendrée 
par des lésions liibcrculeuses de types variés et 
souvent avancées dans ieur évolution. Ils esti¬ 
ment donc arlificielle la dislinclion entre lu 
lypho-bacillose et ces étals typhoïdes tubercu¬ 
leux, Suivant leur conception, la lypho-bacillose 
de notre jeune fille n’aurait été ipie la manifes¬ 
tation clinique d’une poussée évolutive d’une 
tuberculose pulmonaire vulgaire. 

* 

* * 

Cependant une question subsidiaire se pose 
encore à propos do ce cas clinique. Celte adoles¬ 
cente a-l-ello eu réellement une forme typhoïde 
de l’infoclion tuberculeuse? 

a) Certes, on croirait la question presque 
indiscutable a priori puisque Gilberte B... est 
une luboreuleuse, comme l’a prouvé la positi¬ 
vité de l’cxarnen radiologique des poumons et 
de la cuti-réaetion à la tuberculine, et puis¬ 
qu’elle a préson lé tous les symptômes essentiels 
do la lypho-bacillose : maladie des adolescents 
et des adultes jeunes, h début souvent rapide, 
caractérisée par une fièvre continue avec état de 
prostration peu accentué, par de la splénomé¬ 
galie, mais sans bronchite, ni diarrhée, ni ulcé¬ 
ration vélo-palaline de Duguel, ni ralentisse¬ 
ment du pouls, sans hémoculture positive. 

b) Pourtant un certain nombre de signes sont 
en discordance avec le diagnostic de lypho-bacil¬ 
lose. Ce sont : 1° l’épistaxis du deuxième jour, 
rare dans la typho-bacillose,' fréquente dans les 
infections tyqihiques ; 2° les taches rosées len¬ 
ticulaires, quasi .spécifiques de la dothiénenté- 
rie) ; 3" enfin, le séro-diagnostic positif pour le 
paratyphique B au 1/200°, li-ux qui ne peut pas 
traduire une agglutination spontanée. Aussi me 
paraît-il qu’on peut se demander si'nous n’avons 
pas eu affaire à une fièvre paratyphoïde B chez 
une tuberculeuse pulmonaire chronique. 

* 

* * 

De toutes façons le pronostic d’avenir est celui 
de sa tuberculose pulmonaire, c’est pourquoi il 
nous a paru nécessaire de transférer Gilberte B... 
dans le service de phlisiologie où l’on appréciera 
le type évolutif de sa lésion pulmonaire et où 
l’on, pourra, dans les meilleures conditions, lui 
appliquer le iTaitemenl convenable: 



N“ 4 


14 Janvier 1939 


CHRONIQUES 

VARIÉTÉS INFORMATIONS 


La vaccination par le bacille 
de Calmette-Quérin 
au Canada français 
et aux États-Unis 

Grâce à TlnsUlut scientifique i'ranco-cunaclien, 
je viens, pour la deuxième fois, de faire un 
séjour d’une durée de dix semaines dans Je 
Canada français. Je liens à en remercier 
M. Etienne Gilson, professeur au Collège do 
France, qui'a succédé comme président de cet 
Institut au regretté professeur Louis Dalbis, et 
son secrétaire général, M. le professeur Edouard 
Monpelit. La mission qui m’a clé confiée n’avait 
pas seulement pour but, comme celle que j’ai 
effectuée en 1936, de faire dos conférences sur 
la tuberculose expérimentale el sur le vac¬ 
cin BCG dans les Facultés de Médecine cl les 
hôpitaux de Montréal et de Québec, mais de 
coopérer à l’organisation scientifique de l'Ins¬ 
titut de Microbiologie et d'Hygiène de Montréal 
qui est en voie de création. 

Après la visite récente dans cette dernière 
ville de M. le D'' Louis Martin, directeur de l’Ins¬ 
titut Pasteur, j’ai pu ainsi contribuer à resserrer 
les liens qui ont été noués entre les deux Univer¬ 
sités de langue française et notre Maison par les 
nombreux médecins canadiens qui sont venus 
travailler dans nos laboratoires. J’exprime cà 
M. le professeur Albert Lesage, doyen de la Fa¬ 
culté de Médecine de Montréal, à M. le profes¬ 
seur Télesphore Parizeau, doyen honoraire do 
celte Faculté et à M. le professeur P. G. Dagneau, 
doyen do la Faculté do Médecine de Québec, mes 
sentiments de très profonde gratitude pour 
l’accueil si cordial que j’ai reçu d’eux. 

Depuis une dizaine d’années, la question du 
RGG a provoqué des échanges particulièrement 
nombreux entre la Faculté do Médecine de Mon¬ 
tréal et l’Institut Pasteur. A la suite des pre¬ 
mières vaccinations au moyen du 15GG effectuées 
en 1926 par le professeur Baudouin dans le 
Canada français, l’Institut Pasteur a délégué 
M. le Professeur Pettit pour préparer ce vaccin 
dans le laboratoire de Microbiologie do cette 
Faculté. 

Après son départ, ce sont MM. Gauthier et 
Breton, anciens élèves de l’Inslilut Pasteur, qui 
ont eu la charge de celle préparation. La mort 
prématurée de M. Breton a obligé la Faculté do 
Médecine de Montréal à envoyer en 1932 à l’Ins¬ 
titut Pasteur M. Armand Frappicr qui venait do 
passer près d’un an dans des Universités dns 
Etats-Unis comme boursier de la Fondation Roc¬ 
kefeller. 

Après le stage qu'il a effectué dans les ser¬ 
vices do la tuberculose de l’Institut Pasteur, 
M. A. Frappier a été chargé de la préparation 
du BCG a Montréal. En Février-Mars 19-36, je 
suis allé moi-môme faire des conférences sur 
la vaccination antituberculeuse dans cette der¬ 
nière ville et à Québec. Un nouveau séjour è Paris, 
en Juillet et Août 1937, a permis è M. A. Frap¬ 
pier de travailler dans les divers laboratoires dos 
services pratiques de l’Institut Pasteur. Il vient 
d’être nommé directeur de l’Institut de Micro¬ 
biologie et d’Hygiène dont la création a été 
récemment décidée. Il aura comme collabora¬ 
teurs M. Fredette, qui fait en ce moment un 
stage à l’Institut Pasteur, MM. Forté, Tassé, De¬ 


nis et M. Panissel, fils du professeur à l’Ecole 
d’Alfort, qui sera chargé du service vétérinaire. 

Depuis longtemps le besoin d’un pareil éta¬ 
blissement scientifique se faisait impérieusement 
sentir puisque la province de Québec, dont la 
superficie atteint près de trois fois celle de la 
France, en était complètement dépourvue. Les 
laboratoires de microbiologie de la Faculté de 
Médecine de Montréal étaient devenus insuffi¬ 
sants pour pouvoir répondre aux demandes de 
vaccin B.G.G. qui ne cessent pas d’augmenter. 
On ne pouvait donc pas envisager d’y préparer 
d’autres vaccins. 

Dos personnalités comme le professeur T. Pa¬ 
rizeau, qui a été pendant plusieurs années à la 
tôle de la Faculté de Médecine de Montréal, le 
professeur A. Lesage qui vient de lui succéder 
comme doyen de cette Faculté, et M. Armand 
Dupuis, président de la Commission des écoles 
catholiques, guidés au point de vue technique 
par M. Armand Frappier, ont souligné cette la¬ 
cune avec to.ute l’autorité qui leur est conférée 
par leurs hautes fonctions et les services qu’ils 
ont rendus à leur pays. 

M. Albiny Paquette, le nouveau Ministre de 
la Santé de la province de Québec, a répondu 
à leur appel et a décidé la création de cet Insti¬ 
tut. Il sera installé dans les nouveaux bâtiments 
de l’Université édifiés à Oulremont. Quoique 
encore incomplètement achevés, ils pourront 
abriter prochainement ces nouveaux labora¬ 
toires. Nous aurons l’occasion d’en donner une 
description détaillée lorsqu’ils seront en plein 
fonctionnement. 

Pendant notre séjour, nous avons pu, avec 
M. Armand Frappier, étudier l’organisation 
scientifique de cet Institut et les plans de ses 
laboratoires dans plusieurs entrevues avec l’ar¬ 
chitecte de l’Université, M. A. Cormier, el avoir 
de nombreux entretiens avec le président de son 
Gonseil d’administration M. Armand Dupuis, 
que nous tenons â remercier, ainsi que 
M. A. Frappier pour toutes les attentions qu’ils 
nous ont prodiguées. 

Dans l’esprit du Ministre de la Santé, cet 
Institut est destiné non seulement à préparer les 
vaccins et sérums dont la province de Québec 
a besoin, mais à permettre de multiplier les vac¬ 
cinations par le B.G.G. pour associer les effets 
de ce vaccin à toutes les mesures d’hygiène so¬ 
ciale déjà mises en oeuvre. 

Ses vues sont partagées par le Comité provin¬ 
cial de défense contre la tuberculose dont le pré¬ 
sident est M. Jarry, professeur de phtisiologie à 
la Faculté de Médecine de Montréal, et le secré¬ 
taire général M. Grégoire, directeur des dispen¬ 
saires antituberculeux de Québec. 

Aussi, ai-je été chargé-par ce Comité et par 
l’Institut de Microbiologie de faire des confé¬ 
rences sur la vaccination antituberculeuse dans 
différents centres de la province de Québec. Je 
liens à exprimer aux dirigeants de ces deux 
organismes toute ma gratitude pour la confiance 
qu’ils ont bien voulu me témoigner. 

Mais avant de donner un aperçu de mon acti¬ 
vité, il est nécessaire de rappeler quels sont les 
méfaits causés par la tuberculose dans le Canada 
français et quels ont été jusqu’à présent les 
résultats qui y ont été obtenus par la vaccina¬ 
tion au moyen du BCG. 

De toutes les parties du Dominion, la province 
de Québec est celle où la mortalité par tubercu¬ 
lose est la plus élevée. Au cours de l’année 1936, 
celte mortalité y a atteint le taux do 93,3 par 


100.000 habitanis ’. Après celle province, ce 
sont celles de la Nouvelle Ecosse et du Nouveau 
Brunswick qui présentent le plus de morts par 
tuberculose (89,1 et 82,1). Les autres provinces 
se classent dans l’ordre décroissant suivant par 
leur taux de mortalité ; Colombie anglaise (74,8); 
Ile du Prince Edouard (66,3); Manitoba (59,1) ; 
Alberta (49,4) ; Ontario (36,0), Saskatchewan 
(29,8). 

Comme la province de Québec est peuplée en 
très grande majorité de Canadiens français, on 
voit que ce sont eux qui paient le plus lourd 
tribut à la tuberculose. 

Mais la mortalité par cotte affection est loin 
d’ôtre la même dans tous les Comtés de cette 
province. Dans ceux de l’Ouest (Abitibi, Témis- 
camingue, Pontiac, Gatineau, Papineau) le taux 
do mortalité ne dépasse pas 59,9 pour 100.000 
habitanis. C’est là qu’il est le plus bas. 

D’autres Comtés atteignent un taux beaucoup 
plus élevé ; Québec, Portneuf, Chicoutimi, 
Beauce, Malapédia, Bonaventure : 125 à 149,9 ; 
Charlevoix, Lac Saint-Jean, Côte Nord, Malane 
et Gaspé Sud : 150 à 199,9 et File de la Made¬ 
leine plus de 200. 

D’autre part, les trois villes les plus impor¬ 
tantes do la province de Québec, Montréal, Qué¬ 
bec et Trois-Rivières, présentent respectivement 
un taux de mortalité par tuberculose de 125, 
80,9 et 80 pour 100.000 habitants. 

Je ne puis entrer dans le détail de l’organi¬ 
sation de la lutte sociale contre la tuberculose. 
\ Québec, les dispensaires antituberculeux sont 
dirigés par M. Georges Grégoire. A Montréal, 
outre l’Institut Bruchési qui a à sa tête M. Jarry, 
fonctionnent un certain nombre de dispensaires 
de quartier. M. .\. Groulx, directeur du Service 
de Santé de la ville de Montréal, vient de créer 
dans la division dos maladies contagieuses une 
section de la tuberculose destinée à être un orga¬ 
nisme de corrélation entre les diverses organi¬ 
sations de lutte anlilubcrculouso. Cette section 
aura à sa tête un médecin qui disposera d’un 
personnel entraîné. 

En ce qui concerne la province, son territoire 
est divisé en districts sanitaires dont les ser¬ 
vices d’hygiène sont dirigés par un médecin spé¬ 
cialisé. Il est secondé par un collègue chargé 
de la lutte antituberculeuse (dispensaires avec 
des infirmières visiteuses). Mais dans ce pays où, 
à part les deux grandes villes de Montréal et de 
Québec qui comprennent la moitié des habi¬ 
tants de la province, la population est très clair¬ 
semée, la lutte contre la tuberculose par la méde¬ 
cine sociale est rendue très difficile. 

11 était donc tout indiqué de faire appel à la 
vaccination aniilubcrculcuse, comme l’a pensé 
le professeur Baudouin. Depuis 1926, il a pré¬ 
muni plus de 18.000 enfants par le BCG, admi- 
nislré par la voie buccale. Parmi eux, 619 en¬ 
fants ont élé élevés en milieu bacillifère el ont 
été comparés à 995 enfants non vaccinés qui 
ont servi de témoins. 

Le taux de la mortalité générale par toutes 
causes chez les enfants vaccinés (âgés de moins 
de 1 an et jusqu’à 12 ans) a été de moitié 
inférieur à celui observé chez les témoins. Le 
taux de morbidité tuberculeuse jusqu’à l’âge de 


1. Tons les chiffres cités sont’cmprunlés ü un rap¬ 
port <tu D'' Groulx, directeur du Service de .santé de 
la ville de Montréal, ou m’ont été fournis par le Comité 
provincial de défense contre la tuberculose. 



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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 fanvier 1939 


N" 4 


12 il iMi"' ili,' 59 |)niir lUO iiioiiis l'■ll■vc'■ rlii'/ 

les Miccinés qiio cIil'ü lus Icinoiiis. 

A lu cliiiiiiuc ilu lîCG, foiKlûu par l'Assis- 
liiiu’c inalcnicllo sur l'iiiiliiilivu du M. Alliiiiiasu 
David ut lus uoiisuils du prolussuiir Kiuilu Sur- 
guul, M. A. (iuilliuaull séparu dûs luur luiissuiiuc 
lis uiifauls iK's d'une mère luburuuluusu. Il lus 
vauuinu inuu lu lîCG admiuisiré jiar la \fiiu 
paruiiléralu ul il nu les runiul un conlaLl ipi'apiùs 
apparition du r.dlurgiu. 11 va prnuliainuiiiunl 
puldiur lus ri'siillals ruiiianpialilus qu’il ui'a 
unininuiiiquûs au luurs d'unu visilu que j'ai l'ailu 
il cellu uliniquu ul qui niullunl un évidunuu la 
valuiii- immiinisanlu du la varuinalinn [lar lu 
liCü lorsqu'ulli' ust ul'l'uuliiéu dans dus condi¬ 
tions irréprochables. 

Au Congrès dus Méflucins du languu l'rançaisu 
de l’Ainérique du Aon! qui s'usl tenu à Ollawa. 
j ai pu, grâce ii l'ainabililé du prol'ufsuiir Bau¬ 
douin, coinnuiniquur eus résullals uncouraguanls 
ainsi que ceux qui ont été obtunus flans dift'érunls 
autres [lays d’Kurnpe et d'Amérique, .le runier- 
cie Î\IM. Lapoinle et Richard, présirbml ut seerc- 
lairu de ce Congrès ul MM. Valin et Donaliun 
Marion, direcluur ut sucrélairu général du l'.S-^so- 
uialion dus Méflucins de languu l'rançaisu du 
l'Amérique ilu A'orfl, du m'avoir ap|iulé à v 
preiiflru la parole. 

Après h. Congrès d'Ollavva, la tournée que 
j'ai failu avec M. Trappiur à la fin ilu Suplumhru 
dans la jirovinuu du (,)nébec m’a |iurmis d'unlrur 
un coidact avec lus niéilocin-^ flu rlivurs districl-- 
dans dus réunions qui a\aiunl élé organiséu- 
dans eu bld ul du leur parlur du la vauuinalioii 
par lu RCC ut des .services que poiiira luur 
rendre l'iiislilul flu Microbiologie ut d'Hygièiiu. 

Dans lus différenlus villes où je suis passé ; 
Montréal, Québec. 'rrois-Uivièrus, Chicoutimi 
j'ai pu aussi ru'adrussur au grand ]niblic soit pai¬ 
lles alloculinns radiodifl'iiséus. soit jiar des confé- 
reneus. 

Sur l’invilalinn du Coiiiib'- iirovincial du 
Défense eonlre la luherculosu, j'ai parlé. ,'i Mont¬ 
réal, dans une inanirusialion publique pri'sidéu 
[lar le pml'usseur .larry, fie la prophylaxie de la 
luberculnse par l'hygiène .sociale ul la vaccina- 
lion liai- le BCC. 

Dans uni' aiilre conférence donnée sous l'égiflu 
fie rinslilut de Microbiologie et d'Hygièpu de 
Montréal et présidée par M. Alhiny l'atpiulle, 
ministre de la Santé, j'ai exposé le râle fies 
Instituts de Microbiologie flans les progrès de 
l’hygiène moflerne. he professeur C.ilson, prési¬ 
dent de rinslilut franco-canaflien, avait bien 
voulu venir de Toronto, où il faisait une série 
de cours, jiour assister â cette conférence. 

Après avoir donné deux leçons .â la l'acuité 
de Médecine de l’Cnivcrsilé bavai, à (hiébuc, au 
cours de ma tournée dans lu norfl-esi de la 
lirovince, j’ai fait en (Vtobre, la Faculté île 
Médecine de Montréal, une série de leçons dont 
la dernière devant la Société Médicale de cul lu 
ville. Elles ont porté sur l’état actuel du la vac¬ 
cination par le BCG, le diagnostic bactériolo¬ 
gique et sérologique de la tuberculose, le bacille 
bovin, le bacille aviaire, l'immunisation bio¬ 
chimique contre la tuberculose, le bacille de 


3. .riiili-fssc l'i-xpri-ssioii lie mil très vive reeonn.nis- 
sancc à Ions les méilecins qui nous ont si .nimnlilemenl 
.accncitli liiiiis eus villes ; les Professeurs .I.-K. Diilié, 
Barrit, Ilauilouin, Oérin-bajoie. Masson, les P''’' ISer- 
iiard, Berlraml. Cliolelte, A. nroiilx, Gnillieanll, I.nmar- 
clie, Laqncrrière. I.elonilal. Mignanll. Saucier, Vidât, 
Vignal (Monlréal) ; le D'' Jean Grégoire, sons-ministre de 
la Santé et te pr Georges Grégoire, les Professeurs Edouard 
Morin et Berger, le Df Desmeules et scs cotlalioralenrs 
du Sanatorium Laval (Québec) ; les D” Hervé Bau¬ 
douin, de Blois, Bossinolte, Panneton, Racicot (Trois 
Rivières), les D''* Potvin, Eugène Tremblay, Gérard 
Tremblay (Chicoutimi), les D” Savoie et Michaut 
(Roberval). 


Ivnuh ut rinl'ectiiin luburculeu.se chez rbomiiiu. 
J'ai fait, eu outru, au Sanatorium Laval du 
Québec ul duvant la Société du Plitisiologie de 
Montréal, fieux conl'érencu.s sur lu traitement du 
la lubcrculosu par l'antigène métbylique. 

Au cours de mon séjour à .Montréal j'ai jiu, 
grâce à l'aimable entremise des professeurs x\l- 
burt Lusagu, Douatieu .Marion et Jean Saucier, 
aller assister, lu 5 Octobre, à Worcuster (Massa- 
uimsullsi. au 111" Congrès annuul du r.Vssocia- 
liun médiualu l'ranco-américaine. l lu sait que dans 
l'-s Etals du la grande réiuibliqui' américaine, qui 
sont voisins du Canafla cl, un parliculier, dans 
la .Anuvullc Angluturre, vivent environ !..300.000 
Canadiens français. A 'Worcuster, sur 175.000 
liabilanls, jirès de 00.000 sont Canadiens fran¬ 
çais. Ils ont luurs écoles catholiques et leurs 
méflucins, venus comme eux du Canada, et, en 
général, anciens élèves dus Facultés de Médecine 
fie Montréal et fie (Québec. Ces médecins restcid 
fiflèles à la culture française et continuent à 
Iiarlcr français, chaque fois qu’ils savent qu’ils 
seront compris en oinployanl celle langue. Dans 
tous les Fiais où ils sont assez nombreux, ils 
sont unis dans une .Association Médicale. 

Soixunle-suiil d'entre eux assistaient à ce 
Congrès, présiflé par M. J.-D. .Milot, fie Fait 
Hiver (Massaclmsclts). .Neuf médecins du Canada 
s’élaiunt joinis à eux. De .Montréal élaiuni 
venus, comme invités d'iiomiciir, le tioycn de la 
Faculté de .Médecine, le pnifesseur Alliert Lesage 
et le professeur ,I.-E. initié, qui-ont, tous les 
deux, formé fie iiomlireuses gi’-iiéralioiis de méde¬ 
cins canadiens français u| qui sont des ardents 
défeiiseiirs de Finllueiice française, et les ])lu.s 
rurmes souliciis tie l’Assoeialioii des .Métleciiis 
du langue française du l'.Aiiiérlfiiiu du Nord 
qu'ils ont cimliilmé ,'i créer. Culte xAssociation 
était ruprésenléu par M. Lapoinle, président du 
Congrès d'Ottawa, qui remplaçait b- directeur 
fie celte Association, .M. Aalin, letcnii dans celle 
dernière ville, et par M. Donaliun' Marion, son 
suurélairc général, f]ni a pri.s une part active 
à ce moiivf-ment vers la Aoiivclle .Aiiglcterru. 

xAprù.s une matinée réservée à la ulinifilie dans 
riiôpilal Sainl-\ incunt, l'après-midi a élé consu- 
urée aux communicalions fie .M. Kaymond Savi- 
gnac sur les maiiifesltilions allergitiues tIe 
l'asllimu fies foins; fie M. (J.scar Mercier, profes¬ 
seur de clinique urologique à la Faculté tie 
Méfleebie du Monlréal, sur le Irailcmciil chirur¬ 
gical des rélrécisscmcids lravimatit|ues de l’urè- 
Ire (avec lilm); de M. .leaii Saucier, iirofcsseur- 
agrégé de .Neurologie à la Facidlé de Alédeciiio 
du Montréal sur lus convulsions infantiles. Celle 
séance a élé lerminée i)ar la Cfinl’érence que j'ai 
faite sur la vaccinal ion contre la tiiburciilosu par¬ 
le HCG. 

,1'ai éprouvé une profonde émotion à assister, 
l'p pleins Flats-Unis, à un Congrès méflical oii 
I l langue française était la seule empioyée et 
,à ciilcudrc, au banqui'l qui l'a (-léiluré. M.M. Le¬ 
sage, Dubé et Lapoinle prononcer d'éloquenls 
plaidoyers eu faveur de la culture française. 

L'n empêchement imprévu ne m'a pas permis 
du me rendre â Chicago où le professeur F. Tice, 
président du Comité directeur flu Sanalorium 
municipal de cette ville el M. S.-K. Rosenthal 
m’avaient invité, comme il y a trois ans. Depuis 
celle époque, les vaccinations d'cnfanls par le 
BCG ont commencé sous la direction du pro¬ 
fesseur Rosenthal qui a pu venir passer deux 
jours avec moi â Monlréal et m'en a communi¬ 
qué les premiers résultats. 

223 entants ont été vaccinés, dont 100 par la 
voie intradermique avec 0 mff. 03 de BCG, et 
125 par la méthode employée par M. Rosenthal. 
Elle consiste à faire 35 piqûres avec une épin¬ 
gle sur la partie de la peau où a été déposée 


une goiiltc (Fiinu éiiiiilsioii tlu BCG à 1 pniii- 

S.-R. Rosenthal a observé 88 pour 100 de réac¬ 
tions intradermiques à la tuberculine positives, 
un mois après celle vaecinalion, et 100 pour 100 
iqirès trois mois. Flics restent positives un an cl 
flcnii après la vaccination. 

Les enfants vaccinés ne sont pas exposés à un 
conlacl connu, mais comme la plupart d’eulre 
eux sont des noirs chez lesquels la luborculosc, 
.iux FlaI.s-Lnis, csl 4 fois plus fréqueiilc que 
clu'z les lilancs, iiuuucoup d'enlru eux floivenl 
être élevés en milieu luberciileux. Les enfants 
vaccinés, comme des enfants témoins non vac- 
(iiiés, sont suivis de la même façon cl visités 
chaque mois, CIicz les témoins, il y a eu un 
cas de lubcrculoso. Dans la même maison, 3 en¬ 
fants vaccinés sont bien jxirtants. Jusqu’à pré¬ 
sent, aucun des enfants vaccinés n’est atteint de 
tuberculose. 

I n arrêt trop court à.Nevv-A'ork ne m’a pas 
permis d'aller voir le professeur AA'illiain l’ark 
qui, avec C. Kereszluri, a fait une étude com¬ 
parative très inlércssanle des voies buccale el 
parentérale dans la vaccination par le BCG. On 
sait f]uo ces auteurs ont observé que clii-z les 
enfaiils vaccinés par la voie lim-cale et remis en 
(ontacl, la mortalité jiar luliercidosu est dimi¬ 
nuée de moitié par rapport aux enfants témoins 
non vaccinés placés flans lus mêmes conditions, 
et des trois quarts chez ta-iix ipii sont vaccinés 
par la voie jKircnléralo. 

■l'ai appris t]ue le Govivci-iicmcid l'étléial des 
Elals-L'nis a créé, an Ministerc de rintéi-ienr à 
Wusbiiigtoii, iin départuiuuiil de vauf-iiuilion 
[lar lu BCG, La direclioii du eu service a été 
confiée à M. Aronson qui. avec Daimciiberg, 
avait fléjà l'ail des essais de vaccination fl'en- 
fanls par le BCG à Philadelphie. Ce service n'a 
à s'occuper que de la vaecinalion des Indiens, 
dont de nonihreiix auteurs ont montré la sonsi- 
liilité à la Inliurculose. Au momeiil où je suis 
passé à ]’hiladul|)biu, il y a trois ans, M. Esmorid 
Long, dirucleur de 1’ « Henry Pbipps Iiistilute », 
étail flans l’.Arizona pour faire une enquête siir 
!(' degré d'iufeclioii des Puaux-Rouges de celle 
région. 11 semble que depuis celle enquête, un 
pas du plus ait élé fait puisque ce service de 
vaecinalion a élé créé. 

Je remercie MM. Hcidnlberger, Max Pinner et 
A. Cournand fies heures de conversation si ins- 
Iruclivcs cl si agréaliles que j’ai passées avec eux 
au Pre-^liylurian College de l’I'nivcrsité Colum¬ 
bia. 


Comme on iioiirra s'en rendre compte par ce 
rapide exposé, la vaecinalion par le RCG est 
uniréu, an Canada ut aux Elals-I'nis, dans Père 
dos applif-alions pratiques. Lus voix qui s’y 
élaiuni éluvéos contre l'emploi do cette méthode 
■à cause du son prétendu danger se sont lues. 
A une ou deux exceptions près, je n’ai entendu 
émullru aucun doute sur l'innocuité de ce vac¬ 
cin, mais j’ai compris que le grand désir de 
nos confrères était d’être mieux fixés sur les 
valeurs respectives de la voie buccale et de la 
voie parentérale dans l’administration du BCG 
Cf sur les modalités d’application de ce bacille- 

.Tc liens ’i ajouter combien il est doux, pour 
un médecin chargé d’aller exposer dans le 
Canada français les résultats d’une découverte 
qui honore notre pays, d'y recevoir tant de mar¬ 
ques d’attachement à la France et à son œuvre 
scientifique. 

Dans les heures de grande angoisse que nous 
y avons vécues h la fin de Septembre, nous avons 
encore mieux compris, par tous les témoignages 








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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


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émouvants qui nous ont été adressés, combien 
les Canadiens français, membres loyaux de l’em¬ 
pire britannique, restent fidèles dans leur sou¬ 
venir à la patrie de leurs ancêtres, et les services 
que rendent à notre pays ceux qui traversent 
l’Océan pour faire mieux connaître la France, 
dans la grande province de Québec de langue et 
de culture françaises. 

Léopold Nègiie, 

Chef de Service à l'Instilul Pasteur. 


Eugène Macé 

(1856-1938) 

La Faculté de Médecine de Nancy vient de per¬ 
dre, au bel Age de 82 ans, le Prof. Eugène Macé, 
un des premiers médecins qui, sans être l’élève 
direct de Pasteur, comprit, il y a plus d’un 
demi-siècle, l’importance de la doctrine pasteu¬ 
rienne. 

Inscrit en 1875 à l’Ecole supérieure de Phar¬ 
macie, il a la chance d’avoir pour maître, Blei- 
cber, naturaliste très documenté, dont l’ensei¬ 
gnement le captive et l’oriente vers les études 
microscopiques zoologiqucs et botaniques. 

Devenu pharmacien de 1''“ classe, licencie 
ès sciences naturelles, chef des travaux d’his¬ 
toire naturelle à la Faculté de médecine de 
Nancy, il a entrepris concomitamment ses études 
médicales et soutient, le 11 Février 1882, sa 
thèse de Doctorat, prenant comme sujet ; 
R/’cherches .analomiques sur la grande douve du 
foie ; en sa qualité de visuel, il double le texte 
de 18 figures microscopiques en 3 planches, la 
dernière étayant l’hypothèse qu’il émettait de 
1 ’auto-fécondation. 

L’année suivante (1883), il passe, h Paris, le 
Concours d’Agregation, section Histoire natu¬ 
relle, et présente sur Les lycopodiacé-:s uliles 
une thèse remarquée qui lui assure le succès. 




Eugène Macé. 

A 27 ans, débarrassé des concours, habitué au 
maniement du microscope, déjà dressé dans 
l’étude des infiniment petits, de naturaliste ;1 
est devenu médecin. La doctrine pasteurienne, 
dont la première grande assise est la communi¬ 
cation de Pasteur à l’Académie des Sciences, en 
1862, sur les Organismes producteurs des fer¬ 
mentations, est en plein développement : Da- 


W" 

Leltre de Louis Pasleur à Eugène .Macé sur piiplLM- ù 
rayé dans la Iramc cl montiiint cii liligi 
avec au-dessus OPAQUE et au-dessous AU MON 

vaine (1850-1864) a trouvé la bactéridie charbon¬ 
neuse, Eberth (1870-1880) le bacille typhique, 
Koch (1878-1882) le bacille de la tuberculose et, 
en 1883, celui du choléra, Neisser (1879) le gono¬ 
coque, Friedlander (1883) le pncumobacile que 
Talamon et Frankel tiendront pour le microbe 
de la pneumonie, Klebs et Loefilcr (1884) le ba¬ 
cille diphtérique. L’objectif est trop puissant 
pour ne pas frapper le jeune agrégé d’histoire 
naturelle. Eugène Macé aborde donc la microbie 
et. avec la ténacité du brachycéphale qu’il est, 
en étudie à fond la technique pendant cinq ans. 
Comme il n’existe aucun livre descriptif, il en 
fait un dont il envoie le premier exemplaire à 
Pasteur qui lui répond par cette leltre : 

Paris, le 9 Octobre 1888. 

Cher Monsieur, 

Votre livre m’a été remis à mon retour de la 
campagne. Je l’ai parcouru avec beaucoup d’inlé- 
rêl et vous avez raison de penser qu’il sera utile 
aux travailleurs attirés vers la science nouvelle des 
infiniment petits. Ils y trouveront également une 


MAHCilE. °llei>roduciion lu-acic. Grandeur nature. 

foule de problèmes ù résoudre, des questions à élu¬ 
cider, des lacunes à combler. 

Si vous me le permettiez, je vous exprimerais le 
regret que vous ayez adopté le mol de bactériologie. 
Ne le trouvez-vous pas Irop parliculicr !' Ne fau¬ 
drait-il pas un terme plus général, plus compré¬ 
hensif pour désigner la jeune science qui grandit 
s.i vile, qui ouvre et découvre tant de nouveaux 
horizons? Je,vous avoue que je préférerais beau¬ 
coup l’expression de microbiologie cl plus encore 
celle de microbie. Ne seriez-vous pas salisfail du 
litre ; Traité pratique de microbie? Et puis, le 
mol est français. C’est bien quelque chose. Si 
j’avais eu connaissance de votre entreprise assez à 
temps, j’aurais lout fait pour vous dissuader 
d’adopter le terme de bactériologie qui est propre 
plutôt ù un chapitre de la microbie qu’à la micro- 
hic elle-même dans son ensemble. 

Lundi prochain, si l’élnl de ma santé me pernud. 
d’assister à la séance de l’.A.cadémie, je présenterai 
votre livre. Devrai-je y joindre celte petite criti¬ 
que.'* ou je prierai mon confrère, M. Bertrand, de 
le présenter à ma place, avec prière d’en signaler 
l’utilité pour nos jeunes médecins. 

Recevez, cher Monsieur, l’assurance de mes sen- 
limcnls de haute estime et sympathie. 

L. Pasteur. 




76 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N” 4 


Lu mot bactérie était employé depuis un demi- 
siécle, avec un sens imparfaitement jjrécis et 
Davaine avait décrit la baclériflie charbonneuse; 
celui do bactériologie, employé par Macé, com- 
rricnçait à être utilisé. Mais, à lu suite de dis¬ 
cussions multiples à l’Académie de Médecine sur 
le meilleur terme à choisir pour désigner les 
inrinimenl petits, Sédillot avait proposé, le 
It Mars 1878, le mot microbe (a'xsd;, polit [iio; 
vie) qui avait obtenu tous les suffrages. Ainsi 
s’explique la juste remarque de Pasteur : a le 
mol est français a, qu’il souligne de son patrio¬ 
tisme toujours en éveil. 

Le 'l’railé de Mucé eut un succès considérable 
dès son apparition et fut mon livre de chevi't 
lorsqu’en 1890, sous la direction de mon cama¬ 
rade Veillon, je commençai l’élude de la baclé- 
riologie. 11 s’intitulait ; Traité pratique de Bae- 
tériolof/ie par E. Macé, professeur agrégé, chargé 
du Cours d’IIisloire naturelle médicale à la Fa¬ 
culté de .Médecine de Nancy ; il était daté de 
1889, bien qu’il ail paru en Août 1888 et que 
Biouardel l’ait présenté à l’Académie de Aléde- 
cine le 9 Octobre de celte même année. C’est un 
modeste petit in-8 broché, ,du 711 pages, avec 
17t' figures dans le texte. Les éditions se succé¬ 
dèrent en se complétant, la seconde de môme 
format avec 850 pages, en 1891, la troisième do 
1.444 pages et 240 figures, on 1897, la sixième 
Cil 1912 comprenant doux gros volumes joliment 
cartonnés, grand in-8, de 907 et 918 pages, avec 
406 figures noires ou coloriées. Habitué à voir 
par lui-même, Macé ne pouvait avec raison con¬ 
cevoir un livre sans images, et en 1898, il double 
son Traité d’un grand Alias de Microbiologie de 
60 planches in-8 dont la deuxième édition parue 
eu 1915 s’élève à 72 planches ; 59 en couleurs. 
Il en noir, l’ensemble représentant 466 figures. 

Le maniement constant du microscope le con¬ 
duit bienlôl à l’élude nncrogra|)hu|uc des ali¬ 
ments et il ])uhlie en 1891 un volume grand 
in-8, broché, de 512 pages avec 408 figures dans 
le texte et 24 planches coloriées dont 8 sont 
la reproduction de, celles des Eludes sur le viii 
de Pasteur, prenant comme litre : Les Sub¬ 
stances alimentaires étudiées au microscope, 
surloul au point de rue de leurs altérations et 
de leurs lalsifications, par E. .Macé, professeur 
d’histoire naturelle à la Faculté de Médecine de 
Nancy. Cet excellent livre, écrit jiar un techni¬ 
cien averti, mérite toujours d’être lu, tant il est 
clair et documeuté. 

Sur ces deux ouvrages, E. Macé a organisé 
tonte sa vie scientilbiue, écoulée le microscope 
è. la main. Prélat in partibus de l’Ecole pasteu¬ 
rienne, il présiile à l’Hygiène en Lorraine. Lors¬ 
que le décret du 81 .luillel 1893 organise le 
P.G.N., à partir du 1"’ NoveiiThrc 1895, sa chaire 
disparaît, mais il est nommé professeur d’by- 
gîène. A])rès avoir été peut-être le premier ins¬ 
pecteur départemental d’hygiène, il devient 
vice-président du Conseil d’IIygiône de Meurtln'- 
et-Moselle, créant un Office d’Hygiène sociale 
dont il est le secrétaire général, puis le vici’- 
président. 

Le technicien vaut le inofesseur. H y a un 
demi-siècle, il fonde un laboratoire d’analyses 
bactériologiques gratuites dont tous les médecins 
lcrrains tirèrent grand profit. H le double bien- 
làt d’un Institut sérothérapique, préparant le 
sérum antidiphtérique. Suivant toujours à dis¬ 
tance, mais très étroitement, la doctrine pasteu¬ 
rienne, il s’occupe avec les vétérinaires des para¬ 
sitoses, du charbon, de la morve et autres 
épizooties. 

Les fonctions de membre du Conseil d’Hygiène 
l’amènent <à l’analyse bactériologique des eaux, 
à l’a-uvre du « bon lait », è la lutte anti-tuber- 
cideuse qu’il erdre|)rend ajirès la guerre avec le 


doyen Cross et, [lour eu amener la réussite, 
fonde les premiers dispensaires antituberculeux 
di Meurlho-et-Mosclle. 

Frappé par la retraite en 1926, à 70 ans, il con¬ 
tinue, ces douze dernières années, à s’intéresser 
à toutes les questions si ariiemment travaillées 
durant son temps professoral, toujours prêt à 
donner un conseil utile. 

Déjè frappé par sa mise à la retraite, il voit sa 
fin s’assombrir, il y a quatre ans, par la lente 
disparition de son épouse, fille d’Emile Adam, 
maire de Nancy, de 1888 à 1892, et président de 
la Société Lorraine des Amis des Arts. Très 
affecté par la perte de sa compagne tendrement 
aimée, son vieu iiuotirtien est de la rejoindre 
dans l'Au-delà : il tombe à son tour il y a deux 
ans, résiste, garde sa ])uissance cérébrale, mais 
s’éteiid sous l’o-il éploré de ses filles le 2.'i éoi'il 
1938 el, parfumé di; l’encens de Saiul-l.é'un de 
Nancy, il va, pour jamais, retrouver celle dont 
la vio commauflait la sienne. 

E. Macé a rempli son rôle social ; il eut 
;j enfants : un fils, dont la iierle à 23 ans 1/2, 
en 1912, dans sa deuxième année de médecine à 
Nancy, lui fut profondément douloureuse, el 
2 filles dont l’uno a épousé le D'' Paul ,\inié. 
ancien histologiste devenu radiologiste des 
hêipitaux de Paris. 

N'ivant flans son laboratoire, dont il avait fait 
son bureau, il s’y rendait chaque matin el cha¬ 
que soir toujours par le mênn; chemin, ne le 
quittant que pour l’amphilhéillre' des cours oi’i 
il enseigna l’hygiène à quelque trente généra¬ 
tions de médecins. 

Absorbé toute sa vie par ses recherches et ses 
méditations, il no s’était pas aperçu f|u'il n' 
pas le ruban rouge, quand il le reçoit à 65 
pour suprême récompense. 

Du point de vue scientifique, par sa ténacité, 
par sa constance dans le travail, iiar son amour 
c'.j la microbie, Eugène Macé a donné, pendant 
soixante années, un exemple de persévérance 
inlassable à la poursuite captivante de l’insai¬ 
sissable Inconnu. Dans sa dernière vision 
d’octogénaire expérimenté s’ensevelissant dans 
son sommeil éternel, on dut l’entendre mur¬ 
murer le fameux mol de Pascal renouvelé de 
Saint-Augustin : 

Hem viderunt, Causam non vidcrunl. 

F. .lAvr.i:. 


Coup d’œil 

sur la médecine yogiste 
thibétaine 


à'euilleul les lecteurs ne ]joint s'étonner de 
cet assemblage qui peut-être leur semble snr- 
pienant fie termes comme « médecine », a yoga » 
l'I a thibétaine ». Ceux qui savent mal ce qie' 
représente le <i yoga » voient uniquement et 
confusément un lui un ensemble exclusivement 
hindou de pratiques ascétiques, contemplatives, 
voire occultistes dans le sens d’exploitation de 
la crédulité des masses, ür, dans le Bh.xg.w.vd- 
Crr.x, un des Evangiles de l’Inde, nous lisons : 
<( .lie des litres à l'action, mais non jamais à 
ses fruits. N'aie ])as pour cause le fruit de 
l'action. Ni ne sois attaché à l’inaction. Ftésidanl 
dans le yoga, acquitte-toi de tes actes, rejetant 
l'attachement, indifférent au succès comme à 
l'acte. Celte indifférence s’appelle yoga. De 


1. lii.xisr Pis. AL : Pfii.wos, secl. III. 235. Eil. ISb 
Brunsi'lnvirg. p. 413. — « Ils nnl va Iii ohos». ils n'ont 


beaucoup inférieure est l'action au yoga de la 
raison. Cherche le refuge dans la raison. Le 
fruit né de l'aelc, les humains doués de raison le. 
rejettent et, libérés de la chaîne des naissances, 
ils prennent le sentier qui n’est pas malsain... » 
11 serait vain de multiplier les citations, le lec¬ 
teur a déjà compris que le « yoga », le véritable, 
relève d’une religion, d’une science, d’une phi¬ 
losophie qui en font une pratiiiue religieuse, 
scientiliiiuc el philosophiiiue à la fois. Comme 
tel le « yoga » est manifestation do l’initiation 
bouddhiste. Le yoga est qualernaiie « Karma », 
a .Inana », a Raja » et a Bhakli-ïoga ». Un grand 
Hindou, Swami à ivi’kauanda, a composé tpiatre 
ouvrages portant ces titres, Jean Herbert les a 
liaduits en français, en les faisant précéder 
tl’unc iiréface , brochure spéciale a Jnlroduclion 
à l’élude des yogas indous », conférence qu’il 
fi', en Suisse, présidée par M. le professeur Bau¬ 
douin, de rUniversilé de Genève '. Un autre 
puissant jibilosophe hindou .\urobindo dans 
Lumière sur le yoga ‘ nous permet de compren- 
tlro comment le yoga devient aussi « Médecine », 
bn nature de l’être subissant, grâce à son exer¬ 
cice, un changement complet depuis le plan 
sjiirituel jusqu’au physique. La santé se gagne 
flans la sérénité, a Le calme, le détachement, 
une force cl une joie paisibles (atmaratih) doi¬ 
vent être amenés d’en haut dans le vital cl le 
i hysiipie aussi bien que dans le mental ; lors¬ 
que cela est accompli, on n’est plus la proie do 
la tourmenle des forces vitales. Cependant le 
calme el la paix sont nécessaires d’abord. 
Essayer de faire descendre trop tôt l’aspect dyna¬ 
mique n’est pas à conseiller, car il descendrait 
'ail I alors dans une nature agitée el impure, inca¬ 
pable de i’assimiler et de sérieuses perturba¬ 
tions pourraient en résulter. » 

Dans ce sens le plus élevé, autrement dit sa 
signification vraie, le yoga est aussi bien hindou 
ijue thibélain. Ou parle de la science-religion 
du Thibel avant la conversion au bouddhisme. 
Les auteurs européens ignorent qu’il s’agit là 
fie l’action des disciples du dernier Bouddha 
incarné sur terre. Avant de parler choses asia¬ 
tiques, il faut s’ouvrir, devenir réceptif au psy¬ 
chisme (monde sentimental) et à la mentalité 
des races de l’Asie, sinon c’est l’erreur el l’igno¬ 
rance inéluctables constantes. Or, nous lisons 
dons l'Evangile de Bouddha au chapitre de sa 
naissance : « Les rois des Nagas (les Mages des 
Evangiles chrétiens) désirant faire montre de 
leur respect pour la très excellente Loi, de même 
fju’ils avaient rendu hommage aux Bouddhas 
antérieurs... », el, ailleurs, dans une Louange, 
de. tous les Bouddhas : « Tous les Bouddhas sont 
merveilleux cl glorieux, tous les Bouddhas ensei¬ 
gnent la môme vérité, tous les Bouddhas ensei¬ 
gnent une seule et même essence. » Si les Boud- 
flhas se réincarnent environ tous les deux ou 
trois millénaires, l’Unité du Savoir Bouddhique 
neligion, science el philosophie en « sainte 
Trinité indivisible ») se manifestait dans toute la 
vieille Asie, alors que l’Europe naissait à peine 
à la vie. Celte vérité se révèle, par exemple, dans 
les noms des différentes facultés de l’une des 
plus grandes lamaseries du Thibel : faculté de 
mysticité, faculté de liturgie, faculté de méde¬ 
cine, faculté de prières. 

On ne peut être un médecin ayant la sagesse 
et la connaissance requises si on n’est pas de¬ 
venu maîlro du savoir propre à chacune de ces 
facultés. Hippocrate, « yogiste » à sa manière, 
ordonnait au médecin d’être astrologue, météo¬ 
rologue, minéralogiste, psychologue, la psycho¬ 
logie représentant chez les Anciens la science 






N" 4 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 193Ô 


77 


des ûnics diverses consliluanl la personnalité 
humaine. La médecine Ihibélaine exige la pleine 
connaissance du « yoga n, parce que le « yoga 
implique une fusion de la nature humaine infé¬ 
rieure avec la nature plus élevée ou divine, afin 
que la supérieure puisse diriger l’inférieure et 
cette condilion (essentielle pour l’application 
heureuse des doctrines du Bardo ThSdoi) doit 
être obtenue par le contrôle du processus men¬ 
tal. » (Le Bardo Thodol est Le livre des morts 
thibétain). Un médecin thibétain devant connaî¬ 
tre la nature supérieure divine pour soigner et 
guérir ses malades doit être instruit de ce que 
j’appellerai « La Science de la Vie ou de la Mort « 
ou en langage de lamas « La Connaissance des 
vies et des morts successives de l’individualité 
évolutive humaine. » Le yoga donne ce savoir 
que les thibélains et les hindous appellent « tan¬ 
trique ». 

Ivvidemment, l’une des premières connais¬ 
sances du médecin yogiste doit être celle de la 
constitution du corps luimain. ür, ce corps 
n’existerait point s’il n’était pas entièrement 
réceptif à la force u raréfiée » que les thibétains 
nomment « Prana ». Dans les instructions pré¬ 
liminaires du Livre des Morts du Thibct, il est 
fait allusion à la Force vitale ou Air vital qui, 
suivant les Tantras (encyclopédie religieuse, 
scientifique et philosophique) peut être décrit 

Le principe humain de conscience, le « con¬ 
naisseur », se revêt, en s’incarnant, de cinq 
enveloppes (kosha en sanscrit), qui sont : l’en¬ 
veloppe physique ( anna-maya-kosha), l’enve¬ 
loppe vitale (prana-rnaya-koslia), l’enveloppe où 
demeure la conscience humaine ordinaire (rna- 
no-maya-kosha), l’enveloppe du « subconscient » 
(le sous-conscient, matière intermédiaire entre 
le conscient et ce que les Européens appellent 
K inconscient », c’e.st le vijnana-maya-kosha. 
Et l’envelo])pe de la conscience heureuse trans- 
cendentale de la Réalité. (Ananda-maya-kosha, 
c’est 1’ (( inconscionl » européen.) 

Dans l’enveloppe vitale réside la force vitale 
(prana), divisée en 10 airs vitaux (vayu, dérivé 
de la racine va, respirer ou sbufller, se rapporte 
au pouvoir moteur, de prana). De mémo que 
les « Daimons » de l'initiation platonicienne 
sont dits contrôler les opérations du Corps Cos¬ 
mique (au demeurant il y a aussi les daimons 
do l’esprit et du corps de l’Homme — celui de 
Socrate, par exemple); ainsi ces vayu veillent sur 
toutes les opérations de notre forme physique. 
Cinq d'entre eux sont fondamentaux : « Prana » 
contrôlant l’inspiration ; (( udana », contrôlant 
la force vitale ascendante ; « Apana », contrô¬ 
lant la force qui rejette l’air, les excréments, 
l’urine, le liquide séminal ; « Samana », la force 
rollectivc des vayu attirant la chaleur du corps 
qui fait digérer la nourriture et la distribue au 
sang. Et (( Vyana », contrôlant la division et 
1.1 diffusion des processus du métabolisme. Les 
cinq airs vitaux mineurs sont les : Naga, Kur- 
mma, Krikara, Deva-Datta et Dhananjaya pro¬ 
duisant respectivement : le hoquet, l’ouverture 
et la fermeture des yeux, le processus de la 
digestion, le bâillement, la distension. 

Le texte mentionne aussi les nerfs dits psy¬ 
chiques. Le corps humain possède 14 « nadi » 
principaux et des centaines de milliers de 
« nadi » inférieurs. Les « nadi » sont des 
canaux invisibles à l’œil physique où courent 
tes flots de forces psychiques dont les agents 
conducteurs sont les airs vitaux, les vayu dont 
nous venons de parler. Parmi les 14 nadi prin¬ 
cipaux, il en est 3 qui jouent un rôle fonda¬ 
mental ; l’un de ces derniers a pour nom 
» sushumna ». Le sushumna représente la 
grande voie de passage des forces psychiques du 


corps humain. Ces forces sont concentrées dans 
des centres ou <( chakras » semblables à des 
dynamos. Dans l’un de ces chakras — le mula- 
dhara — réside la source secrète de force vitale 
présidée par la déesse Kundalini. 

C’est dans la Maludhara-chakra, è la base de 
la colonne vertébrale, savent les yogistes thibé¬ 
tains et hindous, là où le sushumna nadi prend 
racine, que le tout-puissant pouvoir occulte se 
trouve enroulé sur liii-mômc comme un serpent 
endormi. Et le but de ceux qui pratiquent la 
yoga est d’éveiller ce qu’on nomme dans les 
Tantras : le pouvoir du serpent, personnifié par 
lu déesse Kundalini. Je note tout de suite ici 
que, <( poisson », « serpent », (( dragon volant », 
sont des images figurant, en Asie, la puissance 
de l’Homme occultiste sur les eaux, sur la terre, 
sur l’air. Enfin, et nous le lisons aussi dans le 
commentaire du Livre des Morts du Thibet, 
lorsque l’activité de ce pouvoir du serpent est 
éveillée, elle pénètre l’un après l’autre les cen- 
ties nerveux psychiques, s’élevant comme le 
mercure dans la colonne de verre et elle atteint 
b lotus aux mille pétales du centre cervical. 
Elle s’élanbe alors comme un jet d’eau pour 
retomber de toute part en pluie bienfaisante 
sur le corps psychique. 

Cette pluie, appelée aussi pluie de Bouddha, 
est l’Elixir de longue vie, la Panacée, la Pierre 
rouge-or (ou Agent unique d’Hippocrate et de 
Paracelse) qui permet de vaincre tout mal. Le 
Bouddha de la médecine, Mania en thibétain, 
ect représenté à la manière de Gautama Boud¬ 
dha. 11 tient dans sa main droite une fleur ou 
1; fruit du myrobalan (noix du Bengale). Les 
Chinois aussi le connaissent sous le nom de 
Yohwang, « prince de i’art de guérir ». Son 
emblème, le myrobalan couleur d’or (l’or pur 
des Alchimistes — en thibétain « aroura ») 
guérit toutes les maladies. 

Ces lignes ne représentent qu’un premier 
aperçu. Que de choses encore à dire sur la 
science thibéto-hindoue ! 

Marc Semenoff. 


Instruments Nouveaux 


Appareil 

pour faciliter les applications directes d’ozone 
dans les plaies chirurgicales L 

Lors d’ime communication à la Société de Méde¬ 
cine de Paris (Fistule lombaire dolani de dix-biiU 
mois après néplirccloinie pour tuberculose rénale. 
Assèchement et cicatrisation rapides pur un traite¬ 
ment intestinal et local d'ozone, 8 Avril 1938) 
P. Auhoiirg a donné les raisons du rythme actuel 
du traitement par l’ozone des suppurations chirur¬ 
gicales ou post-opéra loi res ; il convient d’employer 
d’abord des lavements d’ozone puis d’envoyer 
direcicment l’ozone dans les plaies. 

Au début des premiers essais à l’Hôpital Beaujon- 
Clichy, ces applications directes d’ozone à l’air 
libre étaient très difficiles : rapidement l’atmos¬ 
phère de la pièce devenait irrespirable et provo¬ 
quait parfois des quintes de toux du patient, de 
l’infirmière et du médecin, surtout lorsque l’on 
sait la susceptibilité de certains arbres, bronchiques 
pour l’ozone. Bientôt la technique fut très simpli¬ 
fiée : au-dessus de la région où l’on envoie diree-. 
lement l’ozone, on place un tuyau en forme de 
cloche relié à une turbine cl l’excès d’ozone, au 
lieu de se répandre dans la pièce, est aspiré cl 
rejeté à l’extérieur. 

La cloche, en rhodoïd, a la forme d’un cône 
de 20 cm. de diamètre dans la partie placée au- 


1. Cet appareil est construit sur les données de 
M. Carpentier, par M. DuQot, 17, rue Maurice-Mayer, 
Paris-13'. 


dessus de la plaie. Les parois transparentes de 
rhodoïd pcrmollent à l’opérateur do bien diriger 
le jet d’ozone sur la plaie ou à l’intérieur de la 
plaie. La partie supérieure de cette cloche est reliée 
à un tube llexible en métal inoxydable (pour ne 
pas être attaqué par l’ozone). 

Ce tube aboutit à un ventilateur centrifuge mû 
par un moteur de 1/25 CV, puissance jugée, à 
l’usage, suffisante pour assurer une bonne aspi- 

Ce ventilateur électrique possède un second 
tuyau flexible en métal inoxydable pour rejeter 
à l’extérieur de la pièce l’excès d’ozone. 


Schémii d’une opplie.iliün il’ozonc par douclic 
üvcc nfpirntoiir-f'vaciiatcur. 



1, Bouteille d’oxvgène. 

2, Tuyau d’oxygèue. 

3, Appareil ozoneur. 

■i, Tuyau distributeur d’ozone. 

5, Surface à traiter. 

0, Cône collecteur. 

7, Tuyau d'aspiration. 

8, Ventilateur. 

9, Tuyau d’év.icuation. 

10, Air extérieur. 

Ce dispositif, d’après P. Aubourg, «a littérale¬ 
ment transformé et élargi le champ d’action des 
applications locales d’ozone dans le traitement des 
suppurations chirurgicales; ni le patient, ni le 
médecin, ni l’infirmière ne sont incommodés et 
l’on peut ainsi employer, sans incident, des con¬ 
centrations d’ozone progressivement croissantes 
jusqu’à 70 mp., chiffre qui ne pourrait être atteint 
en l’absence de ce moyen de protection, dans une 
pratique d’applications couranics. » 

Ce dispo.dlif, en usage au Service d’élcctro- 
ri.diologie de Bcaujon-Clichy, est relativement 
.silencieux cl peu encombrant. 


Livres Nouveaux 


Documenta Ophtalmologica. Synthèses scienti¬ 
fiques d’ophtalmologie. Volume 1. Comité direc¬ 
teur : Adleu (Philadelphia), BAiLLtAin- (Paris), 
Düke-Elueii (London), Fisciieh (Utrccht), Bacnar 
Granit (llclsingfors), IIeciit (New-York), IIeinE 
(Kiel), Magitot (Paris), AVald (Cambridge. Mass.), 
Weve (Ulrcchl). Directeur : A. Juiiasz-Sciiaef- 
Ffen (Milan). 1 vol. de 482 p. avec 28 flg. (Masson 
et C‘®, édilciirs). — Prix : 260 fr. 

Celle pubticalion, polyglotte, de monographies 
qui résumerO'ni et discuteront les questions ophtal¬ 
mologiques à l’ordre du jour, comporte, dès main¬ 
tenant, un premier volume. 

R. Granit (llclsingfors) publie, en anglais, un 
rnémoire de 72 pages, sur les processus d’adapla- 
tion de la rétine des vertébrés, d’après les récentes 
recherches pholochimiques cl clectrophysiolo- 
giques. 

Fischer (Ulrechl) étudie le régime aqueux de 
l’œil et de ses différentes parties (80 pages en 
allemand). 

Bailliarl a écrit, en français, un résumé lumineux 
de 80 pages sur la circulation rétinienne qu’il envi- 





78 


LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


N" 4 


sage au poinl de vue physiologique el pathologique. 
On sait que c’est à lui et à ses élèves que nous 
devons de considérer, aujourd’liui, l’œil comme le 
meilleur point d'observalion de la circiilulioii péri¬ 
phérique et du la circulation cérébrale. Le globe 
oculaire comprimé par un peson peut fonctionner 
comme un sphygmomanomèlre et on peut y lire 
sur la rétine la minima et la ina.xima des artérioles. 
Les médecins Iroiiveronl donc le plus vif intérêt 
pratique à la lecture de ce mémoire qui déborde le 
cadre de l’ophtalmologie. 

KAiinini (Zurich) publie en allemand une courte 
note sur l’importance des carotènes pour les yeux et 
le directeur des Documenta ophlahnologica, Juhasz- 
Schaffer, écrit en italien un long article de 140 pa¬ 
ges sur les vitamines dans leurs rapports avec 
1 ophtalmologie. 

Magilot, après avoir résumé la symptomatologie 
du glaucome, aborde et discute le problème palho- 
génique. « Ramener, dit-il, le glaucome à l’bypcr- 
tension du globe oculaire n’est plus, aujourd’bui, 
suflisant » : dans sa vraie nature, le glaucome est 
une modilicalion de la perméabilité capillaire dans 
tout le globe et surtout dans le segment antérieur. 
1,’hyperlension du globe est la manifestation d'un 
œdème qui frappe presque tous les tissus oculaires 
et qui résulle de modilications du calibre et de la 
perméabilité vasculaires modinant soit la sortie, 
soit la résorption dos liquides intercellulaircs. Do 
cette conception déconic qu’il faut non seulement 
remédier chirurgicalement à l’hypcrtonic du globe, 
mais aussi agir sur la perméabilité vasculaire et sur 
la résorption par rinlermédiairc du système ner¬ 
veux el par des modifications chimiques humorales. 

F.nfin. Nordmanr. et Reiss abordent, en 20 pages, 
le problème pliysien.-'himique de ropacification du 
crislallin. Un trouble du cristallin peut, a priori, 
se produire de deux façons, par: o) le dépôt dans 
l.i lentille d'une matière ;nsoIuble et opaque (cal¬ 
cium, cholestérol) ; c’est ce qui se produit secon¬ 
dairement; b) par la sortie de phase d’une albu¬ 
mine dont l’indice de réfraction diffère de relui 
du milieu; cela paraît le phénomène initial. Les 
ailleurs envisagent donc la slabililé des conslilnanis 
du cristallin en fonction du pu et du potcnliel de 
l’oxydalion réduction. Ils concluent: la vilamine C, 
acide ascorbique, paraît .stabiliser le polenliel du 
crislallin normal. In vitro, en associant à une aci- 
dificalion légère une oxydalion, on provoque un 
ti-ouble du crislallin. In vivo, dans la cataracte 


expérimentale napblalinique el dans certaines 
cataractes endocriniennes, les modifications asso¬ 
ciées du pu el du potentiel d'oxydation-réduclion 
peuvent être mises en évidence. Ces questions inté¬ 
ressent non seulement l’oculisle mais encore le bio¬ 
logiste qui étudie les phénomènes de la physiologie 
des cellules. Rr.xÉ O.nfu.vy. 

La glande thyroïde, par 11. Okxki.s, professeur 
agrégé .à la Faculté de Médecine de Copenhague 
(Acliuilités scientifiques et indusiriellcs, n° 407). 
[Hermann, édil.]. 51 p. — l'rix : 15 fr. 

Si riiislophysiologio. avec d’excellcnles planches, 
lient une place de choix dans l’ouvrage, on y trou¬ 
vera également des données essentielles sur la thy¬ 
roxine el son action stimulante sur le métabolisme 
respiratoire, le sympathique el le développement, 
sur les corrélations fonctionnelles d-- la thyroïde. 
Les chapilrcs sur le myxœdème el les goitres, la 
maladie do Basedovv, intéresseront enfin le médecin 
qui appréciera celle belle mise au poinl. 

.1. G.VUTIlKLET. 

Vergleichende Physiologie der inneren Sekre- 
tion (l’hvsiologie comparée des sécrétions inter¬ 
nes), par W. Fleisciimann. 1 vol. de 134 p. 
{Moritz Perles, éditeur), Wicn. — Prix : 6 RM. 
L’ouvrage de Fleisciimann donne un aperçu gé¬ 
néral et succinct do nos connaissances endocrino- 
logiques. L’originalité du travail consiste surloul 
dans le fait que Fleisciimann y a traité tous les 
problèmes du point do vue de la physiologie com- 

Cilons parmi les chapitres les mieux-réussis ceux 
consacrés à la glande thyroïde, surrénah’, hypo¬ 
physaire et aux hormones sexuelles dans le monde 
animal. Indications bibliographiques. 

J. Gauthelet. 

Ueber sogenannte « kosmische » Rhythmen 
beim Menschen (A propos des rythmes dits 
<( cosmiques » chez riiomme). par B. de Ruddeh. 
1 vol. de 46 p. (G. Thieine. édileur). Leipzig. 
— Prix: RM. 1,80. 

La « cosmobiologie » est à l'ordre du Jour et 

logisie et le méde-cin, malgré les nombreuses obscu¬ 
rités qui enlourent encore les queslions traitées. 


Dans le dessein do clarifier la situation, de Rudder 
a repris à pied d'œuvre le problème des iniluences 
« cosmiques » chez l'iiomme. S’appuyant sur des 
considérations mathématiques, il montre d’abord 
combien s’impose la prudence avant de regarder 
comme des certitudes les relations que l'on a cru 
pouvoir établir. Puis il étudie les iniluences pério¬ 
diques, journalières, lunaires et solaires, que l'on 
peut présumer s’exercer sur l’Iiommc. .\u terme 
cosmique qui prête facilement à confusion il substi¬ 
tue celui d’cxiralerrcstre. Examinant les faits, il 
croit que beaucoup des rythmes journaliers quali¬ 
fiés de cosmiques chez l’homme relèvent en réalité 
de modifications géophysiques, et en particulier 
atmosphériques, de notre ambiance. Quant aux 
autres rythmes périodiques, lunaires el solaires, 
il pense, après avoir indiqué l’existence dos points 
d’appui scienlifiqucmcnl fondés, que ces rylhmos 
peuvent également avoir pour origine une modifi- 
calion décelable de l’ambiance atmosphérique ou 
tout au moins géophysique. 

P.-L. Marie. 

The immunological reactions of the Filterable 
viruses, par F. M. Burnet, E. V. Keogii et Dora 
Lusii. 1 vol. de 137 p. {The Librarian, Univers 
oj Adelaicle, Sth. Austr., édit.). — Prix : 10. 
Ce très important travail représente l’ensemble 
des recherches effectuées par F. M. Biirnet, E. V. 
Kcogli et Dora Lush sur un des sujets les plus 
difficiles de la bactériologie des ultravirus. L’ana¬ 
lyse détaillée en est impossible, car il s’agit sur¬ 
tout de protocoles expérimentaux. 

Les réactions immunologiques du bactériophage 
occupent la première place : ce sont clics en vérité 
qui oui été presque enlièrement à l’origine de ton¬ 
ies les autres. On trouvera ensiiile exposées les re¬ 
cherches entreprises sur les réactions immunologi- 
<11105 dos virus des maladies des plantes, du virus 
vaccinal, ihi virus de l’inlluonza, du louping-ill, 
de différciils aulrcs virus pathogènes pour les 

La réunion que l’on trouvera ici des faits mis 
en évidence par F. M. Burnet, E. V. Keogh et 
Dora Lush eux-mêmes, des faits découverts par 
d'autres savants constitue un ensemble extrême¬ 
ment précieux et qui sera de la plus grande utilité 
pour les bactériologistes. 

Paul ILauduroy. 


LISTE DES CONGRÈS ET MANIFESTATIONS MÉDICALES EN 1939 






1710 Frrricr. — .InniNÉr.s m: l’ARPA Ki\AM,Aisn. 



Mars 

11 Mar.i. — JoCRMCE ne RiieMATiSMK. Paris. 
Secrétariat : 23, rue du Cbcrclie-Midi, Paris. 


Avril 

Aeril. — .Iocrsée médicale de Niort. 

S'adresser ii l'Administration de l’Hôpital-Hospice de 
Niort (Deux-Sèvres). 

3-5 Avril. — CoNQRÈs des Brucelloses (IX“ Congrès 

DE LA fédération DES SOCIÉTÉS DES SCIENCES MEDICALES 
DE l’Afrique du Nord), Oran. 

Secrétariat général ; M. René Solal, 16, boulevard 
Joftre, Oran (Algérie). 

3-0 Avril. — XKXIV' Congrès de l’Association des 
Anatomistes, Budapest. 

Secrétaire général : Prof. Rémy Collin, 31, rue Lion- 
iiois, Nancy (M.-et-M.). 

9 Avril (Pâques), — Assemblée générale de l’Asso- 
CUTION DE COSMOBIOLOOIE, Menton et San Remo, 


11-13 Avril. — IX" Congrès nationm. de la Tuderci’- 

Serrélarial général: Comité National de Défense contre 
la TuImtcuIosc, 66, bd Saint-Michel, Paris. 

11-15 Avril. — LXXll' Congrès des Sociétés savantes 

Seerélaritti général : 2^ Bureau de l'Enseignement Su¬ 
périeur, ilinistère de l'Educalidn nationale, 110, rue de 
Grenelle, Paris, 

13-16 Avril. — XllD Congrès national des Colonies 
DE vacances et CEuvres de plein air, Nancy. 

Secrétaire général : .M. Dequidt, 40, rue Marbeuf, 

Paris. 

Seconde quinzaine d'Avril. — 11° Congrès de Médecine 
sociale, Paris. 

Secrétaire général : M. Tara, 11, villa des Cerises, 
Colombes (Seine). 

19 Avril. — Assemblée générale du Comité exécutif 
DE l’Association internationale de prophylaxie de la 
cécité, Londres. 

S'adresser : 66, boulevard Saint-Michel, Paris. 

Fin Avril. — IIP Congrès international des Sana- 
ToniA ET des Maisons de santé privées, Baden-Baden. 

Secrétaire général : Ilerr Reichsgeschaftfübrer Rüdi¬ 
ger, Reichsverband Privat-Krankenanstallen, Uhlanstrasse 
171, Berlin W 15 (Allemagne). 


7- 15 Mai. — iX" Congrès international de Médecine 
ET DK Pharmacie militaires, AVashington. 

Secrétaire général : Colonel Harold W, ,Tones, Med. 
Corps, P. S. Armv, VVar deparimcnt. .\riny Medical 
Librarv, 7lli St. and Indépendance Av., Washington, 
S.W. (Lî.S.A.). 

8- 11 Mai. I.IF Congrès de la Société française d'Opii- 
talmologie, Paris. 

Secrétaire général ; M. Mérigol de Treigny, 2, square 
de Latour-Maubourg, Paris. 

10-14 Mai. — V' Congrès national du Centre no.MCEO- 
p.ATHiQUE DE France, Paris. 

Secrétaire général : M. Léon Vannier, Centre homoeo- 
pathique de France, 25, rue Murillo, Paris. 

15- 20 Mai. — IV' Congrès international de Patholo¬ 
gie comparée, Rome. 

Secrétaire général : Professeur Vittorio Zavagli, Con- 
silio Nazionale delIe Ricerche, Piazzele delle Scienze, 
Rome (Italie). — Secrétaire français : M. Grollet, 7, rue 
Gustave-Nadaud, Paris. 

16- 17 Mai. — IX' Session de Conférences de l’Office 
international de Documentation de Médecine militaire. 

S'adresser au Médecin Colonel Voncken, Office inter¬ 
national de Documentation do Médecine militaire, Liège 
(Belgique). 









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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 14 Janvier 1939 


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18-21 Mai. — II' Congrès international de la Méde¬ 
cine Assurance-Vie, Paris. 

Secrétaire général : M. P.-A. Carrié, 8, rue de Bel- 

18- 21 Mai. — IXXVI' Congrès de l'Alliance d’Hv- 
GiÈNE Sociale, Bordeau.t. 

Secrélaire général ; M. Eugène Monlel, Musée Social, 
ü, rue Las-Cascs, Paris. 

19- 21 Mai. — iXI» Journées médicales de lv Faculté 
i.iuRE DE Médecine de Lille. 

Secrétaire général : Prof. Billet, o2, rue .\icolas-Le- 
blanc, Lille (Nord). 

26 Mai. — XXV' .\nmvkrs.\ibe de la Société de Cuimie 
D ioLoGiQUE, Paris. 

Secrétaire : Prof. Beiié Fabre, Hôpital Neckcr-Enfànts- 
Malades, l-'il), rue de Sèvres, Paris. 

27-29 .Mai. — Congrès de la Diurèse. Vittel. 

Secrétaires généraux : M. F.-P. Merklen, 3, rue du 
Bac, à Paris, et M. Boigey, à Villel (Vosges). — Secré¬ 
taire ailrninistratif : M. Frisch, Vittel (Vosges). 

27-31) Mai. — VIII' Congrès français de Gynécologie, 

Secrétaire général : M. Fabre, 1. rue Jules-Lefèvre, 
Paris. 


29 iV(ii-l“'' Juin. — Journées Orthopédkiues, Zurich 
ET Lausanne. 

S’adresser à M. Bieliard, 8. rue Louis-David, Paris. 

31 Mai-Ü Juin. — SIIF' Uéuniün de l'Association des 

PinSIOLUUISTES DE LANGUE FRANÇAISE, MARSEILLE. 

Secrétaire général : Prof. D. Gordier. 2, avenue Joffre, 
Verl-Ie-Pelil (Seiiie-el-Oise). 

Fin .Mai. --- TI' Journées internationales de Paitio- 

Secrétaire général : M- Guy Hausser. 6. rue île la 
Douane. Paris. 

Juin. — \\ ni' Congrès de l'Lmon Hospitalière du 
X oiiD-OuEsr, Caen.. 

rn ' suh'nl : M. Chnll.-t, Nnnlrs (Loirp-Iiiférieurc). 
3-G Juin. — III® Co^GRKS> inter.natioxvi. ri-: Mas- 

S.AC.E KT DES AuXlLUlllKS MÉDICAUX, StUTTGAUT. 

Hecréiaim général : AI. Vcrieyscii, 150, avenue d'Au- 
fji’ighom, Bruxollcs (Beljri([uc). 

5-7 Juin. — IXXII® CoxenÈs nr Médecixt légale de 
Langue française, Paris. 

Srcrélaircs généraux : M. Desoülc, 47, btl Garilialdi, 
l'aris, et M. n(.’rvî!lt^f. 27. rup du .lardin-Public. Bor- 
'b’îMix ((hinukIp). 


1)-11 Juin. — MP ,Ioi RNKES VÉIÉRINAIRES, AlH»R 1 . 
Srrvéhirinl : Kroji' V.-IÉriiiiiin- fi’AIfnrI fSfim'). 


nr DERMATni.,»;!!.;, i'AlU.*-. 

S,-rn>lairr : M. 11. nn- 


Sf'GlÉlÉ EHANçAISE 

Sonlny. Paris. 


24-2S Juin. — WIII'' .IfUinNÉiis mkiuc.m.I:;.*; belges, 


Sr.crétairi'. général : .M. Bnio Bockers, 141, nie B*d- 
liiird, BniM'IIi'^ ( Bf)«.'i<i'>'‘'. 


Juillet 


Juillet. — ^l^'' Congrès de i.'.AHPA intednationale, 
Fiiiuourg-en-Brisgau. 

Secrétaire général : M. .\.-J. Held, 1, rue .Vdrien-La- 
elieiial, Genèv,' (.Suisse). 


2' Quinzaine de. Juillel. — \l' Gu.nguès de l'.Associa- 

IION UES GyNÉCOLOGEES El (IllSTÉTRICIENS DE LANGUE 

Seeré.laire générai : Prof. Briiidcaii, 53 bis, ipiai des 
Giaiids-Angustins, Paris. , 

16-22 Juillet. — IV' Conférence nionriale pour l'as¬ 
sistance DES Estropiés et V' Congrès intehn,vtional pour 
l'assistance aux Enfants estropiés, Londres. 

Secrétariat : Central Council for Gare of Cripplcs, 
31, Eccleslon Square, London, SW 1 (Angleterre). — 
Kn France : M. Lamy, 6, rue Piccini, Paris. 


Août 


Octobre 


.loûl (probablement). — Congrès intern.vtional de la 

LIGUE IIOMIEOPATIIIQUE, BaI.E. 

S'adresser à M. Evrain, 88, rue Bonaparte, Paris. 

'20-21 .loiH. — Congrès de l'T'nion internationale des 
Ai to.modiles-Clubs médicau.n. Copenragi.t-:. 

S'adresser à .M. Lafond, 89, boulevard Mageiila, Paris. 
21-25 Août. III® Congrès Neurologique intehn.vtio- 
NAL, Copenhague. 

Secrétaire général : M. Kmid H. Krabbe, Kommime- 
hospitalet, Copenhague K. (Danemark). 

23-30 -■loûl. — VII' CoNcilÈS INTERNVriONAL DE GÉNɬ 
TIQUE, Edimuijurc. 

Secrétaire général ; Prof. Francis A. E. Gtcvv, Institut 
de Génétique, West Mains Boad, Edimbourg 9 (Ecosse). 

Septembre 

Début de Septembre (probablement du 3 au 5). — 
V' CoNGIlÈS NATIONAL DES MÉDECINS AMIS DU VIN, ReIMS. 

S’adresser à M. Giiénard, 3, place de la République, 
Epernay (Marne). 

2-9 Septembre. — Hl' Congrès international de Mi- 
cRoiiioLOGiE, New-York. 

Secrélaire général ; M. H. Dawsoii. College of Physi- 
ciaiis and Surgeons, 620 West lOSlli Street, New-York 
Cily (U.S.A.). 

-i-6 .Septembre (probablement.). ■—■ IV® Congrès inter- 
N.vnoNAL DE ClIIRURGlE ORniOPÉDIQUE, BeRLIN. 

S'adresser d M. Richard, 8, rue Louis-David, Paris. 

11-16 Seplembrc. — HI'. 'Congrès international de 

lutie scientifique et sociale contre le cancer, Atlan¬ 
tic City (New-Jersey). 

Secrétaire-trésorier: M. A.-L. I.oomis Bell, Long Islaiid. 
Ci.llege Huspilal. Brooklyn (N.-Y., U.S.A.), 

15 Septembre. — III' Congrès de l'Enfant a la mer 

l;r A L.V .MONTAGNE. GRENOBLE. 

Secrétaire général : Prof. Piérv, 8. av. Rockefeller, 
I.vuii (Bliôiie) ou M. Faure, 21. nie Verdi, Nice (Alpes- 
Ma ri limes). 

16- 18 Seplembrc. — IV' Congrès interna iionai. de 

Crapuologie, Liège. 

Secrétaire générale ; M“® Groiidhoiil, 122, av. Emile- 
Max, BniNelles (Belgique). 

17- 20 Septembre. — iXI' Coneére.nce inter,nationale 
contre la Tuberculose, Berlin. 

Secrétariat français : Comité national de Défense con¬ 
tre la Tuberculose, 66, boulevard Saint-Michel, Paris. 

19-23 Se.piembrc. — VH' Congrès inernationai. d’Uro- 
LOGiE, New-York. 

Président : M. Henry G. Biigbee. 2, East 54 Ih Street. 
New-York (IJ.S.A.). 

19-24 Seidembre. — \ 1' ('.unghès imt-:h\\irin\l des 
Hôpitaux, Turtimo. 

iS'adres.ser à la Caitadiaii Pacific Hailways and .'^b-am- 
sbips, '24. bonliward des fàqiiinines, Paris. 

' ■20-‘23 Seplembre. — VH' fioNcuÈs de, Béédecatton phy¬ 
sique, Paris. 

f'.ommissüirc général : M. Wattcaiix, Iiislilut d’Ediica- 
tioii physique, 1, rue Lacrélcllc, Paris. 


Uclobrc. — IV' Congrès européen de Crirurgie struc- 

Secrélaire général ; M. Coelst, 1, boulevard du Cen¬ 
tenaire, Bruxelles (Belgique). 

Première semaine d'Octobre. — XXVI' Congrès u’Hv- 
GiÈNE, Paris. 

Secrétaire général : M. Leclainclio, Ministère de la 
Santé publique, 18, rue de Tilsitt, Paris. 

6-8 Octobre. — Congrès de Documentation photogra¬ 
phique ET CINÉMATOGRAPniQUE DANS LES SciKNCES, PaRIS. 
Secrétaire général : M. Claoué, 39, rue Schaeffer, 

7 Octobre (probabIeme.nl). — Journée du Biiu.ma- 
Secrélariat ; 23, rue du Cherclie-Midi, Paris. 

9-11 Octobre. — IXVI' Co.ngrès IXTERNATIONAL d’Hy- 
DROLOGIIv, DE CLIMATOLOGIE ET DE GÉOLOGIE MEDICALES, 
STRASBOUnG. 

Secrétaire, général : Prof. Vauchor, Institut d’Hydro- 
logic et de Climatologie, 1, place de l’Hôpital, Stras¬ 
bourg (Bas-Rhin). 

9-13 Octobre. — XIXXIX'^ Congrès de l’Association 

FRANÇ.MSE d’CrOLOGIE, PaRIS. 

Secrélaire général : M. Michon, 40, me Barbet-de- 
.îoiiy, Paris. 

9-14 Octobre. — XLVIIP Congrès de l’Association fran¬ 
çaise DE Chirurgie, Paris. 

Secrétariat : 12, rue de Seine, Pans. 

11- 14 Octobip. — IV Congres a.nnlel des Médecins 

ÉLECTRO-RADIOLOGISTES DE LANGUE FRANÇAISE, PARIS. 

Sccrét'hire général ; M. Dnriaux, 9 ti/s, boulevard Ro- 
chechonnrt, Paris. 

12- 14 Oclobre. — -Congres des Dermatologistes e-i 
Sydhii.igrariies de langue |•RA^çA^SId, Parls. 

Secrétaire général M. Basc.li. 107. bd Malesbf'i'bes, 

13 Oc/obre, — XXP Réunion annuelle de la Société 

FRANÇAISE d'OrTUOPÉDIE ET DE TraU.MATOLOCIE, PaHIS. 

Secrétaire général : M. Bieliard, 8, rue Louis-David, 
Paris. 

13- 15 Uetuhre. — VU' Congrès de Chimie iiioLociigÙE, 

.Serrélaire général ; Prof. Sienioii, 5, rue F'uscli, Liège 
l'Belgique). •— Pour la Fraitcr : Prof. Fabre, 149, riiolde 
Sèvres, Paris. 

15 Oclobre. — VI' Congrès annuel i ; j.a Société de 
Bronciio-CH'.sopiiagologie ft de Castroscopif, de langue 
FRANÇAISE, PaHIS. 

Secrétaire général : M. Soiilas. 14, rue de Magdeboiirg, 

16- 18 Oclobre. — XLIV' f'.oNuiiÈs kram.ms u'Ot.,. 
Huino-Larvngoi.ogie. Paris. 

. Secrélaire général : M. FInriii, 19, avenue Mae-Malinn, 
Paris. 

17- 21 Octobre. — VU' (ioNuiiÈs ni. l\ .SniaÉTi i inx- 

ÇAISE DE PllO.MATTIlE, PaRIS. 

.Secrétaire général : M. 'l'anieaiiit, 27. avenue de la 



Sont encore prévus pour 1939 : 


‘20-'24 Seplembrc. — XIV' Session annueli.e du Con¬ 
seil uÉNÉiiAi. UE l'Association Professionnelle interna¬ 
tionale DES Médecins, Paris. 

Seerélaire général : M. F'ernand Decourl. A. P. I. M., 
60, boulevard Lalour-Maubourg, Paris. 

22-29 Se.piembrc. — XLIH' Congrès des Médecins 
aliénistes et net,roi-ogistes de langue française, Mont- 

Secré.taire générât : Prof. CTimbemale, route d'Ypres, 
Bailleul (Nord). 

27 S<7>tembrc-l®r Octobre. — V' Congrès de la Presse 

Secrétaire général : M. Pierra, 52, av. de Breleiiil, 


Fin Septembre. — II' Congrès de la Fédération inter¬ 
nationale LATINE DES SOCIÉTÉS d'EuGÉNIQUE, BuCAREST. 

Secrélaire général : Prof. G. K. Constantincsco, Insti¬ 
tut national Zootechnique, Sir. Doctor Slaicovici, 63, 
Bucarest VI (Boiimanie). —' Pour la France: S'adresser 
à M. Turpin, 94, avenue Victor-Hugo, Paris. 


Début 1939. — II® Congrès de la Protection de la 

PorULATTON CIVILE EN TK.MPS DE GUERRE (CoMITÉ INTEHNA- 

TioxAi. D'Information et d'Action), Luxembourg. 
ClXQLANTENAlIli: DE l'InsTITUT PaSTEUR, PaRIS. 
S'adresser, ‘25, rue du Docteur-Boux, Pairis. 
Congrès international de Pédutrie préventive, Zu- 

Se.erélairc général : M. Ollramare, 15, rue des Lévriers, 
Genève (Suisse). 

.XV' Congrès .n.viio.nai. des Iater.nes El Anciens Exter¬ 
nes DES Hôpitaux de F'ranue. Strasbourg. 

.S'ailirsscr à M. Delbos. 4, rue Maréchal-Foch, Stràs- 
hourg (Bas-Bliiii). 

VI® Congrès de la Societas OTo-Biiixo-LAnYNGOLOciCA, 
Président : Prof. Quix, Utrechl (Hollande). 
Cinquantenaire, de la Société de PsYcnoTnÉRAPiE et 
DE Psychologie comparée. 

Secrélaire général : M. Bérillon, 22. rue Vigiion, Paris. 


17-22 Juillet. — LXIH® Congrès de l'.Association fban- 
ÇMSE POUR l’avancement DES ÇcIENCES, LiÉCE. 

Secrétaire général : M. Verne. 38, rue de Varcime, 


Fin Septembre. — IH' Congrès iNTEHNAnoNAL de 
Radiesthésie biologique, Paris. 

Secrétaire générale : M"® Andrée Besson, 9, rue Etex, 
Paris. 


Fin 1939. — H® Congrès international de Médecine 

NÉO-hlPPOCBATIQUE. , ... 

Secrélaire général : M. Martiny, 10, nie Alfred-Boll, 
Paris. 









80 


LA PRESSE MEDICALE. Samedi, 14 Janvier 1939 


N" 4 


ILÆ mé:be:c:ïme z4\ 3Li: 


Hommage 
à M. Philippe ROY 

Sur les rives du 
Siiinl-Laurcnl, est réa¬ 
lisée depuis longlemps 
l’enlenle cordiale de 
l'Anglelerre cl de la 
France, faile de l’es- 
Linie réciproque de 
deux grandes races, 
de concessions mu- 
luelles, d’un sens liau- 
lemenl humain do la 
liberté cl du respect 
de la personnalité de 
cliacun; enlenle cor- 
iliale devenue une des 
principales forces morales du monde. 

M. Philippe Roy, représentant du Canada sur la 
terre de France, symbolise en vérité celte union. 
Issu d’une de ces héroïques familles de colons fran¬ 
çais qui, dans les temps difficiles, maintinrent sur 
le sol américain, avec une fidélité louchante et une 
ténacité inébranlable, le parler, la tradition, la foi 
des ancêtres, il rencontra dans une famille cana¬ 
dienne anglaise la charmante jeune fdlc avec la¬ 
quelle il fonda un foyer réalisant la fusion des 
deux Canadas, foyer tout préparé pour devenir plus 
lard sur la terre de France \m foyer de rayonne¬ 
ment de la pensée canadienne. 

M. Philippe Rov vint à Paris au début de 1911 
avec le titre do Commissaire général du Canada et, 
depuis cette époque, surtout pendant la grande 
guerre, il n’a cessé de jouer à Paris un rôle diplo¬ 
matique des plus importants et des plus féconds. 

Au moment où cesse l'activité oflicielle dé 
M. Philippe Rov, le Comité France-Amérique a 
tenu, dans un dîner présidé par le maréchal -Pé¬ 
tain, à lui manifesler les scnlimcnls de, reconnais¬ 
sance de la France pour la magniriqne, tâche accom¬ 
plie. 

A ce dîner le prof(wscnr Skugknt a prononce nue 
allocution mettant bien en Inmièro rnuivrc du di¬ 
plomate en ce qui concerne la Médecine. 

De ce discours, nous reproduirons quelques pas¬ 
sages : 


(( Monsieur le Ministre vous avez honoré la mé¬ 
decine en montrant qn'cllc peut conduire aux plus 
hautes fonctions. Si vous avez si noblement et si 
fructueusement rempli votre délicate mission de 
diplomate, c’est, peut-être, parce que votre action 
a été guidée par la formation scientilique et morale 
de votre origine medicale. 

« 'L'étude des sciences médicales forme l’esprit, 
afjine le sens d’observation, enseigne la valeur et 
1,1 nécessité de l’expérience. L’exereicc de la pro¬ 
fession médicale développe le sentimerd de charité, 
de solidarité, do dévouement, de désinléressemont, 
aiguise les suggestions de la conscience. 

« Vous avez, mon cher confrère, franchi successi¬ 
vement trois étapes. 

(t ^ous avez débuté dans la vie comme médecin ; 
après avoir fait vos éludes à l'Université Laval de 
Québec, vous avez exercé la profession médicale à 
Edmunlon dans l’Alberta, menant pendant quel¬ 
ques années celte existence faite de surmenage in¬ 
cessant, de préoccupations constantes, d'obéissance 
au sentiment du devoir, qui est celle du médecin. 
Là, vous avez pris l’habitude du travail ininter¬ 
rompu et. de l’accomplissement du devoir social. 

« Puis vous avez, été nommé sénateur à 38 ans, 
et ainsi vous vous êtes imprégné des principes du 
devoir national. 

(I Quelques années après commence la troisième 
étape de votre activité, qui est celle de l’obéissance 
au devoir international. En 1911 vous fûtes envoyé 
en France comme commissaire général du Canada 
et, en 1928, vous êtes .devenu Ministre plénipoten¬ 


tiaire, lorsque le gouvernement fédéral transforma 
en Légation le Commissariat général. 

(( Vous avez eu une belle et noble carrière, qui 
fait honneur, je ne crain.i pas de le répéter, à la 
médecine. 


« C’est à votre persévérante intervention que 
sont dues, la création et l’organisation de moyens 
de liaison dotil le but est d'entretenir la cnilure 
ancestndc de vos générations montantes; bourses 
d’eludos pour de jeunes Canadiens venant travail¬ 
ler en France, cours de conférenciers, de profes¬ 
seurs, de missionnaires do la pensée française, com¬ 
portant la réciprocité et la venue, en France, de 
missionnaires de l’esprit canadien; saluons ici la 
mémoire du regretté Dalbis qui, soutenu par votre 
sage cl bienfaisante influence, put fonder l'Insti¬ 
tut franco-canadien; inclinons-nous devant le sou¬ 
venir que la Maison canadienne, dirigée avec tant 
de maîtrise par notre cher ami Firmin Roz, fut 
l’une des premières, sinon la première des maisons 
de la Cité Universitaire... 


« Qu’il soit permis à un médecin, représentant 
Ici ces missionnaires, savants, artistes, médecins, 
qui ont clé montrer la culture française au 
Canada, d'évoquer, en ce moment, le grand inté¬ 
rêt réciproque des Canadiens Français cl des Fran¬ 
çais de F'rance à rester étroitement unis sur le 
domaine do l'étude et de l'ensefgnerncnt des 
sciences médicales. 


« 11 nous est précieux, à nous, cliniciens do 
France, d'cnlrelonir dans les centres d'études médi¬ 
cales du Canada les traditions dont le respect con¬ 
tribuera à assurer le bel avenir qui leur est réservé. 
C’est pourquoi, mon cher Ministre et grand ami, 
nous vous garderons toujours unfc profonde recon¬ 
naissance pour la part qui vous revient dans le 
dévclo|)pcmcnl des liens unissant nos deux pays 
sur le domaine de la culture à la Française... 


« Si vous n’êlcs plus le représentant officiel du 
Canada, vous resterez l’agent de liaison et conti¬ 
nuerez de passer chaque année quelques mois au 
milieu de nous; ainsi pourrons-nous vivre encore 
k-5 heures si douces, si charmantes que nous avons 
pris l’habitude de passer dans votre beau foyer 
familial; ainsi pourrons-nous, souvent encore, 
déposer le respectueux hommage de notre recon¬ 
naissance de Français de la vieille France aux pieds 
de iM"" Philippe Roy qui a su, par sa bonne 
grâce, son affabilité, son sens des réalités, asso¬ 
cier dans notre souvenir les Canadiens anglais aux 
Canadiens français cl qui a été pour vous, dans 
votre noble mission, la plus précieuse des collabo- 


'l'oiis les méd<-eins (pli ont eu l'honneur cl le 
plaisir de connaître celte personnalité si parisienne 
(pi'csl le courtois, affable et éminent représonlanl 
du Canada à Paris applaudiront aux parob's du 
professeur Sergent et à S(!S sonbails qui se résu¬ 
ment en la légende d’une vieille gravure cana¬ 
dienne. 



te^ik Monà h îjtFtiamfi 
Fbmjji ickti Âigleijs, 


Argentine. 

L’.Asscmblée ordinaire de la Société de Neurologie 
cl. Psychiatrie s'est réunie à Ruenos-Aires le 
22 Décembre 1938. 

Le Bureau do la Société est ainsi constitué pour 
l'année 1939-1940 : Président, Prof. Raul Sanchez 
Ema ; vice-président, D'' Fernando Gorriti ; secré¬ 
taire, D’’ Luis iM. Martinrz-Dalke. 

Australie, 


Le D'' Sir William Colin M.ic Kensic, fondateur 
et premier directeur dé l’Inslilut australien d’ana¬ 
tomie, à Canberra, vient de disparaître. Il s’était 
spécialisé dans l’élude du mouvement musculaire, 
cz qui l’avait mené, d’une part, à former une 
collection considérable de spécimens de la faune 
australienne, d’autre part à des eonceplions ori¬ 
ginales sur la rééducation musculaire et la guéri¬ 
son des troubles post-poliomyélitiques. 

Etats-Unis. 

On .minonre la mort, dans la catastrophe du 
Hawaï Clipper, perdu dans le Pacifique, sur la 
ligne de Manille, de Earl B. Mac Kinley, 42 ans, 
professeur de bactériologie à l’Université Cornell, 
qui s’était fait conn.aître par d’importantes recher¬ 
ches sur les maladies tropicales. 


La quinzième conférence Pasteur, destinée au 
public, a été donnée le 22 Novembre dernier, au 
.Musée de la Science et de l’Industrie, à Chicago, 
par le D'' L. Hectoen, directeur du Comité consul¬ 
tatif national du Cancer, sur ce sujet: Les progrès 
récents dans la connaissance et le traitement du 
cancer, cl sous les auspices de Urnslitut de Médecine 
de Chicago. 


Soutenance de Thèses 


Paris 

Doctorat l'Etat. 

MencnnLi 18 .Ianvier 1939. — M. Dahiiii Bcchara : Les 
indicttlions préopératoires de h transfusion sanquine. — 
.Iiiry ; MM. Gossel, Gri-goire, de Gaud.irt (i’AIlaines, 
Ileilz-Boycr. 

— M. Mars.iudon ; Contribution à l'étude de ta gyné¬ 
comastie. — M. Leclerc : Contribution à l'élude de la 
paralysie du nerf phrénique dans son utilisation théra¬ 
peutique contre la tuberculose pulmonaire. — Jury : 
MM. Clerc, Loeper, Troisicr. Donzelot. 

Ji:uni 19 .Ia.nvier. — M. Le Raste : La chimiothérapie 
des pleurésies purulentes à streptocoques par les dérivés 
sul/amidés. — M. Dupont : L'aurieulaire infantile. Ses 
rapports arec l'hérédo-syphilis. — M. Lemaire : La dia- 
thermo-coagulation nwnopolairc en petite chirurgie ano- 
rcctalc. — M. Baidon : Ondes électromagnétiques en 
médecine. La d'.érsonvalisalion. — M. Doranio : La mé¬ 
decine au XV/P siècle. Martin Sureau de La Chambre, 
médecin et philosophe. — Jury : MM. Tiffeneau, Gouge- 
rot, Laignel-Lavastinc, Dognon. 

Vemireiu 20 Janvier. —• M. Riidnansky : Conlribulion 
à l'élude des ostéomyélites primitives des os longs chez 
l'adulte ; formes aiguës et chroniques d'emblée. — Jury ; 
M.M. Mathieu, Ombrédanne, Leveuf, Quéiiu. 

Samedi 21 Janvier. — M. Lenoir Malo : La voie xiphoî- 
dicnne dans le Irailement des péricardiles purulentes. — 
M. Jay : Conlribulion à l'étude des accidents dentaires 
consécutifs aux malpositions de la dent de sagesse, — 
M. Ewseroff : Contribution à l'étude du traitement de 
l'infection puerpérale par l'abcès de fixation. — Du- 
barry-Bonjean : Contribution à l'étude des urétéro-hydro- 
néphroses congénitales du nourrisson. — Jury : MM. 
Jeanniii, Lemaître, Lenormant, Nobéoourt. 


Le Gérant; F. Amihaült. 


Paris. — Ane”® lmp. de ta Cour d'Appet, 1, rue Casselle. 












N" 5 


18 Janvier 1939 


TRAVAUX ORIGINAUX 


LE TRAITEMENT NON SANGLANT 

DE 

LA COXARTHRIE 

Etat actuel de la question 
PAP, JIM. 

F. COSTE cl O. AUBERT 


Lus réccntus coniiiiuiiicalioiis du Prol. Ma- 
Ihicu, sa belle présentation de malades, faite 
à lu séance annuelle de la Ligue contre le rhuma¬ 
tisme, le 3 Décembre dernier, montrent les pro¬ 
grès accomplis depuis quelques années par le 
traitement opératoire de la coxarthrie. L'étude 
persévérante de cette chirurgie difficile et ingrate 
a porté ses fruits ; outre les interventions mi¬ 
neures, par-fois utiles, l’arthroplastie modelante, 
aujourd’hui bien au point, est devenue une 
oi)ération relativement bénigne, etiicace, qu’on 
peut proposer couruimnent, en dépit de leur 
Age, à bien dos co.varlhriques. 

Les succès obtenus sont indiscutables, ils 
l)nrai.ssent en général déliuilifs. Un ne peid. 
douter qu'une part im]K)rlante doive désormais 
revenir à la chirurgie dans le traitement des 
arlliropathies chroniques, dites rhumatisraales, 
de la hanche. 

. Mais quelle part au juste ? 

C’est au médecin, surtout, qu’il appartient 
de répondre. En effet, il voit défilin- devant lui 
toutes les coxarthries, parmi lesquelles certaines 
seulement aboutiront par la suite au chirurgien. 
Il y a, fatalement et toujours, un premier stade 
medical dans le traitement de la coxarthrie. A 
ce stade, souvent i)rccoco, il faut orienter le 
malade, donc posséder une vue d’ensemble suf- 
lisararaent nette et juste! des ressources à lui 
proposer. Les indit.-alions cliirurgieales soiil 
failos des échecs du irailcmcnt médical. Que 
peut donc au jusie ce dernier ? Quand et dans 
(luelle proportion de cas doit-il s’avouer vaincu 
et s’effacer devant la chirurgie P En d'autres 
termes, que vaut aujourd'hui noire Ihérapouti- 
([uc médicale, ou plutôt la thérapeutique non 
sanglante de la coxarthrie, car nous y incinérons 
les moyens physiolhcrapiqnes et orthopédiques ? 

11 nous a scinhlé inléressant de lenler de faire 
le point. Par dizaines, dos méthodes thérapeu- 
liques ont été préconisées, surtout depuis qucl- 
(pies amiées. Les juger en dernier ressort est 
sans doute prématuré, mais une appréciation 
provi.soire est permise et, croyons-nous, utile. 

Noire travail se base sur nos observations de 
coxarthrie, recueillies depuis 1929, en arrêtant 
ce travail au début de l’année 1938, pour exclure 
les résullals trop récents et dont on ne peut en¬ 
core juger avec un recul suffisant. 

1“ Nombre de cas. 

Sur 351 observations, nous n’avons retenu que 
les plus complètes, soit 271. Los malades ont été 
ronvoqués ou simplement interroges lorsqu’il 
était impossible de les atteindre ; 156 seulement 
ont répondu à- nos demandes ou à nos convo¬ 
cations. Première constatation un peu découra¬ 
geante : sans doute, un certain nombre de 
malades Agés, perdus de vue depuis des années, 
sont-ils morts .entre temps ; sans doute aussi, 
faul-il coniplèr avec les- départs sans laisser 


d adresse ou avec la négligence de certains sujets, 
même lorsqu’ils ont bénéficié dos soins reçus, 
lî n’en reste pas moins qu’un nombre appré¬ 
ciable — malheureusement impossible à chif¬ 
frer — de malades, peu salisfails de noire thé¬ 
rapeutique, ont dû s’abstenir intentionnellement 
do nous répondre. 

Nous devons spécifier que ces 156 cas com¬ 
prennent une dizaine de coxilcs inflammatoires 
clironiques. Pour siiuplilier nous les confon¬ 
drons avec les coxarlhrics vraies dans les tableaux 
suivaiils : 

2“ RÉSULT.VrS niÉllAl'EüTIQüES GLOBAUX. 

Nos cas peuvent être classés en 4 groupes : 

I. Coxarthries s’élanl améliorées spontanément 
en dehors de toute thérapeutique. 

IL Coxarthries améliorées par la thérapeutique. 

III. Coxarthries non inlluencées par la théra- 
peiillque cl restées dans le même état ou aggra¬ 
vées. 

IV. Coxarlhries no s'élaiil pas améliorées ou 
s'élant aggravées en Fabsence d’un Irailemenl 
sérieux. 

Nous enlendons jiar it amélioralioii » une 
diminution imporlanle, .sinon même une sup- 
I)rcssion de la douleur, i)ersistaril depuis loiig- 
tenips et paraissant définitive. II un résulte un 
retour, sinon de la souplesse arliculaire, du 
moins d’une capacité fonclionnelle pennettanl 
la reprise d'une vie plus ou moins active et de 
certaines occupalioiis professionnelles. Tl faul, 
on effet, s’entendre quant aux résullals à espé¬ 
rer chez un coxarthrique : ils sont forcément 
limités, et si l’on a atU-iiit au but qui vient 
d'être défini, il faut s’oslimer salisfail. 

Voici niaipleiiaiit les chiffres : 

.. Kill 


I (aim-liiu-JitîoMS y|ioiil;iiiri-s) : 

S iiiiilîiilos, hoil 5,1 



(iiili'jjm-ip IV (Aggi'iivalirm? sans Ir.Titriiicii'l 
niflisarill) : 

10 inalarlcs, sait (1,5 


re.ssiuile, puis(iu'il ii'a pas été fait de Irailemcid 
vraiment actif, ou trouve : 

rnin, 100 

Calégorin It. 51,/i 

Calûgoiia III . -13,1 

Ce tableau appelle d’autres dévelo|)pemenls : 
il se fonde, eu el’fel, sur la nolion de Ihé- 
rapeutique suffisante ou non' suffisante.. 11 nous 
faul indiquer ce que nous entendons par lA ! 

Les procédés thérapeutiques usuels dans la 
coxarthrie sont nombreux. Citons, sans viser à 
être complets, et cil excluant les- procédés cbar- 
lalanesques : 

.Agents physiques : Rayons X, ourles courtes, 
diathermie-,, ionisation,, etc, 

Infecliom locales- : Mislaniiue. Substances anes¬ 
thésiques, soit dans la région ai-liculnire, soit dans 
la région des nerfs qui lui donnent la sensibilité 
(indus les rami cominiinicants lombaires). Injec¬ 
tions iodées, soufrées, etc. 

Trailcnienls de fond : lodosoufré per os ou 


paicnléi-al. Ür, vaccins, niédicanienls anli-infeclieuX 
(sulfainidos en particulici), vilainine Rj. Trailc- 
ment anti-syphilitique. Calcium et vitamine D, 
vitamine C. llormones ou c.xtiails glandulaires. 

Moyens orûiopèdiqucs : Appareils de marche, 
rétablissement do l’aplomb du bassin (correction 
d'im raccourci.''-.sement). Hepos couché. Extension 
diseonlinne. Exercices méthodiques (bicyclollc). 
Cure d’amaigrissement clicz les obèses, etc. 

Crénolhérapie. 

Sur celle liste figurent, à vrai dire, des pro¬ 
cédés qui ne donnent guère que des échecs ; je 
citerai la diathermie cl tous les procédés éldc* 
Irotliéi-apiqucs (sauf les rayons X et les ondes 
courtes), les vaccins cl même le classique traite¬ 
ment iodosoufi-é, quelle qu’en soit la modalité. 

Les Irailemenls' restants sont considérés par 
nous comme cvenlucllcmorit efficaces et les 
malades du groupe III ont reçu un ou plusieurs 
de ces Iraitomcrils, eon-cetcmerit exécutés. 

riKS pnocÉnés TitÉiiAPKtrnQDEs. 

A noire avis, les deux procédés les plus l'orliles 
eu succès .sont, d'une pari, la radiolhôrai)ic 
pénélraiile, à doses suffisanles; d’autre part, les 
Lnjeelioiis profondes para-articulaires de chlorhy- 
drale d’histamine. Aussi ont-ils élu les plus uti¬ 
lisés chez nos malades. Toulefois, les auli-es Irai- 
temcnls n’ont pas élé négligés et la plupart 
ont élé expérimentés sur une échelle suffusanlc 
pour pcrmoUrc une apprécialion comparative. 

C'est l'analyse du groupe 11 qui perinel le 
mieux de juger la valeur respective des mé¬ 
thodes : Sur les 75 malades du groupe, on 
( omplc 42 succès des rayons X et 29 succès de 
rhislamine. La différence entre ces deux nom¬ 
bres ne Iradiiii. pas une supériorité des rayons X, 
elle lient simplement à ce <juo rhistaniine, nou¬ 
velle venue dans la lliérapeutique de la eoxar- 
Ihrie, a élé moins souvent employée. 

Ces succès concM-ne.nl pour une part les 
mêmes malades, qui ont donc élé siiccessive- 
mcnl soulagés jiar le.s deux Irailemenls, poiir 
aboulir finalement à un état d'amélioration 
slable. 

La stabilité des améliorations depuis mie .A 
sept ou huit années est le point viaimcnl impor- 
lant. Il paraît démontré par notre slalisliqiie 
que, soit les rayons X, soit l’hislaroinc, peuvent 
bloquer d’une façon définitine la sensibilité dou¬ 
loureuse régionale. Avec l’histamine, ce résul¬ 
tat fut même obtenu chez quelques malades par 
2 ou 3 injections seulement ; plus souvent, il 
faul des séries répétées d’injections pour l'al- 
leiinlrc. 

En oiipositlon avec ces améliorations fonction¬ 
nelles, l’aspect radiograpliique demeure in¬ 
changé, ou encore les lésions ont une tendance 
très lenlC' à s’accentuer (le pincement de l’inter¬ 
ligne au pôle supérieur A devenir plus serré, la 
têlo à s’aplatir peu à peu). Mais il est excep¬ 
tionnel — nous n’en avons vu qu’un exemple 
chez une malade du Prof. Mathieu — d’assis- 
Icr, au bout d’années, à une déformation sou¬ 
daine en tampon de wagon, fivcc évasion des 
lêlcs fémorales en haut et en dehors. 

,\ côté des améliorations dues A T’hisfaniinc, 
nous relevons dans le groupe II des améliora¬ 
tions clairsemées dues aux cures thermales 
(4 cas), A For (5 cas), aux- ondes courtes (2 cas), 
an traitement iodo-soufrô (3 cas?), ,à l’extrait 
hypophysaire antérieur (1 cas), à la progcslê- 


I 56,9 |ii)iir 100. 





82 


LA PRESSE MEDICALE. Mercredi, 18 Janvier 1939 


N" 5 


roue (1 cas), à l’iiislidinc (.1 cas), à la vita¬ 
mine B, (1 cas), à la correction d’un raccour¬ 
cissement (1 cas), a la niohilisation active s>s- 
lématit|uc (1 cas). 

D’autre part, ces divers procédés thérapeuti¬ 
ques ou d'autres encore, mentionnés sur la liste 
précédente, ont paru, dans quelques cas, exercer 
une action adjuvante sur la marche progressive 
vers l’amélioration. 

L’étude du groupe 11 procure un autre ensei¬ 
gnement important : on aurait piT supposer que 
les cas voués à l’amélioration bénélicient de 
n’importe laquelle des thérapeutiques actives ; 
il suffirait dès lors d’en essayer une et, en cas 
d’échec, il serait inutile de recourir aux autres; 
ainsi, si les rayons X ont échoué, il serait inu¬ 
tile d’essayer l’histamine. 

L’expéi'ience dénient cette théorie ; certes, il 
existe dos malades chez qui les diverses méthodes 
actives réussissent toutes, mais il y en a hien 
davantage chez fini elles donnent des résultats 
entièrement discordants. Ainsi, à côté des sujets 
qui ont tiré bénéfice à la foi.s des rayons X et 
de l’hislamine, nous en relevons 12 autres chez 
qui les rayons X ont échoué et l’iiistamine 
réussi, et 3 cas où l’inverse a eu lieu. 

Il y a donc intérêt à no jias abandonner le 
traitement avant essai successif de toutes les 
méthodes actives ; l’échec d’une d’entre elles ne 
laisse rien augurer de l’eltet des autres. 

Parmi les méthodes actives, il en est une qui 
a été encore insuffisamment étudiée, et qui 
réservera peut-être d’heureuses surprises : celle 
des injections anesthésiantes régionales. Non pas 
que nous ayons été satisfaits do la novocaïnisa¬ 
tion des rami lombaires ; d’après notre expé¬ 
rience, ou elle échoue, ou elie ne donne, le plus 
souvent, que des améliorations transitoires ; 
ramélioration, après la première injection, du¬ 
rera (iuelr|ues mois, et aux injections suivantes, 
on verra l’effet se raccourcir et s’épuiser. Sur 
32 novocaïnisations des rami, nous n'avons enre¬ 
gistré que 2 succès, d’ailleurs relatifs, contre 
.30 échecs définitifs. De plus, l’injection est par¬ 
fois pénible, un peu douloureuse. 

Mais nous pensons (lue les injections régio¬ 
nales articulaires de i)roduits anesthésiques di¬ 
vers fourniront |)eul-être des satisfactions plus 
grandes ; toutefois la question reste .à l’étude. 

(finoirpn 111). 

Nous nous sommes posé 3 problèmi's : 

a) Peut-on expliquer ces échecs par compa¬ 
raison entre les cas de ce groupe et les cas heu¬ 
reux du groupe II ? 

h) Les échecs rassemhlés dans le groupe 111 
rait-nn |ui les éviter, tout au moins dans cer- 

cj Parmi les malades du groupe III, combien 
eussent été justiciables de l’arthroplastie ? 

A. A la première question, nous avons tenté 
de répondre en comparant dans les groupes II 
et III les cas traités par les rayons X d’une part, 
et par l’histamine d'autre part. 

■ Le groupe. III comprend 55 échecs des rayons X 
el 31 échecs de l’histamine. Si nous comparons 
ces cas malheureux aux 42 et 29 succès du 
groupe II, nous constatons que : 

1“ L’âge moyen des sujets diffère peu : 

Gl.G ans iionr tes siijcis amclion's par tes rayons X 
ronlre 

Gt.7 ans pour tes sujets non améliorés par les rayons X 

(’d .t ans pour les sujets améliorés par l'hislamine 

G1.3 ans pour tes sujets uon améliorés par l'Iiiblnminc. 


2“ Le nombre des sujets séniles n’est pas très 
différent selon la catégorie : 



(jugée sur la date d’apparition des premiers 
symptômes) est également comparable dans les 
deux cas : 



I. exécution de traitements adjuvants avant 
ou itprès la cure radiolhéraitique ou histaminique 
n'infiuc pas sur les résultats : 

De tels traitements ont été faits ; 

27 sur .'12 cas île sucrés railiolliérapirpie 
3.Ü sur 55 cas d'éclicc railiolliérapiipie 

13 sur 27 cas de succès dus à l'Iiistamine 
contre 

11 sur 20 cas d'écliec de l'iilstamine. 

5“ Enfin, il semble indifférent qu’il s’agisse 
de coxarlhrie uni ou bilaterale : 

.Sur 41 succès de radiolliérapic : 

19 co.vartlirics doubles 

contre_ 22 co.vartlirics unilatérales. 

Sur .51 échecs de radiolliérapic : 

15 coxartlirics douilles 
contre... 36 coxarthries unilatérales. 



Sur 24 écliccs dus à l'Iiistamine : 

10 coxarthries doubles 
contre... 11 coxartiiries unilatérales. 


G" La forme évululivc ou nuliologiiiiie. de la 
coxartlirie ne permet pas, elle non jilus, de pré¬ 
juger l’effet du trailemenl. 

Nous ne donnerons pas de chiffres car les 
types radiologiques ne sont pas assez tranchés 
pour permeltre un classement rigide. 

En distinguant les types, ou mieux, les ten¬ 
dances suivantes : 

I interligne ; 

drenienl du fond colyloïdicn et à la pénétration de 

on arrive è la notion, très vague, d’ailleurs, que 
le pronostic Ihérapeutiquo est peut-être meilleur 
pour les formes eneastrantes. 

Celle donnée trouve une confirmation relative 
dans l’examen des cas du groupe I : les 8 amé¬ 
liorations fonctionnelles spontanées qui s’y trou¬ 
vent rassemblées concernent 5 formes encas- 
tiantes, contre 3 formes typiques ou ankylo¬ 
santes. Il est à remarquer qu’en dépit d’un 
aspect radiologique peu favorable, les formes 
encastrantes se font parfois remarquer par une 
relative conservation de la mobilité articulaire, 
de la llexion- par exemple, qui peut dépasser 
l’angle droit. 


En tout cas, il est établi que id l’âge du sujet 
ru l’ancienneté de la coxarlhrie ne coiistiluenl 
un obstacle à l’action analgésianle des méthodes 
actives, ni à l’obtention d’une accalmie défini- 
tiye de la douleur. Seul, le pronostic d’assou¬ 
plissement de la jointure reste luilurellemenl 
dominé par l’imiiortance et l’ancienneté des 
lésions constituées. 

B. Les éeliecs thérapeutiques du groupe III pou¬ 
vaient-ils être en partie évités? — Si nous avons 
réuni dans ce groupe les malades (jui, ayant 
subi l’action d’une au moins des méthodes 
actives, n’en avaient tiré aucun bénéfice, nous 
n’avons pas prétendu dire qu’ils avaient subi un 
traitement médical complet, faisant appel tà 
toutes les méthodes actives. 

.\u conlraire, si nous cherchons combien, 
parmi eux, ont été suffisamment traités pour pré¬ 
juger que la thérapeutique non sanglante conser¬ 
vait bien peu d’espoir de les améliorer, nous n’en 
trouvons que 29 sur 63, soit à peine la moitié. Il 
eut donc fallu, chez les 34 autres, compléter la 
thérapeutique avant de s’avouer vaincu. Quel¬ 
ques-uns eussent alors sans doute émigré dans 
le groupe IL De ce fait, la part de 56,9 ])our 100 
attribuée aux améliorations spontanées ou théra¬ 
peutiques devrait être probablement un peu 
élargie, et celle de 43,1 pour 100, attribuée aux 
échecs, un peu restreinte. 

G. Quelle proportion des malades du groupe III 
eût dd être envoyée au chirurgien? — Les âges, 
dans ce groupe, sont les suivants : 

Age moyen : entre 60 et 61 uns ; 

Sujets âgés de 60 ans au moins ; 37 sur 62 cas ; 
Sujets âgés do 65 ans au moins ; 21 sur 

Un tiers des malades était donc trop âgé pour 
l’arthroplaslio, et moins de la moitié étaient 
d’âge rolaliveinent favorable. Cette proportion 
pourrait s'abaisser encore en raison des contre- 
indications individuelles à l’opération chirurgi¬ 
cale. 

Si nous rappelons en outre (jue le pourcentage 
de 43,1 pour 100 ultribuô au groupe III repré¬ 
sente un maximum, on peut conclure que les 
indications de l’arthroplastie n’excéderaient pas 
un cinquième ou un quart des cas de coxartlirie, 
ce qui est encore énorme vu la fréiiuence de 
raffeclion. 

Les contre-indications aux interventions mi¬ 
neures (forage, butée, section du nerf obtura¬ 
teur, résection du sourcil cotyloidien, etc.) 
seraient naturellement beaucoup moins nom¬ 
breuses (lue les contre-indications à l’arthro- 

CoMMENTAIUKS. 

Si la eoxarllirie est souvent une infirmité Irès 
[lénible, dans la majorité des cas la Ibérapeufi- 
que non sanglante la rend tolérable el compati¬ 
ble avec une certaine activité professionnelle. Los 
cas réservés ù la chirurgie modelante et restau¬ 
ratrice paraissent néanmoins représenter le 
quart ou le cinquième des coxarthries, du moins 
on l’état actuel do la thérapeutique. 

La discrimination entre les cas chirurgicaux 
et non chirurgicaux est de première importance. 
Plus vile et plus judicieusement elle sera faite 
dans chaque cas particulier, et plus de souffran¬ 
ces inutiles, de perte de temps et do dommages 
matériels seront épargnés au malade, (ir, aujour¬ 
d’hui encore, celte discrimination demeure très 
défectueuse : les chirurgiens opèrent des cas 
qu’ils pourraient ne pas opérer, et surtout, ils 
n’opèrent pas nombre de cas qui devraient leur 
parvenir beaucoup plus tôt. Ce n’est pas leur 
faute. Seul, le médecin est responsable, si un 
cas chirurgical n’csl [las adressé au chirurgien. 






N" 5 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 18 Janvier 1939 


83 


ou s’il lui est adressé trop lard, ou si, au con¬ 
traire, le malade, découragé par l'essai illogi¬ 
que cl sans méthode de certains traitements lual 
choisis, vient demander à l’opération un soula¬ 
gement qu’il aurait dû trouver ou (ju'il poui’rait 
encore trouver dans les méthodes non san¬ 
glantes. 

Le manque actuel de toute doctrine pour le 
traitement de la coxarthrie a des conséquences 
navrantes. Qui ne connaît le douloureux calvaire 
de ces infirmes.® La maladie commence entre 40 
et 60 ans, on prescrit une cure thermale, souvent 
mal choisie, puis c’est l’attente d'une améliora¬ 
tion, l’essai, sans conviction, des analgésiiiues, 
des uricolytiques, de l’iode, du soufre, des ré¬ 
gimes ; puis, c’est une nouvelle cure thermale ; 
puis, do longues périodes, durant lesquelles 
malade et médecin, découragés, renoncent au 
Irailcment ; enfin, les douleurs augmentant, ce 
dernier est repris dans les mûmes conditions dé¬ 
fectueuses, en ordre dispersé et avec de longues 
intermittences ; la vie est lamentable, toute 
activité réduite ou entravée, et i)eu à peu, de 
souffrances en soul’tran<'es, le malade en arrive 
là 60, à 6.5 ans, flge où le chirurgien hésite de¬ 
vant le ristiue, ou refuse purement et simide- 
mont d’opérer. 

Le devoir impérieux des médecins est de mel- 
tre fin à cette anarchie thérapeutique ; nous rle- 
vrons désormais savoir soumettre, dans le mini¬ 
mum de temps, chaque malade h la série de 
Irailcmonts, dont on peut logiquement, selon le 
cas considéré, espérer un résultat. Il faul pour • 
cela : 

1” Reconnaître, aidant que faire se peiil, les 
coxites infectieuses chroniques auxquelles s’ap¬ 
pliquent le décubitus, l’extension, les médica- 
lions anti-infectieuses, puis aurique, parfois les 
ondes courtes (origine gonococcique) et la radio¬ 
thérapie (prudente). 

2“ Dans les coxarthries vraies, combiner sys¬ 
tématiquement, sauf contre-indications indivi¬ 
duelles, la radiothérapie ù fortes doses et les 
injections profondes d’histamine, ipi’il faut 
répéter un temps suffisant pour établir si elles 
seront ou non efficaces dans le cas considéré ; 
faire suivre la radiothérapie d’une série d’injec¬ 
tions anesthésiques locales pcri-arliciilaires cl 
sur les troncs nerveux ; imposer l’aide orlliopé- 
dique quand elle est utile (appareils de marche, 
correction do raccourcissement, repos, amaigris¬ 
sement) ; imposer une cure Ibcrniale bien choi¬ 
sie ; ne guère s’attarder aux autres traitements, 
qu’il est d’ailleurs possible de combiner aux pré¬ 
cédents : Iraitement anti-syphililique dès qu’il 
y a suspicion de syphilis, ondes courtes, vita¬ 
mine R|, cure iodo-soufréo, etc. 

Deux années doivent suffire ,à l’accomplisse- 
nienl intégral de ces tentatives, après quoi, en 
ras d’échec, et sauf ronire-indication opératoire, 
tirée de l’état général du sujet, il faut savoir 
indiquer à celui-ci que son cas échappe .à la mé¬ 
decine et que s’y attarder est peine perdue. Qu’il 
décide alors lui-même si son infirmité est ou 
non tolérable. Si les douleurs et l’impotence sont- 
telles que la profession et la vie courante se 
trouvent totalement entravées, le médecin doit 
se montrer résolument et précocement inter¬ 
ventionniste, h condition que l’flge et l’état gé¬ 
néral s’y prêtent. 

Si ces notions se répandent parmi les méde¬ 
cins, il faudra prévoir un élargissement notable 
des indications de l’arthroplastie, car les mala¬ 
des, ayant fait l’économie d’années de souf¬ 
frances et de traitements inopérants, arriveront 
plus jeunes an chirurgien. 

11 est. bien entendu que toutes ces réflexions 
n’nrit qu’une valeur proxdsoirc. Si elles s’impo¬ 
sent, croyons-nous, en l’état actuel de nos mé¬ 


thodes de traitement, elles pourraient perdre 
toute raison d’être à la première acquisition Ihé- 
rapeuliquo nouvelle ; la coxarthrie n’est qu’une 
infirmité locale, gênante avant tout par la dou¬ 
leur, acces.soiremeiit (et moins d’ankylose bi¬ 
latérale) par la raideur. Tout progrès dans l’art 
do bloquer la sensibilité régionale peut trans¬ 
former notre conduite et modifier les positions 
respectives des traitements sanglant et non san- 


ACCÈS POST-OPÉRATOIRE GRAVE 
DE TACHYCARDIE 
PAROXYSTIQUE 

TRAITÉ AVEC SUCCÈS 
PAR LA NOVOCAÏNISATION 
DU GANGLION STELLAIRE GAUCHE 


R. LEIBOVICl, 

L. DINKIN (Paris) 
et -WESTER (Royal) 

Il nous a paru intéres.saiit de rapporter l’ob- 
Ecrvatiou d’un malade (pii, aussilùt après une 
banale appcndici'cloinie, présenta un grave accès 
de tachycardie paroxystique. Cet accès fut d’al¬ 
lure maligne, il resta rebelle au trailemeuf 
médical le plus éncrgiipie cl il ne céda (pi’à 
l’infiltration novoca’i'uique du ganglion éloilé 

Voici d’abord l’observation : 

M. E..., 29 an.s, souffre, rlepiiis son eiil’ance de 
troubles digestifs qui ont fait à [ilnsieurs reprises 
penser à l’appendicite chroiiique. 

Eu l’interrogeant sur scs autres antécédents, on 
ne note aucun trouble fonctionnel cardiaque. 
11 signale cependant qu’il ressent depuis quel(|ues 
années un malaise dans la région précordiale, 
malaise qui dure une deDii-heiirc à une heure cl 
dont il ne peut préciser la nature. 

D’ailleurs l’appareil cardiaque ne montre rien 
d’anormal. La tension artérielle est fi 13-8. 

Le diagnostic d’appendicite étant établi clini¬ 
quement et radiologiqneinorit, on décide d’enlever 
l’appendice. 

L’opération a lieu le 20 Novembre 1936 sous 
anesthésie générale à l’éthcr. L’appendice <‘sl rétro- 
cæcal, adhérent, long, rouge, épaissi et induré. 

L’intervention est terminée à 9 b. L’anesthésie 
comme l’opération .«c sont déroulées sans aucun 
incident cl le malade est transporté dans .son lit. 
Environ une demi-heure apres l’opération, alors 
qu’il commence à se réveiller, l’nn de nous 
constate avec surprise que le pouls bal en perma¬ 
nence à plus de 160, la tachycardie oscillant entre 
160 et 180 sans qu’il n’y ait aucune altération 
de l’état général. 

La tachycardie persiste et s’aggrave pendant la 
journée, malgré un traitement médical obstiné. 
La morphine, le solucamphre sont sans action. La 
compression oculaire et sinuso-carotidienne est 
sans effet. Des injections d’ouaba’fne et de quini- 
dinc sont sans résultat. Une x-essie de glace est 
maintenue sur la région précordinlc. Une injec¬ 
tion sous-cutanée d’ésérine ne donna aucune réac¬ 
tion favorable. 

Dans l’après-midi le pouls est à 200 cl il se 
maintient è ce chiffre jusque dans la soirée. A ce 
moment apparaissent des signes de lléchissement 
cardiaque qui commencent à nous alarmer. Le 
pouls est mou, petit et presque imperceptible. Le 


malade est prostré, ses exlrémilés froides et un 
peu cyaiio.séi-s. La sécrétion urinaire est presque 
tarie (fôO cm-’’ pour la journée). Les bruits du 
eieiii- sont très amoindris. La tension artérielle est 
également alarniaiile : elle s’est effondrée aux 
environs de S pour la niaxima et de 6 pour la 
minima. 

Devant ce tableau clinique, nous redoutons une 
insuffisance eardiaqiie grave et puisipic tous les 
essais de IraileinonI médical se sont avérés ineffi¬ 
caces, l’un de nous (R. Leihovici) décide de faire 
une itijiliralion nofoca'iniqiic du (jiincjlion étoilé 
gauche. 

.''elon notre leehniipie hahiliielle. ipie noirs indi¬ 
querons plus loin, nous piquons le ganglion par 
voie postérieure. Le pouls ne se modifia pas lors 
de l’iiilroduelion de l’aiguille. Nous injeeloiis p(;è.s 
de 20 cm® de la solution de nuvoca’ine à 1 pour 200, 
en poussant très lentement |)eiulanl (pie le D’’ Moyse 
prend le pouls. L’injection provoque une douleur 
caractéristique dans l’épaule gauche. 

L’effet de l’injcelioii est iniinédial et surprenant. 
Le potilf: kiuihe hni.'i<jueincnl de ISO ù 72 et le 
malade se déclare aussilùt .soulagé et débarrassé 
des balleinenîs rapides qu'il ])ercevail dans le cou 
et la tète. 

Dans les niinntes ipii suivent s’établit un syn¬ 
drome de Cl. liern.ird-lloriier qui eonllrmc le 
blocage du stellaire et qui durera quelques heures. 

Dès lors, le pouls est resté égal, régulier, fort, 
bien frappé et toujours aux environs de 76-SO. 

Le lendemain et les jours suivants le ]iouls garde 
son rylhnie normal. La leiisioii ailérielle a repris 
les chiffres normaux qu’elle avait avant l’inter¬ 
vention (13-8). 

En dehors de cette alerte angoissante, si heii- 
rensemenl terminée, l’opéré guérit sans aucun 
incident et il quille la cliniipu; au huitième jiair. 

(jnaire semaines apn'-s l’intervention, on exa¬ 
mine allenlivenient son eo'ur et on ne constate 
rien d’anormal au point de vue cardio-va.sciilaire. 
L’éleciro-cardiogranime juis à ce moment montre 
un ryllime et des conyilexes alrio-venlrieiilaircs 
loiil à fait normaux. 

Suivi par l’un de nous, le malade n’a jamais 
présenté de nouvel accès de tachycardie. 

En résumé, il s’agit d’un accès grave de tachy¬ 
cardie survenu aus.sitot après une iiilervenliou 
chirurgicale chez un homme de 29 ans. 

•Malgré un Iraitcnient médical énergique, on 
voit apparailre, douze heuix's après le début de 
l’accès, des signes de collapsus cardiaiiue. 

La novocaïnisation du ganglion slellaire gau¬ 
che a permis d’arrêter complètement la tachy¬ 
cardie et d’éviter peut-être une défaillance 
fatale du cœur. 


Avant de commenter les divers jioinls de 
l’observation, nous devons nous deinander s’il 
s’agissait, dans noire cas, d’un accès de tachy¬ 
cardie paroxystique, type Bouveret ou d’une 
tachycardie sinusale. L’élecIrocardiogramme qui 
aurait tranché la question n’a pas pu être pris 
pendant l’accès et cela pour des raisons bien 
faciles à comprendre. L’allure maligne de la 
crise, la nature des malaises antérieurs analogues 
ducs très probablement à des accès do tachy¬ 
cardie, le taux relativement élevé du pouls 
(180-200) plaident en faveur d’une tachycardie 
paroxystique. 

Nous éliminons, bien entendu, le diagnostic 
de tachycardie ventriculaire qui survient géné¬ 
ralement h une période très avancée, précédant 
souvent la fibrillation ventriculaire terminale. 
I,a tachycardie ventriculaire bénigne est excep¬ 
tionnelle. D’ailleurs, chez notre malade, l’appa¬ 
reil cardio-vasculaire avant et après l’accès ne 
montre rien de particulier. L’éleclrocardio- 
gramme pris quatre semaines après l’opération 
est tout fl fait normal. 

Nous concluons donc qu’il s’agit, selon toute 
vraisemblance, d’un accès de tachycardie par 








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LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 18 Janvier 1939 


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Acrreus 

DIAGNOSTICS 

•rKA.rK,«KN.S 

KéSUtTATS 

.\l(ïxandrini, 1it27. 

Tachycardie sinusale, pouls 110/150. 

Sympathectomie gauche. 


.Vlexundrini, 1027 . 

Tachycardie à 120 après une pleurite 

Section des rameaux elVérents des gan¬ 
glions stellaires et ligature de Tart. 

Pouls il SO avec instabilité pendant 4 mois. 

Galluvardin, 1928 . 

Syndrome hyper-excitabilité sympn- 
diique. Tachveardie permanente à 100 
Paroxvsraes à 160-170. 

Sympathectomie gauche. 

Inefficace. 

Gravier, beriche et Wertheimer, 1020 . . 

Tachycardie il 120-l-'t0 chez une mitrale. 

Steliectomie gauche. 

Steliectomie droite. 

.•\mélioration immédiate, 17 mois après pouls 

Leriche, Bouchât et Froment, lOO,'). . . . 

Névrose tachycurdique à paroxysmes 

Steliectomie double. 

Résultats immédiats médiocres. Résultats 
éloignés bons, le pouls est à 80 au repos et 
à Ou dans la station debout. 

Langeron, Desbonnets et Delrallez, 1935.! 

Bouchut et Froment, 1935 . 

Tachycardie sinusale continue à 124-160. 

Névrose tachycardique sinusale. 

Steliectomie gauche. 

Steliectomie droite. 

Hémi-thyroïdectomie. 

L’amélioration ne se maintient pas. 
L’amélioration apparaît 3 mois après et se 
maintient. 

Sans effet. 


Pouls 192 (\ l’effort. 

Steliectomie gauche puis droite. 

.Amélioration durable. 

Gravier, Tourniuire et Gounel, 193(>. . . 

Névrose tachycardique sinusale, pouls 

Steliectomie (Iroite. 

Amélioration des troubles fonctionnels et dis¬ 
parition complète des accès de tachycardie, 
pouls au repos 93, à l’effort 100. 


roxysliquu hélcrolopc type liouverel, loul en 
notant que l’absonco de l'épreuve électro-canliu- 
gia])liiqne nous empêche de dcniontrer sans 
conleslation la justesse de noire diagnostic. 

* 

* * 

Celle observation de lachyeardie paroxysliqint 
c.st remarquable par ; 

a) Les circonstances de son apparition ; 

b) L’allure maligne, caractérisée par l’appa¬ 
rition précoce de signes de Iléchissernent car- 
diatpio malgré un traitement médical énergique; 

c) Kl renicacilé immédiate et éloignée de l'in- 
fillralion novoea'iniquc du ganglion stellaire 

.\. Nous ii'uroiis pas rctrouaé dans la lillcra- 
htre médicale île cas de lachyeardie paroxystique 
post-opéraluire. 11 est probable que noire malade 
a aussi présenté, anlérieiirement il l'interven¬ 
tion, des accès analogues mais d’allure bénigne. 
On note, en erfet, dans ses antécédents, des 
malaises semblables dans la région jtrécordiale, 
durant d’une demi-beure l'i une heure. 

Quel est le nMe des Irouhles digestifs dus à 
.son appendicilo cbroniipie dans l’éliologie de 
ces accès Quel a élé le rêb' de l’appendicecto¬ 
mie dans la genèse de l’accès de tachycardie 
que nous rapportons11 est difncile de répon¬ 
dre è ces questions. De nombreux auteurs ont 
insisté sur l’imporlance des troubles digestifs 
dans l’éliologie des tachycardies considérées 
comme réflexes. 

B. Il est plus important de relever dans noire 


observation l’évolution rapide de l’accès de 
tachycardie vers t'insiijjisancc cardiaque. 

C’est une notion bien classique que les accès 
lacbyeardiques sont généralemeid fort bien sup¬ 
portés, même (luand leur durée dépasse (piel- 
i[U('s jours. Les accès de lacbyearflie paroxystique 
à évolution maligne sont très rares. Ln pareil 
cas, bien tpie le trouble intéresse les deux ven¬ 
tricules, c’est le ventricule droit qui lléchil le 
premier : la tension artérielle s’effondre, l'oli- 
giirie a])paraît : stase, cyanose et dysjjnée s’ag¬ 
gravent ; on entend un bruit de galo]) de plus 
en plus net. L’évolution est fatale cà moins que 
la crise prenne brusfiuemenl fin. 

Chez noire malade, l’effondremenl de la len- 
sion artérielle à 8-5, l’oligurie ll50 cm'-' d’urine 
pour la journée), le cnllapsus péripbéri(pic, l’as¬ 
sourdissement des bruils cardiaques, nous ont 
fait redouter l’imminence d’une insuffisance 

Nous devons insister aussi sur la précocité 
vraiment exceptionnelle de l’apparition do ces 
signes. Cénéralemenl la défaillance c.irdiaqne 
n'apparaît que dans les formes malignes d’accès 
qui se sont prolongés pendant plusieurs jours 
ou qui se sont répétés à intervalles très rap- 

11 n’en esl pas de même dans notre cas. Les 
signes de collapsus cardiaque sont apparus très 
vile, dix douze heures après le début de, l’accès. 
On peut se demander si l’intervention et sur¬ 
tout si l’anesthésie générale îi l’élber ne sont pas 
responsables de la rapidité de l’évolution mali¬ 
gne ayant mis le myocarde en état de moin¬ 


dre résistance. On connaît, en effet, l’action 
dépressive de l’éther sur le cœur, encoi'c faut-il 
de très fortes doses pour (pi'il soit ainsi nocif, 

courte et facile. 

C. .Mais ce (lui fait le ]ioinl le plus intéres¬ 
sant de celle observation, c’est î’c//ic((ci/é immé¬ 
diate de l’injillra’iion noroeiüniipie du ijanijlion 
étoilé gauche. 

Le rôle du sympathique dans la tachycardie 
sinusalc n’est plus discutable et la chirurgie 
du sympathi(iue a été tentée avec succès dans 
un certain nombre de cas. (Nous avons trouvé 
dans la littérature une huitaine de cas,de tachy¬ 
cardie sinusale ainsi traités. Nous en donnons 
plus haut un tableau syno])ti(iue( tableau I,). 
L’intervention iiratiquée a élé le plus souvent 
une slellectomie droite ou double. Nous n’avons 
pas rel(!vé do cas traités par une infiltration 
novocainiipie ou alcoolique des ganglions slel- 

L’intervenlion chirurgicale ne s’osl imposée, 
dans CCS cas, (pie ipiand les accès de tachycardie 
sinusale, généralement bénins, occasionnaient 
des troubles fonctionnels sévères, qui rendaient 
l’existence pénible et qui ne ci'daient pas au 
Iraitemenl médical. 

.Nous voyons donc que, la chirurgie du sym¬ 
pathique comporte de bons résultats en cas de 
tachycardie sinusalc. 

Le sympathique jouc-t-il un rôle aussi impor- 
lanl dans la lachyeardie paroxystique propre¬ 
ment dite (type Bouvcrcl), catégorie de lachy- 


Taiii.kau il — Cas de tachycardie paroxystique traités chirurgicaleineril. 


AÜTFUR8 

n, AoxosT.es 

TRAITEMENTS 

RÉSULTATS 

Mnndl, 1925. 

Tachyrnrdie paroxystique à 240 chez un 
angineux de poitrine. 

.Novocaïnisation du ganglion étoilé 
gauche. 

Le rythme cardiaque redevient normal 25' 
après l’injection. Ce succès se maintient 

Disparition des crises 1 mois après. Résultat 

Antonuccl et Sébastian!, 1925 . 

Tachycardie pai-oxystique. 

Steliectomie gauche. 

Leriche, Meyer et Fontaine, 1938. 

Tachycardie paroxystique de type auri¬ 
culaire (Flutter). 

Steliectomie droite. 

Steliectomie gauche. 

Persistance du pouls à 194. 

L’amélioration n’a apparu que 18 mois 
après l’inlerTention. La guérison se main¬ 
tient depuis 7 ans. 

P. D. White et L. lliggins. 1930 . 

Tachycardie paroxystique chez un en¬ 
fant, allure maligne. 

Novocaïnisation du ganglion étoilé su¬ 
périeur gauche. 

4 jours après, intervention analogue du 
côté droit. 

12 jours après, infiltration paraverté¬ 
brale alcoolique DI ii D4 sous anes¬ 
thésie générale au protoxyde d’azote. 

Réinjection de novocaïne, dans les gan¬ 
glions stellaires. 

Inefficace. 

Le pouls tombe de 210 à 83 en quelques mi¬ 
nutes, mais persistance de petits accès de 
tachycardie. 

.Après 3 semaines d’amélioration une crise 
sévère et prolongée avec décompensation 

.Arrêt de la tachycardie. Mort soudaine 2 jours 
après. .A l’autopsie embolie cérébrale d’ori¬ 
gine auriculaire gauche. 

P. D. White et L. Higgins, 1936. 

Tachycardie paroxystique chez un en¬ 
fant. 

Novocaïnisation' du nerf cardiaque nc- 
1 célérateur. 

Persistance d’un pouls ii 200. 











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LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 18 Janvier 1939 


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cardie dans laquelle se range noire observation ? 
Le rôle du sympathique extra-cardiaque dans la 
genèse de la tachycardie paroxystique type Bou- 
veret serait secondaire pour un grand nombre 
d’auteurs. Pour d’aulres, cependant, l’expéri- 
menlation laisse penser que le sympathique 
peut intervenir aussi pour la provoquer, la 
favoriser ou l’aggraver (Hering, llolhberger et 
Winterberg, Clerc et Deschamps). Il n’est donc 
pas illogique d’envisager la possibilité d’inter¬ 
venir sur le sympathique en cas de tachycardie 
type Bouveret. D’ailleurs la chirurgie a été mise 
•è l’essai, soit en supprimant le ganglion étoilé, 
soit en l’infiltrant par l’alcool ou de la novo- 
caïne. 

Nous avons réuni 5 observations de ce type, 
auxquelles s’ajoute la relation de notre cas per¬ 
sonnel. En voir l’exposé synoptique dans le 
tableau II. 

Si nous analysons ce tableau, nous voyons 
qu’il n’y a que 2 cas traités par steliectomie 
(1 gauche et 1 bilatérale). Contrairement aux 
tachycardies sinusales, il semble que l’exérèse 
du ganglion étoilé gauche soit l’intervention la 
plus indiquée. Dans les deux cas on a noté une 
amélioration nette de l’affection. 

Quant aux cas de novocaïnisation du ganglion 
stellaire, c’est celui de Mandl qui se rapproche 
le plus du nôtre. C’est aussi la première obser¬ 
vation publiée et le premier succès de l’infiltra¬ 
tion novocaïnique du stellaire, où la tachycardie 
1 été réduite mais moins rapidement que dans 
notre cas (en vingt-cinq minutes). Chez le 
malade de Mandl comme chez le nôtre, l’amé¬ 
lioration s’est maintenue définitivement. 

Nous voyons donc, qu’il s’agisse d’une tachy¬ 
cardie sinusalc ou d’une lachycardie paroxysti¬ 
que type Bouueret, que la suppressioii du gan¬ 
glion stellaire, soit anatomique, soit physiolo¬ 
gique, peut être indiquée. 

Ce traitement sianble justifié par les données 
anatomo-physiologiques expérimentales et par 
les succès opératoires. 

Los données anatomo-physiologiques indiquent 
que le ganglion stellaire droit innerve le centre 
normotopc et que le ganglion étoilé gauche 
semble être un rclai important pour les fibres 
sympathiques du centre hétérotopc. Ainsi s’ex¬ 
pliquerait l’efficacité de la steliectomie droite 
dans la tachycardie sinusalc cl de la steliectomie 
gauche dans la tachycardie paroxystique. 

Notre observation, ainsi que celle de Mandl, 
montrent que riiifillralion novocaïnique d’un 
seul ganglion étoilé, le gauche, sans steliectomie, 
peut comporter' de bons résultats immédiats et 
même éloignés. C’est une intervention facile et 
pratiquement sans inconvénients, alors que la 
steliectomie, pour certains auteurs (Daniclo- 
polu), pourrait avoir des conséquences fAcheusos 
pour le myocarde. 

Etant donné le petit nombre d’observations, 
il est impossible encore de conclure à l’efficacité 
do colle intervention ou à son inefficacité. En 
tout cas, elle ne peut être indiquée que dans 
des accès de tachycardie d’allure sévère, rebelles 
au traitement médical le plus énergique, et où 
on redoute l’apparition de l’insuffisance car¬ 
diaque. 

* 

* * 

Pour terminer, nous dirons quelques mots de 
la technique de la novocaïnisation de l’étoilé. 
Depuis des années l’un de nous réalise l’ones- 
thésie du stellaire par la voie postérieure, et cela 
pour deux raisons : d’abord parce qu’une longue 
pratique de l’anesthésie para-vertébrale pour la 
thoracoplastie nous a montré qu’on pouvait 
aisément infiltrer le ganglion étoilé en blo¬ 
quant C“ et D' de part et d’autre du col de la 


première côte’-; ensuite parce qu’il nous paraît 
plus rationnel d’atteindre le ganglion, caché 
derrière le dôme pleural, en avant du col de la 
première côte, en passant par la voie paraverté¬ 
brale, la plus directe et la moins périlleuse. 

Leriche préconise de piquer l’étoilé par 
devant, par le creux sus-claviculaire. Nous 
avons trop le souvenir de belles planches de 
Farabeuf, pour ne pas redouter qu’un jour notre 
aiguille rencontre, avant l’étoilé, un des nom¬ 
breux vaisseaux qui en encombrent l’accès. 
Certes, Leriche dit : « Des incidents sans impor¬ 
tance peuvent survenir au cours d’une anesthésie 
du ganglion étoilé : la piqûre des artères sous- 
clavière, vertébrale, est possible... l’aiguille 
peut s’engager dans le trou de eoajugaison et 
pénétrer latéralement dans le cul-de-sac durai... 
Un troisième incident est des plus désagréables ; 
la blessure du poumon emphysémateux. » Il 
nous paraît que la voie postérieure, plus directe, 
plus précise parce que vite dirigée par les repères 
osseux, risque peut-être moins de piquer d’aussi 
grosses artères, de faire involontairement une 
rachi-aneslhésie cervicale, ou de provoquer un 
pneumothorax, incidents toujours à éviter même 
s’ils sont sans importance. 

Par ailleurs, Wertheimer reconnaît que « le 
ganglion stellaire, du fait de sa situation ana¬ 
tomique, ne se prête que difficilement è une 
infiltration précise ; il est, pour l’aiguille qui 
le cherche, d’un accès malaisé, quelle que soit 
1-a voie d’abord utilisée antérieure, latérale ou 
postérieure ». 

A notre avis, l’injection est réussie beaucoup 
plus facilement et plus régulièrement par la 
voie postérieure, voie d’ailleurs fort connue en 
Amérique où, depuis longtemps, 1 étoilé est 
anesthésié (Flothow) ou réséqué (Adson) par voie 
para-vertébrale. 

La technique de l’infillration du stellaire par 
voie postérieure est dos plus simples. On pique 
à deux petits travers de doigt de la ligne mé¬ 
diane, sur la première côte repérée au palper, 
avec une aiguille assez longue (surtout chez les 
sujets gros ou musclés), et en acier (pour ne pas 
l’épointor sur la côte). On prend le contact de 
1.1 côte juste sur l’articulation costo-transver- 
saire et, tour à tour au-dessus et au-dessous 
d’elle, on enfonce l’aiguille obliquement en 
dedans d’environ 15 mm. Si on a dépassé le 
ligament cervico-transversaire, l’injection se fait 
aisément et provoque une légère douleur dans le 
bras et l’épaule. Pour assurer l’anesthésie du 
ganglion par une diffusion suffisante, nous pré¬ 
férons pousser 10 .à 20 cm^ de novocaïne à 1 pour 
200 plutôt que 5 cm® h 2 pour 100. Sans syn¬ 
drome de Claude Bernard-Horner, on ne peut 
dire (pie le blocage du ganglion est réussi. 


Telle est celle technique, simple, sans ris¬ 
ques, régulièrement efficace avec un peu d’habi¬ 
tude. Nous estimons qu’elle mérite d’être connue 
des médecins pour sa simplicité et pour les 
résultats quasi miraculeux qu’elle est susceptible 
de donner, ainsi que notre observation en est 
un bel exemple. 


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paroxystique chez des enfants, cités par J. C. 
White in The .Autonomie Nervous System, 1930, 
New-York (The Mac Millan C”). 

J C. WiiiTB : Operation on lhe cardiac accelcrator ncr- 
vus in paroxysmal tachycardia. Ibid., 255. 


PROGRAMME DES œURS, LEÇONS ET CONFE¬ 
RENCES. — La Pbessb Médicale publie chaque 
semaine, sauf pendant les vacances, les programmes 
des cours, leçons et conférences. — Adresser tous 
renseignements utiles à La Presse Médicale, Service 
du Programme des cours, i20, boulevard Saint- 
Germain, Paris-6°, téléphone Danton 56-H, 06-13, 
56-13, inter Danton 31. ' 





LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 18 Janvier 1939 


N" 5 


SOCIÉTÉS DE PARIS 


Nos lecteurs trouveront les comptes rendus »n txttruo de ces 
Sociétés dans les périodiques suivants : 

Acidémis db MéoECisE (Bulletin de l'Académie de Médecine, 
129, boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix du numéro : S fr.). 

SooiÉri MÉDiOiU! des Hôpitaux de Paris (Bulletins et 
Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 120, 
boulevard Saint-Germain, Paris. — Prix du numéro : 6 fr.). 

Société anatomique de Paris (Annales d’Anatomie patholo¬ 
gique et d’Anatomie normale médico-chirurgicale, 120, boule¬ 
vard Saint-Germaiu, Paris. — Prix du numéro ; 24 fr.) 

Société des Chiruroiens de Paris (Bulletins et Jfémoires 
do la Société des chirurgiens de Paris, iS, rue Vézolay, Paris. 
— Prix du numéro : 6 fr.). 

Société française d'Ane.sthésie et d'Analgésie {Anesthésie 
et Analgésie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. - Prix du 
numéro : 20 fr.). 

Société française d'Electrothérapib et de Radiologie 
(Bulletin officiel de la Société française d'Blectrothérapie et de 
Radiologie, 11, rue Piorre-Domours, Paris. — Prix du numéro : 
10 fr.). 

Société de Médecine légale de France (Annales de Méde¬ 
cine légale, de Criminologie et de Police scientifique, 19. rue 
Hautefouille, Paris. — Prix du numéro : 12 fr.). 

Société de Tbérapeutique de Paris (Bulletins de la Société 
de Thérapeutique, 8, place de l’Odéon, Paris. — Prix du 
numéro : 3 fr. SO). 


ACADEMIE DE MÉDECINE 

10 Janvier 1939. 

A propos du procès-verbal : la vaccination 
antidiphtérique par l’anatoxine. — M. Lesné 
tient à stigmatiser les attaques inconsidérées for¬ 
mulées contre la vaccination antidiphlérique ; il 
n’a pas observé d’accidents graves chez plus de 
39.000 enfants immunisés sous sa direction depuis 
1928, à l’hôpital, dans des préventoriums ou en 
ville ; des tuberculeux, des coquelucheux, des scar¬ 
latineux; des diphtériques ont été vaccinés sans 
réaction appréciable et sans répercussion sur la 
maladie dont ils étaient attcinl.s. 

Présentation d’ouvrages. — M. Marfan pré¬ 
sente un ouvrage de M. Banu (Bucarest) : L’hygii'nc 

— M. Desgrez présente la première série des 
Efrposcs annuels de bioc/nniic médicale publiés 
sous la direction de M. Polonowski. 

Installation du bureau pour 1939. — Allocu¬ 
tions de MM. Bezançon, président sortant et 
Sieur, nouveau président. 

Décès de M. Boinet (Marseille). — Allocution 
de M. Sieur. 

Considérations sur le titrage des sérums 
antigangréneux. — M. Weinberg et M”" Guil- 
laumie montrent que les doses-tests déterminées 
avec un même sérum étalon de plusieurs échan¬ 
tillons de toxine perfringens A dont la dose mi- 
nima mortelle se présente sous le même poids, 
varient généralement d’un échantillon de toxine 
à l’autre; les doses-tests des échantillons qui diffè¬ 
rent par la valeur de la dose minima mortelle 
varient naturellement aussi ; la valeur de la dose- 
test d’un même échantillon de toxinc-perfringens 
peut également varier avec le sérum étalon utilisé 
pour le titrage; le titre antitoxique d’un sérum 
antiperfringens A peut varier avec l’échantillon 
de toxine utilisée pour le titrage : les différences 
peuvent être considérables (de 50 à SOO). 11 serait 
logique pour comparer la valeur antitoxique des 
sérums préparés dans les divers Instituts d’utiliser 
le même échantillon de toxine dont la dose-test 
serait établie avec un sérum international et d’uti¬ 
liser pour l’immunisation une toxine type consti¬ 
tuée par tous les antigènes élaborés par le B. per¬ 
fringens A. Les mêmes discordances ont été rele¬ 
vées dans le titrage des sérums antiperfringens C 
et D (le type \ du bacille est le seul qui ait été 
trouvé chez l’homme). Les difficultés du litr.ige 
sont bien moindres pour les sérums anti-vibrion 
septique, anti-B. histolytique et anti-B. œdéma- 
fiens. la marge d’erreur étant respectivement de 
10, 15 et 22 pour 1001 I 


Comparaison des vaccins antirabiques pbéni- 
qués et des moelles desséchées. — MM. P. Rem- 
linger et J. Bailly avaient admis, en 1936, que 
les vaccin.s antirabiques phemques et les moelles 
desséchées possédaient pour la prévention de la 
rage une cfricacité sensiblement égale. M. Lépinc 
et M''“ Sautler ont conclu récemment que chez les 
lapins les vaccins phéniqués étaient plus actifs. 
Les auteurs ont repris la question en soumettant 
les animaux à une épreuve très sévère (inoculation 
d’un virus de rue très actif) ; faites sur des lapins 
et des chiens, ces nouvelles expériences, bien 
qu’un peu moins favorables aux vaccins phéniqués 
que celles de M. Lépine, établissent que ces vac¬ 
cins assurent une protection au moins égale à celle 
des moelles desséchées. La valeur intrinsèque des 
deux méthodes étant donc sensiblement identique, 
il convient de les juger sur la facilité de leur ap¬ 
plication, leur prix de revient, la rareté des acci¬ 
dents: ces éléments d’appréciation militent en 
faveur des vaccins phéniqués qui, d’autre part, 
peuvent être expédiés au loin et injectés au domi¬ 
cile du mordu. 

Lucien Rouquès. 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

13 Janvier 1939. 

Sur 100 cas de diabète sucré traités par 
l’insuline-protamine-zinc. — M. R. Boulin, 
complétant ses recherches antérieures, relate les 
résultats du traitement de 100 diabétiques par l’in- 
sulinc-protamine-zinc. Les malades'avaient été au 
préalable soumis à l’insuline ordinaire et à un 
régime apportant en moyenne 80 tj. d’hydrates de 
carbone. 

La glycosurie a été abolie dans 72 cas avec une 
do.se d’I.P.Z. inférieure en moyenne de 1/6 aux 
doses antérieurement nécessaires d’insuline ordi¬ 
naire. Dans 11 cas la glycosurie baissa de 50 pour 
100 malgré une réduction de même ordre île l’in¬ 
suline. Dans 17 cas seulement la glycosurie s’éleva 
avec l’emploi de l’I.P.Z., mais il s’agissait de grands 
diabètes exigeant 70 à 80 unités d’insuline ordi¬ 
naire, doses qui ne furent pas atteintes avec l’I.P.Z., 
l’injection unique de doses aussi massives provo¬ 
quant des malaises; un résultat favorable aurait 
sans doute été atteint par l’adjonction préprandiale 
do petites quantités d’insuline ordinaire. ' 

La glycémie à jeun a été dans 27 cas ramenée 
à la normale, au-dessous de 1 g. 25 et dans 55 cas 
au voisinage de la normale, au-dessous de 1 g. 50. 
Chez 98 pour 100 des malades, la glycémie s’abaissa 
malgré une réduction moyenne de 1/6 de la dose 
d’insuline. Chez deux malades seulement la gly¬ 
cémie s’éleva ; il s’agissait de très grands diabéti¬ 
ques. 

Les accidents locaux ont consiste en nodules dou¬ 
loureux, parfois ccchymotiques, prurit, urticaire, 
éruption bulleuse. Les accidents généraux ont été 
représentés par la céphalée dans deu.x cas. des 
malaises hypoglycémiques surtout nocturnes dans 
14 cas. Ces derniers ont été rendus plus rares par 
l'emploi d’une LP.Z. adrénalinéo. 

L’auteur insiste sur les pou.ssécs inopinées de 
glycosurie ou les variations brutales de la glycémie 
observées au cours de ce traitement, en relation 
vraisemblable avec des troubles de résorption tissu¬ 
laire. 

Il signale les échecs dus à des erreurs de tech¬ 
nique : insuline insuffisamment émulsionnée avant 
le prélèvement, injection trop profonde, régime 
trop riche en hydrates de carbone ou mal réparti. 

Il considère l’I.P.Z. comme le traitement de choix 
des diabètes de gravité moyenne. Les diabètes très 
graves bénéficient également de l’emploi de l’I.P.Z., 
mais un certain nombre d’entre eux nécessitent 
l’association .à l’I.P.Z. d’injections préprandiales de 
petites quantités d’insuline ordinaire. 

Etude microbiologique et cytologique du suc 
médullaire dans 34 cas de syphilis récente. — 
MM. R. Benda et E. Orinstein, avec la collabo¬ 
ration de M-M. M. Thaon, J. Nicolas et D. A. 
Urquia, ont utilisé la méthode de la ponction 
sternale dans 34 cas de syphilis récente. Ils ont 


obtenu 4 résultats positifs complets (c’est-à-dire 
positifs à l’ultra-microscope et positifs après im¬ 
prégnation argentique), se répartissaiit en 3 cas 
de syphilis primaire et 1 cas de syphilis secondaire. 
■ Ils ont noté, en outre, 6 résultats positifs partiels 
(c’est-à-dire jiositifs à rultra-microscopc seulement 
et négatifs sur laine après coloration, ou récipro¬ 
quement), SC rapportant à 5 cas de syphilis primaire 
cl 1 cas de syphilis secondaire. 

Profitant de la ponction sternale, ils ont effectué 
les examens cytologiques du suc médullaire: la 
formule a été trouvée constamment normale, sauf 
dans 2 cas de syphilis secondaire où il existait une 
éosinophilie médullaire et sanguine manifeste. 

Les auteurs pensent que celle méthode présente 
un certain intérêt d’ordre doctrinal, puisqu’elle 
apporte une preuve directe nouvelle de la précocité 
de la diffusion du tréponème. Au contraire, sa 
valeur pratique est évidemment tout à fait mé¬ 
diocre, mais elle n’csl pourtant pas complètement 
inexistante, et, dans 3 cas au moins, où l’on ne 
pouvait faire la ])reuve de la syphilis par les moyens 
habituels, elle a pu conduire au traitement d’ur¬ 
gence qui s’imposait. 

— .M. Milian croit que c'est la première fois 
que l'on met en évidence le tréponème dans le suc 
médullaire au cours do la syphilis primaire. La 
diffusion du tréponème est très précoce puis¬ 
qu’on a pu constater récemment une oblitération 
porto avant l’apparition du chancre. Il y a des 
cas de septicémie syphilitique d’une rapidité insoup¬ 
çonnée. Une cause d’erreur dans les examens de 
M. Benda pourrait être la présence de tréponèmes 
dans la peau, signalée dans la syphilis secondaire. 

Action du 693 ou u-para-aminophénylsuUa- 
mido-pyridine sur l’évolution de l’endocardite 
maligne lente. — M. A. Ravina relate l’obser¬ 
vation d’une malade chez laquelle une chute de 
la fièvre et une amélioration de l’étal général ont 
suivi à plusieurs reprises l’administration de 693 
par voie buccale ou parentérale. Celle observation 
vient à l’appui des constatations analogues faites 
récemment par VVhilby et par Ellis. 

Notes radiologiques sur l’asthme infantile. 
— MM. Robert Debré, Maurice Lamy, Marcel 
Mignon et Jean Nick ont étudié l’image radio¬ 
logique du thorax chez 37 enfants asthmatiques. 

Les modifications observées ont porte sur la 
forme et les dimensions de la cage thoracique, sur 
la situation et l’aspect du diaphragme, sur les 
images des hiles pulmonaires, enfin sur la trans¬ 
parence du parenchyme. 

La cage thoracique est généralement dilatée au 
moment de l’accès. Les côtes s'élèvent, les espaces 
intercostaux s’élargissent. 'Le thorax prend ainsi un 
aspect globuleux, «'en tonneau », qui est assez 
caractéristique. 

La diminution d'amplitude des mouvements dia¬ 
phragmatiques est souvent des plus nettes. Les 
coupoles sont fortement abaissées,' elles ont perdu 
leur convexité, sont aplaties, descendent « en 
lente », « en auvent » vers le sinus et, à gauche, 
dégagent souvent largement la pointe du coeur. 

Les ombres hilaires sont parfois anormalement 
étendues, en particulier dans le sens vertical. Par¬ 
fois aussi, elles s’étendent Iranvcrsalcmcnl, ou 
encore dessinent, le long des bords du coeur, des 
images dentelées et floues. 

La transparence du parenchyme pulmonaire est 
quelquefois modifiée elle aussi. Parfois, elle est 
exagérée: c’est la traduction d’un véritable emphy¬ 
sème aigu. Parfois aussi, elle est diminuée: celle 
diminution de la transparence, observée surtout 
dans les formes catarrhales, paraît être la consé¬ 
quence de la réplétion broncho-alvéolaire. 

L’exploration radiologique du thorax fournit, 
dans un grand nombre do cas, une aide efficace 
pour la solution des difficiles problèmes de 
diagnostic que les manifestations de l’asthme infan¬ 
tile posent souvent au médecin. 

L’électrocardioscope enregistreur et son uti¬ 
lisation pratique. — MM. Donzelot cl Ménétrel 
présentent un nouvel élcclrocardiographe permet¬ 
tant soit la vision directe, soit l’enregistrement des 
courbes, gnâce à un oscillographe cathodique. 

Ccl appareil est destiné à rendre de multiples 




N” 5 


LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 18 Janvier 1939 


87 


services, étant donné son maniement facile. Il per¬ 
met des examens rapides des différents troubles 
cardiaques et aussi la vérification du comportement 
du cœur dans les conditions les plus variées, théra¬ 
peutiques, chirurgicales, expérimentales. 

L’influence de la pyrétotbérapie sur un cas 
de paralysie générale avec kératite et ulcéra¬ 
tion de la cornée. EBet favorable immédiat sur 
les lésions oculaires. — MM. G. Pamboukis et 
A. Codounis (Athènes) concluent que la pvrétothé- 
rapie associée au traitement spécifique a provoqué 
une rémission très prononcée de la maladie et a 
surtout contribué à la guérison complète de ses 
lésions oculaires. Aussi doit-bn ajouter ce cas à 
l’actif do la pvrétothérapic. Cette observation très 
démonstrative, dans laquelle la pyrétotbérapie a eu 
une influence nette également sur les lésions do 
syphilis tertiaire, si elle est confirmée par d’autres, 
permettra d’envisager l’application précoce de cette 
méthode non seulement aux altérations quater¬ 
naires, mais aussi à celles de la syphilis tertiaire. 

Anurie par l’acétylarsan. — MM. L. Laede- 
rich, Robert Worms et Teyssier ont observé de 
graves accidents rénaux chez un jeune malade 
atteint d’un ostéosarcome, pris à tort pour une 
périostite syphilitique, et traité par l’acétylursan. 
D’emblée cette médication avait été mal supportée, 
chaque injection déterminant une poussée fébrile 
et des malaises. Malgré l’accentuation progressive 
de ces troubles, le traitement n’est interrompu 
qu’après la cinquième piqûre. Après une semaine 
de repos, une sixième injection est suivie d’un 
accès de fièvre qui dépasse 40°, de vomissements 
répétés et bientôt d’une réduction considérable de 
la diurèse. 

Le malade est traûsporté à l’hôpital en état 
d’anurie. L’évolution se fait rapidement vers la 
guérison, la diurèse se rétablit au bout de 48 heu¬ 
res et le chiffre de l’azotémie, qui est monté jus¬ 
qu’à 4 g. 25, est, moins de trois semaines après le 
début, revenu à la normale. Une conjonctivite 
localisée, une réaction méningée lymphocytaire, 
l’une et l’autre de courte durée, ont accompagné 
la complication rénale. 

Les auteurs discutent la palhogenie de ces acci¬ 
dents et, rejetant l’intoxication proprement dite et 
le biotropisme, souscrivent à l’hypothèse d’une 
intolérance rénale. Pour eux, d’ailleurs, il n’existe 
qu’une différence de degré entre les néphrites 
iolsécs post-arscnicales et les symptômes rénaux 
parfois associés à la crise nitritoïde. 

L’intervention du système sympathique qui, à 
l’origine de ceux-ci ne paraît pas discutable, n’est 
sans doute pas étrangère au déterminisme de cel¬ 
les-là. 

Accidents cérébraux graves consécutils à 
l’administration par voie vaginale d’im com¬ 
primé de stovarsol. — M. Robert. Worms rap¬ 
porte l’observation d’une femme de 65 ans qui, 
ayant été traitée avec succès, pour une métrite, 
par des applications locales de stovarsol, reprend 
son traitement après une interruption de trois 
mois. Quelques heures après l’introduction, par la 
voie vaginale, d’un seul comprimé du médicament, 
elle rossent des nausées, une vive céphalée et la 
température s’élève. IjC lendemain apparaît une 
éruption généralisée scarlatiniforme. Malgré les in¬ 
jections répétées d’adrénaline, la céphalée aug¬ 
mente d’intensité; la malade tombe dans un état- 
de prostration, coupé d’agitation délirante; brus¬ 
quement, 40 heures environ après la prise médi¬ 
camenteuse, éclate une crise convulsive épilepti¬ 
forme, à laquelle succède le coma. Hypernlbumi- 
nose rachidienne (2 g. 70), jointe à une réaction 
lymphocytaire discrète. Le coma persiste deux 
jours, puis se dissipe lentement, laissant derrière 
lui, après une très courte période d’aphasie, un 
état d’amnésie transitoire. La guérison survient 
sans la moindre séquelle. 

Or, 12 ans auparavant, dès le début d’un traite¬ 
ment par l’acétylarsan, dirigé contre un parasi¬ 
tisme intestinal rebelle, la malade avait été atteinte 
d’accidents de tous points semblables : céphalée, 
crise convulsive et coma, survenus 6 jours après 
la seconde injection. La guérison était, de même, 
intervenue dans des délais rapides. 


L’auteur insiste sur les particularités de cette 
observation ; la natuic, la dose et la voie d’intro-. 
duction du médicament en cause, la précocité du 
début, l’évolution favorable m.algré l’aspect dra¬ 
matique du tableau initial, enfin le caractère réci¬ 
divant des accidents. 

Ln ce qui concerne la pathogénie, l’apparition 
de ceux-ci après l’absorption d’une si faible dose 
d’arscnic, plaide en faveur de l’intolérance. 11 est 
curieux, toutefois, de constater que 12 ans après 
la première réaction médicamenteuse, une seconde 
cure arsenicale est parfaitement supportée, alors 
que, 3 mois plus tard, la reprise du traitement 
provoque à nouveau les accidents nerveux. La rai¬ 
son de ces variations de la tolérance, chez un 
même sujet, peut prêter à diverses interprétations. 

— M. Milian souligne que les arsenicaux penta- 
valents sont tout aussi dangereux que les autres; 
ils peuvent déterminer les mêmes accidents, et 
d’autres encore. Il a pu constater une apoplexie 
séreuse après ingestion de quelques comprimés de 
tréparsol. Il fait remarquer que les accidents mé¬ 
ningés se traduisent en général par une forte albu- 
minorrachie sans lymphocytose. Les lésions des cel¬ 
lules cérébrales font défaut dans l’apoplexie sé¬ 
reuse, malgré une vaso-dilatation énorme allant 
jusqu’aux hémorragies. Il insiste enfin sur la 
grande valeur pronostique de l’hyperthermic. 

— M. Flandin reproche à l'acétylarsan, à la fois 
sa toxicité et les phénomènes d’intolérance qu’il 
est capable de provoquer. 

P.-L. Mahie. 


SOCIÉTÉ ANATOIŸIIQUE 

3 Novembre 1938. 

Longue fracture verticale du fémur. — MM. 
H. Mondor et G. Laurence rapportent un cas 
exceptionnel de fracture verticale du fémur, qu’ils 
classent à côté des fractures de Trélat et des frac¬ 
tures longitudinales hautes. Il s’agit, dans ce cas, 
d’une fracture dépassant largement le rebord,supé¬ 
rieur des condyles. La fracture, qui avait été déter¬ 
minée par un choc violent sur la rotule, avait pro¬ 
voqué une ecchymose poplitée s’étendant sur le 
vaste interne. 

Endométriome de la paroi cæcale. — MM. 
R. Leroux et Malgras. Une intervention pratiquée 
pour crise douloureuse de la région caecale permet 
de constater l’existence de zones blanchâtres, sié¬ 
geant sur la bandelette antéro-externe et rappelant 
l’aspect de la face séreuse d’un ulcus de la petite 
courbure. L’examen histologique du fragment 
pariétal prélevé montre qu’il s’agit d’un endomé¬ 
triome typique qui s’étend de la sous-muqueuse à 
la couche sous-séreuse. 

Les auteurs insistent sur l'abscncc de troubles 
do la menstruation, qui sont généralement en rela¬ 
tion avec ces formations et qui ne dispiiraisseiit 
qu’après la castration. ‘ 

Le diagnostic histologique de l’endométriome 
intestinal doit être fait avec prudence et l’on doit 
éviter de le confondre avec les pseudo-hernies de 
la muqueuse et les dysembryoplasies de la paroi 
intestinale. 

Cancers multiples. Tumeur de Kriïkenberg. 
Envahissement néoplasique d’un ûbrome. — 
MM. H. Mondor, P. Gauthier-Villars et A. Mon- 
saingeon. A l’autopsie d’une femme, porteuse 
d’un squirrhe mammaire bilatéral, un fibrome 
utérin et une tumeur latéro-utérine et qui avait 
présenté un syndrome d’occlusion, on trouva une 
tumeur ovarienne bilatérale et un cancer « en 
ficelle » do l’intestin grêle. L'examen histologique 
des tumoqrs ovariennes montre qu’il s’agit de 
tumeurs de Krükenbcrg dont les éléments néopla¬ 
siques envahissent le fibrome utérin. 

Une observation de maladie de Madelung. — 
MM. H. Mondor et G. Olivier. Cette observation 
permet de rappeler que le radius curvus n’est pas 
un élément indispensable de la maladie de Made¬ 
lung. L’hémiatrophie interne de l’épiphyse radiale 
suffit à en expliquer la déformation. On pourrait 
faire remonter l’origine de cette déformation à des 


lésions d’arthrite du nourrisson avec atteinte du 
cartilage de conjugaison. 

Abcès cérébral du lobe frontal extirpé en un 
bloc. — MM. F. Thiébaud et M. David. 70 jours 
après le début d’accidents cérébro-méningés, l’in¬ 
tervention permet do découvrir, chez un jeune 
homme de 17 ans, un abcès cérébral. L’abcès est 
très nettement encapsulé. Son énucléation est 
facile. Les suites opératoires sont simples cl la 
guérison paraît définitive. 

Endométriomes de l’appendice. — M“°'' P. Gau- 
tier-Villars et Marthe Lamy, grâce à une 
observation due à .M. Chalochet (Abbeville), ont 
pu étudier ces localisations de l’endométriose, qui 
sont exceptionnelles. Les observations antérieure¬ 
ment publiées permettent d’établir l’existence, à 
côté de formes latentes dans lesquelles les lésions 
de l’appendice ne sont qu’une découverte opéra¬ 
toire, d’une forme clinique dont tous les symp¬ 
tômes rappellent l’appendicite subaiguë ou chro¬ 
nique. Seul l’interrogatoire, en précisant la coïnci¬ 
dence constante des crises douloureuses successives 
av'ec les règles, chez des malades atteintes de dys¬ 
ménorrhée habituelle, devrait permettre le diag¬ 
nostic avant l’intervention. 

Hygroma hémorragique ancien de la bourse 
séreuse du grand trochanter à évolution pseu¬ 
do-tumorale. — MM. Du Bourguet et Rouillé. 

Tumeur mixte du prolongement massétérien 
de la glande parotide. — MM. Vergoz et Brincat. 

L’absence des muscles pectoraux. — MM. Ion 
Frasin et G. Strat. 

Le tubercule dit de « Bouisson ii. — MM. 
G. Lazorthes et A. Lhez. 

De la résistance des ligaments des grandes 
articulations des membres. — MM. H. Rouvière 
et G. Gordier. Il existe un rapport, non entre la 
résistance d’un ligament et sa surface de section, 
mais entre cette résistance et la surface de section 
de SOS faisceaux fibreux. 

Un cas de crosse aortique droite sans dextro- 
cardie, mais avec une anomalie rare du pou¬ 
mon droit. — MM. G. Apostolakis et A. Savva. 

PlEnnE ISIDOB. 


SOCIÉTÉ DES CHIRURGIENS DE PARIS 

4 Novembre 1938. 

A propos du traitement des fractures du col 
du fémur. — M. A. Trêves montre une fois de 
plus les excellents résultats obtenus par la méthode 
orthopédique pure, môme dans les fractures sous- 
capitales, après réduction et impaction, procédé 
simple no nécessitant pas d’instrumentation opéra¬ 
toire et radiologique spéciale, évitant hypostasc, 
escarres, dangers de rupture du clou, et permettant 
une consolidation osseuse avec une fré.quonec au 
moins aussi grande que par les procédés sanglants, 
avec une mortalité inférieure. 

— MM. Roederer et Graffin pensent qu’on peut 
intervenir dans certains cas de fracture non engré- 
nées à trait vertical et qu’on doit intervenir dans 
les p.scudarthroses ou quand une lésion intérieure 
du genou contre-indique un plâtre pelvi-jambipr. 
Le clou à ailettes leur paraît supérieur à la vis. 
A côté des succès, les guides connaissent les 
échecs. L’arthrotomie évite l’asepsie douteuse des 
manoeuvres sous écran. 

Sur le traitement des fractures du col du 
fémur. — M. Raphaël Massart distingue dans le 
traitement tes fractures fraîches des fractures datant 
de plusieurs jours, quelquefois plus, qui eonsti- 
tuent la majorité de celles que voient les chirur¬ 
giens. Si, pour les premières, un Irailemcnt non 
sanglant peut être envisagé, pour les autres c’est 
souvent perdre son temps, cl, incontestablement, 
l’intervention sanglante apparaît comme un pro¬ 
grès. L’auteur envisage succe.ssivcment les tech¬ 
niques qu’il a utilisées. Actuellement, il emploie 
le clou de Smith-Petersen. Il donne la préférence 
aux enchevlllements inlra-cervicaux vérifiés par la 
radiologie au cours de l'opération. Schématique- 



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LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 18 Janvier 1939 


N" 5 


ment, les temps sont les suivants: 1“ Incision de 
la peau; exploration à travers la capsule du foyer 
fracturée ; 2“ Réduction de la fracture par 

manoeuvre de Whitman suivie d’un contrôle radio¬ 
logique; 3“ Forage d’un canal intra-cervical allant 
jusqu’à la tête. Mise en place d’une broche et 
contrôle radiologique de sa position; 4® Enfonce¬ 
ment d’un clou guidé par la broche. Fermeture 
de la plaie. 

Un exemple à ne pas suivre en chirurgie gas¬ 
trique. — M. Pierre Barbet présente l’observa¬ 
tion d’un malade, opéré pour perforation d’ulc\is 
duodénai, à la huitième heure. Fermeture et guéri¬ 
son simple. 15 mois plus tard, des mélænas 
occultes et quelques troubles gastriques amènent 
une deuxième intervention. Au lieu de faire une 
gastrectomie, on pratique une gastro-entérostomie 
au fd, avec exclusion duodénale par section totale 
du pylore. 3 mois plus tard, la bouche semblant 
fonctionner mal, on fait une deuxième gastro- 
entérostomie, en aval de la première. Après quoi, 
pendant 6 ans, tout va pour le mieux. Mais, au 
bout de ces 6 ans, apparaissent les signes de deux 
ulcus peptiques, un sur chaque bouche, vérifiés par 
une quatrième opération. Celle-ci aboutit heureuse¬ 
ment à une résection de l’anse jéjunale anastomo¬ 
sée, qu’on reconstitue, et à une gastrectomie large. 
Résultat définitif excellent. 

Section de tendons traités par la ûxation 
externe. — M. Masmonteil présente deux mala¬ 
des opérés de sutures de tendons extenseurs traités 
par le procédé de fixation externe imaginé par 
Montant. 

Rélection des paupières par des greffes libres. 
— M. Dufourmentel présente deux malades dont 
les paupières avaient subi des destructions très 
étendues par brûlures. L'un d’eux est opéré depuis 
longtemps et présente des résultats définitifs. Ses 
deux paupières, supérieure et inférieure, reconsti¬ 
tuées par de la peau totale prélevée derrière 
l’oreille, ont un aspect, une mobilité, une sou¬ 
plesse à peu près normales. Le deuxième malade 
est une enfant de 8 ans, dont les paupières du 
côté gauche ont été refaites il y a 15 jours. C’est 
pour montrer deux cas semblables à des époques 
différentes de leur traitement que ces malades sont 
présentés en même temps et pour faire apprécier 
la valeur des greffes libres de peau totale dans ces 
reconstitutions faciales. 

RcEDEREn. 


SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’ANESTHÉSIE 
ET D’ANALGÉSIE 

11 Octobre 1938. 

La rœntgenthérapie dans les névralgies de 
la lace. — M. J. Haguenau. La rœntgenthérapie 
est indiquée d’une part dans les névralgies secon¬ 
daires à certaines tumeurs, d’autre part dans les 
causalgies surtout post-traumatiques. Elle est con¬ 
tre-indiquée dans les névralgies « essentielles », 
dans les névralgies faciales secondaires d’origines 
diverses et enfin dans certains syndromes confondus 
à tort dans le névralgisme facial. 

— M. Huguenin précise les indications et les 
contre-indications de la radiothérapie dans les tu¬ 
meurs primitives de la boîte crânienne et dans les 
tumeurs, osseuses ou cérébrales, secondaires. 

— M. Flandin est d’avis que la névralgie 
B essentielle » n’existe pas. Il faut s’efforcer d’en 
trouver la cause. Elle peut être d’origine palu¬ 
déenne. On en voit dans la lèpre. 

— M. Aug. Tournay pense que ce n’est pas 
dons l’étiologie qu’est l’esentiel du problème mais 
dans la physio-pathologie. Comment la radiothé¬ 
rapie agit-elle pour calmer la douleur ? 

Anesthésie à l’évipan pour interrruption 
d'une grossesse et stérilisation, chez une car¬ 
diaque. — M. H. Vignes a pratiqué l’avortement 
thérapeutique accompagné de stérilisation, sous 
anesthésie intra-veineuse à l’évipan, chez une 
femme présentant une double lésion aortique et 
mitrale. L’évolution de l’anesthésie et les suites 
opératoires furent normales. 


Action exercée par le lavement d’évipan sur 
la contraction utérine. — MM. H. Vignes et 
Lerouge. Dans un cas d’hypotonie, l’hyperlonie 
passagère créée par l’hypophyse a cédé au lave¬ 
ment d’évipan et la dilatation s’est complétée avec 
une rapidité inattendue. 

G. Jacquot. 


SOCIÉTÉ FRANÇAISE 

D’ÉLECTROTHÉRAPIE ET DE RADIOLOGIE 

22 Novembre 1938. 

L’électrolyse intra-utérine. — M’"® Fainsilber 
fait un bref exposé de cotte méthode qui, du temps 
d’Apostoli, constituait la thérapeutique la plus 
importante et la plus employée dans le traitement 
du fibrome utérin. Depuis, la roentgen- et la curie¬ 
thérapie l’ont fait oublier. 

Selon le pôle utilisé, en tant que pôle actif, 
l’électrolyse intra-utérine possède une action ou 
une autre; par conséquent, les indications aussi 
seront différentes, selon qu’il s’agira d’clcctrolyse 
positive ou négative. 

Employée seule ou associée à la rœntgenthérapie, 
l’électrolyse intra-utérine donne d’excellents résul¬ 
tats, tout en évitant la castration, dans certaines 
formes de fibromes, ainsi que dans d’autres affec¬ 
tions gynécologiques. 

L’auteur présente plusieurs malades et fait une 
démonstration de la méthode, laquelle, modifiée et 
simplifiée, est aujourd’hui assez facile. 

L’auteur espère que cette méthode, fort intéres¬ 
sante, reprendra la place qu’elle mérite. 

Electrocoagulation des hémorroïdes, des poly¬ 
pes et des condylomes de l’anus. — M. Roger 
Savignac. La technique permet l’ablation des dif¬ 
férentes proliférations ano-rectales ou péri-anales 
non néoplasiques et les hémorroïdes en dehors de 
toute période d’inflammation, et suivant le mode 
dit « ambulatoire ». L’anesthésie se fait soit par 
•application en surface d’une solution de Duna- 
caïne, soit par anesthésie locale par piqûres. 

Les polypes rectaux, les végétations reposant sur 
des hémorroïdes ou des vaisseaux sont enlevés à 
l’anse en bipolaire monoactive. 

Les végétations, polypes ou condylomes péri- 
anaux sont enlevés à l’anse de la même façon. Il 
en est de même des hémorroïdes déshabitées et 
des marisques. 

Les hémorro’fdes habitées, prolabées, sont coagu¬ 
lées à l’aiguille intra-tumorale en bipolaire mono¬ 
active; et l’ablation est achevée à l’anse, si utile. 

Il n’est jamais enlevé plus de deux ou trois 
masses à la fois, et en cas de tumeurs multiples, 
l’ablation totale est ré.aliséc en plusieurs séances. 
L’intensité est toujours très faible, 400 milli envi- 

La dissociation des seuils. Son utilisation en 
électrodiagnostic. — MM. Deîherm, Morel-Kahn, 
Fischgold et Mion utilisent un procédé grâce 
auquel l’électrodiagnostic classique est précisé et 
perfectionné. 

Ce procédé est basé sur la mesure en volts des 
stimulations faradique et galvanique nécessaires 
pour obtenir le seuil. 

Sur les muscles et les nerfs normaux, le rapport 
de.s deux seuils faradique et galvanique ne dépasse 
pas 2. 

La réaction de dégénérescence se caractérise par 
une élévation importante du voltage faradique, 
tandis que le voltage galvanique varie peu. Le rap¬ 
port de ces deux valeurs dépasse dans ce cas le 
chiffre normal maximum de 2. 

La dissociation des seuils (et le rapport numé¬ 
rique qui la traduit) constitue donc un signe quan¬ 
titatif de la réaction de dégénérescence, qui vient 
compléter les signes qualitatifs. 

Un cas de néoplasme secondaire de la colonne 
vertébrale. — MM. Laignel-Lavastine et Lefeb¬ 
vre ont voulu, par la présentation de radiographies 
en coupe de rachis atteint de métastases néopla¬ 
siques, apporter leur témoignage à l’ulilifé de la 
technique tomographique. 


Essais de planigraphie des gros vaisseaux de 
la base du cœur. — MM. Delherm, Devois et 
M"'® Rullière ont entrepris une application syslé- 
matique de la planigraphie à l’exploration de 
l’aorte et de l’artère pulmonaire gauche. 

Chez des sujets normaux, des planigrammes du 
médiaslin, pris de centimètre en centimètre en 
incidence de profil, leur ont permis de mettre en 
évidence les éléments broncho-vasculaires du hile 
gauche invisibles sur les clichés standard pris dans 
la même position. 

Dans plusieurs ras d’anévrysmes aortiques et 
d’arlérite pulmonaire, la planigraphie a fourni aux 
auteurs des renseignements analytiques et topogra¬ 
phiques extrêmement intéressants en montrant des 
segments h.ibituellement invisibles de l’aorte et de 
l’artère pulmonaire. Ils ont pu, grâce à la méthode 
d’examen en coupe, préciser des diagnostics déli¬ 
cats et poser de nouveaux problèmes d’interpré¬ 
tation. 

Examen en coupe du poumon. — MM. Del¬ 
herm, Kindberg, Devois cl Dumas. 

Y. HÉLIE. 


SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE DE FRANCE 

14 Novembre 1938. 

Discussion de la communication de M. J. Pi¬ 
card sur un nouveau cas de dissimulation de 
la douleur lors d’un accouchement clandestin. 
— M. Tissier rite l’observation d’une jeune fille 
ayant arrourhé dans un dortoir commun, étouffé 
l’enfant et serlionné le cordon,sans attirer l’atten¬ 
tion de ses voisines. 

— M. Brindeau. An point de vue médico-légal 
il est difficile do savoir si la femme a dissimulé ses 
douleurs, car quelques parturientes accouchent sans 
souffrir. 

Rapport sur les mesures de pression arté¬ 
rielle faites en public par des individus non 
qualiûés. — MM. Gautier cl Rist, rapporteurs, 
proposent le vœu suivant, qui, après un échange 
de vues entre divers membres do la Société, est 
adopté à l’unanimité: 

« La Société de Médecine légale de Franee, émue 
de l’audace avec laquelle des entroprisos d’un carac¬ 
tère purement commercial ont installé dans cer¬ 
taines pharmacies, dans les grands magasins, dans 
les élablisscmonts de bains, dans le hall des gares, 
dans les fêtes cl expositions, ou tout simplement sur 
la voie publique, des appareils au moyen desquels 
des individus dépourvus de toute connaissance mé¬ 
dicale prétendent mesurer la pression artérielle des 
passants, proteste auprès de M. le Manistre de la 
Santé publique contre cet inqualifiable abus. 

« Elle fait observer que la mesure de la pression 
artérielle n’csl pas une mesure banale et automa¬ 
tique assimilable à la pesée sur une balance, mais 
une investigation d’ordre exclusivement médical, 
comportant de nombreuses causes d’erreur que le 
médecin est seul qualifié pour apprécier cl corri¬ 
ger. Les appareils les meilleurs cl les plus simples 
ne donnent d’indications exactes qu’entre des mains 
expertes. Les erreurs qui ne peuvent manquer de 
se produire dans les mesures faites par des per¬ 
sonnes ignorantes de l’anatomie et de la physiolo¬ 
gie autant que du maniement des instruments de 
précision sont susceptibles de jeter le trouble dans 
l’esprit de ceux qu’on rassure ou qu’on alarme sur 
des données incorrectement établies. 

« La Société de Médecine légale adresse en consé¬ 
quence, à M. le Ministre de la Santé publique, un 
pressant appel et ne doute pas qu’il n’estime oppor¬ 
tun d’interdire à des individus non médecins, et 
par conséquent non qualifiés, d’exploiter et d’abu¬ 
ser le public par des mesures de pression artérielle 
pratiquées sans compétence et sans discernement. » 

Remarques à propos de la loi du 1®’’ Juillet 
1938 sur les accidents du travail. — MM. M. 
Duvoir et L. Follet signalent d’une part les dispo¬ 
sitions de la nouvelle loi qui retentissent sur la